Le texte suivant, écrit par Clive L. Spash, initialement publié en 2016, en anglais, sur son site, est une critique de l’accord signé à Paris à l’occasion de la COP21, en 2015. Clive L. Spash est un économiste écologique, titulaire de la chaire de politique publique et de gouvernance de l’université de sciences économiques de Vienne, et également rédacteur en chef de la revue universitaire Environmental Values.


L’accord de Paris : ne rien changer, compter sur la technologie, s’adapter et, surtout, vive la croissance

À l’issue de la 21e session de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, ayant eu lieu du 30 novembre au 11 décembre 2015 en France, à Paris, les 195 pays de la communauté internationale sont finalement parvenus à un accord, considéré, tant par les participants que par les médias, comme un tournant politique majeur dans la difficulté de s’attaquer au changement climatique provoqué par l’humain. Le texte suivant est un bref commentaire critique dans lequel j’explique succinctement en quoi l’accord de Paris ne change rien. J’y souligne comment cet accord ignore pratiquement toutes les questions de fond concernant les causes du changement climatique d’origine anthropique, et en quoi ce même accord n’offre aucun plan d’action concret.

Au lieu d’opter pour d’importantes réductions d’émissions de gaz à effet de serre (GES), et ce le plus tôt possible, l’intention des parties a été de promettre une augmentation des dégâts, et de considérer les pires scénarios comme une possibilité acceptable, ayant une chance sur deux d’advenir. L’accord de Paris se traduit par un engagement en faveur de la croissance industrielle, de la gestion des risques plutôt que de leur prévention, ainsi qu’en une foi inébranlable dans la technologie, considérée comme une garantie de notre salut.

Le premier engagement de la communauté internationale consiste à préserver le système économique et social actuel. Ce qui revient à nier le fait que s’attaquer aux émissions de GES est incompatible avec une croissance économique soutenue. La réalité, c’est que les États-nations et les sociétés internationales sont engagés dans une expansion continue visant l’exploration, l’extraction et la combustion des énergies fossiles, ainsi que la construction d’infrastructures connexes permettant leur production et leur consommation. Les objectifs et les promesses de l’accord de Paris n’ont aucun lien avec la réalité biophysique, sociale et économique.

Pendant plus d’un quart de siècle, les actions nécessaires pour lutter contre le changement climatique provoqué par les humains ont été retardées par diverses exigences d’obtention de plus d’éléments probants. Afin de stopper le forçage radiatif, il est impératif que les émissions de combustibles fossiles soient drastiquement réduites, voire pratiquement arrêtées ; et tout ceci doit être fait avant que trop de gaz à effet de serre (GES) ne s’accumulent dans la haute atmosphère. Toute personne possédant des connaissances sur le sujet le comprend bien, et comprend aussi que les techno-optimistes plaidant pour une future solution miracle (géo-ingénierie, capture et stockage du carbone) sont surtout préoccupés par le maintien du statu quo, et se contrefichent du changement climatique d’origine anthropique ou des autres problèmes environnementaux. L’accord de Paris est en train d’être présenté comme un correctif attendu de longue date permettant de résoudre tous ces problèmes. Mais est-ce vraiment le cas ?

À ce jour, l’absence d’actions concrètes se traduit par des concentrations atmosphériques de GES qui excèdent déjà le niveau attendu par un réchauffement du climat de 2°C[1], ce qui correspond à ce que la communauté internationale était supposée empêcher.

Le Secrétariat de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) avait déclaré que même si leurs plans visant les 2°C (i.e. stabilisation à 450 ppm d’équivalent CO2) étaient mis en place, la probabilité d’éviter les pires effets du changement climatique ne s’élevait qu’à seulement 50 %[2]. L’objectif des 2°C est lui-même controversé : en effet, il ne permet pas d’éviter d’importants risques de dégâts et, en l’état, n’est pas en accord avec les exigences du CCNUCC. Le but ultime du CCNUCC était de « stabiliser les concentrations de GES dans l’atmosphère à un niveau qui permettrait de prévenir de dangereuses interférences anthropogéniques avec le système climatique » (Article 2), pas l’implémentation d’une politique qui offre une chance sur deux d’en subir les plus terribles conséquences.

L’accord de Paris stipule aujourd’hui (Article 2) que son but est de maintenir les augmentations des températures mondiales moyennes « bien en dessous de 2°C » et de « poursuivre ses efforts » afin de les limiter à 1.5°C, dans le but de réduire les risques et les impacts du changement climatique. Beaucoup soulignent que la mention de 1.5°C est un franc succès. Mais en réalité, il n’existe aucun plan pour y parvenir. L’accord ne parle pas non plus d’un évitement des 50 % de chances de survenue des pires effets du changement climatique ; c’est pourquoi le monde se dirige de plus en plus certainement vers une augmentation des températures bien supérieure à 2°C. Au lieu d’un ensemble de réductions planifiées et coordonnées ciblant la combustion d’énergies fossiles et les entités responsables des émissions des GES, l’accord de Paris a « prévu des contributions déterminées au niveau national ». Ces intentions « sont davantage alignées avec un réchauffement total de 3°C » (The Economist, 12 décembre 2015). Et pourtant, beaucoup de gens s’en réjouissent, cet échec ayant le mérite d’être admis par l’accord.

En réalité, en lisant l’accord de Paris, on réalise qu’il ne vise pas tant à éviter les impacts du changement climatique d’origine anthropique, mais à s’y adapter. Ceci est évident lorsque l’on regarde les dispositions concernant les adaptations. Toutefois, la responsabilité de forcer les autres à s’adapter n’est pas mentionnée, et les obligations et les compensations sont explicitement exclues (Clause 52, Article 8). Par conséquent, l’accord de Paris maintient la perspective d’une dangereuse interférence anthropogénique avec le système climatique, la survenue de problèmes délibérément créés, ainsi qu’une adaptation imposée. En effet, en contradiction même avec la mission du CCNUCC, il confirme le passage d’une position internationale consistant à prévenir les risques à une posture de gestion. Dans l’article 8, on retrouve la promotion d’une « évaluation et gestion complètes des risques », et de « dispositifs de gestion des risques, mutualisation des risques climatiques et autres solutions d’assurance ». Comme si une assurance incendie pouvait servir à arrêter un feu !

De plus, l’ensemble de l’Article 2 se rapporte à la phrase : « dans le contexte du développement durable et des efforts visant l’éradication de la pauvreté ». Le développement durable est souligné à plusieurs reprises dans l’accord de Paris : on le retrouve mentionné 12 fois dans les 10 premiers articles. En effet, l’accord ne peut pas être autrement que comme un effort de lobbying des entreprises et de promotion d’un nouveau programme de croissance appelé « développement durable ». Dès les premières phrases du document, l’importance de la résolution de l’ONU d’octobre 2015 A/RES/70/1 « Transformer notre monde : le Programme de développement durable à l’horizon 2030 » est soulignée ; celle-ci promeut la croissance économique, la technologie, l’industrialisation et l’utilisation croissante d’énergies. La cible spécifique du huitième objectif de cette résolution de l’ONU est de maintenir la croissance économique par habitant à « au moins 7 % de PIB par an dans les pays les moins développés ». Le désastre écologique que cela entraînerait est censé être résolu par « la tentative de découpler la croissance économique et la dégradation environnementale », ce qui n’aurait de sens que si c’était [possible, NdT] entrepris de manière absolue, et est contradictoire avec la promotion de l’économie industrielle de l’objectif 9. Cela dit, cette espérance en des miracles technologiques se marie parfaitement avec la foi dans une expansion économique matérielle et énergétique illimitée.

L’accord de Paris continue et affirme qu’ « accélérer, encourager et permettre l’innovation est crucial pour parvenir à une solution mondiale, pérenne et efficace au changement climatique, ainsi que pour promouvoir la croissance économique et le développement durable » (Article 10). En réalité, pour nous attaquer au changement climatique, nous n’avons pas besoin de nouvelles technologies qui, même si elles pouvaient se révéler utiles [ici, la critique de l’économiste Clive Spash gagnerait à se doubler d’une technocritique conséquente ; suggérer que les nouvelles technologies pourraient nous aider de quelque manière c’est occulter le fait qu’elles reposent par définition sur des organisations sociales autoritaires et selon toute probabilité, insoutenables ; les nouvelles technologies, qui sont des hautes technologies, sont également des technologies autoritaires ; lire à ce sujet des critiques technologiques comme celles de Lewis Mumford, de Langdon Winner, de Theodore Kaczynski, et d’autres, NdT], nécessiteraient des décennies pour passer du statut d’invention à celui d’innovation, et à leur implémentation effective. Ce délai est un luxe que nous avons déjà gaspillé durant des décennies d’inaction et d’expansion de l’utilisation des combustibles fossiles. La réduction des GES est nécessaire dès à présent, et peut et devrait se faire au moyen de technologies appropriées (pas de hautes technologies), de transformation des infrastructures, de transformations systémiques.

C’est là tout le problème de l’accord de Paris : il s’agit d’un fantasme dénué d’un plan concret permettant de parvenir à des réductions d’émissions. Il n’y est pas fait mention des sources de GES, il ne comporte aucun commentaire sur l’utilisation des combustibles fossiles, il ne discute pas non plus de la manière dont il serait possible d’enrayer l’expansion de la fracturation hydraulique, de l’extraction de pétrole de schiste ou des explorations dans l’Arctique et l’Antarctique visant à trouver du pétrole ou du gaz. De la même manière, aucun moyen d’application n’est prévu. L’article 15, traitant de l’implémentation et de la conformité, établit que le comité d’experts sera « non accusatoire et non pénalisant », en d’autres termes, que rien ne peut être fait en cas de non-conformité. L’article 28 offre même une option de retrait, qui n’entraîne d’ailleurs aucune sanction. Tout le monde semble avoir aisément oublié comment le Canada s’est retiré du protocole de Kyoto afin de pratiquer la fracturation à une échelle industrielle massive et catastrophique pour l’environnement.

Quel sens y a-t-il à placer sa confiance dans des gouvernements qui signent un accord d’une main, tout en utilisant l’autre afin de continuer à investir davantage dans l’extraction, la combustion et la consommation d’énergies fossiles ? Ces mêmes gouvernements qui savent pertinemment qu’on a prouvé que les réserves d’énergies fossiles de la planète excèdent d’au moins trois fois[3] la quantité pouvant être brûlée si nous voulons avoir une chance de rester sous les 2°C de réchauffement ; cela ne les empêche pas de continuer à en chercher plus. Les mêmes qui promeuvent des taux de croissance à 7%, ainsi que la prolifération de l’industrialisation et des infrastructures énergétiques modernes, incluant des technologies avancées d’extraction de combustibles fossiles (Résolution A/RES/70/1 de l’ONU). Ils nous promettent des objectifs de 1.5°C, tout en construisant des infrastructures et en soutenant des processus de production nécessitant des expansions massives des combustibles fossiles, le tout dans un système économique basé sur une consommation de masse ostentatoire doublée d’une culture de la mode jetable.

Il y a deux façons d’expliquer le divorce entre les politiques économiques et énergétiques d’une part, et les objectifs de l’article 2 d’autre part : soit par un cynisme total, soit par une illusion complète de la part des négociateurs applaudissant joyeusement à Paris. Peut-être sont-ils parfaitement rompus à l’art orwellien de la double pensée. Quelle que soit leur raison, ces objectifs ambitieux n’ont absolument aucun lien avec la réalité des actions entreprises par les gouvernements et leurs partenaires commerciaux[4], ou avec les autres traités simultanément signés par ces mêmes gouvernements. Le système économique continue d’exploiter des ressources à une vitesse folle, et persiste dans sa course vers toujours plus de production matérielle et énergétique. Pour le comprendre, il suffit de jeter un coup d’œil aux objectifs de la communauté européenne à l’horizon 2020, et à leur promotion de la croissance, de la compétition, et de la poursuite du Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissement (TTIP). Apparemment, la priorité la plus urgente consiste à protéger et promouvoir la croissance économique.

En réalité, cette contradiction au cœur même de l’accord de Paris n’est pas si surprenante. En effet, l’idée selon laquelle le puissant lobby de la croissance serait une solution au changement climatique est promue depuis un bon moment par des entreprises et des financiers utilisant la rhétorique d’une économie verte. Comme je l’ai déjà expliqué (Spash, 2014), ceci est le résultat d’une combinaison d’arguments en faveur de la croissance, censée permettre de faire diminuer la pauvreté, de la nécessité d’une gestion des risques environnementaux et des technologies « vertes » promues à l’aide de milliards de dollars octroyés à des « entrepreneurs » (i.e. des multinationales), afin de créer une « nouvelle économie ». Les technologies et l’innovation seraient les clés de cette situation, caractérisée par une économie néo-autrichienne ainsi qu’une rhétorique de marché libre. Les politiques concernant le réchauffement climatique devraient donc être conçues pour servir la croissance d’une économie d’accumulation de capital. Ainsi la croissance économique est-elle présentée comme une solution aux problèmes du changement climatique, alors qu’elle en est la cause.

Malheureusement, de nombreuses ONG écologistes ont cru et adhèrent à ce raisonnement illogique, et justifient leur soutien par le pragmatisme. On retrouve le même langage néolibéral dans leurs rapports, leurs recommandations politiques et leur adoption de l’idée du capital naturel, des services écosystémiques, de la compensation et des opérations de marché. Ces nouveaux pragmatistes environnementaux croient, sans aucun fondement, que la financiarisation de la nature aidera à prévenir sa destruction. Par conséquent, ils promeuvent le marché des droits d’émissions de carbone tout en accordant bien peu d’attention à ses dangers et ses échecs (Spash, 2010). Nat Keohane, du Fond de la Défense pour l’Environnement, fait par exemple remarquer sur leur site internet comment ils ont bataillé, depuis les couloirs de Paris, pour une « ouverture des marchés ». Le gouvernement de droite de la Nouvelle-Zélande, à la tête d’un lobby présent de 18 pays, a également fait pression, à l’aide de ses négociateurs, en faveur de ces mêmes marchés internationaux du carbone. Toutefois, vous ne trouverez pas d’échanges de droits d’émissions, de marchés, de plafonnements et d’échange de compensations mentionnés dans le double discours de l’accord. On y trouve plutôt l’expression « résultats d’atténuation transférés au niveau international » (clause 108 et Article 6), qu’apprécie particulièrement Keohane.

Ce double langage, cette formulation stratégiquement ambigüe de l’accord de Paris est le point culminant de la diplomatie internationale. C’est ce qui a rendu l’accord possible. C’est aussi ce qui le rend si insignifiant. Des mots comme pétrole, gaz naturel, charbon ou fracturation sont étrangement (ou pas) absents de l’accord. De même pour les sources des émissions humaines de GES, et les structures qui les promeuvent : ces éléments n’y sont pas mentionnés. Ni quelque chose d’aussi fondamental que l’utilisation de l’énergie. La seule phrase qui mentionne l’énergie apparaît dans le préambule, et suggère la nécessité de promouvoir le déploiement de « sources d’énergies renouvelables dans les pays en développement, en particulier en Afrique ».

L’histoire racontée par l’accord de Paris est aussi bizarre qu’irréelle. Apparemment, la cause du changement climatique n’est pas la consommation de combustibles fossiles, ni aucune production énergétique, mais une technologie inadaptée. La solution de ce problème réside alors dans le développement durable (c’est-à-dire dans la croissance économique et l’industrialisation) ainsi que dans la réduction de la pauvreté. En ce qui concerne les systèmes actuels de production et de consommation, bien peu de choses doivent changer. Aucune mention d’élites consommant la vaste majorité des ressources de la planète, ni de multinationales ou d’industries de combustibles fossiles devant être contrôlées. Ni de systèmes compétitifs d’accumulation de capitaux qui promeuvent le commerce et la lutte pour l’obtention de ressources, et qui émettent de vastes quantités de GES à travers des dépenses militaires et des guerres. Pas non plus de gouvernements qui accroissent l’utilisation et la dépendance aux combustibles fossiles.

Ce document surréaliste est tout à fait adapté aux louanges tout aussi surréalistes qui lui sont adressées par les médias et divers organismes et personnalités. C’est un signe qui nous démontre clairement à quel point, désormais, les politiques internationales se mènent et se rapportent à travers des ambiguïtés stratégiques et des doubles discours. Les gens arrivent à applaudir tandis que l’ensemble du CCNUCC échoue depuis 20 ans et que la planète se dirige vers une augmentation supérieure à 2°C. En fait, la rhétorique de la réussite de l’accord ne sert qu’à masquer son absence totale de substance. L’essence même de l’accord de Paris se compose d’objectifs unilatéraux, indépendants et non contraignants. Cela n’empêche pas qu’on le vende comme un consensus multilatéral d’engagements fermes.

Pour conclure l’analyse, un simple test permet de juger de l’efficacité de l’accord de Paris : ce traité aurait en effet dû entraîner une chute dramatique du prix des actions de l’industrie des combustibles fossiles, industrie par définition constituée d’actifs toxiques. Autrement dit, un accord sérieux aurait eu pour effet de rendre intouchables toutes les réserves fossiles dont l’exploitation ferait dépasser la cible — déjà dépassée — de 2°C. L’accord aurait dû provoquer des faillites. S’il n’a rien provoqué sur les marchés boursiers, c’est que l’accord de Paris est perçu, aussi bien par l’industrie des combustibles fossiles que par les marchés financiers, comme totalement inoffensif. Il s’agirait même d’une excellente occasion de promouvoir de nouveaux instruments financiers permettant de perpétuer l’exploitation économique de la planète, grâce au financement, à hauteur de milliards d’euros versés sous formes de subventions à l’industrie de l’énergie, visant à encourager l’innovation et le développement technologique.

En réalité, l’accord de Paris a été pensé comme une compilation de contradictions déterminées au niveau national. Le Secrétariat du CCNUCC n’a prévu aucun plan d’action, et son dernier accord est complètement coupé des opérations des systèmes économiques et politiques actuels. Désormais, le changement climatique d’origine anthropique peut aisément être balayé des calendriers des politiques et des médias, jusqu’à la prochaine mascarade écologique, prévue en 2023. D’ici là, très peu (et peut-être même aucun) des politiciens responsables de cette farce ne seront encore au pouvoir. Ni eux, ni les bureaucrates et les négociateurs ayant célébré cet immense succès (soi-disant) ne seront tenus pour responsables de son inutilité. Seule une intensification des impacts du changement climatique pourra perturber la complaisance de la communauté mondiale.

Clive L. Spash

Traduction : Pauline Casaux

Édition : Nicolas Casaux

Correction : Lola Bearzatto


Références

Anderson, K. (2015). Duality in climate science. Nature Geoscience, 8, 898–900. 932 C.L. Spash Howard, B. C. (2014, May 27). Northern hemisphere cracks 400ppm CO2 for whole month for first time. Washington, DC: National Geographic. IPCC. (2013). Summary for policymakers. In T. F. Stocker, D. Qin, G.-K. Plattner, M. Tignor, S. K. Allen, J. Boschung, … P. M. Midgley (Eds.), Climate change 2013: The physical science basis. Contribution of Working Group I to the Fifth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change. Cambridge: Cambridge University Press. McGlade, C., & Ekins, P. (2015). The geographical distribution of fossil fuels unused when limiting global warming to 28C. Nature, 517, 187–190. Meindertsma, W., & Blok, K. (2012). Effects of new fossil fuel developments on the possibilities of meeting 28C scenarios. Utrecht: ECOFYS Netherlands B.V. Raupach, M. R., Davis, S. J., Peters, G. P., Andrew, R. M., Canadell, J. G., Ciais, P., … Le Quere, C. (2014). Sharing a quota on cumulative carbon emissions. Nature Climate Change, 4, 873–879. Spash, C. L. (2010). The brave new world of carbon trading. New Political Economy, 15, 169–195. Spash, C. L. (2014). Better growth, helping the Paris cop-out? Fallacies and omissions of the new climate economy report. Vienna: Institute for Environment and Regional Development.


Notes

  1. La cible du réchauffement climatique de 2°C est associée par le CCNUCC à des GES stabilisés à 450 ppm d’équivalent CO2. Si c’est ce qui est affirmé sur leur site internet, des rapports trompeurs de niveau de CO2 (non équivalent) le présentent comme atteignant actuellement 398.58 ppm. En 2012, le forçage radiatif total de tous les GES de longue durée déjà présents dans l’atmosphère correspondait à une concentration d’équivalent CO2 de 475.6 ppm (l’Organisation météorologique mondiale l’affirme sur son site [http://www.wmo.int/pages/mediacentre/press_ releases/pr_980_en.html]; du 3 Mai 2015).L’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique est d’accord avec cela : elle rapporte des concentrations atmosphériques d’équivalents de C02, en 2014, de 481 ppm, dont 397 de CO2 seuls (http://www.esrl.noaa.gov/gmd/aggi/; le 21 January 2016). Le niveau de CO2 seul, selon l’Organisation météorologique mondiale, a dépassé 400 ppm dans l’atmosphère en 2012 (Howard, 2014). Les concentrations augmentent approximativement de 3 ppm chaque année.
  2. « L’augmentation maximum des températures mondiales par rapport aux niveaux préindustriels que l’on peut tolérer si l’on veut éviter les pires effets du changement climatique correspond à 2 degrés Celsius/Centigrade » (CCNUCC [http://unfccc.int/ essential_background/basic_facts_figures/items/6246.php]; le 8 Janvier 2016]). Notez que cette affirmation fait l’amalgame entre la probabilité d’atteindre 2°C et la probabilité de la survenue des pires effets. C’est à dire, même si on est complètement sûr d’atteindre 2°C, on ne peut pas être certain des impacts que ces températures entraîneraient.
  3. Ce dépassement de trois fois repose largement sur de prudentes estimations du budget restant disponible, à savoir 1400 Gt de CO2, et sous les 50% de probabilités d’atteindre 2°C (Raupach et al., 2014, p. 874). Les calculs du GIEC (2013) sur le sujet sont bien plus bas, mais même eux furent critiqués comme n’étant ni actualisés (car utilisant des références de 2011) ; ni pertinents, car ils ne prennent pas convenablement en compte les émissions non liées à l’énergie. Ceci réduit la quantité restante des énergies fossiles. C’est ce qui a poussé Anderson (2015) à estimer un budget restant des émissions d’énergie sur la période 2015–2100 d’environ 650 Gt de CO2, pour avoir une chance de 66% de rester en dessous de 2°C. Dans ces conditions, l’excès de réserves dépasse en réalité de 6 fois le budget disponible. Le fait de descendre à 1.5°C et/ou d’augmenter les chances d’atteindre la cible amplifie donc encore davantage le dépassement.
  4. On a estimé que les engagements pris d’exploiter de nouvelles sources de combustibles fossiles dès 2012 mèneront à la libération de 300 Gt d’équivalent de C02 entre 2012 et 2050 (Meindertsma & Blok, 2012). Ceci s’ajoute aux excès existants de stocks imbrûlables pour atteindre la cible 2°C (McGlade & Ekins, 2015) ; voir note précédente.

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