9ae3deca6381c2a9e1ecfec3d7b54303John Pil­ger est un jour­na­liste de natio­na­li­té Aus­tra­lienne, né à Syd­ney le 9 Octobre 1939, par­ti vivre au Royaume-Uni depuis 1962. Il est aujourd’hui basé à Londres et tra­vaille comme cor­res­pon­dant pour nombre de jour­naux, comme The Guar­dian ou le New Sta­tes­man.

Il a reçu deux fois le prix de meilleur jour­na­liste de l’année au Royaume-Uni (Britain’s Jour­na­list of the Year Award). Ses docu­men­taires, dif­fu­sés dans le monde entier, ont reçu de mul­tiples récom­penses au Royaume-Uni et dans d’autres pays.

John Pil­ger est membre, à l’instar de Van­da­na Shi­va et de Noam Chom­sky, de l’IOPS (Inter­na­tio­nal Orga­ni­za­tion for a Par­ti­ci­pa­to­ry Socie­ty), une orga­ni­sa­tion inter­na­tio­nale et non-gou­ver­ne­men­tale créée (mais encore en phase de créa­tion) dans le but de sou­te­nir l’activisme en faveur d’un monde meilleur, prô­nant des valeurs ou des prin­cipes comme l’autogestion, l’équité et la jus­tice, la soli­da­ri­té, l’anarchie et l’écologie.

Article ini­tia­le­ment publié le 20 mars 2016 en anglais, sur le site offi­ciel de John Pil­ger, à cette adresse.


Je suis allé fil­mer aux îles Mar­shall, qui se situent au Nord de l’Australie, au milieu de l’océan Paci­fique. A chaque fois que je raconte cela à des gens, ils demandent, « Où est-ce ? ». Si je leur donne comme indice « Biki­ni », ils répliquent, « vous par­lez du maillot de bain ».

Bien peu semblent savoir que le maillot de bain biki­ni a été ain­si nom­mé pour com­mé­mo­rer les explo­sions nucléaires qui ont détruit l’île de Biki­ni. Les États-Unis ont fait explo­ser 66 engins nucléaires aux îles Mar­shall entre 1946 et 1958 – l’équivalent de 1,6 bombe d’Hi­ro­shi­ma chaque jour, pen­dant 12 ans.

Biki­ni est silen­cieuse aujourd’hui, mutante et conta­mi­née. Des pal­miers y poussent sous une étrange forme de grille. Rien ne bouge. Il n’y a pas d’oiseaux. Les stèles du vieux cime­tière sont vibrantes de radia­tions. Mes chaus­sures ont été décla­rées “dan­ge­reuses” sur un comp­teur Gei­ger.

Debout sur la plage, j’ai regar­dé le vert éme­raude du Paci­fique dis­pa­raître dans un vaste trou noir. Il s’agissait du cra­tère lais­sé là par la bombe à hydro­gène qu’ils avaient appe­lée « Bra­vo ». L’explosion a empoi­son­né les gens et leur envi­ron­ne­ment sur des cen­taines de kilo­mètres, peut-être pour tou­jours.

Lors de mon voyage de retour, je me suis arrê­té à l’aéroport d’Honolulu, et j’ai remar­qué un maga­zine états-unien inti­tu­lé « Women’s Health » (la San­té des Femmes) . Sur la cou­ver­ture, une femme sou­riante dans un maillot de bain biki­ni, et comme titre : « Vous aus­si, vous pou­vez avoir un corps biki­ni ». Quelques jours aupa­ra­vant, aux îles Mar­shall, j’avais inter­viewé des femmes qui avaient des « corps biki­ni » très dif­fé­rents ; elles souf­fraient toutes de can­cer de la thy­roïde ou d’autres can­cers mor­tels.

Contrai­re­ment à la femme sou­riante du maga­zine, elles étaient toutes pauvres, vic­times et cobayes d’un super­pou­voir vorace, aujourd’hui plus dan­ge­reux que jamais.

Je relate cette expé­rience en guise d’a­ver­tis­se­ment et pour mettre un terme à une dis­trac­tion qui a consu­mé beau­coup d’entre nous. Le fon­da­teur de la pro­pa­gande moderne, Edward Ber­nays, a décrit ce phé­no­mène comme « la mani­pu­la­tion consciente et intel­li­gente des habi­tudes et des opi­nions » des socié­tés démo­cra­tiques. Il l’a appe­lé le « gou­ver­ne­ment invi­sible ».

Com­bien sont au cou­rant qu’une guerre mon­diale a com­men­cé ? En ce moment, il s’a­git d’une guerre de pro­pa­gande, de men­songes et de dis­trac­tion, mais cela peut chan­ger ins­tan­ta­né­ment au moindre ordre mal inter­pré­té, avec le pre­mier mis­sile.

En 2009, le pré­sident Oba­ma se tint devant une foule en liesse au centre de Prague, au cœur de l’Eu­rope. Il s’en­ga­gea à « libé­rer le monde des armes nucléaires ». Les gens applau­dirent et cer­tains pleu­rèrent. Un tor­rent de pla­ti­tudes jaillit des médias. Par la suite, Oba­ma reçut le prix Nobel de la paix.

Un tis­su de men­songe. Il men­tait.

L’ad­mi­nis­tra­tion Oba­ma a fabri­qué plus d’armes nucléaires, plus de têtes nucléaires, plus de sys­tèmes de vec­teurs nucléaires, plus de cen­trales nucléaires. Les dépenses en têtes nucléaires à elles seules ont plus aug­men­té sous Oba­ma que sous n’im­porte quel autre pré­sident. Le coût sur 3 ans s’é­lève à plus d’1 bil­lion de dol­lars.

Une mini- bombe nucléaire est pré­vue. Elle est connue sous le nom de B61-12. C’est sans pré­cé­dent. Le Géné­ral James Cart­wright, ancien vice-pré­sident de l’é­tat-major inter­ar­mées, a expli­qué que : « Minia­tu­ri­ser [rend l’u­ti­li­sa­tion de cette bombe] nucléaire plus conce­vable ».

Au cours des  dix-huit der­niers mois, la plus grande concen­tra­tion de forces mili­taires depuis la seconde Guerre Mon­diale — opé­rée par les USA — a lieu le long de la fron­tière occi­den­tale de la Rus­sie. Il faut remon­ter à l’in­va­sion de l’U­nion Sovié­tique par Hit­ler pour trou­ver une telle menace envers la Rus­sie par des troupes étran­gères.

L’U­kraine — autre­fois membre de l’U­nion Sovié­tique — est deve­nue un parc d’at­trac­tion pour la CIA. Ayant orches­tré un coup d’é­tat à Kiev, Washing­ton contrôle effi­ca­ce­ment un régime fron­ta­lier et hos­tile envers la Rus­sie, un régime lit­té­ra­le­ment infes­té de Nazis. D’im­por­tantes per­son­na­li­tés du par­le­ment Ukrai­nien sont les héri­tiers poli­tiques des par­tis fas­cistes OUN et UPA. Ils font ouver­te­ment l’a­po­lo­gie d’Hit­ler et appellent à la per­sé­cu­tion et à l’ex­pul­sion de la mino­ri­té rus­so­phone.

Tout cela est rare­ment rap­por­té en Occi­dent, quand ce n’est pas inver­sé pour tra­ves­tir la véri­té.

En Let­to­nie, Litua­nie et en Esto­nie — à côté de la Rus­sie — l’ar­mée US déploie des troupes de com­bat, des tanks, des armes lourdes. Cette pro­vo­ca­tion extrême de la seconde puis­sance nucléaire du monde est pas­sée sous silence en Occi­dent.

 La pers­pec­tive d’une guerre nucléaire est d’au­tant plus dan­ge­reuse qu’une cam­pagne paral­lèle a été lan­cée contre la Chine.

Il est rare qu’un jour passe sans qu’on parle de la Chine comme d’une « menace ». Selon l’A­mi­ral Har­ry Har­ris, le com­man­dant en chef US du Paci­fique, la Chine « construit un grand mur de sable dans le Sud de la Mer de Chine ».

Il fait réfé­rence à la construc­tion par la Chine de pistes d’at­ter­ris­sage dans les îles Sprat­ly, qui font l’ob­jet d’un conflit avec les Phi­lip­pines — un conflit sans impor­tance avant que Washing­ton ne mette la pres­sion sur le gou­ver­ne­ment de Manille et ne tente de le sou­doyer, et que le Penta­gone ne lance une cam­pagne de pro­pa­gande appe­lée « liber­té de navi­ga­tion ».

Qu’est-ce que cela veut vrai­ment dire ? Cela signi­fie la liber­té pour les navires de guerre états-uniens de patrouiller et de domi­ner les eaux côtières de la Chine. Essayez d’i­ma­gi­ner la réac­tion états-unienne si les navires de guerre chi­nois fai­saient la même chose au large de la Cali­for­nie.

J’ai réa­li­sé un film appe­lé « La guerre invi­sible », dans lequel j’ai inter­viewé d’é­mi­nents jour­na­listes aux USA et au Royaume-Uni : des repor­ters comme Dan Rather de CBS, Rageh Omar de la BBC, et David Rose de The Obser­ver.

Tous décla­rèrent que si jour­na­listes et radio­dif­fu­seurs avaient joué leur rôle en remet­tant en ques­tion la pro­pa­gande selon laquelle Sad­dam Hus­sein pos­sé­dait des armes de des­truc­tion mas­sive, que si les men­songes de George W. Bush et de Tony Blair n’a­vaient pas été ampli­fiés et col­por­tés par les jour­na­listes, l’in­va­sion de l’I­rak de 2003 aurait pu ne pas avoir eu lieu, et des cen­taines de mil­liers de femmes, d’hommes et d’en­fants seraient encore en vie aujourd’­hui.

La pro­pa­gande pré­pa­rant actuel­le­ment le ter­rain pour une guerre contre la Rus­sie et/ou la Chine n’est en prin­cipe pas dif­fé­rente. A ma connais­sance, aucun jour­na­liste du « mains­tream » Occi­den­tal — un équi­valent de Dan Rather, disons — ne pose la ques­tion de savoir pour­quoi la Chine construit des pistes d’at­ter­ris­sage dans le Sud de la mer de Chine.

La réponse devrait être fla­grante. Les USA encerclent la Chine d’un réseau de bases mili­taires, de mis­siles balis­tiques, de groupes de com­bat, de bom­bar­diers nucléaires.

Cet arc létal s’é­tend de l’Aus­tra­lie aux îles du Paci­fique, les Mariannes, les îles Mar­shall et Guam, les Phi­lip­pines, la Thaï­lande, Oki­na­wa et la Corée, et à tra­vers l’Eu­ra­sie, jus­qu’à l’Af­gha­nis­tan et l’Inde. Les USA ont pas­sé la corde autour du cou de la Chine. Cela ne fait pas l’ob­jet d’un scoop. Silence média­tique. Guerre média­tique.

En 2015, dans le plus grand secret, les USA et l’Aus­tra­lie ont effec­tué le plus impor­tant exer­cice mili­taire air-mer de l’his­toire contem­po­raine, sous le nom de Talis­man Sabre. Il visait à répé­ter un plan de bataille Air-Mer, blo­quant les voies mari­times, comme les détroits de Malac­ca et de Lom­bok, ce qui cou­pe­rait l’ac­cès de la Chine au pétrole, au gaz et à d’autres matières pre­mières vitales pro­ve­nant du Moyen-Orient et de l’A­frique.

Dans le cirque que consti­tue la  cam­pagne pré­si­den­tielle états-unienne, Donald Trump est pré­sen­té comme un fou, un fas­ciste. Il est cer­tai­ne­ment odieux ; mais il est aus­si un pan­tin de haine média­tique. Ce simple fait devrait suf­fire à éveiller notre scep­ti­cisme.

Les idées de Trump sur l’im­mi­gra­tion sont gro­tesques, mais pas plus que celles de David Came­ron. Ce n’est pas Trump le Grand Dépor­ta­teur des USA, mais le prix Nobel de la Paix, Barack Oba­ma.

Selon un pro­di­gieux com­men­ta­teur libé­ral, Trump « déchaîne les forces obs­cures de la vio­lence » aux USA. Il les déchaîne ?

Ce pays est celui où des bam­bins tirent sur leur mère et où la police mène une guerre meur­trière contre les noirs amé­ri­cains. Ce pays est celui qui a atta­qué et ten­té de ren­ver­ser plus de 50 gou­ver­ne­ments, dont de nom­breuses démo­cra­ties, qui a bom­bar­dé de l’A­sie au Moyen-Orient, entraî­nant la mort et le dépla­ce­ment de mil­lions de gens.

Aucun pays n’at­teint ce niveau record de vio­lence sys­té­mique. La plu­part des guerres états-uniennes (presque toutes contre des pays sans défense) n’ont pas été décla­rées par des pré­si­dents répu­bli­cains mais par des libé­raux démo­crates : Tru­man, Ken­ne­dy, John­son, Car­ter, Clin­ton, Oba­ma.

En 1947, une série de direc­tives du conseil de sécu­ri­té natio­nal illus­trent l’ob­jec­tif pri­mor­dial de la poli­tique étran­gère états-unienne : « un monde consi­dé­ra­ble­ment fait à l’i­mage [de l’A­mé­rique] ». L’i­déo­lo­gie de l’a­mé­ri­ca­nisme mes­sia­nique. Nous étions tous amé­ri­cains. Ou autres. Les héré­tiques seraient conver­tis, sub­ver­tis, sou­doyés, calom­niés ou broyés.

Donald Trump est un symp­tôme de tout cela, mais c’est aus­si un anti­con­for­miste. ll dit que l’in­va­sion de l’I­rak était un crime ; il ne veut pas de guerre contre la Rus­sie et la Chine. Le dan­ger pour nous n’est pas Trump, mais Hil­la­ry Clin­ton. Elle n’a rien d’une anti­con­for­miste. Elle incarne la rési­lience et la vio­lence d’un sys­tème dont « l’ex­cep­tion­na­lisme » tant van­té n’est qu’un tota­li­ta­risme au visage occa­sion­nel­le­ment libé­ral.

A mesure que se rap­proche l’é­lec­tion pré­si­den­tielle, Clin­ton sera saluée comme la pre­mière femme pré­si­dente, sans consi­dé­ra­tion aucune de ses crimes et de ses men­songes — tout comme Oba­ma fut accla­mé en tant que pre­mier pré­sident noir, et que les libé­raux gobaient ses pro­pos absurdes sur « l’es­poir ». Et l’illu­sion se per­pé­tue.

Dépeint par le chro­ni­queur du Guar­dian Owen Jones comme « drôle, char­mant, tel­le­ment cool qu’il éclipse pra­ti­que­ment tous les autres poli­ti­ciens », Oba­ma a récem­ment envoyé des drones mas­sa­crer 150 per­sonnes en Soma­lie. Il tue habi­tuel­le­ment des gens le mar­di, selon le New York Times, lors­qu’on lui remet une liste de per­sonnes à tuer par drone. Tel­le­ment cool.

Lors de la cam­pagne pré­si­den­tielle de 2008, Hil­la­ry Clin­ton a mena­cé de « tota­le­ment obli­té­rer » l’I­ran par voie d’armes nucléaires. En tant que secré­taire d’é­tat sous Oba­ma, elle a par­ti­ci­pé au ren­ver­se­ment du gou­ver­ne­ment démo­cra­tique du Hon­du­ras. Sa contri­bu­tion à la des­truc­tion de la Libye en 2011 fut une qua­si-jubi­la­tion. Lorsque le lea­der Libyen, le colo­nel Kadha­fi, fut publi­que­ment sodo­mi­sé avec un cou­teau — un meurtre ren­du pos­sible par la logis­tique états-unienne — Clin­ton se réjouit de sa mort : « Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort ».

L’une des plus proches alliés de Clin­ton est Made­leine Albright, l’an­cienne secré­taire d’é­tat, qui s’en est pris à des jeunes filles parce qu’elles ne sou­te­naient pas « Hil­la­ry ». La tris­te­ment célèbre Made­leine Albright qui célé­bra à la télé­vi­sion la mort d’un demi- mil­lion d’en­fants ira­kiens comme « valant le coup ».

Par­mi les plus impor­tants sou­tiens de Clin­ton, on retrouve le lob­by Israé­lien et les com­pa­gnies d’ar­me­ment qui ont ali­men­té la vio­lence au Moyen-Orient. Elle et son mari ont reçu une for­tune de la part de Wall Street. Et pour­tant, elle s’ap­prête à se voir affu­blée du titre de can­di­date des femmes, à même de triom­pher du dia­bo­lique Trump, le démon offi­ciel. On dénombre éga­le­ment de nom­breux fémi­nistes par­mi ses sup­por­ters : ceux de la trempe de Glo­ria Stei­nem aux USA et d’Anne Sum­mers en Aus­tra­lie.

Une géné­ra­tion aupa­ra­vant, un culte post-moderne que l’on appelle aujourd’­hui « la poli­tique iden­ti­taire » a blo­qué de nom­breux esprits libé­raux intel­li­gents dans leur exa­men des causes et des indi­vi­dus qu’ils sou­te­naient — comme les fraudes que sont Oba­ma et Clin­ton ; comme le mou­ve­ment pro­gres­siste bidon Syri­za en Grèce, qui a tra­hi son peuple en s’al­liant avec ses enne­mis.

L’au­to-absorp­tion [le nar­cis­sisme, NdT], une forme « d’é­go­cen­trisme », devint le nou­vel esprit du temps dans les socié­tés occi­den­tales pri­vi­lé­giées et signa­la la défaite des grands mou­ve­ments col­lec­tifs contre la guerre, l’in­jus­tice sociale, l’i­né­ga­li­té, le racisme et le sexisme.

Aujourd’­hui, ce long som­meil prend peut-être fin. Les jeunes s’a­gitent à nou­veau. Pro­gres­si­ve­ment. Les mil­liers de bri­tan­niques qui ont sou­te­nu Jere­my Cor­byn comme lea­der du par­ti tra­vailliste font par­tie de cette agi­ta­tion — ain­si que ceux qui se sont ral­liés au séna­teur Ber­nie San­ders.

Au Royaume-Uni, la semaine der­nière, le plus proche allié de Jere­my Cor­byn, le tré­so­rier de l’op­po­si­tion John McDon­nell, a enga­gé le gou­ver­ne­ment tra­vailliste au paie­ment des dettes frau­du­leuses des banques, et, dans les faits, à conti­nuer sa poli­tique de soi-disant aus­té­ri­té.

Aux USA, Ber­nie San­ders a pro­mis de sou­te­nir Clin­ton si ou lors­qu’elle sera nomi­née. Lui aus­si a voté pour l’u­ti­li­sa­tion de la vio­lence par les USA contre d’autres pays lors­qu’il jugeait cela « juste ». Il dit qu’O­ba­ma a « fait un excellent tra­vail ».

En Aus­tra­lie, il règne une sorte de poli­tique mor­tuaire, dans laquelle des jeux par­le­men­taires assom­mants sont dif­fu­sés dans les médias tan­dis que les réfu­giés et les peuples indi­gènes sont per­sé­cu­tés et que croissent les inéga­li­tés, ain­si que la menace d’une guerre. Le gou­ver­ne­ment de Mal­colm Turn­bull vient d’an­non­cer un bud­get de la soi-disant défense de 195 mil­liards de dol­lars, véri­table inci­ta­tion à la guerre. Il n’y eut aucun débat. Silence.

Qu’est deve­nue la grande tra­di­tion popu­laire d’ac­tion directe, libre de tout par­ti ? Où sont le cou­rage, l’i­ma­gi­na­tion et l’en­ga­ge­ment qu’exige la lutte pour un monde meilleur, juste et pai­sible ? Où sont les dis­si­dents de l’art, du ciné­ma, du théâtre, de la lit­té­ra­ture ?

Où sont ceux qui ose­ront bri­ser le silence ? Devons-nous attendre que le pre­mier mis­sile nucléaire soit tiré ?

John Pil­ger


Tra­duc­tion : Nico­las Casaux

Édi­tion & Révi­sion : Hélé­na Delau­nay

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Comments to: Une guerre mondiale a commencé — Brisez le silence (par John Pilger)
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  • 3 avril 2016

    Well, what do we do ? Apart from shoo­ting a revo­lu­tion ? A revo­lu­tion is great but the after-match is always dif­fi­cult and it’s were dic­ta­tures emerge.
    So, that paper talk about the upco­ming Ame­ri­can elec­tion. Clin­ton is crap-knew that-. Ber­nie seems to be also crap. The only one not being bashed is… Trump ? Serious­ly ?
    What’s the frea­king solu­tion ?
    I agree with most of the things said here but I just see a dead-end.
    What’s the good ans­wer ? Who’s a good can­di­date ?
    Damn…

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    • 6 avril 2016

      What we do ? We write our selves our own consti­tu­tion. People of power shall NOT write the rules of power.
      A revo­lu­tion ? yeah of course, but we’ve got to be rea­dy for what’s next : A true Demo­cra­tie. and not the fake one we believe we have.
      Read and share this mes­sage on http://www.le-message.org (trans­la­ted in english, ger­man, span­nish, french…). Lets all wake up to become true citi­zens. Lets leave this unpo­we­red situa­tion of being a simple elec­tor.
      Become a gentle virus, spread le-message.org, read it, unders­tand it, spread it, and take back the power for the good of all. Yes we can !

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  • 5 avril 2016

    Hi, I believe the solu­tion is true demo­cra­cy through revo­lu­tion. Once the people have regai­ned power it must make sure that it doesn’t give this power back to some mas­ters it believes are more cle­ver to write the new ins­ti­tu­tions. The people must write itself the new social contract and can­not let the pro­fes­sio­nal poli­ti­cians do it in its stead. The new consti­tu­tion­nal assem­bly must be real­ly repre­sen­ta­tive of the popu­la­tion if we want the com­mon inter­est to be the main goal and for this the only solu­tion is to ran­dom­ly draw people to write the new consti­tu­tion. Do not elect them or you are back in the old vicious circle of fol­lo­wing mas­ters ! We would need an assem­bly of 2000 people to be real­ly repre­sen­ta­tive of the popu­la­tion (LAW OF LARGE NUMBERS IN STATISTICS used for the sur­veys). Obvious­ly the new consti­tu­tion would have to be appro­ved by refe­ren­dum and the people who wrote it can­not have a poli­ti­cal func­tion after­wards to avoid the actual ongoing conflict of inter­ests. Of course this means you need to believe in man­kind but that’s what real demo­cra­cy is all about. I know it sounds very uto­pic but I believe it’s the only hope we have to stop us from run­ning into the mas­sacre they’re pushing us towards.We can­not expect them to change, they are cra­zy luna­tics (the article above proves it). The change will have to come from the People. Let’s hope and make eve­ry­thing we can for this revo­lu­tion to hap­pen very soon. This idea of a popu­lar consti­tu­tion­nal assem­bly is from Etienne Chouard. I invite eve­ry­bo­dy to watch his confe­rences on inter­net. There must be some with english trans­la­tions.

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  • 5 avril 2016

    Le monde est tou­jours en guerre. La guerre d’au­jourd’­hui est d’es­sence aty­pique et d’une autre dimen­sion de la guerre classique,nucléaire ou stra­té­gique. Elle est invi­sible et mon­diale. Elle mis en confron­ta­tion un monde uni­po­laire à des orga­ni­sa­tions ter­ro­ristes à base reli­gieuse, eth­nique et poli­ti­co-mafieuse. Depuis plus de 25 ans que le monde en ébul­li­tion a cra­ché les debris de la confron­ta­tion est-ouest pour annon­cer la nou­velle guerre aty­pique oppo­sant des Etats à des mou­ve­ments et orga­ni­sa­tions non gou­ver­ne­men­tales…

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  • 9 avril 2016

    Et tout cela car l’hu­ma­ni­té doit s’har­mo­ni­ser avec du 432 HZ et qu’à défaut de cette éner­gie essen­tielle les êtres vivants deviennent fous !
    Vous n’a­vez même pas su lire la sage pro­phé­tie, une reli­gieux est plus belle que l’autre mais vous ne savez pas en lire le conte­nu car vous n’a­vez rien avoir avec Dieu !
    Exode 20
    …3 Tu n’au­ras pas d’autres dieux devant ma face. 4 Tu ne te feras point d’i­mage taillée, ni de repré­sen­ta­tion quel­conque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre. 5 Tu ne te pros­ter­ne­ras point devant elles, et tu ne les ser­vi­ras point ; car moi, l’Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis l’i­ni­qui­té des pères sur les enfants jus­qu’à la troi­sième et la qua­trième géné­ra­tion de ceux qui me haïssent,…
    Apo­ca­lypse 22
    …12 Voi­ci, je viens bien­tôt, et ma rétri­bu­tion est avec moi, pour rendre à cha­cun selon ce qu’est son oeuvre. 13 Je suis l’al­pha et l’o­mé­ga, le pre­mier et le der­nier, le com­men­ce­ment et la fin. 14 Heu­reux ceux qui lavent leurs robes, afin d’a­voir droit à l’arbre de vie, et d’en­trer par les portes dans la ville!…

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  • 17 mai 2017

    L’Homme a inven­té la guerre. Il n’y renon­ce­ra jamais. Aucune hor­reur ne l’ef­fraye et il est prêt à en com­mettre autant qu’il est pos­sible. Cette pla­nète n’a jamais connu un seul jour de paix.

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    • 18 mai 2017

      Non. La civi­li­sa­tion c’est la guerre. L’hu­ma­ni­té a des mil­lions d’an­nées. Il a exis­té et il existe encore des cultures non-civi­li­sées, tri­bales, « sau­vages », qui n’ont rien à voir avec la culture domi­nante (la civi­li­sa­tion). Ne pas les occul­ter serait les res­pec­ter. Les igno­rer et faire de grandes décla­ra­tions sur une soi-disant nature abso­lue de l’homme en extra­po­lant uni­que­ment à par­tir d’un seul ensemble mono­cul­tu­rel, c’est absurde, et mépri­sant.
      https://partage-le.com/2015/02/1084/

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  • 15 septembre 2018

    Le monde est deve­nu fou et incon­trô­lable à cause de la cupi­di­té et la vora­ci­té de cer­tains chefs d’é­tats qui veulent domi­ner toutes les richesses de la pla­nète. Les États-Unis en tête de cette course effré­née au pou­voir abso­lu mais à quel prix ? Des mil­lions de per­sonnes sont injus­te­ment mas­sa­crées, la nature est en train d’être déci­mée par ces dir­ri­geants irres­pon­sables qui nous mènent vers l’a­po­ca­lypse. Que peuvent faire de simples citoyens ?

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