Une tra­duc­tion d’un article ini­tia­le­ment publié (en anglais) le 14 jan­vier 2017, à cette adresse.


Je ne me sou­viens pas de la pre­mière fois où le visage de ma mère m’est appa­ru, même si je sais qu’elle se sou­vient de la pre­mière fois où le mien lui est appa­ru. C’é­tait au tout début de ma vie, à ma nais­sance. Je ne me sou­viens pas de la pre­mière fois où le visage de ma mère m’est appa­ru, mais je me sou­viens de la pre­mière fois où j’ai vu le visage de ma mère à un moment qui aurait pu mar­quer la fin de ma vie, après ma ten­ta­tive de sui­cide.

C’est à cela que mes pen­sées me ramènent pen­dant que mon neveu Tho­mas, un bébé de quinze mois, s’en­dort dans mes bras.

La chambre est bai­gnée d’une douce obs­cu­ri­té. Les rideaux sont tirés de chaque côté de l’u­nique fenêtre de la pièce où la nuit se répand. Une neige fon­due illu­mi­née par les étoiles tombe en une bruine grise et argen­tée. Quelques nuits nous séparent de la pleine lune et l’astre est res­plen­dis­sant. Sous la fenêtre, des ombres dansent sur le sol. Dehors, le mur­mure d’un pin se fait entendre lorsque le vent balaie la poudre de ses branches.

Sa tête repose entre ma poi­trine et mon épaule. Je suis confor­ta­ble­ment ins­tal­lé dans un grand fau­teuil, veillant à ce que mon coude ne heurte pas l’ac­cou­doir et fasse bou­ger la petite tête de Tho­mas dont les yeux sont encore ouverts. Nous regar­dons la neige tom­ber ensemble. Entre les nuages, on aper­çoit le bleu pro­fond du ciel que la lueur de la lune atté­nue déli­ca­te­ment afin qu’il se mélange à la cou­leur des yeux de Tho­mas.

La neige fait naître une atmo­sphère contem­pla­tive. A mesure que les flo­cons gros­sissent et que la neige ralen­tit, les pau­pières de Tho­mas s’a­lour­dissent jus­qu’à ce que ses yeux se ferment. Je ne par­viens pas à déter­mi­ner si le repos le plus pai­sible est celui de Tho­mas ou celui de la neige. Dans le silence immo­bile, en ser­rant Tho­mas contre moi, je per­çois deux bat­te­ments de cœurs. Le mien est plus lent et plus pesant tan­dis que celui de Tho­mas est plus léger, plus rapide. De temps à autre, nos cœurs battent à l’u­nis­son et j’ai la sen­sa­tion qu’un accord joué dans le loin­tain nous atteint gen­ti­ment, pénètre en nous puis se réper­cute à l’in­fi­ni.

A l’ex­té­rieur, la buée qui se forme aux coins de la fenêtre nous indique une baisse de la tem­pé­ra­ture. A l’in­té­rieur, je res­sens la cha­leur fami­lière qui enva­hit ma poi­trine à chaque fois que je serre Tho­mas dans mes bras. Il ne s’a­git pas seule­ment de la cha­leur qui émane du petit corps de Tho­mas, tra­verse son pyja­ma puis sa cou­ver­ture pré­fé­rée et se pro­page en moi.

Il s’a­git d’une cha­leur qui naît de la gra­ti­tude. En le tenant ain­si, en écou­tant son souffle imper­cep­tible et son bat­te­ment de cœur léger, je réa­lise à quel point la sur­vie de Tho­mas dépend tota­le­ment de ceux qui l’aiment. Dans un pre­mier temps, son corps a été nour­ri pen­dant neuf mois dans le corps de sa mère. Après sa nais­sance, il lui fal­lait le lait de sa mère pour sub­sis­ter. En gran­dis­sant, il a besoin de sa mère, de son père et de tous ceux qui l’aiment pour le nour­rir, le vêtir et le bai­gner, pour l’a­bri­ter, pour le soi­gner des éven­tuelles mala­dies qui pour­raient l’af­fec­ter et pour veiller à ce qu’il ait des mains pour le rete­nir main­te­nant qu’il esca­lade tout ce que sa force lui per­met d’es­ca­la­der. En ce moment même, il a besoin de moi pour son bibe­ron du soir, pour le tenir soli­de­ment dans mes bras pen­dant qu’il s’en­dort, avant de le dépo­ser dans son ber­ceau.

Tho­mas m’ins­truit sur ma propre dépen­dance. La cha­leur que je res­sens lors­qu’il est dans mes bras me relie à lui. Ce lien fait que ce qui menace son bien-être menace le mien. S’il souffre, je souf­fri­rai aus­si. En res­sen­tant cette cha­leur et en pre­nant conscience du lien qui est en train de se for­mer, j’ai l’im­pres­sion de prendre part à un rituel émo­tion­nel ances­tral. Un des cercles de la vie se com­plète au cours de cette expé­rience. Je sais main­te­nant ce que ma mère a dû res­sen­tir en me tenant contre elle. L’hu­mi­li­té qu’ins­pire cette sen­sa­tion me sidère.

Je sou­haite que rien ne vienne jamais trou­bler cette petite créa­ture endor­mie dans mes bras. Je sou­haite qu’il puisse pas­ser sa vie entière à rire comme il le fait lorsque ses mains découvrent une nou­velle tex­ture qu’elles n’a­vaient jamais tou­chée aupa­ra­vant. Je sou­haite que sa vie entière s’ap­pa­rente à la danse tota­le­ment décom­plexée à laquelle il se livre dès qu’il per­çoit de la musique. Je sou­haite que tout au long de sa vie, il puisse être convain­cu qu’un être cher l’en­ve­lop­pe­ra dans une étreinte sin­cère à chaque fois qu’il en res­sen­ti­ra le besoin.

Mes sou­haits ne vont pas sans un cer­tain effroi. Je ne connais per­sonne qui ait assu­ré la sécu­ri­té abso­lue d’un enfant en l’ai­mant. Au contraire, dans ce monde où nous empoi­son­nons notre eau, où nous ren­dons notre air pra­ti­que­ment irres­pi­rable, où nous brû­lons notre sol à un rythme effré­né et où nous modi­fions le cli­mat de manière irré­ver­sible, les enfants nés aujourd’­hui pour­raient trou­ver leur habi­tat invi­vable lors­qu’ils auront atteint mon âge. En fait, des géné­ra­tions d’en­fants nés dans les colo­nies et dans des zones sacri­fiées trouvent déjà leur habi­tat invi­vable.

Je repense aux deux jours les plus ter­ribles de ma vie. Il ne s’a­gis­sait pas des deux jours où j’ai ten­té de me sui­ci­der. Il s’a­gis­sait des deux jours qui ont sui­vi, où, assis en face de ma mère, ten­tant de cap­ter le bleu cré­pus­cu­laire de son regard, j’ex­pli­quais à la femme qui avait tant sacri­fié pour me don­ner la vie, pour­quoi elle n’au­rait rien pu faire de plus pour empê­cher que je ne tente de me l’ô­ter.

Tan­dis que je tiens Tho­mas dans mes bras, je ne peux m’empêcher de visua­li­ser son ave­nir. Avec l’a­mour que j’é­prouve pour lui en ce moment-même, il m’est dif­fi­cile d’i­ma­gi­ner la peine que je res­sen­ti­rais s’il était assis en face de moi, la tête cour­bée sous le poids invi­sible du déses­poir, en train de m’ex­pli­quer que je n’au­rais rien pu faire pour endi­guer la dépres­sion majeure dont il souffre. C’est  en évo­quant ma mère et l’a­ve­nir éven­tuel de Tho­mas que la véri­té s’im­pose à moi : même si nous par­ve­nons à pro­té­ger nos enfants phy­si­que­ment, en ces temps d’ef­fon­dre­ment éco­lo­gique nous ne pou­vons pas sous­traire leur âme aux effets psy­cho­lo­giques de la des­truc­tion.

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Nous vivons dans un enfer où même notre expé­rience est détruite.

L’é­co­psy­cho­lo­gie était cen­sée nous extraire de cet enfer. Elle devait le faire en réunis­sant l’é­co­lo­gie et la psy­cho­lo­gie afin de battre en brèche l’illu­sion qui nous fait croire que nous sommes fon­da­men­ta­le­ment iso­lés les uns des autres, du monde natu­rel et de nous-mêmes. Theo­dore Ros­zak cite comme un des évé­ne­ments majeurs du mou­ve­ment nais­sant de l’é­co­psy­cho­lo­gie, une confé­rence qui s’est tenue en 1990 au Cen­ter for Psy­cho­lo­gy and Social Change (Centre pour la psy­cho­lo­gie et le chan­ge­ment social) de Har­vard et qui s’in­ti­tu­lait « Psy­cho­lo­gy as if the Whole Earth Mat­te­red » (La psy­cho­lo­gie comme si la pla­nète entière impor­tait). Les éco­psy­cho­logues qui s’y étaient ras­sem­blés avaient résu­mé ain­si l’un des objec­tifs fon­da­men­taux de l’é­co­psy­cho­lo­gie : « Si le moi est élar­gi de façon à inclure le monde natu­rel, les com­por­te­ments qui causent la des­truc­tion de ce monde seront per­çus comme de l’au­to-des­truc­tion ».

Quelques années plus tard, en 1995, le terme « éco­psy­cho­lo­gie » se popu­la­ri­sait à la suite de la publi­ca­tion d’un recueil inti­tu­lé Eco­psy­cho­lo­gy : Res­to­ring the Earth, Hea­ling the Mind (Eco­psy­cho­lo­gie : Res­tau­rer la terre, gué­rir l’es­prit) rédi­gé par des psy­cho­logues, des éco­lo­gistes radi­caux et des acti­vistes envi­ron­ne­men­taux. Dans ce qui allait deve­nir un texte fon­da­teur de l’é­co­psy­cho­lo­gie, Les­ter R. Brown, auteur et fon­da­teur du « World­watch Ins­ti­tute » et du « Earth Poli­cy Ins­ti­tute », pré­sen­tait un article d’in­tro­duc­tion : « Eco­psy­cho­lo­gy and the Envi­ron­men­tal Revo­lu­tion : An Envi­ron­men­tal Fore­word » (L’é­co­psy­cho­lo­gie et la révo­lu­tion envi­ron­ne­men­tale : avant-pro­pos envi­ron­ne­men­tal).

L’en­goue­ment de Brown était tel qu’il pré­di­sait « une révo­lu­tion envi­ron­ne­men­tale à venir » et qu’il écri­vit : « Les éco­psy­cho­logues… pensent qu’il est temps que le mou­ve­ment envi­ron­ne­men­tal sou­mette ‘une ana­lyse des impacts psy­cho­lo­giques’. Concrè­te­ment et poli­ti­que­ment par­lant cela revient à deman­der : sommes-nous effi­caces ? Bien évi­dem­ment, nous devons poser cette ques­tion par rap­port à notre impact sur le public dont nous vou­lons conqué­rir le cœur et l’es­prit. Les enjeux sont consi­dé­rables et le temps presse. »

Si nous pre­nons la confé­rence de 1990 comme point de départ, l’é­co­psy­cho­lo­gie a dis­po­sé de 27 années pour ensei­gner « la psy­cho­lo­gie comme si la pla­nète entière impor­tait ». Elle a dis­po­sé de 27 années pour répondre à la ques­tion de Brown : « sommes-nous effi­caces ? » Elle a dis­po­sé de 27 années pour conqué­rir le cœur et l’es­prit du public. Et pour­tant les enjeux sont encore plus consi­dé­rables et le temps presse plus que jamais.

L’é­co­psy­cho­lo­gie a échoué. Sur le plan éco­lo­gique, la diver­si­té bio­lo­gique à l’é­chelle pla­né­taire se porte de plus en plus mal avec un taux d’ex­tinc­tion des espèces qui n’a ces­sé d’aug­men­ter ces der­nières années. Sur le plan psy­cho­lo­gique, le taux des mala­dies men­tales est encore pire que celui des années 90. Et qu’en est-il du « cœur et de l’es­prit » du public ? Eh bien, près de 63 mil­lions d’é­tats-uniens viennent d’é­lire un cli­ma­to-scep­tique au poste poli­tique le plus puis­sant du monde.

L’é­chec de l’é­co­psy­cho­lo­gie résulte d’un refus d’al­ler au bout de la logique des réper­cus­sions notables que les éco­psy­cho­logues ont for­mu­lées à tra­vers leurs obser­va­tions. Ces obser­va­tions peuvent être résu­mées en quelques pré­misses élo­quentes.

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I. L’es­prit humain naît de ses expé­riences rela­tion­nelles avec l’en­vi­ron­ne­ment. En d’autres termes, l’es­prit humain est consti­tué d’ex­pé­riences de l’en­vi­ron­ne­ment.

Qu’en­tends-je par « envi­ron­ne­ment » ? En ce qui me concerne, l’en­vi­ron­ne­ment est la somme de toutes les rela­tions, conscientes et incons­cientes, phy­siques, émo­tion­nelles et spi­ri­tuelles dont notre vie résulte.

Cer­taines de ces rela­tions sont aus­si évi­dentes que la cha­leur du soleil, l’at­trac­tion lunaire et les mys­tères des étoiles. Cer­taines de ces rela­tions ne néces­sitent pas d’ex­pli­ca­tions : la proxi­mi­té du corps de l’être aimé, la saveur des mûres gor­gées de sucre, le brâme du wapi­ti qui reten­tit au cré­pus­cule sur la ligne de crête d’à côté. Cer­taines de ces rela­tions font l’ob­jet d’é­tudes appro­fon­dies, comme notre dépen­dance au corps de notre mère aux pre­miers stades de notre déve­lop­pe­ment, comme l’emprise des bour­reaux sur leurs vic­times et comme l’in­fluence de la publi­ci­té moderne sur nos dési­rs. Cer­taines de ces rela­tions — comme celles que nous avons per­dues avec la dis­pa­ri­tion quo­ti­dienne de cen­taines d’es­pèces, comme la dés­in­té­gra­tion des connexions qui nous reliaient à nos ancêtres, comme l’in­ca­pa­ci­té d’in­ter­pré­ter nos rêves — sont igno­rées par la culture domi­nante depuis bien trop long­temps.

Une des carac­té­ris­tiques fon­da­men­tales de l’é­co­psy­cho­lo­gie est le rejet de la for­mule de Des­cartes « je pense donc je suis ». L’é­co­lo­gie, qui juge que la vie n’est ren­due pos­sible que grâce aux innom­brables connexions reliant les êtres vivants entre eux, sub­sti­tue à l’af­fir­ma­tion de Des­cartes le prin­cipe sui­vant : « nous sommes reliés donc nous sommes ». James Hil­l­man défi­nit ce rejet comme une preuve du « carac­tère arbi­traire de la sépa­ra­tion entre le moi et le non-moi » qui a domi­né la pen­sée civi­li­sée tout au long des quatre der­niers siècles.

De ce rejet naît la néces­si­té de ce qu’A­ni­ta Bur­rows appelle une « vision élar­gie du moi ». En s’ap­puyant sur son expé­rience cli­nique acquise auprès d’en­fants, A. Bur­rows explique, dans son essai The eco­psy­cho­lo­gy of Child Deve­lop­ment (L’é­co­psy­cho­lo­gie du déve­lop­pe­ment de l’en­fant) que « si nous consi­dé­rons l’en­fant comme étant inex­tri­ca­ble­ment lié non seule­ment à sa famille mais à tout le vivant et à la Terre elle-même, la concep­tion que nous avons de lui comme indi­vi­du ain­si que la concep­tion du sys­tème fami­lial et social dans les­quels il se trouve, devra alors être élar­gie ».

C’est ici qu’ap­pa­raissent les impli­ca­tions que l’é­co­psy­cho­lo­gie s’est révé­lée peu dis­po­sée à affron­ter. Que décou­vrons-nous lorsque nous élar­gis­sons notre vision du moi de manière à y inclure « tout le vivant et la Terre elle-même » ? Nous décou­vrons que tout le vivant subit des agres­sions et que la Terre est mena­cée d’un effon­dre­ment total.

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II. Le com­por­te­ment humain naît dans l’es­prit humain. Donc le com­por­te­ment humain naît dans les expé­riences de l’en­vi­ron­ne­ment.

Dire que le com­por­te­ment humain naît dans l’es­prit n’est ni une nou­veau­té, ni sujet à contro­verse. Dire que le com­por­te­ment humain naît dans les expé­riences de l’en­vi­ron­ne­ment est éga­le­ment admis par une grande par­tie de la psy­cho­lo­gie domi­nante tant que cet envi­ron­ne­ment se limite à l’in­te­rac­tion humaine sur le plan social.

Le psy­cho­logue radi­cal R.D. Laing, dont les tra­vaux décrivent brillam­ment l’a­lié­na­tion qui gan­grène l’hu­main occi­den­tal, pré­sente briè­ve­ment la situa­tion dans son livre La poli­tique de l’ex­pé­rience. Il explique que « notre com­por­te­ment est fonc­tion de notre expé­rience. Nous agis­sons selon la façon dont nous per­ce­vons les choses ». Laing montre l’im­por­tance des rela­tions humaines dans notre concep­tion du moi. « Les hommes, dit-il, peuvent détruire et détruisent l’hu­ma­ni­té d’autres hommes, et cette pos­si­bi­li­té est condi­tion­née par notre inter­dé­pen­dance. Nous ne sommes pas des monades auto­nomes qui ne pro­duisent aucun effet les unes sur les autres en dehors de ce que nous reflé­tons. D’autres agissent sur nous en nous chan­geant en bien ou en mal, et en même temps nous agis­sons sur d’autres en les affec­tant de dif­fé­rentes manières ».

Laing, mal­gré tout son savoir, n’exa­mine qu’une infime par­tie de l’en­vi­ron­ne­ment qui forge l’es­prit humain. Nous pou­vons cor­ri­ger sa vision et par­ve­nir à une com­pré­hen­sion plus pous­sée de la psy­ché humaine si nous adhé­rons à la défi­ni­tion de l’en­vi­ron­ne­ment que j’ai citée plus haut. En élar­gis­sant sa concep­tion du moi, on peut refor­mu­ler l’a­na­lyse de Laing comme suit : les humains peuvent détruire et détruisent les rela­tions qui pré­servent la vie, et c’est l’in­ter­dé­pen­dance de nos innom­brables connexions qui condi­tionne cette pos­si­bi­li­té. C’est la tota­li­té de ces connexions qui agit sur le monde natu­rel, dont nous fai­sons par­tie, et le modi­fie en bien ou en mal. Notre envi­ron­ne­ment, qu’il s’a­gisse d’une com­mu­nau­té natu­relle saine ou d’une com­mu­nau­té humaine arti­fi­cielle, agit sur d’autres en les affec­tant de dif­fé­rentes manières.

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III. Les chan­ge­ments qui se pro­duisent dans les expé­riences de l’en­vi­ron­ne­ment mènent à des chan­ge­ments dans le com­por­te­ment humain. Des expé­riences de l’en­vi­ron­ne­ment saines génèrent un com­por­te­ment sain. Des expé­riences de l’en­vi­ron­ne­ment mal­saines génèrent un com­por­te­ment mal­sain.

Cette pré­misse consti­tue la thèse de Paul She­pard dans Nature and Mad­ness (Nature et folie). En com­men­çant par la ques­tion : « Pour quelle rai­son la socié­té per­siste-t-elle à détruire son habi­tat ? », She­pard accuse la des­truc­tion phy­sique pro­vo­quée par la civi­li­sa­tion et la manière dont cette des­truc­tion influence l’on­to­ge­nèse humaine. La prin­ci­pale force de l’a­na­lyse de She­pard réside dans la manière dont il détache la des­truc­ti­vi­té humaine des notions abs­traites comme la cupi­di­té ou le mal pour la repla­cer dans des pro­ces­sus concrets comme le déve­lop­pe­ment bio­lo­gique. En pro­cé­dant ain­si, il prive ceux qui pré­tendent que la nature humaine est res­pon­sable de la des­truc­tion de la pla­nète du pré­texte qu’ils uti­lisent pour jus­ti­fier leur iner­tie. Il coupe éga­le­ment l’herbe sous les pieds des libé­raux qui reven­diquent avec ardeur la néces­si­té de trans­for­mer le cœur humain et qui affirment que pour accom­plir ces trans­for­ma­tions, il n’y a pas mieux que la thé­ra­pie, l’é­du­ca­tion et les croi­sades prô­nant une révo­lu­tion inté­rieure indi­vi­duelle.

She­pard incri­mine les connais­sances et l’or­ga­ni­sa­tion humaine que la civi­li­sa­tion a déve­lop­pées d’a­voir « dis­lo­qué les anciens méca­nismes sociaux qui limi­taient les nais­sances humaines » et d’a­voir « sus­ci­té un sen­ti­ment nou­veau de domi­na­tion chez l’hu­main et l’a­néan­tis­se­ment de la vie non-humaine ». Ce qui a non seule­ment don­né nais­sance à des indi­vi­dus psy­cho­pa­tho­lo­giques mais aus­si à des cultures psy­cho­pa­tho­lo­giques. Les cultures psy­cho­pa­tho­lo­giques pro­duisent des indi­vi­dus psy­cho­pa­tho­lo­giques qui, selon les termes de She­pard, occupent incon­si­dé­ré­ment « tous les habi­tats de la pla­nète, vio­lentent phy­si­que­ment et chi­mi­que­ment le sol, l’air et l’eau,  pro­voquent l’ex­tinc­tion et le dépla­ce­ment de plantes et d’a­ni­maux sau­vages » et pra­tiquent « la sur­coupe des forêts et le sur­pâ­tu­rage des prai­ries ».

Pour She­pard, nous ne par­vien­drons donc à un com­por­te­ment humain sain que par un retour géné­ra­li­sé à des socié­tés humaines de chas­seurs-cueilleurs. Nous retour­ne­rons ain­si à un mode de vie pour lequel « notre onto­ge­nèse a été conçue par la sélec­tion natu­relle, en favo­ri­sant la coopé­ra­tion, l’en­ca­dre­ment, un pro­gramme de déve­lop­pe­ment men­tal et l’é­tude d’un monde mys­té­rieux et mer­veilleux où les élé­ments natu­rels recèlent les indices per­met­tant de com­prendre le sens de la vie ».

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IV. Le com­por­te­ment humain détruit l’en­vi­ron­ne­ment. Détruire l’en­vi­ron­ne­ment donne lieu à des expé­riences de l’en­vi­ron­ne­ment mal­saines qui à leur tour donnent lieu à un com­por­te­ment humain mal­sain.

Tout en écri­vant, je regarde par la fenêtre d’un café qui me sépare de la réa­li­té de la tem­pé­ra­ture de Park City en Utah qui est des­cen­due à ‑22 degrés Cel­sius. Le ther­mo­stat du café affiche +22 degrés.

Je mesure ce qui me per­met d’être assis là, bien au chaud, alors que trois mètres plus loin, de l’autre côté de la fenêtre, la peau de mes doigts serait ger­cée et en sang à cause de l’air gla­cé. L’éner­gie requise pour main­te­nir la cha­leur qui règne dans cette pièce est obte­nue en brû­lant un mélange de gaz natu­rel pom­pé du sous-sol où il avait pour rôle essen­tiel de for­mer l’en­ve­loppe ter­restre, et de char­bon for­mé par la décom­po­si­tion des restes de forêts anciennes arra­chées aux plaies béantes de la Terre. La com­bus­tion du gaz natu­rel et du char­bon pro­duit une cha­leur appré­ciable mais elle pro­duit aus­si des vapeurs toxiques qui cap­turent la cha­leur de la Terre et entraînent la fonte des calottes gla­ciaires polaires, qui per­turbent le régime des pré­ci­pi­ta­tions, contri­buent à l’ex­tinc­tion des espèces et menacent tout ce qui vit d’un effon­dre­ment total.

Le mur de verre, de bois, d’a­lu­mi­nium et d’a­cier qui se dresse entre la réa­li­té et moi, et retient la cha­leur à l’in­té­rieur, me per­met aus­si de por­ter mon atten­tion sur la fac­ti­ci­té de mon écran d’or­di­na­teur. Pen­dant presque toute la mati­née, mon regard ne s’est pas attar­dé sur le scin­tille­ment doré de la lumière du soleil hiver­nal s’u­nis­sant aux branches gelées des pins. Je n’ai pas vu la pure­té cris­tal­line du ciel bleu et froid. Je ne me suis pas réjoui de la magie de l’ins­tant où des gout­te­lettes d’eau en sus­pen­sion se figent avant d’être dis­per­sées par la brise en un tour­billon cha­toyant.

Je n’ai pas non plus prê­té atten­tion à l’a­ver­tis­se­ment que repré­sente la souf­france pro­vo­quée par le froid. Sans le sacri­fice du gaz et du char­bon, sans le vol du bois et des miné­raux néces­saires à la fabri­ca­tion du verre, il est pos­sible que la voix de l’Hi­ver s’a­vère trop aus­tère pour être endu­rée. Peut-être le froid incarne-t-il une injonc­tion faite aux humains d’a­ban­don­ner les hau­teurs où s’ac­cu­mulent les eaux pures de la région. Peut-être la rigueur de l’hi­ver nous dit-elle que nous sommes trop mal­adroits pour ne pas souiller les eaux qui nour­ri­ront tout ce qui vit ici tout au long du prin­temps, de l’é­té et de l’au­tomne.

En bref, la des­truc­tion qui pro­duit mon confort per­met à mon nar­cis­sisme de s’é­pa­nouir et encou­rage mon apa­thie, tan­dis que je conti­nue à contri­buer à la des­truc­tion.

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V. Le cycle de la vio­lence se per­pé­tue au fil des géné­ra­tions et s’in­ten­si­fie à mesure que les expé­riences mal­saines de l’en­vi­ron­ne­ment deviennent la norme pour la plu­part des humains.

Freud a posé la ques­tion sui­vante : « Si l’é­vo­lu­tion de la civi­li­sa­tion pré­sente de telles res­sem­blances avec celle de l’in­di­vi­du, et que toutes deux usent des mêmes moyens d’ac­tion, ne serait-on pas auto­ri­sé à pro­po­ser le diag­nos­tic sui­vant : la plu­part des civi­li­sa­tions ou des époques cultu­relles — même l’hu­ma­ni­té entière peut-être — ne sont-elles pas deve­nues ‘névro­sées’ sous l’in­fluence des efforts de la civi­li­sa­tion même ? » ( cita­tion extraite de Malaise dans la civi­li­sa­tion — par­tie VIII, NdT)

Ce n’est pas « l’hu­ma­ni­té entière » qui est deve­nue névro­sée puis­qu’il existe encore et qu’il a tou­jours exis­té des peuples pre­miers vivant en har­mo­nie avec leur habi­tat. C’est la civi­li­sa­tion elle-même qui est démen­tielle. Der­rick Jen­sen défi­nit la civi­li­sa­tion comme « une culture — c’est‑à dire un com­plexe d’his­toires, d’ins­ti­tu­tions et d’ar­te­facts — qui à la fois mène à et émerge de la crois­sance de villes qui sont elles-mêmes défi­nies — afin de les dis­tin­guer des camps, des vil­lages etc… — comme des lieux où des per­sonnes résident de façon plus ou moins per­ma­nente en un seul endroit à une den­si­té telle que cela requiert l’im­por­ta­tion quo­ti­dienne de nour­ri­ture et d’autres pro­duits de pre­mière néces­si­té ».

La civi­li­sa­tion est démen­tielle parce que les civi­li­sés privent les terres sur les­quelles ils vivent de la pos­si­bi­li­té de la per­pé­tua­tion de la vie. A mesure que la civi­li­sa­tion s’é­tend, elle laisse autour d’elle un cercle de des­truc­tion qui ne cesse de s’é­lar­gir. Les esprits humains qui se déve­loppent au cœur de ce cercle de des­truc­tion ont vu leur expé­rience détruite, et trans­portent leur des­truc­tion avec eux, détrui­sant tou­jours plus de terres. Chaque géné­ra­tion sub­siste sur des terres tou­jours plus appau­vries que celles des géné­ra­tions pré­cé­dentes. La catas­trophe envi­ron­ne­men­tale à laquelle nous devons faire face est le résul­tat de ce cycle insen­sé.

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VI. L’en­vi­ron­ne­ment n’est pas infi­ni. Tôt ou tard, les humains détrui­ront la pos­si­bi­li­té d’en vivre.

Les rela­tions qui créent notre vie peuvent être réduites. Ceux que nous aimons meurent, les rivières s’as­sèchent, les som­mets mon­ta­gneux dis­pa­raissent et des espèces s’é­teignent à jamais. Tan­dis que ce pro­ces­sus s’in­ten­si­fie, la pre­mière chose qui se pro­duit est la des­truc­tion de la diver­si­té de nos rela­tions. Pour emprun­ter l’ex­pres­sion de Richard Louv, nous com­men­çons à souf­frir d’un « trouble de défi­cit de nature ». Avec la pro­li­fé­ra­tion des humains qui « occupent incon­si­dé­ré­ment tous les habi­tats de la pla­nète », la plu­part des rela­tions humaines deviennent des rela­tions entre humains.

R.D. Laing a écrit : « Si notre expé­rience est détruite, notre com­por­te­ment sera des­truc­tif. Si notre expé­rience est détruite, nous avons per­du qui nous sommes ». Si l’on élar­git la défi­ni­tion de « l’ex­pé­rience » de Laing de manière à y inclure les rela­tions non-humaines, alors nous com­men­çons à com­prendre que non seule­ment notre expé­rience est détruite mais aus­si que la pos­si­bi­li­té même d’ex­pé­rience est mena­cée.

Le monde maté­riel rend l’ex­pé­rience pos­sible. Sans la chair dont notre corps et notre cer­veau sont consti­tués, sans l’eau qui apporte des nutri­ments à notre corps et à notre cer­veau, sans les miné­raux qui rendent pos­sibles les impul­sions élec­triques, nous ne pour­rions faire l’ex­pé­rience de rien. Tan­dis que nous détrui­sons davan­tage de couches arables, que nous modi­fions le cli­mat de manière irré­ver­sible, que nous empoi­son­nons les res­sources en eau de la pla­nète, nous nous rap­pro­chons de plus en plus du moment où la chair ne pour­ra plus se régé­né­rer, où l’eau devien­dra source de mort au lieu d’être source de vie, où les miné­raux seront tous empri­son­nés dans des poutres d’a­cier dévo­rées par la rouille et gisant là où elles se sont effon­drées sous le poids de l’in­sa­tia­bi­li­té de la civi­li­sa­tion.

***

VII. Nous devons chan­ger le com­por­te­ment humain. Pour chan­ger le com­por­te­ment humain nous devons chan­ger les expé­riences humaines de l’en­vi­ron­ne­ment.

La méde­cine nous dit qu’il vaut mieux pré­ve­nir que gué­rir. Et l’é­ra­di­ca­tion de la mala­die est la meilleure des pré­ven­tions. L’é­co­psy­cho­lo­gie ouvre la voie à l’é­ra­di­ca­tion de la psy­cho­pa­tho­lo­gie qui affecte actuel­le­ment la culture civi­li­sée. Si nous vou­lons empê­cher cette psy­cho­pa­tho­lo­gie de conta­mi­ner et de détruire les futures géné­ra­tions de vies humaines et non-humaines, nous devons fon­da­men­ta­le­ment modi­fier les envi­ron­ne­ments malades, en voie de dis­pa­ri­tion et anthro­po­cen­triques dans les­quels se forge actuel­le­ment l’es­prit humain. Nous devons déman­te­ler phy­si­que­ment la civi­li­sa­tion pour offrir au monde natu­rel une chance de gué­rir, et des cultures humaines vrai­ment sou­te­nables qui fleu­ri­ront de nou­veau à tra­vers la pla­nète.

J’ai main­te­nant plu­sieurs essais à mon actif, des­ti­nés à appuyer les argu­ments que je viens de déve­lop­per et j’ai reçu de nom­breux retours. Peu de per­sonnes sont en désac­cord avec moi, mais j’ai éprou­vé un cer­tain décou­ra­ge­ment en décou­vrant que bon nombre de mes lec­teurs voient mon appel à déman­te­ler la civi­li­sa­tion prin­ci­pa­le­ment comme un pro­ces­sus inté­rieur. Cer­tains m’ont écrit que nous devrions « ré-ensau­va­ger nos esprits » (comme si cela était pos­sible sans ré-ensau­va­ger les envi­ron­ne­ments qui pro­duisent nos esprits) et que nous devrions pleu­rer la des­truc­tion de la pla­nète et des espèces (pen­dant que nous pleu­rons, la pla­nète est chaque jour un peu plus détruite et davan­tage d’es­pèces dis­pa­raissent, qu’il fau­dra pleu­rer aus­si je sup­pose, créant ain­si un cycle de lamen­ta­tions qui n’en finit pas). J’ai même été invi­té à vivre dans une com­mu­nau­té, hors-réseau, en Amé­rique du Sud.

Mais la civi­li­sa­tion ne relève pas du men­tal. La civi­li­sa­tion est un pro­ces­sus glo­bal et phy­sique qui détruit la pla­nète. Tant qu’elle engen­dre­ra un chan­ge­ment cli­ma­tique, l’a­ci­di­fi­ca­tion des océans, des défo­res­ta­tions et des déser­ti­fi­ca­tions mas­sives, nous ne serons nulle part à l’a­bri.

Mal­heu­reu­se­ment, trop d’é­tu­diants en éco­psy­cho­lo­gie qui sont conscients de tout cela, au lieu de faire face à la néces­si­té de déman­te­ler les sys­tèmes qui entraînent cet effon­dre­ment, se réfu­gient sou­vent der­rière l’i­dée que seule la thé­ra­pie per­son­nelle est pos­sible et que la pla­nète ne peut être sau­vée qu’en soi­gnant un esprit à la fois.

Com­ment James Hil­l­man, dont la contri­bu­tion fut si fruc­tueuse, a‑t-il pu écrire, par exemple, que « la psy­cho­lo­gie, qui se consacre tant à l’é­veil de la conscience humaine, doit s’é­veiller elle-même à l’une des plus anciennes véri­tés humaines : nous ne pou­vons être ana­ly­sés ou soi­gnés indé­pen­dam­ment de la pla­nète ». Puis écrire lit­té­ra­le­ment dans la phrase sui­vante : « Je rédige cet appel pas tant pour ‘sau­ver la pla­nète’ ni exhor­ter mes col­lègues thé­ra­peutes à se recon­ver­tir à l’en­vi­ron­ne­men­ta­lisme… Ce qui me pré­oc­cupe tout par­ti­cu­liè­re­ment est la psy­cho­thé­ra­pie… » ?

Com­ment Ter­rance O’Con­nor, psy­cho­logue pra­ti­cien, peut-il, en répon­dant à la ques­tion « pour­quoi devrions-nous sou­hai­ter des rela­tions matures ? », lors d’une confé­rence, s’a­dres­sant à des per­sonnes divor­cées, faire cette décla­ra­tion fra­cas­sante : « A l’heure actuelle la pla­nète est mou­rante ! … les rela­tions saines ne consti­tuent pas une fina­li­té éso­té­rique. Il s’a­git de notre sur­vie et de la sur­vie de la majeure par­tie de la vie sur cette terre » et puis conclure par ces mots : « En quoi consiste la res­pon­sa­bi­li­té d’un thé­ra­peute sur une pla­nète mou­rante ? Méde­cin, gué­ris-toi toi-même » ? (cita­tion biblique, NdT)

La réponse réside dans la puis­sance de l’i­déo­lo­gie que l’é­co­psy­cho­lo­gie cherche à remettre en ques­tion et selon laquelle la des­truc­tion pla­né­taire est réduite à un trouble indi­vi­duel de l’es­prit humain. Bien que l’é­co­psy­cho­lo­gie recon­naisse judi­cieu­se­ment que l’es­prit humain est for­mé de rela­tions maté­rielles et que des menaces phy­siques pesant sur ces rela­tions sont des menaces phy­siques pesant sur l’es­prit humain, lorsque les éco­psy­cho­logues se pré­oc­cupent avant tout de la psy­cho­thé­ra­pie, ils ne contri­buent que très peu à lut­ter contre la psy­cho­pa­tho­lo­gie. La psy­cho­thé­ra­pie éco­lo­gique, en tant que pra­tique des­ti­née à soi­gner des indi­vi­dus souf­frant de troubles men­taux, n’est qu’un pan­se­ment sur une bles­sure par balle.

Le monde natu­rel n’a nul besoin d’un sur­croît d’é­co­thé­ra­peutes, il a besoin d’é­co-mili­tants. Il a besoin d’une résis­tance stra­té­gique et orga­ni­sée contre la civi­li­sa­tion. Je dis ça en tant que per­sonne dont la vie a été sau­vée par l’é­co­thé­ra­pie. Ma vie ain­si que celle des rares pri­vi­lé­giés qui ont la chance de pou­voir accé­der à l’é­co­thé­ra­pie ne sont rien à côté de l’a­néan­tis­se­ment de la vie sur Terre. Si nous ne concen­trons pas tous nos efforts à ren­ver­ser phy­si­que­ment les sys­tèmes qui détruisent la pla­nète, aucune sorte de thé­ra­pie ne nous sau­ve­ra.

Je me remé­more la lumière des étoiles bai­gnant le visage de Tho­mas, pai­si­ble­ment endor­mi. Je ne veux pas que mon neveu contracte les mala­dies qui poussent quel­qu’un à sol­li­ci­ter l’aide d’un thé­ra­peute — qu’il soit éco­lo­gique ou pas. Je veux qu’il vive dans un monde où la richesse phy­sique de son expé­rience lui garan­ti­ra un déve­lop­pe­ment psy­cho­lo­gique sain. Je veux qu’il vive dans un monde qui ne soit pas détruit.

Will Falk


Tra­duc­tion : Hélé­na Delau­nay

Édi­tion : Nico­las Casaux

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Comments to: La destruction de l’expérience : comment l’écopsychologie a échoué (par Will Falk)
  • 10 février 2017

    « Nous devons chan­ger le com­por­te­ment humain »

    Les éveillés ne seront tou­jours que mino­ri­taire.
    Il est peut être pos­sible de chan­ger le com­por­te­ment d’une mino­ri­té mais les mino­ri­tés n’ont pas les moyens de chan­ger le monde.

    L’ac­tion est ce qui fait chan­ger les choses mais l’ac­tion d’un petit nombre sera tou­jours asso­cié à du ter­ro­riste (éco-ter­ro­risme) et 100 civi­li­sé seront tou­jours plus fort qu’un éco-mili­tant.

    “Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire.”
    Albert Ein­stein

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