Derrick Jensen (né le 19 décembre 1960) est un écri­vain et acti­viste écolo­gique améri­cain, parti­san du sabo­tage envi­ron­ne­men­tal, vivant en Cali­for­nie. Il a publié plusieurs livres très critiques à l’égard de la société contem­po­raine et de ses valeurs cultu­relles, parmi lesquels The Culture of Make Believe (2002) Endgame Vol1&2 (2006) et A Language Older Than Words (2000). Il est un des membres fonda­teurs de Deep Green Resis­tance. Plus de rensei­gne­ments sur l’or­ga­ni­sa­tion Deep Green Resis­tance et leurs analyses dans cet excellent docu­men­taire qu’est END:CIV, dispo­nible en version origi­nale sous-titrée français en cliquant ici. Article source: https://orion­ma­ga­zine.org/article/forget-shor­ter-showers/


Qui aurait été assez insensé pour croire que le recy­clage aurait pu arrê­ter Hitler, que le compos­tage aurait pu mettre fin à l’es­cla­vage ou nous faire passer aux jour­nées de huit heures, que couper du bois et aller cher­cher de l’eau au puits aurait pu sortir le peuple russe des prisons du tsar, que danser nus autour d’un feu aurait pu nous aider à instau­rer la loi sur le droit de vote de 1957 ou les lois des droits civiques de 1964 ? Alors pourquoi, main­te­nant que la planète entière est en jeu, tant de gens se retranchent-ils derrière ces « solu­tions » tout à fait person­nelles ?

Une partie du problème vient de ce que nous avons été victimes d’une campagne de déso­rien­ta­tion systé­ma­tique. La culture de la consom­ma­tion et la menta­lité capi­ta­liste nous ont appris à prendre nos actes de consom­ma­tion person­nelle (ou d’illu­mi­na­tion) pour une résis­tance poli­tique orga­ni­sée. « Une vérité qui dérange » a parti­cipé à expo­ser le problème du réchauf­fe­ment clima­tique. Mais avez-vous remarqué que toutes les solu­tions présen­tées ont à voir avec la consom­ma­tion person­nelle – chan­ger nos ampoules, gonfler nos pneus, utili­ser deux fois moins nos voitures – et n’ont rien à voir avec le rôle des entre­prises, ou l’ar­rêt de la crois­sance écono­mique qui détruit la planète ? Même si chaque indi­vidu aux États-Unis faisait tout ce que le film propose, les émis­sions de carbone ne bais­se­raient que de 22%. Le consen­sus scien­ti­fique stipule pour­tant que ces émis­sions doivent être réduites d’au moins 75%.

Ou bien parlons de l’eau. Nous enten­dons si souvent que le monde va bien­tôt manquer d’eau. Des gens meurent par manque d’eau. Des rivières s’as­sèchent par manque d’eau. Pour cette raison, nous devons prendre des douches plus courtes. Vous voyez le rapport ? Parce que je prends des douches, je suis respon­sable de l’épui­se­ment des aqui­fères ? Eh bien non. Plus de 90% de l’eau utili­sée par les humains l’est par l’agri­cul­ture et l’in­dus­trie. Les 10% restant sont parta­gés entre les muni­ci­pa­li­tés et les êtres humains qui vivent et respirent. L’en­tre­tien des terrains de golf d’une ville néces­site en moyenne autant d’eau que l’en­semble des êtres humains de cette ville. Les gens (qu’ils soient des gens humains ou des gens pois­sons) ne sont pas en train de mourir parce que l’eau s’épuise. Ils sont en train de mourir parce que l’eau est volée.

Une partie d'un golf de Las Vegas (5% de la consommation en eau de la région)
Une partie d’un golf de Las Vegas (5% de la consom­ma­tion en eau de la région)

Ou bien parlons de l’éner­gie. Kirk­pa­trick Sale le résume bien : « Ces 15 dernières années, l’his­toire a été la même chaque année : la consom­ma­tion indi­vi­duelle – rési­dence, voiture privée, etc. – ne repré­sente jamais plus d’1/4 de la consom­ma­tion totale d’éner­gie ; la grande majo­rité vient du commerce, de l’in­dus­trie, des entre­prises, de l’agro-indus­trie et du gouver­ne­ment [il a oublié l’ar­mée]. Alors, même si on se mettait tous à rouler à vélo et à se chauf­fer au bois, ça n’au­rait qu’un impact négli­geable sur l’uti­li­sa­tion de l’éner­gie, le réchauf­fe­ment clima­tique et la pollu­tion atmo­sphé­rique. »

Ou bien parlons des déchets. En 2005, la produc­tion de déchets par habi­tant (essen­tiel­le­ment ce qu’on dépose sur le trot­toir pour les collectes) était de 1660 livres (envi­ron 750 kilos). Disons que vous êtes un acti­viste radi­cal et intran­si­geant et que vous voulez réduire ça à zéro. Vous recy­clez tout. Vous empor­tez vos sacs de courses. Vous répa­rez votre grille-pain. Vos orteils passent au travers de vos vieilles baskets. & ce n’est pas tout, puisque les déchets muni­ci­paux n’in­cluent plus seule­ment les déchets des ménages mais aussi ceux des bureaux du gouver­ne­ment et des entre­prises, vous vous rendez dans ces bureaux, brochures d’in­for­ma­tion en main, et vous les persua­dez de suffi­sam­ment réduire leur produc­tion de déchets pour en élimi­ner votre part. J’ai une mauvaise nouvelle. Les déchets des ménages repré­sentent seule­ment 3 % de la produc­tion totale de déchets aux États-Unis.

Soyons clairs. Je ne dis pas que nous ne devrions pas vivre simple­ment. Je vis moi-même assez simple­ment, mais je ne prétends pas que ne pas ache­ter grand-chose (ou ne pas conduire beau­coup, ou ne pas avoir d’en­fants) est un acte poli­tique fort, ou profon­dé­ment révo­lu­tion­naire. Ça ne l’est pas. Le chan­ge­ment person­nel n’est pas égal au chan­ge­ment social.

Alors, comment, et parti­cu­liè­re­ment avec cet enjeu plané­taire, en sommes-nous arri­vés à accep­ter ces réponses tout à fait inap­pro­priées et insuf­fi­santes ? Je pense que cela relève en partie du fait que nous sommes pris dans une double contrainte. Une double contrainte consiste en un choix parmi plusieurs options, qui nous sont toutes défa­vo­rables, sachant que ne rien choi­sir n’est pas une option. Dès lors, il pour­rait être assez facile de recon­naître que toutes les actions impliquant l’éco­no­mie indus­trielle sont destruc­trices (et nous ne devrions pas prétendre que les panneaux solaires, par exemple, ne le sont pas : ils néces­sitent des infra­struc­tures et extrac­tions minières, et des infra­struc­tures de trans­port à toutes les étapes du proces­sus de produc­tion ; la même chose est vraie de toutes les soi-disant tech­no­lo­gies vertes). Donc, si nous choi­sis­sons l’op­tion 1 si nous parti­ci­pons acti­ve­ment à l’éco­no­mie indus­trielle nous pouvons penser, à court terme, que nous gagnons, puisque nous accu­mu­lons des richesses, signe de réus­site dans notre société. Mais nous perdons, parce qu’à agir ainsi, nous aban­don­nons notre empa­thie, notre huma­nité animale. & nous perdons vrai­ment parce que la civi­li­sa­tion indus­trielle tue la planète, ce qui signi­fie que tout le monde est perdant.

Si nous choi­sis­sons la solu­tion « alter­na­tive » qui consiste à vivre plus simple­ment et donc à causer moins de dommages, mais qui ne consiste pas à empê­cher l’éco­no­mie indus­trielle de tuer la planète, nous pouvons penser, à court terme, que nous gagnons, parce que nous nous sentons purs et que nous n’avons pas eu à aban­don­ner notre empa­thie (juste assez pour justi­fier le fait de ne pas empê­cher ces horreurs) mais, encore une fois, nous sommes perdants, puisque la civi­li­sa­tion indus­trielle détruit toujours la planète, ce qui signi­fie que tout le monde est perdant.

La troi­sième option, agir déli­bé­ré­ment pour stop­per l’éco­no­mie indus­trielle, est très effrayante pour un certain nombre de raisons, notam­ment, mais pas seule­ment, parce que nous perdrions ces luxes (comme l’élec­tri­cité) auxquels nous sommes habi­tués, ou parce que ceux qui sont au pouvoir pour­raient essayer de nous tuer si nous entra­vions sérieu­se­ment leur capa­cité d’ex­ploi­ter le monde rien de tout ça ne change le fait que cela vaut toujours mieux qu’une planète morte.

En plus d’être inapte à entraî­ner les chan­ge­ments néces­saires afin de stop­per cette culture dans sa destruc­tion de la planète, il y a au moins 4 autres problèmes qu’en­gendre cette croyance selon laquelle un mode de vie simple est un acte poli­tique (et que ce n’est pas qu’un simple choix de vie person­nel). Le premier problème c’est que cela repo­se­rait sur la notion falla­cieuse selon laquelle les humains abîment inévi­ta­ble­ment leur envi­ron­ne­ment. L’acte poli­tique d’une vie simple consiste seule­ment à réduire les dégâts, alors que les humains peuvent aider la Terre aussi bien qu’ils peuvent la détruire. Nous pouvons réta­blir les cours d’eau, nous pouvons nous débar­ras­ser des nuisibles enva­his­sants, nous pouvons abattre les barrages, nous pouvons déman­te­ler ce système poli­tique qui privi­lé­gie les riches, ce système écono­mique extrac­ti­viste, nous pouvons détruire l’éco­no­mie indus­trielle qui détruit, elle, le véri­table monde physique.

Le second problème – et il est impor­tant, lui aussi – c’est que cela incite à injus­te­ment blâmer l’in­di­vidu (et parti­cu­liè­re­ment les indi­vi­dus les moins puis­sants) au lieu de ceux qui exercent effec­ti­ve­ment le pouvoir dans ce système et pour ce système. Kirk­pa­trick Sale, encore : « Le senti­ment de culpa­bi­lité indi­vi­dua­liste du tout-ce-que-tu-pour­rais-faire-pour-sauver-la-planète est un mythe. Nous, en tant qu’in­di­vi­dus, ne créons pas les crises, et nous ne pouvons pas les résoudre. »

Le troi­sième problème c’est que cela implique une redé­fi­ni­tion capi­ta­liste de ce que nous sommes, de citoyens à consom­ma­teurs. En accep­tant cette redé­fi­ni­tion, nous restrei­gnons nos possi­bi­li­tés de résis­tance à consom­mer ou ne pas consom­mer. Les citoyens ont un panel bien plus large de possi­bi­li­tés de résis­tance, comme voter ou ne pas voter, se présen­ter aux élec­tions, distri­buer des tracts d’in­for­ma­tion, boycot­ter, orga­ni­ser, faire pres­sion, protes­ter et, quand un gouver­ne­ment en arrive à détruire la vie, la liberté, et la pour­suite du bonheur, nous avons le droit de l’al­té­rer ou de l’abo­lir.

Le quatrième problème, c’est que l’abou­tis­se­ment de cette logique de vie simple en tant qu’acte poli­tique est un suicide. Si chaque action interne à l’éco­no­mie indus­trielle est destruc­trice, et si nous voulons mettre un terme à cette destruc­tion, et si nous ne voulons (ou ne pouvons) pas remettre en ques­tion (plus ou moins détruire) toute l’in­fra­struc­ture morale, écono­mique et physique qui fait que chaque action interne à l’éco­no­mie indus­trielle est destruc­trice, alors nous en vien­drons aisé­ment à croire que nous cause­rions beau­coup moins de dégâts si nous étions morts.

La bonne nouvelle, c’est qu’il y a d’autres options. Nous pouvons suivre l’exemple d’ac­ti­vistes coura­geux qui ont vécu aux époques diffi­ciles que j’ai mention­nées l’Al­le­magne nazie, la Russie tsariste, les États-Unis d’avant la Guerre de Séces­sion qui ont fait bien plus qu’ex­hi­ber une certaine forme de pureté morale ; ils se sont acti­ve­ment oppo­sés aux injus­tices qui les entou­raient. Nous pouvons suivre l’exemple de ceux qui nous rappellent que le rôle d’un acti­viste n’est pas de navi­guer dans les méandres des systèmes d’op­pres­sion avec autant d’in­té­grité que possible, mais bien d’af­fron­ter et de faire tomber ces systèmes.

Derrick Jensen


Traduc­tion: Vanessa Lefebvre & Nico­las Casaux

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Comments to: Oubliez les douches courtes ! (par Derrick Jensen)
  • 29 mars 2015

    Mwais.

    Aussi activiste que je tentes d’être et suis bien d’accord qu’il faille se battre pour ses valuers, permets moi d’offrir ici mon opinion quelque-peu différente.
    Partant du constat que :
    1/ nul ne désire abandonner ses acquis
    2/ ça défonce la planète tellement on est devenus nombreux

    Il faudrait que nous songions (contrairement à tes dires) à diminuer sacrément notre taux de reproduction.
    Il n’est pas illusoire de se dire que la décroissance serrait bénéfique. alors pourquoi pas commencer par la décroissance démographique !?

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    • 11 février 2019

      le taux de natalité dépend fortement de l’espérance de vie et du “développement” : on fait nettement plus d’enfant si les 3/4 d’entre eux vont mourir avant d’être “utile” à la survie de leur parents lorsqu’ils ne seront plus capable de travailler. donc dire que les autres (parce que l’Europe “historique” est en dénatalité) doivent diminuer leur natalité, c’est beau. augmenter l’aide pour qu’ils y parviennent, c’est mieux, voir simplement “moins hypocrite” et la seule solution réelle mais dont pas grand monde ne veux

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  • 29 mars 2015

    Ce qui serait bien c’est de dire où vous a chopé ce camembert en illustration ou comment vous l’avez construit. Pour ce qui est de la France (comme indiqué) on trouve habituellement d’autres chiffres : http://www.eaufrance.fr/groupes-de-chiffres-cles/consommation-d-eau-par-secteur-d

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    • 29 mars 2015
      • 31 mars 2015

        En cherchant avec Google un fichier PDF contenant dans son titre les mots [ Chiffres, et, stats, 290, Prélèvements, d’eau, en, France, en, 2009, Février, 2012.pdf ] je trouve celui-ci :

        http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/fileadmin/documents/Produits_editoriaux/Publications/Chiffres_et_statistiques/2012/Chiffres%20et%20stats%20290%20Pr%C3%A9l%C3%A8vements%20d%27eau%20en%20France%20en%202009%20-%20f%C3%A9vrier%202012.pdf

        Je crois qu’il a simplement quitté la page “éditoriale”, il ne faut pas en déduire que l’on nous cache des choses ou qu’il était faux.

        MAIS, car il y a un MAIS, en me limitant à la lecture du premier paragraphe je ne comprends, MAIS ALORS PAS DU TOUT, le chiffre de 87% lié l’agriculture.
        Le premier paragraphe en question :”En 2009, 33,4 milliards de m3 d’eau ont été prélevés en France métropolitaine pour satisfaire les besoins liés à la production d’eau potable, à l’industrie, à l’irrigation et à la production
        d’électricité. Les volumes prélevés ne sont pas répartis également selon les usages : la production d’électricité en génère près des 2/3, loin devant l’eau potable (17 %), l’industrie (10 %) et l’irrigation (9 %).”

        Oui, d’après les statistiques du Ministère du développement durable du gouvernent Français, l’irrigation agricole utilise 9% des prélèvements d’eau sur notre territoire et notre bon vieux nucléaire 65%.

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        • 31 mars 2015

          Aucune insinuation de quoi que ce soit, le lien ne fonctionnait juste plus. J’ai recherché plusieurs sources et les chiffres varient grosso modo entre 7 et 24% pour la consommation des foyers, ce qui reste faible comparé au reste. Mais effectivement d’après votre fichier je ne sais pas comment ils ont fait leur graphique de 3%, mais il y a une différence entre prélèvements et consommation, ce ne sont pas les mêmes choses.

          Si vous regardez bien sur le premier lien:https://freshwaterwatch.thewaterhub.org/fr/blogs/lutilisation-des-ressources-en-eau-en-france-un-examen-plus-approfondi, il y a un premier graphique correspondant à vos chiffres, puis ils précisent ensuite: “Les prélèvements totaux en eau dans le milieu naturel en France sont 33.4milliards de m3 (en comptant la production de l’électricité) et 14.4 milliards de m3 (en prenant en compte le retour aux rivières).

          Il faut distinguer ici les prélèvements des consommations. Le prélèvement des ressources comprend toutes les activités soustraient des ressources de la nature, et la consommation recouvre les ressources effectivement utilisées par secteur ou par foyer.”

          Et c’est après ça qu’ils mettent le second graphique, celui que j’ai repris.

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    • 11 février 2019

      l’autre aspect du problème, c’est qu’une consommation n’est pas l’autre. si tu cultives des légumes chez toi avec de l’eau de pluie, peu importe la quantité d’eau que tu consommes, le surplus est propre et continue son trajet vers la nappe phréatique, comme si tu n’avais rien planté. à l’inverse si tu cultives des légumes façon “engrais+pesticides”, même l’eau servant au lavage n’est plus si propre que cela. elle est de plus renvoyé à la station d’épuration donc la rivière donc ne rechargera pas la nappe phréatique. si cette culture pompe dans la nappe pour l’arrosage et que le surplus ruisselle lui aussi vers la rivière chargé d’engrais, au final le cycle de l’eau est cassé et la qualité dégradé

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  • […] Traduction: Vanessa Lefebvre […]

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  • 6 avril 2015

    L’article ne parle pas du tout des futures générations. Vivre autrement (moins de déchets, meilleur choix de consommation etc…) et transmettre cela à ses enfants, cela ne sert à rien alors ?

    Reply
    • 6 avril 2015

      Si, ça sert, mais plus d’un point de vue personnel, ce que l’article dit surtout c’est que ça n’est pas suffisant, que ça n’arrêtera pas la machine capitaliste civilisationnelle, et que c’est parfois ridicule d’obéir aux injonctions comme prendre des douches courtes, car celles-ci n’ont aucun impact concret, et surtout parce que ceux qui utilisent le plus d’eau, on ne leur dit rien, étant donné que ce sont des multinationales, des entreprises, et les amis de ceux qui vont par la suite nous dire d’utiliser moins d’eau. On marche sur la tête.

      Reply
  • 27 octobre 2016

    Les humains sont le problème, pas la solution.

    Pour sauver la planète éradiquons l’espèce humaine.

    Reply
    • 27 octobre 2016

      Les humains, ça ne veut rien dire, tu fais un immense amalgame insultant pour les tribus et peuplades autochtones qui vivent sur la planète sans la détruire.

      Reply
  • […] L’échelle idéale pour les mettre en place serait l’échelle mondiale par le biais d’une organisation mondiale de l’environnement, mais les instances mondiales (COP21) où régionales (Europe) ne donnent aucun résultat. Il ne faut pas forcément abandonner ces échelles, mais être conscient que ça n’ira pas assez vite quoiqu’il arrive. De toute manière, ces instances internationales font les choses à l’envers pour le moment puisqu’elles se concentrent sur les énergies vertes qui ne résolvent rien (« j’émet à gauche pour faire semblant d’émettre un peu moins à droite »). L’échelle personnelle ou familiale (compostage, alimentation, consommation d’énergie et de ressources, moyens de déplacement…) est importante mais a des limites puisque c’est aujourd’hui très difficile de vivre de manière moins insoutenable dans un système qui ne le permet que très peu (la plupart des aliments possèdent de l’huile de palme, les restaurants sont rarement vegan, la plupart des objets type ordinateur ou smartphone sont des désastres écologiques…). [Et que de toute façon la part des citoyens dans les désastres en cours est très infime comparé à celle du système industriel, voir l’article « oubliez les douches courtes » de Derrick Jensen] […]

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  • 6 juin 2018

    Très interessant cet article. Par contre je ne comprends pas pourquoi nos actes n’ont “rien avoir avec le roles des entreprises”. Elles sont pourtant bien dependantes de notre consommation, et doivent parfois sadapter aux desirs des consommateurs.
    Par ailleurs si l’on achète un velo au lieu d’une voiture, on injecte beaucoup moins d’argent dans le milieu industriel (si tout le monde le se prete au jeu les emissions de lindustrie automobile seraient bien differentes). On pourrait utiliser cet argent pour acheter plus de nourriture bio par exemple. En encourageant cette filière on impact les entreprises qui ne font pas de bio. Tout ça parait un peu utopique mais cest pour l’exemple. Je comprends bien que les entreprises ne sont pas par nature ecolo, mais il me semble que nos actions peuvent les pousser à le devenir

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    • 6 juin 2018

      L’idée c’est que rouler au maximum en vélo, manger bio au maximum, etc., dans le cadre de la civilisation industrielle, sont des actions de type moindre mal, elles ne nous mèneront jamais vers des cultures humaines saines et soutenables. Au mieux, elles permettront à la civilisation industrielle de durer un peu plus longtemps.

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      • 9 novembre 2018

        Si le changement de nos modes de consomation ne suffisent pas, quels sont les pistes d’action que vous proposez alors pour mener vers des cultures humaines saines et soutenables? Merci

        Reply
        • 11 novembre 2018

          TROP TARD !

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          • 14 novembre 2018

            Que dois-je comprendre?

          • 1 août 2019

            @Maxence

            Le rapport Meadows nous donne la seule solutionqui permettrait d’éviter l’effondrement systèmique global qui approche: appliquer toutes les solutions en même temps (doubler la production de nourriture, arréter la pollution, cesser d’extraire et de brûler les énergies fossiles, etc.) et commencer dans le début des années1970.

            Actuellement l’éffondrement est inévitable, notre marge de manoeuvre consiste à savoir si on s’en va vers une planète étuve où vivre sera simplement impossible ou non.
            Plus l’effondrement se produira vite et plus on aura de chances d’éviter une Terre étuve, donc du point de vue réaliste tout ce que vous pouvez faire pour accélerer l’effondrement systèmique global est bénéfique à nos chances de survie.
            Du point de vue utopique il faut unifier la population planétaire dans un effort commun pour se mettre à faire pousser des légumes partout et mettre un terme à la civilisation thermo-industriel au cours des prochains 18 mois.

        • 11 février 2019

          je pense que la personne veux simplement dire “si la solution contient le mot industriel, alors cela ne va pas”. et donc manger bio est à mes yeux une partie de la solution uniquement si c’est artisanal. mais de l’industriel bio aux yeux de l’auteur non. notons que cela ne veux rien dire en tant que tel. tu peux produire du bio de manière artisanale à ta petite maison de campagne que tu rejoins chaque we en 4×4 diesel et que tu congèles dans un vieil appareil inefficace pour en manger hors saison. ou tu peux avoir de l’aquaponie urbaine “industrielle” à 100m de chez toi que tu consommes sans besoin de congélation. le “bio artisanal” n’est pas nécessairement moins polluant que l’industriel.

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          • 1 août 2019

            > tu peux produire du bio de manière artisanale à ta petite maison de campagne

            non. la labellisation AB et la certification européenne coûtent cher. aucune personne qui produit de manière anecdotique ou à usage autre commercial ne fait du bio.

            Le bio n’a pas du tout été conçu ou pensé pour répondre à autre chose que la demande de consommateurs.

            La approche qui fonctionne c’est simplement de consommer local et de saison et autant que possible en autoproduction.

    • 1 août 2019

      La nourriture BIO étant aujourd’hui majoritairement produite de manière industrielle pour être vendue dans la grande distribution, ce n’est qu’un rouage de plus dans le grand mécanisme capitaliste qui vient répondre à une demande des consommateurs.

      Fuyez l’agriculture biologique, si vous vous souciez de l’avenir alors tournez vous vers le local, de saison et autant que possible verrs l’autoproduction.

      Reply
  • 11 juin 2018

    Le lien du documentaire END:CIV, indiqué en intro, est mort, en voici un qui fonctionne : https://www.youtube.com/watch?v=RAiFs5oDM8I

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    • 11 juin 2018

      Merci, j’ai remplacé le lien pars la version d’End:Civ qu’on vient d’envoyer sur YouTube, en mai 2018. Une version dont les sous-titres ont été corrigés. https://www.youtube.com/watch?v=L4ccAJJrrjM

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  • 12 octobre 2018

    Bon et du coup, comment on fait pour se retrouver entre personnes qui veulent se regrouper (à part attendre la sortie du bouquin DGR en Novembre prochain) ? Comment faire pour que les golfs cessent toute activité dans notre pays ?

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  • 15 octobre 2018

    I live in?? First THANKS I feel that my despair is lowering. Since years I defend the same discourse in words in acts. Majority of people don’t care. As you said person after selective sorting stop being active (only an example) Many don’t think with a broader view. I have feel alone
    Thanks to confirm that I’m not a crackpots and others share my thoughts

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  • 11 décembre 2018

    Intéressant.
    OK sur le fait que vivre simplement n’est pas un acte révolutionnaire.
    Je ne suis par contre pas d’accord sur le fait que nos choix ne consommation n’ont pour seul impact que les émissions de C02 des ménages et non des entreprises (à la baisse, comme à la hausse).
    C’est pourtant évident : hormis certaines “productions” spécifiques (dépenses militaires, conquête de l’espace, …), la majorité de la production des entreprises sert, en bout de course, à produire des biens que l’on consomme, même indirectement.
    Si, par exemple, une part significative des ménages est autosuffisante sur le plan de l’alimentation, cela détruit l’industrie alimentaire telle qu’elle est aujourd’hui.
    La “douche courte” a donc plus de conséquences que vous ne laissez entendre.
    Mais je vous rejoins pour dire qu’elle n’est pas suffisante pour en faire un acte révolutionnaire

    Reply
  • […] Jensen [derniers mots du commentaire de la vidéo, pas retranscrits dans la traduction retranscrite ici] – en quatre ans, le domaine des références s’est […]

    Reply
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