Pour mieux comprendre ce billet, il est conseillé de commen­cer par lire, au préa­lable, celui-ci et celui-là.


HAÏE PAR DES IMBÉCILES, ENCENSÉE PAR DES IDIOTS : LE CHEMIN DE CROIX DE GRETA

« Greta, je t’aime » ! « Merci Greta » ! « Quel courage » ! « Elle a du cran » !

Greta Thun­berg, jeune fille sincère, et sans doute trop naïve, fait ce qu’elle peut — et ce qu’on attend d’elle – dans les circons­tances qui sont les siennes. Para­doxa­le­ment, elle m’est sympa­thique.

Mais il y a quelque chose d’in­croya­ble­ment indé­cent — et/ou stupide — dans le culte qu’une partie de la popu­la­tion lui voue. Une jeune fille blanche, issue de la bour­geoi­sie d’un pays parmi les plus riches du monde, choi­sie non pas par hasard, mais en raison de qui elle est (des membres de sa famille, de leurs rela­tions, etc.), soute­nue, depuis les prémisses de son épopée média­tique, par diverses person­na­li­tés ou orga­ni­sa­tions, riches, influentes ou puis­santes, ferait ainsi preuve d’un mérite et d’un courage hors du commun en s’ex­pri­mant, après y avoir été invi­tée, au forum de Davos ou à l’ONU ?

On estime que, dans le monde, jusqu’à 1 milliard d’en­fants de 2 à 17 ans ont subi des violences physiques, sexuelles, émotion­nelles ou des négli­gences au cours de l’an­née écou­lée. Ont-ils du courage ? Pourquoi aucune couver­ture média­tique, ou si peu, et autant pour Greta ? Des milliers d’en­fants, en Afrique et ailleurs, sont réduits en escla­vage dans des mines et d’autres camps de travail pour le compte du tech­no­ca­pi­ta­lisme mondia­lisé et de ses classes privi­lé­giées. Ont-ils du mérite ?

Il y a une raison pour laquelle Greta Thun­berg — et non pas quelque jeune Pales­ti­nienne forgée à l’anti-impé­ria­lisme, quelque jeune révo­lu­tion­naire zapa­tiste, quelque jeune anar­chiste grecque d’Exar­cheia, ou quelque jeune mili­tant du Mouve­ment pour l’éman­ci­pa­tion du delta du Niger — a été choi­sie afin de deve­nir une icône pour la jeunesse. Tous ces jeunes auraient pour­tant été en mesure, eux aussi, de nous parler, non seule­ment, du dérè­gle­ment clima­tique, mais en outre, et à la diffé­rence de Greta Thun­berg, de nous rappor­ter bien plus de « véri­tés » sur le monde dans lequel nous vivons.

Car j’ai lu plusieurs fois que si Greta était si extra­or­di­naire, c’était parce qu’elle disait « la vérité » (aux élites de la civi­li­sa­tion indus­trielle, aux médias de masse, au monde entier). La vérité ? Greta parle du désastre écolo­gique en cours. Oui. Mais elle promeut aussi les soi-disant solu­tions élabo­rées par ces élites et pour la préser­va­tion de la civi­li­sa­tion techno-indus­trielle capi­ta­liste — elle ne cesse de glori­fier « la science », d’in­sis­ter sur l’im­por­tance de respec­ter l’ac­cord de Paris, de mettre en place les « solu­tions » préco­ni­sées par le GIEC (qui n’a rien d’un groupe anti­ca­pi­ta­liste, ou anti-indus­triel). Ainsi qu’elle l’ex­plique :

« Il faut que nous nous conten­tions de trans­mettre ce message, sans formu­ler de demandes, sans formu­ler aucune demande. Nous n’avons pas l’édu­ca­tion qu’il faut pour nous permettre de formu­ler des demandes, il faut lais­ser cela aux scien­ti­fiques. Nous devrions simple­ment nous concen­trer sur le fait de parler au nom des scien­ti­fiques, dire aux gens qu’il faut les écou­ter eux. Et c’est ce que j’es­saie de faire. Ne pas avoir d’opi­nions vous-mêmes, mais toujours vous réfé­rer à la science. »

C’est pourquoi elle ajoute :

« Person­nel­le­ment je suis contre le nucléaire, mais selon le GIEC, il peut consti­tuer une petite partie d’une grande solu­tion éner­gé­tique décar­bo­née, parti­cu­liè­re­ment dans les pays et les régions qui ne disposent pas de possi­bi­li­tés pour déve­lop­per massi­ve­ment les éner­gies renou­ve­lables […]. »

Cela étant, je n’ai jamais entendu Greta dénon­cer les multiples formes de violence systé­mique, la coer­ci­tion, la servi­tude, la dépos­ses­sion, l’alié­na­tion, l’eth­no­cide, le mili­ta­risme, ou encore le patriar­cat sur lesquels reposent le capi­ta­lisme et la civi­li­sa­tion depuis des décen­nies, des siècles. Pour le dire autre­ment, je n’ai jamais entendu Greta Thun­berg dénon­cer le cours actuel des choses pour des raisons socié­tales (autres que climato-écolo­giques). Je n’ai jamais entendu Greta expliquer ou suggé­rer que l’État (« Auto­rité poli­tique souve­raine, civile, mili­taire ou éven­tuel­le­ment reli­gieuse, consi­dé­rée comme une personne juri­dique et morale, à laquelle est soumis un grou­pe­ment humain, vivant sur un terri­toire donné », selon la défi­ni­tion du CNRTL), le capi­ta­lisme, ou l’in­dus­tria­lisme, pouvaient être des problèmes, des obstacles à la réso­lu­tion des problèmes écolo­giques qu’elle souligne à juste titre. Ni même poser la ques­tion.

En revanche, j’ai entendu Greta affir­mer, à de nombreuses reprises, qu’elle ne voulait pas parti­cu­liè­re­ment faire ce qu’elle fait, qu’elle ne devrait pas faire ce qu’elle fait, être là où elle est, qu’elle devrait plutôt « être à l’école ». Idée formu­lée de diverses manières par diverses jeunes person­na­li­tés du « mouve­ment pour le climat » (ou « mouve­ment climat »). Toujours en ce sens que si, enfin, vous, les diri­geants, vous déci­diez à agir pour gérer la crise clima­tique, nous, les enfants, pour­rions retour­ner à l’école et la vie reprendre son cours si juste, bon et normal. Seule­ment, « la vérité », c’est que l’école en tant qu’ins­ti­tu­tion n’a toujours été, pour les diri­geants étatiques, indus­triels, et désor­mais pour les tech­no­crates, qu’un « moyen de diri­ger les opinions poli­tiques et morales » (dixit un des pères de l’édu­ca­tion natio­nale, Napo­léon Bona­parte). Ainsi que François Guizot l’a formulé, « le gouver­ne­ment » a toujours « pris soin de propa­ger, à la faveur de l’édu­ca­tion natio­nale, sous les rapports de […] la morale, de la poli­tique, les doctrines qui conviennent à sa nature et à sa direc­tion, ces doctrines acquièrent bien­tôt une puis­sance contre laquelle viennent échouer les écarts de la liberté d’es­prit et toutes les tenta­tives sédi­tieuses ». Elwood P. Cubber­ley, doyen de L’école d’en­sei­gne­ment et éduca­tion à l’Uni­ver­sité de Stan­ford, expliquait, lui, que :

« Nos écoles sont, dans un sens, des usines, dans lesquelles les maté­riaux bruts – les enfants – doivent être façon­nés en produits. […] Les carac­té­ris­tiques de fabri­ca­tion répondent aux exigences de la civi­li­sa­tion du 20ème siècle, et il appar­tient à l’école de produire des élèves selon ses besoins spéci­fiques. »

(Tout ceci explique pourquoi l’école ne produit pas massi­ve­ment des anti­ca­pi­ta­listes, des anar­chistes ou des anti-indus­triels.)

Donc lorsque Greta Thun­berg suggère que si seule­ment nos diri­geants agis­saient, les enfants du « mouve­ment climat » pour­raient enfin retour­ner à l’école, elle se fait — une fois de plus — la défen­seuse d’une société, d’un type de société, infi­ni­ment plus problé­ma­tique qu’elle ne le laisse entendre.

Bien sûr, j’en entends déjà me répondre qu’elle fait ce qu’elle peut, que son discours n’est pas parfait mais — mais, mince, je croyais que son mérite était préci­sé­ment de dire « la vérité », toute la vérité, rien que la vérité. Ou d’autres, encore, me dire qu’elle va y arri­ver, qu’elle débute, qu’il faut lui lais­ser le temps, que ce n’est qu’une enfant, et qu’on ne peut pas attendre beau­coup plus d’une enfant — ce qui est faux, ainsi que je l’ai rappelé plus haut. Comme si le jour où elle se mettrait à tenir un discours véri­ta­ble­ment subver­sif — y compris vis-à-vis des médias de masse et de leur rôle dans l’avè­ne­ment de la présente situa­tion poli­tique, sociale, écolo­gique, etc. — ne serait pas aussi le jour où elle dispa­rai­trait desdits médias de masse.

On constate le carac­tère ridi­cu­le­ment super­fi­ciel des reven­di­ca­tions de son cercle dans les demandes de l’ac­tion juri­dique qu’elle a récem­ment inten­tée, aux côtés de 15 autres jeunes, à l’en­contre de cinq États :

« Nous recom­man­dons que les répon­dants revoient et, quand néces­saire, amendent leurs lois et poli­tiques natio­nales et sous-natio­nales afin d’as­su­rer que la miti­ga­tion et les efforts d’adap­ta­tion soient accé­lé­rés autant que le permettent les ressources dispo­nibles et sur la base des meilleures données scien­ti­fiques afin (1) de proté­ger les droits des plai­gnants et (2) de faire en sorte que l’in­té­rêt de l’en­fant soit une consi­dé­ra­tion primor­diale, parti­cu­liè­re­ment en ce qui concerne les coûts et les charges qu’im­pliquent la miti­ga­tion du — et l’adap­ta­tion au — chan­ge­ment clima­tique.

Nous recom­man­dons que chaque répon­dant initie une action coopé­ra­tive inter­na­tio­nale — et inten­si­fie ses efforts en ce qui concerne les initia­tives de coopé­ra­tion exis­tantes — afin d’éta­blir des mesures contrai­gnantes et appli­cables pour atté­nuer la crise clima­tique, préve­nir d’autres nuisances vis-à-vis des plai­gnants, et garan­tir leurs droits inalié­nables. »

Il s’agit donc de deman­der aux diri­geants de consa­crer de l’argent et des lois à l’at­té­nua­tion du chan­ge­ment clima­tique, ainsi qu’à l’adap­ta­tion de notre société, la société techno-indus­trielle capi­ta­liste, audit chan­ge­ment. Ce qui reflète bien les raisons d’être du mouve­ment initié par Greta Thun­berg. Mouve­ment avant tout consti­tué, semble-t-il, en raison d’une inquié­tude de ses membres pour leur propre avenir au sein de la civi­li­sa­tion techno-indus­triel­le— « vous me volez mon avenir », « vous vous foutez de mon avenir », sont des phrases que Greta Thun­berg répète régu­liè­re­ment. (Et non pas en raison, encore une fois, de la nature inique, fonda­men­ta­le­ment anti­dé­mo­cra­tique, coer­ci­tive, escla­va­giste, violente, alié­nante, de la civi­li­sa­tion techno-indus­trielle capi­ta­liste ; Greta voudrait simple­ment que la crise clima­tique soit gérée afin de pouvoir retour­ner à l’école, à sa place, ou plutôt à la place que l’on assigne aux enfants dans la société indus­trielle). Et donc un mouve­ment qui parti­cipe à entre­te­nir cette espé­rance absurde selon laquelle il est souhai­table et devrait être possible d’une part, de conser­ver l’es­sen­tiel de la civi­li­sa­tion techno-indus­trielle, de garan­tir son avenir, mais aussi, d’autre part, de stop­per le réchauf­fe­ment clima­tique et de mettre un terme à la destruc­tion du monde natu­rel. C’est-à-dire un mouve­ment aux aspi­ra­tions contra­dic­toires, et pour partie indé­si­rables.

Espé­rance qui garan­tit son soutien de « solu­tions » absurdes qui ne font — ainsi qu’on le constate déjà, par exemple à travers les consé­quences du déve­lop­pe­ment des indus­tries des éner­gies dites « propres » et autres tech­no­lo­gies dites « vertes » — et ne feront qu’ag­gra­ver la situa­tion. Et tous les grétiens (membres du culte de Greta) de s’en réjouir. Se pour­rait-il qu’à travers les cris de soutien à Greta Thun­berg ce ne soit « pas la révolte qu’on entend, mais la soumis­sion anti­ci­pée aux états d’ex­cep­tion, l’ac­cep­ta­tion des disci­plines à venir, l’adhé­sion à la puis­sance bureau­cra­tique qui prétend, par la contrainte, assu­rer la survie collec­tive [le GIEC et ses préco­ni­sa­tions] » (ainsi que le formulent Jaime Semprun et René Riesel dans leur excellent livre Catas­tro­phisme, admi­nis­tra­tion du désastre et soumis­sion durable) ? On compren­dra que le fait de parve­nir à stimu­ler et rassem­bler (une partie de) « la jeunesse » autour d’une telle ambi­tion puisse ne pas appa­raitre comme une grande victoire.

Car au bout du compte, la plupart de ceux qui encensent Greta et de ceux qui l’at­taquent bête­ment, mali­gne­ment ou cynique­ment, se rejoignent sur un point, sur un objec­tif — au moins. Tous espèrent que la civi­li­sa­tion indus­trielle parvien­dra à se perpé­tuer, à assu­rer son avenir. Soit le but même de toute « nouvelle reli­gion » : « chan­ger tout pour que rien ne change ».

Nico­las Casaux

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Comments to: Haïe par des imbé­ciles, encen­sée par des idiots : le chemin de croix de Greta (par Nico­las Casaux)
  • 25 septembre 2019

    Elle m’est sympathique également. Cette attitude bornée, cette obsession quant au climat, cette incompréhension ingénue d’un système qui refuserait obstinément de changer, j’ai l’impression d’être passé par des étapes similaires, de comprendre son début de cheminement (et le mien à commencé bien plus tard). J’ai l’impression aussi qu’elle n’a rien de stupide, je demande à écouter son propos dans 10 ou 15 ans (et voir où moi j’en suis de ma réflexion dans 10 ou 15 ans. En attendant, je ne suis toujours pas prêt à passer à l’action et participer au démantèlement de la grande machine).
    Bien à vous !

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  • 26 septembre 2019

    Effectivement, oui, elle n’a que 16 ans. Et sans doute adhère-t-elle implicitement à la société industrielle sans avoir eu le loisir d’y réfléchir vraiment (peut-être). Mais qu’on ne me dise pas qu’il ne faut pas de courage pour aller parler à l’ONU et affronter la tempête d’insultes d’ignobles personnages prêts à réduire le vivant en cendre plutôt que renoncer à leur SUV. Le fait que des millions d’autres enfants affrontent avec courage des injustices dont personne ne parle n’invalide pas son courage à elle.

    Reply
    • 26 septembre 2019

      Le pire qui pouvait lui arriver, un court métrage mettant en scène une Anita lui ressemblant comme deux gouttes d’eau, et se donnant la mort en public devant la surdité des puissances, je lui souhaite de tout mon coeur, si elle est sincère, de ne pas voir ça, et surtout, de ne pas s’en inspirer. Les auteurs de ce truc infâme devraient être poursuivis pour incitation au suicide sur personne vulnérable. Je vous remercie, Nicolas, de rappeler les enfants innombrables et inconnus qui se battent pour leur survie, pour la liberté d’expression, et meurent loin des regards inconsistants des réseaux a-sociaux.

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    • 28 septembre 2019

      Elle est hélas sous “mind Kontrol” depuis si longtemps qu’elle ne représente donc que ce que l’on lui indique de dire t non pas ce qu’elle pense !

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      • 30 septembre 2019

        C’est assez condescendant à mon humble avis.

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  • 18 octobre 2019

    salut. Quelque chose me gêne. Elle serait encensée ? On lui vouerait un culte ? Certes ses interventions sont suivies. Certes elle a sans doute poussé d’autres jeunes à descendre dans la rue et en ce sens a été suivie. De là à parler de culte ou d’encensement… je dis halte. Les mots ont un sens quand même. Que des personnes (comme moi) la défendent lorsque des esprits bornés regardent le doigt plutôt que ce qu’il montre est une chose. L’encens et le culte dépeignent une attitude que je ne reconnait ABSOLUMENT PAS dans les prises de positions sympathiques que j’entends à son égard (et j’habite pas sur la lune). Bref.
    Sur le fond, je l’ai entendu dire en substance à je ne sais plus quelle assemblée internationale de “politiciens” qu’ils étaient lâches de défendre un système qui basait son opulence sur la destruction du vivant ET sur l’exploitation de la plus grande partie du monde humain. Elle associe la croissance à la domination des plus riches. Elle articule ça avec le saccage de la planète et elle n’en démord pas.
    Franchement, qu’elle soit blanche, rouge , noire ou jaune, femme ou enfant, fille de riche ou fille de pauvre, LGBT ou je ne sais quoi, quelqu’un qui profite de sa notoriété pour alerter sur le danger gravissime qui se dessine est dans le juste. Le principal est là. Personne n’aura jamais raison tout seul de toute façon. Qui peut se targuer d’avoir raison sur toute la ligne et sous tous les éclairages ? Celui qui attend un messie parfait en tout point se fiche le doigt dans l’oeil et se détourne de la part de travail qui lui incombe.
    Car c’est là le truc. elle a surement déjà fait plus que sa part. A nous de prendre la bâton à nos niveaux respectifs.

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    • 19 octobre 2019

      « Ils font de cela un sujet politique, mais je ne parle jamais de politique, tout ce que je dis, c’est que nous devons écouter la Science. […]

      Je n’ai jamais fait de déclaration politique. Je n’ai jamais soutenu de parti politique et je n’ai jamais formulé d’opinion politique. […]

      Je n’ai jamais dit que nous ne devrions pas avoir de croissance économique. J’ai simplement dit qu’au lieu de nous concentrer avant tout sur la croissance économique et de parler argent, nous devrions parler des vies humaines et des écosystèmes. »

      — Greta Thunberg.
      — Source : une toute récente interview (qui se déroule dans la voiture électrique, politique, révolutionnaire et subversive de Schwarzenegger). https://www.dn.se/nyheter/varlden/greta-thunberg-in-exclusive-interview-the-election-of-trump-was-a-turning-point-for-the-climate-movement/

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    • 19 octobre 2019
    • 20 octobre 2019

      Enfin, oui, certains lui vouent un culte, c’est l’évidence (il n’y a qu’à voir les déclarations des YAB etc.). Je me concentre dans cet article sur ceux qui lui vouent un culte, pas sur ceux qui la défendent ou la soutiennent sans pour autant la sanctifier.

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      • 20 octobre 2019

        Compromissions ? Egarements ? Manipulation ?
        A mon humble avis, qui pourrait s’avéré” à côté de la plaque”, c’est toujours possible, en cherchant à alerter la frange mainstream de la population, elle “réduit” volontairement son discours à la partie, factuelle, scientifique, au constat. Pour la partie conscientisée de la population, cela peut paraître peu mais une large part de la population est encore loin de cela (notamment aux EU, pays co leader des dérèglements).

        J’imagine (ou je préfère imaginer peut être) que c’est “tactique” ; faire ouvrir les yeux aux consommateurs du monde industrialisé nécessite de ne pas les effrayer avec des positions évolutionnaires trop radicales qu’ils ont appris à rejeter par réflexes serviles depuis des dizaines d’années.
        Elle jouerait le rôle d’un cheval de Troie : une fois conscient de la réalité du danger qu’encourt l’humanité, cette frange mainstream pourrait alors être plus aisément ouverte à des paroles plus subtiles, radicales, moins simplistes, à des modèles nouveaux d’organisation humaine. Pour l’instant, il n’y a pas de zone d’atterrissage pour ces idées dans dans la plupart des esprits. Stratégiquement c’est pas aberrant.
        Cela peut l’amener à se mettre aux yeux de la marge conscientisée dans des postures d’apparentes compromissions ( la voiture de Arnold, l’apolitisme, ne pas se dire décroissante…).

        Sans doute que Greta Thunberg y est pour quelque chose dans les récentes mobilisations pour le climat qui ont eu lieu en Australie. C’est un pays aux émissions de CO2 importantes, il freine les changements au niveau mondial et c’est donc une bonne chose que ça ait bougé là bas. Cela est il positif pour ceux et celles qui poursuivent le but de transformer notre monde ?
        Aujourd’hui et en l’état des rapports de force, je pense que oui.

        Bien sûr, une vigilance constante doit maintenir en respect les discours et actions aux allures trompeuses qui visent à maintenir un système injuste, incohérent et destructeur.
        Cela aura de plus en plus d’importance car (soyons positifs) une plus part de plus plus grande de la population acceptera de se livrer au jeu de la remise en cause de notre développement grossier et indigne.

        Ma vision peut paraître naïve ou trop optimiste. Merci pour les éclairages critiques.

        Il est bon de recentrer les débat en expliquant “nos tendances ” profondes.
        Alors, comme ma vision rejoint celle développée dans leur manifeste par les Amis de la Terre , je la met en lien :

        https://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf
        /societe_soutenable_web_.pdf

        à bientôt sur le chemin…

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  • 22 octobre 2019

    Es ce que vous croyez sérieusement que l’on peut prendre la parole comme cela devant l’ONU et devant le Forum de Davos sans aides et introduction ??

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  • 26 octobre 2019

    Merci pour cet article!
    Je me permet d’ajouter quelque chose qui me semble être important:
    Ne trouvez-vous pas bizarre que ce qui reçois le plus d’attention, soit par définition ce qui est impalpable? Le climat. C’est où le climat? ça ressemble à quoi? Il est soit-disant en train de changer, on est supposer lutter contre ce changement, mais pourtant, je suis incapable de le dessiner à ma fille où de lui expliquer ce que c’est que ce fameux “climat”! C’est étonnant tout de même!
    On m’aurait demandé de défendre la forêt, ou la mer, j’arrive à me faire une image. J’ai une histoire personnelle avec la forêt derrière la maison où j’ai grandi. Si on me dit qu’on va l’abattre et qu’il faut la défendre, je vais pas hésiter car j’ai développé une relation avec elle. J’y ai pique-niqué, j’y ai construit des cabanes, j’y ai vu des blaireaux creuser leur terrier. Mais le climat…qui à déjà été se promener dans le climat, ou voir un coucher de climat?
    Perso, je pense que c’est volontaire de la part de ceux qui mènent la danse, d’avoir réussi à faire se mobiliser les gens pour le climat. C’est parfait. Personne ne peut mesurer le climat ou s’en faire une vrai idée sans -devinez-quoi?- des outils de mesure que seule notre société techno-industrielle ne sait produire. Et pour stopper le “réchauffement climatique”, il faut forcément des outils à la hauteur de ceux qui à créer le problème, ce qui veut dire -shazam!- plus de développement industriel, mais cette fois pour la bonne cause madame, pour la bonne cause!
    Et nous marchons droit dans le piège: au lieu de permettre à nos enfant de tisser une relation avec les rivières et les forêts que nous avons encore et qui fera qu’ils s’en feront naturellement les défenseurs, nous perdons notre temps à brasser des idées abstraites sur le climat, et pendant ce temps-là, les bulldozers avancent dans la forêt, et préparent le prochain parc éolien “pour protéger le climat, madame!”…

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