Pour bien commencer l’année, avec France Inter, je me persuade que tout va de mieux en mieux (par Nicolas Casaux)

Car seuls les nazis, les fas­cistes, les zem­mou­riens et plus géné­ra­le­ment les gens d’extrême droite — les débiles ! — s’imaginent que tout ne va pas de mieux en mieux dans le meilleur des mondes. Les gens de gauche, les gens éclai­rés, les CSP+ ou ++ de chez France Inter, les profs à la Sor­bonne ou à Science Po, etc., savent bien, eux, que grâce au pro­grès, les choses vont bien mieux qu’avant.

Je cari­ca­ture à peine.

L’élite jour­na­lis­tique de France Inter s’attaque au « décli­nisme », donc, au « mythe du “c’était mieux avant”[1] ». Mais avant quoi ? Et où ? Eh bien, d’après Tho­mas Legrand, le seul type de « décli­nisme » qui existe, la seule forme de cri­tique de l’idée de pro­grès qui existe, pro­vient de l’extrême droite et cor­res­pond à une nos­tal­gie du « temps béni des colo­nies », de l’époque de l’Empire fran­çais, de l’époque où l’autorité du père était ins­crite dans la loi, de la royau­té, des « trente glo­rieuses », de ce genre de choses.

Et certes, ce « décli­nisme » de droite ou d’extrême droite existe et s’avère pro­blé­ma­tique, dans la mesure où il témoigne d’aspirations à ré-éta­blir des régimes poli­tiques encore plus rigides, strictes, hié­rar­chiques, et par cer­tains aspects inéga­li­taires, que ceux qui existent aujourd’hui.

Mais ce n’est pas parce que l’extrême droite cri­tique ce que l’on désigne par le terme de « pro­grès » que ledit « pro­grès » est une réa­li­té indu­bi­table. D’ailleurs, l’extrême droite est loin de cri­ti­quer tout ce qu’on range der­rière le terme « pro­grès ». Comme le remarque un camarade,

« l’extrême-droite est fon­ciè­re­ment pro-indus­triel et pro-tech­no­lo­gies. Son par­ti domi­nant, actuel­le­ment dénom­mé le Ras­sem­ble­ment natio­nal, a tou­jours défen­du le nucléaire, la chi­mie, l’industrie en géné­ral. Il ne s’est jamais oppo­sé au pro­grès tech­no­lo­gique, qui d’ailleurs pour­rait gran­de­ment lui faci­li­ter la tâche lors de sa pro­bable pro­chaine acces­sion au pou­voir. Pour un gou­ver­ne­ment fas­ciste, quoi de mieux que la vidéo­sur­veillance bio­mé­trique, le fli­cage numé­rique, les passes-QR codes pour aller et venir ? Son nou­veau patron, Jor­dan Bar­del­la, a pris der­niè­re­ment des posi­tions radi­ca­le­ment tech­no­philes, célé­brant les pos­si­bi­li­tés offertes par le déve­lop­pe­ment de l’intelligence arti­fi­cielle[2]. »

Même un Julien Roche­dy affirme :

« Atten­tion, que l’on me com­prenne bien : il ne s’agit pas d’être réac­tion­naire au sens strict et de vou­loir reve­nir au pas­sé. C’est impos­sible et contre-pro­duc­tif. Je ne veux pas que le pas­sé revienne, je veux que les véri­tés du pas­sé nous reviennent ; c’est assez dif­fé­rent. De nos jours, il existe des socié­tés ayant de très hauts niveaux de déve­lop­pe­ment tech­nique qui conti­nuent pour­tant de com­mu­nier avec ces véri­tés des Anciens. […] Je crois pos­sible d’avoir la tech­no­lo­gie sans le nihi­lisme qu’entraîne, encore une fois, toute pen­sée moderne, je veux dire toute pen­sée de gauche[3]. »

L’extrême droite appré­cie donc une large par­tie du pré­ten­du « pro­grès », l’essentiel même — l’essentiel du « pro­grès tech­nique » en tout cas. À cet égard, elle rejoint lar­ge­ment la gauche des jour­na­listes de France Inter. Gauche et droite, extrême gauche et extrême droite com­mu­nient dans la célé­bra­tion du pro­grès technologique.

En outre, ce n’est pas parce qu’il existe un décli­nisme d’extrême droite que toute forme de remise en ques­tion du pré­ten­du « pro­grès » est d’extrême droite. Il existe, depuis long­temps, une cri­tique de gauche du pré­ten­du « pro­grès » dont les argu­ments sont très solides. S’imaginer que la seule forme de concep­tion d’un « c’était mieux avant » qu’il puisse exis­ter, c’est une nos­tal­gie du temps béni des colo­nies, c’est faire preuve d’un euro­cen­trisme ter­rible, c’est per­pé­tuer une vision colo­nia­liste (et sim­pliste) du monde. Comme si les innom­brables popu­la­tions dont les cultures — bien plus éga­li­taires que la civi­li­sa­tion indus­trielle, sur le plan social, et bien moins des­truc­trices, sur le plan éco­lo­gique — ont été anéan­ties par diverses puis­sances impé­ria­listes ne pou­vaient pas le regretter.

Sur France Inter, Tho­mas Legrand affirme :

« En dépei­gnant [“posi­ti­ve­ment”, sans doute, Legrand a oublié un terme dans cette phrase, comme telle elle n’a pas vrai­ment de sens] les périodes pas­sées, celles où la femme était l’inégale de l’homme, où les colo­nies hié­rar­chi­saient le genre humain, où la pro­duc­tion et la consom­ma­tion négli­geaient l’environnement, où la moi­tié de la pla­nète mou­rait de faim, où l’espérance de vie d’un ouvrier n’excédait que de peu d’années l’âge de sa retraite, où l’homosexualité était cri­mi­na­li­sée, où la route fai­sait 10 000 morts par an, les décli­nistes font œuvre de mémoire sélective. »

Il serait fas­ti­dieux de lis­ter tout ce qui ne va pas ici. Mais pour faire simple, disons que Tho­mas Legrand sug­gère confu­sé­ment, ici, que l’évolution des socié­tés humaines est linéaire, que par­tout, avant, c’est-à-dire par­tout sur le globe et à toutes les époques de l’histoire humaine, les inéga­li­tés entre hommes et femmes étaient supé­rieures à ce qu’elles sont aujourd’hui (ce qui est inexact), que par­tout, avant, « la pro­duc­tion et la consom­ma­tion négli­geaient l’environnement » (encore lar­ge­ment faux), etc. En réa­li­té, en écri­vant ce pas­sage, Legrand avait sur­tout en tête une époque et un endroit du monde spé­ci­fiques, assez proches de nous spa­tia­le­ment et his­to­ri­que­ment. Car certes, à divers égards, la vie dans l’Europe d’aujourd’hui paraît bien meilleure que la vie dans l’Europe du siècle der­nier ou de celui d’avant (du XIX ou du XXème siècle). Mais l’évolution des socié­tés humaines n’est pas linéaire, et en com­pa­rant la vie humaine dans l’Europe contem­po­raine à la vie humaine à d’autres époques et à d’autres endroits, un tableau dif­fé­rent appa­raît. J’y reviendrais.

Plus fort encore, Tho­mas Legrand réfute même (il fal­lait oser) l’idée selon laquelle sur le plan éco­lo­gique, « c’était mieux avant ». L’argument qu’il for­mule vaut son pesant de cacahuètes :

« Même sur Paris ou sur l’écologie, on entend des voix qui expliquent que c’était mieux avant, alors que quand on regarde des pho­tos d’avant, le par­vis de Notre-Dame était un par­king par exemple. »

Eh oui, sur le plan éco­lo­gique, les choses vont beau­coup mieux aujourd’hui qu’avant, parce que le par­vis de Notre-Dame n’est plus un par­king, mais une zone bitu­mée piétonne !

Para­doxa­le­ment, une inter­ve­nante de l’émission de Tho­mas Legrand met le doigt sur un des pro­blèmes majeurs de leur propre thèse — du pro­gres­sisme aveugle en géné­ral — sans, semble-t-il, le réa­li­ser, en affirmant :

« Y’a tou­jours ce pro­blème de, par rap­port à quoi, par rap­port à qui, par rap­port à quand on com­pare s’il y a un déclin ? »

Il s’agit pré­ci­sé­ment de l’immense lacune de la cri­tique sim­pliste du « décli­nisme » qu’a pro­po­sé l’émission de Tho­mas Legrand, en se conten­tant de réfu­ter la vali­di­té des thèses décli­nistes zem­mou­riennes (qui sont effec­ti­ve­ment ridi­cules et pré­ju­di­ciables), en com­pa­rant uni­que­ment et assez gros­siè­re­ment la vie humaine des plus riches des pays riches de la civi­li­sa­tion indus­trielle contem­po­raine à la vie dans l’Europe des siècles précédents.

Voi­ci quelques argu­ments, assez sché­ma­tiques, for­mu­lés depuis une pers­pec­tive éco­lo­giste et socia­liste (anar­chiste), contre l’idée selon laquelle l’histoire humaine serait celle d’un « pro­grès » linéaire, et plu­tôt en faveur de l’idée selon laquelle, effec­ti­ve­ment, « c’était mieux avant », :

1. Avant l’avènement de la civi­li­sa­tion, et tout par­ti­cu­liè­re­ment avant l’avènement de la civi­li­sa­tion indus­trielle, les émis­sions de gaz à effet de serre d’origine anthro­pique ne posaient pas pro­blème ; il y avait sur Terre beau­coup plus de prai­ries natu­relles et de forêts anciennes qu’aujourd’hui ; il y avait aus­si beau­coup moins de per­tur­ba­teurs endo­cri­niens, de métaux lourds, de plas­tiques, de pol­luants et de sub­stances chi­miques toxiques diverses et variées (neu­ro­toxiques, repro­toxiques, etc.) dans les sols, les cours d’eau, les fleuves, les rivières, les mers, les océans, les nuages, dans l’air que l’on res­pire, dans le sang des êtres vivants ; beau­coup moins de déchets nucléaires au fond des mers ou des océans ; beau­coup moins de déchets ultimes enfouis sous terre ; etc.

2. Avant l’avènement de la civi­li­sa­tion, et tout par­ti­cu­liè­re­ment avant l’expansion de la céréa­li­cul­ture et le pas­sage à un régime ali­men­taire basé sur les glu­cides, les êtres humains ne souf­fraient pas des pro­blèmes den­taires comme les caries, leurs mâchoires s’ajustaient par­fai­te­ment bord à bord et étaient suf­fi­sam­ment larges pour accueillir toutes leurs dents[4] (il n’y avait aucun besoin de se faire reti­rer les « dents de sagesse ») ; leurs os étaient bien plus solides ; les épi­dé­mies et les pan­dé­mies étaient assez rares ; ils et elles ne souf­fraient pro­ba­ble­ment pas d’apnée du som­meil, ni de sinu­site, ni d’aucun des pro­blèmes res­pi­ra­toires chro­niques qui affectent les popu­la­tions modernes[5] ; en fait, la plu­part des « mala­dies de civi­li­sa­tion » (dia­bète, obé­si­té, asthme, aller­gies, mala­dies car­dio-vas­cu­laires, can­cers, dépres­sion, troubles anxieux divers et variés, diverses mala­dies ocu­laires comme la myo­pie, des mala­dies dégé­né­ra­tives comme Alz­hei­mer ou Par­kin­son, etc.) étaient rares sinon inexis­tantes ; la lon­gé­vi­té humaine poten­tielle attei­gnait déjà 60 à 70 ans, ce qui offrait une vie tout à fait décente (cela dit, il est impor­tant de ne pas confondre le quan­ti­ta­tif, la lon­gueur d’une vie humaine, avec le qua­li­ta­tif, la richesse d’une vie humaine, sa nature, plus ou moins épa­nouis­sante)[6].

3. Avant l’avènement de la civi­li­sa­tion, et tout par­ti­cu­liè­re­ment avant l’avènement de la civi­li­sa­tion indus­trielle, les inéga­li­tés sociales demeu­raient très limi­tées, lar­ge­ment infé­rieures à ce qu’on observe aujourd’hui. Il a même exis­té des socié­tés rela­ti­ve­ment éga­li­taires en matière de dis­tri­bu­tion du pou­voir et de pro­prié­té, rela­ti­ve­ment démo­cra­tiques — infi­ni­ment plus, en tout cas, que la civi­li­sa­tion indus­trielle contem­po­raine, que les États modernes, y com­pris ceux qui se pré­tendent « démo­cra­tiques », dif­fi­cile de faire pire que l’époque où « 8 mil­liar­daires pos­sèdent autant que 3,6 mil­liards de pauvres ». Il s’agissait notam­ment de socié­tés de type chasse-cueillette. Comme l’explique l’anthropologue James Suz­man, « ces socié­tés garan­tis­saient pre­miè­re­ment que la richesse maté­rielle fini­rait tou­jours par être répar­tie de manière assez égale ; deuxiè­me­ment, que tout le monde aurait quelque chose à man­ger, quelle que soit sa pro­duc­ti­vi­té ; troi­siè­me­ment, que les objets rares ou pré­cieux seraient lar­ge­ment dif­fu­sés et libre­ment dis­po­nibles pour tout le monde ; et enfin, qu’il n’y aurait aucune rai­son de gas­piller de l’énergie à ten­ter d’accumuler plus de richesse maté­rielle qu’autrui, car cela n’aurait aucune uti­li­té[7] ». Par ailleurs, « de nom­breuses socié­tés agri­coles pri­mi­tives étaient beau­coup plus éga­li­taires que les socié­tés urbaines modernes, et dans les vil­lages et hameaux anciens, les gens tra­vaillaient sou­vent en coopé­ra­tion, par­ta­geant équi­ta­ble­ment le pro­duit de leur tra­vail et thé­sau­ri­sant les excé­dents au pro­fit de tous[8] » (Suz­man). En effet :

4. Avant l’avènement de la civi­li­sa­tion, et tout par­ti­cu­liè­re­ment avant l’avènement de la civi­li­sa­tion indus­trielle, les socié­tés humaines offraient sou­vent beau­coup plus d’autonomie à leurs membres (ce qui n’est pas bien dif­fi­cile, étant don­né que l’existence de la civi­li­sa­tion indus­trielle implique une « sou­mis­sion totale et sans espoir de l’humanité aux rouages éco­no­miques et tech­niques dont elle s’est dotée », dans la mesure où la per­sonne humaine y est « de plus en plus sou­mise à des ordres qu’elle ne com­prend pas, à la mer­ci de forces sur les­quelles elle n’exerce aucun contrôle effec­tif, en che­min vers une des­ti­na­tion qu’elle n’a pas choi­sie », comme l’écrivait Lewis Mum­ford). Dans un récent ouvrage, les anthro­po­logues Grae­ber et Wen­grow insistent sur plu­sieurs liber­tés, fon­da­men­tales à leurs yeux (à juste titre), dont jouis­saient, contrai­re­ment à nous, les membres des socié­tés de chasse-cueillette, par­mi les­quelles « la liber­té de par­tir s’installer ailleurs[9] », de quit­ter, fuir leur groupe social, leur socié­té, et « la liber­té d’ignorer les ordres don­nés par d’autres ou d’y déso­béir ». Dans nombre de petites socié­tés de chasse-cueillette, il n’y avait « pas d’autorité cen­trale ni de diri­geants offi­ciels ». Et à l’image des Had­zas en Afrique, beau­coup — mais pas toutes — étaient « remar­qua­ble­ment non ter­ri­to­riales », ten­dant à s’octroyer mutuel­le­ment la « liber­té de vivre n’importe où[10] ». La tota­li­té du globe ter­restre n’était pas encore pri­va­ti­sée, cou­verte de murs, de bar­rières, de clô­tures, de frontières.

5. Avant l’avènement de la civi­li­sa­tion, et tout par­ti­cu­liè­re­ment avant l’avènement de la civi­li­sa­tion indus­trielle, avant l’ethnocide pla­né­taire, et jusqu’à plus ou moins récem­ment selon les endroits, il a même exis­té des socié­tés où les hommes n’opprimaient pas, ne domi­naient pas, n’exploitaient pas les femmes, où l’on obser­vait une rela­tive éga­li­té des sexes (cf. le tra­vail de Heide Gött­ner-Aben­droth, les Kha­sis en Inde, les Zunis et les Iro­quois en Amé­rique, les Moso en Chine, plu­sieurs socié­tés de Pyg­mées en Afrique, et cer­tai­ne­ment beau­coup de socié­tés que j’ignore et que nous igno­rons, dont aucune trace ne nous est parvenue).

*

Il est conster­nant, en 2024, au point où nous en sommes ren­dus du désastre social et éco­lo­gique, que des gens (des intel­lec­tuels de gauche) qui se pré­tendent éclai­rés en soient tou­jours à défendre béa­te­ment (et bête­ment) le mythe du pro­grès, à pré­tendre que tout va de mieux en mieux dans le meilleur des mondes, à qua­li­fier de réac­tion­naire qui­conque sug­gère qu’effectivement, à divers égards, c’était mieux avant (mais pas dans n’importe quel avant). Comble d’aveuglement, les inter­ve­nants de l’émission de France Inter vont jusqu’à trou­ver, dans le fait que l’on enseigne l’informatique de plus en plus tôt, à l’école, c’est-à-dire dans le fait que l’on condi­tionne comme il se doit les humains-machines au monde-machine, une preuve sup­plé­men­taire de la réa­li­té de l’idée de pro­grès. Avec un tel dis­cours, nos brillants pen­seurs de gauche se font les alliés de la per­pé­tua­tion de l’ordre éta­bli et du désastre. Sans coïn­ci­dence aucune, leur dis­cours rejoint d’ailleurs celui d’un riche conser­va­teur bri­tan­nique comme le Vicomte Mat­thew White Rid­ley, membre héré­di­taire de la Chambre des lords du Royaume-Uni, qui affirme :

« Nous vivons mieux d’un point de vue éco­no­mique, mais aus­si de la sécu­ri­té. Nous sommes glo­ba­le­ment plus riches, en meilleure san­té, plus intel­li­gents, plus gen­tils, plus heu­reux, plus beaux, plus libres et plus égaux que jamais aupa­ra­vant[11]. »

Mais bien sûr, cher Vicomte ! En réa­li­té, ce qu’on appelle le pro­grès, c’est en bonne par­tie un eth­no­cide et un éco­cide qui durent déjà depuis plu­sieurs siècles. L’existence de zem­mou­riens ou de lepé­nistes nos­tal­giques de régimes ou d’époques impé­ria­listes, par­ti­cu­liè­re­ment hié­rar­chiques et auto­ri­taires, n’invalide pas cette réalité.

Échouer à réa­li­ser tout ça, c’est échouer à com­prendre d’une part que la situa­tion, sociale et éco­lo­gique, est fran­che­ment catas­tro­phique, et d’autre part que par­mi les causes de la catas­trophe figurent la tech­no­lo­gie, l’agriculture (mono­cul­tu­rale et céréa­lière, notam­ment), et fina­le­ment une large par­tie de ce qu’on nomme « civilisation ».

Nico­las Casaux


  1. https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/en-quete-de-politique/en-quete-de-politique-du-samedi-06-janvier-2024–3267574
  2. « Nau­frage réac­tion­naire » : la plai­doi­rie de la défense, https://lille.indymedia.org/spip.php?article36165
  3. [Entre­tien] Julien Roche­dy : “Je veux que les véri­tés du pas­sé nous reviennent”, https://www.valeursactuelles.com/clubvaleurs/lincorrect/entretien-julien-rochedy-je-veux-que-les-verites-du-passe-nous-reviennent
  4. Cf. « Avant la civi­li­sa­tion : peu de caries, des mâchoires par­fai­te­ment adap­tées aux dents et des os plus solides », https://www.partage-le.com/2016/08/23/avant-lagriculture-peu-de-caries-et-des-machoires-parfaitement-adaptees-aux-dents-smithsonian-mag-bbc/
  5. James Nes­tor, Res­pi­rer — Le pou­voir extra­or­di­naire de la res­pi­ra­tion, Solar, 2021.
  6. Cf. « Les chas­seurs-cueilleurs béné­fi­ciaient de vies longues et saines (REWILD) », https://www.partage-le.com/2016/03/21/les-chasseurs-cueilleurs-beneficiaient-de-vies-longues-et-saines-rewild/
  7. James Suz­man, Tra­vailler, Flam­ma­rion, 2021.
  8. Ibid.
  9. David Grae­ber et David Wen­grow, Au com­men­ce­ment était…, Les Liens qui Libèrent, 2021.
  10. Frank Mar­lowe, cité dans « Sommes-nous plus libres que nos ancêtres pré­his­to­riques ? (par Nico­las Casaux) », https://www.partage-le.com/2022/01/14/sommes-nous-plus-libres-que-nos-ancetres-prehistoriques-par-nicolas-casaux/
  11. « Extinc­tion Rebel­lion et Green­peace sont juste de bons capi­ta­listes », inter­view de Matt Rid­ley dans Le Point, 21/05/2019 : https://www.lepoint.fr/societe/extinction-rebellion-et-greenpeace-sont-juste-de-bons-capitalistes-21–05–2019–2313885_23.php
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  1. Tho­mas Legrand est un emplo­pyé de France inter. A ce titre pour gar­der son emploi, il doit pre­cher la vul­gate dic­tee par l’e­tat. Tho­mas Legrand est un bobo : parce qu’il col­la­bore au monde indus­triel dans ce qu’il a de pire, il a un bon salaire et n’a jamais connu les affres de la vie moderne qu’il prône : pre­ca­rite abso­lu. mal­bouffe, seden­ta­rite for­cee, stress. il n’a jamais tra­vaille dans un super­marche sous les ordres d’un capot sadique, n’a pas connu la rue, le froid, les loge­ment mal isolé.
    Tout cela est atten­du, mais la vrai ques­tion c’est pour­quoi nous ecou­tons radio france ? Radio Bol­lo­ré, n’est pas mieux (meme si c’est jouis­sif de voir le monde, libra­tion et france inter s’of­fus­quer de cette concur­rence), et puis la pub est evi­dem­ment inuspportable.
    Pour­quoi n’ya t’il pas quelque chose de vivant, de vrai­ment ecologique ?
    Une des rai­sons de cet absence d’al­ter­na­tive tient danx la frag­men­ta­tion des gens qui aiment le vivant, et cette frag­men­ta­tion est vou­lue par l’e­lite eco­no­mique qui a su frag­men­ter la gauche pour la faire implo­ser (defi­ni­ti­ve­ment).
    C’est en impo­sant comme ligne de frac­ture ideo­lo­gique le debat sur l’im­mi­gra­tion que l’elte a dyna­mi­ter la gauche.
    il est evident qu’un ouvrier qui est en concur­rence quo­ti­dienne, voir se trouve licen­cie, a du mal a digi­rer les appels inces­sants a plus d’im­mi­gra­tion lan­cees par la com­mis­sion euro­peene, le patro­nat (metier en ten­sion), appuyes par la gauche pour des rai­sons « humanitaire ».
    il est evident qu’un rural eco­lo hard­core aura du mal a ava­ler cette crois­sance inces­santes des metro­poles, qui ne croissent plus que par l’im­mi­gra­tion en Europe, qui pro­jetent ses routes (auto­routes), ces dechets (inci­ne­ra­teurs) etc sur son territoire.
    C’est pour cela que les veri­tables eco­los fuient les eco­los media­tiques et que les divers mou­ve­mengts poli­tiques, media­tiques, et asso­cia­tifs n’ont aucune rai­son­nance : ils reprennent tous sage­ment la doxa libe­ral, ou l’e­co­no­mie moderne n’ac­cepte aucune fron­tiere, aucune iden­tite, aucun territoire.
    Pour­tant la nature est faite par­tout des deux, de migra­tion et de ter­ri­toire. Une migra­tion ne peut se faire sans accords sans regles, sinon cela finit neces­sai­re­ment en conflit ter­ri­to­rial (comme en israel). Per­sonne n’a ete consulte en France, et les etats consi­dere les groupes humains comme des tra­vailleurs contri­buables inetr­chan­geables. ili a detruit toutes les entites cultu­relles (occi­tans, bre­ton…), les langues, les cou­tumes sou­vent lie a un ter­roire (une nature). Et il l’a fait activement.
    Cela conduit a un fort res­sen­ti­ment, et cela n’est pas l’ap­pa­nage de l’ex­treme droite mais aus­si de gens qui sont des decrois­sants, des amou­reux de la nature et detestent ceux qui aiment le fric (et donc la droite).
    Ces gens ne mar­che­ront jamais dans des manifs ou sont pre­sents en nombre des ban­nieres LFI.

    C’est pour cela que des gens comme Pierre Mad­lin et Gas­pard d’Al­lens, font du mal a l’e­co­lo­gie. Leur chasse au sor­ciere sta­li­nienne de « l’ex­treme droite » font pas­ser leur com­bat pour l’im­mi­gra­tion de masse, qui est un fruit de l’in­dus­tria­li­sa­tion, pour une abso­lue neces­site, et relegue le com­bat pour le vivant a l’ar­riere plan.
    Et Tho­mas Legranc uti­lise la meme ficelle, parce que son argu­men­ta­tion tombe a plat sachant que la nature a par­tout recule et de facon irre­ver­sible. Donc oui, on avait plus de res­source avant, beau­coup plus et c’e­tait mieux avant. Le pro­bleme c’est que le passe est passe et que main­te­nant il faut faire avec la merde que nous ont laisse les tho­mas Legrand qui evi­dem­ment detour­ne­ra l’at­ten­tion sur l’ex­treme droite qui n’a pas par­ti­cipe a ce bilan desas­treux (elle n’a jam­sis ete au manette).

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