Je ne suis pas Charlie (par José Antonio Gutiérrez)

par José Anto­nio Gutiér­rez D., 7–1‑2015. Tra­duit par San­tia­go Per­ales, édi­té par Faus­to Giu­dice, Tlax­ca­la.


José Anto­nio Gutiér­rez D.  est un mili­tant liber­taire colom­bien rési­dant en Irlande où il par­ti­cipe à des mou­ve­ments de soli­da­ri­té avec l’A­mé­rique latine et la Colom­bie, il col­la­bore à la revue CEPA (Colom­bie) et à El Ciu­da­da­no (Le Citoyen, Chi­li), il col­la­bore éga­le­ment au site web inter­na­tio­nal www.anarkismo.net et au site La Plu­ma. Auteur de « Pro­blèmes et pos­si­bi­li­tés de l’a­nar­chisme » (en por­tu­gais, Fais­ca ed, 2011) et coor­di­na­teur du livre « Ori­gines liber­taires du Pre­mier mai en Amé­rique latine »(Qui­man­tu ed 2010).

Je tiens d’emblée à cla­ri­fier que je consi­dère l’at­ten­tat contre les bureaux du jour­nal sati­rique Char­lie-Heb­do à Paris comme une hor­reur et que je ne crois pas qu’il soit jus­ti­fiable en quelque cir­cons­tance que ce soit, de conver­tir un jour­na­liste, si dou­teuse que soit sa qua­li­té pro­fes­sion­nelle, en objec­tif mili­taire. Cela vaut en France, comme en Colom­bie ou en Palestine.

Je ne m’i­den­ti­fie non plus avec aucun fon­da­men­ta­lisme, ni chré­tien, ni juif, ni musul­man, ni non plus avec le laï­cisme bébête fran­ci­sé, qui érige la « Répu­blique » sacrée en déesse. J’ap­porte ces pré­ci­sions, qui sont néces­saires puisque les gou­rous de la haute poli­tique en Europe nous assurent que nous vivons dans une « démo­cra­tie exem­plaire » avec des « grandes liber­tés », même si nous savons bien que Big Bro­ther nous sur­veille et que n’im­porte quel dis­cours hors cadre tolé­ré se voit dure­ment puni. Mais je ne crois pas qu’une condam­na­tion de l’at­ten­tat contre Char­lie Heb­do doive entraî­ner auto­ma­ti­que­ment qu’on porte aux nues une publi­ca­tion qui est, fon­da­men­ta­le­ment, un monu­ment d’in­to­lé­rance, de racisme et d’ar­ro­gance coloniale.

Des mil­liers de per­sonnes, affec­tées par cet atten­tat –ce qui est com­pré­hen­sible -, ont fait cir­cu­ler des mes­sages disant « Je suis Char­lie » comme si ce mes­sage était le der­nier cri de la défense de la liber­té. Eh bien, je ne suis pas Char­lie. Je ne m’i­den­ti­fie pas à la repré­sen­ta­tion dégra­dante et « cari­ca­tu­rale » qu’il fait du monde isla­mique, en pleine « Guerre contre le Ter­ro­risme », avec toute la charge raciste et colo­nia­liste que celle-ci com­porte. Je ne peux pas voir d’un bon œil cette agres­sion sym­bo­lique constante qui va de pair avec une agres­sion phy­sique et réelle, au moyen de bom­bar­de­ments et d’oc­cu­pa­tions mili­taires, dans les pays appar­te­nant à cet hori­zon cultu­rel. Je ne peux pas non plus voir d’un bon œil ces cari­ca­tures et ces textes offen­sants, quand les Arabes font par­tie des sec­teurs les plus mar­gi­na­li­sés, appau­vris et exploi­tés de la socié­té fran­çaise, qui ont his­to­ri­que­ment subi un trai­te­ment bru­tal : je n’ou­blie pas que c’est à Paris, au début des années 60, que la police a mas­sa­cré à coup de matraques 200 Algé­riens qui deman­daient la fin de l’oc­cu­pa­tion fran­çaise de leur pays, déjà res­pon­sable selon les esti­ma­tions d’un mil­lion de morts d’A­rabes « bar­bares ». Il ne s’a­git pas de cari­ca­tures inno­centes, œuvres de libre pen­seurs, mais de mes­sages, pro­duits par les médias de masse (car, bien qu’ayant une pos­ture alter­na­tive, Char­lie Heb­do appar­tient bien aux médias de masse), char­gés de sté­réo­types et de haine, ren­for­çant un dis­cours qui consi­dère les Arabes comme des bar­bares à conte­nir, déra­ci­ner, contrô­ler, répri­mer, oppri­mer et exter­mi­ner. Des mes­sages dont le but impli­cite est de jus­ti­fier les inva­sions des pays du Moyen-Orient ain­si que les mul­tiples inter­ven­tions et bom­bar­de­ments orches­trés par l’Oc­ci­dent, dans la défense du nou­veau par­tage impé­rial. L’ac­teur espa­gnol Willy Tole­do disait, dans une décla­ra­tion polé­mique – qui ne fai­sait qu’é­non­cer une évi­dence — que « l’Oc­ci­dent tue tous les jours. Sans bruit ». Et c’est cela que Char­lie et son un humour noir cachent sous forme de satire.


 

Coran Charlie Dedko


Je n’ou­blie pas la cou­ver­ture du N°1099 de Char­lie Heb­do, dans lequel on bana­li­sait le mas­sacre de plus de mille Égyp­tiens par une dic­ta­ture mili­taire bru­tale, qui a la béné­dic­tion de la France et des USA, avec un des­sin d’un homme musul­man cri­blé de balles, tan­dis qu’il essayait de se pro­té­ger avec le Coran, avec ce texte : « Tue­rie en Égypte. Le Coran c’est de la merde : il n’ar­rête pas les balles ». Cer­tains auront trou­vé ça d’amusant. En leur temps, des colons anglais en Terre de Feu (Argen­tine) trou­vaient amu­sant de poser pour des pho­to­gra­phies avec des indi­gènes qu’ils avaient « chas­sé », avec de larges sou­rires, cara­bine à la main, et avec le pied posé sur cadavre san­gui­nolent tou­jours chaud. Plu­tôt qu’amusante, cette cari­ca­ture me semble vio­lente et colo­niale, un abus de cette liber­té de presse occi­den­tale aus­si fic­tive que mani­pu­lée. Qu’est-ce qui arri­ve­rait si je publiais aujourd’­hui un jour­nal avec en cou­ver­ture la phrase : « Tue­rie à Paris. Char­lie Heb­do, c’est de la merde : ça n’ar­rête pas les balles ») et une cari­ca­ture du défunt Jean Cabut cri­blé de balles avec une copie du jour­nal entre les mains ? Bien sûr, ce serait un scan­dale : la vie d’un Fran­çais est sacrée. Celle d’un Égyp­tien (ou d’un Pales­ti­nien, Ira­kien, Syrien, etc.) c’est du maté­riau « humo­ris­tique ». C’est pour­quoi je ne suis pas Char­lie, puisque la vie de cha­cun de ces Égyp­tiens cri­blés de balles est pour moi aus­si sacrée que celle de cha­cun de ces cari­ca­tu­ristes aujourd’­hui assassinés.

Nous connais­sons déjà ce deux poids deux mesures : on va avoir droit à des dis­cours de la défense de la liber­té de presse de la part des mêmes pays qui, en 1999, ont don­né la béné­dic­tion au bom­bar­de­ment de l’O­TAN, à Bel­grade, de la sta­tion de TV publique serbe qua­li­fiée de « minis­tère de men­songes », ou qui se sont tus quand Israël a bom­bar­dé à Bey­routh la sta­tion de TV Al-Manar en 2006, qui taisent les meurtres de jour­na­listes cri­tiques colom­biens et pales­ti­niens. Après la belle rhé­to­rique de la liber­té, vien­dra l’ac­tion liber­ti­cide : plus de mac­car­thysme au nom de l’ « anti-ter­ro­risme », plus d’in­ter­ven­tions colo­niales, plus de res­tric­tions à ces « garan­ties démo­cra­tiques » en voie d’ex­tinc­tion, et natu­rel­le­ment, plus de racisme. L’Eu­rope se consume dans une spi­rale de haine xéno­phobe, d’is­la­mo­pho­bie, d’an­ti­sé­mi­tisme (les Pales­ti­niens sont de fait des sémites) et cette atmo­sphère devient de plus en plus irres­pi­rable. Les musul­mans sont déjà les juifs de l’Eu­rope du XXIème siècle, et les par­tis néo-nazis rede­viennent res­pec­tables 80 ans plus tard, grâce à ce sen­ti­ment répu­gnant. Pour tout cela, mal­gré la répul­sion que pro­voque en moi l’at­ten­tat de Paris, Je ne suis pas Char­lie.

José Anto­nio Gutiér­rez D.

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  1. Ce pseu­do-intel­lec­tuel n’a non seule­ment pas com­pris la notion de sar­casme mais semble, en outre, par­ti­cu­liè­re­ment aigri contre l’Eu­rope. Je recom­mande à ce mon­sieur quelques livres d’his­toire et de socio­lo­gie afin qu’il prenne la mesure de toute sa betise. Je suis Charlie !

    1. Il est plus facile d être un mou­ton que de dire des choses avec objec­ti­vi­té. As tu déjà lu au moins Char­lie heb­do ? Car si tu as eu un Char­lie heb­do entre tes mains tu ne peux pas dire que leurs humours fut tou­jours de bon gout, ou alors tu fais par­tis de ces per­sonne qui ido­lâtre Dieudonné.

  2. Oui et non.
    Je suis en par­ti d’ac­cord avec vos cri­tiques de Char­lie Heb­do ; ça fai­sait déjà plu­sieurs années que j’é­tais très cri­tique envers ce jour­nal et que je ne le lisais que par curio­si­té. Leur ligne édi­to­riale me déplai­sait, bien sur elle allait trop dans le sens du vent de la plu­part des médias de masse, mais de là à consi­dé­rer ce jour­nal comme raciste, xéno­phobe ou même into­lé­rant je trouve ça tout de même un peu exa­gé­ré. Que vous trou­viez que cer­tains des­sins aient été de mau­vais goût comme celui que vous mon­trez en exemple, c’est votre avis et c’est par­fois aus­si le mien, mais cela ne mérite pas le qua­li­fi­ca­tif de raciste ou de colo­nia­liste. Que cer­tains uti­lisent Char­lie pour ven­ter les mérites de notre « sacro sainte répu­blique » me fait vomir aus­si, mais ce n’est pas l’é­quipe de Char­lie qui a récla­mé cela (même si plu­sieurs d’entre eux se disaient répu­bli­cains, c’est leur choix). Pour moi, en aucun cas Char­lie Heb­do est la repré­sen­ta­tion « phy­sique » de la Liber­té avec un grand « L ».
    Mais tout de même c’est la liber­té d’ex­pres­sion qui a été atta­quée, cette liber­té d’ex­pres­sion doit, à mon sens, dépas­ser les diver­gences anarchiste/républicain, menstream/alternatif, etc… C’est aus­si des per­sonnes qui étaient des « monu­ments » de notre patri­moine cultu­rel (je pense à Cabu et à Wolins­ki par exemple), des gens qui ont influen­cé plein de gens, qui repré­sen­tait une cer­taine forme de l’hu­mour et de l’in­so­lence mis au ser­vice de la dénon­cia­tion des injus­tices (dont vous par­lez et dont la France est ‑bien sur- par­fois à l’o­ri­gine (ce qui a été dénon­cé à plu­sieurs reprises par Char­lie d’ailleurs), qui ont long­temps été une force cri­tique de ce pays, qui ont déve­lop­pé le sens cri­tique d’autres (moi le pre­mier qui, ado­les­cent, me nour­ris­sait des articles d’oncle Ber­nard pour contre­dire ma prof d’é­co de droite). Au delà de ça un flingue contre un sty­lo n’a jamais rien réso­lu, et comme j’ai tou­jours été du côté du sty­lo et même si je par­tage vos cri­tiques de Char­lie Heb­do, oui je n’ai pas honte de dire : « je suis Charlie ».

    1. Je suis d accord avec vous sur le côté exa­gé­ré de la cri­tique raciste et colo­nia­liste, car Char­lie heb­do tapait sur les chré­tiens comme les musulmans.
      Ensuite il me semble que le dan­ger reste dans l.uniformité atten­tion par l effet de masse qui empêche la réflexion per­son­nel, et c est une que dénon­çait Char­lie hen­do. Jus­te­ment le fait que tous le monde uti­lise ce soglan vas a l encontre de l idée du jour­nal. Idem pour le je ne suis pas . Nous sommes tous d accord pour condam­ner l acte , mais res­tons nous même et vigi­lant fasse a la bêtise.

  3. Je n’ai­mais pas Char­lie heb­do. Je trouve leur ligne édi­to­riale irres­pec­tueuse, à la limite du racisme. Et les cari­ca­tures du pro­phète Maho­met étaient pure­ment et sim­ple­ment blas­phé­ma­toire. Mais on ne tue pas des gens parce qu’on n’aime pas ce qu’ils font ou qu’on est pas d’ac­cord avec eux. Faut-il assas­si­ner tout les lec­teurs de Char­lie heb­do parce qu’ils sou­te­naient un jour­nal sati­rique ? Fal­lait il vrai­ment mas­sa­crer des des­si­na­teurs parce qu’ils avaient un sens de l’hu­mour dou­teux ? Le pro­phète, d’où il est, doit pleu­rer de rage devant cette démons­tra­tion de bêtises et de cruau­té per­pé­trée en son nom. JE SUIS CHARLIE

  4. c’est une ana­lyse inté­res­sante et res­pec­table, mais il ne faut pas oublier que, comme tout bon anar­chiste, Char­lie consi­dère que LES reli­gions sont l’o­pium du peuple, qui aveuglent les gens, les ren­dant donc plus faci­le­ment manipulables.
    Les Ecrits de dif­fé­rentes reli­gions ont pour­tant per­mit des avan­cées sociales, et le font tou­jours à l’heure actuelle dans cer­taines régions du monde. Mais dérives sont très dan­ge­reuses et bien connues : mobi­li­sa­tion des foules grâce à un inté­rêt reli­gieux mais les faire en réa­li­té par­ti­ci­per à un conflit économique

  5. No es toy de acuer­do con lo que escri­biste pero respe­to tu opi­nion pero creo que eres opor­tu­nis­ta al escri­bir todo esto en estas cir­cuns­tan­cias que no tiene nada que ver con todo lo que cri­ti­cas, este per­io­di­co no tiene la culpa de todo lo que pasa en el mun­do, es la culpa de los que gobier­nan los paises y es gra­cias a per­io­di­cos como este que pode­mos saber y cri­ti­car con humor lo que pasa aunque hay muchos que no tie­nen el valos para hacer­lo. Y tu que haz hecho para denun­ciar las injus­ti­cias ? escri­bir aho­ra y estar en contra porque pien­sas que no le han dado valor a otras injus­ti­cias, cada cosa en su momen­to aho­ra es char­lie, no hay nin­gu­na jus­ti­fi­ca­cion para estos ase­si­na­tos y sobre todo en un pais que se respe­ta la liber­tad de expresion.No soy fran­ce­sa pero me sien­to orgul­lo­sa de vivir en este pais donde se respe­ta y hay que seguir luchan­do para que siga asi y no dejar que per­so­nas que no estan de acuer­do con la repu­bli­ca conti­nue a come­ter atro­ci­dades y es por eso que me sien­to feliz de decir  » Je suis Charlie »

    1. Total­mente de acuerdo.Ademas ‚tra­tar a los fran­ceses de « bobos afran­ce­sa­dos » no me parece justo.Muchos fran­ceses lle­van apel­li­dos extranjeros,porque Fran­cia es un cri­sol de culturas.

  6. Cette per­sonne mécon­nait vrai­ment l’es­prit sati­rique et pro­vo­ca­teur de Char­lie Heb­do, jus­te­ment, quand j’ai vu le des­sin « Char­lie Heb­do c’est de la merde ça n’ar­rête pas les balles » j’ai cru qu’il avait été fait par les des­si­na­teurs de Char­lie Heb­do, et je suis fils de cette géné­ra­tion de 68, je crois en com­prendre bien l’esprit…

    En fait « Mon­sieur l’in­tel­lec­tuel colom­bien venu en Europe faire ses études », vous vous trom­pez à 100% car ce sont jus­te­ment le genre de cari­ca­tures qu’on aurait pu trou­ver et qu’on trou­ve­ra peut être dans le pro­chain Char­lie Hebdo. 

    Par ailleurs, c’est amu­sant de voir que cha­cun met ce qu’il veut der­rière le « Je suis Char­lie », mais en tout cas lais­sez nous au moins jus­qu’à dimanche la pos­si­bi­li­té de nous retrou­ver si nom­breux sous cette ban­nière. On ne peut pas repro­cher au peuple fran­çais d’être un peuple natio­na­liste au patrio­tisme déme­su­ré, donc lais­sez nous juste encore un jour nous ras­sem­bler jus­qu’à dimanche. Merci

  7. José Anto­nio Gui­te­rez, espe­ro que vas a leer lo que escri­bo, lo voy a hacer cor­to en espa­gnol, pero la idea prin­ci­pal es que con todo res­pec­to, no conoces el espi­ri­tu del per­io­di­co Char­lie Heb­do ni de esta gene­ra­tion de frances de 1968. Cuan­do vi el dibu­jo « Char­lie Heb­do c’est de la merde ça n’ar­rête pas les balles », no se quien a hecho el dibu­jo muy bueno(podrias men­tion­nar el artis­ta), pero cuan­do lo vi realment pense que era un dibu­jo de los que que­dan en Char­lie. Puedes men­tion­nar el colio­na­lis­mo Frances y mucho mas cosas, pero no puedes poner tus fan­ta­sias sobre esta revis­ta, tienes que cono­cer­la mejor, cri­ti­car si pero no en el aire !!! Estas equi­vo­can­do que tiene que ver una foto colo­nial en Argen­ti­na con un per­io­di­co sati­ri­co de vie­jos de 68 ? Gra­cias de res­pec­tar la com­plexi­dad del mun­do en tu ana­li­sis, que sea en Ame­ri­ca Lati­na, Euro­pa, Africa…y por todos lados.. 

    Nils

    Salu­dos.

  8. ¡Decir que Char­lie tiene espi­ri­tu colo­nia­lis­ta!¡ Menos mal que el ridi­cu­lo no mata!Porque este per­io­di­co siempre a com­ba­ti­do el colo­nia­lis­mo (Hara Kiri) o neo colo­nia­lis­mo (Cabu fue envia­do a la mili durante la guer­ra de Arge­lia, y así empezó su odio al ejer­ci­to, a los mili­tares y poli­ti­cos fran­ceses). Y se bur­la­ba de TODAS las reli­giones y todos los poderes (sis­te­ma­ti­co y a veces infantíl para mí). Pen­sa­ba que la por­ta­da de la dere­cha fue­ra la de su proxi­mo estre­no porque tenian mucho « autoderisíon ».

  9. L’his­toire fait par­ti de nos vies, soit, mais com­bien de fois on dit qu’il faut arrê­ter de regar­der en arrière pour avan­cer. Quel peuple n’a pas fait subir à un autres des actes abo­mi­nables (les afri­cains, les juifs, les mao­ris.…) OK on a fait de la merde, mais ne res­tons pas des­sus, AVANÇONS!! Ce genre BARBARIE change les gens et réveille nos colère ou nos peurs et engendre encore d’autres consé­quences ne res­sas­sez pas le passé

  10. Nous ne hur­le­rons pas avec les loups !
    publié le : 8 Jan 2015 par 

    L’attentat com­mis à Char­lie Heb­do ce mer­cre­di 7 jan­vier dans la mati­née par quelques indi­vi­dus se récla­mant de l’Islam ne doit pas nous faire perdre toute rai­son, mal­gré l’émotion bien com­pré­hen­sible de nombre de nos cama­rades que nous par­ta­geons. Si à une époque le milieu liber­taire, tout par­ti­cu­liè­re­ment notre orga­ni­sa­tion, a été proche de ces héri­tiers d’Hara Kiri, leur éma­na­tion contem­po­raine a ces­sé de nous faire rire depuis longtemps.
    Nous n’avons pas choi­sis et nous ne choi­si­rons pas entre des inté­gristes et des dés­in­hi­bi­teurs d’un racisme « de gauche ». Nous ne choi­si­rons pas entre des réac­tion­naires reli­gieux dont nous connais­sons bien les pra­tiques quelle que soit leur secte et un jour­nal véhi­cu­lant l’islamophobie sous cou­vert de lutte en faveur de la laï­ci­té et de la liber­té d’expression. Depuis son ori­gine notre orga­ni­sa­tion com­bat toutes les reli­gions et leurs éma­na­tions inté­gristes d’où qu’elles viennent. Nous ne tom­be­rons pas dans le piège gros­sier de l’unité natio­nale contre « l’ennemi commun ».
    Notre soli­da­ri­té va vers ceux qui vont subir le contre­coup de cet assas­si­nat imbé­cile et cri­mi­nel à plus d’un titre. L’hallali a déjà son­né et tout ce qui retient le pou­voir « socia­liste » de s’y joindre plei­ne­ment c’est la crainte de ne pas être ceux qui en récol­te­ront les fruits aux pro­chaines élec­tions. Nous voyons déjà fleu­rir les dis­cours sur la guerre civile, quelques heures à peine après cet attentat.
    Nous ne choi­sis­sons pas non plus le camp d’une extrême-gauche qui confond dans sa conne­rie essen­tia­liste et poli­ti­cienne des réa­li­tés aus­si diverses que le pro­lé­ta­riat, l’Islam, le racisme, les sans-papiers ou les « jeunes de ban­lieue », fan­tas­mant sur un soi-disant poten­tiel révo­lu­tion­naire des musulmans.
    Cet atten­tat inter­vient dans une période de stig­ma­ti­sa­tion vis à vis des musul­mans ou assi­mi­lés comme tel. Il faut rap­pe­ler que l’islamophobie est un outil du pou­voir visant à divi­ser notre classe et ses luttes. Elle ne se déve­loppe pas en réac­tion à un soit disant « pro­blème musul­man ». Le mou­ve­ment anti-Islam alle­mand « Pegi­da » qui prend de l’ampleur est ici carac­té­ris­tique de cette psy­chose, la popu­la­tion « musul­mane » de ce pays repré­sen­tant moins de cinq pour cent de la population.
    C’est pour­tant prin­ci­pa­le­ment sur ce sen­ti­ment d’invasion, « d’islamisation », que l’extrême droite se struc­ture depuis ces der­nières années. Nul doute que la tue­rie réac­tion­naire de Char­lie Heb­do ren­for­ce­ra ce phé­no­mène et don­ne­ra au FN et ses satel­lites, une plus grande légi­ti­mi­té à prô­ner le conflit eth­nique comme pro­blème de fond, et la pré­fé­rence natio­nale comme solution.
    Dans cette période trou­blée, nous anar­chistes devons gar­der la tête froide et main­te­nir une ligne de démar­ca­tion claire entre nous et nos enne­mis : inté­gristes de toutes les cha­pelles, xéno­phobes de gauche comme de droite, sexistes de tous hori­zons, et soi-disant com­mu­nistes ver­sant dans la récon­ci­lia­tion natio­nale et l’inter-classisme.
    Le groupe Regard noir – Fédé­ra­tion anarchiste

  11. sous cou­vert d’un argu­men­taire par­fois défen­dable , vous res­tez un con de bas étages. Si vous ne com­pre­nez pas qu’un jour­nal sati­rique à pour mis­sion la satire , je ne peux rien faire pour vous.

    1. une nou­velle reli­gion ? CHARLIE HEBDO Le livre sacré inat­ta­quable, ses mar­tyrs, ses péle­ri­nages rèpublicains…
      je suis répu­bli­caine pas republiconne !
      peut on émettre des cri­tiques sans que les illu­mi­nés de fraîche date viennent nous rap­pel­ler la bonne parole ? qui aurait cru que CHARLIE HEBDO allait deve­nir l’embleme de la bien pensance ?
      rien ne va plus!!! c’est car­ré­ment le monde à l’envers !
      Char­lie heb­do t’es deve­nu l’opium du peuple!!!
      vite je vais aller me confes­ser, char­lie j’ai pêché ma foi a flanché….
      NON MAIS CA VA ! OUI ?

  12. C’est pas la faute des colons, ni de l’o­tan, ni de la france en 1960 si ces mecs se sont fait abattre.

    Oui, la vie des Fran­çais est sacrée, ni plus ni moins que celle des nigé­riens ou des congolais.
    La vie tout cours est sacrées.

    En lisant ça on croit que l’au­teur explique qu’être tou­ché par ce mas­sacre implique d’être indif­fé­rent au mas­sacre que la France a fait au Came­roun, à la Shoah ou a l’apparteid.

    Et le cou­plet sur la supé­rio­ri­té de ces des­si­na­teurs Fran­çais sois disant inat­ta­quable, je sais pas ou tu l’as sorti. 

    en France et dans le monde, les cari­ca­tures de cette bande de rigo­los sont foi­son et on les accepte sans pro­blème, d’ailleurs, la fausse cou­ver­ture de l’ar­ticle est très bonne.

    Moi ça me gêne pas qu’on se foutte d’eux, c’est leur rendre un superbe hommage.
    Et je veux pou­voir conti­nuer de char­rier Jesus.
    Je veux conti­nuer à voir des Hit­lers roses à cornes sur internet.
    Je veux conti­nuer à voir des jour­naux comme CH, Le canard enchainé.
    Je veux conti­nuer à entendre Dieu­don­né et son contraire, les Gui­gnols de l’in­fo ou Groland.

    Ça vau­dra tou­jours mieux qui la presse clas­sique qui ne prend même plus le temps de dis­si­mu­ler men­songes et dupe­ries grâce à un peu d’hu­mour gras ou de satire.

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