Jean-Claude Nouët enseigne à la Faculté de médecine de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Médecin spécialisé en histologie, embryologie et cytogénétique, il est également membre du comité consultatif de la santé et de la protection animales et président de la « Fondation Ethique et sciences ». Ardent défenseur des animaux, il se bat depuis des années pour que le statut de l’animal ne soit plus celui d’un objet à la disposition des hommes. En tant que président de la Ligue Française des Droits de l’Animal, il dénonce l’exploitation des animaux par les zoos au nom d’une prétendue sauvegarde de la nature. Il est convaincu que la préservation des espèces ne peut passer que par l’indispensable préservation des espaces naturels.
Jean-Claude Nouët nous a fait l’honneur de préfacer la traduction du livre Thought to Exist in the Wild de Derrick Jensen, que nous venons de publier sous le titre ZOOS : Le cauchemar de la vie en captivité, et que vous pouvez vous procurer à l’adresse suivante : http://editionslibre.org/produit/zoos-le-cauchemar-de-la-vie-en-captivite-derrick-jensen/
L’entretien qui suit est tiré d’une publication du magazine Sciences et Nature.
Sciences et Nature : Professeur, quelle est votre conception de la protection des espèces animales ?
Jean-Claude Nouët : Je n’aime pas le terme de « protection », qui implique la supériorité du « protecteur ». On protège ce qui est au-dessous. Je préfère la « défense » des animaux à la « protection » des animaux, et je préfère la « préservation de la nature » à la « protection » ou à la « conservation de la nature ». L’homme n’a pas à conserver la nature, il a à préserver son avenir. La défense humanitaire des animaux, celle à quoi se consacrent les sociétés zoophiles, considère généralement l’animal en tant qu’individu. De son côté, la préservation de la nature va considérer les animaux au niveau des espèces. De sorte qu’envisager une préservation des animaux en voie de disparition, ce n’est pas collectionner quelques individus, c’est nécessairement préserver l’espèce. Or, l’espèce ne peut plus être définie sur des critères d’anatomie, de physiologie, de reproduction, cette approche est dépassée. L’espèce animale doit être envisagée en tant que population, qui a d’étroits rapports avec le milieu naturel, dans lequel elle exprime son comportement. Autrement dit, s’intéresser à la préservation des espèces menacées de disparaître doit nécessairement se faire non pas dans la seule optique d’une zoologie anachronique, mais dans l’optique de l’éthologie, de l’écologie et de la génétique.
Cette définition scientifique de la « défense » animale implique-t-elle que seuls les spécialistes peuvent s’en prévaloir ?
Pas forcément. Mais la préservation des espèces nécessite de solides connaissances dans ces disciplines, et la discussion à son sujet se situe sur un terrain scientifique. Et c’est bien le drame des parcs zoologiques, en France du moins en aucun cas, leurs pratiques, leurs conceptions, leurs aménagements, ne peuvent résister à la critique scientifique. Pire que cela, les responsables de ces établissements n’ont jamais reçu la formation scientifique de haut niveau qui serait tout à fait indispensable.
C’est un réquisitoire contre les zoos. Ne contribuent-ils pas pourtant à sensibiliser les gens à la notion de protection animale ?
Artificiellement, et de façon totalement Illusoire. Exhiber l’animal captif contredit la notion d’être vivant doté d’une pensée, d’une sensibilité, d’une liberté, d’une spécificité. Les zoos faussent la perception de l’enfant, et cautionnent chez lui l’image de l’animal objet, ce qui va totalement à l’encontre de la notion de respect de la nature, et de respect de la vie sous toutes ses formes, notion qui est par ailleurs explicitement mentionnée dans les programmes de l’enseignement public.

Un enfant qui découvre une girafe ou un éléphant éprouve une émotion réelle face à la beauté et à l’exotisme de ces animaux ; cela n’est-il pas également éducatif ?
C’est précisément l’argument des zoos pour justifier de collectionner un maximum d’espèces différentes, quitte à se procurer des espèces rares et à les faire capturer dans la nature. Mais ce que l’enfant observe dans un zoo lui donne une idée fausse de la nature. Les espèces y sont entassées, les animaux d’Asie sont à côté des animaux d’Afrique, ceux du Pôle Sud sont les voisins de ceux du Pôle Nord, et les espèces tropicales sont mélangées aux espèces des pays froids. L’enfant en retire l’impression d’un salmigondis désordonné, qui est la négation de la zoologie. Si l’on parle d’éducation, il faut préférer les documents filmés, qui montrent la vie telle qu’elle est. Ce que l’enfant observe chez l’animal détenu dans ces parcs (que je finis par appeler « zooillogiques ») est complètement différent de ce que montre l’animal libre, car on lui donne à observer des comportements pathologiques, dus à la détention. L’éléphant qui se dandine en balançant inlassablement la trompe, l’ours qui fait le beau pour quémander des cacahuètes, le fauve qui sans arrêt fait des allers-retours dans sa cage, et tout ce que l’on peut voir encore de ce genre dans n’importe quel zoo démontre que les animaux y ont des comportements anormaux, provoqués par la captivité. Et comment pourrait il en être autrement, puisque le comportement normal d’un animal résulte de l’adéquation du patrimoine génétique de l’espèce à l’environnement ? Cette adéquation n’est évidemment, et par définition, jamais obtenue en captivité, même si l’animal est né captif, car son patrimoine génétique ne peut pas s’exprimer par les comportements qu’il aurait en liberté. Les animaux sauvages, dont l’espèce s’est différenciée dans un certain biotope, ne sont pas faits pour vivre en captivité. Pourquoi leur imposer un enfermement à vie, comme s’ils devaient subir une condamnation pénale ? Pour distraire nos enfants ? Mais l’homme a‑t-il le droit de faire n’importe quoi ? Quand le sens du mot « sauvage » a perdu sa noblesse, la liberté n’est qu’un leurre, même sans barreaux. L’envers du décor des parcs zoologiques et des réserves animalières, c’est la maladie de leurs infortunés pensionnaires, souffrant de diarrhées, de pneumonies, de maladies de peau. Les guépards sont souvent frappés de paralysie du train postérieur, les otaries deviennent aveugles, les lions meurent de néphrite, les singes et les ours sombrent dans la folie.
Condamnez-vous aussi les réserves, qui donnent aux animaux une semi-liberté ?
Ces réserves, ou plutôt ces réservoirs, ont été lancées il y a une vingtaine d’années, par des propriétaires terriens en mal de ressources financières. Conçues, en principe, pour donner plus de place aux animaux, elles ont en réalité pour effet d’éviter au visiteur l’oppression du spectacle de l’enfermement. Mais un enclos reste un enclos, et la superficie qui est offerte aux animaux n’a rien à voir avec les espaces pour lesquels ils sont faits. D’ailleurs, les cages existent, dans les coulisses. Et ce mode de présentation n’a en rien amélioré la pathologie des animaux.
Mais les vétérinaires n’y jouent-ils pas aussi un rôle important ?
Si un vétérinaire est attaché au parc zoologique, c’est bien la preuve que les animaux y sont malades. Son rôle est d’ailleurs très ambigu. Il est conduit à soigner des animaux que la captivité elle-même rend malades, ou fous, ou des animaux qui seraient impitoyablement éliminés dans leur milieu naturel, pour le plus grand bien de l’espèce. À ce sujet, je me rappelle avoir communiqué, lors d’une réunion internationale sur l’environnement en 1976, le résultat d’une étude comparative entre la pathologie chez l’homme en milieu carcéral (l’étude avait été faite à la prison de Fresnes) et la pathologie chez es lémuriens détenus au centre d’élevage de Jean Jacques Petter. Les résultats sont saisissants. On trouve exactement les mêmes maladies, qui atteignent les mêmes proportions d’individus, et avec le même ordre de fréquences : maladies digestives, maladies cutanées, maladies respiratoires et cardiovasculaires, troubles du comportement. Cette étude est très significative de la responsabilité directe de la captivité et de l’état de stress permanent qu’elle entraîne.

Les parcs opéreraient par conséquent une véritable contre-sélection ?
Tout à fait. Et pour deux raisons. La première est que tout y est fait pour que continuent de vivre des animaux qui, normalement, ne devraient pas survivre, même s’ils sont porteurs d’anomalies ou de malformations. La seconde est que dans les espaces artificiels et confinés des zoos, quels qu’ils soient, il n’existe plus aucune compétition sélective, ni alimentaire, ni sexuelle, ni territoriale, il n’existe plus rien de tous ces affrontements qui, dans la nature, contribuent à la sélection des individus, à la survie des meilleurs, donc au maintien des caractères de l’espèce.
Préserver les espèces est pourtant l’argument majeur des zoos ?
C’est un argument qui a été lancé il y a une dizaine d’années, devant l’échec des justifications récréatives et éducatives, d’ailleurs en même temps que les chasseurs se réclamaient du monopole de la protection de la nature. Dans cet alibi scientifique s’est engouffrée la majorité des directeurs de zoos, qui n’avaient aucune notion de ce que cela représente en réalité, et dont aucun n’avait reçu la moindre formation en ce domaine. Or, prétendre à un rôle scientifique de cette complexité ne peut être reconnu à qui n’en est pas capable. À chacun son métier. Le métier des directeurs de zoos est de gérer honorablement un commerce qui consiste à détenir des animaux dans des conditions convenables de confort, d’hygiène et d’alimentation. La génétique formelle, la génétique des populations, l’éthologie, l’écologie ne s’inventent pas. Ce sont des sciences de haut niveau, qui s’apprennent d’abord et se pratiquent ensuite sur le terrain pendant de longues années.
Mais les directeurs de zoos ne veillent-ils pas à la génétique, puisqu’ils procèdent régulièrement à des échanges entre zoos ?
Oui, ils font de ces échanges pour « mélanger les sangs », selon leurs propres termes, conception hautement scientifique de la génétique, comme on peut le voir ! Puisque nous parlons génétique, précisément, facteur essentiel de la préservation des espèces, il faut expliquer pourquoi les zoos ne peuvent jouer aucun rôle dans ce domaine, bien au contraire. Animal objet, animal spectacle, animal martyr, tous animaux exploités, au nom d’un prétendu amour de la nature. Dans la nature, c’est-à-dire dans des populations animales à grand effectif, il se produit, d’une part, une compétition entre les individus, qui favorise ceux qui sont porteurs des meilleurs gènes et, d’autre part, un vaste brassage de la totalité des gènes, appelé panmixie, régi par le seul hasard : la conjonction des deux maintient la fixité génétique caractérisant l’espèce, à de petites variations près variations que l’on pourrait comparer à des vaguelettes à la surface de l’eau et grâce auxquelles les animaux de la même espèce sont tout à la fois identiques et différents.
Au contraire, dans une population à effectif réduit, le choix des partenaires est limité, voire nul ; le brassage des gènes est réduit, et se fait en circuit fermé : on l’appelle endomixie. Eh bien, l’endomixie ne peut pas maintenir la constance génétique. Les variations ne sont plus amorties par un brassage général, et elles s’amplifient, de sorte que des caractères se multiplient alors que d’autres disparaissent. L’espèce perd sa fixité, elle se modifie sous l’effet d’une dérive génétique inéluctable. Réduire le nombre des individus, c’est hâter la transformation du patrimoine génétique de l’espèce. Or, force est de constater que les zoos réalisent les conditions idéales d’une endomixie, c’est-à-dire d’une dérive génétique aboutissant, nécessairement et à très court terme, à une véritable modification de l’espèce. Je dénie donc aux zoos le droit de se réclamer de la préservation des espèces.

L’argument de la préservation des espèces pourrait-il se justifier par la réintroduction des animaux dans la nature ?
Bien évidemment, oui, puisque c’est dans ce seul objectif que les espèces doivent être préservées. Ce n’est pas, je l’espère, pour les conserver en captivité. Mais on a compris qu’on ne peut espérer préserver l’espèce seulement parce qu’on a sauvegardé quelques individus. Il faut que l’effectif des animaux soit suffisant pour qu’ils conservent leurs comportements compétitifs. Il faut surtout préserver les territoires naturels, puisque c’est là seulement que l’espèce peut s’épanouir dans toutes ses potentialités. Mais il ne faut se faire aucune illusion. La réintroduction dans la nature est une affaire extrêmement complexe, et ceux qui l’ont tentée ont essuyé beaucoup d’échecs. Les animaux ne sont pas des objets. Chez d’innombrables espèces, bien des comportements résultent d’apprentissages, acquis auprès de leurs parents ou de leurs semblables. Jamais l’homme ne pourra être l’éducateur d’un animal sauvage, et particulièrement de celui qui doit rechercher son alimentation, ou qui doit chasser et tuer pour se nourrir. Rappelons-nous l’imbécillité commise il y a quelques années, qui a fait relâcher en Afrique, dans la nature, plusieurs dizaines de jeunes lions nés en captivité, élevés aux cadavres de poules et incapables de survivre seuls ! Tous sont morts de faim, ou ont été tués parce qu’ils venaient dans les villages pour y chercher de quoi manger ! Ajoutons à cela l’obstacle insurmontable que constitueront les modifications génétiques provoquées par les endomixies, et qui empêcheront totalement l’intégration de tels animaux dans une population intacte.
Vous parlez d’effectifs. Les zoos se targuent d’obtenir de nombreuses naissances…
« Nombreuses » est un terme subjectif. Je veux des chiffres. Et d’ailleurs, des naissances, même nombreuses, ne font pas une reproduction, ne confondons pas les mots. Pour avoir un sens, la reproduction d’une espèce doit aussi comprendre la croissance des nouveaux individus, jusqu’au moment où ils sont arrivés à l’âge de se reproduire. Il faut qu’au total, la natalité l’emporte sur la mortalité. Sinon, la reproduction ne veut rien dire et les naissances ne servent à rien ! Pour commencer, il faut connaître ce qu’il est advenu des nouveau nés, dont on nous parle avec attendrissement. On ne sait pas assez que leur survie est très aléatoire, soit parce qu’ils sont rejetés ou même tués par la mère, ou simplement parce qu’ils succombent à une maladie. Pour quelques espèces qui se reproduisent aisément en captivité, par exemple lion, loup, babouin, il en est des centaines qui y périclitent, et qui justement font partie de celles qui sont menacées.
Il existe pourtant des espèces qui ont été réintroduites, et avec succès, semble-t-il ?
Les seules espèces réintroduites sont au nombre de cinq : le bison d’Europe, l’oryx d’Arabie, l’oie des îles Hawaï, le cheval de Przewalski et le cerf du père David, toutes des espèces herbivores ! Point final. Ce qui n’est pas assez connu, c’est que ces espèces ont été sauvées non pas dans des zoos, mais dans des élevages scientifiques, spécialement conçus, disposant de vastes espaces, gérés par des spécialistes, et tenus à l’écart du public. Rien à voir, donc, avec des zoos, ne mélangeons pas les genres. L’expérience de réintroduction du vautour fauve, menée actuellement en France, n’est pas encore assurée du succès définitif : les oiseaux sont forcément nourris de cadavres apportés par l’homme, puisqu’ils ne trouvent plus de cadavres « naturels ». Mais au moins cette réintroduction a montré, elle aussi, que pour sauver une espèce, il faut la remettre dans son milieu. On a donc, pour commencer, arraché quelques pauvres vautours à des zoos, où ils étaient en train de mourir à petit feu, incapables de se reproduire, car devenus parfaitement stériles.

Alors, faut-il laisser la nature évoluer toute seule sans essayer d’enrayer le processus de disparition des espèces ?
Sous nos yeux, la nature n’évolue pas, c’est nous qui la dégradons, et à grande vitesse. Notre devoir est d’arrêter nos agissements et de les rectifier, s’il en est encore temps. Notamment à propos des espèces animales. Pour quoi faire ? Certainement pas pour « transmettre un patrimoine naturel à nos enfants » ! Cette idée de « patrimoine naturel » est extrêmement choquante. La nature et les animaux ne sont pas la propriété de l’homme. Nous ne sommes que colocataires de la Terre, exactement au même titre que toutes les autres espèces vivantes de la planète. Nous avons le devoir de respecter les autres espèces, et rien ne nous autorise à les « transmettre » à nos enfants, comme nous le ferions d’une quelconque collection de timbres ! Pourquoi empêcher la disparition des espèces ? Parce qu’elles occupent la Terre comme nous, parce que la disparition des espèces, et même d’une seule espèce, compromet l’équilibre biologique général et l’existence même de la vie, basés sur la diversité des espèces et leur complémentarité. Parce que les espèces existantes ne sont que les intermédiaires entre les espèces passées et celles qui sont à venir, et que faire disparaître brutalement l’une de ces espèces, comme l’homme se le permet actuellement, c’est intervenir de façon grave dans l’évolution future de la vie. C’est, à mes yeux, et je ne suis le seul de cet avis, commettre le crime majeur et insensé de lèse évolution.
Seules cinq espèces en voie d’extinction ont été sauvées à ce jour, non pas dans des zoos, mais dans de vastes espaces, sous contrôle scientifique. Il s’agit du cheval de Przewalski, du cerf du père David ainsi que de l’oie d’Hawaï, de l’oryx d’Arabie et du bison d’Europe
Mais alors, comment préserver les espèces toujours vivantes ?
Mettons-nous d’accord sur la définition du mot espèce. Passons sur la définition individualiste, qui ne tient compte que de l’anatomie, de la physiologie. La définition pluraliste, qui ajoute la capacité de se reproduire, est tout aussi insuffisante. L’une et l’autre sont dépassées, parce qu’elles Sont des définitions statiques. Je considère l’espèce en tant qu’ensemble d’individus semblables et féconds entre eux, mais aussi interférant avec le milieu environnant. Cette définition dynamique de l’espèce comprend tout ce qui est comportemental, relations sociales, intra-spécifiques, inter-spécifiques, bref, l’ensemble des relations qui lient l’espèce au milieu dans lequel elle s’est différenciée.
Qu’implique en pratique cette nouvelle approche écologique ?
Étant donné que sont en jeu à la fois la génétique et l’environnement, il est évident que pour sauvegarder les espèces, il faut et il suffit de sauvegarder les espaces. Il faut préserver des habitats suffisants pour que jouent les compétitions et la sélection, et que puisse se dérouler le programme dicté par le patrimoine génétique de chaque espèce.

Mais des espaces de vie à préserver, il y en a de moins en moins !
Oui, et nous revenons au nœud de toutes les questions écologiques, c’est-à-dire la prédation de la planète par l’homme. Cette exploitation folle est la cause de tous les problèmes, pollution de l’eau, pollution de l’air, déforestation, effet de serre, raréfaction de l’ozone protecteur, et disparition des espèces animales, dont nous massacrons des populations entières et dont nous grignotons peu à peu les territoires, jusqu’à leur rendre la vie impossible. Pourtant, il reste encore aujourd’hui assez de superficies pour que chaque espèce puisse jouir en paix de sa liberté dans son territoire. Mais les limites ultimes sont atteintes ; nous courons aux catastrophes en allant plus loin.
Peut-on garder raisonnablement l’espoir d’un changement d’attitude ?
Pour offrir le maximum de chances à la préservation des espèces, ce n’est pas aux zoos qu’il faut penser, car tout y est réuni pour son échec. C’est, avant tout, à la préservation absolue et sévèrement respectée des espaces naturels. C’est, accessoirement, à la mise en œuvre, soit sur place, soit dans un environnement identique, d’établissements scientifiques, interdits au public, disposant d’espaces étendus autant qu’il est nécessaire, pour se rapprocher au plus près des conditions naturelles. Ce sont les seules solutions valables.

Pour aller plus loin :

Merci pour cette fascinante interview.
N’oublions pas le fait que les zoos tuent régulièrement les animaux, comme le zoo danois qui a dépecé un lion devant des enfants, et une giraffe. Ailleurs, un ours, un lynx, qui d’après les dires du zoo de Copenhague, présentaient un « risque de consanguinité pour les futures générations », pour les préserver lorsqu’ils seraient « réintroduites » dans la nature, sans aucune information au sujet de cette « réintroduction ».
Plus de 1700 animaux sont euthanasiés chaque année dans les zoos d’Europe.