Lettre à l’éléphant (par Romain Gary)

Parce que cette lettre de 1968 est tou­jours aus­si per­ti­nente, 48 ans après, nous la republions.


Mon­sieur et cher éléphant,

Vous vous deman­de­rez sans doute en lisant cette lettre ce qui a pu inci­ter à l’écrire un spé­ci­men zoo­lo­gique si pro­fon­dé­ment sou­cieux de l’avenir de sa propre espèce. L’instinct de conser­va­tion, tel est, bien sûr ce motif. Depuis fort long­temps déjà, j’ai le sen­ti­ment que nos des­tins sont liés. En ces jours périlleux « d’équilibre par la ter­reur », de mas­sacres et de cal­culs savants sur le nombre d’humains qui sur­vi­vront à un holo­causte nucléaire, il n’est que trop natu­rel que mes pen­sées se tournent vers vous.

À mes yeux, mon­sieur et cher élé­phant, vous repré­sen­tez à la per­fec­tion tout ce qui est aujourd’hui mena­cé d’extinction au nom du pro­grès, de l’efficacité, du maté­ria­lisme inté­gral, d’une idéo­lo­gie ou même de la rai­son car un cer­tain usage abs­trait et inhu­main de la rai­son et de la logique se fait de plus en plus le com­plice de notre folie meur­trière. Il semble évident aujourd’hui que nous nous sommes com­por­tés tout sim­ple­ment envers d’autres espèces, et la vôtre en par­ti­cu­lier, comme nous sommes sur le point de le faire envers nous-mêmes.

C’est dans une chambre d’enfant, il y a près d’un demi-siècle, que nous nous sommes ren­con­trés pour la pre­mière fois. Nous avons pen­dant des années par­ta­gé le même lit et je ne m’endormais jamais sans embras­ser votre trompe, sans ensuite vous ser­rer fort dans mes bras jusqu’au jour où ma mère vous empor­ta en disant, non sans un cer­tain manque de logique, que j’étais désor­mais un trop grand gar­çon pour jouer avec un élé­phant. Il se trou­ve­ra sans doute des psy­cho­logues pour pré­tendre que ma « fixa­tion » sur les élé­phants remonte à cette pénible sépa­ra­tion, et que mon désir de par­ta­ger votre com­pa­gnie est en fait une forme de nos­tal­gie à l’égard de mon enfance et de mon inno­cence per­dues. Et il est bien vrai que vous repré­sen­tez à mes yeux un sym­bole de pure­té et un rêve naïf, celui d’un monde où l’homme et la bête vivraient paci­fi­que­ment ensemble.

Des années plus tard, quelque part au Sou­dan, nous nous sommes de nou­veau ren­con­trés. Je reve­nais d’une mis­sion de bom­bar­de­ment au-des­sus de l’Éthiopie et fis atter­rir mon avion en piteux état au sud de Khar­toum, sur la rive occi­den­tale du Nil. J’ai mar­ché pen­dant trois jours avant de trou­ver de l’eau et de boire, ce que j’ai payé ensuite par une typhoïde qui a failli me coû­ter la vie. Vous m’êtes appa­ru au tra­vers de quelques maigres carou­biers et je me suis d’abord cru vic­time d’une hal­lu­ci­na­tion. Car vous étiez rouge, d’un rouge sombre, de la trompe à la queue, et la vue d’un élé­phant rouge en train de ron­ron­ner assis sur son pos­té­rieur, me fit dres­ser les che­veux sur la tête. Hé oui ! vous ron­ron­niez, j’ai appris depuis lors que ce gron­de­ment pro­fond est chez vous un signe de satis­fac­tion, ce qui me laisse sup­po­ser que l’écorce de l’arbre que vous man­giez était par­ti­cu­liè­re­ment délicieuse.

Il me fal­lut quelque temps pour com­prendre que si vous étiez rouge, c’est parce que vous vous étiez vau­tré dans la boue, ce qui vou­lait dire qu’il y avait de l’eau à proxi­mi­té. J’avançai dou­ce­ment et à ce moment vous vous êtes aper­çu de ma pré­sence. Vous avez redres­sé vos oreilles et votre tête parut alors tri­pler de volume, tan­dis que votre corps, sem­blable à une mon­tagne dis­pa­rais­sait der­rière cette voi­lure sou­dain his­sée. Entre vous et moi, la dis­tance n’excédait pas vingt mètres, et non seule­ment je pus voir vos yeux, mais je fus très sen­sible à votre regard qui m’atteignit si je puis dire, comme un direct à l’estomac. Il était trop tard pour son­ger à fuir. Et puis, dans l’état d’épuisement où je me trou­vais, la fièvre et la soif l’emportèrent sur ma peur. Je renon­çai à la lutte. Cela m’est arri­vé à plu­sieurs reprises pen­dant la guerre : je fer­mais tes yeux, atten­dant la mort, ce qui m’a valu chaque fois une déco­ra­tion et une répu­ta­tion de courage.

Quand j’ouvris de nou­veau les yeux, vous dor­miez. J’imagine que vous ne m’aviez pas vu ou pire vous m’aviez accor­dé un simple coup d’œil avant d’être gagné par le som­meil. Quoi qu’il en soit, vous étiez là ; la trompe molle, les oreilles affais­sées, les pau­pières abais­sées et, je m’en sou­viens, mes yeux s’emplirent de larmes. Je fus sai­si du désir presque irré­sis­tible de m’approcher de vous, de pres­ser votre trompe contre moi, de me ser­rer contre le cuir de votre peau et puis là, bien à l’abri, de m’endormir pai­si­ble­ment. Une impres­sion des plus étranges m’envahit. C’était ma mère, je le savais, qui vous avait envoyé. Elle s’était enfin lais­sée flé­chir et vous m’étiez res­ti­tué. Je fis un pas dans votre direc­tion, puis un autre… Pour un homme aus­si pro­fon­dé­ment épui­sé que j’étais en ce moment-là, il se déga­geait de votre masse énorme, pareille à un roc, quelque chose d’étrangement ras­su­rant. J’étais convain­cu que si je par­ve­nais à vous tou­cher, à vous cares­ser, à m’appuyer contre vous, vous alliez me com­mu­ni­quer un peu de votre force vitale. C’était l’une de ces heures où un homme a besoin de tant d’énergie, de tant de force qu’il lui arrive même de faire appel à Dieu. Je n’ai jamais été capable de lever mon regard aus­si haut, je me suis tou­jours arrê­té aux élé­phants. J’étais tout près de vous quand je fis un faux pas et tom­bai. C’est alors que la terre trem­bla sous moi et le bou­can le plus effroyable que pro­dui­raient mille ânes en train de braire à l’unisson rédui­sit mon cœur à l’état de sau­te­relle cap­tive. En fait, je hur­lais, moi aus­si et dans mes rugis­se­ments il y avait toute la force ter­rible d’un bébé de deux mois. Aus­si­tôt après, je dus battre sans ces­ser de gla­pir de ter­reur, tous les records des lapins de course. Il sem­blait bel et bien qu’une par­tie de votre puis­sance se fût infu­sée en moi, car jamais homme à demi-mort n’est reve­nu plus rapi­de­ment à la vie pour déta­ler aus­si vite En fait, nous fuyions tous les deux mais en sens contraires. Nous nous éloi­gnions l’un de l’autre, vous en bar­ris­sant, moi en gla­pis­sant, et comme j’avais besoin de toute mon éner­gie, il n’était pas ques­tion pour moi de cher­cher à contrô­ler tous mes muscles. mais pas­sons là-des­sus, si vous le vou­lez bien. Et puis, quoi, un acte de bra­voure a par­fois de ces petites réper­cus­sions phy­sio­lo­giques. Après tout, n’avais-je pas fait peur à un éléphant ?

Nous ne nous sommes plus jamais ren­con­trés et pour­tant dans notre exis­tence frus­trée, limi­tée, contrô­lée, réper­to­riée, com­pri­mée, l’écho de votre marche irré­sis­tible, fou­droyante, à tra­vers les vastes espaces de l’Afrique, ne cesse de me par­ve­nir et il éveille en moi un besoin confus. Il résonne triom­pha­le­ment comme la fin de la sou­mis­sion et de la ser­vi­tude, comme un écho de cette liber­té infi­nie qui hante notre âme depuis qu’elle fut oppri­mée pour la pre­mière fois. J’espère que vous n’y ver­rez pas un manque de res­pect si je vous avoue que votre taille, votre force et votre ardente aspi­ra­tion à une exis­tence sans entrave vous rendent évi­dem­ment tout à fait ana­chro­nique. Aus­si vous consi­dère-t-on comme incom­pa­tible avec l’époque actuelle. Mais à tous ceux par­mi nous qu’écœurent nos villes pol­luées et nos pen­sées plus pol­luées encore, votre colos­sale pré­sence, votre sur­vie, contre vents et marées, agissent comme un mes­sage ras­su­rant. Tout n’est pas encore per­du, le der­nier espoir de liber­té ne s’est pas encore com­plè­te­ment éva­noui de cette terre, et qui sait ? si nous ces­sons de détruire les élé­phants et les empê­chons de dis­pa­raître, peut-être réus­si­rons-nous éga­le­ment à pro­té­ger notre propre espèce contre nos entre­prises d’extermination.

Si l’homme se montre capable de res­pect envers la vie sous la forme la plus for­mi­dable et la plus encom­brante allons, allons, ne secouez pas vos oreilles et ne levez pas votre trompe avec colère, je n’avais pas l’intention de vous frois­ser alors demeure une chance pour que la Chine ne soit pas l’annonce de l’avenir qui nous attend, mais pour que l’individu, cet autre monstre pré­his­to­rique encom­brant et mal­adroit, par­vienne d’une manière ou d’une autre à survivre.

Il y a des années, j’ai ren­con­tré un Fran­çais qui s’était consa­cré, corps et âme, à la sau­ve­garde de l’éléphant d’Afrique. Quelque part, sur la mer ver­doyante, hou­leuse, de ce qui por­tait alors le nom de ter­ri­toire du Tchad, sous les étoiles qui semblent tou­jours briller avec plus d’éclat lorsque la voix d’un homme par­vient à s’élever plus haut que sa soli­tude, il me dit : « Les chiens, ce n’est plus suf­fi­sant. Les gens ne se sont jamais sen­tis plus per­dus, plus soli­taires qu’aujourd’hui, il leur faut de la com­pa­gnie, une ami­tié plus puis­sante, plus sûre que toutes celles que nous avons connues. Quelque chose qui puisse réel­le­ment tenir le coup. Les chiens, ce n’est plus assez. Ce qu’il nous faut, ce sont les élé­phants ». Et qui sait ? Il nous fau­dra peut-être cher­cher un com­pa­gnon­nage infi­ni­ment plus impor­tant, plus puis­sant encore…

Je devine presque une lueur iro­nique dans vos yeux à la lec­ture de ma lettre. Et sans doute dres­sez-vous les oreilles par méfiance pro­fonde envers toute rumeur qui vient de l’homme. Vous a‑t-on jamais dit que votre oreille a presque exac­te­ment la forme du conti­nent afri­cain ? Votre masse grise sem­blable à un roc pos­sède jusqu’à la cou­leur et l’aspect de la terre, notre mère. Vos cils ont quelque chose d’inconnu qui fait presque pen­ser à ceux d’une fillette, tan­dis que votre pos­té­rieur res­semble à celui d’un chiot mons­trueux. Au cours de mil­liers d’années, on vous a chas­sé pour votre viande et votre ivoire, mais c’est l’homme civi­li­sé qui a eu l’idée de vous tuer pour son plai­sir et faire de vous un tro­phée. Tout ce qu’il y a en nous d’effroi, de frus­tra­tion, de fai­blesse et d’incertitude semble trou­ver quelque récon­fort névro­tique à tuer la plus puis­sante de toutes les créa­tures ter­restres. Cet acte gra­tuit nous pro­cure ce genre d’assurance « virile » qui jette une lumière étrange sur la nature de notre virilité.

Il y a des gens qui, bien sûr, affirment que vous ne ser­vez à rien, que vous rui­nez les récoltes dans un pays où sévit la famine, que l’humanité a déjà assez de pro­blèmes de sur­vie dont elle doit s’occuper sans aller encore se char­ger de celui des élé­phants. En fait, ils sou­tiennent que vous êtes un luxe que nous ne pou­vons plus nous permettre.

C’est exac­te­ment le genre d’arguments qu’utilisent les régimes tota­li­taires, de Sta­line à Mao, en pas­sant par Hit­ler, pour démon­trer qu’une socié­té vrai­ment ration­nelle ne peut se per­mettre le luxe de la liber­té indi­vi­duelle. Les droits de l’homme sont, eux aus­si, des espèces d’éléphants. Le droit d’être d’un avis contraire, de pen­ser libre­ment, le droit de résis­ter au pou­voir et de le contes­ter, ce sont là des valeurs qu’on peut très faci­le­ment jugu­ler et répri­mer au nom du ren­de­ment, de l’efficacité, des « inté­rêts supé­rieurs » et du ratio­na­lisme intégral.

[Loi sur le ren­sei­gne­ment, état d’ur­gence (des « res­tric­tions de liber­té » pour mieux « défendre nos liber­tés »), etc., en 2016, en France, et ailleurs, ce texte pos­sède encore tout son sens, NdE]

Dans un camp de concen­tra­tion en Alle­magne, au cours de la der­nière guerre mon­diale, vous avez joués, mon­sieur et cher élé­phant, un rôle de sau­ve­teur. Bou­clés der­rière les bar­be­lés, mes amis pen­saient aux trou­peaux d’éléphants qui par­cou­raient avec un bruit de ton­nerre les plaines sans fin de l’Afrique et l’image de cette liber­té vivante et irré­sis­tible aida ces concen­tra­tion­naires à sur­vivre. Si le monde ne peut plus s’offrir le luxe de cette beau­té natu­relle, c’est qu’il ne tar­de­ra pas à suc­com­ber à sa propre lai­deur et qu’elle le détrui­ra… Pour moi, je sens pro­fon­dé­ment que le sort de l’homme, et sa digni­té, sont en jeu chaque fois que nos splen­deurs natu­relles, océans, forêts ou élé­phants, sont mena­cées de destruction.

Demeu­rer humain semble par­fois une tache presque acca­blante ; et pour­tant, il nous faut prendre sur nos épaules an cours de notre marche érein­tante vers l’inconnu un poids sup­plé­men­taire : celui des élé­phants. Il n’est pas dou­teux qu’au nom d’un ratio­na­lisme abso­lu il fau­drait vous détruire, afin de nous per­mettre d’occuper toute la place sur cette pla­nète sur­peu­plée. Il n’est pas dou­teux non plus que votre dis­pa­ri­tion signi­fie­ra le com­men­ce­ment d’un monde entiè­re­ment fait pour l’homme. Mais lais­sez-moi vous dire ceci, mon vieil ami : dans un monde entiè­re­ment fait pour l’homme, il se pour­rait bien qu’il n’y eût pas non plus place pour l’homme. Tout ce qui res­te­ra de nous, ce seront des robots. Nous ne réus­si­rons jamais à faire de nous entiè­re­ment notre propre œuvre. Nous sommes condam­nés pour tou­jours à dépendre d’un mys­tère que ni la logique ni l’imagination ne peuvent péné­trer et votre pré­sence par­mi nous évoque une puis­sance créa­trice dont on ne peut rendre compte en des termes scien­ti­fiques ou ration­nels, mais seule­ment en termes où entrent teneur, espoir et nos­tal­gie. Vous êtes notre der­nière innocence.

Je ne sais que trop bien qu’en pre­nant votre par­ti mais n’est-ce pas tout sim­ple­ment le mien ? je serai imman­qua­ble­ment qua­li­fié de conser­va­teur, voire de réac­tion­naire, « monstre » appar­te­nant à une autre évoque pré­his­to­rique : celle du libé­ra­lisme. J’accepte volon­tiers cette éti­quette en un temps où le nou­veau maître à pen­ser de la jeu­nesse fran­çaise, le phi­lo­sophe Michel Fou­cault, annonce que ce n’est pas seule­ment Dieu qui est mort dis­pa­ru à jamais, mais l’Homme lui-même, l’Homme et l’Humanisme.

C’est ain­si, mon­sieur et cher élé­phant, que nous nous trou­vons, vous et moi, sur le même bateau, pous­sé vers l’oubli par le même vent puis­sant du ratio­na­lisme abso­lu. Dans une socié­té, vrai­ment maté­ria­liste et réa­liste, poètes, écri­vains, artistes, rêveurs et élé­phants ne sont plus que des gêneurs. Je me sou­viens d’une vieille mélo­pée que chan­taient des piro­guiers du fleuve Cha­ri en Afrique centrale.

Nous tue­rons le grand éléphant
Nous man­ge­rons le grand éléphant
Nous entre­rons dans son ventre
Man­ge­rons son cœur et son foie…
(..) Croyez-moi votre ami bien dévoué.

Romain Gary

Le figa­ro Lit­té­raire, Mars 1968.

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  1. Si vous ne devez lire ou relire qu’un seul auteur que vous soyez jeune ou vieux, homme ou femme, lec­teur occa­sion­nel ou assidu.…..choisissez Romain Gary et vous aurez La Solution.

  2. Cette lettre est une pure merveille..qui fait écho en moi à un autre auteur fran­çais : Jean Coc­teau et son film la Belle et la Bête. À la fin, la Bête dit à la Belle : Mais les pauvres Bêtes, qui veulent prou­ver leur amour, ne savent que se cou­cher par terre et mourir…

    Qu’est que l’être humain a à offrir à cette créa­tion par­faite ? sinon un égo déme­su­ré qui n’a pas sa place, l’a-t’elle déjà eu.….…?

  3. Gary, le vision­naire, nous rap­pelle qu’on ne peut pas dire qu’on ne savait pas…texte écrit en 1968 et plus que jamais d’actualité !

  4. Tel­le­ment tou­chante cette lettre .Elle me fait pleu­rer car bien reelle.Le monde a pris une mau­vaise direc­tion sans le res­pect envers les ani­maux nous ne pro­gres­sons pas.Je par­tage cette belle lettre sur FB Merci.

  5. Quelle lettre mer­veilleuse et oh com­bien tou­jours d’ac­tua­li­té … Merci
    L’hu­main fini­ra-t-il par se réveiller et pro­té­ger enfin cette Nature magni­fique dont il fait par­tie (qu’il le veuille ou non) -

  6. Moi aus­si j’aime éper­du­ment les élé­phants et je suis hor­ri­fiée par tant de mas­sacres et heu­reuse de décou­vrir ceux qui en prennent soins en Afrique ou en Thaï­lande car il y en a heu­reu­se­ment qui sou­haitent les pré­ser­ver et pré­ser­ver la nature. Magni­fique lettre une ode aux élé­phants pré­texte pour ana­ly­ser la socié­té de 1968
    Mer­ci Mon­sieur Romain Gary pour cette très belle lettre

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