Dans la pre­mière par­tie de cette enquête, la neu­tra­li­té car­bone, la demande prin­ci­pale d’Extinction Rebel­lion, est expo­sée comme une cam­pagne visant à sau­ver l’économie capi­ta­liste et l’industrie des éner­gies fos­siles.

Dans cette deuxième par­tie, nous nous pen­chons sur les autres exi­gences d’Extinction Rebel­lion : que les gou­ver­ne­ments disent la véri­té et mettent en place une Assem­blée citoyenne. Nous nous pen­chons éga­le­ment sur leurs tac­tiques et les solu­tions pro­po­sées pour par­ve­nir à ces fins.

Exigence 1 : que les gouvernements disent la vérité à propos de la crise climatique.

DIRE LA VÉRITÉ – Le Gou­ver­ne­ment doit dire la véri­té en décla­rant l’état d’urgence cli­ma­tique et envi­ron­ne­men­tal, tout en tra­vaillant avec d’autres ins­ti­tu­tions pour com­mu­ni­quer sur l’urgence du chan­ge­ment.

Quelle est la véri­té de la crise cli­ma­tique ? Il existe tel­le­ment de théo­ries, de débats et d’intérêts en ce qui concerne l’importance du chan­ge­ment cli­ma­tique, ses causes et ses consé­quences, qu’il n’est pos­sible pour per­sonne de pré­tendre déte­nir la véri­té. Exi­ger la véri­té de la part d’un gou­ver­ne­ment à pro­pos d’un pro­blème aus­si abs­trait pour­rait mener à une cam­pagne de pro­pa­gande n’en pré­sen­tant qu’une vision biai­sée, ain­si qu’à la mise au ban des débats et dis­cus­sions qui ne cor­res­pondent pas à la véri­té gou­ver­ne­men­tale.

Les gou­ver­ne­ments n’existent pas pour ser­vir le peuple et dire la véri­té. Ils existent pour ser­vir ceux au pou­voir, et pour men­tir. Si les élus repré­sen­taient véri­ta­ble­ment le peuple, les condi­tions nous ayant menés où nous en sommes n’auraient jamais vu le jour, et il n’y aurait aucun besoin de pré­sen­ter des exi­gences.

Extinc­tion Rebel­lion [XR] n’exige même pas des gou­ver­ne­ments qu’ils disent la véri­té sur les causes du chan­ge­ment cli­ma­tique et de l’effondrement des éco­sys­tèmes : crois­sance éco­no­mique infi­nie, agri­cul­ture indus­trielle, impé­ria­lisme, guerres, extrac­ti­visme et uti­li­sa­tion de com­bus­tibles fos­siles. Selon eux, la crise cli­ma­tique est en quelque sorte un pro­blème iso­lé du reste, pou­vant être réso­lu par l’affirmation de véri­tés et le recours à de nou­velles tech­no­lo­gies per­met­tant à la socié­té tech­no-indus­trielle de per­du­rer.

Exi­ger des gou­ver­ne­ments de « dire la véri­té en décla­rant l’état d’urgence cli­ma­tique et envi­ron­ne­men­tal » n’a aucun sens. Le fait d’affirmer qu’il y a urgence ne mène pas à une dif­fu­sion écla­tante et spon­ta­née de la véri­té. D’ailleurs, c’est plus sou­vent l’inverse qui se pro­duit : l’état d’urgence per­met aux gou­ver­ne­ments d’intensifier leur répres­sion et leur réduc­tion au silence des ques­tions et véri­tés qui dérangent.

Cette demande d’XR a été modi­fiée en avril 2019, pour y inclure l’urgence cli­ma­tique, après qu’elle ait été décla­rée, à peu près au même moment, au Royaume-Uni. Ceci sug­gère que leurs demandes peuvent être modi­fiées au gré des déci­sions gou­ver­ne­men­tales. Les buts pour­sui­vis ne sont pas clairs.

[Tra­duc­tion du texte de l’i­mage : Le gou­ver­ne­ment doit dire la véri­té à pro­pos de l’urgence cli­ma­tique, et plus lar­ge­ment de l’urgence éco­lo­gique, abro­ger ses poli­tiques nui­sibles et tra­vailler de concert avec les médias pour com­mu­ni­quer avec les citoyens] Une pré­cé­dente ver­sion de leur pre­mière demande. La men­tion de chan­ge­ment poli­tique a depuis été sup­pri­mée, et ils ne font plus réfé­rence aux médias mais à « d’autres ins­ti­tu­tions » (pro­ba­ble­ment parce que cela sem­blait pro­mou­voir, trop ouver­te­ment, une cam­pagne de pro­pa­gande indus­tria­lo-média­tique).

« Com­mu­ni­quer sur l’urgence de chan­ger » ne dit rien de ce qui doit chan­ger. Là encore, la demande est vague et peut faci­le­ment être uti­li­sée pour signi­fier tout et son contraire. S’il s’agit de mettre un terme à l’extraction et l’utilisation d’énergies fos­siles, à la défo­res­ta­tion, cela devrait être spé­ci­fié. Affir­mer qu’il est urgent d’atteindre un objec­tif aus­si impré­cis, cela semble inci­ter les gou­ver­ne­ments (et les lob­byistes d’entreprises pré­sents dans les médias et les autres ins­ti­tu­tions) à fabri­quer la crise de toute pièce, à créer un état de panique par­mi la popu­la­tion, et à tirer avan­tage de ce chaos pour engran­ger tou­jours plus de pro­fits. Une tac­tique bien connue, appe­lée « capi­ta­lisme du désastre » ou « stra­té­gie du choc ». Comme nous l’avons vu dans la Par­tie I, c’est pré­ci­sé­ment ce qu’il s’est pas­sé. Une ques­tion à ce sujet est posée, mais pas cor­rec­te­ment for­mu­lée, sur la FAQ du site d’Extinction Rebel­lion (la FAQ a depuis été mise à jour, et cette ques­tion a été reti­rée. La ver­sion pré­cé­dente est acces­sible ici). Cer­taines des ques­tions qui s’y trouvent – ain­si que les réponses pour le moins inquié­tantes qui sont don­nées – sont pour le moins révé­la­trices de la nature véri­table de leur Rébel­lion.

Dans un contexte poli­tique où dire la véri­té à pro­pos d’un gou­ver­ne­ment ou de la crise éco­lo­gique peut vous mener en pri­son, ou vous valoir d’être tor­tu­ré ou tué, exi­ger que les gou­ver­ne­ments disent la véri­té est, au mieux, naïf.

Mon prin­ci­pal pro­blème avec cette demande, c’est qu’elle s’adresse au gou­ver­ne­ment. Il s’agit sans doute de la der­nière enti­té dont on devrait attendre la véri­té. La vision du monde selon laquelle nous devons faire confiance au gou­ver­ne­ment plu­tôt qu’à notre expé­rience directe mène à l’impuissance, à la déres­pon­sa­bi­li­sa­tion, à la dépen­dance totale envers l’autorité. Étant don­né ce que les gou­ver­ne­ments sont prêts à faire pour res­ter au pou­voir – répres­sion vio­lente des mani­fes­ta­tions, guerres inutiles en guise de démons­tra­tions de force – il est évident que nous ferions mieux de trou­ver nos propres véri­tés au tra­vers de recherches et de dis­cus­sions, plu­tôt que de dépendre d’un gou­ver­ne­ment pour nous gui­der.

Il y a quelque chose d’orwellien dans cette demande. Cela revient à exi­ger un Minis­tère de la Véri­té, qui pour­rait don­ner à un gou­ver­ne­ment un tel pou­voir sur nos croyances sur nous-mêmes et sur le monde que l’on en arri­ve­rait peut-être à croire que Big Bro­ther nous aime, que la neu­tra­li­té car­bone sau­ve­ra la pla­nète, et que 2 et 2 font 5.

Éthique de la vertu

La FAQ d’Extinction Rebel­lion sti­pule : « Au final, nous fai­sons cela car il s’agit de la chose juste à faire, quels que soient les résul­tats. Ce qui signi­fie que même si nous espé­rons pou­voir sau­ver quelque chose de la vie sur Terre, nous essayons d’agir en fonc­tion de ce qui est juste (éthique de la ver­tu) plu­tôt que ce qui pour­rait fonc­tion­ner (éthique uti­li­ta­riste). »

Il n’y a donc pas d’objectif, et ils ne se demandent pas si leurs actions ont une chance d’être effi­caces. En bref, il s’agit d’une manière d’exprimer ses pré­oc­cu­pa­tions, sans chan­ger quoi que ce soit. Com­pa­rez la cita­tion ci-des­sus avec celle-ci, que l’on doit à Strat­for, une entre­prise de consul­tance qui conseille gou­ver­ne­ments et entre­prises sur la meilleure façon de répri­mer les mou­ve­ments sociaux :

« La plu­part des auto­ri­tés tolé­re­ront un cer­tain niveau d’activisme, en consi­dé­rant qu’il s’agit d’un moyen de faire retom­ber la pres­sion. Elles per­mettent ain­si aux pro­tes­ta­taires de trou­ver un peu d’apaisement, en les lais­sant croire qu’ils font une dif­fé­rence – aus­si long­temps que les pro­tes­ta­taires ne repré­sentent pas une menace. Mais à mesure que les mou­ve­ments de contes­ta­tion pren­dront de l’ampleur, les auto­ri­tés agi­ront plus agres­si­ve­ment pour neu­tra­li­ser les orga­ni­sa­teurs. »

Les diri­geants d’Extinction Rebel­lion ont étu­dié les mou­ve­ments sociaux, et doivent donc être bien au cou­rant de cette stra­té­gie. C’est comme si leur Rébel­lion avait inten­tion­nel­le­ment été créée pour être inef­fi­cace.

La déci­sion d’organiser les plus grandes mani­fes­ta­tions pos­sibles, dans l’intention, sup­po­sé­ment, de per­tur­ber le quo­ti­dien des affaires, à Londres, le week-end de Pâques, c’est-à-dire à un moment où aucun membre du gou­ver­ne­ment ne tra­vaille, a démon­tré leur capa­ci­té à créer du spec­tacle plu­tôt qu’à s’engager dans des actions ciblées et déci­sives.

Dans cet extrait d’une inter­view de la fon­da­trice du mou­ve­ment XR, Gail Brad­brook, dif­fu­sée sur Sky News durant les mani­fes­ta­tions du week-end de Pâques, celle-ci affirme :

« […] Les poli­ti­ciens, en cou­lisse, y com­pris le gou­ver­ne­ment actuel, nous disent qu’ils ont besoin d’un mou­ve­ment social comme le nôtre pour obte­nir la per­mis­sion sociale de faire le néces­saire. Ils n’ont pas, jusqu’ici, dit la véri­té. Nous disons la véri­té. Nous avons besoin que les gens se concentrent sur cette urgence, et nous avons besoin d’une action mas­sive. »

Le pré­sen­ta­teur de Sky News lui demande alors : « Que les choses soient claires, vous dites que les poli­ti­ciens du gou­ver­ne­ment vous disent : nous avons besoin que vous veniez à Londres [pour effec­tuer diverses actions sym­bo­liques] ? Il y a des ministres du gou­ver­ne­ment qui vous disent que c’est ce qu’ils veulent ? »

Ce à quoi Gail Brad­brook répond : « Je vais vous par­ler d’une anec­dote que j’ai enten­due aujourd’hui qui l’illustre : j’ai ren­con­tré deux per­sonnes, aujourd’hui, qui ont dis­cu­té avec des conseillers de The­re­sa May, qui leur ont dit qu’ils savent à quel point la situa­tion est mau­vaise, et qu’ils ont besoin que nous aidions. Donc, en gros, nous fai­sons le bou­lot […]. »

Le gou­ver­ne­ment demande donc aux Rebelles de for­mu­ler des demandes à l’attention du gou­ver­ne­ment. Le gou­ver­ne­ment mène ain­si une Rébel­lion contre lui-même. Une rébel­lion, ou une cam­pagne de pro­pa­gande ? Qui tire les ficelles ?

Leur absence de buts pour­rait être ver­tueuse, mais elle per­met sur­tout au mou­ve­ment de ser­vir les inté­rêts de ceux qui pos­sèdent le plus de pou­voir.

Solutions promues

[Tra­duc­tion du texte de l’i­mage : Pour plus d’in­for­ma­tions sur les solu­tions pos­sibles : Demandes 1 et 2 : […] ]

Le site web de XR pointe vers dif­fé­rentes orga­ni­sa­tions cen­sées nous en apprendre plus sur les solu­tions à la crise éco­lo­gique. Exa­mi­nons-les.

[The Cli­mate Mobi­li­za­tion – TCM, basée aux USA]: TCM défend « une réor­ga­ni­sa­tion en urgence de l’économie indus­trielle moderne. Impli­quant la majo­ri­té des citoyens, l’utilisation d’une grande par­tie des res­sources dis­po­nibles, et un impact sur toutes les sphères de la socié­té. Rien de moins qu’une révo­lu­tion sociale et indus­trielle coor­don­née par les gou­ver­ne­ments. » Il s’agit d’un plan pour l’expansion du sys­tème indus­triel et l’accroissement de l’utilisation des res­sources natu­relles, exi­geant du gou­ver­ne­ment qu’il sub­ven­tionne des inté­rêts pri­vés, et non pas d’un plan pour pla­ni­fier la fer­me­ture des entre­prises qui exter­minent le vivant. Il n’y a rien, ici, qui traite de la pro­tec­tion de la nature, d’inverser les méca­nismes de crois­sance, de défendre les droits humains, de réduire la consom­ma­tion, ou de mettre un terme à la domi­na­tion des entre­prises. Tout ce que TCM défend est exac­te­ment le contraire de ce dont nous avons besoin.

Un tel plan est sus­cep­tible d’exiger de la popu­la­tion qu’elle tra­vaille plus pour gagner moins, qu’elle paie plus d’impôts, que les ser­vices publics soient réduits et le contrôle gou­ver­ne­men­tal sur les citoyens ren­for­cé. Le tout menant à une qua­li­té de vie lar­ge­ment atro­phiée. Le niveau d’austérité inhé­rent « à l’utilisation de tech­niques poli­tiques simi­laires à celles qui ont eu cours durant la Seconde Guerre mon­diale, afin de trans­for­mer l’économie de manière urgente au tra­vers d’une puis­sance gou­ver­ne­men­tale for­te­ment aug­men­tée dont le rôle serait de diri­ger et pla­ni­fier les inves­tis­se­ments indus­triels, four­nir de l’emploi, dis­tri­buer maté­riel et éner­gie et gérer la demande », lorsqu’une grande par­tie de la popu­la­tion souffre déjà d’un niveau de pau­vre­té extrême — de trau­mas, de mala­dies, de vio­lence, de répres­sion, d’une bureau­cra­tie écra­sante — pour­rait mener à un effon­dre­ment com­plet de l’ordre social, à une guerre civile.

Si je dois vivre une révo­lu­tion, je pré­fé­re­rais qu’elle vise à ren­ver­ser tout le sys­tème poli­tique et éco­no­mique de l’empire des USA, et pas qu’elle soit menée par son inhu­maine bureau­cra­tie. Je ne peux rien ima­gi­ner de pire. Nous par­lons de ce même gou­ver­ne­ment qui vise une « full spec­trum domi­nance » [domi­na­tion totale]. Ce qui signi­fie un contrôle mili­taire total sur la pla­nète – terre, mer, air et espace – au ser­vice des inté­rêts indus­triels, d’ici 2020.

Le rap­port de TCM inti­tu­lé Lea­ding the Public into Emer­gen­cy Mode (« Faire pas­ser le public en mode urgence ») déclare que : « La crise cli­ma­tique est de loin la prin­ci­pale menace pour notre sécu­ri­té natio­nale, pour la san­té publique et pour l’économie mon­diale. » Ain­si l’armée états-unienne, une des forces les plus des­truc­trices de la pla­nète (qui brûle plus de 37 mil­lions de litres de pétrole par jour, 1,7 mil­lion de dol­lars par minute), de même que l’économie (le sys­tème qui conver­tit le monde vivant en mar­chan­dises mortes et jetables) sont mena­cées par la dévas­ta­tion qu’elles causent. Ce qui devrait, appa­rem­ment, nous inquié­ter. TCM se place du côté de l’armée et de l’économie, et pré­sente l’expansion mili­taire et éco­no­mique comme une solu­tion. Plu­tôt que d’admettre et de nous inquié­ter du fait que la civi­li­sa­tion indus­trielle détruit la nature, nous sommes inci­tés à nous sou­cier du fait que les phé­no­mènes natu­rels tels que les chan­ge­ments météo­ro­lo­giques menacent l’économie. La nature devient l’ennemi. Vive l’écologie.

Cette rhé­to­rique en appelle à la guerre… mais contre qui ou quoi ? De toute évi­dence, pas contre les indus­tries qui anéan­tissent la pla­nète. Les condi­tions atmo­sphé­riques chan­geantes ne repré­sentent pas non plus un enne­mi tan­gible. Étant don­né que l’armée et le sys­tème éco­no­mique servent aux plus riches à domi­ner les plus pauvres et le monde natu­rel, les vic­times des guerres impé­ria­listes, du sys­tème capi­ta­liste, ain­si que le monde vivant lui-même deviennent les enne­mis à abattre. L’analyse pré­sen­tée dans la vidéo inti­tu­lée « Sel­ling Extinc­tion » (Vendre l’Extinction) » sug­gère que le déclen­che­ment de guerres dans le but de pré­ser­ver la domi­na­tion éco­no­mique mon­diale des USA est en effet le but du TCM.

« Nous appe­lons l’Amérique à gui­der le monde dans une action héroïque pour sau­ver le monde ! » Étant don­né ce qu’il se pro­duit lorsque les USA déclarent être des sau­veurs héroïques, je pré­fé­re­rais que vous vous abs­te­niez.

On peut d’ailleurs obser­ver des simi­li­tudes entre la rhé­to­rique de TCM et cette défi­ni­tion du fas­cisme : « Le fas­cisme est une phi­lo­so­phie poli­tique, un mou­ve­ment ou un régime qui exalte la nation et sou­vent la race par-delà l’individu, et qui défend un gou­ver­ne­ment auto­cra­tique cen­tra­li­sé mené par un dic­ta­teur, des régle­men­ta­tions sociales et éco­no­miques sévères ain­si que la sup­pres­sion par la force de toute oppo­si­tion. » (Mer­riam Webs­ter)

Extinc­tion Rebel­lion redi­rige une par­tie de l’argent qu’il reçoit en dons à l’attention de TCM.

[Image : Oncle Sam, sym­bole des USA impé­ria­listes et va-t-en-guerre, mène un bataillon d’éoliennes géantes dans la guerre pour la crois­sance éco­no­mique. Source : TCM, The Cli­mate Mobi­li­za­tion.]

Selon « Beyond Zero Emis­sions » (Au-delà des Émis­sions Zéro), une autre orga­ni­sa­tion vers laquelle Extinc­tion Rebel­lion ren­voie ceux qui veulent en savoir plus sur les solu­tions pos­sibles, « tous les sec­teurs de l’économie aus­tra­lienne peuvent être décar­bo­nés, ren­for­cés, et béné­fi­cier de la tran­si­tion vers la neu­tra­li­té car­bone ». Béné­fices éco­no­miques, encore. Aucun béné­fice pour l’environnement. Encore.

« Les indus­tries manu­fac­tu­rières peuvent rem­pla­cer les com­bus­tibles fos­siles par de l’électricité renou­ve­lable et éli­mi­ner jusqu’à 8 % des émis­sions aus­tra­liennes », ce qui semble à peine valoir la peine étant don­né que les émis­sions liées à la fabri­ca­tion des nou­velles infra­struc­tures requises pour la tran­si­tion sont sans doute plus éle­vées que la réduc­tion per­mise. Même s’il était pos­sible d’éliminer entiè­re­ment les émis­sions de CO2 liées à ces pro­ces­sus, la fabri­ca­tion du ciment, des plas­tiques, des pro­duits chi­miques et de toutes ces salo­pe­ries toxiques conti­nue inexo­ra­ble­ment de pol­luer, de consti­tuer une des prin­ci­pales causes de l’extermination du monde vivant.

« Une tran­si­tion vers 100 % de véhi­cules élec­triques éli­mi­ne­rait au moins 6 % des émis­sions de gaz à effet de serre de l’Australie ». Et si nous arrê­tions, tout sim­ple­ment, de fabri­quer des voi­tures ?!

Pour­quoi une rébel­lion contre le gou­ver­ne­ment du Royaume-Uni, qui se dit concer­née par l’extermination du vivant, sou­tient-elle un think-tank lié à l’industrie manu­fac­tu­rière aus­tra­lienne ? Com­ment peuvent-ils être connec­tés ? Il est évident que cette der­nière ne va jamais sou­te­nir la seule solu­tion qui ait du sens : arrê­ter la pro­duc­tion.

Green New Deal Group for­mule comme prin­cipe pre­mier : « Une trans­for­ma­tion envi­ron­ne­men­tale mas­sive de l’économie pour empê­cher la triple crise finan­cière, cli­ma­tique et d’approvisionnement en éner­gie. » Il s’agit ici, avant tout, de sau­ver l’économie, et de four­nir plus d’énergie aux entre­prises. Pas de pro­té­ger le monde natu­rel. Rapid Tran­si­tion Alliance et One Mil­lion Cli­mate Jobs font éga­le­ment la pro­mo­tion de la crois­sance éco­no­mique, et se fichent pas mal de la des­truc­tion du monde natu­rel.

Le Break­through Ins­ti­tute pro­pose des solu­tions encore plus trou­blantes. Il s’agit d’un « centre de recherche mon­dial qui iden­ti­fie et pro­meut des solu­tions tech­no­lo­giques aux défis de déve­lop­pe­ment humain et envi­ron­ne­men­tal ». Qui défend l’énergie nucléaire, la frac­tu­ra­tion (fra­cking) et l’augmentation des extrac­tions gazières (toutes consi­dé­rées comme des « éner­gies propres »), la modi­fi­ca­tion géné­tique, la nour­ri­ture culti­vée en labo­ra­toires, une aug­men­ta­tion signi­fi­ca­tive de la consom­ma­tion d’énergie, l’urbanisation et la crois­sance éco­no­mique. Qui fait la pro­mo­tion des sys­tèmes de pro­duc­tion de nour­ri­ture indus­trielle à grande échelle et tech­no-dépen­dants, de l’augmentation de l’usage des pes­ti­cides et engrais de syn­thèse ain­si que de l’exode rural pour four­nir de la main d’œuvre aux indus­tries (où, j’imagine, ils seront mis à contri­bu­tion pour fabri­quer les pro­duits chi­miques qui vont détruire les terres qui leur auront été volées). En bref : extir­per l’humain du monde natu­rel. Et accé­lé­rer le pro­ces­sus de des­truc­tion du vivant. Tout cela est clai­re­ment expo­sé sur leur site web.

Voi­là le futur qu’Extinction Rebel­lion pro­meut. Voi­là les solu­tions pour les­quelles des mil­lions de per­sonnes, à tra­vers le monde, ont mar­ché et marchent. Pas pour mettre un terme à l’usage des éner­gies fos­siles. Pas pour pro­té­ger la nature sau­vage. Pas pour soi­gner et régé­né­rer les terres. Pas pour endi­guer les chan­ge­ments cli­ma­tiques et l’extermination du vivant. Mais plu­tôt pour sau­ver le sys­tème qui, pré­ci­sé­ment, ravage la terre, la mer, l’air, et nous tue à hau­teur de 200 espèces par jour.

Il se peut que vous ayez besoin d’un ins­tant pour digé­rer tout cela. Je ne sais pas pour vous, mais moi, je res­sens le besoin de sor­tir et de crier.

Aucune de ces soi-disant solu­tions ne men­tionne les causes de l’extermination du vivant et des chan­ge­ments cli­ma­tiques, ni le moindre plan pour s’attaquer à ces pro­blèmes. Les prin­ci­paux fac­teurs de cette exter­mi­na­tion sont la guerre, la défo­res­ta­tion, l’usage de pes­ti­cides, les pro­duits chi­miques toxiques, les plas­tiques, les extrac­tions minières, la construc­tion de routes, les engrais de syn­thèse, l’agriculture indus­trielle, la pêche indus­trielle, les bar­rages et l’expansion urbaine, et tout ce qui détruit les habi­tats natu­rels des espèces. Dans leur plan pour par­ve­nir à une éco­no­mie décar­bo­née et pour une crois­sance verte, ces pro­ces­sus ne font pas que conti­nuer sans ambages. Ils s’intensifient. On ne trouve aucune men­tion de la sou­ve­rai­ne­té indi­gène, de droits de la Nature, de san­té humaine ou envi­ron­ne­men­tale, de rési­lience, d’autonomie, de démo­cra­tie, de com­mu­nau­té. Ces concepts n’ont pas leur place dans la Nou­velle Éco­no­mie Cli­ma­tique.

Ces sup­po­sées « solu­tions » sont com­plè­te­ment décon­nec­tées de la réa­li­té du monde dans lequel nous vivons. Aucune d’entre elles ne se penche sur les nom­breux pro­blèmes liés aux dérè­gle­ments cli­ma­tiques qu’elles pré­tendent résoudre (pas une seule). Des mil­lions de réfu­giés fuient des zones de conflits. Les fermes-usines et les tests sur ani­maux réduisent en escla­vage des êtres vivants. La pro­pa­gande, la sur­veillance et la cen­sure ins­til­lent la peur et détruisent nos com­mu­nau­tés, notre auto­no­mie et notre capa­ci­té à pen­ser. L’addiction, la vio­lence, l’endettement, le sans-abrisme et les mala­dies chro­niques touchent de plus en plus de per­sonnes. Et de manière dis­pro­por­tion­née les femmes, les per­sonnes de cou­leur et les plus pauvres. On dénombre 45 mil­lions d’êtres humains esclaves, au sens his­to­rique de l’esclavage. La plu­part des autres sont des serfs modernes — plus ou moins volon­taires. Les accords de libre-échange donnent plus de pou­voir aux entre­prises qu’aux pays. Six hommes sont aus­si riches que la moi­tié de la popu­la­tion mon­diale. Les peuples indi­gènes conti­nuent d’être mas­sa­crés et contraints de quit­ter leurs terres. Beau­coup, au sein de la socié­té occi­den­tale, sont à ce point trau­ma­ti­sés par cette culture qu’ils vivent dans un état d’anxiété et de dépres­sion tel qu’ils sont à peine capables de sur­vivre au jour le jour.

Dans ces plans vers les­quels Extinc­tion Rebel­lion ren­voie, tout cela, nous toutes et tous, la tota­li­té de la vie sur cette pla­nète ne repré­sen­tons rien d’autre que du car­bone, rien de plus qu’une oppor­tu­ni­té de busi­ness, une res­source à vendre et à conver­tir en argent.

Troisième demande : « Au-delà de la politique ». Le gouvernement doit créer et être guidé par les décisions d’une Assemblée citoyenne pour la justice climatique et écologique.

Une assem­blée citoyenne. Une manière de contour­ner le pro­ces­sus démo­cra­tique afin que la neu­tra­li­té car­bone soit implé­men­tée sans déli­bé­ra­tion par nos repré­sen­tants élus. Extinc­tion Rebel­lion affirme que nous ne pou­vons pas faire confiance au pro­ces­sus démo­cra­tique parce qu’il est cor­rom­pu par l’influence du sec­teur indus­triel. Pour­tant, ils ne sou­haitent pas détruire ce sec­teur indus­triel, mais plu­tôt le conser­ver, et per­mettre à la cor­rup­tion de conti­nuer.

Une assem­blée citoyenne n’est pas moins cor­rup­tible que le sys­tème actuel. Les citoyens qui la com­po­se­ront ne seront pas doués d’une objec­ti­vi­té par­faite, ouverte à toutes les pos­si­bi­li­tés. Ils ne dis­po­se­ront pas de pou­voirs magiques en mesure de résoudre les pro­blèmes du monde. Ils auront été aus­si expo­sés à la pro­pa­gande et au mar­ke­ting que tous les autres. Et, de toute évi­dence, on ne leur lais­se­ra pas la pos­si­bi­li­té de débattre de poten­tia­li­tés ne cadrant pas avec le plan des grandes puis­sances finan­cières et indus­trielles. Plan qui est d’ores et déjà en train de se déployer.

Les experts qui conseille­ront les citoyens seront très pro­ba­ble­ment les mêmes que ceux qui conseillent déjà les gou­ver­ne­ments en ce qui concerne l’illusoire tran­si­tion qu’ils nous font actuel­le­ment miroi­ter. Des ingé­nieurs, experts des indus­tries éner­gé­tiques, éco­no­mistes, repré­sen­tants de la finance et de l’industrie pétro­lière. Pas de défen­seurs de l’environnement, de défen­seurs du monde pay­san, d’activistes indi­gènes ou d’individus dont les vies sont mena­cées par les nou­velles indus­tries « vertes ». Et cer­tai­ne­ment pas de per­sonnes s’exprimant au nom d’autres espèces et d’individus non humains, ou de futures géné­ra­tions. La tran­si­tion vers la neu­tra­li­té car­bone a pour objec­tif l’expansion de l’économie et des indus­tries éner­gé­tiques. Pas de se pen­cher sur l’effondrement des éco­sys­tèmes. Cette assem­blée ne sera pas conseillée par des experts en régé­né­ra­tion des sols, en éco­lo­gie humaine, en pra­tiques indi­gènes, en per­ma­cul­ture, en déco­lo­ni­sa­tion, en décrois­sance, en entraide, en sys­tèmes poli­tiques alter­na­tifs, en auto­no­mie ou en démo­cra­tie directe.

La tran­si­tion pla­ni­fiée du Royaume-Uni vers une éco­no­mie décar­bo­née a déjà été expo­sée dans la pre­mière par­tie de cette enquête. Vous pou­vez lire l’entièreté des 277 pages de ce plan ici. Il n’est nulle part sti­pu­lé que ce plan pour­rait être ver­te­ment aban­don­né afin que les déci­sions concer­nant son objec­tif puissent être prises par des indi­vi­dus tirés au sort. Le Comi­té des Affaires, de l’Énergie et de la Stra­té­gie Indus­trielle (Busi­ness, Ener­gy and Indus­trial Stra­te­gy Com­mit­tee, ou BEIS Com­mit­tee) a affir­mé que ce plan « devrait consti­tuer le socle de dis­cus­sion de l’Assemblée citoyenne », ce qui sug­gère clai­re­ment un cadre fixé à l’avance. Et, oui, l’Assemblée citoyenne est diri­gée par le Comi­té des Affaires, de l’Énergie et de la Stra­té­gie Indus­trielle (BEIS). Logique, puisqu’il est uni­que­ment ques­tion de busi­ness, d’énergie et d’industrie. Pas de cli­mat, ni d’extermination des espèces.

« Le Comi­té BEIS a récem­ment orga­ni­sé des séances de témoi­gnages (le 8 mai et le 18 juin 2019) avec des témoins tels que Extinc­tion Rebel­lion, le WWF, le Com­mit­tee on Cli­mate Change et d’autres par­ties pre­nantes dans l’objectif de la neu­tra­li­té car­bone, et dans les actions néces­saires pour y par­ve­nir. Ces séances font par­tie du tra­vail du Comi­té sur la Stra­té­gie de Crois­sance Propre (« Clean Growth Stra­te­gy »), et com­plètent ses enquêtes sur la façon de finan­cer les infra­struc­tures éner­gé­tiques et sur l’efficacité éner­gé­tique. Le Comi­té a éga­le­ment mené des enquêtes sur la cap­ture, l’usage et le sto­ckage du car­bone ain­si que sur les véhi­cules élec­triques. »

J’espère que vous com­men­cez à sai­sir l’objet de cette « rébel­lion » : il s’agit de crois­sance éco­no­mique, de finance, de nou­velles infra­struc­tures, d’efficacité, de cap­ture du car­bone, et de voi­tures. Les repré­sen­tants d’Extinction Rebel­lion sont plus qu’heureux d’être consul­tés et inclus dans ces plans. « Rebel for life », mon cul.

Les seules pré­oc­cu­pa­tions expri­mées par les diri­geants de XR à pro­pos de cette pro­po­si­tion concernent le fait qu’elle n’est pas léga­le­ment contrai­gnante, et qu’elle ne laisse pas les citoyens défi­nir la chro­no­lo­gie de cette tran­si­tion. Ils n’ont for­mu­lé aucune objec­tion en ce qui concerne le conte­nu du plan.

Il est remar­quable que le site web de XR décrive en long et en large le pro­ces­sus de tirage au sort pour cette assem­blée ain­si que leur vision sur la manière de la mener, mais ne dise abso­lu­ment rien de ce que signi­fie la neu­tra­li­té car­bone, ou la manière dont cet objec­tif pour­rait être atteint. On en apprend beau­coup plus de ce qui n’est pas dit que de ce qui est dit.

Un mou­ve­ment de masse de cette ampleur dis­pose peut-être de la capa­ci­té de ren­ver­ser le sys­tème exis­tant et de créer des socié­tés véri­ta­ble­ment équi­tables, sou­te­nables et cen­trées sur le res­pect de l’environnement et du vivant. Mais ce n’est pas ce qu’il fait. À la place, il offre davan­tage de pou­voir aux gou­ver­ne­ments et aux indus­triels, en échange d’un simu­lacre de par­ti­ci­pa­tion citoyenne à un pro­ces­sus dont les grandes lignes sont, dans l’ensemble, déjà déter­mi­nées.

Cette Assem­blée citoyenne ser­vi­ra fina­le­ment à garan­tir le consen­te­ment du grand public aux déci­sions prises. À garan­tir leur accep­ta­bi­li­té, étant don­né que les citoyens choi­sis sont cen­sés nous repré­sen­ter. La résis­tance est ain­si neu­tra­li­sée.

S’en remettre à l’autorité du gou­ver­ne­ment ne par­ti­cipe pas à la redis­tri­bu­tion du pou­voir au niveau des com­mu­nau­tés humaines, au contraire. Les rebelles pour­raient, s’ils le choi­sis­saient, orga­ni­ser leurs propres assem­blées citoyennes, ou de nom­breuses assem­blées régio­nales, loin de l’influence du gou­ver­ne­ment, et ain­si consti­tuer leurs propres plans. Cela per­met­trait de reprendre le pou­voir aux gou­ver­ne­ments et aux indus­triels, et de le remettre dans les mains de la popu­la­tion. Cepen­dant, XR a rédi­gé une décla­ra­tion décou­ra­geant acti­ve­ment toute assem­blée régio­nale, et inci­tant plu­tôt à se concen­trer sur l’assemblée natio­nale.

Les rebelles pour­raient s’engager dans la veine du muni­ci­pa­lisme et de la « poli­tique pré­fi­gu­ra­tive », tra­vailler à la séces­sion en vue de l’indépendance régio­nale, construire des struc­tures locales favo­ri­sant la démo­cra­tie directe, l’entraide, les acti­vi­tés vivrières, dans l’optique de sup­plan­ter les struc­tures du capi­ta­lisme mon­dia­li­sé. La rébel­lion pour­rait rejoindre « Sym­bio­sis » : « une confé­dé­ra­tion d’organisations de com­mu­nau­tés à tra­vers l’Amérique du Nord, construi­sant de toutes pièces une socié­té démo­cra­tique et éco­lo­gique. »

Mais XR cherche à pous­ser ceux au pou­voir à agir plu­tôt qu’à ren­ver­ser le sys­tème. Un mou­ve­ment dont le but est de garan­tir la péren­ni­té de la civi­li­sa­tion tech­no-indus­trielle ne pour­ra jamais s’attaquer à la racine du pro­blème de la des­truc­tion des éco­sys­tèmes, étant don­né que cette racine, c’est pré­ci­sé­ment la civi­li­sa­tion tech­no-indus­trielle. Leur soi-disant tran­si­tion, qui per­met au « busi­ness as usual » de conti­nuer sous la ban­nière de la « décar­bo­na­tion », n’est pas autre chose que du green­wa­shing.

« Ce pays, avec ses ins­ti­tu­tions, appar­tient à la popu­la­tion qui y habite. Si un jour elle se lasse du gou­ver­ne­ment exis­tant, elle peut exer­cer son droit consti­tu­tion­nel de le modi­fier ou son droit révo­lu­tion­naire de le des­ti­tuer ou de le ren­ver­ser. »

— Abra­ham Lin­coln

« Nous avons besoin d’une révo­lu­tion tous les 200 ans, parce que tous les gou­ver­ne­ments deviennent viciés et cor­rom­pus après 200 ans. »

— Ben­ja­min Frank­lin

Puissent les Rebelles sai­sir l’importance de ces deux cita­tions de per­son­nages qu’on n’accusera pas d’être de dan­ge­reux dji­ha­distes verts.

Kim Hill


La par­tie III explo­re­ra l’histoire de la mani­pu­la­tion du mou­ve­ment Cli­mat par les indus­triels, et la fina­li­té de toute cette ges­ti­cu­la­tion cli­ma­tique : la 4e Révo­lu­tion Indus­trielle.

Tra­duc­tion : William Blake, Oli­vier Len­nerts

Édi­tion : Nico­las Casaux

Cor­rec­tion : Lola Bear­zat­to

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Comments to: À propos d’Extinction Rebellion – Partie II : solutions et tactiques promues (par Kim Hill)
  • 18 octobre 2019

    Excellent.Militants naïfs voire fana­ti­sés, uto­pistes bibe­ron­nés à l’i­déo­lo­gie domi­nante inca­pable d’ap­pré­hen­der le monde dans sa glo­ba­li­té, de « l’é­co­lo­gie » de salon au ser­vice du sys­tème.

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  • 4 novembre 2019

    Bon­jour

    les reven­di­ca­tions men­tion­nées sur le site XR France dif­fé­rent quelque peu de celles que vous dénon­cez.
    https://extinctionrebellion.fr/revendications/

    le point 1 dénonce la crois­sance
    le point 2 prône l’a­ban­don des éner­gies fos­siles
    le point 3 dénonce le déve­lop­pe­ment de nos socié­tés modernes
    le point 4 dénonce la céci­té des gou­ver­ne­ments, appelle à une mobi­li­sa­tion civile et soli­daire d’une ampleur et d’une visée com­pa­rables à celles déployées en temps de guerre

    Reply
  • 23 janvier 2020

    Caté­go­rie d’a­mé­na­ge­ment du capi­tal :
    http://guerredeclasse.fr/2019/10/05/contre-le-nuage-noir-de-la-merde-du-capital/

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