Pour mieux com­prendre ce billet, il est conseillé de com­men­cer par lire, au préa­lable, celui-ci et celui-là.


HAÏE PAR DES IMBÉCILES, ENCENSÉE PAR DES IDIOTS : LE CHEMIN DE CROIX DE GRETA

« Gre­ta, je t’aime » ! « Mer­ci Gre­ta » ! « Quel cou­rage » ! « Elle a du cran » !

Gre­ta Thun­berg, jeune fille sin­cère, et sans doute trop naïve, fait ce qu’elle peut — et ce qu’on attend d’elle – dans les cir­cons­tances qui sont les siennes. Para­doxa­le­ment, elle m’est sym­pa­thique.

Mais il y a quelque chose d’incroyablement indé­cent — et/ou stu­pide — dans le culte qu’une par­tie de la popu­la­tion lui voue. Une jeune fille blanche, issue de la bour­geoi­sie d’un pays par­mi les plus riches du monde, choi­sie non pas par hasard, mais en rai­son de qui elle est (des membres de sa famille, de leurs rela­tions, etc.), sou­te­nue, depuis les pré­misses de son épo­pée média­tique, par diverses per­son­na­li­tés ou orga­ni­sa­tions, riches, influentes ou puis­santes, ferait ain­si preuve d’un mérite et d’un cou­rage hors du com­mun en s’exprimant, après y avoir été invi­tée, au forum de Davos ou à l’ONU ?

On estime que, dans le monde, jusqu’à 1 mil­liard d’enfants de 2 à 17 ans ont subi des vio­lences phy­siques, sexuelles, émo­tion­nelles ou des négli­gences au cours de l’année écou­lée. Ont-ils du cou­rage ? Pour­quoi aucune cou­ver­ture média­tique, ou si peu, et autant pour Gre­ta ? Des mil­liers d’enfants, en Afrique et ailleurs, sont réduits en escla­vage dans des mines et d’autres camps de tra­vail pour le compte du tech­no­ca­pi­ta­lisme mon­dia­li­sé et de ses classes pri­vi­lé­giées. Ont-ils du mérite ?

Il y a une rai­son pour laquelle Gre­ta Thun­berg — et non pas quelque jeune Pales­ti­nienne for­gée à l’an­ti-impé­ria­lisme, quelque jeune révo­lu­tion­naire zapa­tiste, quelque jeune anar­chiste grecque d’Exar­cheia, ou quelque jeune mili­tant du Mou­ve­ment pour l’é­man­ci­pa­tion du del­ta du Niger — a été choi­sie afin de deve­nir une icône pour la jeu­nesse. Tous ces jeunes auraient pour­tant été en mesure, eux aus­si, de nous par­ler, non seule­ment, du dérè­gle­ment cli­ma­tique, mais en outre, et à la dif­fé­rence de Gre­ta Thun­berg, de nous rap­por­ter bien plus de « véri­tés » sur le monde dans lequel nous vivons.

Car j’ai lu plu­sieurs fois que si Gre­ta était si extra­or­di­naire, c’était parce qu’elle disait « la véri­té » (aux élites de la civi­li­sa­tion indus­trielle, aux médias de masse, au monde entier). La véri­té ? Gre­ta parle du désastre éco­lo­gique en cours. Oui. Mais elle pro­meut aus­si les soi-disant solu­tions éla­bo­rées par ces élites et pour la pré­ser­va­tion de la civi­li­sa­tion tech­no-indus­trielle capi­ta­liste — elle ne cesse de glo­ri­fier « la science », d’insister sur l’importance de res­pec­ter l’accord de Paris, de mettre en place les « solu­tions » pré­co­ni­sées par le GIEC (qui n’a rien d’un groupe anti­ca­pi­ta­liste, ou anti-indus­triel). Ain­si qu’elle l’explique :

« Il faut que nous nous conten­tions de trans­mettre ce mes­sage, sans for­mu­ler de demandes, sans for­mu­ler aucune demande. Nous n’avons pas l’éducation qu’il faut pour nous per­mettre de for­mu­ler des demandes, il faut lais­ser cela aux scien­ti­fiques. Nous devrions sim­ple­ment nous concen­trer sur le fait de par­ler au nom des scien­ti­fiques, dire aux gens qu’il faut les écou­ter eux. Et c’est ce que j’essaie de faire. Ne pas avoir d’opinions vous-mêmes, mais tou­jours vous réfé­rer à la science. »

C’est pour­quoi elle ajoute :

« Per­son­nel­le­ment je suis contre le nucléaire, mais selon le GIEC, il peut consti­tuer une petite par­tie d’une grande solu­tion éner­gé­tique décar­bo­née, par­ti­cu­liè­re­ment dans les pays et les régions qui ne dis­posent pas de pos­si­bi­li­tés pour déve­lop­per mas­si­ve­ment les éner­gies renou­ve­lables […]. »

Cela étant, je n’ai jamais enten­du Gre­ta dénon­cer les mul­tiples formes de vio­lence sys­té­mique, la coer­ci­tion, la ser­vi­tude, la dépos­ses­sion, l’aliénation, l’ethnocide, le mili­ta­risme, ou encore le patriar­cat sur les­quels reposent le capi­ta­lisme et la civi­li­sa­tion depuis des décen­nies, des siècles. Pour le dire autre­ment, je n’ai jamais enten­du Gre­ta Thun­berg dénon­cer le cours actuel des choses pour des rai­sons socié­tales (autres que cli­ma­to-éco­lo­giques). Je n’ai jamais enten­du Gre­ta expli­quer ou sug­gé­rer que l’État (« Auto­ri­té poli­tique sou­ve­raine, civile, mili­taire ou éven­tuel­le­ment reli­gieuse, consi­dé­rée comme une per­sonne juri­dique et morale, à laquelle est sou­mis un grou­pe­ment humain, vivant sur un ter­ri­toire don­né », selon la défi­ni­tion du CNRTL), le capi­ta­lisme, ou l’industrialisme, pou­vaient être des pro­blèmes, des obs­tacles à la réso­lu­tion des pro­blèmes éco­lo­giques qu’elle sou­ligne à juste titre. Ni même poser la ques­tion.

En revanche, j’ai enten­du Gre­ta affir­mer, à de nom­breuses reprises, qu’elle ne vou­lait pas par­ti­cu­liè­re­ment faire ce qu’elle fait, qu’elle ne devrait pas faire ce qu’elle fait, être là où elle est, qu’elle devrait plu­tôt « être à l’école ». Idée for­mu­lée de diverses manières par diverses jeunes per­son­na­li­tés du « mou­ve­ment pour le cli­mat » (ou « mou­ve­ment cli­mat »). Tou­jours en ce sens que si, enfin, vous, les diri­geants, vous déci­diez à agir pour gérer la crise cli­ma­tique, nous, les enfants, pour­rions retour­ner à l’école et la vie reprendre son cours si juste, bon et nor­mal. Seule­ment, « la véri­té », c’est que l’école en tant qu’institution n’a tou­jours été, pour les diri­geants éta­tiques, indus­triels, et désor­mais pour les tech­no­crates, qu’un « moyen de diri­ger les opi­nions poli­tiques et morales » (dixit un des pères de l’éducation natio­nale, Napo­léon Bona­parte). Ain­si que Fran­çois Gui­zot l’a for­mu­lé, « le gou­ver­ne­ment » a tou­jours « pris soin de pro­pa­ger, à la faveur de l’éducation natio­nale, sous les rap­ports de […] la morale, de la poli­tique, les doc­trines qui conviennent à sa nature et à sa direc­tion, ces doc­trines acquièrent bien­tôt une puis­sance contre laquelle viennent échouer les écarts de la liber­té d’esprit et toutes les ten­ta­tives sédi­tieuses ». Elwood P. Cub­ber­ley, doyen de L’école d’enseignement et édu­ca­tion à l’Université de Stan­ford, expli­quait, lui, que :

« Nos écoles sont, dans un sens, des usines, dans les­quelles les maté­riaux bruts – les enfants – doivent être façon­nés en pro­duits. […] Les carac­té­ris­tiques de fabri­ca­tion répondent aux exi­gences de la civi­li­sa­tion du 20ème siècle, et il appar­tient à l’école de pro­duire des élèves selon ses besoins spé­ci­fiques. »

(Tout ceci explique pour­quoi l’école ne pro­duit pas mas­si­ve­ment des anti­ca­pi­ta­listes, des anar­chistes ou des anti-indus­triels.)

Donc lorsque Gre­ta Thun­berg sug­gère que si seule­ment nos diri­geants agis­saient, les enfants du « mou­ve­ment cli­mat » pour­raient enfin retour­ner à l’école, elle se fait — une fois de plus — la défen­seuse d’une socié­té, d’un type de socié­té, infi­ni­ment plus pro­blé­ma­tique qu’elle ne le laisse entendre.

Bien sûr, j’en entends déjà me répondre qu’elle fait ce qu’elle peut, que son dis­cours n’est pas par­fait mais — mais, mince, je croyais que son mérite était pré­ci­sé­ment de dire « la véri­té », toute la véri­té, rien que la véri­té. Ou d’autres, encore, me dire qu’elle va y arri­ver, qu’elle débute, qu’il faut lui lais­ser le temps, que ce n’est qu’une enfant, et qu’on ne peut pas attendre beau­coup plus d’une enfant — ce qui est faux, ain­si que je l’ai rap­pe­lé plus haut. Comme si le jour où elle se met­trait à tenir un dis­cours véri­ta­ble­ment sub­ver­sif — y com­pris vis-à-vis des médias de masse et de leur rôle dans l’avènement de la pré­sente situa­tion poli­tique, sociale, éco­lo­gique, etc. — ne serait pas aus­si le jour où elle dis­pa­rai­trait des­dits médias de masse.

On constate le carac­tère ridi­cu­le­ment super­fi­ciel des reven­di­ca­tions de son cercle dans les demandes de l’action juri­dique qu’elle a récem­ment inten­tée, aux côtés de 15 autres jeunes, à l’encontre de cinq États :

« Nous recom­man­dons que les répon­dants revoient et, quand néces­saire, amendent leurs lois et poli­tiques natio­nales et sous-natio­nales afin d’assurer que la miti­ga­tion et les efforts d’adaptation soient accé­lé­rés autant que le per­mettent les res­sources dis­po­nibles et sur la base des meilleures don­nées scien­ti­fiques afin (1) de pro­té­ger les droits des plai­gnants et (2) de faire en sorte que l’intérêt de l’enfant soit une consi­dé­ra­tion pri­mor­diale, par­ti­cu­liè­re­ment en ce qui concerne les coûts et les charges qu’impliquent la miti­ga­tion du — et l’adaptation au — chan­ge­ment cli­ma­tique.

Nous recom­man­dons que chaque répon­dant ini­tie une action coopé­ra­tive inter­na­tio­nale — et inten­si­fie ses efforts en ce qui concerne les ini­tia­tives de coopé­ra­tion exis­tantes — afin d’établir des mesures contrai­gnantes et appli­cables pour atté­nuer la crise cli­ma­tique, pré­ve­nir d’autres nui­sances vis-à-vis des plai­gnants, et garan­tir leurs droits inalié­nables. »

Il s’agit donc de deman­der aux diri­geants de consa­crer de l’argent et des lois à l’atténuation du chan­ge­ment cli­ma­tique, ain­si qu’à l’adaptation de notre socié­té, la socié­té tech­no-indus­trielle capi­ta­liste, audit chan­ge­ment. Ce qui reflète bien les rai­sons d’être du mou­ve­ment ini­tié par Gre­ta Thun­berg. Mou­ve­ment avant tout consti­tué, semble-t-il, en rai­son d’une inquié­tude de ses membres pour leur propre ave­nir au sein de la civi­li­sa­tion tech­no-indus­trielle— « vous me volez mon ave­nir », « vous vous fou­tez de mon ave­nir », sont des phrases que Gre­ta Thun­berg répète régu­liè­re­ment. (Et non pas en rai­son, encore une fois, de la nature inique, fon­da­men­ta­le­ment anti­dé­mo­cra­tique, coer­ci­tive, escla­va­giste, vio­lente, alié­nante, de la civi­li­sa­tion tech­no-indus­trielle capi­ta­liste ; Gre­ta vou­drait sim­ple­ment que la crise cli­ma­tique soit gérée afin de pou­voir retour­ner à l’école, à sa place, ou plu­tôt à la place que l’on assigne aux enfants dans la socié­té indus­trielle). Et donc un mou­ve­ment qui par­ti­cipe à entre­te­nir cette espé­rance absurde selon laquelle il est sou­hai­table et devrait être pos­sible d’une part, de conser­ver l’es­sen­tiel de la civi­li­sa­tion tech­no-indus­trielle, de garan­tir son ave­nir, mais aus­si, d’autre part, de stop­per le réchauf­fe­ment cli­ma­tique et de mettre un terme à la des­truc­tion du monde natu­rel. C’est-à-dire un mou­ve­ment aux aspi­ra­tions contra­dic­toires, et pour par­tie indé­si­rables.

Espé­rance qui garan­tit son sou­tien de « solu­tions » absurdes qui ne font — ain­si qu’on le constate déjà, par exemple à tra­vers les consé­quences du déve­lop­pe­ment des indus­tries des éner­gies dites « propres » et autres tech­no­lo­gies dites « vertes » — et ne feront qu’aggraver la situa­tion. Et tous les gré­tiens (membres du culte de Gre­ta) de s’en réjouir. Se pour­rait-il qu’à tra­vers les cris de sou­tien à Gre­ta Thun­berg ce ne soit « pas la révolte qu’on entend, mais la sou­mis­sion anti­ci­pée aux états d’exception, l’acceptation des dis­ci­plines à venir, l’adhésion à la puis­sance bureau­cra­tique qui pré­tend, par la contrainte, assu­rer la sur­vie col­lec­tive [le GIEC et ses pré­co­ni­sa­tions] » (ain­si que le for­mulent Jaime Sem­prun et René Rie­sel dans leur excellent livre Catas­tro­phisme, admi­nis­tra­tion du désastre et sou­mis­sion durable) ? On com­pren­dra que le fait de par­ve­nir à sti­mu­ler et ras­sem­bler (une par­tie de) « la jeu­nesse » autour d’une telle ambi­tion puisse ne pas appa­raitre comme une grande vic­toire.

Car au bout du compte, la plu­part de ceux qui encensent Gre­ta et de ceux qui l’at­taquent bête­ment, mali­gne­ment ou cyni­que­ment, se rejoignent sur un point, sur un objec­tif — au moins. Tous espèrent que la civi­li­sa­tion indus­trielle par­vien­dra à se per­pé­tuer, à assu­rer son ave­nir. Soit le but même de toute « nou­velle reli­gion » : « chan­ger tout pour que rien ne change ».

Nico­las Casaux

Vous avez réagi à cet article !
Afficher les commentaires Hide comments
Comments to: Haïe par des imbéciles, encensée par des idiots : le chemin de croix de Greta (par Nicolas Casaux)
  • 25 septembre 2019

    Elle m’est sym­pa­thique éga­le­ment. Cette atti­tude bor­née, cette obses­sion quant au cli­mat, cette incom­pré­hen­sion ingé­nue d’un sys­tème qui refu­se­rait obs­ti­né­ment de chan­ger, j’ai l’im­pres­sion d’être pas­sé par des étapes simi­laires, de com­prendre son début de che­mi­ne­ment (et le mien à com­men­cé bien plus tard). J’ai l’im­pres­sion aus­si qu’elle n’a rien de stu­pide, je demande à écou­ter son pro­pos dans 10 ou 15 ans (et voir où moi j’en suis de ma réflexion dans 10 ou 15 ans. En atten­dant, je ne suis tou­jours pas prêt à pas­ser à l’ac­tion et par­ti­ci­per au déman­tè­le­ment de la grande machine).
    Bien à vous !

    Reply
  • 26 septembre 2019

    Effec­ti­ve­ment, oui, elle n’a que 16 ans. Et sans doute adhère-t-elle impli­ci­te­ment à la socié­té indus­trielle sans avoir eu le loi­sir d’y réflé­chir vrai­ment (peut-être). Mais qu’on ne me dise pas qu’il ne faut pas de cou­rage pour aller par­ler à l’O­NU et affron­ter la tem­pête d’in­sultes d’i­gnobles per­son­nages prêts à réduire le vivant en cendre plu­tôt que renon­cer à leur SUV. Le fait que des mil­lions d’autres enfants affrontent avec cou­rage des injus­tices dont per­sonne ne parle n’in­va­lide pas son cou­rage à elle.

    Reply
    • 26 septembre 2019

      Le pire qui pou­vait lui arri­ver, un court métrage met­tant en scène une Ani­ta lui res­sem­blant comme deux gouttes d’eau, et se don­nant la mort en public devant la sur­di­té des puis­sances, je lui sou­haite de tout mon coeur, si elle est sin­cère, de ne pas voir ça, et sur­tout, de ne pas s’en ins­pi­rer. Les auteurs de ce truc infâme devraient être pour­sui­vis pour inci­ta­tion au sui­cide sur per­sonne vul­né­rable. Je vous remer­cie, Nico­las, de rap­pe­ler les enfants innom­brables et incon­nus qui se battent pour leur sur­vie, pour la liber­té d’ex­pres­sion, et meurent loin des regards incon­sis­tants des réseaux a‑sociaux.

      Reply
    • 28 septembre 2019

      Elle est hélas sous « mind Kon­trol » depuis si long­temps qu’elle ne repré­sente donc que ce que l’on lui indique de dire t non pas ce qu’elle pense !

      Reply
      • 30 septembre 2019

        C’est assez condes­cen­dant à mon humble avis.

        Reply
  • 18 octobre 2019

    salut. Quelque chose me gêne. Elle serait encen­sée ? On lui voue­rait un culte ? Certes ses inter­ven­tions sont sui­vies. Certes elle a sans doute pous­sé d’autres jeunes à des­cendre dans la rue et en ce sens a été sui­vie. De là à par­ler de culte ou d’en­cen­se­ment… je dis halte. Les mots ont un sens quand même. Que des per­sonnes (comme moi) la défendent lorsque des esprits bor­nés regardent le doigt plu­tôt que ce qu’il montre est une chose. L’en­cens et le culte dépeignent une atti­tude que je ne recon­nait ABSOLUMENT PAS dans les prises de posi­tions sym­pa­thiques que j’en­tends à son égard (et j’ha­bite pas sur la lune). Bref.
    Sur le fond, je l’ai enten­du dire en sub­stance à je ne sais plus quelle assem­blée inter­na­tio­nale de « poli­ti­ciens » qu’ils étaient lâches de défendre un sys­tème qui basait son opu­lence sur la des­truc­tion du vivant ET sur l’ex­ploi­ta­tion de la plus grande par­tie du monde humain. Elle asso­cie la crois­sance à la domi­na­tion des plus riches. Elle arti­cule ça avec le sac­cage de la pla­nète et elle n’en démord pas.
    Fran­che­ment, qu’elle soit blanche, rouge , noire ou jaune, femme ou enfant, fille de riche ou fille de pauvre, LGBT ou je ne sais quoi, quel­qu’un qui pro­fite de sa noto­rié­té pour aler­ter sur le dan­ger gra­vis­sime qui se des­sine est dans le juste. Le prin­ci­pal est là. Per­sonne n’au­ra jamais rai­son tout seul de toute façon. Qui peut se tar­guer d’a­voir rai­son sur toute la ligne et sous tous les éclai­rages ? Celui qui attend un mes­sie par­fait en tout point se fiche le doigt dans l’oeil et se détourne de la part de tra­vail qui lui incombe.
    Car c’est là le truc. elle a sur­ement déjà fait plus que sa part. A nous de prendre la bâton à nos niveaux res­pec­tifs.

    Reply
    • 19 octobre 2019

      « Ils font de cela un sujet poli­tique, mais je ne parle jamais de poli­tique, tout ce que je dis, c’est que nous devons écou­ter la Science. […]

      Je n’ai jamais fait de décla­ra­tion poli­tique. Je n’ai jamais sou­te­nu de par­ti poli­tique et je n’ai jamais for­mu­lé d’o­pi­nion poli­tique. […]

      Je n’ai jamais dit que nous ne devrions pas avoir de crois­sance éco­no­mique. J’ai sim­ple­ment dit qu’au lieu de nous concen­trer avant tout sur la crois­sance éco­no­mique et de par­ler argent, nous devrions par­ler des vies humaines et des éco­sys­tèmes. »

      — Gre­ta Thun­berg.
      — Source : une toute récente inter­view (qui se déroule dans la voi­ture élec­trique, poli­tique, révo­lu­tion­naire et sub­ver­sive de Schwar­ze­neg­ger). https://www.dn.se/nyheter/varlden/greta-thunberg-in-exclusive-interview-the-election-of-trump-was-a-turning-point-for-the-climate-movement/

      Reply
    • 19 octobre 2019
    • 20 octobre 2019

      Enfin, oui, cer­tains lui vouent un culte, c’est l’é­vi­dence (il n’y a qu’à voir les décla­ra­tions des YAB etc.). Je me concentre dans cet article sur ceux qui lui vouent un culte, pas sur ceux qui la défendent ou la sou­tiennent sans pour autant la sanc­ti­fier.

      Reply
      • 20 octobre 2019

        Com­pro­mis­sions ? Ega­re­ments ? Mani­pu­la­tion ?
        A mon humble avis, qui pour­rait s’a­vé­ré » à côté de la plaque », c’est tou­jours pos­sible, en cher­chant à aler­ter la frange mains­tream de la popu­la­tion, elle « réduit » volon­tai­re­ment son dis­cours à la par­tie, fac­tuelle, scien­ti­fique, au constat. Pour la par­tie conscien­ti­sée de la popu­la­tion, cela peut paraître peu mais une large part de la popu­la­tion est encore loin de cela (notam­ment aux EU, pays co lea­der des dérè­gle­ments).

        J’i­ma­gine (ou je pré­fère ima­gi­ner peut être) que c’est « tac­tique » ; faire ouvrir les yeux aux consom­ma­teurs du monde indus­tria­li­sé néces­site de ne pas les effrayer avec des posi­tions évo­lu­tion­naires trop radi­cales qu’ils ont appris à reje­ter par réflexes ser­viles depuis des dizaines d’an­nées.
        Elle joue­rait le rôle d’un che­val de Troie : une fois conscient de la réa­li­té du dan­ger qu’en­court l’hu­ma­ni­té, cette frange mains­tream pour­rait alors être plus aisé­ment ouverte à des paroles plus sub­tiles, radi­cales, moins sim­plistes, à des modèles nou­veaux d’or­ga­ni­sa­tion humaine. Pour l’ins­tant, il n’y a pas de zone d’atterrissage pour ces idées dans dans la plu­part des esprits. Stra­té­gi­que­ment c’est pas aber­rant.
        Cela peut l’a­me­ner à se mettre aux yeux de la marge conscien­ti­sée dans des pos­tures d’ap­pa­rentes com­pro­mis­sions ( la voi­ture de Arnold, l’a­po­li­tisme, ne pas se dire décrois­sante…).

        Sans doute que Gre­ta Thun­berg y est pour quelque chose dans les récentes mobi­li­sa­tions pour le cli­mat qui ont eu lieu en Aus­tra­lie. C’est un pays aux émis­sions de CO2 impor­tantes, il freine les chan­ge­ments au niveau mon­dial et c’est donc une bonne chose que ça ait bou­gé là bas. Cela est il posi­tif pour ceux et celles qui pour­suivent le but de trans­for­mer notre monde ?
        Aujourd’­hui et en l’é­tat des rap­ports de force, je pense que oui.

        Bien sûr, une vigi­lance constante doit main­te­nir en res­pect les dis­cours et actions aux allures trom­peuses qui visent à main­te­nir un sys­tème injuste, inco­hé­rent et des­truc­teur.
        Cela aura de plus en plus d’im­por­tance car (soyons posi­tifs) une plus part de plus plus grande de la popu­la­tion accep­te­ra de se livrer au jeu de la remise en cause de notre déve­lop­pe­ment gros­sier et indigne.

        Ma vision peut paraître naïve ou trop opti­miste. Mer­ci pour les éclai­rages cri­tiques.

        Il est bon de recen­trer les débat en expli­quant « nos ten­dances  » pro­fondes.
        Alors, comme ma vision rejoint celle déve­lop­pée dans leur mani­feste par les Amis de la Terre , je la met en lien :

        https://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf
        /societe_soutenable_web_.pdf

        à bien­tôt sur le che­min…

        Reply
  • 22 octobre 2019

    Es ce que vous croyez sérieu­se­ment que l’on peut prendre la parole comme cela devant l’O­NU et devant le Forum de Davos sans aides et intro­duc­tion ??

    Reply
  • 26 octobre 2019

    Mer­ci pour cet article !
    Je me per­met d’a­jou­ter quelque chose qui me semble être impor­tant :
    Ne trou­vez-vous pas bizarre que ce qui reçois le plus d’at­ten­tion, soit par défi­ni­tion ce qui est impal­pable ? Le cli­mat. C’est où le cli­mat ? ça res­semble à quoi ? Il est soit-disant en train de chan­ger, on est sup­po­ser lut­ter contre ce chan­ge­ment, mais pour­tant, je suis inca­pable de le des­si­ner à ma fille où de lui expli­quer ce que c’est que ce fameux « cli­mat » ! C’est éton­nant tout de même !
    On m’au­rait deman­dé de défendre la forêt, ou la mer, j’ar­rive à me faire une image. J’ai une his­toire per­son­nelle avec la forêt der­rière la mai­son où j’ai gran­di. Si on me dit qu’on va l’a­battre et qu’il faut la défendre, je vais pas hési­ter car j’ai déve­lop­pé une rela­tion avec elle. J’y ai pique-niqué, j’y ai construit des cabanes, j’y ai vu des blai­reaux creu­ser leur ter­rier. Mais le climat…qui à déjà été se pro­me­ner dans le cli­mat, ou voir un cou­cher de cli­mat ?
    Per­so, je pense que c’est volon­taire de la part de ceux qui mènent la danse, d’a­voir réus­si à faire se mobi­li­ser les gens pour le cli­mat. C’est par­fait. Per­sonne ne peut mesu­rer le cli­mat ou s’en faire une vrai idée sans ‑devi­nez-quoi?- des outils de mesure que seule notre socié­té tech­no-indus­trielle ne sait pro­duire. Et pour stop­per le « réchauf­fe­ment cli­ma­tique », il faut for­cé­ment des outils à la hau­teur de ceux qui à créer le pro­blème, ce qui veut dire ‑sha­zam!- plus de déve­lop­pe­ment indus­triel, mais cette fois pour la bonne cause madame, pour la bonne cause !
    Et nous mar­chons droit dans le piège : au lieu de per­mettre à nos enfant de tis­ser une rela­tion avec les rivières et les forêts que nous avons encore et qui fera qu’ils s’en feront natu­rel­le­ment les défen­seurs, nous per­dons notre temps à bras­ser des idées abs­traites sur le cli­mat, et pen­dant ce temps-là, les bull­do­zers avancent dans la forêt, et pré­parent le pro­chain parc éolien « pour pro­té­ger le cli­mat, madame ! »…

    Reply
Write a response

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Attach images - Only PNG, JPG, JPEG and GIF are supported.