Le WWF est consi­dé­ré comme la plus grande orga­ni­sa­tion de pro­tec­tion de l’environnement au monde. C’est avec une confiance presque aveugle que sont accueillis ses pro­jets verts. Le WWF fait appel à la conscience des dona­teurs par des cam­pagnes qui secouent : tout le monde doit par­ti­ci­per lorsqu’il s’agit de sau­ver des espèces ani­males mena­cées, les cli­mats ou les forêts humides.

Il y a 50 ans — le 11 sep­tembre 1961 — le WWF fut fon­dé. Aujourd’hui, le WWF est le lob­by en faveur de l’environnement le plus influent au monde. Grâce à ses excel­lents contacts avec les poli­tiques et les indus­triels. C’est un exer­cice de funam­bule entre enga­ge­ment et véna­li­té. L’auteur de docu­men­taires, Wil­fried Huis­mann a tra­vaillé toute une année à un film qui démy­thi­fie l’image du WWF. Der­rière la façade éco­lo, l’auteur a décou­vert durant le tour­nage autour du monde, des his­toires explo­sives. On y parle de peuples dépor­tés, de forêts humides rasées et de très bonnes affaires, grâce label vert en faveur de l’environnement.

Wil­fried Huis­mann suit tout au long de son voyage, la trace des dons. Exemple en Indo­né­sie : le WWF fait des col­lectes pour l’orang-outan de Bor­néo, espèce mena­cée. Sur place, l’équipe de télé de la pre­mière chaîne alle­mande (ARD) ne trouve aucun pro­jet de pro­tec­tion du WWF, en faveur des orangs-outans. Au contraire, le WWF coopère avec une grosse entre­prise qui détruit les der­nières forêts de Bor­néo pour mettre en place des plan­ta­tions de pal­miers à huile, ce qui est fatal aux orangs-outans. Le WWF prend l’argent de l’entreprise et lui accorde le label “Pro­duc­tion durable”. Les esprits cri­tiques y voient une forme moderne de la pra­tique moyen­âgeuse des indul­gences.

Par­tout dans le monde, le WWF passe des par­te­na­riats avec de grosses entre­prises de l’énergie et de l’agrobusiness. Même le soja mani­pu­lé géné­ti­que­ment du géant de la chi­mie Mon­san­to a reçu la béné­dic­tion du Pan­da. Est-ce que l’accord entre le WWF et l’industrie aide à sau­ver les quelques éco­sys­tèmes de la pla­nète encore intacts ou est-ce qu’il accé­lère leur anéan­tis­se­ment ?

Ce film docu­men­taire veut élu­ci­der les mys­tères du WWF. Il nous plonge au cœur de l’Empire vert et ébranle notre croyance dans le Pan­da.

Une copro­duc­tion de la West Deutsche Rund­funk et de la Süd­west Rund­funk

(Cette pré­sen­ta­tion du film pro­vient du site web de Fabrice Nico­li­no)



Extrait d’un article à pro­pos du WWF et des sau­mons :

En 2012, le jour­na­liste Wil­fried Huis­mann a publié, en Alle­magne, une enquête sur le WWF qui a eu un grand reten­tis­se­ment. Il nous donne main­te­nant une ver­sion anglaise enri­chie. Il a ren­con­tré des diri­geants du WWF, lorsqu’ils ont accep­té de le rece­voir et de répondre à leurs ques­tions, et il a reçu de nom­breux témoi­gnages de membres (anciens ou actuels) de l’organisation, notam­ment sur le malaise que sus­citent les liens étroits du WWF avec les grandes mul­ti­na­tio­nales dont celles consi­dé­rées les plus grandes pol­lueuses et les plus des­truc­trices de l’environnement. Il ne met pas en cause la sin­cé­ri­té des sala­riés de l’ONGE, et il recon­naît que le tra­vail de ter­rain peut être respectable[1]. Il constate sim­ple­ment que les plus hautes ins­tances du WWF négo­cient avec de grandes socié­tés mul­ti­na­tio­nales et les contestent de moins en moins, au point même de cou­vrir et favo­ri­ser l’expansion de pra­tiques inac­cep­tables. Il ana­lyse ain­si les rap­ports avec Coca Cola, les liens avec les défen­seurs de l’apartheid, avec Mon­san­to et les grands pro­duc­teurs d’huile de palme et de soja. Il confronte les inten­tions affi­chées par le WWF avec les réa­li­tés de ter­rain. Toutes les enquêtes de ter­rain menées par W. Huis­mann montrent que les entre­prises liées au WWF ne res­pectent pas leurs enga­ge­ments, pour­tant bien limi­tés. Mal­gré ces constats alar­mants, le WWF assure qu’il contri­bue à l’amélioration des pra­tiques de ces grandes socié­tés, en Afrique, au Mexique, au Bré­sil, en Argen­tine, en Inde et en Indo­né­sie. L’enquête montre qu’elles pour­suivent la défo­res­ta­tion, la des­truc­tion de sols, des res­sources en eau. Elles sacri­fient des com­mu­nau­tés indi­gènes et pay­sannes et le WWF sou­tient cette poli­tique, mal­gré ses enga­ge­ments en faveur des droits des indigènes[2]. Loin de contri­buer à la pro­tec­tion de la nature et des popu­la­tions qui en vivent, selon W. Huis­mann, le WWF couvre les tur­pi­tudes et les pra­tiques scan­da­leuse des socié­tés qui le financent. Pire, il per­met ain­si à ces mul­ti­na­tio­nales d’étendre leurs acti­vi­tés des­truc­trices, comme en Indo­né­sie, au Chi­li ou en Argen­tine.

Le WWF et Marine Har­vest, le roi du sau­mon

L’entreprise nor­vé­gienne Marine Har­vest réa­lise près du quart (plus de 400 000t en 2014) de la pro­duc­tion mon­diale de sau­mon d’élevage. L’ensemble des entre­prises nor­vé­giennes contrôle 90% de cette pro­duc­tion et, John Fre­drik­sen, pro­prié­taire de Marine Har­vest, est consi­dé­ré comme le roi du sau­mon. Son entre­prise pro­duit du sau­mon en Nor­vège, en Ecosse, au Chi­li et elle le trans­forme dans plu­sieurs pays d’Europe et d’Asie. Avec 10 000 employés dans 23 pays, elle est le lea­der de la « révo­lu­tion bleue ». En 2008, le WWF a signé un accord de par­te­na­riat avec Marine Har­vest pour pro­mou­voir l’aquaculture durable sui­vant les canons de la cer­ti­fi­ca­tion ASC (Aqua­cul­ture Ste­ward­ship Coun­cil), conçue sous l’égide du WWF et lan­cée offi­ciel­le­ment en 2009.[…]

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