Thier­ry Sal­lan­tin, un ami eth­no­logue, m’a envoyé ce billet le 29 avril 2018, par e‑mail. Je me per­mets, avec son accord, de le publier.


J’ai écou­té l’é­mis­sion, l’in­ter­view de Cathe­rine Lar­rère et Rémi Beau, les coor­di­na­teurs du col­loque des 5 et 6 novembre 2015, « Pen­ser l’An­thro­po­cène », actes parus aux Presses de Sciences-Po en jan­vier 2018.

Peu avant ce col­loque, j’a­vais dit à Cathe­rine Lar­rère, ren­con­trée à Dau­phine au sémi­naire de Domi­nique Méda : « Il aurait fal­lu inti­tu­ler ce col­loque : « Com­ment ne pas pen­ser grâce au mot Anthro­po­cène » »… elle s’est décom­po­sée, furieuse !

Encore consta­té ce same­di 28 en écou­tant France Culture que le mot « Anthro­po­cène » n’est contes­té qu’à tra­vers le constat de l’i­né­ga­li­té du point de vue des socio­logues, et jamais du point de vue des eth­no­logues.

Les socio­logues ne voient qu’une masse d’hu­mains homo­gé­néi­sés — résul­tat de la liqué­fac­tion des socié­tés, suite au rou­leau com­pres­seur de l’oc­ci­den­ta­li­sa­tion. Une socié­té « liquide » (Zyg­munt Bau­mann), car on a liqui­dé les dif­fé­rences cultu­relles suite au géno­cide cultu­rel appe­lé « eth­no­cide » depuis Condo­mi­nas et Jau­lin. But : suite au « devoir des races supé­rieures, le devoir d’ap­por­ter la civi­li­sa­tion aux races infé­rieures » (Jules Fer­ry 1885, et Léon Blum, 1925), trans­for­mer tous les peuples tra­di­tion­nels en peuples modernes, enclen­cher par­tout l’exode rural (lire de Bitoun et Dupont : Le sacri­fice des pay­sans, une catas­trophe sociale et anthro­po­lo­gique), et l’exode hors des forêts, des zones semi-arides, des steppes, des toun­dras, des peuples nomades, des peuples chas­seurs-cueilleurs, ou des peuples pra­ti­quant aus­si une agri­cul­ture dis­crète en milieux tro­pi­caux, autant de peuples que les « civi­li­sés » nomment avec condes­cen­dance : « sau­vages » ; exode hors des cam­pagnes ou hors des forêts menant à l’en­tas­se­ment actuel de plus de 50% des humains en ville…  — et de cette masse d’hu­mains homo­gé­néi­sés, résul­tat de l’eth­no­cide, résul­tat en forme de jus insi­pide, ce liquide nau­séeux qui s’é­coule suite à des siècles de colo­ni­sa­tion, ces socio­logues sou­vent d’ins­pi­ra­tion mar­xiste ne cri­tiquent que l’i­né­ga­li­té entre riches et pauvres, ce qui les mène à cri­ti­quer le terme « Anthro­po­cène », comme si tous les humains avaient une même res­pon­sa­bi­li­té face à une bio­sphère de plus en plus abî­mée.

Exact : ce sont les riches qui détruisent la pla­nète (Cf. le livre d’Hervé Kempf), ce sont eux qui ont un mode de vie à forte empreinte éco­lo­gique et qui, donc, sont les prin­ci­paux émet­teurs de gaz à effet de serre, ces oli­garques et autres « pro­prié­taires des moyens de pro­duc­tion », dont les nou­veaux mil­liar­daires qui se mettent à pul­lu­ler en Chine et autres pays qui sombrent (et non « émergent ») dans la stu­pide copie du mode de vie (sui­ci­daire) des vieux pays indus­triels.

D’où le suc­cès du terme alter­na­tif de « capi­ta­lo­cène », qu’Armel Cam­pagne, l’é­lève de Chris­tophe Bon­neuil et Jean-Bap­tiste Fres­soz, a choi­si pour son livre (éd. Diver­gences, décembre 2017), et dont traite le livre d’An­dreas Malm, L’anthropocène contre l’his­toire : le réchauf­fe­ment cli­ma­tique à l’ère du capi­tal (éd. La Fabrique, mars 2017).

Cette homo­gé­néi­sa­tion n’a qu’un but : faci­li­ter la cir­cu­la­tion de la Mar­chan­dise, tout doit être « liquide » pour flui­di­fier le com­merce et l’i­nex­tin­guible soif d’en­ri­chis­se­ment des riches, car le pou­voir, c’est la puis­sance, un tro­pisme qui semble irré­sis­tible depuis ses débuts dans les pre­mières cités-états en Méso­po­ta­mie, il y a 6 000 ans.

Le point de vue des eth­no­logues est dif­fé­rent :

Il y a une autre inéga­li­té : pas que l’i­né­ga­li­té sociale dans une socié­té glo­ba­li­sée, entiè­re­ment occi­den­ta­li­sée, encore que même là, il fau­drait sou­li­gner la res­pon­sa­bi­li­té des classes moyennes, com­plices des mul­ti­na­tio­nales en obéis­sant avec com­plai­sance aux ordres des publi­ci­taires en consom­mant avec enthou­siasme les pro­duits des super­mar­chés, donc pas seule­ment la res­pon­sa­bi­li­té des « 1% » !

Dans ce domaine, les der­niers arri­vés au ban­quet de la socié­té de consom­ma­tion sont sou­vent les plus achar­nés à en ache­ter les pro­duits à la mode, ce qui explose la vieille par­ti­tion en « classes sociales » des mar­xistes, comme l’a­vait vu Mar­cuse dès les années 1960 : la révo­lu­tion ne peut plus venir des pro­lé­taires, puis­qu’ils admirent (lire Veblen !) le mode de vie des bour­geois, ne fai­sant que les jalou­ser. Donc le contraire de ces fils de bour­geois qui auront l’au­dace de renon­cer au désir d’en­ri­chis­se­ment en épou­sant la sub­ver­sion hip­pie ou les cou­rants éco­los menant au désir de vie simple. Preuve : l’ex­trême fai­blesse du mou­ve­ment hip­pie en Chine et en Inde !

Oui, il y a une autre inéga­li­té, bien plus fon­da­men­tale, obser­vée par les eth­no­logues au point de vue bien plus Deep His­to­ry, plus pro­fond, plus clair­voyant sur la longue durée.

Les humains sont membres de cultures très diverses, « Anthro­pos », ce n’est pas que l’Oc­ci­dent avec les 5% des langues par­lées dans le monde, des langues qui véhi­culent des visions du monde anthro­po­cen­triques, soit à par­tir des croyances mono­théistes, soit à par­tir de la reli­gion de la croyance à cette mytho­lo­gie qui résume l’his­toire du monde à celle d’un pro­grès iné­luc­table, pro­grès à atteindre grâce au déve­lop­pe­ment éco­no­mique.

Croire cela, c’est être raciste, car c’est mépri­ser les peuples qui parlent 95% des langues du monde et qui trans­mettent par ces langues des phi­lo­so­phies, des sagesses bio­cen­triques. C’est mépri­ser les Pyg­mées, les Sans du Kala­ha­ri, les cen­taines de peuples papous et méla­né­siens, les Abo­ri­gènes d’Aus­tra­lie, les Toua­regs, les Inuits de l’Arc­tique, les Nenets et les Evenks et autres peuples de l’im­mense Sibé­rie et les cen­taines de peuples autoch­tones des Amé­riques.

« Anthro­pos », c’est donc une incroyable diver­si­té cultu­relle, et faire croire depuis l’in­ven­tion du terme « Anthro­po­cène » par le chi­miste Paul Crut­zen dans son article de la News­let­ter n° 41 de Glo­bal Change, IGPB parue en 2000, que tout ce qui va mal sur Terre, c’est de-la-faute-à-« L’homme », c’est oublier que les êtres humains sont de cultures extrê­me­ment diverses.

Non ! Ce n’est pas de la faute des Abo­ri­gènes d’Aus­tra­lie ! Ce n’est pas de la faute des Pyg­mées, ni des Yano­ma­mis d’A­ma­zo­nie ! Faire le mau­vais diag­nos­tic en se trom­pant sur la cause du mal qui détruit la bio­sphère, c’est ne pas se don­ner les moyens de gué­rir la mala­die. Le mal, ce n’est pas « l’Homme », « Anthro­pos » !

Il ne faut pas en vou­loir à ce chi­miste, jamais sor­ti de son labo­ra­toire : il ignore que les hommes ne sont pas tous des Occi­den­taux cou­rant comme lui les congrès scien­ti­fiques. Il ignore tout des sciences humaines, et depuis son petit monde d’a­do­ra­teurs de la tech­nique, il ne voit comme solu­tion à la catas­trophe éco­lo­gique qui pointe, qu’en­core plus de tech­nique pour résoudre les pro­blèmes engen­drés par la tech­nique : c’est un adepte de la géo-ingé­nie­rie, ain­si que le dénonce Clive Hamil­ton dans ses deux livres tra­duits en fran­çais.

Le mal, ce n’est pas le « capi­ta­lisme », ce qui lais­se­rait sup­po­ser que si la socié­té indus­trielle était gérée autre­ment, c’est-à-dire par les anti­ca­pi­ta­listes que sont les com­mu­nistes, les usines ces­se­raient sou­dain de pol­luer, de pro­duire des gaz à effet de serre !

Non ! Le mal est plus pro­fond : c’est l’in­dus­tria­lisme de Marx, Saint-Simon et Keynes ou Hayek qu’il faut remettre en cause. Ce sont tous les auteurs de l’an­ti-indus­tria­lisme qu’il faut relire, comme Tho­reau, Tol­stoï ou Gand­hi, [et les auteurs de l’Encyclopédie des Nui­sances, et Ber­nard Char­bon­neau, et Jacques Ellul, et tous les autres, NdE] et aujourd’­hui Der­rick Jen­sen (Éco­lo­gie en résis­tance, stra­té­gies pour une terre en péril : 2 volumes, 2016 et 2017, www.editionslibre.org).

L’in­dus­tria­lisme n’est fina­le­ment qu’un moyen d’ac­cé­lé­rer la pro­duc­tion pour s’en­ri­chir plus vite : une arme de plus pour les états obsé­dés depuis le début par la course à la puis­sance : enva­hir pour ne pas être enva­hi. La pre­mière arme étant d’en­ré­gi­men­ter des peuples jadis auto­nomes et de taille modeste pour consti­tuer des struc­tures inéga­li­taires en vue de l’ef­fi­ca­ci­té mili­taire, des struc­tures les plus peu­plées pos­sibles pour ponc­tion­ner les sou­mis à coups de taxes et d’im­pôts, signe tan­gible de l’État : plus l’État sou­met des tri­bus, des peuples, plus l’argent rentre dans ses caisses, et plus il peut armer des troupes puis­santes pour agran­dir encore son espace de pou­voir. Voir aujourd’­hui la men­ta­li­té des tech­no­crates de l’U­nion Euro­péenne, des États-Unis, de l’Inde ou de la Chine : le tou­jours plus est inex­tin­guible. Le faire, car sinon l’autre état concur­rent va le faire : course pour le faire en pre­mier. Pas le temps de réflé­chir aux consé­quences, par exemple l’é­pui­se­ment des res­sources, les pol­lu­tions, l’in­ha­bi­ta­bi­li­té à terme de notre bio­sphère. Cou­rir juste parce que l’autre court, tro­pisme gré­gaire aus­si stu­pide que ce trou­peau de bre­bis qui bas­cule dans le ravin. Juste suivre, s’a­dap­ter comme dit Emma­nuel Macron, res­ter dans la course.

Le mal est plus pro­fond.

En amont, il y a la sor­tie du sens de la mesure, du sens de la limite, sor­tir de ce sens étant le signe de cette folie nom­mée « hubris » par les Anciens grecs.

La plu­part des peuples, ceux par­lant 95% des langues du monde, ont su, grâce aux phi­lo­so­phies bio­cen­triques, gar­der le sens de l’é­qui­libre tant vis à vis des autres espèces vivantes que vis-à-vis des autres socié­tés humaines : grâce à la sagesse de ces visions du monde, ces peuples ont su gar­der le sens des limites, le sens de la mesure (lire Oli­vier Rey).

Com­prendre cela, c’est com­prendre que c’est la faute non de « l’homme » en géné­ral, mais d’hommes bien par­ti­cu­liers, et que c’est bien plus grave que la seule faute des « riches ». Les socio­logues nous enferment dans le seul spec­tacle des récentes socié­tés urba­ni­sées, alors que notre espèce est mor­pho­lo­gi­que­ment sta­bi­li­sée depuis 300 000 ans.

Les eth­no­logues ont une vue plus glo­bale, plus pro­fonde, donc sont plus à même de faire le bon diag­nos­tic.

On n’ar­rê­te­ra pas la Sixième extinc­tion mas­sive des espèces et le réchauf­fe­ment cli­ma­tique en se conten­tant d’une réfor­mette : modi­fier la ges­tion du monde indus­triel en en chan­geant les pro­prié­taires des moyens de pro­duc­tion !

Non ! C’est le fait même de pro­duire à grande échelle qu’il faut remettre en cause. Il faut remettre à l’hon­neur l’ar­ti­sa­na­lisme (William Mor­ris ou Gand­hi) et aban­don­ner défi­ni­ti­ve­ment le rêve indus­triel.

Le bon diag­nos­tic : accu­ser non pas « l’homme », mais cer­tains hommes, ceux qui sombrent dans la folie des gran­deurs, car ils sortent du cadre défi­ni par les sagesses tra­di­tion­nelles des 7 000 ou 8 000 peuples épris de bio­cen­trisme. Il faut accu­ser l’an­thro­po­cen­trisme des peuples qui se sont don­né des visions du monde qui poussent à l’or­gueil : l’homme au-des­sus de toutes les espèces, l’homme sépa­ré de la « nature » (Lire Des­co­la, et encore mieux : Vivei­ros de Cas­tro, pour com­prendre ce qui fonde les onto­lo­gies anti déve­lop­pe­ment comme l’ex­plique Artu­ro Esco­bar dans le livre paru en avril 2018 : Sen­tir-pen­ser avec la Terre). Sor­tir de cet orgueil, c’est aller encore plus loin que la récente mode accu­sant le « spé­cisme » qui ne vise que la moi­tié ani­male des espèces vivantes, en oubliant la moi­tié végé­tale : les peuples bio­cen­triques savent que les plantes ont une sen­si­bi­li­té, et ils tiennent compte de la souf­france végé­tale au même titre que la souf­france ani­male.

Donc le bon diag­nos­tic, c’est accu­ser cette héré­sie appa­rue au milieu de l’ère géo­lo­gique post ère des gla­cia­tions (= le Pléis­to­cène), nom­mée « Holo­cène », héré­sie qu’est le brusque virage vers la folie des gran­deurs où ont som­bré les peuples s’a­don­nant à cette cruau­té que sont les socié­tés inéga­li­taires qui crée­ront des États, héré­sie appa­rue en plu­sieurs endroits de la Pla­nète, pas qu’en Méso­po­ta­mie.

Appe­lons cette mal­heu­reuse ère géo­lo­gique le « Méga­lo­cène », qui est l’ère où cer­taines socié­tés humaines par­viennent à être dotées de moyens tech­niques si puis­sants qu’elles mettent en branle des forces com­pa­rables aux forces tel­lu­riques, comme la capa­ci­té à modi­fier à une vitesse encore jamais vue le cli­mat glo­bal et la bio­di­ver­si­té.

Une fois ce diag­nos­tic posé, grâce à la saga­ci­té des eth­no­logues, leur « regard éloi­gné » comme disait Lévi-Strauss, leur capa­ci­té à embras­ser le temps long, la mala­die étant déter­mi­née, le remède peut être envi­sa­gé, et ce remède est bien plus révo­lu­tion­naire que le simple pas­sage du capi­ta­lisme au com­mu­nisme !

Sauf à com­prendre « com­mu­nisme » au sens de « com­mu­nisme pri­mi­tif » : ce par­tage éga­li­taire pra­ti­qué dans les groupes tri­baux.

Le remède est à trou­ver dans les peuples encore locu­teurs des mil­liers de langues qui échappent aux volon­tés mono-lin­guistes des États, ces peuples qui conti­nuent à refu­ser l’oc­ci­den­ta­li­sa­tion et l’é­ta­ti­sa­tion issues de la colo­ni­sa­tion des empires euro­péens ou chi­nois (la Zomia asia­tique défi­nie en 2001 par William van Schen­del ou en 2006 par Jean Michaud, que les fran­co­phones ont décou­vert par le livre de James C. Scott tra­duit en 2013 : Zomia, ou l’art de ne pas être gou­ver­né, son der­nier étant Against the Grain, a Deep His­to­ry of the Ear­liest States [excellent livre dont vous pou­vez lire un bout de l’introduction ici, qui devrait sor­tir cette année aux édi­tions La Décou­verte, et dont le conte­nu est éga­le­ment décrit dans cet article, NdE]). Le remède est à trou­ver dans les mil­liers de peuples du centre de l’Inde, appe­lés « Adi­va­sis », qui per­sistent à vivre tra­di­tion­nel­le­ment dans leurs vil­lages en lut­tant à la fois contre l’embrigadement maoïste (naxa­liste) et l’embrigadement de l’Inde du Pre­mier ministre Modi, obsé­dé d’ou­ver­tures de chan­tiers miniers. L’un de ces peuples empêche encore toute colo­ni­sa­tion : ceux de l’île de North Sen­ti­nele, au sud de l’ar­chi­pel des Anda­mans. Artu­ro Esco­bar montre com­ment depuis les peuples autoch­tones des Andes et des peuples de Colom­bie émergent des pen­sées non déve­lop­pe­men­tistes[1] qui puisent leur argu­men­ta­tion dans leurs visions du monde mil­lé­naires. Rien à voir avec le mar­xisme des années 1960 qui n’a­mène qu’une autre forme d’oc­ci­den­ta­li­sa­tion, et donc encore des rai­sons de conti­nuer l’en­tê­te­ment à creu­ser tou­jours plus de mines : « l’ex­trac­ti­visme » décrit par Yves-Marie Abra­ham et David Mur­ray (éd. Eco­so­cié­té, 2015) ou Anna Bed­nick (éd. Le Pas­sa­ger Clan­des­tin, 2016). Sur une des îles du Vanua­tu, celle de Bun­lap, le peuple Saa a déci­dé lui aus­si de sor­tir du « Méga­lo­cène » en expul­sant tous les agents de déve­lop­pe­ment, les ensei­gnants, les mis­sion­naires, et en remet­tant à l’hon­neur leur langue natale. Leur but, vivre en totale indé­pen­dance éco­no­mique et cultu­relle en pra­ti­quant à nou­veau le jar­di­nage comme autre­fois et la pêche arti­sa­nale.

Même si, ici en Europe, nous sommes les des­cen­dants des peuples les plus eth­no­ci­dés de la Terre : qui se rap­pelle duquel des 300 peuples gau­lois il des­cend !?, il est encore pos­sible de faire séces­sion et de sor­tir de la fuite en avant des tech­no­crates de la Start Up Nation en fai­sant un « pas de côté » comme le mon­trait le film L’An 01, pour expé­ri­men­ter des modes de vie loin de la déme­sure. Retrou­ver le sens des limites, retrou­ver la modes­tie éco­lo­gique d’é­co­no­mies qui s’in­sèrent har­mo­nieu­se­ment dans le milieu natu­rel, c’est par exemple ce qui se pra­tique sur l’es­pace boca­ger mira­cu­leu­se­ment pro­té­gé par presque 50 années d’a­mé­na­ge­ment dif­fé­ré (ZAD) car depuis la fin des années 1960, le gou­ver­ne­ment gelait ces terres pour y faire atter­rir le Concorde !

Prendre la mesure de l’é­norme révo­lu­tion néces­saire pour évi­ter l’é­co­cide pla­né­taire, c’est ces­ser de tour­ner son regard vers les lubies de Marx, Lénine, Mao ou Cas­tro et Gue­va­ra, comme trop d’au­to-dési­gnés « révo­lu­tion­naires » le fai­saient encore en Mai 1968, pour enfin admettre que les petits peuples que nous regar­dions avec mépris depuis que nous nous étions auto-dési­gnés comme LA Civi­li­sa­tion[2] elle-même (1756), sont ces peuples qui peuvent nous don­ner les bonnes idées pour sor­tir de l’im­passe où se trouvent les « civi­li­sés ». Une telle sub­ver­sion est en route par exemple sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, à com­prendre désor­mais comme une Zone pion­nière, à l’a­vant-garde de l’Au­to­no­mie Défi­ni­tive, une ZAD qui a pris la pleine mesure de l’am­pleur des bou­le­ver­se­ments néces­saires de nos modes de vie pour tour­ner le dos radi­ca­le­ment, donc au plus pro­fond des racines même, à tout ce qui mène à l’ère géo­lo­gique mor­ti­fère qu’est le Méga­lo­cène.

En mul­ti­pliant les Zones d’Au­to­no­mie Défi­ni­tives par­tout, il sera pos­sible d’é­vi­ter les rai­dis­se­ments dic­ta­to­riaux qui risquent d’ac­com­pa­gner l’ef­fon­dre­ment des socié­tés indus­trielles (en cela, Alain Deneault par­tage les pré­vi­sions du col­lap­so­logue Pablo Ser­vigne), car comme le dit éga­le­ment Yves Cochet, c’est la géo­lo­gie qui va vaincre l’in­dus­tria­lisme, dont une des formes est le capi­ta­lisme. Les don­nées phy­siques sont impla­cables, et c’est de l’i­gno­rer que la moder­ni­té va se fra­cas­ser sur le mur des limites des res­sources natu­relles.

Thier­ry Sal­lan­tin

Edi­tion : Nico­las Casaux


  1. Voir : « Le déve­lop­pe­ment est-il colo­nial ? » : http://www.journaldumauss.net/?Le-developpement-est-il-colonial
  2. Voir : « Et si le pro­blème, c’était la civi­li­sa­tion ? » : https://partage-le.com/2017/10/7993/
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Comments to: Ni anthropocène, ni capitalocène : le problème, c’est le mégalocène (par Thierry Sallantin)
  • 3 mai 2018

    Le pro­blème est si près de nous que nous avons peine à le voir. Regar­dons nous de près et nous allons voir cette peur qui nous hante et que nos diri­geants (gou­ver­ne­ments, action­naires d’en­tre­prises (petits et gros action­naires) et autres groupes qui font la pro­mo­tion de cette soif de crois­sance) (diri­geants ou élites com­mer­ciales qui existent depuis des mil­liers d’an­nées) ont fait de nous faire croire que nous allons tous vivre dans des condi­tions atroces si nous n’a­dop­tons pas ce régime de consom­ma­tion (par consé­quence d’in­dus­tria­li­sa­tion et de crois­sance). La peur est l’arme des domi­na­teurs des puis­sants. Dès que nous n’a­vons plus peur (comme le groupe de la ZAD) c’est l’é­tat qui a peur. Ces domi­na­teurs nous ont intro­duit le désir du mieux vivre. Le mieux vivre brise toutes ces limites éco­lo­giques que les peuples sages ont su res­pec­ter par le bien vivre. Déga­geons-nous de cette peur qui a pous­sé les hommes à cette colo­ni­sa­tion (ancienne et moderne) et à tout domi­ner (domi­na­tion de autres peuples et de leur culture et de la nature). Allons vers un bien vivre simple, arrê­tons la recherche et le déve­lop­pe­ment, rédui­sons nos dépen­dances à la science appli­quée. Il est beau­coup plus facile d’en­rayer notre peur en groupe. Conti­nuons d’en par­ler et soyons des acteurs de la décrois­sance.

    Reply
  • 3 mai 2018

    Salut Thier­ry

    Pour ma part je pense que c’est ….La pres­sion demo­gra­phique qui a conduit un roga­ton de singe tro­pi­cal à sor­tir d’Afrique, et pulu­ler sur la toute la terre, jusque dans ce froid mor­dant, sous nos hautes lati­tudes… Une Sacré pirouette, quand t’y pense, pour cet aus­tral pri­mate dégé­né­ré, ces expé­di­tions boréales, que des com­pli­ca­tions à foi­son ! De l’escalade d’a­dap­ta­tion ! Niveau Bar­da, Tam­bouille et tout le tou­tim (il a fal­lu inven­ter le feu, les fringues, les luges, les bateaux, …)
    La sai­son­na­li­té des dis­tri­bu­tions végé­tales virant à la rareté…l’importance de la bar­baque, crût à hau­teur de sa dis­tance à l’équateur… et ça a pas fait un pli , sapiens a qua­si tout mis en l’air, envoyé din­guer, mordre la pous­sière , bou­ca­né la qua­si-tota­li­té des grands mam­mi­fères de la terre… ad patres les « méga­faunes » croi­sés, au hasard de ses chasses… (Jusqu’à ses propres cou­sins homos Néan­der­tha­liens , Deni­so­viens, hob­bit de flores ) .… En Aus­tra­lie par exemple : extinc­tions des lions Mar­su­piaux , kan­gou­rou ‚koa­las geants , « dipro­to­don » , varan géant (Mega­lo­nia pris­ca) ‚lezard geant — oiseaux élé­phant, émeus, qua­si 90% de la mega­faune aus­tra­lienne du pleis­to­cene (pas des gen­tils les ancêtres navi­ga­teurs des abo­ri­gènes ?!) ….. aux ame­riques ….après avoir déba­rou­lé en moufle de la nuit polaire (un singe en hiver ?!) par le cor­ri­dor de Bérin­gie, des hordes dites de « Clo­vis  » , dézingue toute les méga­faunes amé­ri­caines cette fois .…y Deman­ti­bule les éden­tés ‚les par­res­seux géants, evis­cére les pla­cen­taires… les cas­tors géants de Flo­ride au Nebras­ka , c’est la fin des Mas­to­dontes, des mam­mouths de Colomb, che­vaux Amé­ri­cains, tigres et lions à dents de sabres…et j’en passe .…Car­casses en mon­ti­cule par myriades … …Véri­table Aria dia­pré de réci­ta­tifs éta­gés d’entrailles en guir­landes ….de lam­beaux san­gui­no­lents de viande… flot­tant aux quatre vents !

    Sa fré­né­sie sur­nu­mé­raire (tou­jours) en sus­pen­soir …Arri­vé… dans l’emballement d’une chasse toute en prouesses ( qu’en minait jus­qu’à l’utilité ) …de lisière en confins ; au bout de la terre…donc au bout du che­min, tan­dis qu’il cava­lait à embro­cher une faune de plus en plus clair­se­mé !.. À plus pou­voir faire marche arrière et man­quer d’aires a gros gibiers. ..Y du s’ra­va­ler à de piètres proies devoir faire la peau…Dévolu par le sort à des prises inutiles (et fort dépré­ciées) jusque-alors , du pis-aller d’abatis…Sapiens du ‚pour ça aus­si ‚adap­ter sa pano­plie, ses indus­tries « lithiques » (comme on disait à l’é­poque), pas­sant du pieu à l’arme de jet , au pro­pul­seur à sagaie, à l’arc (qui élonge en por­tée son rayon d’ac­tion) pour finir à l’hameçon
    Il a tou­jours eu le génie de l’escalade, le Sapiens….
    Une cer­taine pré­dis­po­si­tion au retour de mani­velle, son propre porte poisse, tou­jours enclin à se fabri­quer pour long­temps des jours plus difficiles…passant du limi­té au cos­mique son élé­ment c’est la conne­rie..

    Pour fina­le­ment devoir se conten­ter de minus­cules gra­mi­nés , à l’al­bu­men Fari­neux (qui entrai­na une modi­fi­ca­tion de son phé­no­type ances­tral, par sélec­tion des indi­vi­dus sur­pro­duc­teur d’amylase sali­vaire ) .. à devoir se col­ti­ner de les plan­ter … le néo­li­thique est encore un pis-aller … (« la pire erreur de l’humanité »
    https://partage-le.com/2016/09/lagriculture-ou-la-pire-erreur-de-lhistoire-de-lhumanite-par-jared-diamond-clive-dennis/ )

    Sapiens ripe, dans la pesan­teur des char­niers sur la pente fatale d’une funeste fuite en avant, har­ce­lé qu’il était par l’ardent aiguillon de sa propre démo­gra­phie …
    à l’instar des conjec­tures de Mal­thus et Bose­rup , le sac­cage de son espace vitale , conduit inva­ria­ble­ment Sapiens à des embar­dées tech­niques (indus­tries lithiques, micro­li­thique, chi­miques, ato­mique) , mâti­nés de chan­ge­ments cultu­rels (de l’A­ni­misme au Natu­ra­lisme) ! Qui pro­duisent en se géné­ra­li­sant un regain sys­te­ma­tique d’ bouche à nour­rir au km car­ré, un rebond de popu­la­tion, engre­nant par retour de mani­velle un nou­veau cycle de rétro­ac­tion entre sa dépen­dance à de nou­velles niches éco­lo­giques et une nou­velle situa­tion de rare­té.… et la boucle est bou­clée

    C’est ce que Craig Dil­worth Appelle un cercle vicieux , dans son excellent bou­quin : Too Smart for our Own Good : The Eco­lo­gi­cal Pre­di­ca­ment of Human­kind Cam­bridge Uni­ver­si­ty Press, 2009

    Ca l’a ren­du bien Malades l’agriculture Sapiens (caries, arthroses, zoo­noses à foi­son , Dia­bete ) …socié­tés de masse hié­rar­chique et inéga­li­taires .….famine, Peste , Epi­de­mie… jusqu’à.…. bon poids, la fin du 19 ieme (via une cer­taine amé­lio­ra­tion de l’hygiène) pour une seconde tran­si­tion demo­gra­phique liee a l’esperance de vie cette fois ci .
    Car pour la tran­si­tion démo­gra­phique au neo­li­thique on est plu­tôt (confer le ratio d’immatures dans les sepul­tures) dans une pro­blé­ma­tique d’aug­men­ta­tion du nombre d’en­fant, liée à la séden­ta­ri­té …plus besoin de se dépla­cer, neces­site de plus de bras pour bos­ser, amé­nor­rhée post-par­tum.…. perte de l’ho­méo­sta­sie social des chas­seurs cueilleurs.…

    http://www.evolhum.cnrs.fr/bocquet/cnrsed09.pdf

    en Résu­mé apres avoir cra­mé les mega­faunes, et pas mal de faune, on s’en est pris aux vege­tales (cf : la gueule du tri­angle fer­tile ) défo­res­ta­tion , des­truc­tions des sols,salinisation .… quand y’a plus eu assez de bois et de terre, à Man­ches­ter (on a d’abord dézin­gué les Amé­rin­diens) et puis on est pas­sé du « char­bon de bois » au « char­bon de terre » ‚la encore un pis-aller, et on a com­men­cé à s’attaquer au sous sols (la révo­lu­tion indus­trielle qu’on appelle ça … le fameux anthro­po­cène) les mines , le Pétrole …et on en arrive main­te­nant au bout … la boucle est bou­clé ‚on butte sur la fini­tude de la terre (plus rien des­sus plus rien dedans) …et on se retrouve à 8 mil­liards à grat­ter les fonds de tiroir (pétrole et gaz de schiste…) pour bien finir le bou­lot des eth­no­cides, des éco­cides en ayant tota­le­ment dérè­glé le cli­mat .

    Amen

    phi­lippe

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  • 7 mai 2018

    Mon­sieur Sal­lan­tin devrait lire (où relire) Marx, car l’as­so­cier à Lenine Mao, Cas­tro et Gue­va­ra est une faute his­to­rique et phi­lo­so­phique.

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    • 13 mai 2018

      Marx était pro­duc­ti­viste (Vive le tra­vail obli­ga­toire — en fait la seule dif­fé­rence pra­tique entre mar­xisme et capi­ta­lisme est que les mar­xistes veulent mettre même les bour­geois au tra­vail obli­ga­toire.) et pro­gres­siste (Niquons la pla­nète!). Lénine, Mao, les frères Cas­tro, sur­tout Raul mais Fidel aus­si, Gue­ve­ra se réclament tous du mar­xisme. Pré­tendre le contraire est du révi­sion­nisme. Par exemple à Cuba, c’est même ins­crit dans la consti­tu­tion que l’é­tat cubain est mar­xiste-léni­niste.

      De plus j’ai pu consta­té, lors de mes voyages à Cuba, que les cubains n’i­déa­lisent pas plus les sirènes du mar­xisme que celles du capi­ta­lisme. Par contre ils sont tout acquis au consu­mé­risme, comme nous ils veulent pou­voir consom­mer, ils ont déjà les der­niers modèles de smart­phones, et ils veulent comme nous avoir des voi­tures, pou­voir voya­ger et dis­po­ser des der­nières consoles de jeu. Exac­te­ment comme le décrit cet article : Vive le tou­jours plus de la socié­té de consom­ma­tion.

      Wil­helm Reich l’a­vait très bien com­pris, lui qui fut viré du par­ti com­mu­niste pour avoir consta­té que les pro­lé­taires, avec la révo­lu­tion indus­trielle, avait fait leurs la morale bour­geoise ain­si que leurs attentes : Plus ! comme dans la pub. Parce que la spé­cia­li­té des com­mu­nistes comme de la gauche en géné­ral, ce n’est pas la révo­lu­tion, c’est la divi­sion, c’est l’ex­com­mu­ni­ca­tion. Le résul­tat est qu’au­jourd’­hui elle est ato­mi­sée en une mul­ti­tude de sectes concur­rentes qui pour la plu­part ont même renon­cé aux valeurs his­to­riques de la gauche comme l’an­ti-impé­ria­lisme et l’an­ti-colo­nia­lisme (… à force d’al­ler se for­mer dans des kib­boutz.).

      Marx avait au moins l’hon­nê­te­té intel­lec­tuelle de remar­quer que ses théo­ries man­quait de cohé­rence. Sa plus pro­fonde contra­dic­tion réside dans le fait que dans La ques­tion juive, il conclut qu’il faut se débar­ras­ser de l’argent, alors que dans tout le reste de son oeuvre, il a besoin du tra­vail obli­ga­toire (et de son alié­na­tion) ain­si que de l’argent (et ses inéga­li­tés) pour construire le pro­grès indus­triel qui nique la pla­nète. Il essaie dès lors de nous faire croire que chan­ger la marque du bou­lier ou de la cal­cu­la­trice va tout chan­ger. Son pro­gres­sisme, com­pré­hen­sible à son époque, l’a aveu­glé. Mais aujourd’­hui nous savons tous, faits têtus, que comme avec les réfu­giés, les fron­tières de nos états seront inca­pables d’ar­rê­ter la sixième extinc­tion de masse ou d’en­rayer l’é­pui­se­ment des res­sources natu­relles.

      Enfin, il faut bien com­prendre que le capi­ta­lisme, comme le mar­xisme, ne sont que des outils éco­no­miques. En tant que tels, ils ne sont pas des causes mais des outils. Pré­tendre que le capi­ta­lisme est une cause, comme le font tant de mar­xistes auto-pro­cla­més, revient donc à tom­ber dans le piège, dénon­cé par Marx et dans lequel il est lui-même tom­bé, du féti­chisme des moyens. La cause est ce qui rend pos­sible mar­xisme et capi­ta­lisme : notre mode de vie. Donc la seule ques­tion aujourd’­hui est de savoir si ce mode de vie sera ter­mi­né avec ou sans nous, si nous allons le ter­mi­ner et faire autre chose, ou si nous allons être ter­mi­né avec lui.

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  • 13 mai 2018

    Les com­mu­nistes parlent de com­mu­nisme pri­mi­tif pour dési­gner le régime poli­tique des socié­tés tra­di­tion­nelles. C’est de l’an­thro­po­cen­trisme car le com­mu­nisme en pra­tique n’est pas un régime poli­tique, c’est juste une façon dif­fé­rente de gérer l’é­co­no­mie d’une socié­té indus­trielle, une façon dif­fé­rente pour un état de s’al­lier avec l’in­dus­trie contre ses peuples.

    Où alors si nous le consi­dé­rons comme régime poli­tique, c’est un régime qui occulte son stade nor­mal pour pas­ser direc­te­ment à son stade dévoyé, celui de la dic­ta­ture. Dic­ta­ture du par­ti des seuls pro­lé­taires (je ne le suis plus car j’ai dépas­sé le stade mou­ton, le stade robot du sys­tème) au mépris de tous les autres, et encore faut-il qu’ils soient enca­drés par l’a­vant-garde éclai­rée du par­ti. Dans le genre fou­tage de gueule, c’est pas mal le com­mu­nisme en pra­tique — à Cuba ils ont au moins réus­si à limi­ter le pou­voir du par­ti en lui inter­di­sant de nom­mer les can­di­dats aux élec­tions. L’his­toire nous montre aus­si (Espagne, Mexique, Rus­sie, …) que les com­mu­nistes se sont presque tou­jours alliés avec la droite contre les anar­chistes, la seule excep­tion étant peut-être Cuba.

    Ce qui nous amène à consi­dé­rer l’a­nar­chisme comme sys­tème poli­tique et c’est le seul où tous ont le pou­voir. Sa forme dévoyée étant le chaos, chaos qui s’ins­talle dès que cer­tains perdent le pou­voir et qui devient ultime quand plus per­sonne n’a le pou­voir. Vu sous cet angle, les autres régimes poli­tiques ne peuvent que favo­ri­ser le chaos :

    Anar­chisme : tous ont le pou­voir — chaos
    Démo­cra­tie : la majo­ri­té à le pou­voir — dic­ta­ture de la majo­ri­té
    Féo­da­lisme : une mino­ri­té a le pou­voir — oly­gar­chie
    Répu­blique : mélange de démo­cra­tie et de féo­da­lisme
    Royau­té : un seul a le pou­voir — tira­nie

    Ce tableau montre que ce que les com­mu­nistes appellent com­mu­nisme pri­mi­tif est en fait de l’a­nar­chisme. Ce qui suf­fit à démon­trer que le fond de com­merce des com­mu­nistes est le même que celui des bour­geois : divi­ser pour régner. L’his­toire le prouve : ils sont tou­jours res­sor­tis plus divi­sés qu’a­vant de leurs inter­na­tio­nales.

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    • 28 mai 2018

      Excellent com­men­taire, ce sont des sacrés lièvres qui ont été sou­le­vés. Le com­mu­nisme pra­tique est la plus grande abo­mi­na­tion du ving­tième siècle, il n’y a aucun débat à avoir des­sus. Le mar­xisme est un pro­duit de la civi­li­sa­tion, il doit être vu pour ce qu’il est : un enfu­mage.

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  • 3 juin 2018

    Réflexion inté­res­sante, d’au­tant qu’elle ‘ose’ mettre en cause le tabou d’une majo­ri­té de ceux qui se qua­li­fient de ‘gauche’ mais n’en ont sou­vent que l’ap­pel­la­tion… je veux dire, ‘oser’ dire l’im­pos­ture de citer Marx à tout bout de champ (sans par­ler des qqs autres) comme étant ‘LA’ solu­tion… quand la plu­part des pseu­do-gau­chistes actuels ne l’ont jamais lu et n’en connaissent que la réfé­rence, tel un man­tra répé­té à l’en­vi !

    mais, il y a un mais… je pense que croire que le monde dans son état de déla­bre­ment avan­cé pour­rait trou­ver une ‘solu­tion’ par un retour à une vie des plus simples, par un retour à ‘la nature’ est un leurre…

    je pense qu’il est trop tard et que nous assis­te­rons (peut-être de notre vivant) au déli­te­ment puis à l’ef­fon­dre­ment de cette pyra­mide de plus en plus fra­gile que consti­tue la civi­li­sa­tion dans son ensemble, étant d’ac­cord avec le constat de l’ar­ticle, que toutes les socié­tés semblent cou­rir der­rière le modèle ‘occi­den­tal’ pour­tant mor­ti­fère… à l’é­chelle de la pla­nète (c’est bien de cela qu’il s’a­git) les ‘ZAD’ sont et res­te­ront une excep­tion

    les seuls qui pour­ront (peut-être) s’en sor­tir à condi­tion que les ravages de notre extinc­tion ne les atteignent pas, ce sont les socié­tés recu­lées, vivant encore en pleine nature, de plus en plus rares, et qui savent com­ment se débrouiller sans tous les arti­fices que de notre côté, nous pen­sons indis­pen­sables pour mener notre vie…

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