Article initialement publié en anglais le 21 janvier 2015 sur le site de Colin Todhunter.

La Fon­da­tion Bill et Melin­da Gates (FBMG) est en train de faus­ser la direc­tion du déve­lop­pe­ment inter­na­tio­nal d’une manière dan­ge­reuse et sans avoir de comptes à rendre à per­sonne.

La fon­da­tion Gates, dont le monde pense glo­ba­le­ment du bien, impose un modèle néo­li­bé­ral de déve­lop­pe­ment et de domi­na­tion cor­po­ra­tiste qui ouvre l’agriculture afri­caine à la sai­sie de terres et de semences par l’agrobusiness mon­dial, écrit Colin Tod­hun­ter. Ce fai­sant, elle évince les véri­tables solu­tions : l’amélioration de la sécu­ri­té ali­men­taire, la sou­ve­rai­ne­té ali­men­taire et l’agroécologie.

Avec 43,5 mil­liards de dol­lars d’actifs, la FBMG est la plus impor­tante fon­da­tion cari­ta­tive au monde. Elle dis­tri­bue actuel­le­ment plus d’aides pour la san­té mon­diale que n’importe quel gou­ver­ne­ment.

En consé­quence, elle influence gran­de­ment les pro­blèmes de san­té mon­diaux et d’agriculture.

L’accusation est por­tée dans un nou­veau rap­port de Glo­bal Jus­tice Now (jus­tice mon­diale main­te­nant), inti­tu­lé « Gated Deve­lop­ment [qu’on pour­rait tra­duire par Déve­lop­pe­ment gâté, pour gar­der le jeu de mot en anglais, gated signi­fiant muré, NdE] – la fon­da­tion Gates est-elle tou­jours une force du bien ? ». Le rap­port affirme que ce que fait la FBMG pour­rait fina­le­ment exa­cer­ber les inéga­li­tés mon­diales et ancrer plus encore le pou­voir cor­po­ra­tiste mon­dial.

L’analyse de Glo­bal Jus­tice Now des pro­grammes de la FBMG montre que les cadres supé­rieurs de la fon­da­tion sont majo­ri­tai­re­ment issus des États-Unis cor­po­ra­tistes. Par consé­quent, la ques­tion est la sui­vante : quels sont les inté­rêts défen­dus — ceux des États-Unis cor­po­ra­tistes ou ceux des gens ordi­naires qui veulent la jus­tice sociale et éco­no­mique plu­tôt que la cha­ri­té ?

Selon le rap­port, la stra­té­gie de la fon­da­tion vise à ren­for­cer le rôle des com­pa­gnies mul­ti­na­tio­nales dans la san­té et l’agriculture mon­diales par­ti­cu­liè­re­ment, bien que ces cor­po­ra­tions soient lar­ge­ment res­pon­sables de la pau­vre­té et de l’injustice qui infestent actuel­le­ment les pays du Sud.

Il finit par conclure que les pro­grammes de la fon­da­tion pos­sèdent une stra­té­gie idéo­lo­gique spé­ci­fique qui fait la pro­mo­tion de poli­tiques éco­no­miques néo­li­bé­rales, de la mon­dia­li­sa­tion cor­po­ra­tiste, de la tech­no­lo­gie que cela amène (comme les OGM) et d’une vision dépas­sée de la cen­tra­li­té de l’aide dans « l’assistance » des pauvres.

Financée par l’évasion fiscale, très proche des intérêts corporatistes

Le rap­port pré­sente une série de cri­tiques, qui com­prennent :

1) La rela­tion entre la fon­da­tion et les pra­tiques fis­cales de Micro­soft. Un rap­port de 2012 du sénat amé­ri­cain sou­ligne que l’utilisation par Micro­soft de filiales off­shore lui a per­mis d’éviter 4,5 mil­liards de dol­lars de taxes, une somme plus éle­vée que l’attribution annuelle de la FBMG (3,6 mil­liards de dol­lars en 2014).

2) La rela­tion étroite que la FBMG entre­tient avec de nom­breuses cor­po­ra­tions dont le rôle et la poli­tique contri­buent au main­tien de la pau­vre­té actuelle. Non seule­ment la FBMG tire pro­fit de nom­breux inves­tis­se­ments au sein d’une série de com­pa­gnies contro­ver­sées, contri­buant à l’injustice éco­no­mique et sociale, mais elle sou­tient éga­le­ment acti­ve­ment plu­sieurs de ces com­pa­gnies à tra­vers le globe, dont Mon­san­to, DuPont et Bayer, par le biais de diverses ini­tia­tives pro-cor­po­ra­tions.

3) La pro­mo­tion par la fon­da­tion de l’agriculture indus­trielle en Afrique, pous­sant à l’adoption des OGM, des sys­tèmes de semences bre­ve­tées et des engrais chi­miques, sachant que tout ceci nuit à l’agriculture pay­sanne de sub­sis­tance, déjà pré­sente, qui par­ti­cipe lar­ge­ment à la sécu­ri­té ali­men­taire du conti­nent.

4) La pro­mo­tion par la fon­da­tion de pro­jets à tra­vers le globe inci­tant à la pri­va­ti­sa­tion des sys­tèmes de san­té et d’éducation. De nom­breuses agences s’inquiètent de ce que de tels pro­jets peuvent exa­cerbent les inéga­li­tés et sapent la four­ni­ture uni­ver­selle des néces­si­tés humaines élé­men­taires.

5) Le finan­ce­ment par la FBMG d’une série de pro­grammes de vac­ci­na­tion ayant entraî­né des mala­dies voire des morts, qui ont très peu atti­ré l’at­ten­tion des gou­ver­ne­ments ou des médias offi­ciels.

A ce pro­pos, il faut savoir que la FBMG est en pro­cès en Inde en rai­son des consé­quences par­fois dra­ma­tiques de ses cam­pagnes de vac­ci­na­tion (http://articles.economictimes.indiatimes.com/2014–08-31/news/53413161_1_hpv-vaccine-cervarix-human-papilloma-virus)

« La fon­da­tion Gates est rapi­de­ment deve­nue l’acteur le plus influent du monde en ce qui concerne la san­té mon­diale et la poli­tique agri­cole, mais il n’y a aucune super­vi­sion et aucun contrôle de la ges­tion de cette influence », explique Pol­ly Jones, qui dirige les cam­pagnes et la poli­tique de Glo­bal Jus­tice Now.

« Cette concen­tra­tion de pou­voir et d’influence est encore plus pro­blé­ma­tique consi­dé­rant le fait que la vision phi­lan­thro­pique de la fon­da­tion Gates semble être lar­ge­ment basée sur les valeurs cor­po­ra­tistes des USA. La fon­da­tion fait inexo­ra­ble­ment la pro­mo­tion d’initiatives des grandes entre­prises comme l’agriculture indus­trielle, la pri­va­ti­sa­tion des soins de san­té et de l’éducation. Mais tout cela exa­cerbe poten­tiel­le­ment les pro­blèmes de pau­vre­té et le manque d’accès aux res­sources élé­men­taires, ce à quoi la fon­da­tion est cen­sée remé­dier. »

Le rap­port explique que Bill Gates est en contact régu­lier avec les diri­geants mon­diaux, et qu’il finance per­son­nel­le­ment des cen­taines d’universités, d’or­ga­ni­sa­tions inter­na­tio­nales, d’ONG et de médias.

En tant que voix la plus influente du déve­lop­pe­ment inter­na­tio­nal, la stra­té­gie de la Fon­da­tion est un chal­lenge majeur pour les acteurs du déve­lop­pe­ment pro­gres­sistes et les acti­vistes du monde entier, qui vou­draient voir l’influence des cor­po­ra­tions mul­ti­na­tio­nales dimi­nuer ou être éli­mi­née des mar­chés mon­diaux.

Non seule­ment la fon­da­tion finance des pro­jets dans les­quels les cor­po­ra­tions phar­ma­ceu­tiques et agri­coles sont les prin­ci­paux béné­fi­ciaires, mais elle inves­tit sou­vent dans les com­pa­gnies qu’elle finance, ce qui signi­fie que la fon­da­tion a inté­rêt à ce que ces cor­po­ra­tions engrangent des pro­fits.

Selon le rap­port, il s’agit d’un « car­rou­sel de cor­po­ra­tions où la FBMG agit tou­jours en faveur de leurs inté­rêts. »

Déraciner les agricultures indigènes en faveur de l’agro-business mondial

Le rap­port sou­ligne que les rela­tions étroites de la FBMG avec le géant de la semence et de la chi­mie Mon­san­to sont bien connues. Elle pos­sé­dait aupa­ra­vant des parts de la com­pa­gnie et conti­nue à faire la pro­mo­tion de plu­sieurs pro­jets dont Mon­san­to est le béné­fi­ciaire.

Par­mi eux, et non des moindres, le pro­jet entiè­re­ment inap­pro­prié et frau­du­leux d’OGM sou­te­nant une solu­tion miracle tech­nique pour résoudre les pro­blèmes struc­tu­rels qui entraînent la faim, la pau­vre­té et l’insécurité ali­men­taire. Mais comme le sou­ligne le rap­port, la FBMG est par­te­naire de plu­sieurs mul­ti­na­tio­nales de l’agro-business.

Le rap­port met en lumière plu­sieurs cas de ce genre. Par exemple, la fon­da­tion tra­vaille avec le cour­tier US Car­gill dans un pro­jet de 8 mil­lions de dol­lars pour « déve­lop­per la chaîne de valeur du soja » en Afrique du Sud.

Car­gill est le pre­mier acteur mon­dial de la pro­duc­tion et du com­merce du soja, avec d’importants inves­tis­se­ments en Amé­rique du Sud où des mono­cul­tures de soja GM ont dépla­cé des popu­la­tions rurales et entraî­né d’importantes dégra­da­tions envi­ron­ne­men­tales. Selon Glo­bal Jus­tice Now, le pro­jet finan­cé par la FBMG per­met­tra pro­ba­ble­ment à Car­gill de mettre la main sur le mar­ché du soja afri­cain et d’introduire à terme le soja GM sur le conti­nent.

Les débou­chés pour ce soja sont des com­pa­gnies en rela­tion avec la marque de fast food KFC, dont l’expansion en Afrique est faci­li­tée par ce pro­jet.

Des exemples spé­ci­fiques sou­li­gnant le sou­tien de la FBMG d’autres pro­jets impli­quant d’autres cor­po­ra­tions de l’industrie chi­mique et de l’industrie de la semence dont DuPont Pio­neer, Syn­gen­ta et Bayer, sont don­nés.

Selon l’étude, la FBMG fait la pro­mo­tion d’un modèle d’agriculture indus­trielle, de l’utilisation accrue d’engrais chi­miques, de semences coû­teuses et bre­ve­tées, de la pri­va­ti­sa­tion des ser­vices de vul­ga­ri­sa­tion, et met l’accent sur les cultures géné­ti­que­ment modi­fiées. La fon­da­tion finance l’Alliance pour une Révo­lu­tion Verte en Afrique (Alliance for a Green Revo­lu­tion in Afri­ca, AGRA) dans sa pro­mo­tion de l’agriculture indus­trielle.

Les graines de la destruction

La poli­tique semen­cière est un domaine clé de l’AGRA. Le rap­port sou­ligne que plus de 80% des semences d’Afrique pro­viennent de mil­lions de petits pay­sans qui recyclent et échangent des semences d’an­née en année. Mais l’AGRA fait la pro­mo­tion de la pro­duc­tion com­mer­ciale de semences et sou­tient donc l’introduction d’un sys­tème com­mer­cial de semences, ce qui risque de per­mettre à quelques grosses cor­po­ra­tions de contrô­ler la recherche et le déve­lop­pe­ment semen­cier, la pro­duc­tion et la dis­tri­bu­tion.

Afin que les com­pa­gnies com­mer­ciales de semences inves­tissent dans la recherche et le déve­lop­pe­ment, elles exigent en pre­mier lieu la pro­tec­tion de leur « pro­prié­té intel­lec­tuelle ». Selon le rap­port, cela requiert une restruc­tu­ra­tion fon­da­men­tale des lois semen­cières pour auto­ri­ser des sys­tèmes de cer­ti­fi­ca­tions qui pro­té­ge­ront non seule­ment les varié­tés cer­ti­fiées et les royal­ties qui en sont tirées, mais cri­mi­na­li­se­ront toutes les semences non-cer­ti­fiées.

Le rap­port sou­ligne qu’au cours de ces deux der­nières décen­nies, un long et lent pro­ces­sus de révi­sion des lois natio­nales sur les semences, spon­so­ri­sé par l’USAID et le G8 ain­si que par la FBMG et d’autres, a per­mis aux cor­po­ra­tions mul­ti­na­tio­nales de s’im­pli­quer dans la pro­duc­tion de semences, y com­pris dans l’acquisition de chaque entre­prise semen­cière sub­stan­tielle du conti­nent afri­cain.

Paral­lè­le­ment, l’AGRA fait la pro­mo­tion d’intrants coû­teux, en par­ti­cu­lier d’engrais, bien que de nom­breuses preuves sug­gèrent que l’utilisation d’engrais chi­miques entraîne des risques impor­tants pour la san­té des ouvriers agri­coles, qu’elle aug­mente l’érosion du sol et peut pié­ger les petits exploi­tants agri­coles dans un cercle vicieux de dette insou­te­nable. La FBMG, à tra­vers l’AGRA, est l’un des plus impor­tants pro­mo­teurs d’engrais chi­mique au monde.

Cer­taines sub­ven­tions offertes par la FBMG à l’AGRA, avaient pour but spé­ci­fique « d’aider l’AGRA à mettre en place la chaîne d’approvisionnement en engrais » de l’Afrique. Le rap­port décrit com­ment un des dons les plus impor­tants, d’une valeur de 25 mil­lions de dol­lars, reçu par l’AGRA, a été uti­li­sé pour aider à la mise en place du Par­te­na­riat Afri­cain des Engrais de l’Agrobusiness (Afri­can Fer­ti­li­ser Agri­bu­si­ness Part­ner­ship, AFAP) en 2012, dont le but est « d’au moins faire dou­bler l’utilisation totale d’engrais » en Afrique.

Le pro­jet de l’AFAP est pour­sui­vi en par­te­na­riat avec le centre inter­na­tio­nal de déve­lop­pe­ment d’engrais, un organe qui repré­sente l’industrie des engrais.

Un autre pro­gramme clé de l’AGRA depuis son avè­ne­ment a été le sou­tien aux réseaux de reven­deurs de pro­duits agri­coles – de petits dis­tri­bu­teurs pri­vés issus de com­pa­gnies trans­na­tio­nales de pro­duits chi­miques et de semences qui vendent ces pro­duits à des exploi­tants agri­coles dans plu­sieurs pays d’Afrique. Ceci aug­mente la dépen­dance des agri­cul­teurs aux intrants chi­miques, et mar­gi­na­lise les alter­na­tives agri­coles sou­te­nables, sapant la notion selon laquelle les agri­cul­teurs exercent leur « libre choix » (comme les évan­gé­listes néo-libé­raux aiment le racon­ter à tout va) dans l’adoption de cer­taines pra­tiques agri­coles.

Saper les alternatives agroécologiques

Le rap­port conclut que l’agenda de l’AGRA est la menace la plus impor­tante du mou­ve­ment gran­dis­sant de sou­tien à la sou­ve­rai­ne­té ali­men­taire et aux méthodes agroé­co­lo­giques de cultures en Afrique. Ce mou­ve­ment s’oppose aux pro­duits chi­miques, aux semences coû­teuses et aux OGM et pro­pose à la place une approche qui per­met aux com­mu­nau­tés de contrô­ler la manière dont leur nour­ri­ture est pro­duite, ven­due et consom­mée.

Il vise à créer un sys­tème ali­men­taire conçu pour aider le peuple et l’environnement plu­tôt que pour ali­men­ter les pro­fits des cor­po­ra­tions mul­ti­na­tio­nales. La prio­ri­té est alors de faire la pro­mo­tion d’une agri­cul­ture saine et d’une nour­ri­ture saine en pro­té­geant le sol, l’eau et le cli­mat, et en fai­sant la pro­mo­tion de la bio­di­ver­si­té.

De récentes preuves appor­tées par Green­peace et par l’Oakland Ins­ti­tute montrent qu’en Afrique, l’agroécologie peut aug­men­ter signi­fi­ca­ti­ve­ment les récoltes (sou­vent plus que l’agriculture indus­trielle), et qu’elle est plus inté­res­sante pour les petits exploi­tants. En 2011, le rap­por­teur spé­cial de l’ONU sur le Droit à l’Alimentation, Oli­vier de Schut­ter, a appe­lé les pays à réorien­ter leurs poli­tiques agri­coles, et à faire la pro­mo­tion de sys­tèmes sou­te­nables – dont l’agroécologie – afin de per­mettre le droit à l’alimentation.

De plus, l’Évaluation Inter­na­tio­nale des Sciences et Tech­no­lo­gies Agri­coles pour le Déve­lop­pe­ment (EISTAD) (Inter­na­tio­nal Assess­ment of Agri­cul­tu­ral Know­ledge, Science and Tech­no­lo­gy for Deve­lop­ment, IAASTD), repré­sente l’a­bou­tis­se­ment du tra­vail de plus de 400 scien­ti­fiques durant 4 ans. Elle a été exa­mi­née à deux reprises par des pairs, et sti­pule que nous devons nous orien­ter vers la petite agri­cul­ture tra­di­tion­nelle pour assu­rer la sécu­ri­té ali­men­taire des pays du tiers-monde, à tra­vers des sys­tèmes agroé­co­lo­giques sou­te­nables.

Dans un article du Guar­dian de jan­vier 2015, le direc­teur de Glo­bal Jus­tice Now a expli­qué que le « déve­lop­pe­ment » était autre­fois consi­dé­ré comme un pro­ces­sus d’af­fran­chis­se­ment de l’exploitation colo­niale et du trans­fert du pou­voir des pays du « pre­mier » monde sur les res­sources vers le « tiers-monde », impli­quant une lutte révo­lu­tion­naire pour les res­sources du monde.

Cepen­dant, le para­digme actuel repose sur l’hypothèse selon laquelle les pays en déve­lop­pe­ment doivent adop­ter des poli­tiques néo­li­bé­rales et selon laquelle l’argent public sous forme d’aide devrait faci­li­ter cela.

Si ce nou­veau rap­port nous apprend quelque chose, c’est que la notion de « déve­lop­pe­ment » a été détour­née par les riches cor­po­ra­tions et par un phi­lan­thro­ca­pi­ta­lisme des super-riches (dont les pra­tiques cor­po­ra­tistes sont pour le moins dou­teuses, comme le sou­ligne le rap­port).

En effet, le modèle de « déve­lop­pe­ment » pro­mu va de pair avec l’idéologie et avec les rela­tions de pou­voir struc­tu­relles incrus­tées dans un capi­ta­lisme d’ex­ploi­ta­tion mon­dia­li­sé.

La FBMG repré­sente le fer de lance des ambi­tions des États-Unis cor­po­ra­tistes et de la ruée sur l’Afrique de l’agrobusiness mon­dial.

NdT : La liste des com­pa­gnies minières dans les­quelles la Fon­da­tion Gates pos­sède des inté­rêts est un annuaire du monde téné­breux de l’in­dus­trie extrac­tive en Afrique (BP, Vale SA, Rio Tin­to). Bill Gates pense que le dés­in­ves­tis­se­ment des com­bus­tibles fos­siles est une « fausse solu­tion » – une croyance étayée par le fait que sa fon­da­tion pos­sède 1,4 mil­liard de dol­lars d’ actifs finan­ciers dans des entre­prises de com­bus­tibles fos­siles, comme l’a récem­ment rap­por­té le Guar­dian. (Does the Bill and Melin­da Gates Foun­da­tion Help Big Cor­po­ra­tions More than Poor People ?, par Oscar Rickett )

« Le mil­liar­daire Bill Gates a prô­né les inves­tis­se­ments pour les éner­gies vertes [fausses solu­tions, cf. ça, ou ça] à la confé­rence sur le cli­mat à Paris. Pour­tant, sa fon­da­tion inves­tit mas­si­ve­ment dans l’in­dus­trie du pétrole. » (suite : http://www.rts.ch/info/monde/7309519-bill-gates-defend-le-climat-sa-fondation-investit-dans-le-petrole.html)

Tra­duc­tion : Nico­las Casaux

Édi­tion & Révi­sion : Faus­to Giu­dice, Hélé­na Delau­nay, Maria Gran­dy

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Comments to: La fondation Gates, fer de lance du pillage néolibéral de l’agriculture africaine (par Colin Todhunter)
  • 2 mars 2016

    Pour­quoi Green­peace ne s’in­te­resse pas au pro­bleme de sur­po­pu­la­tion gran­dis­sant ou bien au controle de la taille de la popu­la­tion mon­diale.
    Cela me semble etre bien plus impor­tant que tout le busi­ness salasse de la mon­dia­li­sa­tion des puis­sants qui eux s’en occupent (entre autre) !

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