L’idéologie trans est homophobe et tout particulièrement lesbophobe (par Nicolas Casaux)

Ain­si que le font valoir de nom­breuses per­sonnes homo­sexuelles ou bisexuelles depuis des années, le sigle LGBTQ+ est un coup de force, un mariage for­cé entre dif­fé­rents groupes sociaux dont les membres sont loin d’avoir tous consen­ti à ce rap­pro­che­ment oppor­tu­niste. Peu de gens savent que dans de plus en plus de pays, et notam­ment dans tous ceux où l’idéologie trans­genre tend à s’imposer, des orga­ni­sa­tions appe­lées « Alliance LGB » [pour Les­biennes, Gays et Bisexuels] voient le jour. La pre­mière, il me semble, a été l’Alliance LGB du Royaume-Uni. Il existe désor­mais une « Alliance LGB » aux États-Unis, en Aus­tra­lie, en Fin­lande, en Espagne, en Ser­bie, en Nor­vège, au Mexique, en Irlande, au Bré­sil, en Pologne et dans d’autres pays encore (tou­jours pas en France, mais on peut gager que ça ne sau­rait tarder).

Pour­quoi cette Alliance LGB ? Parce que de nom­breuses per­sonnes les­biennes, gays ou bisexuelles ont déci­dé de réagir face à l’homophobie et la les­bo­pho­bie intrin­sèques du mou­ve­ment trans. Quelle homo­pho­bie, quelle les­bo­pho­bie ? L’idéologie trans repose sur une néga­tion de la bio­lo­gie, du sexe (dont elle pré­tend qu’il serait « assi­gné à la nais­sance », entre autres absur­di­tés, mais c’est un autre sujet). Pour elle, tout se base sur le « genre ». C’est ain­si qu’aujourd’hui, Sto­ne­wall, une des plus célèbres orga­ni­sa­tions LGBTQ+, la plus impor­tante orga­ni­sa­tion LGBTQ+ en Europe, défi­nit le mot « homo­sexuel » comme « un terme plu­tôt médi­cal uti­li­sé pour décrire une per­sonne ayant une orien­ta­tion roman­tique et/ou sexuelle vers une per­sonne du même genre ».

Mince alors. Homo. Sexuel. Ce n’était pour­tant pas com­pli­qué. Le mot est expli­cite. « Homo » nous vient du grec ancien ὁμός, homós (« sem­blable, pareil »), et « sexuel » désigne — contre toute attente ! — le sexe. La défi­ni­tion cor­recte, que le CNRTL conti­nue (jusqu’ici) de pro­po­ser, est donc « qui éprouve une atti­rance sexuelle pour des indi­vi­dus de son propre sexe ». Pas de son propre « genre ». « Homo­sexuel » pas « homo­gen­ruel ». Autre­ment dit, Sto­ne­wall efface pure­ment et sim­ple­ment l’existence des homo­sexuels. En France, le Plan­ning fami­lial écrit, dans un « lexique trans », que les termes « “Les­bienne” et “gay” sont bien connus, mais sou­vent cis­cen­trés. Il est impor­tant de com­prendre qu’un couple de les­biennes peut, par exemple, être com­po­sé d’une femme cis et d’une femme trans, ou qu’un homme gay peut avoir une vulve. » Autre­ment dit, tout et n’importe quoi. Là encore, la réa­li­té des homo­sexuels est effa­cée au pro­fit d’un cha­ra­bia inco­hé­rent qui pré­tend que des hommes peuvent être des les­biennes. Le terme « bisexuel » est (évi­dem­ment) encore plus mal vu par l’idéologie trans. Le Plan­ning fami­lial note : « La défi­ni­tion consen­suelle des per­sonnes bi serait “atti­rées pour [sic, “par”] les hommes et les femmes”. Mais cette défi­ni­tion est binaire, et a pu être qua­li­fiée de trans­phobe. » La bisexua­li­té, c’est « trans­phobe » (c’est-à-dire que ça contre­dit la doc­trine trans).

D’où l’Alliance LGB, qui for­mule ain­si sa rai­son d’être :

« Faire pro­gres­ser les droits des les­biennes, des gays et des bisexuels : nous défen­dons les inté­rêts des les­biennes, des gays et des bisexuels. Nous défen­dons notre droit de vivre en tant que per­sonnes atti­rées par des indi­vi­dus de notre propre sexe, sans subir de dis­cri­mi­na­tions ni aucun désa­van­tage. Nous veille­rons à ce que les voix des les­biennes, des gays et des bisexuels soient enten­dues dans tous les débats publics et poli­tiques qui affectent nos vies.

Mettre en évi­dence la double dis­cri­mi­na­tion dont sont vic­times les les­biennes : nous ampli­fions la voix des les­biennes et met­tons en lumière la double dis­cri­mi­na­tion dont elles sont vic­times en tant que femmes atti­rées par des indi­vi­dus de leur propre sexe dans une socié­té domi­née par les hommes.

Pro­té­ger les enfants sus­cep­tibles de deve­nir les­biennes, gays ou bisexuels : nous nous effor­çons de pro­té­ger les enfants contre les idéo­lo­gies nui­sibles et non scien­ti­fiques qui pour­raient les ame­ner à croire que leur per­son­na­li­té ou leur corps a besoin d’être modi­fié. Tout enfant qui gran­dit en deve­nant les­bienne, gay ou bisexuel a le droit d’être heu­reux et confiant dans sa sexua­li­té et dans ce qu’il est. »

L’Alliance LGB ajoute :

« Nous recon­nais­sons que le sexe est binaire, avec des mâles et des femelles, et que (pour la grande majo­ri­té des gens) le sexe est déter­mi­né à la concep­tion, obser­vé à la nais­sance (ou in ute­ro), puis consi­gné. Nous reje­tons la coop­ta­tion des rares condi­tions médi­cales appe­lées Désordres du déve­lop­pe­ment sexuel (DSD, expres­sion qui désigne les inter­sexua­tions) afin de mettre en doute la nature binaire du sexe. »

Et remarque :

« De très nom­breux enfants, et très pro­ba­ble­ment des adultes, entament un pro­ces­sus de tran­si­tion en rai­son de l’ho­mo­pho­bie de leurs parents, de leur groupe de pairs ou d’une répul­sion inté­rio­ri­sée envers leur propre orien­ta­tion sexuelle. Aujourd’hui, un mythe sug­gère aux jeunes homo­sexuels qu’ils peuvent être hété­ro­sexuels, que les les­biennes sont en réa­li­té des hommes hété­ro­sexuels et que les homo­sexuels sont en réa­li­té des femmes hété­ro­sexuelles. Il s’a­git d’une thé­ra­pie de conver­sion homophobe. »

***

Ce n’est pas par hasard si, il y a déjà plu­sieurs décen­nies, l’ayatollah Kho­mei­ni, en Iran, a adou­bé le trans­sexua­lisme dans une fat­wa. En Iran, depuis déjà plu­sieurs décen­nies, la chi­rur­gie dite (à tort) de « réas­si­gna­tion sexuelle » (à tort parce qu’on ne change pas de sexe, juste l’apparence des organes géni­taux externes), sert de thé­ra­pie de conver­sion des homo­sexuels — les idées trans offrent un for­mi­dable moyen de se débar­ras­ser de l’homosexualité. En Iran, mais pas seulement.

Il devrait être évident que si vous sug­gé­rez à des gar­çons qui ne cor­res­pondent pas au sté­réo­type du gar­çon qu’ils sont peut-être des filles pié­gées dans des corps de gar­çons, ou à des filles qui ne cor­res­pondent au sté­réo­type de la fille qu’elles sont peut-être des gar­çons pié­gés dans des corps de filles, imman­qua­ble­ment, vous allez pous­ser des homo­sexuels à « tran­si­tion­ner », autre­ment dit, vous allez pro­cé­der à des thé­ra­pies de conversion.

Un article du quo­ti­dien bri­tan­nique The Times rap­porte qu’à la cli­nique Tavi­stock, au Royaume-Uni (le prin­ci­pal centre où les jeunes sont envoyés pour effec­tuer leurs « tran­si­tion », qui com­prend un ser­vice « d’identité de genre ») : « Un si grand nombre d’en­fants poten­tiel­le­ment homo­sexuels ont été envoyés sur le che­min du chan­ge­ment de sexe que deux des cli­ni­ciens [inter­viewés] ont décla­ré qu’une note d’humour noir cir­cu­lait par­mi le per­son­nel, selon laquelle “il ne res­te­rait plus d’homosexuels”. “Cela res­semble à une thé­ra­pie de conver­sion pour les enfants homo­sexuels”, a décla­ré un cli­ni­cien. “J’ai fré­quem­ment eu des cas où les patients avaient com­men­cé à s’i­den­ti­fier comme trans après des mois d’hor­ribles per­sé­cu­tions parce qu’ils étaient gays”, a‑t-il décla­ré au Times. “De jeunes les­biennes consi­dé­rées au bas de l’é­chelle ont sou­dai­ne­ment décou­vert qu’elles étaient très popu­laires lors­qu’elles ont dit qu’elles étaient trans.” Une autre cli­ni­cienne a décla­ré : “Nous avons enten­du beau­coup d’ho­mo­pho­bie et nous avions l’im­pres­sion que per­sonne ne la com­bat­tait. Beau­coup de filles venaient et disaient : ‘Je ne suis pas les­bienne. Je suis tom­bée amou­reuse de ma meilleure amie, mais ensuite je suis allée sur Inter­net et j’ai réa­li­sé que je ne suis pas les­bienne, je suis un garçon’.” »

(Il est à noter que suite à une récente déci­sion du NHS (le ser­vice de sécu­ri­té sociale bri­tan­nique), le ser­vice « d’identité de genre » pour les enfants de la cli­nique Tavi­stock devra fer­mer au prin­temps pro­chain. Cette déci­sion découle des recom­man­da­tions de la pédiatre Hila­ry Cass, en charge d’un exa­men indé­pen­dant du ser­vice, qui a confir­mé la « pres­sion insou­te­nable » à laquelle étaient sou­mis les méde­cins et le risque de « sur­diag­nos­tic » de dys­pho­rie de genre. Elle a aus­si noté le manque d’unanimité des méde­cins sur les pro­cé­dures à suivre, et le manque de prise en compte des autres pro­blèmes de san­té men­tale que pou­vaient pré­sen­ter les patients). Son rap­port final est atten­du pour 2023. La cli­nique Tavi­stock avait déjà été mise en cause en 2020 par Kei­ra Bell, une ancienne patiente regret­tant la « tran­si­tion » qu’elle avait été encou­ra­gée à effec­tuer à l’adolescence.)

***

« LES LESBIENNES N’AIMENT PAS LES PÉNIS »

Voi­là ce qui est écrit sur la ban­de­role que tiennent ces deux femmes. C’était lors d’une marche des fier­tés LGBT, au Royaume-Uni, il y a quelques jours (le 27 août 2022). Pour­quoi une telle ban­de­role ? Parce que mal­heu­reu­se­ment, dans les pays où l’idéologie Trans tend à s’imposer, le les­bia­nisme (comme l’homosexualité en géné­ral) se trouve mena­cé. Tout le monde sait, ou devrait savoir, que le les­bia­nisme est une des deux formes d’homosexualité, et que l’homosexualité désigne un « com­por­te­ment sexuel carac­té­ri­sé par l’at­ti­rance, exclu­sive ou occa­sion­nelle, d’un indi­vi­du pour un indi­vi­du du même sexe » (CNRTL). Tout est dans le mot : « Homo » nous vient du grec ancien ὁμός, homós (« sem­blable, pareil »), et « sexua­li­té » désigne — contre toute attente ! — le sexe. Une les­bienne, c’est donc une femme « qui éprouve une atti­rance sexuelle pour des indi­vi­dus de son propre sexe », c’est-à-dire pour d’autres femmes.

On pour­rait donc se dire que le slo­gan de la ban­de­role coule de source. Mais non, ce n’est désor­mais plus le cas. Parce qu’aujourd’hui, les idéo­logues trans, qui assi­milent sexe et genre, tentent d’imposer l’idée selon laquelle un homme se disant femme serait réel­le­ment une femme, selon laquelle une « femme trans­genre » (expres­sion qui désigne un homme se disant femme) serait réel­le­ment une femme. Pour eux, le mot femme désigne « toute per­sonne qui se dit femme » (et, on rap­pel­le­ra, au pas­sage, que les hommes qui ont le « sen­ti­ment » d’être des femmes, qui « se sentent » femmes, pré­tendent ça parce que, dans leur confu­sion men­tale, ils mélangent le fait d’être une femme avec la fémi­ni­té, avec les sté­réo­types asso­ciés à la femme par le patriar­cat). C’est pour­quoi il est inac­cep­table, à leurs yeux, qu’une les­bienne déclare n’être pas atti­rée par une « femme trans­genre » (par un homme), vu que cette « femme trans­genre » (cet homme) est une femme. Bien­ve­nue en Absur­dis­tan. Beau­coup de membres de la secte Trans, qui sévissent fré­né­ti­que­ment sur inter­net, aiment à répé­ter que « cer­taines femmes ont des bites », et que pour une les­bienne, refu­ser de conce­voir ces « femmes à bites » (ou « femmes trans­genres », ou hommes qui se disent femmes, bref, des hommes) comme des par­te­naires pos­sibles relè­ve­rait de la « trans­pho­bie ». C’est ain­si que les les­biennes sont som­mées d’accepter des hommes par­mi leurs par­te­naires pos­sibles — som­mées, en d’autres termes, d’être hété­ro­sexuelles, d’éprouver du désir sexuel envers des indi­vi­dus du sexe oppo­sé. Et si ça res­semble à une thé­ra­pie de conver­sion, c’est parce que c’en est une.

Le slo­gan sur la ban­de­role de ces les­biennes a été jugé « trans­phobe », et elles ont été expul­sées, par la police, de la marche à laquelle elles par­ti­ci­paient. Elles sont membres d’une asso­cia­tion les­bienne du nom de « Get The L Out », un jeu de mot appe­lant à reti­rer le « L » du sigle « LGBT » (ou « LGBTQIA+ »), au motif — très juste — que ce sigle n’a aucune rai­son d’être. Voi­ci com­ment l’organisation se présente :

« Nous sommes un groupe de mili­tantes fémi­nistes les­biennes de ter­rain visant à créer une com­mu­nau­té les­bienne auto­nome et une visi­bi­li­té les­bienne sans com­pro­mis qui ne soient pas contrô­lées par les dési­rs et les visions des hommes concer­nant qui nous sommes.

Nous sou­te­nons fer­me­ment que la seule façon de mettre fin à l’an­ti-les­bia­nisme est de sor­tir le L de la “com­mu­nau­té GBT” et de construire des alliances cen­trées sur les femmes avec toutes les les­biennes et les fémi­nistes dési­reuses de mettre fin à la domi­na­tion mas­cu­line et à l’op­pres­sion des femmes.

Nous nous oppo­sons à toute forme de poli­tique miso­gyne et aux sys­tèmes qui pri­vi­lé­gient les inté­rêts des hommes : poli­tique queer et trans­genre, poli­tique de droite, poli­tique de gauche, ins­ti­tu­tions reli­gieuses patriar­cales, acti­visme pour les droits des hommes, racisme et capitalisme.

Notre orga­ni­sa­tion est fon­da­men­ta­le­ment hori­zon­tale. Cela signi­fie que nous n’a­vons pas de lea­der et qu’il n’y a pas de hié­rar­chie entre les organisatrices.

Nous nous oppo­sons à la façon dont le tran­sac­ti­visme efface, réduit au silence et dia­bo­lise les les­biennes qui osent s’exprimer.

Nous ne serons pas réduites au silence ! »

***

Parce qu’elles refusent d’adhérer au dogme de l’Église Trans, parce qu’elles le dénoncent ouver­te­ment, ces femmes sont évi­dem­ment et mal­heu­reu­se­ment trai­tées de tous les noms, inju­riées, mena­cées de viol, de mort, etc.

J’ad­mire leur courage.

La jour­na­liste bri­tan­nique Julie Bin­del, elle-même les­bienne, com­mente : « Les femmes de “Get the L Out” repré­sentent, pour moi, le meilleur exemple de femmes refu­sant de capi­tu­ler devant les exi­gences des hommes. Être une les­bienne dans une socié­té miso­gyne est sacré­ment difficile. »

Le trans­gen­risme est une absur­di­té les­bo­phobe (et homophobe).

Nico­las Casaux

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