L’ar­ticle sui­vant est une tra­duc­tion d’une cri­tique du mou­ve­ment Extinc­tion Rebel­lion, rédi­gée par Kim Hill, une acti­viste aus­tra­lienne. Il est pos­sible que la branche fran­çaise du mou­ve­ment prenne une direc­tion dif­fé­rente des autres branches d’Ex­tinc­tion Rebel­lion, et notam­ment des branches prin­ci­pales, bri­tan­nique et états-unienne. Cela serait sans doute sou­hai­table, mais ne chan­ge­rait pas grand-chose à l’af­faire. En effet, une branche locale d’un mou­ve­ment for­mu­lant des objec­tifs contraires à ceux des branches prin­ci­pales, cela risque de ne pas très bien fonc­tion­ner, d’a­jou­ter de la confu­sion à une situa­tion déjà hau­te­ment confuse. En outre, les branches bri­tan­nique et états-unienne sont les plus sui­vies et média­ti­sées au monde.


Le mou­ve­ment Extinc­tion Rebel­lion (XR) s’est déployé à tra­vers le monde, des mil­lions de per­sonnes défi­lant dans les rues afin de deman­der aux gou­ver­ne­ments qu’ils s’oc­cupent du réchauf­fe­ment cli­ma­tique et, plus géné­ra­le­ment, de la crise éco­lo­gique. L’am­pleur du mou­ve­ment est telle qu’il est en mesure d’a­voir un impact signi­fi­ca­tif sur le cours de l’His­toire, d’apporter des chan­ge­ments mas­sifs à la struc­ture de nos socié­tés.

Cepen­dant, la nature de ce qu’il demande n’est pas claire, et mérite un exa­men appro­fon­di. Notam­ment en rai­son de cette longue his­toire de puis­sants inté­rêts gou­ver­ne­men­taux ou indus­triels appor­tant leur sou­tien à des mou­ve­ments sociaux dans l’unique but de réorien­ter ou d’orienter leur action afin qu’elle rejoigne leurs propres objec­tifs. Extinc­tion Rebel­lion ne fait pas excep­tion.

Avec la vie sur Terre en jeu, chaque déci­sion déter­mi­nant le fonc­tion­ne­ment de nos socié­tés doit être scru­pu­leu­se­ment étu­diée. Les actions ont des consé­quences, et au point où nous en sommes, le moindre faux pas peut être catas­tro­phique. Le sen­ti­ment selon lequel ces pro­blèmes ont été suf­fi­sam­ment dis­cu­tés et qu’il est main­te­nant temps de pas­ser à l’ac­tion directe est com­pré­hen­sible. Cepen­dant, sans objec­tifs clairs et sans un plan pour les atteindre, nos actions risquent plu­tôt de faire empi­rer la situa­tion.

L’ex­tinc­tion des espèces et le chan­ge­ment cli­ma­tique font par­tie des nom­breuses consé­quences désas­treuses que génère la socié­té indus­trielle. Vou­loir agir pour mettre fin à la des­truc­tion du monde natu­rel est admi­rable. Cepen­dant, se rebel­ler contre les effets sans confron­ter direc­te­ment les sys­tèmes éco­no­miques et poli­tiques qui les pro­duisent revient à trai­ter les symp­tômes plu­tôt que la mala­die. Cela ne fonc­tion­ne­ra pas. S’attaquer à un seul aspect du sys­tème, sans prendre en compte les inter­con­nexions indus­trielles et les struc­tures de gou­ver­nance ne peut qu’aboutir à un empi­re­ment de la situa­tion.

Demande n° 2 : zéro émis­sion nette (ou « neu­tra­li­té car­bone en 2025 »)

Agir main­te­nant : Le gou­ver­ne­ment doit agir main­te­nant pour mettre un terme à la perte de bio­di­ver­si­té et rame­ner les émis­sions de gaz à effet de serre à zéro d’i­ci 2025. [Tra­duc­tion des objec­tifs de la branche bri­tan­nique d’Extinction Rebel­lion, le concept de zéro émis­sion nette, de neu­tra­li­té car­bone, est cepen­dant repris par la branche fran­çaise. En outre, les médias du monde entier sont bien plus sus­cep­tibles de s’intéresser aux objec­tifs de la branche ori­gi­nelle du mou­ve­ment, la plus célèbre. NdT]

Les objec­tifs d’Extinction Rebel­lion sont expri­més en 3 demandes, res­pec­ti­ve­ment inti­tu­lées « Dire la Véri­té » (Tell the Truth), « Agir Main­te­nant » (Act Now), et « Au-delà de la Poli­tique » (Beyond Poli­tics). Je com­men­ce­rai par m’intéresser à leur second objec­tif parce que la neu­tra­li­té car­bone est la prin­ci­pale demande du mou­ve­ment, parce que ce concept aura et a déjà un énorme impact poli­tique, éco­no­mique et social.

Que signi­fie « zéro émis­sion nette » ? Selon les mots de Cathe­rie Abreu, direc­trice géné­rale du Réseau Action Cli­mat : « En bref, cela signi­fie que la quan­ti­té de car­bone que l’on émet dans l’at­mo­sphère est égale à la quan­ti­té absor­bée ». L’expression « neutre en car­bone » (ou car­bo­neutre) est syno­nyme de « zéro émis­sion nette ».

La neu­tra­li­té car­bone, ça n’existe pas. Il n’existe aucun moyen de « dé-brû­ler » des éner­gies fos­siles. Cette demande, ce concept, ne vise pas à mettre un terme à l’ex­trac­tion et à la com­bus­tion de car­bu­rants fos­siles, mais à per­mettre à l’in­dus­trie du pétrole et du gaz de conti­nuer, au motif que quelque tech­no­lo­gie non exis­tante ren­drait tout cela accep­table. XR (Extinc­tion Rebel­lion) ne spé­ci­fie pas com­ment ils pré­voient d’at­teindre cet objec­tif.

Les pro­mo­teurs de la neu­tra­li­té car­bone défendent l’é­change de com­pen­sa­tions car­bone, afin que les entre­prises puissent payer pour que le car­bone qu’elles émettent soit [sup­po­sé­ment] cap­tu­ré ailleurs, ce qui leur évite d’avoir à véri­ta­ble­ment réduire leurs émis­sions. Cette approche crée une nou­velle indus­trie, un nou­veau mar­ché où l’on vend des cré­dits car­bone. Les éoliennes, les bar­rages hydro-élec­triques, les bio­car­bu­rants, les pan­neaux solaires, les pro­jets d’ef­fi­ca­ci­té éner­gé­tique et la cap­ture de car­bone sont des cré­dits car­bone cou­ram­ment échan­gés. Rien de tout cela ne réduit réel­le­ment les émis­sions de car­bone en pra­tique, au contraire, tout cela contri­bue à faire aug­men­ter les émis­sions de GES (Gaz à Effet de Serre). Sous cou­vert d’un tel concept, une éco­no­mie sup­po­sé­ment neutre en car­bone conti­nue d’extraire et d’utiliser des com­bus­tibles fos­siles, tout en géné­rant des pro­fits mas­sifs pour des entre­prises liées à ce mar­ché du car­bone. Louis Red­shaw, en charge des mar­chés envi­ron­ne­men­taux à Bar­clays Capi­tal, a pré­dit en 2007 que « le car­bone va deve­nir le plus impor­tant mar­ché mon­dial d’é­change de mar­chan­dises, et pour­rait deve­nir le plus grand mar­ché du monde tout court ».

La neu­tra­li­té fait l’u­na­ni­mi­té

Cet objec­tif de neu­tra­li­té car­bone est sou­te­nu par plus de 100 entre­prises et lob­bies dans une lettre au gou­ver­ne­ment du Royaume-Uni, sti­pu­lant : « Nous voyons la menace que le chan­ge­ment cli­ma­tique consti­tue pour nos affaires et nos inves­tis­se­ments, ain­si que les oppor­tu­ni­tés éco­no­miques signi­fi­ca­tives que pré­sente un inves­tis­se­ment pré­coce dans le déve­lop­pe­ment de nou­veaux ser­vices et mar­chan­dises faibles en car­bone ». Par­mi ces entre­prises, on retrouve Shell, Nest­lé et Uni­le­ver. Shell qui a cau­sé des mil­liers de fuites de pétrole et de déver­se­ments toxiques au Nigé­ria et à tra­vers le monde, a exé­cu­té des mani­fes­tants, détient 60 % du pro­jet de pétrole de sable d’A­tha­bas­ca en Alber­ta, et a l’in­ten­tion de conti­nuer à extraire du pétrole pen­dant très long­temps. Nest­lé qui pro­fite de la conta­mi­na­tion de l’eau en ven­dant des bou­teilles d’eau, tout en épui­sant les aqui­fères mon­diaux. Uni­le­ver qui est res­pon­sable d’a­voir rasé des forêts tro­pi­cales pour de l’huile de palme et du papier, déver­sé des tonnes de mer­cure en Inde, et engran­gé des mil­liards en pro­mou­vant de la mal­bouffe embal­lée dans du plas­tique ain­si que des pro­duits de consom­ma­tion inutiles aux popu­la­tions les plus pauvres du monde. Toutes ces entre­prises défendent le libre mar­ché et la pri­va­ti­sa­tion des biens publics, exploitent les tra­vailleurs et ignorent les lois envi­ron­ne­men­tales dans les pays pauvres [et par­fois aus­si dans les pays riches, NdT]. Leur lettre est claire, ces indus­triels cherchent sim­ple­ment à pro­fi­ter de cette crise, non pas à mettre un terme aux des­truc­tions et aux dégra­da­tions dont ils sont res­pon­sables.

Voi­ci quelques-uns des alliés d’Extinction Rebel­lion dans cet objec­tif de neu­tra­li­té car­bone.

Quelques mil­liar­daires et capi­ta­listes pro­mou­vant (et pro­fi­tant de) cette noble cause.
« Asso­cia­tion mon­diale du char­bon — Zéro émis­sion nette : nou­vel objec­tif cli­ma­tique et nou­velle chance pour le char­bon ». L’in­dus­trie du char­bon voit la neu­tra­li­té car­bone comme une bonne oppor­tu­ni­té d’é­tendre ses affaires.

L’indus­trie du nucléaire consi­dère éga­le­ment la cam­pagne pour la neu­tra­li­té car­bone comme une source de réjouis­sance. Même la frac­tu­ra­tion est consi­dé­rée comme com­pa­tible avec cet objec­tif.

La neutralité carbone en pratique

Exa­mi­nons quelques moyens cen­sés per­mettre de par­ve­nir à la neu­tra­li­té car­bone.

Les éner­gies dites renou­ve­lables ne réduisent pas, ou si peu, la quan­ti­té d’énergie géné­rée par les com­bus­tibles les éner­gies fos­siles, elles s’y ajoutent, et ne font rien du tout pour réduire la quan­ti­té de car­bone dans l’at­mo­sphère. Les éoliennes et les pan­neaux solaires sont faits de métaux, qui sont extraits au moyen d’énergies fos­siles [et aus­si, par exemple, de sili­cium, en ce qui concerne cer­tains pan­neaux solaires, sili­cium dont la pro­duc­tion, très éner­gi­vore, repose sur l’utilisation de com­bus­tibles fos­siles ; pour plus de détails, voir cet article : NdT]. Par­ve­nir à 100 % d’éner­gies renou­ve­lables exi­ge­rait une quan­ti­té si impor­tante de cer­tains métaux qu’il n’en existe sim­ple­ment pas suf­fi­sam­ment, et l’ex­trac­tion des métaux rares est prin­ci­pa­le­ment réa­li­sée illé­ga­le­ment dans des zones éco­lo­giques sen­sibles, en Chine. Il existe des pro­jets d’ex­trac­tion minière en eaux pro­fondes pour obte­nir les mine­rais néces­saires aux pan­neaux solaires, éoliennes et bat­te­ries de voi­tures élec­triques. L’ex­trac­tion minière génère des des­truc­tions mas­sives, pol­lue forêts et rivières, par­ti­ci­pant à l’extermination des espèces (extinc­tion de masse) et aux dérè­gle­ments cli­ma­tiques. Mais elle rap­porte gros à bon nombre d’entreprises [et per­met l’existence de la socié­té indus­trielle tout entière, NdT], qui peuvent désor­mais pré­tendre à des sub­ven­tions gou­ver­ne­men­tales pour ali­men­ter la nou­velle éco­no­mie du cli­mat. La quan­ti­té d’éner­gies fos­siles requise pour ali­men­ter les mines, la fabri­ca­tion, l’in­fra­struc­ture et la main­te­nance des tech­no­lo­gies dites renou­ve­lables finit d’exposer le men­songe que consti­tuent les carac­té­ris­tiques (« propres », « vertes » ou « renou­ve­lables ») asso­ciées à ces éner­gies. Les « parcs » éoliens et les « fermes » solaires (splen­dide nov­langue) sont par­fois ins­tal­lés sur les terres de véri­tables fermes, ain­si que dans des déserts et forêts. Et l’éner­gie géné­rée ne sert pas à pro­té­ger des espèces en dan­ger, mais ali­mente les entre­prises res­pon­sables de l’extermination mas­sive des espèces. Ce n’est pas une solu­tion. Pas le moins du monde. Dans la logique de neu­tra­li­té car­bone de l’é­change de cré­dits car­bone, les éner­gies renou­ve­lables sont pré­sen­tées comme une alter­na­tive à l’ex­trac­tion d’éner­gies fos­siles. Elles sont en réa­li­té un moyen d’a­che­ter un « per­mis » de brû­ler encore plus de pétrole. Double arnaque et men­songes renou­ve­lables.

La com­po­si­tion d’une seule éolienne de 3MW. On compte actuel­le­ment envi­ron 350 000 éoliennes dans le monde, et atteindre la consom­ma­tion d’éner­gie actuelle avec 100 % d’éner­gie éolienne néces­si­te­rait près de 4 mil­lions d’éoliennes. Image : The World Bank — Cli­mate-Smart Mining : Mine­rals for Cli­mate Action.

L’amélioration de l’efficacité des pro­cé­dés indus­triels mène à une aug­men­ta­tion de la quan­ti­té d’éner­gie consom­mée, non pas à une baisse, car une plus grande quan­ti­té peut être pro­duite avec l’éner­gie dis­po­nible, et plus d’éner­gie est ren­due dis­po­nible pour d’autres uti­li­sa­tions. Les indus­tries qui conver­tissent le monde vivant en merdes jetables doivent être arrê­tées, pas davan­tage sub­ven­tion­nées pour détruire la pla­nète plus effi­ca­ce­ment.

La refo­res­ta­tion serait un moyen for­mi­dable de com­men­cer à répa­rer les dom­mages infli­gés au monde, au lieu de quoi elle est uti­li­sée pour étendre l’in­dus­trie du bois, qui emploie des expres­sions comme « mar­ché du car­bone fores­tier » et « défo­res­ta­tion neutre en car­bone » afin de ratio­na­li­ser la des­truc­tion des forêts pri­maires, d’ex­pul­ser leurs habi­tants, et de les rem­pla­cer par des plan­ta­tions. Ceux qui cherchent à tirer pro­fit de la refo­res­ta­tion pro­meuvent des plan­ta­tions d’arbres géné­ti­que­ment modi­fiés, dépen­dantes des pes­ti­cides, des mono­cul­tures plan­tées par drones. Ils anti­cipent une demande crois­sante pour des pro­duits issus du bois dans la nou­velle « bio-éco­no­mie ». Douze mil­lions d’hec­tares de forêt tro­pi­cale ont été rasés en 2018, l’é­qui­valent de trente ter­rains de foot­ball par minute. La défo­res­ta­tion se pour­suit ain­si depuis des décen­nies, sans aucune baisse en vue. Aucun cré­dit car­bone ou échange d’é­mis­sions ne peut avoir d’ef­fets tant que la des­truc­tion de la forêt conti­nue. En outre, la répa­ra­tion des dom­mages pas­sés ne rend pas accep­table le fait de conti­nuer à nuire. Pour que la Terre com­mence à recou­vrer la san­té, il faut que cessent toutes les acti­vi­tés qui la dégradent.

La cap­ture et le sto­ckage de car­bone (CSC) sont pro­mus comme un moyen d’ex­traire le car­bone émis par les acti­vi­tés indus­trielles, et de l’enterrer en pro­fon­deur. De grandes quan­ti­tés d’éner­gie et d’eau fraîche sont requises, et des pol­luants relâ­chés dans l’atmosphère. L’ob­jec­tif des ins­tal­la­tions de cap­ture de car­bone actuel­le­ment opé­ra­tion­nelles n’est pas de sto­cker le dioxyde de car­bone, mais de l’u­ti­li­ser dans un pro­ces­sus appe­lé « Enhan­ced Oil Reco­ve­ry » (Extrac­tion amé­lio­rée de pétrole, ou « récu­pé­ra­tion assis­tée du pétrole »), qui implique d’in­jec­ter du CO2 dans des champs de pétrole presque épui­sés, afin d’en extraire encore plus. Avec l’é­change de cré­dits car­bone, le mar­ché d’ex­trac­tion du pétrole devient plus pro­fi­table, puis­qu’on peut vendre les com­pen­sa­tions car­bone. Encore une fois, la solu­tion pro­po­sée mène à une plus grande uti­li­sa­tion d’éner­gies fos­siles, pas à une dimi­nu­tion. Le dioxyde de car­bone sto­cké a de grandes chances de fui­ter dans l’at­mo­sphère, de pro­vo­quer des trem­ble­ments de terre et d’asphyxier tous les êtres vivants alen­tour. Ce titre d’article vous dira tout ce que vous avez besoin de savoir : « La meilleure ins­tal­la­tion de cap­ture du car­bone dans le monde émet 25 fois plus de CO2 qu’elle n’en séquestre ». La cap­ture de car­bone pour le sto­ckage sous-ter­rain n’est ni tech­ni­que­ment, ni com­mer­cia­le­ment viable. En effet, elle est très ris­quée, et il n’existe pas de moti­va­tion finan­cière pour entre­po­ser le dioxyde de car­bone. Cela requiert donc des inves­tis­se­ments gou­ver­ne­men­taux et des sub­ven­tions. Ces sub­ven­tions per­mettent à l’extraction de char­bon et de gaz de deve­nir plus viables finan­ciè­re­ment, éten­dant ain­si l’in­dus­trie.

Le car­bone cap­tu­ré est uti­li­sé pour extraire le pétrole, dans le pro­gramme Enhan­ced Oil Reco­ve­ry (EOR) ou Récu­pé­ra­tion Assis­tée du Pétrole (RAP). Si le site des émis­sions n’est pas à proxi­mi­té d’un puits de pétrole, le dioxyde de car­bone doit être trans­por­té en bateau, ou ache­mi­né par de très longs pipe­lines. Recou­rir à la cap­ture de car­bone à l’é­chelle des seuls États-Unis requer­rait 37 000 km de pipe­lines dédiés au dioxyde de car­bone.

Les bio­car­bu­rants avec cap­ture et sto­ckage du car­bone (BECSC), dési­gnent un plan psy­cho­pa­thique pour raser les forêts, s’emparer des terres arables pour y faire pous­ser des plants géné­ti­que­ment modi­fiés, brû­ler les arbres et les cultures pour en faire une source d’éner­gie, et enfin enter­rer le dioxyde de car­bone sous terre (c’est-à-dire l’utiliser pour étendre la pro­duc­tion de pétrole et de gaz). Cela requer­rait une quan­ti­té de terres presque égale à la taille de l’Aus­tra­lie, ou jus­qu’à 80 % des terres arables mon­diales actuelles, des tonnes d’engrais chi­miques (pro­duits à par­tir d’éner­gies fos­siles). Cela mène­rait à une dégra­da­tion des sols (cau­sant encore plus d’é­mis­sions), des pénu­ries de nour­ri­ture, d’eau, des spo­lia­tions de terres, une crois­sance mas­sive du taux d’ex­tinc­tion des espèces. Bref, à l’empirement tous azi­muts du désastre en cours. Les pro­mo­teurs de ce concept (les com­pa­gnies pétro­lières) recon­naissent qu’at­teindre leur objec­tif néces­si­te­ra « trois fois la pro­duc­tion de céréales mon­diale actuelle, deux fois l’u­ti­li­sa­tion mon­diale d’eau pour l’a­gri­cul­ture, et vingt fois l’u­ti­li­sa­tion annuelle de nutri­ments ». Évi­dem­ment, cela se fera en majeure par­tie sur des terres volées aux popu­la­tions les plus pauvres, en Afrique, en Amé­rique du Sud ou en Asie. L’éner­gie géné­rée sera uti­li­sée pour pro­duire plus d’a­vions de chasse, de films hol­ly­woo­diens, de gad­gets inutiles et d’ex­pan­sion urbaine. Aux États-Unis, au Royaume-Uni [et en France], on brûle d’ores et déjà des arbres pour pro­duire de l’énergie « propre ». Lier la cap­ture de car­bone à l’énergie issue de la bio­masse signi­fie que 30 % de plus d’arbres ou de cultures doivent être brû­lés pour ali­men­ter les ins­tal­la­tions de cap­ture de car­bone et de sto­ckage, afin d’i­so­ler les émis­sions cau­sées par la com­bus­tion. En outre, cela consti­tue un cré­dit car­bone, c’est-à-dire (d’)un moyen de per­pé­tuer les indus­tries des éner­gies fos­siles. Le GIEC (dans ses 3 scé­na­rios les plus pro­bables) recom­mande d’utiliser les BECCS à grande échelle afin de main­te­nir le réchauf­fe­ment sous les 2° C. Ceux qui sou­tiennent une imbé­ci­li­té aus­si cri­mi­nelle ont leur place en enfer, où dans l’incinérateur d’une cen­trale à bio­masse.

L’i­mage date de 2015. Depuis, des mil­lions de tonnes de gra­nu­lés de bois issus de forêts états-uniennes cou­pées à blanc ont été impor­tés au Royaume-Uni, et brû­lés à la cen­trale élec­trique de Drax, dans le York­shire, pour ali­men­ter les mai­sons des citoyens. Les com­pa­gnies éner­gé­tiques reçoivent envi­ron 1 mil­liard de livres par année en sub­ven­tions bri­tan­niques pour géné­rer de l’élec­tri­ci­té à par­tir de bio­masse. Il existe des plans pour construire d’autres cen­trales élec­triques fonc­tion­nant avec de la « bio­masse ». Image : www.biofuelwatch.org.uk.

Voi­là à quoi res­semble, en pra­tique, une éco­no­mie « décar­bo­née ». Aug­men­ta­tion des extrac­tions d’éner­gies fos­siles, du défri­chage des sols, des extrac­tions minières (jus­qu’à neuf fois plus qu’actuellement), de la pol­lu­tion, des guerres pour l’ac­cès aux res­sources, de l’ex­ploi­ta­tion et de l’extermination des espèces. Tout l’argent que XR demande aux gou­ver­ne­ments d’in­ves­tir dans la « décar­bo­ni­sa­tion » est inves­ti direc­te­ment dans le pétrole, le gaz, le char­bon et les entre­prises minières, afin d’étendre leurs indus­tries et d’augmenter leurs pro­fits. Le Cen­ter for Inter­na­tio­nal Envi­ron­men­tal Law (Centre pour les Lois Envi­ron­ne­men­tales Inter­na­tio­nales), dans un rap­port inti­tu­lé « Fuel to the fire » (Du com­bus­tible pour le feu), explique : « Le gou­ver­ne­ment des États-Unis sub­ven­tionne les recherches sur la cap­ture et le sto­ckage du car­bone depuis 1997, et y a inves­ti plus de 5 mil­liards de dol­lars depuis 2010 ». Les entre­prises des éner­gies fos­siles défendent la neu­tra­li­té car­bone depuis quelques années main­te­nant. Elles consi­dèrent cela comme un moyen de sau­ver une indus­trie du char­bon en mau­vaise pos­ture, et d’augmenter la demande en pétrole et gaz, puisque les éner­gies dites « renou­ve­lables » (éolien, solaire, bio­car­bu­rants, etc.) et les tech­no­lo­gies de cap­ture du car­bone sont toutes dépen­dantes des éner­gies fos­siles pour leur fonc­tion­ne­ment.

Ceux qui affirment qu’une éco­no­mie neutre en car­bone est pos­sible sont des men­teurs. Toutes ces stra­té­gies émettent plus de gaz à effet de serre qu’elles n’en cap­turent. La deuxième demande d’Ex­tinc­tion Rebel­lion contre­dit direc­te­ment la pre­mière.

Ces approches sont uti­li­sées pour mas­quer le pro­blème, et pour se débar­ras­ser de ses consé­quences en les impo­sant à d’autres : les popu­la­tions pauvres, les non-humains, les pays du Sud éco­no­mique et les géné­ra­tions futures, tout cela au nom du pro­fit [et de la volon­té de puis­sance qui fonde l’idéologie du Pro­grès de la socié­té tech­no-indus­trielle, NdT]. L’ob­jec­tif ici n’est pas de main­te­nir un cli­mat stable, ou de pro­té­ger des espèces en dan­ger, mais de faire de l’argent en fai­sant sem­blant d’en avoir quelque chose à faire.

La crois­sance verte, la neu­tra­li­té car­bone et le Green New Deal (qui vise expli­ci­te­ment à sti­mu­ler l’é­co­no­mie, y com­pris en sou­te­nant « l’extraction des com­bus­tibles fos­siles res­tants au moyen de la cap­ture de car­bone ») sont des contes de fées qui nous sont ven­dus par les com­pa­gnies éner­gé­tiques, de la poudre aux yeux, des men­songes ras­su­rants qui nous pro­mettent un ave­nir radieux. En réa­li­té, tout cela ne change rien. Pire, cela per­pé­tue et fait empi­rer le pro­blème, qui s’élève déjà à 200 espèces détruites chaque jour qui passe. Avec la crois­sance éco­no­mique expo­nen­tielle (et donc une action cli­ma­tique expo­nen­tielle) ce taux d’ex­tinc­tion va aus­si croître expo­nen­tiel­le­ment. Grâce à l’argent des tra­vailleurs, sous la forme de fonds de pen­sions, de taxes car­bones et d’im­pôts pour l’ur­gence cli­ma­tique.

La branche états-unienne de XR liste la crois­sance (« growth ») comme l’un de ses pre­miers objec­tifs. Image : extinctionrebellion.us

La transition vers la neutralité carbone

On dénombre les pro­jets de construc­tion d’installations de cap­ture du car­bone par mil­liers, toutes impli­quant des routes, des pipe­lines, des lignes élec­triques, du trans­port mari­time, des défri­che­ments, de l’eau, de la pol­lu­tion, du bruit, et la des­truc­tion des cultures locales, vivrières, pour les pro­fits d’en­tre­prises, tout cela dans l’ob­jec­tif d’ex­traire plus de pétrole. Et avec le sou­tien de la Rébel­lion.

Les pro­jets de Shell d’atteindre la neu­tra­li­té car­bone consistent à construire plus d’un mil­liard de voi­tures, recou­vrir des mil­lions d’hectares de pan­neaux solaires, construire une nou­velle ins­tal­la­tion de cap­ture du car­bone chaque jour au cours des pro­chaines années (plus de 14 000), et à faire en sorte qu’un tiers de leur consom­ma­tion actuelle de pétrole soit cou­verte par des bio­car­bu­rants. Cela lais­se­rait une large pro­por­tion de la popu­la­tion humaine mon­diale sans nour­ri­ture, et la majo­ri­té de la vie sau­vage sans foyer. Ce pro­jet équi­vaut à la fois à un géno­cide et à un éco­cide. Et Extinc­tion Rebel­lion veut que tout cela se pro­duise d’ici 2025.

Essayons de for­mer une idée de l’am­pleur de cette trans­for­ma­tion éco­no­mique. Un mil­liard de secondes équi­vaut à peu près à 32 ans. Si vous ali­gniez un mil­liard de voi­tures et que vous cou­riez des­sus à la vitesse d’une voi­ture par seconde, vous cour­riez pen­dant 32 ans sans vous arrê­tez. Il s’agit de suf­fi­sam­ment de voi­tures pour faire 100 fois le tour de l’é­qua­teur. Vous auriez pro­ba­ble­ment besoin de trans­for­mer des conti­nents entiers en sites miniers pour extraire tous les mine­rais requis pour les fabri­quer. Et même cela ne serait pas assez, car cer­tains des métaux ter­restres rares néces­saires aux bat­te­ries n’existent pas en quan­ti­té suf­fi­sante. Si toutes ces voi­tures étaient ali­men­tées par des éner­gies renou­ve­lables, ima­gi­nez les extrac­tions minières qui seraient néces­saires pour conti­nuer à fabri­quer des éoliennes et des pan­neaux solaires. Peut-être plu­sieurs conti­nents de plus. Et d’autres devraient être recou­verts de pan­neaux, d’éoliennes, de câbles élec­triques, et de postes élec­triques. Et d’autres encore devraient être consa­crés à l’extraction du pétrole requis pour ali­men­ter l’ex­trac­tion minière et la construc­tion de routes. Ce qui ne laisse aucune place pour la vie. Et tout cela pour quoi ? Pour que nous puis­sions pas­ser nos vies blo­qués dans les embou­teillages ? Ridi­cule et apo­ca­lyp­tique. C’est pour­tant c’est ce que les lob­byistes de la neu­tra­li­té car­bone, avec l’aide des gou­ver­ne­ments des États-Unis et du Royaume-Uni, ain­si que de l’U­nion Euro­péenne, ont déjà com­men­cé à mettre en place.

Shell est à la pointe de la tran­si­tion éner­gé­tique, avec le gaz, les bio­car­bu­rants, la cap­ture de car­bone, les éner­gies renou­ve­lables, les tech­no­lo­gies bre­ve­tées, la vente de cré­dits car­bones. Sce­na­rios thought lea­der­ship (Scé­na­rio de direc­tion), cela désigne une volon­té de déter­mi­ner le pro­gramme mon­dial, et de conseiller les gou­ver­ne­ments sur la meilleure manière dont ils pour­raient ser­vir leur inté­rêt. Tout cela en conti­nuant leur acti­vi­té prin­ci­pale d’ex­trac­tion du pétrole.

Le scé­na­rio de Shell et les pro­grammes de conseils gou­ver­ne­men­taux semblent se por­ter for­mi­da­ble­ment, le sénat des États-Unis venant de pas­ser de nom­breuses lois, au cours des der­niers mois, visant à accroitre les sub­ven­tions des indus­triels du pétrole recou­rant à la cap­ture du car­bone, ain­si que des lois visant à sub­ven­tion­ner la recherche et le déve­lop­pe­ment, l’éo­lien, l’éner­gie solaire, le nucléaire, le char­bon et le gaz. Et tou­jours plus de cap­ture de car­bone, à en juger par le pro­gramme des pro­chains mois.

Ceci, datant du 17 Juillet, liste quelques-unes des mul­tiples lois pro­po­sant d’aug­men­ter la sub­ven­tion des indus­tries éner­gé­tiques. Aucune objec­tion de la part des rebelles.

Le gou­ver­ne­ment du Royaume-Uni, selon les conseils de l’ONG Ener­gy and Cli­mate Intel­li­gence Unit (Uni­té de ren­sei­gne­ment sur l’éner­gie et le cli­mat), est en train d’organiser une tran­si­tion vers la « neu­tra­li­té car­bone », impli­quant la cap­ture de car­bone, le nucléaire, les bio­car­bu­rants, l’hy­dro­gène, l’am­mo­niac-éner­gie, l’éo­lien, l’éner­gie solaire, le pétrole, le gaz, les voi­tures élec­triques, les Smart Grids (« réseaux intel­li­gents »), le mar­ché du car­bone, et l’inévitable crois­sance éco­no­mique. Ils sont en train d’of­frir de la « finance cli­ma­tique » aux pays du Sud éco­no­mique afin d’imposer ce désastre indus­triel à la pla­nète entière. Mais aus­si selon les conseils avi­sés de conseillers issus de l’in­dus­trie du pétrole ou de la finance, et avec l’appui des indus­tries de la cap­ture et du sto­ckage du car­bone, du pétrole, du gaz, des bio­car­bu­rants, des éner­gies renou­ve­lables, manu­fac­tu­rières, des pro­duits chi­miques, de l’hy­dro­gène, du nucléaire, de l’a­via­tion, de l’au­to­mo­bile, des extrac­tions minières et de l’a­gri­cul­ture.

Tiré du rap­port Net Zero : The UK’s contri­bu­tion to stop­ping glo­bal war­ming (Neu­tra­li­té car­bone : La contri­bu­tion du Royaume-Uni pour mettre un terme au réchauf­fe­ment cli­ma­tique), p. 140. Cela rend expli­cite le fait qu’en plus des options « avec des regrets faibles », il y a une inten­tion de mettre en place des « options spé­cu­la­tives », soit des tech­no­lo­gies qui sont cer­taines de cau­ser des dom­mages sociaux et envi­ron­ne­men­taux. Et de hauts niveaux de regrets. Dont le « Direct Air Cap­ture », l’augmentation de la demande en bois, la réduc­tion de la consom­ma­tion de viande et de lait de 50 % et leur rem­pla­ce­ment par de la viande syn­thé­tique, la conver­sion de terres agri­coles en champs de bio­car­bu­rants, une ges­tion fores­tière à « courte rota­tion » (ce qui signi­fie abattre plus d’arbres), des alté­ra­tions cli­ma­tiques aug­men­tées, du char­bon à usage agri­cole, des car­bu­rants syn­thé­tiques, de plus haut taux de CSC, ain­si qu’un déploie­ment de l’énergie hydro­gène plus éten­du. À cette échelle, la cap­ture de car­bone et les BECCS sont seule­ment consi­dé­rés comme « faibles à moyen­ne­ment regret­tables ». Le rap­port indique clai­re­ment que « les CSC sont une néces­si­té et non une option ».
Plus de détails sur le plan du Royaume-Uni pour atteindre la neu­tra­li­té car­bone : des avions ali­men­tés en bio­car­bu­rants, du trans­port mari­time ali­men­té à l’ammoniac, des véhi­cules élec­triques ou ali­men­tés à l’hy­dro­gène, et « des oppor­tu­ni­tés de crois­sance indus­trielle propre ». Tout cela dépen­dant des éner­gies fos­siles.
3 Sep­tembre : L’in­dus­trie du gaz et du pétrole a déjà com­men­cé à étendre ses opé­ra­tions en réponse à l’am­bi­tion bri­tan­nique d’atteindre la neu­tra­li­té car­bone. « Le nou­veau Centre tra­vaille­ra avec le gou­ver­ne­ment et les indus­tries pour s’oc­cu­per de l’empreinte éco­lo­gique des infra­struc­tures off­shores de gaz et de pétrole tout en déve­lop­pant aus­si des tech­no­lo­gies qui contri­bue­ront à la demande crois­sante pour une pro­duc­tion d’hy­dro­gène et le sto­ckage de car­bone […]. Le ministre d’État bri­tan­nique « pour l’énergie et une crois­sance propre » Kwa­si Kwar­teng a décla­ré : « Le sec­teur du pétrole et du gaz bri­tan­nique a un rôle cru­cial à jouer dans le che­min du Royaume-Uni vers une éco­no­mie neutre en car­bone d’ici 2050. Le sou­tien des entre­prises de l’in­dus­trie est vital afin que nous puis­sions accom­plir cette tran­si­tion éner­gé­tique vers un futur plus vert ».

L’U­nion Euro­péenne, conseillée par la Euro­pean Cli­mate Foun­da­tion (Fon­da­tion Euro­péenne pour le Cli­mat), finan­cée par d’importantes entre­prises, est en train d’organiser un plan simi­laire, visant à res­ter com­pé­ti­tif avec le reste du monde indus­tria­li­sé. L’U­nion Euro­péenne a l’in­ten­tion de dédier 25 % de son bud­get à des « finan­ce­ments verts », visant à gérer les pro­blèmes cli­ma­tiques. D’autres pays indus­tria­li­sés ont aus­si pour pro­jet de par­ve­nir à une éco­no­mie décar­bo­née (neutre en car­bone).

Les émis­sions propres sont aus­si l’ob­jec­tif des groupes qui ont décla­ré l’ur­gence cli­ma­tique, qui sont près d’un mil­lier, repré­sen­tant plus de 200 mil­lions de citoyens.

Voi­là pour ce que la Rébel­lion pro­meut et exige de la part des gou­ver­ne­ments du monde.

Le plan de décar­bo­ni­sa­tion de l’Aus­tra­lie, avec les nui­sances soi-disant vertes habi­tuelles : effi­ca­ci­té, éner­gies renou­ve­lables, nucléaire, CSC (cap­ture et sto­ckage du car­bone), gaz, car­bone fores­tier, bio­car­bu­rants et crois­sance éco­no­mique. Cli­ma­te­Works est finan­cée par des inves­tis­seurs dans les éner­gies fos­siles.

Kim Hill


La deuxième par­tie de cette enquête traite des autres demandes de la Rébel­lion : exi­ger la véri­té de la part des gou­ver­nants et des médias, et une assem­blée citoyenne.

Tra­duc­tion : William Blake, Oli­vier Len­naerts

Édi­tion : Nico­las Casaux

Cor­rec­tion : Lola Bear­zat­to

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Comments to: À propos d’Extinction Rebellion — Partie 1 : zéro émission nette (par Kim Hill)
  • 13 octobre 2019
  • 24 octobre 2019

    Bon­jour
    J’ai beau­coup aimé votre article et je vou­drais uti­li­ser votre sche­ma sur les eolienne dans mon propre blog. En effet en France on veut construire des eoliennes en mer et la consom­ma­tion de beton que ca repre­sente est deja contes­tée par les ingé­nieurs.

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  • 4 novembre 2019

    …/… La neu­tra­li­té car­bone, ça n’existe pas. Il n’existe aucun moyen de « dé-brû­ler » des éner­gies fos­siles. …/…

    Avec la cap­ta­tion séques­tra­tion vous pou­vez non seule­ment envi­sa­ger la neu­tra­li­té mais aus­si de réduire la concen­tra­tion de CO2 dans l’at­mo­sphère.

    1/ plan­tez des arbres (cap­ta­tion du CO2 atmo­sphé­rique)
    2/ bru­ler ces arbres dans une cen­trale ther­mique (ré-émis­sion du CO2) et pro­duc­tion d’éner­gie
    3/ cap­ta­tion du CO2 dans les fumées
    4/ séques­tra­tion sous terre

    Cette opé­ra­tion per­met de « pom­per » le CO2 atmo­sphé­rique en sur­plus.

    La cap­ta­tion séques­tra­tion du CO2 émis par la com­bus­tion des éner­gies fos­siles ne per­met que la neu­tra­li­té sans dimi­nu­tion de la concen­tra­tion exis­tante.

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