J’en­tends sou­vent dire que nous vivons dans des socié­tés paci­fiées et paci­fistes, où le culte de la paix est si ancré que toute vio­lence est condam­née, et que le pro­grès nous a per­mis d’in­ven­ter une socié­té sécu­ri­sée et moins vio­lente que par le pas­sé. À bien y réflé­chir, il me semble que beau­coup confondent paix et sou­mis­sion.

Nous ne vivons pas dans une socié­té paci­fiste, paci­fiée, sécu­ri­sée, non vio­lente. Mais nous sommes tel­le­ment imbi­bés de sym­bo­lique guer­rière que nous ne la voyons plus. Les vio­lences que subissent les enfants et les femmes, la por­no­gra­phie, la pros­ti­tu­tion en témoignent.

Les sta­tis­tiques en disent long : « Les vio­lences sexuelles sont fré­quentes et n’épargnent aucun milieu. Prin­ci­pa­le­ment com­mises par des hommes (dans 95 % des cas) et par des proches (dans 80 % des cas pour les adultes et dans plus de 90 % pour les enfants), elles s’exercent par­tout, mais dans plus de la moi­tié des cas, dans la famille et dans le couple. Plus les espaces sont cen­sés être pro­tec­teurs, plus elles y sont fré­quentes, et plus les per­sonnes sont cen­sées être pro­té­gées comme les enfants ou les per­sonnes han­di­ca­pées, plus elles en sont vic­times. […] Dans le monde, 120 mil­lions de filles (une sur dix) ont subi des viols (UNICEF, 2014), et un rap­port récent de l’Organisation mon­diale de la San­té (OMS, 2014), sou­ligne que près de 20 % des femmes et 5 à 10 % des hommes rap­portent avoir subi des vio­lences sexuelles pen­dant leur enfance. […] chaque année, ce sont plus de 120 000 filles et de 30 000 gar­çons de moins de 18 ans qui sont vic­times de viol ou de ten­ta­tive de viol. Selon les résul­tats de l’enquête Impact des vio­lences sexuelles de l’enfance à l’âge adulte (IVSEA), de l’association Mémoire trau­ma­tique et vic­ti­mo­lo­gie : 81 % des vic­times de vio­lences sexuelles ont subi les pre­mières vio­lences avant l’âge de 18 ans, 51 % avant 11 ans, et 23 % avant 6 ans. »[1]

Il semble bien que la culture du viol soit la culture la mieux par­ta­gée au monde. Elle per­met d’é­ta­blir une hié­rar­chie per­met­tant aux por­teurs de couilles et de pénis d’ex­ploi­ter tous les autres. De nom­breuses cultures humaines, avec ou sans écri­ture, avec ou sans indus­trie, nomades, semi-nomades, séden­taires, pay­sannes ou urbaines, tolèrent le viol à des degrés divers, voire le pra­tiquent pour dis­ci­pli­ner et/ou punir enfants et femmes[2]. Ces vio­lences sexuelles se pra­tiquent sans consen­te­ment expli­cite et sont très majo­ri­tai­re­ment com­mises par des hommes. Elles sont d’au­tant plus accep­tées dans une socié­té où les caté­go­ries « mas­cu­lins » et « fémi­nins » sont stric­te­ment défi­nies et s’op­posent — pour mieux se com­plé­ter, nous dit-on. La culture du viol ne peut exis­ter sans une éthique du vio­leur. Dans une socié­té patriar­cale, l’homme est celui qui détient le pou­voir poli­tique, juri­dique, judi­ciaire, sym­bo­lique, idéo­lo­gique. C’est lui qui caté­go­rise et défi­nit ce qui est mas­cu­lin et ce qui est fémi­nin. Le mas­cu­lin, pour s’ap­pro­prier le monde et l’ex­ploi­ter en toute impu­ni­té, se déclare supé­rieur, le plus fort, le plus cou­ra­geux, le plus actif, le plus rai­son­nable, le plus res­pon­sable, et se construit en s’op­po­sant au fémi­nin auquel il accorde la pas­si­vi­té, la fai­blesse, l’ir­ra­tio­na­li­té, la dou­ceur. Mais ces caté­go­ri­sa­tions sont des inven­tions, des stra­té­gies de domi­na­tion. « L’i­den­ti­té sexuelle est une idée. L’i­den­ti­té sexuelle – la croyance en l’exis­tence de la viri­li­té et de la fémi­ni­té et en la néces­si­té d’être soit un homme, soit une femme – fait par­tie des idées les plus fon­da­men­tales en jeu dans l’in­ter­pré­ta­tion de notre vécu. […] Il s’a­git d’une idée poli­tique. Sa puis­sance tient entiè­re­ment à l’ef­fort humain requis pour la sou­te­nir, un effort qui occupe la vie de tous et de toutes, à temps presque com­plet, pour en assu­rer le main­tien et la véri­fi­ca­tion. »[3] Pour se sen­tir vrai­ment homme, dans une socié­té où le « vrai homme » est défi­ni comme celui qui pénètre avec vio­lence et la « vraie femme » celle qui prend du plai­sir à être for­cée, le viol est l’acte par lequel s’exerce et s’af­firme le plus effi­ca­ce­ment la viri­li­té. Pour être un homme, un vrai, l’homme ne doit jamais oublier qu’il porte un pénis, et que ce pénis se doit de ban­der, de péné­trer avec bru­ta­li­té et sans consen­te­ment, pour écra­ser l’autre, le réduire au sta­tut d’ob­jet, pour en être le maître. Cette iden­ti­té sexuelle est un arti­fice, une illu­sion, un rôle social mais tout masque a le pou­voir de deve­nir visage. En s’a­char­nant à incar­ner ces sté­réo­types, les vio­leurs finissent par y adhé­rer rigou­reu­se­ment et à croire inébran­la­ble­ment en leur supé­rio­ri­té et en leur pré­ro­ga­tive. Comme le sug­gère John Stol­ten­berg, « l’é­thique de l’i­den­ti­té mas­cu­line est essen­tiel­le­ment celle du vio­leur ». Parce que depuis la plus petite enfance et dans chaque image que véhi­cule la socié­té c’est la culture du viol qui est mise en avant et valo­ri­sée, la socié­té enferme chaque être dans un rôle mas­cu­lin ou fémi­nin, détrui­sant chaque jour toute empa­thie du mâle pour la femelle, rédui­sant la jouis­sance au seul acte hété­ro­sexuel de la péné­tra­tion agres­sive. Cette vio­lence se déve­loppe et se conso­lide dans les boys­clubs : « L’im­por­tant, c’é­tait le foot­ball, et j’y fai­sais figure de frous­sard. Je détes­tais ce sport : il joi­gnait selon moi l’i­nu­tile au désa­gréable, et il m’é­tait donc très dif­fi­cile d’y briller. J’a­vais le sen­ti­ment que le but du jeu était plu­tôt de se battre que de prendre plai­sir à taper dans un bal­lon. Les gar­çons qui aiment le foot­ball sont robustes, vio­lents, tri­cheurs, ils excellent à jeter les plus petits à terre et à les pié­ti­ner. Toute la vie de l’é­cole était sur ce modèle : un triomphe per­ma­nent du fort sur le faible »[4].

La sym­bo­lique guer­rière, de l’acte sexuel aux jeux col­lec­tifs, est omni­pré­sente. De nom­breux pen­seurs éla­borent de grandes théo­ries qu’ils pensent éman­ci­pa­trices sans prendre en compte le lien fon­da­men­tal de ces deux formes de vio­lence. Ain­si Clastres, en guerre contre l’É­tat, affirme : « … les socié­tés pri­mi­tives sont des socié­tés vio­lentes, leur être social est un être-pour-la-guerre. […] l’É­tat est contre la guerre. Que nous dit en contre­point la socié­té pri­mi­tive comme espace socio­lo­gique de la guerre per­ma­nente ? Elle répète, en le ren­ver­sant, le dis­cours de Hobbes, elle pro­clame que la machine de dis­per­sion fonc­tionne contre la machine d’u­ni­fi­ca­tion, elle nous dit que la guerre est contre l’É­tat ». Il trans­pose sa guerre aux socié­tés décrites, entre autres, par les mis­sion­naires du XVIe siècle. Des socié­tés en guerre contre la colo­ni­sa­tion intel­lec­tuelle, reli­gieuse, éco­no­mique — des socié­tés anéan­ties par des États tou­jours en guerre. Clastres était lui-même vic­time de cette sym­bo­lique qu’il a trans­po­sé à tous les peuples et de tout temps. Trop sou­vent, les études eth­no­lo­giques confirment étran­ge­ment les para­digmes de leurs auteurs qui ne se privent pas d’en faire une théo­rie uni­ver­selle. Ain­si en est-il de ceux qui affirment que la divi­sion sexuelle du tra­vail se perd dans la nuit des temps, sans qu’au­cune preuve archéo­lo­gique ne puisse étayer une telle affir­ma­tion. Il est impos­sible aujourd’­hui d’af­fir­mer que l’É­tat est contre la guerre. Bien au contraire, l’É­tat ne peut vivre sans la guerre. Nous pou­vons inter­ro­ger les siècles qui nous pré­cèdent, jamais nous n’a­vons connu une période aus­si meur­trière et dévas­ta­trice. Nous ne vivons pas une 6e extinc­tion mais bel et bien une exter­mi­na­tion du vivant, menée en toute conscience par une élite qui cen­tra­lise les pou­voirs. De plus, la vio­lence que les socié­tés du Nord infligent aux pays du Sud est notre vio­lence. Notre mode de vie, notre mode de consom­ma­tion ne peut se main­te­nir sans consu­mer le monde et ses exis­tants. Toute notre socié­té est fon­dée sur cette vio­lence, cet écra­se­ment de l’autre pour le pos­sé­der, le réi­fier et l’ex­ploi­ter. Au plus pro­fond de nous-mêmes, nous le savons tous parce que cette vio­lence, nous la subis­sons dès l’en­fance par le matra­quage édu­ca­tif qui nous impose une iden­ti­té sexuelle fon­dée sur l’a­gres­sion ou la sou­mis­sion. Elle s’af­firme dans les agres­sions sexuelles que subissent de nom­breux enfants et les consé­quences psy­cho-trau­ma­tiques de ces agres­sions sont très graves. Les vic­times sont fra­gi­li­sées et sont inca­pables d’i­ma­gi­ner une vie libé­rée de la peur. Mais les vic­times peuvent aus­si repro­duire les vio­lences qu’elles ont subies pour échap­per à la mémoire trau­ma­tique et à des états de ter­reur per­ma­nente, nour­ris­sant à leur tour le cercle vicieux de la vio­lence. La cruau­té est le moteur de toute socié­té patriar­cale et la civi­li­sa­tion est l’in­car­na­tion la plus par­faite de cette cruau­té. Nous sommes chaque jour plus nom­breux à nous rendre compte que : « Lorsque nous sacri­fions notre temps et notre argent à ceux qui sont au pou­voir, leur puis­sance se ren­force. Leur emprise sur nos vies se res­serre. La des­truc­tion du monde s’intensifie. »[5] La culpa­bi­li­té que cette prise de conscience fait naître peut-être si dou­lou­reuse que nous nous en pro­té­geons en détrui­sant tout sen­ti­ment d’empathie. La culpa­bi­li­té neu­tra­lise la révolte, elle est une stra­té­gie de l’é­lite pour main­te­nir sa domi­na­tion et notre sou­mis­sion exerce à son tour une vio­lence tout aus­si bru­tale sur ceux qui refusent de se sou­mettre[6]. Pour reprendre Orwell, le monde est un gigan­tesque stade de foot dans lequel les plus forts écrasent les plus faibles pour mieux en jouir.

« La sexua­li­té est au cœur de nos pro­blèmes, et si nous n’é­li­mi­nons pas le plus per­ni­cieux de nos sys­tèmes d’op­pres­sion, si nous ne creu­sons pas jus­qu’au centre de la poli­tique sexuelle et de son délire mal­sain de pou­voir et de vio­lence, tous les efforts que nous pour­rons faire pour nous libé­rer nous rejet­te­ront dans le même bouillon de sor­cière. »[7]

Trop nom­breux sont ceux qui bandent devant un dra­peau, une arme, un jet de pierres… Nier cette vio­lence, ancrée dans la chair, nier la jouis­sance qu’elle dis­tille dans le corps, ne nous per­met­tra pas de lut­ter contre les fas­cismes. Nous devons détruire cette sym­bo­lique parce que nous ne pour­rons jamais l’ap­pri­voi­ser, à la moindre étin­celle c’est elle qui l’emporte. Que nous soyons homme ou femme, cette vio­lence nous habite tous, elle nous trans­forme en bour­reau ou nous sou­met : « J’a­vais l’im­pres­sion que c’é­tait entiè­re­ment de ma faute d’a­voir été vio­lée. Je me disais : “Après tout ce sont des hommes. Ils ne peuvent pas s’empêcher. Les hommes sont comme ça”. »[8]. Alors oui, se défendre, bien sûr, mais res­ter vigi­lant à la vio­lence qui fait jouir, ne pas la sous-esti­mer parce que beau­coup ne se sentent vivants que dans une domi­na­tion sur l’autre : le ser­vi­teur, l’en­fant, la femme, le chien… du pou­voir d’É­tat au pou­voir domes­tique c’est l’é­ro­ti­sa­tion du pénis guer­rier qui régit les règles.

Ana Mins­ki


  1. Muriel Sal­mo­na, Impact des vio­lences sexuelles sur la san­té des vic­times : la mémoire trau­ma­tique à l’œuvre
  2. Patri­cia Rozée, For­bid­den or For­gi­ven ? Psy­cho­lo­gy of Women Quar­ter­ly. 1993
  3. John Stol­ten­berg, Refu­ser d’être un homme, pour en finir avec la viri­li­té.
  4. Georges Orwell, Tels, tels étaient nos plai­sirs et autres essais.
  5. Will Falk, Le piège d’une culpa­bi­li­té per­pé­tuelle
  6. Loving to Sur­vive : Sexual Ter­ror, Men’s Vio­lence, Dee L.R. Gra­ham
  7. Kate Millett, La poli­tique du mâle.
  8. Dia­na Rus­sell, The Poli­tics of Rape. The vic­tim’s pers­pec­tive

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Comments to: L’érotisation de la violence (par Ana Minski)
  • 8 décembre 2018

    « Il est impos­sible aujourd’hui d’affirmer que l’État est contre la guerre. »
    La france se gar­ga­rise d’être le 3eme ven­deur d’arme au monde. Nos rela­tions géos­tra­té­giques sont liées a ces ventes d’armes qui nous fait sou­te­nir les pires régimes sur terre. Et encore on ne connait pas les opé­ra­tions sou­ter­raines. Oui cette vio­lence est au plus pro­fond de nous même et on peux reje­ter l’accusation sur les autres, mais ce fai­sant, nous allons anéan­tir la terre de ses humains au mini­mums. Le défi est trop immense pour être rele­vé, toutes socié­té sur terre vou­lant le rêve amé­ri­cain ( a quelques micro excep­tions prêt). Je me tor­ture le cer­veau pour trou­ver une fou­tu solu­tion, interne à moi même et externe. Pour moi même , je pense avoir trou­vé un début de piste, mis­sion la plus facile. Pour l’extérieur à moi même , je ne vis que chaos et déso­la­tion. C’est rude

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    • 8 décembre 2018

      Cou­rage !
      Concentre toi sur ce que tu peux faire, ça sera déjà bien.

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  • 13 décembre 2018

    Anna Mins­ki,
    Por­teur d’un pénis, je dois bien vous avouer qu’a force de vous lire sur le par­tage, je finis par res­sen­tir une oppres­sion morale. Je vis vos articles comme du har­cè­le­ment.
    En effet, toute votre prose tourne autour du thème cen­tral de la domi­na­tion phal­lique. Sans vou­loir vous cho­quer je trouve cela un peu redon­dant. A tel que je me demande si toute cette haine cas­tra­trice n’est pas l’ex­pres­sion incons­ciente de votre pro­fond manque d’at­tri­but. Vous savez, il existe d’ex­cel­lents chi­rur­giens aujourd’­hui qui pour­raient vous en fabri­quer un sur mesure.
    En vous lisant, je ne peux m’empêcher de pen­ser à ce qu’é­cri­vait Ted Kac­zyns­ki sur le fémi­nisme, je le cite : « Les fémi­nistes sont obsé­dées par l’idée de prou­ver que les femmes sont aus­si fortes et aus­si capables que les hommes. Il est évident qu’elles sont angois­sées par le fait qu’une femme puisse ne PAS être aus­si forte et aus­si capable qu’un homme »*, fin de cita­tion. Je me dis que sur ce point, on ne peut lui don­ner tort. Force est de consta­ter que votre fémi­nisme est avant tout l’ex­pres­sion d’un fort res­sen­ti­ment d’in­fé­rio­ri­té. Et sur ce point, pré­ci­sé­ment, je peux vous assu­rer que vous vous trom­pez.
    Je vous res­pecte en tant que sem­blable mais hon­nê­te­ment je ne me sens pas concer­né pas votre com­bat fémi­niste.

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    • 18 décembre 2018

      Et bien vous n’a­vez visi­ble­ment rien com­pris à mes articles. Pre­miè­re­ment, la force que l’homme croit pos­sé­der est de l’ordre de la socio­pa­thie, elle n’in­té­resse pas les fémi­nistes. Deuxiè­me­ment, cet article concerne les vio­lences que subissent de nom­breux enfants, de nom­breuses femmes et de nom­breux exis­tants, dont les souf­frances sont cau­sées par l’i­déo­lo­gie patriar­cale, c’est-à-dire celui qui porte le phal­lus. Et ce sont des faits non des lubies de fémi­nistes.
      Deman­dez-vous plu­tôt pour­quoi vous vous sen­tez har­ce­lé, vic­time d’ar­ticles fémi­nistes, plu­tôt qu’in­quiet par le nombre de viol com­mis chaque années par des hommes dans notre socié­té. Ce n’est pas vrai­ment nor­mal de man­quer à ce point d’empathie pour les vic­times ! Troi­siè­me­ment, « Refu­ser d’être un homme », écrit par un homme, John Stol­ten­berg, est un livre dont je vous conseille vive­ment la lec­ture.

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  • 12 février 2019

    Un sujet connexe qu’il serait je pense inté­res­sant de creu­ser est la « roman­ti­sa­tion de la vio­lence », ou plu­tôt de la « roman­ti­sa­tion de la révolte » (qui est for­cé­ment vio­lente sinon ça s’ap­pelle un défi­lé). Plu­sieurs points :
    — « Nous » avons été nom­breux à jubi­ler devant les images de ce boxeur. Alors que fina­le­ment c’est stra­té­gi­que­ment com­plè­te­ment stu­pide ce qu’il a fait. Cette jubi­la­tion, est-ce de l’é­ro­tisme ou du roman­tisme ?
    — Nous sommes nom­breux à res­sen­tir une gêne lorsque l’é­co­lo­gie devient « mains­tream ». Alors oui, c’est sur­tout parce que l’é­co­lo­gie maints­tream passe à côté du cœur du pro­blème. Mais il n’y a pas que ça je pense. N’y aurait-il pas du côté de l’é­co­lo­gie radi­cale une esthé­ti­sa­tion des Don Qui­chotte et des actions clan­des­tines ?

    Je n’ai pas d’à-prio­ri sur ce sujet, et à vrai dire je cherche quel­qu’un de plus malin que moi pour le creu­ser.

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  • 18 juin 2019

    120 mil­lions de filles ça fait une sur dix ? Donc dans le monde ya 1 mil­liard 200 mil­lions de filles ? Et donc 6 mil­liards d’hommes ? Reli­sez vous voyons.
    Ensuite, « elle per­met d’établir une hié­rar­chie per­met­tant aux por­teurs de couilles et de pénis d’exploiter tous les autres » je trouve que c’est une asser­tion vul­gaire qui repose fon­da­men­ta­le­ment sur un amal­game entre la réa­li­té bio­lo­gique d’un corps mas­cu­lin et les cultures et struc­tures vio­lentes qui vont for­mer et favo­ri­ser cer­tains com­por­te­ments. Ce mani­chéisme est assez insup­por­table, ça revient à mettre tous les hommes dans le même camp (celui des vio­leurs ou des vio­leurs poten­tiels) en niant les formes d’op­pres­sions et de vio­lences extrêmes entre les hommes eux-mêmes. Comme si l’a­na­lyse en termes binaires homme/femme était une clé de lec­ture per­ti­nente des socié­tés, comme si les guerres et les formes d’op­pres­sions se résu­maient à oppo­ser les hommes aux femmes, comme si les hommes ne se mas­sa­craient pas entre eux. D’ailleurs, vous expli­quez toute forme de vio­lence par le « pénis », et cette rela­tion cau­sale entre ana­to­mie et volon­té vis­cé­rale de domi­na­tion est plus que dou­teuse, si ce n’est pathé­tique ; au même titre que votre com­pa­rai­son entre l’acte sexuel et les jeux col­lec­tif, comme si le foot­ball amé­ri­cain était un outil d’embrigadement poli­tique pour for­mer des hommes avides de vio­lence, et non sim­ple­ment un jeu que l’on peut appré­cier sans être un vio­leur san­gui­naire. En fait, vous confon­dez tout et ten­tez de tirer des jus­ti­fi­ca­tions de vos convic­tions là où il n’y en a pas, ce qui induit de graves biais idéo­lo­giques dans vos ana­lyses. Sur­prise, on peut aimer le rug­by et être homo­sexuel, doux, paci­fique dans ses rela­tions avec ses proches et tolé­rant !
    « une exter­mi­na­tion du vivant, menée en toute conscience par une élite qui cen­tra­lise les pou­voirs » — c’est ce style omni­pré­sent dans vos articles qui est infer­nal ; là c’est tou­jours pareil : une affir­ma­tion médiocre sans réfé­rence, sans déve­lop­pe­ment et sans preuve quel­conque, qui frise le com­plo­tisme et qui consi­dère que tout le capi­ta­lisme indus­triel mon­dia­li­sé est régi par un petit groupe de per­sonnes qui agissent dans l’ombre ; niant la fabrique du consen­te­ment des masses, la lâche­té de l’adhé­sion au sys­tème ou la ser­vi­tude volon­taire, niant la diver­si­té des conflits géo­po­li­tiques et des acteurs qui y sont enga­gés. Il n’y a ni « une élite », ni « un pou­voir cen­tral », cette légè­re­té infon­dée assi­mi­lable à de la bouillie idéo­lo­gique nuit pro­fon­dé­ment à la cré­di­bi­li­té et à la valeur de vos tra­vaux. Ce que j’es­saye de vous dire, dans le fond, c’est que votre enga­ge­ment mili­tant ne doit pas prendre le pas sur une ana­lyse objec­tive et contex­tua­li­sée ; évi­dem­ment qu’il faut s’in­di­gner, mais cela n’empêche pas de res­ter rigou­reuse lorsque l’on pré­tend être fac­tuelle.

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    • 29 novembre 2019

      Mer­ci pour cet article !
      Et pour répondre à car­la : ce sont les chiffres de l’U­ni­cef, il vous suf­fit de prendre le temps d’al­ler à la source pour com­prendre ces chiffres : https://www.24heures.ch/monde/fille-10-victime-abus-monde/story/11375246
      Cet article dénonce très clai­re­ment la phal­lo­cra­tie, le fait que la socié­té créé une vio­lence éro­tique que l’on retrouve dans la culture du viol. Ne pas com­prendre ça c’est vrai­ment ne rien com­prendre à la socié­té dans laquelle vous vivez.

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