Le colibri et le sanglier : Faire sa part ou faire le nécessaire ?

L’i­mage de cou­ver­ture est tirée de l’ar­ticle sui­vant du blog d’A­les­san­dro Pignocchi.


La légende Que­chua qui illustre les valeurs du Mou­ve­ment Coli­bri[1], et est à l’o­ri­gine de son nom se déroule ainsi :

« Un jour, dit la légende, il y eut un immense incen­die de forêt. Tous les ani­maux ter­ri­fiés, atter­rés, obser­vaient impuis­sants le désastre. Seul le petit coli­bri s’activait, allant cher­cher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, aga­cé par cette agi­ta­tion déri­soire, lui dit : ‘Coli­bri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu !’

Et le coli­bri lui répon­dit : ‘Je le sais, mais je fais ma part.’ »

L’his­toire ain­si racon­tée est pour­tant incom­plète, et sa fin mérite d’être enfin dévoilée :

« Le tatou pour­sui­vit : ‘Coli­bri ! Sais-tu que plu­sieurs cen­taines d’hommes armés de lance-flammes sont en train d’al­lu­mer des feux par­tout à tra­vers ce qu’il reste de forêt ? Ils ont aus­si empoi­son­né l’eau que tu tiens dans ton bec.’

Mais le coli­bri, qui volait vers les flammes, était déjà loin et n’en­ten­dait plus.

Sou­dain, un san­glier entre­prit de char­ger les hommes. De ses défenses, il per­çait les réser­voirs d’es­sence et les jambes des pyro­manes. Le tatou décou­vrant la scène, effrayé, inter­pel­la le sanglier :

‘Tu es fou ! Tu dis­cré­dites les efforts du coli­bri. À mettre les humains en colère, tu risques ta vie, et celle de tous les ani­maux de la forêt !’

Ce à quoi le san­glier répon­dit : ‘Réveille-toi tatou, je fais ce qui est néces­saire.’ »

***

Pre­mière remarque sur cette petite his­toire : lors­qu’on lui dit que ses efforts sont déri­soires, le coli­bri répond spon­ta­né­ment « je le sais ».

Cyril Dion, cofon­da­teur et ancien direc­teur du mou­ve­ment Coli­bris ne dit pas autre chose lors­qu’il évoque les résul­tats concrets de leur vision de l’écologie :

« Pour le moment, il est clair que nous n’y sommes pas. »[2]

En effet.

Depuis plus de qua­rante ans, les quelques vic­toires des mou­ve­ments éco­lo­gistes semblent sans excep­tions tem­po­raires ou de l’ordre du symbolique.

Tan­dis que la des­truc­tion de la pla­nète s’accélère, le tem­po­raire et le sym­bo­lique devraient être per­çus pour ce qu’ils sont, c’est-à-dire plus que déri­soires : posi­tifs sur­tout pour les consciences de ceux qui s’en féli­citent, ce sont en réa­li­té des défaites.

Il y a qua­rante-cinq ans, en 1972 avait lieu la pre­mière Confé­rence des Nations unies sur l’en­vi­ron­ne­ment de Stock­holm, orga­ni­sée par René Dubos, un des pères de l’écologie fran­çaise. Le mot d’ordre (emprun­té à Jacques Ellul) qu’il pro­po­sa à l’époque, devant gui­der l’action des éco­lo­gistes, fût le suivant :

« Pen­ser glo­ba­le­ment, agir localement. »

Un slo­gan qui consti­tue encore aujourd’­hui une des devises de l’écologie pal­lia­tive (qui se dis­tingue de l’é­co­lo­gie « radi­cale »[3]), avec le suc­cès déri­soire que l’on doit bien lui reconnaître.

Le pen­ser et l’agir ont mal­heu­reu­se­ment été main­te­nu à l’écart. Il n’y a jamais eu l’ombre d’une adé­qua­tion entre le « deve­nir le chan­ge­ment que tu veux voir dans le monde » et les mul­tiples diag­nos­tics qui détaillent depuis long­temps les des­truc­tions du monde naturel.

Ain­si, le mot d’ordre « pen­ser glo­bal, agir local » a été joyeu­se­ment adop­té par tous les apôtres de la mon­dia­li­sa­tion triom­phante. Ces quatre mots sont deve­nus un man­tra du caté­chisme ensei­gné a HEC ou l’ES­SEC, et ce sont au final des enseignes telles que Coca-Cola ou IBM qui, en les appli­quant reli­gieu­se­ment, leur ont don­né leurs lettres de noblesses.

Avons-nous aujourd’­hui encore qua­rante-cinq ans de Coca et d’IBM devant nous ?

Non, bien sûr… 10 années, tout au plus.[4]

***

Ce que reven­dique Deep Green Resis­tance, ce sont ces deux constats :

I. Notre culture ne connaî­tra pas de chan­ge­ment sal­va­teur pour la pla­nète par voie démo­cra­tique ou par consen­sus – sur­tout si ce consen­sus doit inclure ceux qui déploient le plus grand pou­voir de des­truc­tion. Les forces du Capi­tal les plus direc­te­ment res­pon­sables du sac­cage de la pla­nète échappent depuis bien long­temps à tout contrôle démo­cra­tique. Il en découle que leur emprise sur le pou­voir est abso­lue, et qu’elles n’y renon­ce­ront jamais si l’on se contente de leur deman­der. Les cor­po­ra­tions comme les États – dont la recon­nais­sance des impé­ra­tifs envi­ron­ne­men­taux se fait tou­jours à mini­ma, lorsqu’elle n’est pas niée caté­go­ri­que­ment – pra­tiquent le lob­bying et la pro­pa­gande. Cor­po­ra­tions et États dis­cré­ditent les éco-acti­vistes, les inti­mident, puis en der­nier recourt (pas encore en France, bien que l’É­tat d’ur­gence per­mette déjà de les assi­gner à domi­cile), les tor­turent et les assas­sinent.[5]
Il faut recon­naître l’urgence et la radi­ca­li­té du com­bat éco­lo­gique, et se rendre compte que nous n’a­vons plus le temps d’attendre l’a­vè­ne­ment d’un vaste mou­ve­ment popu­laire ou le réveil de la majo­ri­té. Il faut aus­si se rendre à l’é­vi­dence que « si les élec­tions forment depuis deux bons siècles l’instrument le plus usi­té, après l’armée, pour faire taire les insur­rec­tions, c’est bien que les insur­gés ne sont jamais une majo­ri­té. »[6]

II. Il ne faut plus seule­ment se conten­ter de « faire sa part », mais bel et bien faire tout ce qui est néces­saire, quitte à n’être qu’une mino­ri­té sub­ver­sive et radi­cale réso­lue à abattre la civi­li­sa­tion indus­trielle – ou tout au moins accé­lé­rer son ago­nie – avant qu’elle ne suf­foque défi­ni­ti­ve­ment toute vie sur terre.

***

Faire ce qui est néces­saire consiste désor­mais, pour reprendre l’au­teur et acti­viste Der­rick Jen­sen, à :

« Déman­te­ler glo­ba­le­ment, recons­truire loca­le­ment. »[7]

Une devise qui, qua­rante-cinq ans après la nais­sance de l’écologie pal­lia­tive, devrait avoir du sens pour celui qui per­çoit la magni­tude du désastre en cours et l’ur­gence du com­bat écologique.

Ce second constat implique de faire des choix rapi­de­ment. Ces choix sont clairs, ain­si que le rap­pelle Der­rick Jensen :

« [..] Nous pou­vons avoir le pétrole du fond des océans, ou nous pou­vons avoir des baleines. Nous pou­vons avoir des boîtes en car­ton ou nous pou­vons avoir des forêts vivantes. Nous pou­vons avoir des ordi­na­teurs et la myriade de can­cers qui accom­pagne leur fabri­ca­tion, ou nous pou­vons n’avoir aucun des deux. Nous pou­vons avoir l’électricité et un monde dévas­té par l’exploitation minière, ou nous pou­vons n’avoir aucun des deux. Nous pou­vons avoir des fruits, des légumes, et du café impor­té aux États-Unis depuis l’Amérique latine, ou nous pou­vons avoir au moins quelques com­mu­nau­tés humaines et non-humaines à peu près intactes à tra­vers la région. [..] Nous pou­vons avoir la civi­li­sa­tion, ou nous pou­vons au moins avoir la pos­si­bi­li­té d’un mode de vie qui ne soit pas basé sur le vol violent de res­sources. »[8]

La géné­ra­tion d’a­vant pen­sait pou­voir sau­ver à la fois la civi­li­sa­tion indus­trielle et la pla­nète terre. La mienne com­mence à com­prendre que c’est impos­sible. Sa tâche est sûre­ment bien plus grande : elle consiste à empê­cher que la pla­nète ne soit tuée.

Alors que le grand incen­die du pro­grès fait rage et dévore à chaque bouf­fée un peu plus du monde sau­vage, la lutte éco­lo­gique ne peut plus se per­mettre d’être inof­fen­sive : elle doit être agres­sive et dan­ge­reuse. Ses vic­toires ne peuvent plus être tem­po­raires et sym­bo­liques, mais défi­ni­tives et stra­té­giques. Cela s’ob­tient en frap­pant droit et fort là où ça fait mal. On parle donc d’un mou­ve­ment de résis­tance poten­tiel­le­ment mus­clé qui ne pro­met pas l’au­to­sa­tis­fac­tion fri­vole d’a­voir « fait sa part », mais expose au sang et aux larmes ceux qui décident qu’il est temps de faire le nécessaire.

Leur triomphe ne leur appar­tien­dra pas, et ne sera, in fine, que celui de la vie – de son har­mo­nie, sa beau­té et son par­fait mou­ve­ment – déli­vrée de notre culture et de ses struc­tures de pouvoir.

Au-delà des par­cours indi­vi­duels, quid du monde d’après et quel des­tin pour notre espèce ?

Ter­mi­nons sur ce qui peut encore nous per­mettre d’en­vi­sa­ger demain. Puisque les consé­quences du « déman­te­ler glo­ba­le­ment » font si peur, quels sont les outils pour « recons­truire loca­le­ment » ?

Beau­coup semblent aujourd’­hui confondre l’a­groé­co­lo­gie et l’a­gri­cul­ture bio-inten­sive avec la per­ma­cul­ture. Le mou­ve­ment Coli­bri et Pierre Rabhi s’illus­trent sur­tout dans la pro­mo­tion de l’a­groé­co­lo­gie. Celle-ci per­met à des petites fermes, notam­ment dans plu­sieurs pays pauvres, de pou­voir être pro­duc­tives, et de pou­voir géné­rer un capi­tal tout en par­ti­ci­pant à la lente régé­né­ra­tion de leur environnement.

La per­ma­cul­ture par­ti­cipe, elle, dans ses inten­tions – et mal­gré son apo­li­tisme de sur­face – à un mou­ve­ment radi­cal dont l’ob­jec­tif est le déman­tè­le­ment de la civi­li­sa­tion indus­trielle.

Elle est un ré-ensau­va­ge­ment cultu­rel qui per­met d’i­ma­gi­ner ce que nous, homo-indus­tria­lis, pour­rions mettre en place afin que l’a­ven­ture humaine se pour­suive dis­crè­te­ment et hum­ble­ment, alors que notre civi­li­sa­tion connaît ses der­nières crises.[9]

La per­ma­cul­ture donne notam­ment la mesure de ce que l’on peut véri­ta­ble­ment consi­dé­rer comme « éner­gie renou­ve­lable » : le petit bois de chauf­fage pro­ve­nant du bos­quet ou de la haie voi­sine gérés en régime de taillis, la prai­rie four­nis­sant le four­rage aux ani­maux de traits, l’ar­chi­tec­ture solaire pas­sive, les chauffe-eau solaires ou à rocket-stove, et les petits mou­lins à eau ou à vent aux endroits pro­pices.[10]

Elle nous per­met enfin de redé­cou­vrir notre place au sein du monde natu­rel : celle d’une espèce par­mi les autres, une espèce clé de voûte[11] inté­grée à la trame com­plexe du vivant et consciente de son devoir d’être au ser­vice – et non pas aux com­mandes – de la nature.

Seb (membre de l’organisation inter­na­tio­nale Deep Green Resis­tance)


  1. Page « Nos Valeurs » : https://www.colibris-lemouvement.org/mouvement/nos-valeurs
  2. https://reporterre.net/Pour-changer-la-societe-nous-devons-etre-des-millions-pas-une-poignee-de
  3. Fré­dé­rique Wolff. – « Eco­lo­gie pal­lia­tive, à l’image des soins du même nom, cette éco­lo­gie d’accompagnement escor­tant les ago­ni­sants vers la mort, les ago­ni­sants et la civi­li­sa­tion qui les achève. » — https://fabrice-nicolino.com/?p=2063
  4. Entre autres : « Is glo­bal col­lapse iminent ? » Gra­ham M. Tur­ner – 2014, Mel­bourne Sus­tai­nable Socie­ty Ins­ti­tute. http://sustainable.unimelb.edu.au/sites/default/files/docs/MSSI-ResearchPaper-4_Turner_2014.pdf
  5. https://reporterre.net/Au-Bresil-chaque-semaine-un-defenseur-de-l-environnement-est-assassine
  6. Comi­té Invi­sible, A nos amis, édi­tions La Fabrique (2014).
  7. Der­rick Jen­sen, End­game, Seven Sto­ries Press (2006).
  8. Der­rick Jen­sen, End­game, Seven Sto­ries Press (2006).
  9. Cf. les confé­rences du célèbre per­ma­cul­teur Toby Hemen­way (en anglais): “How Per­ma­cul­ture Can Save Huma­ni­ty and the Earth, but Not Civi­li­za­tion.” et “Libe­ra­tion Per­ma­cul­ture.”
  10. David HOLMGREN : Lire ses mul­tiples écrits sur le thème de l’énergie, dis­po­nibles sur son blog : https://holmgren.com.au/tag/energy/?v=3a1ed7090bfa
  11. « Une espèce clé de voûte est une espèce qui a un effet dis­pro­por­tion­né sur son envi­ron­ne­ment au regard de ses effec­tifs ou de sa bio­masse » (Wiki­pé­dia). « Le cas­tor est une espèce clé de voûte. Comme nous. Regar­dez nos mains. Elles sont conçues pour fabri­quer et tenir des outils, construire des objets, chan­ger l’en­vi­ron­ne­ment. Cela fait par­tie de notre nature pro­fonde. Nous sommes fon­da­men­ta­le­ment une espèce clé de voûte » (Carol Deppe).

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  1. Nous avons le même débat dans l’an­tis­pé­cisme. Faut il lut­ter contre l’in­dus­trie spé­ciste tuant 2000 mil­liards d’a­ni­maux par an, ou ten­ter d’in­for­mer gen­ti­ment les gens, en étant concur­ren­cé par les lob­by de l’ex­ploi­ta­tion ani­male, riches à mil­liards, et la mau­vaise foi des per­sonnes sou­hai­tant conser­ver leurs pri­vi­lèges, peu importe les consé­quences sur autrui.

    Et bien je pense que la stra­té­gie coli­bri est plus effi­cace ACTUELLEMENT. On n’en­gage pas un com­bat que l’on est cer­tain de perdre. Pour l’ins­tant, les adver­saires de la jus­tice cli­ma­tique ou ani­male sont bien plus forts que nous. Enga­ger un com­bat entraî­ne­rait un cli­vage dont nous serions for­cé­ment per­dants. Nous devons pour­suivre le long tra­vail d’é­vo­lu­tion des consciences. Même si ça avance len­te­ment, les consciences évo­luent. Tom­ber dans ce que les anar­chistes appe­laient la « pro­pa­gande par le fait » aura les mêmes consé­quences que ça a eu pour eux : ça sera ins­tru­men­ta­li­sé par nos adver­saires et fera som­brer notre mou­ve­ment dans un rejet popu­laire durable.

    1. C’est sûr que la Radi­ca­li­té (au sens de Marx) ne vous imprègne guère. à se deman­der ce que vous faites ici plu­tôt que sur Tele­ra­ma ou Libe­ra­tion qui vendent la techo­ca­tie marchande. 

      Le végé­ta­risme n’est en outre pas le sujet de l’article.

      Conti­nuez à faire évo­luez les consciences à votre rythme d’es­car­got, et vous en repar­le­rez bien­tôt (à qui ?) dans un monde qui res­sem­ble­ra à Raq­qa ou Alep.
      Cas­to­ria­dis avait dit comme un slo­gan « Socia­lisme ou Bar­ba­rie », et il est sûr que la Catas­trophe éco­lo­gique ne nous orien­te­ra pas vers l’é­ga­li­té & la fra­ter­ni­té dans le par­tage des pénuries…
      Là ce n’est plus le coli­bri, mais l’au­truche la tête dans le sable.
      Sur­veillez quand même vos arrières, au cas où…

      1. Il n’y a plus qu’un scé­na­rio, pour l’autre la fenêtre s’est refer­mée il y a presque 20 ans.
        Si en 79, la solu­tion était poli­tique, en 82 son sabo­tage a été poli­tique : l’ère de Rea­gan. La com­plai­sance est un vec­teur de suc­cès élec­to­ral. Aucune chance de suc­cès pour une oppo­si­tion mino­ri­taire vio­lente. Alors l’é­co­lo­gie s’est repliée sur le mar­ke­ting, et c’est ter­rible de voir le déca­lage entre la réa­li­té de l’ef­fon­dre­ment immi­nent inévi­table et le conte de fées du déve­lop­pe­ment durable.
        Ce qui a failli mar­cher, entre 72 et 82, c’est bel et bien la bataille poli­tique et intel­lec­tuelle de haut niveau menée auprès des ins­tances de gou­ver­nance inter­na­tio­nale, le levier était très puis­sant et effi­cace. Puis en 82, la reprise en mains néo­con nous a condamnés.
        Aujourd’­hui, il n’y a plus de solu­tion poli­tique, c’est trop tard. Il n’y a plus de solu­tion vio­lente non plus, c’est inutile. La pro­pa­gande par le fait, c’est la pla­nète qui l’a com­men­cée. Avec une visi­bi­li­té de 10 ans, on sent déjà l’obs­tacle alors que l’i­ner­tie du modèle GES est de 40 ans, à laquelle il faut ajou­ter celle des déci­sions humaines qui est, comme on le voit, 40 ans de plus.
        Il reste deux choses à faire : se pré­pa­rer à la rési­lience, et défon­cer les mythes du déve­lop­pe­ment durable qui sont actuel­le­ment des illu­sions toxiques.

      2. haha­ha­ha ! la jeu­nesse ! ca sent tel­le­ment la jeu­nesse !. quelle réponse de merde.… allez énerve-toi va, fonce, san­glier arro­gant prétentieux ;
        Nous, petits coli­bris, vous regar­dons ; comme des papys sur un banc regar­dant les gamins dans le bac à sable. la beau­té de ton assu­rance n’a d’é­gale que ton manque de sagesse.
        Si tu avais plus écou­té le vielle arbre, tu aurais com­pris qu’au­cun com­bat n’est vain ; ni le tien, ni celui du petit oiseau. Azo toka­na tsy mba ala. c’est la bio­di­ver­si­té qui fait la force de ce que tu veux défendre.

  2. Tout a fait d’accord, …

    sauf que , il n’y a selon moi guère de pos­si­bi­li­té de faire chan­ger ce monde sans un gros effondrement .
    les grands groupes qui dominent ce monde on fait un job irré­ver­sible. la nature humaine ayant fait le reste .…

    sau­ver la terre vou­drait dire reprendre notre place , reta­blir les equi­libres deli­cats de la bio sphere dans les­quels nous ne sommes qu’un rouage. Cela signi­fiait d’ôter tout le  » confort  » moderne a nos conci­toyens, … vivre som­mai­re­ment sans par­tir a l’autre bout du monde en avion ?, sans courses auto­mo­bile ?, sans grand stades de foot ? sans coca cola et mac donald ?
    les esclave de ce sys­teme seront les pre­mier a le defendre, per­sonne a part les objec­teurs de crois­sance radi­caux ne veulent plus de ce monde . la pla­nete peut crever !!!!
    ce monde ne rever­ra le jour qu’apres une grande regu­la­tion de notre espece. une grande epi­de­mie , un gros dere­gle­ment cli­ma­tique , quelque chose qui eli­mi­ne­rait un pour­cen­tage consequent de la popu­la­tion humaine.
    c’est la seule action radi­cale et cen­sé qui puisse don­ner un temps de repit a notre planete .

  3. Bon­jour, je suis à la recherche d’un docu­ment vidéo, des­sin ani­mé de pré­fé­rence, à mon­trer à des enfants (9/10 ans) sur le thème de la néces­si­té d’un retour à l’a­gri­cul­ture fami­liale. C’est pour un pro­jet N.A.P. avec la concep­tion d’un jour­nal (1 seul numé­ro), projection/débat, lec­ture de livres sur le sujet, visite d’une struc­ture pay­sanne expé­ri­men­tale qui déve­loppe une acti­vi­té en équi­libre avec la nature, etc … Je n’ai pas trou­vé de docu­ment vidéo pour enfant, je veux semer des petites graines dans leurs esprits, mer­ci d’a­vance pour vos idées

    1. Bon­jour,

      Voi­ci quelques liens :
      Un des­sin ani­mé sur la per­ma­cul­ture : https://www.youtube.com/watch?v=c1Op02rWwoY

      Un sur l’eau : https://www.youtube.com/watch?v=1ENz2OnnyXM

      et d’autres vidéos courtes sur la per­ma­cul­ture : https://www.youtube.com/user/informaction31/search?query=Permaculture

      Inform’Ac­tion est un média citoyen, une pla­te­forme où tout le monde peut y par­ta­gé du conte­nu. Allez voir : http://www.informaction.info/

      Au plai­sir !

  4. Voi­ci un article plein de bon sens, il est temps de résis­ter plus for­te­ment et de défendre notre pla­nète comme il se doit. L’ur­gence n’a jamais été aus­si forte, nous connais­sons les causes de nos maux sans pour autant savoir com­ment s’or­ga­ni­ser, c’est un début.

  5. Je trouve l’ar­gu­men­taire pré­sen­té inté­res­sant, et néces­saire à la réflexion, CEPENDANT :
    je pense aus­si qu’il est contre-pro­duc­tif de divi­ser sys­té­ma­ti­que­ment une pen­sée qui ini­tia­le­ment uni­fie une com­mu­nau­té (dans notre cas et de manière cari­ca­tu­rale, celle des gens qui veulent « sau­ver la pla­nète »). En vous met­tant à dos les éco­lo­gistes « pal­lia­tifs », modé­rés, doux ou ce que vous vou­lez, vous vous pri­vez de la plus grande quan­ti­té de per­sonnes sen­si­bi­li­sées (ou par­tiel­le­ment sen­si­bi­li­sée tout du moins) qui était éga­le­ment la plus à‑même d’en­tendre vos argu­ments et d’a­gir en consé­quence. En dénon­cant les coli­bris, vous vous rajou­tez inuti­le­ment et arti­fi­ciel­le­ment un enne­mi. Les vrais obs­tacles à la récon­cil­lia­tion du vivant et de l’hu­main sont pour­tant iden­ti­fiés : les entre­prises et leur fonc­tion­ne­ment capi­ta­lis­tique, le green­wa­shing, l’i­ner­tie des Etats, et le fait que l’hu­main est avant tout l’être de tous les para­doxes, peu­reux du len­de­main, cor­rup­tible, égoïste, qui se ras­sure dans les us et cou­tumes, aus­si absurdes ou légi­times soient-elles, diri­gé exclu­si­ve­ment par les émo­tions et en aucun cas par l’in­tel­lect (un sujet par­mi tous ceux pos­sibles, le rejet dog­ma­tique de la popu­la­tion face à l’é­vi­dence du végé­ta­lisme dans le contexte actuel du mode de vie occi­den­tal). Pour agir effi­ca­ce­ment il faut d’a­bord iden­ti­fier clai­re­ment le pro­blème, ce qui est long et com­plexe. Et les stra­té­gies à mettre en place le seront d’au­tant plus. Mais en aucun cas le rejet des per­sonnes de bonnes foi mais sim­ple­ment pas assez radi­cales selon vos espé­rances, ne sera, in fine, utile.
    Mar­tin Luther King disait « Ce qui m’ef­fraie n’est pas pas l’op­pres­sion des méchants mais l’in­dif­fé­rence des bons », mais à cela je rajou­te­rais que la capa­ci­té des humains se divi­ser, (i.e. trou­ver ce qui ne convient pas chez l’Autre) tout en par­ta­geant des valeurs com­munes, est tout autant effrayante. Les que­relles au sein des reli­gions mono­théistes, du mou­ve­ment éco­lo, végan, ou d’un par­ti poli­tique, en sont de par­faits exemples. Dans ces divi­sions sys­té­ma­tiques, j’y vois plus une soif de vio­lence qu’une légi­ti­mi­té quel­conque, cou­plé à un besoin iden­ti­taire de mar­gi­na­li­té (lorsque le mou­ve­ment gagne en popu­la­ri­té par exemple).
    En repren­nant la méta­phore du coli­bri et du san­glier, si l’ac­tion du san­glier est plus effi­cace j’en conviens, je me demande com­ment vous pou­vez com­pa­rer l’ac­tion d’1 san­glier mar­gi­nal auto-exclu et oppo­sé à tout autre forme d’ac­tion, de celle de 2000 coli­bris qui jettent des gouttes d’eau sur le feu. Certes le green­wa­shing (cor­po­ra­tiste ou non, et de mau­vaise foi ou non) s’im­misce faci­le­ment (nombre d’ONG et entre­prises pour­raient en effet être citées), certes il faut avoir l’es­prit cri­tique en per­ma­nence, certes il est néces­saire de revoir sys­té­ma­ti­que­ment à la hausse nos ambi­tions éco­lo­giques, mais la vio­lence du san­glier ne sera utile que si d’autres ani­maux de la forêt agissent, que ce soit en tant que san­gliers char­geant ou en tant que coli­bris pom­piers. De plus, les solu­tions radi­cales (sou­lè­ve­ments, révo­lu­tions, etc.) ne peuvent fonc­tion­ner que si suf­fi­sam­ment de per­sonnes sont conscientes de l’ur­gence d’a­gir de la sorte. En atten­dant, la divi­sion du mou­ve­ment éco­lo est la meilleure arme qui puisse être donn­née à ses détracteurs.
    En résu­mé si la famille per­due en pleine cam­pagne, en auto­no­mie ali­men­taire et éner­gé­tique, en démarche per­ma­cole, etc., ne peut se satis­faire plei­ne­ment de ses actions en faveur de la pla­nète (par l’ab­sence de démarche de sen­si­bi­li­sa­tion et son acti­visme col­lec­tif inex­si­tant), l’é­co­lo­gie radi­cale n’est pas plus enviable, et est de plus mal per­çue par la socié­té, bien que cen­sée lui por­ter secours. La solu­tion est com­plexe, plu­rielle, néces­site d’être étu­diée sous tous ses angles, et il est vain que de pré­tendre avoir une solu­tion unique, tri­viale, et péremptoire.
    Respectueusement,

    1. Oui je suis bien d’accord avec votre ana­lyse ! Et d’ailleurs c’est un des élé­ments impor­tant que j’ai rete­nu du livre DGR, un mou­ve­ment pour sau­ver la pla­nète : ne pas se trom­per d’ennemis et évi­ter « l’hostilité hori­zon­tale ». A pre­mière vue, cette his­toire de san­glier m’a séduite mais tous les coli­bris vont éga­le­ment dans le même sens, même si leur stra­té­gie, leur impact est cer­tai­ne­ment dif­fé­rent. Construi­sons ENSEMBLE des stra­té­gies plu­tôt que de s’entretuer…

  6. Mer­ci pour cet article très inté­res­sant, à médi­ter … car même si la démarche des coli­bri n’est pas suf­fi­sante, quelle action à entre­prendre ? La radi­ca­li­té est un choix que j’ad­mire dans cer­tain cas, par exemple concer­nant Green Peace, mais dans lequel je ne me recon­nais pas souvent …

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