Dépossession, gigantisme et irresponsabilités renouvelables (par Nicolas Casaux)

« Un monde s’était orga­ni­sé sans nous. Nous y sommes entrés alors qu’il com­men­çait à se dés­équi­li­brer. […] On ne pou­vait pas lut­ter d’homme à homme comme dans les socié­tés pré­cé­dentes – ni d’idée à idée. »

— Ber­nard Char­bon­neau et Jacques Ellul, Nous sommes des révo­lu­tion­naires mal­gré nous (Seuil, 2014).

« La vie, dans sa plé­ni­tude et son inté­gri­té, ne se délègue pas. »

— Lewis Mum­ford, Tech­niques auto­ri­taires et tech­niques démo­cra­tiques (1964).

 

Cela fait un cer­tain temps que la plu­part des êtres humains vivent dans des socié­tés où règne l’irresponsabilité. Que nous ne par­ti­ci­pons plus des petites éco­no­mies locales et auto­suf­fi­santes, à la mesure du nombre de Dun­bar — du nom de l’anthropologue bri­tan­nique qui a décou­vert, en étu­diant les cer­veaux de plu­sieurs pri­mates, que l’être humain ne peut entre­te­nir de véri­tables rela­tions qu’avec 150 per­sonnes, envi­ron —, qui ont carac­té­ri­sé la grande majo­ri­té de l’exis­tence humaine, soit plu­sieurs cen­taines de mil­liers d’années.

L’avènement des pre­mières cités-états, il y a quelques mil­liers d’an­nées, puis des pre­mières civi­li­sa­tions, et enfin la mon­dia­li­sa­tion (leur conso­li­da­tion en une seule civi­li­sa­tion mon­dia­li­sée), sont autant d’étapes qui n’ont fait qu’éloigner tou­jours plus l’être humain des réa­li­tés de son exis­tence, de l’impact de son mode de vie, tant sur le milieu natu­rel et les espèces non-humaines que sur les autres êtres humains de la socié­té dont il par­ti­cipe — socié­té désor­mais orga­ni­sée à l’échelle pla­né­taire. L’in­di­vi­du, pris dans une orga­ni­sa­tion sociale et tech­nique qui ne ces­sait de croître, de s’é­tendre, de se den­si­fier, de se com­plexi­fier, tou­jours plus éloi­gné des organes du pou­voir (qui se concen­trait entre les mains d’une élite tou­jours plus puis­sante), a été gra­duel­le­ment dépos­sé­dé de la capa­ci­té qu’il avait de maî­tri­ser son exis­tence, de sa sou­ve­rai­ne­té, au fur et à mesure qu’il était ren­du de plus en plus dépen­dant d’un sys­tème socio-tech­nique — la « méga­ma­chine » dont parle Lewis Mum­ford[1] — dans lequel il n’est plus qu’un rouage impuis­sant par­mi tant d’autres.

Aujourd’hui, au sein de notre civi­li­sa­tion mon­dia­li­sée, plus per­sonne n’est en mesure de connaître, ne serait-ce qu’approximativement, les coûts éco­lo­giques et sociaux de sa propre vie. Nous ne voyons ni ne per­ce­vons plus, de nos propres yeux, les consé­quences de notre propre vie. Nous ne sommes plus en mesure de consta­ter les effets de notre exis­tence, de notre mode de vie, ni sur le monde non-humain, ni sur les socié­tés humaines. Ou plu­tôt, nous n’en voyons plus qu’une infime par­tie, le reste ayant été délo­ca­li­sé et délé­gué, quelque part, loin de nous, à l’abri de notre regard.

Nous ne savons plus ni com­ment ni de quoi sont consti­tués les objets que nous uti­li­sons au quo­ti­dien (du télé­phone por­table au sty­lo bic, en pas­sant par l’ordinateur, la télé­vi­sion, le réfri­gé­ra­teur, la voi­ture, le tour­ne­vis, et même quelque chose d’aussi quel­conque qu’une brosse à dent), les vête­ments que nous por­tons, les infra­struc­tures que nous uti­li­sons, et ain­si de suite. Quels maté­riaux ont été néces­saires à leur fabri­ca­tion ? Où ont-ils été extraits ? Par qui ? Dans quelles condi­tions ? Avec quel(s) impact(s) sur les éco­sys­tèmes ? Où ces maté­riaux ont-ils ensuite été trans­por­tés ? Par qui ? Dans quelles condi­tions ? Avec quel(s) impact(s) ? Où ont-ils été trai­tés ? Par qui ? Com­ment ? Où ont-ils été assem­blés ? Com­ment ? Etc. La liste est longue des choses que nous cau­tion­nons, bon gré mal gré, mais dont nous ne savons rien — et c’est ain­si que l’être humain deve­nu consom­ma­teur appuie, sou­vent sans le savoir, ou sans le com­prendre, les poli­tiques impé­ria­listes de son gou­ver­ne­ment, l’instauration de régimes dic­ta­to­riaux à tra­vers le globe, des guerres, des mas­sacres, des désastres huma­ni­taires et éco­lo­giques (depuis le cata­clysme socio-éco­lo­gique qui a déjà fait des mil­lions de morts  au Congo ces der­nières années et qui s’y déroule encore[2], jus­qu’à la défo­res­ta­tion de Bor­néo, en pas­sant par les décharges de pro­duits élec­tro­niques toxiques au Gha­na[3], en Chine, au Nigé­ria, etc.).

Bon gré mal gré, parce qu’il serait trop simple de blâ­mer tous les indi­vi­dus de la même manière, étant don­né que nous ne vivons pas en démo­cra­tie — étant don­né que « la moder­ni­té est anti­dé­mo­cra­tique » ain­si que le for­mule[4] Fran­cis Dupuis-Déri. En effet, dans la méga­ma­chine, la plu­part d’entre nous n’ont pas voix au cha­pitre. Le sala­riat n’est qu’une « forme nou­velle plus solide, plus géné­rale et plus oppres­sive » d’esclavage (Tol­stoï). Le pou­voir est concen­tré entre les mains d’une élite[5] tou­jours plus res­treinte[6], déter­mi­née à per­pé­tuer toutes les ten­dances qui génèrent les catas­trophes éco­lo­giques et sociales que l’on sait (réchauf­fe­ment cli­ma­tique, sixième extinc­tion de masse, inéga­li­tés crois­santes, etc.) :

Pour exemple, citons Jeff Bezos, le PDG d’Amazon :

« Nous ne vou­lons pas vivre dans un monde rétro­grade. Nous ne vou­lons pas vivre sur une Terre où nous devrions geler la crois­sance de la popu­la­tion et réduire l’utilisation d’énergie. Nous pro­fi­tons d’une civi­li­sa­tion extra­or­di­naire, ali­men­tée par de l’énergie, et par la popu­la­tion. […] Nous vou­lons que la popu­la­tion conti­nue à croître sur cette pla­nète. Nous vou­lons conti­nuer à uti­li­ser plus d’énergie par personne. »

Cette élite au pou­voir est depuis long­temps — plu­sieurs siècles, voire mil­lé­naires — pas­sée maî­tresse dans l’art de contrô­ler la popu­la­tion. Un art qui n’a ces­sé de s’af­fi­ner depuis l’a­vè­ne­ment des pre­mières cités-états (le pain et les jeux de la Rome antique n’en sont qu’une des nom­breuses expres­sions). L’É­tat tout entier — toutes les ins­ti­tu­tions qui le com­posent — est — et a tou­jours été — une arme entre les mains de la classe diri­geante. Ces temps der­niers, de son contrôle du « corps ensei­gnant » (de l’éducation natio­nale[7]), qui lui sert de « moyen de diri­ger les opi­nions poli­tiques et morales » (Napo­léon Bona­parte), de moyen « de répandre et de dis­tri­buer conve­na­ble­ment l’instruction, de pro­pa­ger les bonnes doc­trines reli­gieuses, morales et poli­tiques » (Fran­çois Gui­zot), de « main­te­nir une cer­taine morale d’État, cer­taines doc­trines d’État qui sont néces­saires à sa conser­va­tion » (Jules Fer­ry), à son contrôle des médias[8], son emprise n’a peut-être jamais été aus­si écrasante.

C’est ici que les éner­gies dites « renou­ve­lables » entrent en scène. L’élite au pou­voir, sen­tant croître les inquié­tudes popu­laires face aux pol­lu­tions crois­santes, au réchauf­fe­ment cli­ma­tique, et ain­si de suite, s’est mise à pro­pa­ger, il y a quelques décen­nies, la notion de « déve­lop­pe­ment durable », qui cor­res­pond aujourd’hui à la fameuse « tran­si­tion éco­lo­gique », dont la « tran­si­tion éner­gé­tique » consti­tue le noyau.

Aux yeux de ceux qui ne voient guère de pro­blèmes avec la civi­li­sa­tion indus­trielle pla­né­taire, avec l’État et ses ins­ti­tu­tions, et qui espèrent que tout conti­nue comme avant, comme aux yeux d’une grande majo­ri­té de ceux qui y voient quelques pro­blèmes mais qui, gros­so modo, sou­haitent conser­ver les agré­ments (du moins, les choses qu’ils prennent pour tels) des hautes tech­no­lo­gies et de l’industrialisme, les éner­gies dites « renou­ve­lables » appa­raissent comme la clé du futur.

En réa­li­té, les éner­gies dites « renou­ve­lables » ne changent qua­si­ment rien à l’état des choses. La socié­té indus­trielle ali­men­tée par les « renou­ve­lables » qui se pro­file est la même que celle qui est ali­men­tée par des com­bus­tibles fos­siles. Les mul­ti­na­tio­nales et les diri­geants éta­tiques conti­nuent de domi­ner le monde (les com­pa­gnies pétro­lières et/ou de nou­veaux grands groupes indus­triels prennent en charge le déve­lop­pe­ment des « renou­ve­lables »), le carac­tère anti­dé­mo­cra­tique de la moder­ni­té per­dure, et l’esclavage sala­rial, et tout le reste (sauf que l’esclave sala­rié va pou­voir se rendre au tra­vail dans une voi­ture à hydro­gène fabri­quée par d’autres esclaves sala­riés et dont l’hydrogène aura été pro­duit par des éoliennes, elles-mêmes fabri­quées par d’autres esclaves sala­riés, et ain­si de suite). Tout ce qui par­ti­ci­pait de l’épuisement des res­sources non-renou­ve­lables, de la sur­ex­ploi­ta­tion des res­sources renou­ve­lables, de la pol­lu­tion géné­ra­li­sée des milieux natu­rels, à savoir les dif­fé­rentes indus­tries et leur extrac­ti­visme, leur pro­duc­tion de masse d’objets (plas­tiques et autres), d’appareils, de machines, etc., qui sont autant de futurs déchets ou e‑déchets, avec leur pro­duc­tion de sub­stances chi­miques toxiques, tout cela continue.

En outre, et c’était atten­du, le déploie­ment des tech­no­lo­gies dites « renou­ve­lables » génère son lot de catas­trophes éco­lo­giques[9], qui com­mencent à être expo­sées même dans les médias grand public, par le biais, notam­ment, du livre de Guillaume Pitron, La guerre des métaux rares, et de L’âge des low-tech de Phi­lippe Bihouix ; des livres qui ont en com­mun de ne pro­po­ser aucune cri­tique de l’idéologie du tra­vail, de l’esclavage sala­rial, du capi­ta­lisme, d’omettre ce qui est cer­tai­ne­ment la par­tie la plus impor­tante — voire la tota­li­té — de la cri­tique sociale (ce qui consti­tue évi­dem­ment une condi­tion sine qua non pour être pro­mu dans les médias grand public).

C’était atten­du parce que les éner­gies dites « renou­ve­lables » s’inscrivent dans la même socié­té de l’irresponsabilité totale que tout le reste. Per­sonne, ou presque, ne sait de quoi, com­ment, où et par qui les pan­neaux solaires et les éoliennes sont fabri­qués (quelques vagues idées cir­culent qui n’apprennent stric­te­ment rien). Mais encore une fois, ce qui devrait être évident, c’est que les pan­neaux solaires et les éoliennes sont des pro­duits de la moder­ni­té anti­dé­mo­cra­tique et de son escla­vage sala­rial, au même titre que les télé­vi­sions, les voi­tures, les smart­phones, etc., bref, au même titre que tout ce qui consti­tue la civi­li­sa­tion indus­trielle. Et il ne peut en être autre­ment. En tant que hautes tech­no­lo­gies, leur fabri­ca­tion requiert une orga­ni­sa­tion sociale de masse, une méga­ma­chine inhu­maine (dans le sens de qui n’est pas à la mesure de ce qu’un être humain peut sup­por­ter), anti­dé­mo­cra­tique, ou « auto­ri­taire », pour reprendre l’expression que Lewis Mum­ford emploie dans son dis­cours inti­tu­lé « tech­niques auto­ri­taires et tech­niques démo­cra­tiques[10] ».

Tant que l’irresponsabilité carac­té­ri­se­ra notre rap­port au monde, nous pou­vons être cer­tains que des catas­trophes en résul­te­ront. Or cette irres­pon­sa­bi­li­té est elle-même un pro­duit direct du gigan­tisme[11] qui, par défi­ni­tion, carac­té­rise la méga­ma­chine, et que dénon­çait Leo­pold Kohr[12] :

« Ce qui est vrai d’hommes vivant dans des camps de pri­son­niers sur­peu­plés est aus­si vrai des êtres humains vivant dans les enceintes énormes que sont ces états-nations modernes dont la taille ingé­rable est deve­nue la prin­ci­pale cause de nos dif­fi­cul­tés actuelles. […] La solu­tion des pro­blèmes aux­quels est confron­té le monde en son entier ne semble pas rési­der dans la créa­tion d’u­ni­tés sociales encore plus grosses et de gou­ver­ne­ments encore plus vastes que nos hommes d’é­tat tentent actuel­le­ment de for­mer avec tant de fana­tisme sans ima­gi­na­tion. Elle semble rési­der dans l’é­li­mi­na­tion de ces orga­nismes énormes qu’on nomme les grandes puis­sances, et dans la res­tau­ra­tion d’un sys­tème sain d’é­tats petits et faci­le­ment gérables tels que ceux qui carac­té­ri­saient les temps anciens. »

Plu­tôt que d’un « sys­tème sain d’é­tats petits et faci­le­ment gérables » je par­le­rais de com­mu­nau­tés saines, auto­suf­fi­santes et à taille humaine, pos­si­ble­ment fédé­rées et asso­ciées. Bien sûr, des com­mu­nau­tés à taille humaine ne sont pas en mesure de fabri­quer des hautes tech­no­lo­gies (iPhones, avions, voi­tures, smart­phones, etc.), n’en ayant ni les res­sources ni la capa­ci­té. Elles sont cepen­dant en mesure de fabri­quer bien mieux : « l’auto-gouvernement col­lec­tif, la libre com­mu­ni­ca­tion entre égaux, la faci­li­té d’accès aux savoirs com­muns » (Lewis Mum­ford), des rela­tions humaines véri­tables, des cultures orga­ni­sées autour de valeurs saines, peu ou pas hié­rar­chiques, un authen­tique sen­ti­ment d’appartenance au monde…

La ques­tion est : que vou­lons-nous ? Per­pé­tuer encore quelque temps un mode de vie extrac­ti­viste, consu­mé­riste, carac­té­ri­sé par une irres­pon­sa­bi­li­té totale, qui offre une abon­dance (éphé­mère) et une fré­né­sie de diver­tis­se­ments (mais sur­tout aux pri­vi­lé­giés du monde, c’est-à-dire aux habi­tants les plus riches des pays riches), orga­ni­sé par et pour les enti­tés anti­dé­mo­cra­tiques que sont les mul­ti­na­tio­nales et les États, impli­quant donc la ser­vi­tude du plus grand nombre en faveur d’une élite, le tout au détri­ment de ce qu’il reste de bio­sphère ? Ou vou­lons-nous faire ces­ser le bio­cide en cours depuis bien trop long­temps, arrê­ter le réchauf­fe­ment cli­ma­tique, des­ti­tuer celles et ceux qui se sont arro­gé le pou­voir sur tous les autres, et rede­ve­nir res­pon­sables de nos propres vies et de la manière dont elles impactent la pla­nète, en réor­ga­ni­sant et en relo­ca­li­sant notre subsistance ?

Pour moi, le choix est clair. Seule­ment, ceux au pou­voir ne l’entendent pas ain­si. C’est pour­quoi ceux d’entre nous qui optent pour le second choix doivent s’organiser afin de for­mer un véri­table mou­ve­ment de résistance.

Le cli­ché qui cir­cule dans cer­tains milieux mili­tants, et qui veut qu’on « n’arrête pas le sys­tème en vou­lant le détruire, on l’arrête en ces­sant de l’alimenter et en construi­sant sans lui » — comme beau­coup de cli­chés qui cir­culent dans ces milieux et qui relèvent d’un paci­fisme dog­ma­tique, qui sont autant de sim­plismes — ne tient pas un ins­tant lorsqu’on l’examine[13]. Contrai­re­ment à ce qu’il sug­gère naï­ve­ment, nous ne ferons pas dis­pa­raître « le sys­tème » en nous reti­rant, en vivant du mieux que nous le pou­vons indi­vi­duel­le­ment ou en petites com­mu­nau­tés d’individus « n’ayant d’autre sou­ci que la pure­té de leurs petits intes­tins ou la contem­pla­tion exta­tique du cou­cher du soleil sur le mil­le­per­tuis de la der­nière col­line non pol­luée », ain­si que le sug­gé­rait Isa­belle Sou­lié dans le numé­ro 17 du jour­nal La Gueule Ouverte, en mars 1974, déjà.

Le fait d’essayer de mener la vie la plus saine pos­sible au sein de la pieuvre pla­né­taire qu’est la civi­li­sa­tion indus­trielle ne l’empêchera aucu­ne­ment de conti­nuer à détruire. Les peuples autoch­tones d’Amazonie ou des forêts de Cen­tra­frique (ceux qui sub­sistent encore), qui vivent bien plus éco­lo­gi­que­ment que nous ne pour­rons jamais y par­ve­nir, sont actuel­le­ment per­sé­cu­tés par l’expansion de la civi­li­sa­tion indus­trielle, leur ter­ri­toire sont gra­duel­le­ment détruits, exploi­tés. Nous pour­rions croire qu’il en serait autre­ment d’individus vivant en France. Nous aurions tort. La civi­li­sa­tion indus­trielle ne renonce mani­fes­te­ment devant rien pour obte­nir les res­sources qu’elle convoite. Si ses pires exac­tions se concentrent actuel­le­ment dans les pays pauvres, c’est sim­ple­ment parce qu’il lui est actuel­le­ment plus pro­fi­table de pro­cé­der ain­si (et parce que les ter­ri­toires des pays riches ont déjà connu une forte acti­vi­té extrac­ti­viste au cours des siècles pas­sés). Mais en cas de besoin, l’insatiable appé­tit de la méga­ma­chine n’hésitera pas le moins du monde à se réat­ta­quer de la même manière aux ter­ri­toires des pays riches (on peut d’ores et déjà en obser­ver les pré­misses[14]).

Se conten­ter de « ces­ser d’alimenter » le « sys­tème » (ce qui est presque impos­sible étant don­né son emprise total sur le ter­ri­toire, les moda­li­tés d’existence qu’il impose, cartes d’identités, impôts, etc.), et de « construire sans lui », revient à repous­ser l’échéance, à remettre à plus tard l’inévitable confron­ta­tion qui résul­te­ra du conflit oppo­sant ceux au pou­voir, qui veulent conti­nuer à faire croître la méga­ma­chine, la civi­li­sa­tion indus­trielle, « quel qu’en soit le coût ultime pour la vie » (Mum­ford), à ceux qui veulent mettre un terme à cette infer­nale entreprise.

Ne nous leur­rons pas, la culture domi­nante — la civi­li­sa­tion indus­trielle — est une guerre contre le monde vivant. Ses chefs de guerre ne renon­ce­ront jamais à leur ambi­tion méga­lo­ma­niaque, à leur délire de gran­deur. Nous devrons les y obli­ger. À la manière, par exemple, dont la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, en enga­geant un rap­port de force contre l’État, a per­mis de pro­té­ger cet espace.

Ain­si qu’un juriste écos­sais le sou­li­gnait déjà au XIXème siècle : « Le pro­blème que l’on a héri­té des siècles pas­sés et que nous devrons tôt ou tard affron­ter est le conflit qui oppose les peuples aux banques. » Ce conflit, dont on pour­rait dire, pour adap­ter sa for­mule à notre contexte, qu’il oppose les élites au pou­voir (les grands ban­quiers, mais aus­si les PDG des mul­ti­na­tio­nales, les diri­geants éta­tiques, l’hyper­classe mon­diale, les super-riches) au reste d’entre nous (y com­pris à ceux d’entre nous qui croient être libres et heu­reux dans la méga­ma­chine, mais qui ne connaissent en réa­li­té qu’une liber­té et un bon­heur arti­fi­ciels), nous pou­vons choi­sir de l’ignorer, ce que nous fai­sons col­lec­ti­ve­ment depuis un cer­tain temps, au prix du désastre socio-éco­lo­gique que l’on sait, ou nous pou­vons choi­sir de l’affronter, enfin.

Nico­las Casaux


  1. Voir par exemple son texte « L’héritage de l’homme », de 1972 : https://sniadecki.wordpress.com/2012/04/11/mumford-heritage-fr/
  2. « Congo : com­ment 6 mil­lions de morts peuvent-ils être pla­cés sous silence média­tique ? » : https://www.les-crises.fr/congo-comment-6-millions-de-morts-peuvent-ils-etre-places-sous-silence-mediatique/
  3. https://www.youtube.com/watch?v=V8hmZmpyC7I
  4. https://youtu.be/KVW5ogGDlts
  5. Pour plus de détails, voir cet article de la revue de cri­tique sociale indé­pen­dante Frus­tra­tion, inti­tu­lé « Qui est l’élite au pou­voir ? Mon­trer le vrai visage des puis­sants » : http://www.frustrationlarevue.fr/lelite-pouvoir-montrer-vrai-visage-puissants/
  6. Voir cet autre article de Repor­terre inti­tu­lé « 62 per­sonnes pos­sèdent autant que la moi­tié des habi­tants de la pla­nète » : https://reporterre.net/62-personnes-possedent-autant-que-la-moitie-des-habitants-de-la-planete
  7. Pour plus de détails sur le rôle de l’éducation natio­nale dans l’endoctrinement des popu­la­tions, voir cet article de Carol Black, inti­tu­lé « Sur la nature sau­vage des enfants » : https://partage-le.com/2017/01/sur-la-nature-sauvage-des-enfants-scolariser-le-monde-par-carol-black/
  8. Voir cet article de Bas­ta !, inti­tu­lé « Le pou­voir d’influence déli­rant des dix mil­liar­daires qui pos­sèdent la presse fran­çaise » : https://www.bastamag.net/Le-pouvoir-d-influence-delirant-des-dix-milliardaires-qui-possedent-la-presse
  9. Pour en savoir plus sur les nom­breux pro­blèmes éco­lo­giques liés aux « renou­ve­lables », vous pou­vez fouiller par ici : https://partage-le.com/category/environnement-ecologie/energie/
  10. À lire ici : https://partage-le.com/2015/05/techniques-autoritaires-et-democratiques-lewis-mumford/
  11. Voir aus­si le livre d’Olivier Rey, Une ques­tion de taille (Stock, 2014), et les œuvres d’Ivan Illich, qui détaillent cette ana­lyse.
  12. Leo­pold Kohr, The Break­down of Nations (La décom­po­si­tion des nations), 1946.
  13. Pour le com­prendre, vous pou­vez lire cet article, une tra­duc­tion de l’introduction du livre de Peter Gel­der­loos inti­tu­lé L’échec de la non-vio­lence : https://partage-le.com/2016/10/lechec-de-la-non-violence-introduction-par-peter-gelderloos/ ou vous pou­vez lire le livre de Peter Gel­der­loos inti­tu­lé Com­ment la non-vio­lence pro­tège l’État, dont nous avons fini de cor­ri­ger la tra­duc­tion, et que nous publie­rons très bien­tôt (à com­man­der sur : http://editionslibre.org/)
  14. http://multinationales.org/Du-Limousin-a-la-Guyane-la-France-en-relance-miniere

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  1. Je suis sur la même ligne que vous quant à l’a­na­lyse du monde tel qu’il est et tel qu’il devrait être. Pour­tant je ne suis pas sûr que le bel­li­cisme dog­ma­tique vaille mieux que le « paci­fisme dog­ma­tique ». En ce qui me concerne, je me range der­rière les posi­tions de PMO détaillées dans leur texte « Machines arrières » :

    « La fin est dans les moyens. La direc­tion d’un sou­lè­ve­ment — ses chefs — dépendent de ses moyens sub­jec­tifs et objec­tifs. Employez la vio­lence révo­lu­tion­naire, ce sont les vio­lents et les experts en vio­lence qui s’emparent du sou­lè­ve­ment. Employez le dis­cours reli­gieux, ou natio­na­liste, ou social et – pour peu qu’il prenne ou que le peuple en soit déjà impré­gné -, les reli­gieux, les natio­na­listes ou les socia­listes (anar­chistes, com­mu­nistes, etc.), s’emparent du sou­lè­ve­ment. Mais, à quoi bon, pour nous, un prin­temps radi­cal, s’il doit tour­ner à l’hiver sans fin et sanguinaire. »

    « C’est dans la conscience de cha­cun et l’accord du plus grand nombre que réside notre force, et non pas dans la mobi­li­sa­tion sous la direc­tion ouverte ou occulte d’un quar­tier géné­ral, type Parti-pas-si-
    ima­gi­naire-que-cela. Nous n’avons ces­sé de dire, des lud­dites par­tout, plu­tôt qu’un par­ti lud­dite. Mieux vaut l’Etat que nous connais­sons, que celui que nous ne connais­sons pas. »

    « Nous ne savons rien de la civi­li­sa­tion qui tente de naître des décombres de notre temps. De ces paroxysmes de puis­sance et de déca­dence entre­mê­lés. Nous n’en connais­sons que les écri­tures, rouges, vertes, noires, qui annoncent sa venue et la pro­gramment. Mais com­pa­rez les textes du Nou­veau Tes­ta­ment et des pères de
    l’église avec la chré­tien­té his­to­rique. Voyez comme le pro­jet d’une socié­té douce, paci­fique, fru­gale, éga­li­taire, en atten­dant le retour du Christ et le Juge­ment der­nier, fut, mal­gré de mer­veilleux élans, retour­né en son contraire par l’organisation ecclé­sias­tique et aris­to­cra­tique, « les puis­sances de ce monde ». Voyez com­ment le
    rêve chré­tien abou­tit à une réa­li­sa­tion anti­chré­tienne. Aus­si est-ce au nom de ce rêve chré­tien, tra­hi par les puis­sants, que se levèrent tant de mou­ve­ments mil­lé­na­ristes, de pauvres et de pay­sans. Tous éphé­mères et atro­ce­ment taillés en pièces par les sei­gneurs. Mais nous n’avons pas d’autre rêve, ni de meilleure idée à pro­po­ser, que
    ceux du pas­sé et du monde ancien. Quant à l’oeuvre, elle reste à accomplir. »

    Il me semble que l’i­dée de PMO, celle de la grève géné­rale de la consom­ma­tion, même menée par une frange assez réduite, disons 10%, qui suf­fi­rait peut-être à entraî­ner l’ef­fon­dre­ment de la déli­cate méca­nique éco­no­mique, est la seule qui évite l’é­cueil d’une direc­tion des opé­ra­tions par une mino­ri­té « éclai­rée » agis­sant pour le bien sup­po­sé de l’hu­ma­ni­té, et pré­pa­rant déjà la struc­ture oppres­sive suivante.

    1. Je ne crois pas. Il me semble que PMO verse dans les cli­chés paci­fistes. Je vous ren­voie à :
      https://partage-le.com/2015/12/le-pacifisme-comme-pathologie-par-derrick-jensen/
      https://partage-le.com/2016/10/lechec-de-la-non-violence-introduction-par-peter-gelderloos/
      et

      « Le pro­chain argu­ment paci­fiste est que la fin ne jus­ti­fie jamais les moyens. Bien qu’ajouter le mot presque juste avant le mot jamais rende cette idée vraie vis-à-vis de beau­coup de fins tri­viales — je ne serais pas prêt, par exemple, à détruire un ter­ri­toire afin de faire gon­fler mon compte en banque — elle n’a aucun sens quand il s’agit d’auto-défense. Ceux qui se rangent der­rière cette idée disent-ils qu’une fin que consti­tue­rait le fait de ne pas être vio­lé ne jus­ti­fie pas les moyens qui consis­te­raient à tuer son agres­seur ? Disent-ils que la fin que consti­tue le fait de sau­ver les sau­mons — qui ont sur­vé­cu pen­dant des mil­lions d’années — et les estur­geons — ne jus­ti­fie pas les moyens que consti­tue le fait d’enlever les bar­rages sans attendre l’approbation de ceux qui affirment espé­rer que les sau­mons dis­pa­raissent afin qu’ils puissent conti­nuer à vivre [sic] ? Disent-ils que la fin que consti­tue le fait de pro­té­ger les enfants des can­cers et des défi­ciences men­tales liés aux pes­ti­cides ne vaut pas les moyens qui seraient néces­saires pour l’atteindre ? Si c’est le cas, leur sen­ti­ment est obs­cène. Nous ne jouons pas ici à un jeu théo­rique, spi­ri­tuel ou phi­lo­so­phique. Nous par­lons de sur­vie. D’enfants empoi­son­nés. D’une pla­nète que l’on détruit. Je ferai tout ce qui est néces­saire pour défendre ceux que j’aime.

      Ceux qui disent que la fin ne jus­ti­fie jamais les moyens sont, par défi­ni­tion, de mau­vais pen­seurs, des hypo­crites, ou sim­ple­ment des gens qui se trompent. Si la fin ne jus­ti­fie jamais les moyens, com­ment peuvent-ils mon­ter dans une voi­ture ? Par cela, ils montrent que la fin que consti­tue leur dépla­ce­ment d’un point A à un point B jus­ti­fie les moyens de la conduite, qui implique les coûts liés au pétrole, et toutes les hor­reurs asso­ciées. La même chose est vraie de l’utilisation de métal, de bois, d’un bout de tis­su, et ain­si de suite. Vous pour­riez dire la même chose du fait de man­ger. Après tout, la fin que consti­tue le fait de vous gar­der en vie à tra­vers l’alimentation jus­ti­fie mani­fes­te­ment les moyens de prendre les vies de ceux que vous man­gez. Même si vous ne man­gez que des baies, vous en pri­vez d’autres — des oiseaux aux bac­té­ries — de la pos­si­bi­li­té de man­ger ces baies-là.

      Vous pour­riez pen­ser que je pousse cet argu­ment jusqu’à l’absurde, mais je ne suis pas celui qui affirme que la fin ne jus­ti­fie jamais les moyens. S’ils accep­taient de lais­ser tom­ber le mot jamais, nous pour­rions quit­ter le royaume du dogme et enta­mer une dis­cus­sion rai­son­nable concer­nant les fins dont nous pen­sons qu’elles jus­ti­fient cer­tains moyens, et réciproquement. […]

      On m’accuse par­fois d’être un hypo­crite, en rai­son du fait que j’utilise des hautes tech­no­lo­gies comme un moyen dans l’objectif de déman­te­ler la civi­li­sa­tion tech­no­lo­gique. Bien que puisse être un hypo­crite, de cer­taines manières, ce n’en est pas une, parce que je n’ai jamais pré­ten­du que la fin ne jus­ti­fiait jamais les moyens. J’ai expli­qué à plu­sieurs reprises que je suis prêt à faire tout ce qui est néces­saire pour sau­ver les sau­mons. Il ne s’agit pas d’un lan­gage codé pour dési­gner le fait de faire sau­ter des bar­rages. Tout ce qui est néces­saire, pour moi, com­prend l’écriture, les confé­rences, l’utilisation d’ordinateurs, la réha­bi­li­ta­tion de cours d’eau, le chant de chan­son pour les sau­mons, et tout ce qui peut s’avérer approprié.

      Au-delà de la rhé­to­rique, il n’existe aucune base fac­tuelle qui sou­tienne l’affirmation selon laquelle la fin ne jus­ti­fie pas les moyens. Il s’agit d’un juge­ment de valeurs dégui­sé en juge­ment moral. Celui qui dit que la fin ne jus­ti­fie pas les moyens dit sim­ple­ment : j’accorde plus d’importance au pro­ces­sus qu’à son issue. Celui qui dit que la fin jus­ti­fie les moyens dit sim­ple­ment : j’accorde plus d’importance à l’issue qu’au pro­ces­sus. Ain­si consi­dé­ré, il devient absurde de pro­fé­rer des juge­ments abso­lus à ce sujet. Cer­taines fins jus­ti­fient cer­tains moyens, et cer­taines fins ne les jus­ti­fient pas. De la même manière, les mêmes moyens pour­raient être jus­ti­fiés, aux yeux de cer­taines per­sonnes, pour cer­taines fins, et pas pour ou par d’autres (par exemple, je serais prêt à tuer celui qui essaie­rait de tuer mes proches, mais pas celui qui m’a fait une queue de pois­son sur l’autoroute). Il en est de ma joie, de ma res­pon­sa­bi­li­té et de mon hon­neur, en tant qu’être sen­sible, d’établir de telles dis­tinc­tions, et j’ai pitié de ceux qui ne se consi­dèrent pas capables de prendre de telles déci­sions, et qui comptent sur des slo­gans pour gui­der leurs actions. » (https://partage-le.com/2018/02/sur-l-hypocrisie-des-ecologistes/)

      Et enfin, nous tra­dui­sons un livre sur cette ques­tion, qui sera bien­tôt publié : http://editionslibre.org/produit/prevente-comment-la-non-violence-protege-l-etat-peter-gelderloos/

  2. Bon­jour et bra­vo pour cet article !

    Néan­moins je ne suis pas d’ac­cord avec cet opti­misme de l’af­fron­te­ment. Que nous lut­tions ou que nous ne lut­tions pas, que nous nous lovions sur cana­pé télé­vi­suel ou que nous bichon­nions notre intes­tin mil­l­per­tuis-col­li­néen, que nous affron­tions les com­bats qui nous échoient ou que nous recu­lions, l’hydre d’en fout !
    Elle bour­geonne dans des mil­lions de têtes.

    On peut au mieux rem­por­ter des com­bats ponc­tuels qui ne font que retar­der l’i­né­vi­table… Car l’hydre peut attendre, 1 an, 10 ans, cela importe peu.
    Par contre elle a la mémoire de ceux qui l’ont affron­té. Elle les cer­ne­ra, les sur­veille­ra, et fini­ra par leur limer les crocs… Sous d’autres pré­textes évidemment !

    Jeter un regard froid sur le monde et com­prendre com­ment il fonc­tionne, comme vous le faite si jus­te­ment au tra­vers de vos articles, est autosuffisant.

    Je recom­mande à mes enfants d’être tota­le­ment aller­giques aux chaines que l’on vou­drait leur mettre, de faire des choses qu’ils aiment pour trou­ver le bon­heur de vivre, d’être créa­tifs, et de se mettre dans un coin pour regar­der la merde mon­ter ! Pas de se gâcher dans de vains affrontements.

    1. Ce que je retire de cet article est qu’il ne faut pas se battre pour détruire le sys­tème, mais plu­tôt en bâtir un nou­veau paral­lè­le­ment qui sur­plom­be­ra l’an­cien lorsque la majo­ri­té de la popu­la­tion se ren­dra compte qu’il est mieux pour eux. Par exemple, je démarre une entre­prise de kom­bu­cha bio­lo­gique et je fais tout ce qui est en mon pou­voir pour uti­li­ser des pro­duits éco­lo­giques. Plu­tôt que de détruire le sys­tème, j’y par­ti­cipe pour deve­nir indé­pen­dant finan­ciè­re­ment des grosses entre­prises et je fais des choix qui réduisent mes pro­fits, mais qui réduisent aus­si mon impact sur l’en­vi­ron­ne­ment. Je sais que sui­vant la phi­lo­so­phie de l’ar­ticle, ce n’est pas encore par­fait, mais comme la fin jus­ti­fie les moyens lors­qu’on veut amé­lio­rer la qua­li­té de vie de sa com­mu­nau­té, c’est une acti­vi­té éco­no­mique qui me per­met­tra de finan­cer d’autres pro­jets. Telle la construc­tion d’un parc d’une dizaine de mini-mai­sons solaires pas­sives 100% auto­suf­fi­santes éner­gé­ti­que­ment, en nature et pro­dui­sant la majo­ri­té de sa nour­ri­ture en per­ma­cul­ture. Je crois que ça per­met­tra à petite échelle de vivre en sim­pli­ci­té volon­taire sans trop s’i­so­ler de la socié­té. Il ne faut pas bais­ser les bras, nous pou­vons bâtir des com­mu­nau­tés vivant dif­fé­rem­ment et mon­trer l’exemple.

  3. Très bon article. Ça va dans le même sens que d’autres cri­tiques du sys­tème actuel que j’ai enten­dues der­niè­re­ment. Ça com­mence à s’é­clair­cir dans mon esprit. Mer­ci pour avoir su l’ex­pli­quer sim­ple­ment et en res­tant dans le pertinent !

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