En février de cette année, le journaliste économique Romaric Godin, qui bosse pour Mediapart et co-dirige, avec Cédric Durand (économiste proche de LFI qui défend le plus sérieusement du monde un « cyberécosocialisme »), la collection « Économie politique » de la maison d’édition La Découverte, a publié un bouquin intitulé Le Problème à trois corps du capitalisme chez ce même éditeur (eh ouais, bosser pour une aussi grande maison d’édition, ça aide à diffuser ses idées).
Les « trois corps » dont parle Godin, en s’inspirant d’un roman de science-fiction de l’écrivain chinois Liu Cixin, renvoient à la convergence de trois crises majeures : économique, écologique et anthropologique. Le propos de Godin demeure classiquement marxiste, même s’il se réclame d’un marxisme « hétérodoxe ». Un mois avant la parution de son livre sur Le Problème à trois corps du capitalisme, il sortait un autre ouvrage, cette fois aux éditions Smolny, intitulé Penser l’émancipation, autrement : Huit marxistes hétérodoxes – à savoir Rosa Luxemburg, Anton Pannekoek, Otto Rühle, Henryk Grossmann, Sylvia Pankhurst, Georg Lukács, Karl Korsch, Paul Mattick. Dans Le Problème à trois corps du capitalisme, il mentionne également, très ponctuellement, Robert Kurz, un autre marxiste « hétérodoxe » que l’on rattache au courant de la critique de la valeur. Mais son astre de référence reste Guy Debord.
Godin théorise des choses douteuses. Il prétend que l’on assiste à l’avènement d’un nouveau stade du capitalisme, un « capitalisme d’État d’urgence », non plus animé par « la production de plus-value » mais par « la prédation » (la distinction entre « plus-value » et « prédation » n’est pas vraiment clarifiée, l’on a du mal à voir en quoi le capitalisme d’avant n’était pas prédateur). Le « capitalisme de la fin du monde », selon Godin, est aussi un « capitalisme de malfrats », « profondément mafieux ». Celui d’avant ne l’était donc pas. Il propose comme ça tout un ensemble de contrastes fort discutables pour théoriser quelque nouveau cours du capitalisme. Mais passons. Si son analyse du fonctionnement du capitalisme contient un certain nombre de remarques pertinentes, celles-ci n’ont pas grand-chose de nouveau.
I
Cela dit, à la différence de la plupart des marxistes, Godin ne prône pas une « socialisation » ou une « réappropriation » pure et simple des « forces productives ». Il affirme qu’il « n’est plus possible de s’en tenir à un simple “réemploi” ou une “adaptation” des technologies. Il faut critiquer et combattre une grande partie de l’attirail technologique derrière lequel la domination du capital s’est retranchée, en engageant concrètement un démantèlement partiel des technologies dont le but est l’accumulation du capital et qui, en cela, sont des vecteurs de destruction. Le critère de ce choix technologique est celui, propre à chaque organisation humaine, de l’utilité sociale. »
Flou et confus. Toutes les technologies servent l’accumulation du capital et toutes les industries sont des vecteurs de destruction. Le critère de choix proposé, « l’utilité sociale », est d’une naïveté confondante. Comme si nous pouvions simplement choisir ce qui nous semble « utile » dans l’immense appareil techno-industriel, le conserver et le rendre compatible avec l’écologie et la démocratie réelle, et jeter le reste. Comme si l’appareil techno-industriel n’était pas un vaste système d’interdépendances radicales, où chaque industrie repose sur des dizaines d’autres.
« L’utilité sociale » seule ne peut nous permettre de déterminer quelles technologies sont compatibles avec la préservation de la nature, ainsi qu’avec la liberté et l’égalité humaines, puisque, par définition, ce n’est pas ce qu’elle vise. Si l’on souhaite bâtir des sociétés égalitaires, réellement démocratiques, respectueuses de la nature, les critères principaux nous permettant de de déterminer quelles technologies conserver ou concevoir doivent précisément être la compatibilité avec la démocratie (réelle), avec l’autonomie humaine, l’absence de domination, et le respect de la nature.
Or, comme l’ont souligné les individus que l’on rattache aux courants technocritique et anti-industriel, la complexité technique va de pair avec une complexité sociale – division et spécialisation du travail, et tout ce que cela implique. Au-delà d’un seuil de complexité situé assez bas, bien en deçà de celui atteint avec la révolution industrielle, la technologie exige une organisation sociale étendue et dotée d’une telle division du travail qu’elle est inévitablement autoritaire.
L’historien états-unien Lewis Mumford distinguait deux types de techniques : les « techniques démocratiques » et les « techniques autoritaires ». Par « techniques démocratiques », il désignait les techniques qui reposent sur « une méthode de production à petite échelle », permettent « l’autogouvernement collectif, la libre communication entre égaux, la facilité d’accès aux savoirs communs, la protection contre les contrôles extérieurs arbitraires » et « l’autonomie personnelle ». La « technique démocratique », reposant « principalement sur la compétence humaine et l’énergie animale mais toujours activement dirigée par l’artisan ou l’agriculteur », exige « relativement peu », est « ingénieuse et durable » et « très facilement adaptable et récupérable ». Historiquement, ces techniques démocratiques remontent « aussi loin que l’usage primitif des outils » et ont ainsi « sous-tendu et soutenu fermement toutes les cultures historiques jusqu’à notre époque ».
En contraste, les « techniques autoritaires », plus récentes, dont le développement remonte « à peu près au quatrième millénaire avant notre ère », ne confèrent « l’autorité qu’à ceux qui se trouvent au sommet de la hiérarchie sociale ». Ces techniques reposent en effet sur le « contrôle politique centralisé qui a donné naissance au mode de vie que nous pouvons à présent identifier à la civilisation, sans en faire l’éloge », lequel s’est fondé « sur une contrainte physique impitoyable, sur le travail forcé et l’esclavage », sur « la création de machines humaines complexes composées de pièces interdépendantes, remplaçables, standardisées et spécialisées — l’armée des travailleurs, les troupes, la bureaucratie ».
Il est important de noter que chez Mumford, la « technique » ne désigne pas la technologie au sens moderne, pas exclusivement les machines au sens classique, c’est-à-dire les machines composées de métaux et d’autres matériaux inertes. Sa conception de la technique était bien plus large. Elle englobait aussi des techniques organisationnelles (ou gouvernementales). Pour lui, la première technique autoritaire, c’était la civilisation elle-même (« une machine archétypale composée d’éléments humains »).
Pour Mumford, la civilisation correspond au « groupe d’institutions qui commencèrent à prendre forme sous la royauté. Ses principaux caractères, constants dans des proportions variables à travers l’histoire, sont la centralisation du pouvoir politique, la fragmentation de la société en classes, la division du travail pendant la vie entière, la mécanisation de la production, l’accroissement de la puissance militaire, l’exploitation économique des faibles ainsi que l’universelle introduction de l’esclavage et du travail forcé pour des buts tant industriels que militaires. » (Le Mythe de la machine, 1967)
« Esclavage, travail obligatoire, embrigadement social, exploitation économique et guerre organisée : tel est l’aspect le plus sinistre des “progrès de la civilisation”. Sous des formes renouvelées, cet aspect de négation de la vie et de répression est encore bien présent aujourd’hui » (il écrivait cela en 1956, dans son livre Les Transformations de l’homme, mais cela vaut aussi, évidemment, pour 2026).
Et donc, si l’on souhaite bâtir des sociétés égalitaires, réellement démocratiques, respectueuses de la nature, il nous faut rejeter les techniques autoritaires. Lesquelles sont, donc, bien antérieures au capitalisme. De même que les technologies autoritaires. Mumford prenait souvent pour exemples les grands systèmes hydrauliques (aqueducs, etc.) édifiés par les premiers États dans l’Égypte et la Mésopotamie anciennes, des dispositifs qui supposent centralisation du pouvoir, levée de corvée, calcul administratif et chaîne de commandement. A l’instar des pyramides, des grandes routes impériales, des chantiers monumentaux en général ou des grands navires de type galère, dont la production requiert la mobilisation de ressources et de forces humaines à une échelle inaccessible pour des communautés autonomes. Construire une galère suppose en effet l’abattage et l’acheminement de grandes quantités de bois, souvent depuis des régions éloignées, l’organisation de chantiers spécialisés, une standardisation des pièces, une stricte division des tâches et la coordination d’une main-d’œuvre nombreuse.
Malheureusement, chez Godin comme chez la plupart des marxistes, même « hétérodoxes », ces questions – les implications de la technologie en matière de division et de spécialisation du travail, les implications de la complexité sociale, de la taille, de l’échelle, de la coordination, etc. – ne sont pas même évoquées. Les seuls exemples concrets que donne Godin de technologies à rejeter sont le smartphone et l’intelligence artificielle générative (pour l’IA il est catégorique, le smartphone est juste mentionné en passant, c’est moins clair).
Godin prend garde, en revanche, de ne pas paraître « technophobe ». Car « personne n’a envie de revenir à la lampe à huile et aux chars à bœufs ». Où l’on comprend les limites de sa « critique constante et concrète de la technologie ».
Godin renvoie souvent et de manière tout à fait positive, acritique, à d’autres marxistes prétendument décroissants ou écologistes, comme Jason Hickel, qui nous promet que le socialisme à venir sera « une société hautement éduquée et technologiquement avancée, sans pauvreté ni faim », dans laquelle les « milliards d’humains qui en sont actuellement privés » pourront bénéficier « des biens et services d’ordre supérieur nécessaires à une vie décente : alimentation nutritive, logement moderne, soins de santé, éducation, électricité, fourneaux propres, systèmes d’assainissement, vêtements, machines à laver, réfrigération, chauffage/refroidissement, ordinateurs, téléphones portables, internet, transports en commun, etc.[1]. » Ou comme Kohei Saito, qui dit à peu près la même chose (« Dans un monde communiste, nous aurions bien sûr toujours de bons smartphones et un accès internet à haut débit[2] »).
II
Les lacunes finalement assez orthodoxes de Godin en matière de technocritique se doublent d’une adhésion typique à un autre pan du dogme marxiste :
« Pendant longtemps, les marxistes orthodoxes ont défendu l’idée que le “développement des forces productives” et dont de la technologie était nécessaire à l’avènement du socialisme, lequel devait en conséquence hériter de ces technologies pour un usage nouveau. Cette vision reste sans doute en partie juste. »
Autrement dit, en bon marxiste, Godin soutient que l’avènement du capitalisme et tout ce qu’il a impliqué (la colonisation et tout le catalogue des horreurs), le développement des forces productives (du système techno-industriel), c’était donc nécessaire. Il fallait que tout cela se produise pour que le socialisme puisse un jour éclore. La vieille téléologie évolutionniste, la vieille adhésion marxiste au mythe bourgeois du Progrès, Godin valide. Il nous met donc en garde contre « la nostalgie réactionnaire d’un “avant” fantasmé », car cet « avant » était « aussi marqué par la domination et la misère ». Il était rare que l’on y vive « décemment et les famines étaient fréquentes ». Heureusement, grâce au capitalisme, « les famines ont disparu ». Dans un premier temps, au moins, le capitalisme a produit « des moyens de vivre mieux et de mieux préserver la vie [humaine] ».
Que tous les autochtones ou descendants de populations autochtones du monde entier se le tiennent pour dit. La destruction de leurs cultures par le capitalisme était une nécessité historique. Elle permettra l’avènement du glorieux socialisme. Et puis, de toute façon, ce n’était pas une grosse perte étant donné que ces cultures n’étaient que misère, domination et famines.
Une analyse historique, anthropologique et ethnographique sérieuse aurait au contraire souligné la grande diversité des formes sociales antérieures et extérieures au capitalisme. Le fait que nombre de petites sociétés autochtones, de chasse-cueillette mais pas seulement, présentait une relative égalité sociale, y compris entre les sexes, et qu’il a pu y faire tout à fait bon vivre. Elle aurait ensuite examiné les raisons pour lesquelles il en fut ainsi. En dépeignant l’entièreté du passé comme un monolithe de domination, de misère et de famine, en avalisant, donc, la mythologie du Progrès conçue par les classes dominantes en Europe au XVIIe et XVIIIe siècle[3], Godin renforce l’emprise idéologique du capitalisme. Car contrairement à ce qu’il prétend, la destruction capitaliste ne « progresse » pas principalement en promouvant une « idéalisation du passé », mais plutôt en en produisant une disqualification systématique – « personne n’a envie de revenir à la lampe à huile et aux chars à bœufs », ainsi qu’il le remarque lui-même, en se comptant dans le lot.
III
En bon marxiste, dans sa tentative de blâmer le capitalisme pour tout, Godin tend à faire de lui le seul responsable du désastre écologique. En effet, selon lui, « l’exigence d’accumulation indéfinie du capital » serait « venue briser un équilibre métabolique entre la nature et les humains ». « Avant », c’était donc uniformément la domination, la misère et la famine, mais c’était aussi « l’équilibre métabolique entre la nature et les humains ». Avec le capitalisme, « l’activité humaine » serait devenue « impérialiste », elle aurait soudainement décidé de « soumettre la nature » et d’« en faire une simple réserve de ressources ». « La crise écologique est donc aussi une crise du capitalisme ».
Godin reconnaît cependant que « les précédents modes de production avaient certes pu provoquer des désastres écologiques locaux » (ce qui contredit l’équilibre métabolique qu’il postule par ailleurs) « par exemple dans les grandes cités mayas des VIIIe et IXe siècles ». Exemple incongru, pourquoi les cités mayas ? Pourquoi chercher si loin alors que le continent européen fait l’objet d’une guerre contre la nature depuis déjà plusieurs millénaires ? En fait, ce que l’on constate, c’est que toutes les « civilisations » au sens historique ou archéologique courant du terme, au sens précité de Mumford, dégradaient systématiquement et lourdement leurs environnements. Nul « équilibre métabolique » au tableau. Pour trouver un semblant d’équilibre métabolique, il faut se tourner vers les petites sociétés autochtones, notamment de chasse-cueillette.
IV
Dans un passage portant sur les effets écologiques du capitalisme, Godin évoque la distinction nature/culture et sa remise en question radicale, notamment issue de l’école desco-latourienne, d’une manière involontairement drolatique. Il commence par noter que « l’homme a toujours agi sur la nature autant que la nature a agi sur lui », si bien que « la division entre nature et humanité a pu être radicalement contestée ». Cela étant, ne nous faut-il pas pouvoir discuter de ce que font et sont les humains ? Comment analyser le capitalisme et parler de quoi que ce soit nous concernant si l’on a interdiction de considérer les humains comme des êtres à part entière, distincts ? Pas simple ! Mais comment faire sans froisser les partisans d’une indistinction radicale de tout ? Eh bien, préciser que :
« Sans entrer dans ce débat complexe, la position retenue ici sera celle de l’existence d’une nuance entre homme et nature dans le cadre d’une unité fondamentale. »
Ouf ! Nous pouvons distinguer l’humain (ci-avant nommé « homme » par Godin) des nénuphars ! Nous ne sommes pas obligé∙es d’affirmer que « la nature » ou « le grand tout » a créé le capitalisme, netflix et les aspirateurs.
V
Godin défend une position constructiviste radicale qu’il prête à Marx. Selon Godin, Marx aurait soutenu que « toute forme de “nature humaine”, c’est-à-dire d’“invariant naturel”, est une chimère ». Ainsi, « tous les besoins, même les plus essentiels » seraient « sociaux, c’est-à-dire déterminés par la société ». Il cite alors une phrase de Marx qui ne dit pas ce qu’il tente de lui faire dire :
« La faim est la faim, mais la faim qui s’apaise avec de la viande cuite que l’on mange avec un couteau et une fourchette est autre qu’une faim qui avale la chair crue à l’aide des mains, des ongles et des dents. » (Marx, Introduction générale à l’économie politique)
Marx ne dit pas que tous les besoins sont sociaux et qu’il n’existe pas de nature humaine. Il remarque bien l’existence de besoins de base et d’une nature humaine qui pousse tous les êtres humains à manger. Seulement, il note que ces besoins et cette nature humaine invariante ne se manifestent pas de la même manière dans tous les contextes sociaux. Rien de bien sorcier.
D’ailleurs, après avoir nié l’existence de besoins naturels et de toute nature humaine, Godin parle lui-même de « besoins artificiels », qu’il s’agit donc de distinguer d’autres besoins, qu’il conçoit sous le terme de « besoins de la vie réellement vécue » ! S’il n’existait aucun « besoins » fondamentaux, aucune nature ou condition humaine, il serait insensé de déplorer comme il le fait le sentiment de « perte générale de “sens” » ou « l’isolement social et l’insatisfaction permanente que suscite la société marchande ». Il existe évidemment des besoins « naturels » vitaux, des besoins qui ne sont pas produits par une société donnée, des invariants, chez les êtres humains. Manger, boire, dormir, pisser, déféquer, se protéger du froid ou de la chaleur extrême, etc. Il existe ensuite d’autres besoins, également « naturels » (non socialement construits), pas nécessairement vitaux mais qui induisent une sorte d’étiolement de la personne humaine lorsqu’ils ne sont pas comblés, comme le besoin d’appartenance, de sens ou de relations d’amitié.
Au bout du compte, l’hétérodoxie marxiste de Romaric Godin s’avère donc très décevante. Le problème à trois corps des marxistes, c’est que leurs théories pèchent lourdement sur les plans économique, écologique et anthropologique. Mais comme leurs idées dominent les sciences sociales, le milieu universitaire, le milieu éditorial et le milieu médiatique de gauche, ils ne se privent pas de publier à la chaîne des livres promouvant à peu près tous les mêmes fariboles.
Nicolas Casaux
- Jason Hickel et Dylan Sullivan, « How much growth is required to achieve good lives for all? Insights from needs-based analysis », World Development Perspectives, volume 35, septembre 2024. ↑
- Interview de Kohei Saito par Apolline Guillaut, « Kohei Saito: Marxist, pro-degrowth… and pragmatic », philonomist.com, 2 octobre 2024. ↑
- Cf. l’excellent livre de Yohan Ariffin, Généalogie de l’idée de progrès. Histoire d’une philosophie cruelle sous un nom consolant, Éditions du Félin, 2012. ↑
Il est evident qu’il n’y a pas d’anticapitalisme socialiste ou Marxiste. Toute la propagande gauchiste se construit sur un sophisme qui ne trompe que ceux qui veulent se faire berner.
Toute industrie, tout effort industriel se construit sur du capital, qu’il soit communiste, socialiste ou Marxiste ne change rien a l’affaire. Pour faire tourner une industrie, planifier sa croissance, son evolution necessaire, entretenir les machines, il faut degager du capital, c’est a dire l’equivalent d’un temps de travail et donc d’une production (selon que le point de vue), pour que l’industrie se perennise et ne disparaisse pas.
Le monde evolue, les ressources s’epuisent, et meme une industrie a´qui aurait une production finale constante doit en fait croitre sans cesse pour survivre, On extrait plus du gaz de shiste et du petrole de shiste avecv une pioche comme le fit le colonel Drake, mais avec de la sismique, des ordinateur puissant capables d’analyser des tonnes de donnees, de löa fracturation hydraulique, beaucoup de metal, dela chimie de pointe etc… et le shiste illustre l’ensemble des dynamiques industriels…
Ensuitre personne ne choisit la politique de ses voisins, meme si on est socialistes, et il faut se defendre pour exister. Si l’on veut s’enteter a etre un etat industriel, meme super Marxiste, il faut s’armer, develloper une industrie de pointe d’armement, sinon on disparait. L’union sovietique a develloper les bombes nucleaires les plus puissantes et a du envoyer des fusee pour surveiller ses mechants voisins capitalistes ( et l’amerique a emboite le pas dans une course sans fin). Tout cela determine la necessite de l’evolution constante de l’industrie et donc la necessite d’un caoital toujours croissant, qu’on soit Marxiste, communiste, Trotskyste, Melöanchoniste ou simplement socialiste.
L’arnaque dela gauche est de faire croire que l’industrie, et donc le capital puisse etre democratique ou populaire (decide par le peuple).
C’est evidemment une supercherie, c’est la mecanique industriel qui decide, et au final des appartatchiks, bolcheviques ou autres, qui s’empare du pouvoir au nom du peuple et decident de ce qui doit etre produit ou pas.
C’est bien pire que le liberalisme, ou au moins le conssommateur a une influence et ou les entreprises font faillite si elles produisent des trucs que l’on ne veut pas acheter.
Donc dans un systeme industriel, le systeme Marxiste de gestion de l’industrie est une horreur, bien plus tyrannique que le systeme liberal qui s’est evidemnent impose partout (meme en partie en Chine), et ceux qui theorise ce cauchemar (plpanification ecologiqueetc..) sont des salaries de l’etat qui veulent en fait bouffer toujours plus de notre argent en aggrandissant les prerogatives de l’etat. En cela la critique libertarienne devoile parfiatement leur supercherie.
Em resume, nous sommes tous des enfants du capitalisme, et la gauche est encoire plus capitaliste, puisqu’elle propose carrement de regenter l’economie (ce qui se finit par la faillite et le travail force) et donc accroitre la tyrannie du capital.
Tous les gauchistes que decrit ce blog sont juste des parasites qui ne veulent pas bosser dans l’industrie (on les comprends) mais vivre de ses dividendes, grace qa l’impot et qu financement publique (parasites universitaires en general) et raconte n’importe quoi dans des bouquins pour justifier leur position de voleurs et d’exploiteurs (ils sont payes par des gens qui bossent vraiment durement, tout ceux qui ont ete force a faire des boulots de merde savent de quoi je parle).
La realite est que nous sommes tous impuissant face a la mecanique sociale industrielle, qui nous condamne, et que la gauche, grace a sa stigmatisation des capitalistes (c’est a dire de ceux qui controllent et oriente la puissance industrielle),entretient , faute d’espoir, une haine qui rassemble, et on sait tous comment cela finira.
Le seul espoir, c’est non pas d’aneantir le capitalisme (tant que des hommes en auront besoin, il se maintieindra, quelque soit le nom), mais d’essayer de trouver des outils concrets pour moins en dependre, parce que notre monde physique s’effondre et que l’industrie se revele de moins en moins capable d’assurer notre survie (deja le logement ou la bouffe sont litteralement hors de prix et ici en Suede le maquereaux, un exemple parmis d’autres, ne se vend plus depuis cet anneses, car les stocks se sont effondre et la viande est hors de prix alors que les surfaces en herbes augmentent…)
« L’utilité sociale » dont parle Romaric Godin n’est pas définie. Un concept indéfini est inopérant. Mais on peut toujours essayer. Prenons par exemple, les différentes branches industrielles. Lesquelles ont une « utilité sociale » ? Répondre à cette question demanderait un travail considérable particulièrement fastidieux. Donc simplifions, comme dans cet article. Les branches industrielles sont intriquées les unes dans les autres et font système, c’est tout à fait exact. On ne peut pas les prendre séparément, elles sont toutes inter-dépendantes. Remettre en question l’« utilité sociale » d’une de ces branches ce serait remettre en question le système lui-même. D’autant qu’il y a toujours une branche qui est à la pointe du développement de toutes les autres, et qui, à l’avant garde de la production industrielle et technique, de l’innovation comme on dirait aujourd’hui, garantie le développement de toutes les infrastructures du système dans son ensemble. Et il s’agit bien jusqu’à preuve du contraire, des smartphones et de l’intelligence artificielle, qui sont même les ultimes porteurs d’espoir du capital fictif (Marx). Par exemple, l’économie productive américaine actuellement ne se développe que grâce à la construction de gigantesques datacentres pour l’intelligence artificielle. Autrement dit, l’intelligence artificielle entraîne dans son sillage toutes les productions des différents secteurs des grandes industries américaines (énergie, acier, bâtiment, construction, transports etc). Et c’est précisément cela que Romaric Godin juge comme inutile socialement. Il pose donc mal le problème.
Il est également très étrange de le voir prôner le développement des forces productives devenu complètement désuet depuis déjà plusieurs décennies. Il garde peut-être la nostalgie du plein emploi mais la réalité est tout autre depuis 40 ans. Là aussi, il faut s’appuyer sur des définitions pour parvenir à une réflexion juste. Et là aussi, Romaric Godin me paraît être un marxiste à la petite semaine, ou en tout cas, s’il a lu « Le Capital », il ne l’a pas compris.
Mais avant d’aller plus loin, il faut faire une distinction entre la science économique bourgeoise et celle de Marx. Marx était le dernier penseur de l’économie politique, c’est à dire, d’un nouveau champs de la réflexion humaine qui commence au XVIIIème siècle, et qui s’appuie sur le travail humain comme source de la valeur économique (hormis les Physiocrates français). Le postulat de la science économique bourgeoise, à contrario, se base sur le système des prix. Autrement dit, le travail humain, le travail vivant (Marx) est une donnée acquise, c’est à dire qu’elle n’a pas besoin d’être définie, la main d’œuvre (le prolétariat) est un élément à priori du système des prix. Comme le temps et l’espace sont des éléments à priori de la raison pure chez Emmanuel Kant, par exemple. A ce stade, on pourrait faire à Marx une objection. La science économique, n’est pas une science, ou plutôt, c’est une science humaine, c’est à dire, contrairement aux sciences fondamentales, que ses lois ne déterminent pas les conditions de la reproduction d’une expérience d’après des équations mathématiques et des lois physiques qui restent invariables quelles que soient les conditions de l’expérience. La science économique, c’est le règne des apprentis sorciers (bourgeois). Mais alors, pourquoi Marx échapperait-il à ce jugement ? Et bien c’est là que 150 ans après, il demeure toujours tristement d’actualité. En effet, ses intuitions philosophiques, c’est à dire, les définitions, les concepts, les catégories, avec lesquelles il construit sa réflexion, se rapprochent de manière troublante des lois de la thermodynamique, qui est une des lois de la physique fondamentale.
Revenons aux forces productives. Mais avant de savoir pourquoi il n’y a plus de développement de ces forces depuis 40 ans, il nous faut d’abord comprendre le lien qui existe entre le travail et la valeur économique.
Première définition, la plus value ;
« Le salarié vend sa force de travail au propriétaire de la terre, des usines, des instruments de production. L’ouvrier emploie une partie de la journée de travail à couvrir les frais de son entretien et de celui de sa famille (le salaire) ; l’autre partie, à travailler gratuitement, en créant pour le capitaliste la « plus-value », source de profit, source de richesse pour la classe capitaliste. »
Deuxième définition, plus value absolue et plus value relative :
« J’appelle survaleur absolue la survaleur produite par allongement de la journée de travail ; et survaleur relative la survaleur issue du raccourcissement du temps de travail nécessaire et d’un changement corrélatif dans le rapport quantitatif des deux composantes de la journée de travail. »
Troisième définition, la plus value extra :
« Le capitaliste qui emploie le mode de production perfectionné s’approprie par conséquent sous forme de surtravail une plus grande partie de la journée de l’ouvrier que ses concurrents. Il fait pour son compte particulier ce que le capital fait en grand et en général dans la production de la plus-value relative. Mais d’autre part, cette plus-value extra disparaît dès que le nouveau mode de production se généralise et qu’en même temps s’évanouit la différence entre la valeur individuelle et la valeur sociale des marchandises produites à meilleur marché. »
Arrêtons-nous sur les mots avant de répondre à la question. Le terme « plus-value », qui désigne en réalité le profit, est un terme qui est resté dans la langue courante. On l’emploi souvent, même dans des sphères éloignées de la production, du commerce, ou de la finance. Il s’est généralisé dans le langage courant, de l’homme de la rue au responsable politique.
Dans le mode de production capitaliste, historiquement spécifique, les entreprises sont en concurrence. L’entreprise qui dispose de machines lui permettant d’augmenter sa production de marchandises prend l’avantage dans sa lutte avec les autres pour accéder aux marchés sur lesquels elle pourra les vendre moins cher. Les machines lui permettent d’expulser toujours plus de travail vivant (prolétariat), pour intégrer toujours plus de travail mort (machines) dans son processus de production. Ce faisant, la quantité de travail vivant dans chaque marchandise a tendance à diminuer, c’est à dire, une dépense de muscles et de nerfs mesurée en temps réel sur une chaîne de production. Cette dépense est une valeur moyenne. Il faut tant de temps, tant d’heures, pour fabriquer telle ou telle marchandises. A ce stade, on commence à comprendre que la valeur que renferme chaque marchandise a tendance à diminuer, puisque la quantité de surtravail et donc la plus value diminuent. Donc, on a des marchandises dont le prix de vente diminue, et qui contiennent de moins en moins de valeur. On peut dire autrement, que la valeur d’une marchandise diminue avec la diminution de la quantité de travail vivant, de temps de muscle et de nerfs incorporé, coagulé, dans cette marchandise.
Depuis la révolution microélectronique dans les années 80, la valeur des marchandises produites n’a cessé de diminuer. La quantité de main d’œuvre nécessaire à leurs productions a donc également diminué. Les forces productives ne sont pas en développement mais en contraction depuis 40 ans, n’en déplaise à Romaric Godin. C’est un processus de crise. Et il y a encore une grande quantité de déductions logiques à tirer de ce constat, mais je renvoie ceux que cela pourrait intéresser aux travaux de la critique de la valeur. Lorsqu’on raisonne sans définition, on ne peut qu’aboutir à des raisonnement faux. Je ne comprends pas tous ces adeptes de Marx qui ne s’appuient pas sur ses catégories pour réfléchir. Cela étant dit, la position de la critique de la valeur, si elle est irréfutable sur le plan du constat du processus de crise du système capitaliste depuis 40 ans, de manière aussi solide que les lois de la thermodynamique selon moi, n’en demeure pas moins assez flou sur la question de l’industrie elle-même. Ce qui n’est pas le cas du courant anti-industriel. Cela ne veut pas dire que les uns ont tort et les autres raisons, mais plutôt que pour étancher sa soif de connaissances, il faut s’abreuver à des sources pures.
Je plussoie plus plus Fred !