Si vous allez à San Francisco, vous y verrez des seringues et de la merde (par Nicolas Casaux)

La ville de San Fran­cis­co est régu­liè­re­ment pro­mue dans les médias de masse comme un modèle de ges­tion éco­lo­gique des déchets pour son taux de recy­clage de 80%. En France, le film docu­men­taire Demain, réa­li­sé par Méla­nie Laurent et Cyril Dion, a beau­coup par­ti­ci­pé à la dif­fu­sion de cette idée. Par­tout où il passe, Cyril Dion bran­dit le cas de San Fran­cis­co comme une preuve de ce qu’il est pos­sible de rendre une ville éco­lo-durable (« L’exemple le plus impres­sion­nant, que nous pré­sen­tons dans le film, est celui de la ville de San Fran­cis­co qui recycle 80 % de ses déchets »). Si seulement.

Affir­mer que San Fran­cis­co est un modèle de ville durable est une sacrée per­for­mance. Ou peut-être est-ce au contraire d’une sim­pli­ci­té confon­dante : il suf­fit de répé­ter cette affir­ma­tion sans l’étudier, sans aucun esprit cri­tique. En creu­sant un peu, on réa­lise rapi­de­ment qu’elle se base sur un cer­tain nombre d’absurdités. À com­men­cer par le fait que le taux de 80% est une arnaque comp­table[1]. La ville comp­ta­bi­lise en effet dans son cal­cul du taux de déchets recy­clés, entre autres bizar­re­ries, les déchets du bâti­ment et des tra­vaux publics. Ce qu’aucune ville ne fait[2]. Sans ce tour de passe-passe, le taux de recy­clage de la ville serait plu­tôt de l’ordre de 60%. Au pas­sage, on note­ra que Reco­lo­gy, l’en­tre­prise char­gée de la ges­tion des déchets de la ville, a été condam­née à payer 1,3 mil­lion de dol­lars en 2014 pour des pra­tiques frau­du­leuses. Mais cette arnaque comp­table n’est rien au regard de ce qui suit.

La ville de San Fran­cis­co (870 000 habi­tants) pro­duit chaque année tou­jours plus de déchets, en 2013 elle en a pro­duit plus de 2 mil­lions de tonnes, quand la com­mu­nau­té urbaine Mar­seille Pro­vence Métro­pole (plus d’un mil­lion d’habitants) n’en pro­dui­sait que 653 226 tonnes. Un modèle. La ville de San Fran­cis­co génère chaque jour envi­ron 1 200 tonnes[3] de déchets non recy­clables et non com­pos­tables qui sont enfouies sous terre. Un modèle.

En outre, ce qu’ils (les gou­ver­ne­ments, les entre­prises et les médias de masse) qua­li­fient de recy­clage n’a rien d’écologique. Le trai­te­ment des déchets se fait tou­jours loin hors de la ville, dans des usines éner­gi­vores (sauf pour le bois/papier qu’ils brûlent en usine de bio­masse, une autre catas­trophe éco­lo­gique). Dans le film Demain, on ne voit que la part des déchets qui est com­pos­tée, et c’est tout. Sachant que les déchets com­pos­tés consti­tuent la part la moins impor­tante des déchets col­lec­tés dans la ville. Ce qu’ils n’expliquent pas dans le docu­men­taire, c’est qu’une grande par­tie des déchets (métaux, plas­tiques, etc.), uni­que­ment triée, est expor­tée et dis­sé­mi­née à tra­vers le globe, jusqu’en Chine, aux Phi­lip­pines et au Viet­nam — d’ailleurs, depuis que la Chine a res­treint ses impor­ta­tions de déchets en 2017, Reco­lo­gy se retrouve face à un pro­blème rela­ti­ve­ment gênant, celui de trou­ver com­ment écou­ler les tonnes d’or­dures qu’elle expé­diait habi­tuel­le­ment vers l’empire du Milieu. C’est-à-dire que ces déchets pro­duits par les San-Fran­cis­cains sont com­pres­sés en balles en usine puis expé­diés à l’autre bout du monde pour être recy­clés — sachant que le recy­clage n’est pas une véri­table solu­tion, d’a­bord parce que le recy­clage infi­ni est un mythe[4], ensuite parce que le recy­clage du plas­tique est par­ti­cu­liè­re­ment inef­fi­cace[5], et enfin et sur­tout parce que le recy­clage, dans le cadre d’une socié­té indus­trielle capi­ta­liste de crois­sance, ne résout aucun des pro­blèmes fon­da­men­taux qu’elle implique (de sur­con­som­ma­tion de res­sources, y com­pris éner­gé­tiques, de pol­lu­tions en tous genres, d’étalement urbain, de crois­sance démo­gra­phique, etc., etc.).

Réca­pi­tu­lons. Ce qu’ils nous pré­sentent comme un modèle de ver­tu éco­lo­gique, de dura­bi­li­té, c’est une ville dont la pro­duc­tion de déchets par per­sonne, rela­ti­ve­ment éle­vée, ne cesse de croître, et dont la ges­tion de ces déchets consiste à en enfouir une par­tie, à en expé­dier une autre en Chine et ailleurs, et à en brû­ler une par­tie en inci­né­ra­teur ; c’est aus­si une ville qui tra­fique ses cal­culs de taux de recy­clage. Un modèle.

Mais nous ne devrions pas avoir besoin de dis­cu­ter ain­si de la soi-disant dura­bi­li­té d’une ville comme San Fran­cis­co. Comme toutes les grandes métro­poles du monde, San Fran­cis­co dépend direc­te­ment de l’ensemble des infra­struc­tures et des pra­tiques toutes plus insou­te­nables les unes que les autres de la civi­li­sa­tion indus­trielle. Il faut une sacrée dose d’ignorance his­to­rique et éco­lo­gique pour ne pas com­prendre que l’urbanisation de la baie de San Fran­cis­co a dra­ma­ti­que­ment rava­gé ce qui était jusqu’à il y a moins de 300 ans un éco­sys­tème sain (non pol­lué) et plein de vie. Où sont pas­sés les condors de Cali­for­nie, les wapi­tis, les ours, les loups et ain­si de suite, qui pul­lu­laient dans la baie ? Les consé­quences du déve­lop­pe­ment de la civi­li­sa­tion indus­trielle dans la baie de San Fran­cis­co rap­pellent les consé­quences de son déve­lop­pe­ment par­tout sur la pla­nète : exter­mi­na­tion et dis­pa­ri­tion de nom­breuses espèces vivantes, pol­lu­tion des eaux (aujourd’hui, on retrouve un peu de tout dans les eaux de San Fran­cis­co, du mer­cure, des rési­dus de médi­ca­ments en tous genres, des huiles de moteur usa­gées, des déchets plas­tiques, et ain­si de suite ; cinq des plages les plus pol­luées de Cali­for­nie se trouvent dans la baie, qui ne cesse de s’acidifier), pol­lu­tion de l’air (en ce moment, la qua­li­té de l’air dans la baie n’est pas loin d’être la pire de tous les États-Unis[6]), etc.

Leur manière de mesu­rer la qua­li­té éco­lo­gique de la ville — et d’une ville en géné­rale — est gro­tesque. Comme si on pou­vait se conten­ter de sta­tis­tiques concer­nant le « recy­clage » des déchets pro­duits par une ville pour l’es­ti­mer. Comme si on pou­vait occul­ter les nom­breux impacts envi­ron­ne­men­taux (sans par­ler des impacts sociaux), entre autres choses, de la pro­duc­tion mon­dia­li­sée des appa­reils élec­tro­niques les plus cou­ram­ment uti­li­sés par les San-Fran­cis­cains — iPods, iPads, iPhones, Google Glass… — ou de leurs voi­tures, réfri­gé­ra­teurs, télé­vi­seurs, ou de leur nour­ri­ture, ou de la construc­tion des infra­struc­tures qu’ils uti­lisent et des bâti­ments dans les­quels ils vivent, et ain­si de suite. Si toutes ces choses étaient prises en compte, on s’a­per­ce­vrait immé­dia­te­ment de l’in­sou­te­na­bi­li­té totale de la civi­li­sa­tion indus­trielle et de son mode de vie. Mais elles ne le sont pas, évi­dem­ment, pro­pa­gande oblige.

Et com­ment ne pas par­ler des inéga­li­tés sociales ? San Fran­cis­co est une des villes les plus chères des USA. La gen­tri­fi­ca­tion en cours n’a pour cesse d’épurer la ville de ses habi­tants les plus pauvres[7] :

« La ville de San Fran­cis­co connaît un pro­ces­sus de gen­tri­fi­ca­tion d’une vio­lence sans com­mune mesure avec ce que l’on peut consta­ter en France. On l’a long­temps appe­lé embour­geoi­se­ment, ou chan­ge­ment urbain dans le contexte de la recherche aca­dé­mique fran­çaise, sans pour autant y mettre les signi­fi­ca­tions que contient le terme anglo-saxon. Il faut pour­tant être clair : il est bien ques­tion ici de pro­ces­sus simi­laires dans leurs consé­quences, bien que la rapi­di­té à laquelle ils se pro­duisent dif­fère, ou que leur visi­bi­li­té ne per­mette pas de les iden­ti­fier aus­si facilement. »

Et com­ment ne pas voir toute la folie et l’inhumanité de la civi­li­sa­tion indus­trielle dans le fait que la ville ne par­vient tou­jours pas à gérer les pro­blèmes qui découlent de la pré­sence des nom­breux sans-abri, sou­vent atteints de troubles psy­chia­triques, qui errent dans ses rues, résul­tat des poli­tiques cala­mi­teuses des gou­ver­ne­ments qui se sont suc­cé­dé et symp­tôme du mal-être qui ronge la moder­ni­té ? On estime qu’ils sont 7 500 à vivre dehors sur une popu­la­tion totale de 870 000 habi­tants (presque 1% de la popu­la­tion). Très récem­ment, la nou­velle maire de San Fran­cis­co, Lon­don Breed, dans une des pre­mières inter­views[8] qu’elle a accor­dées depuis son entrée en fonc­tion, a expli­qué qu’il y avait « plus d’excréments sur les trot­toirs » que jamais, et qu’on « ne parle pas que de crottes de chiens, mais de matières fécales humaines ». Au cours des six pre­miers mois de l’année 2018, plus de 16 000 plaintes concer­nant des « excré­ments » ont été dépo­sées auprès des auto­ri­tés de la ville. La pré­sence de déchets en tous genres, y com­pris de seringues, est actuel­le­ment un véri­table pro­blème pour la muni­ci­pa­li­té. Ain­si que l’explique le San Fran­cis­co Chro­nicle dans un article[9] inti­tu­lé « Pour­quoi San Fran­cis­co fait face à un déluge de seringues » : « La ville de San Fran­cis­co dis­tri­bue plus de seringues gra­tuites aux toxi­co­manes — 400 000 par mois, un chiffre qui ne cesse de croître — que la ville de New York, dix fois plus peu­plée ». La consom­ma­tion de drogue en public est un pro­blème crois­sant dans toute la ville. Des habi­tants se plaignent, entre autres, de « devoir enjam­ber des gens qui s’injectent de l’héroïne dans les sta­tions de métro ».

Ain­si que l’a récem­ment titré[10] le Busi­ness Insi­der, « Le centre-ville de San Fran­cis­co est davan­tage jon­ché de seringues, de déchets et d’excréments que cer­tains des plus pauvres bidon­villes du monde ». Dans l’article, on apprend notam­ment que « la conta­mi­na­tion de cer­tains quar­tiers de San Fran­cis­co est pire que celle de cer­tains endroits du Bré­sil, du Kenya ou de l’Inde ». Un modèle.

Je me suis pro­me­né dans les rues de San Fran­cis­co. Je ne connais­sais pas grand-chose de l’histoire de la ville. J’ai été stu­pé­fait par le nombre de clo­chards, de toxi­co­manes et de malades men­taux qu’on y ren­contre. Par­fois au pied d’immeubles de luxe réser­vés aux super-riches, ou devant les bureaux d’Uber, de Micro­soft, ou de Twit­ter. J’ai vu les gratte-ciels, ces mani­fes­ta­tions déli­rantes de l’hubris de la socié­té indus­trielle, dont les construc­tions sont autant de désastres éco­lo­giques. Les tra­vaux inces­sants qui font de toutes les villes d’interminables chan­tiers. Les maga­sins de luxe de l’hypercapitalisme actuel. Les busi­ness­men pres­sés — de faire du pro­fit, tou­jours plus, en exploi­tant les hommes et en détrui­sant la pla­nète, tou­jours plus — qui ignorent machi­na­le­ment tous les clo­chards qu’ils croisent lors de leur jog­ging mati­nal. Je n’ai pas vu « des gens doux et gen­tils, le long des rues de San Fran­cis­co », me « par­ler de fleurs et deve­nir mes amis ». Je n’ai pas vu « de fleurs dans les che­veux » mais des oreillettes Blue­tooth et des smart­phones dans les mains. Bref, j’y ai vu la démence com­mune de la modernité.

Il n’y a rien de durable à San Fran­cis­co. Comme toutes les autres, cette ville incarne pré­ci­sé­ment l’insoutenabilité, l’iniquité et la folie qui carac­té­risent la civi­li­sa­tion indus­trielle. Ceux qui se servent de son cas pour sug­gé­rer qu’on pour­rait la rendre durable ou éco­lo­gique sont des idiots utiles du capi­ta­lisme vert, de ceux qui approuvent et encou­ragent la conti­nua­tion du désastre socioé­co­lo­gique que consti­tue la socié­té industrielle.

Nico­las Casaux

Relec­ture : Lola Bearzatto


  1. Voir ici : https://www.bloomberg.com/view/articles/2014–07-11/san-francisco-s-recycling-claims-are-garbage et ici : https://discardstudies.com/2013/12/06/san-franciscos-famous-80-waste-diversion-rate-anatomy-of-an-exemplar/
  2. https://www.bloomberg.com/view/articles/2014–07-11/san-francisco-s-recycling-claims-are-garbage
  3. http://www.sfexaminer.com/where-does-the-garbage-go/
  4. https://www.youtube.com/watch?v=i03kd_diDDk
  5. https://reporterre.net/Dechets-plastiques-le-recyclage-n-est-pas-la-solution
  6. https://www.sfgate.com/bayarea/article/Bay-Area-air-quality-worst-nation-climate-change-12842251.php
  7. http://www.laviedesidees.fr/La-gentrification-a-San-Francisco.html
  8. https://www.sacbee.com/news/state/california/article214962990.html
  9. https://www.sfchronicle.com/bayarea/matier-ross/article/Why-San-Francisco-is-stuck-with-a-deluge-of-12952111.php
  10. http://www.businessinsider.fr/us/why-is-san-francisco-so-dirty-2018–2
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  1. Bon­jour,

    Mer­ci beau­coup pour votre tra­vail sur ce blog — vous m’a­vez vrai­ment aidée à y voir plus clair, et je suis en train de chan­ger com­plè­te­ment de voie. 

    J’ai étu­dié de nom­breux sujets urbains lors de mon cur­sus uni­ver­si­taire, et je vou­lais juste sou­li­gner à quel point l’exemple de San Fran­cis­co est néfaste : même s’il est par­fois abor­dé (dans l’en­sei­gne­ment, dans les médias) avec une cer­taine cri­tique sociale (le pro­ces­sus de gen­tri­fi­ca­tion notam­ment), il est néan­moins régu­liè­re­ment cité comme un exemple  »durable » (encore une fois, dans les ensei­gne­ments qui forment les urba­nistes…). Ce qui en retour en fait un  »modèle urbain » et ins­pire des soi-disant  »éco-quar­tiers » en France.

    A Nantes par exemple, le pro­jet urbain des Gohards (un  »éco-quar­tier » donc) va notam­ment  »cou­ler sous le béton envi­ron 80 hec­tares de terres agri­coles » comme le rap­pelle jus­te­ment le site du jar­din col­lec­tif et auto­gé­ré Les Ronces (https://lesronces.noblogs.org/post/category/gohards/). Un rai­son­ne­ment absurde, qui menace des jar­dins comme celui-ci et encou­rage la gen­tri­fi­ca­tion par la même occa­sion (mais c’est par­ti­ci­pa­tif, hein).
    Pareil avec la Friche Saint-Sau­veur à Lille (http://labrique.net/index.php/thematiques/droit-a-la-ville/981-saint-sauveur-defriche) — avec en prime un taux de loge­ments vacants éle­vé dans la ville déjà construite !
    Et beau­coup d’autres…

    1. Salut, et mer­ci. Ouais, pour avoir moi aus­si évo­lué dans le milieu de l’é­co­lo­gie uni­ver­si­taire, j’ai pu consta­ter les imbé­ci­li­tés qu’on nous fai­sait pas­ser pour des écoquartiers…

  2. Il me paraît évident que prendre le film « Demain » comme point de départ ne peut mener qu’au constat que vous faites en n’en pre­nant qu’un seul exemple (celui de la ville de San Francisco)…

    pour avoir vu ce film — de et pour neu­neus occi­den­taux — ces exemples sont nom­breux et attestent effec­ti­ve­ment de l’in­cul­ture de leurs réa­li­sa­teurs que vous appe­lez à juste titre, « les idiots utiles du capi­ta­lisme vert »… et encore, pour le coup, je vous trouve bien aimable… 

    et pour­tant, j’ai la fai­blesse de croire que ses pro­ta­go­nistes par­taient d’une idée géné­reuse… mais, avec la matu­ri­té et l’ex­pé­rience, tout le monde apprend (?) que cela ne suf­fit pas pour faire une œuvre de qualité…

    de manière plus géné­rale, mais je sais que d’au­cuns me le repro­che­ront, y a‑t-il quoi que ce soit à attendre de bon des USA…? je finis vrai­ment par en dou­ter, même si existent ici-et-là p‑ê quelques raris­simes exceptions…

  3. Le film Demain n’est qu’une super­che­rie du déve­lop­pe­ment durable. Il n’ y a aucune cri­tique radi­cale de la socié­té industrielle.

    Il est abso­lu­ment éton­nant que l’on ne com­prenne pas qu’une socié­té capi­ta­liste a besoin d’une crois­sance expo­nen­tielle pour per­du­rer. Et qui dit crois­sance, dit besoin de plus d’énergie.

    Il n’ y a aucune échap­pa­toire tant que nous ne sor­ti­rons pas de ce système.

    1. Le pro­blème ne se situe pas au niveau de l’éner­gie. La pla­nète en regorge… qui n’est pas (encore, ou mal) exploitée…

      quand j’é­tais sur les bancs d’é­cole, j’ap­pre­nais que le monde était peu­plé de 3 mil­liards d’in­di­vi­dus, ce qui aux yeux de l’en­fant que j’é­tais, me parais­sait inimaginable…
      nous sommes aujourd’­hui à env. 7,350 mil­liards… et les pré­vi­sions nous annoncent 9 mil­liards pour bien­tôt, soit 3 fois le chiffre appris à l’é­cole, en l’es­pace de qqs décen­nies… on fait com­ment pour nour­rir et édu­quer tout ce monde sans éner­gie… à moins que celle-ci ne soit réser­vée qu’à cer­tains et pas à d’autres…?

      mon com­men­taire ne se veut pas non plus une cri­tique (facile) d’une sur­po­pu­la­tion mon­diale qui serait la cause de tous nos maux… mais, à tra­vers tous ces débats éco­lo­giques et autres, la ques­tion de fond me semble être l’é­qui­té dans la dis­tri­bu­tion et le par­tage (du mm nom que ce site, d’ailleurs…) des res­sources de cette pla­nète fabu­leuse qui tourne depuis qq 4 mil­liards d’an­nées et conti­nue­ra sa course, avec ou sans nous…

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