Fabrique du consentement

Imposer le français, détruire les patois et les cultures locales, construire la France (par Eugen Weber)

Le texte qui suit est constitué d’extraits du livre d’Eugen Weber intitulé La fin des terroirs : la modernisation de la France rurale (1870–1914). Il traite de la diffusion impérialiste de la langue française, de son expansion et de sa conquête du territoire France, et de la construction de la France en tant qu’État, plus généralement. […]

Le paysan, « ébauche grossière et incomplète de l’homme réellement civilisé » (par Eugen Weber)

Afin de prolonger notre critique du mot et de l’idée de civilisation (voir aussi cet article), nous vous proposons ce court extrait du livre La fin des terroirs d’Eugen Weber (Fayard, 1983). Où l’on perçoit de manière flagrante l’idéologie suprémaciste et raciste qu’implique l’idée de civilisation, idée qui ne sert pas qu’à dénigrer les « primitifs » de quelque pays exotique, puisqu’elle sert également à inférioriser les « sauvages » de notre propre nation (en devenir, qui doit être construite en éradiquant, en civilisant lesdits sauvages). La civilisation, la ville, le Progrès, l’école, l’État, des idées qui se recoupent et se complètent, et qui nous ont menés au désastre social et écologique en cours.

La science, instrument de l’État et du capitalisme industriel (par Guillaume Carnino)

Les catastrophes scientifiques seraient le fruit des sciences appliquées par des industriels ou des États. Mais existe-t-il une science pure dénuée d’intérêt et sans lien avec les puissants ?

Transphobie, antisémitisme, etc. : réponse au piètre Gelderloos et aux chancres de l'antifascisme (par Nicolas Casaux)

Les insultes donnent-elles plus de poids à un argumentaire ? Il faut croire que Gelderloos le pense, qui me traite de toutes sortes de noms d’oiseaux et me prête toutes sortes de positions dans un texte récemment traduit de l’anglais par « le Groupe Antifasciste Lyon et Environs », et publié sur le site Rebellyon.info[1]. Ce texte, truffé de mensonges, parfois par omission, de calomnies et d’absurdités en tous genres, qui s’apparente à une longue injure, appelle une mise au point. Voici donc :

Attention à la marche (documentaire)

Minding the Gap (en français : « Attention à la marche », voir ici) est un film documentaire de 2018, réalisé par Bing Liu et plusieurs fois primé (Sundance, etc.). Il s’agit d’une chronique des amitiés qui lient trois jeunes hommes de la ville de Rockford, dans l’État de l’Illinois, aux États-Unis, unis par leur amour du skateboard. Les séquences vidéos du documentaire s’étalent sur plus de 12 ans de vie des protagonistes, les plus anciennes ayant été tournées par Bing Liu alors qu’il avait 14 ans. […]

Le café atomique et autres documentaires sur la folie nucléaire (par Ana Minski et Nicolas Casaux)

Le documentaire The Atomic Cafe, « film d’horreur comique » — comme on pouvait le lire sur une affiche d’époque — sorti en 1982, constitué d’images d’archives des années 1940 à 1960 (interventions télévisuelles, discours politiques, clips publicitaires, etc.), expose la propagande d’État des États-Unis visant à faire accepter l’utilisation de la bombe atomique et la domestication de l’atome. […]

Confessions d'un écologiste en convalescence (par Paul Kingsnorth)

L’auteur des paragraphes qui suivent, Paul Kingsnorth, est un journaliste et activiste britannique. Au cours de sa carrière, Kingsnorth a travaillé pour The Independent, pour Greenpeace, a été rédacteur en chef du célèbre magazine The Ecologist, a écrit pour The Guardian, et beaucoup d’autres médias prestigieux, a co-fondé la campagne « Free West Papua », a œuvré au sein du groupe EarthAction, et bien d’autres choses encore. Il y a quelques années, il a décidé de quitter le milieu de l’écologie, de raccrocher les gants. Pour expliquer sa décision, il a publié un livre, une collection d’essais intitulée Confessions of a Recovering Environmentalist (Confessions d’un écologiste en convalescence), dont voici un petit extrait, rapidement traduit (le livre ne l’a pas encore été) :

Derrière les idées reçues : à propos de la centrale solaire prévue à Barrettali, dans le Cap Corse (par Nicolas Casaux)

Sur le territoire de la petite commune de Barrettali, dans le Cap Corse, la société Corsica Verde s’apprête, en coopération avec la mairie, à installer une centrale solaire au sol, « sur le flanc Sud d’un vallon actuellement occupé par du maquis ». Le projet occupera une superficie totale de 119 040 m² (11,9 ha), dont environ 6,5 ha pour les 17 232 panneaux photovoltaïques (modules polycristallins) qui seront posés. D’après ses promoteurs, la réalisation de cette centrale est tout à fait positive pour les raisons habituelles, celles que donnent tous les promoteurs de ce genre de projet. Produire de l’énergie « verte » est une bonne chose, cela s’inscrit dans une dynamique qui rend plus « verte », plus « durable » notre société. Cela participe au développement économique de la commune et de la région, à l’augmentation de leur « autonomie énergétique », etc. Qu’en est-il en réalité ?

Civilisés à en mourir (par Christopher Ryan)

La critique de la civilisation gagne un peu de terrain (peut-être finira-t-elle un jour par devenir un filon capitaliste comme un autre, mais c’est une autre histoire). Christopher Ryan, un auteur assez célèbre aux États-Unis, essentiellement connu en tant que co-auteur du livre Sex at Dawn (« Sexe à l’aube »), publié en 2010 et abordant l’histoire de la sexualité humaine à l’époque préhistorique (ce qui correspond plus ou moins au sujet de la thèse du doctorat en psychologie qu’il a obtenu dans une université californienne), vient de publier, cet automne, un livre intitulé Civilized to Death: The Price of Progress (« Civilisés à en mourir : le prix du progrès »). Si sa critique a le mérite d’étendre un peu la remise en question de la civilisation et du Progrès, elle laisse à désirer sur de nombreux points. Ce qui était malheureusement attendu de la part d’un auteur grand public, habitué des médias de masse. Quoi qu’il en soit, je me suis permis de traduire une grande partie de l’introduction du livre en question. Voici donc :

Previous page Next page