Au cours des derniers mois, j’ai consa­cré deux articles (ici et ) au discours insensé de Vincent Migne­rot — et au programme de l’as­so­cia­tion qu’il a créée, Adras­tia. C’est déjà trop. Et pour­tant il semble­rait qu’un certain nombre de personnes conti­nuent à ne pas remarquer en quoi ses théo­ries relèvent de l’ab­surde — et possi­ble­ment de plus en plus, parce que les médias de masse, comme L’Obs, France Culture, Libé­ra­tion, etc., se mettent à le promou­voir, son discours étant du pain béni pour eux, vu qu’il est fata­liste, nihi­liste, qu’il occulte toutes les coer­ci­tions qui font la société indus­trielle et l’iné­gale répar­ti­tion des respon­sa­bi­li­tés concer­nant son orga­ni­sa­tion et sa perpé­tua­tion, et parce qu’il encou­rage l’inac­tion.

Je ne me fais aucune illu­sion sur la capa­cité d’auto-illu­sion­ne­ment et de déni du plus grand nombre, profon­dé­ment aliéné du monde natu­rel. Non, si je publie cet autre billet, c’est unique­ment parce que je me rends compte qu’un bon moyen pour expo­ser l’ab­sur­dité du discours de Vincent Migne­rot consiste, très simple­ment, à le citer (beau­coup de ceux qui le soutiennent ne doivent pas l’avoir lu, je ne vois pas d’autre expli­ca­tion).

Je commen­te­rai donc briè­ve­ment son livre inti­tulé Le piège de l’exis­tence (un titre qui annonce la sombre couleur de sa vision) et le cite­rai longue­ment (sa prose étant parti­cu­liè­re­ment obscure et indi­geste, je m’ex­cuse par avance).

Une phrase, dans l’avant-propos, résume bien l’in­té­gra­lité du texte :

« Nous parti­ci­pons à un proces­sus destruc­teur, mais ça n’est pas de notre faute et, contrai­re­ment à ce que nous croyons parfois, nous n’y pouvons rien. »

Dans l’avant-propos, toujours, il écrit :

« Le modèle Essai Sur la Raison de Tout, auquel se réfère ce recueil de textes propose de réins­crire la problé­ma­tique de notre exis­tence au sein d’un proces­sus évolu­tif global, décri­vant une théo­rie écolo­gique de l’es­prit à même d’ex­pliquer pourquoi nous ne parve­nons pas, malgré nos talents et nos meilleures inten­tions, à éviter le piège exis­ten­tiel que le prin­cipe d’évo­lu­tion univer­sel a tendu à l’hu­ma­nité, pour­tant la créa­tion la plus complexe et intel­li­gente qui exis­tera peut-être jamais. »

Voici ce qu’il écrit, plus loin, dans l’in­tro­duc­tion :

« La construc­tion progres­sive de l’Essai Sur la Raison de Tout a cepen­dant permis d’ad­mettre que la condi­tion sine qua non à l’éla­bo­ra­tion d’une “théo­rie de tout” n’était pas néces­sai­re­ment de décrire minu­tieu­se­ment l’his­toire, l’état et l’évo­lu­tion de chaque chose, mais de trou­ver un prin­cipe, une propriété, une carac­té­ris­tique commune à l’en­semble de toutes les choses possibles. Et le plus court chemin pour y parve­nir, puisqu’il n’était pas envi­sa­geable de consi­dé­rer un à un tous les objets du monde afin de véri­fier leur nature et leur destiné, était d’es­ti­mer de ce que tous ces objets ne pouvaient pas être. Une fois cela défini, la raison de l’exis­tence devait se trou­ver dans ce que le monde est, par oppo­si­tion à ce qui n’est pas possible. »

LSD ? Métham­phé­ta­mine ? Crack ? L’his­toire ne le dit pas.

Ce qu’on constate, c’est que son humble ambi­tion corres­pond à une tenta­tive de tout expliquer : l’es­prit, l’uni­vers, l’exis­tence, la matière, vrai­ment Tout (et vrai­ment n’im­porte comment, comme vous allez le voir). Sans forma­tion en sciences exactes, il s’est lancé dans une entre­prise stupé­fiante d’éla­bo­ra­tion d’une « théo­rie de tout » (rappe­lons que la théo­rie du tout est un Saint Graal scien­ti­fique, jamais décou­vert, même par Einstein et les quelques scien­ti­fiques de renom qui s’y sont essayés), qui, para­doxa­le­ment, n’abou­tit à rien. Le carac­tère non scien­ti­fique de sa théo­rie lui a d’ailleurs été signalé dès le départ sur le forum de Futura-Sciences, où il a tenté de la présen­ter.

N’étant pas à une contra­dic­tion près, Vincent Migne­rot écrit que :

« Ni les plus grands esprits ni les plus perfor­mants ordi­na­teurs ne parvien­dront jamais à comprendre exac­te­ment l’agen­ce­ment de tout, […] »

Et, la page d’après :

« Tel est, selon le modèle Essai Sur la Raison de Tout (abré­via­tion ESRTV), le prin­cipe orga­ni­sa­teur de toute exis­tence : la construc­tion du lien. L’objet existe s’il est capable d’éta­blir et main­te­nir le lien, sinon il est annulé (ESRTV chapitre 1 : L’Uni­vers).

Ce prin­cipe est valable pour tout objet ou tout ensemble d’objets, inertes, vivants, humains, tech­no­lo­giques (ESRTV, les quatre prin­cipes d’exis­tence : 1.3.11 Prin­cipe d’Evo­lu­tion ; 3.4.20 Prin­cipe de vie ; 4.3.16 Prin­cipe d’hu­ma­nité ; 4.10.6 Prin­cipe tech­no­lo­gique) et il est à ce point néces­saire que tous les objets de l’Uni­vers ne peuvent qu’être soumis à la compé­ti­tion pour créer du lien, le main­te­nir possible et augmen­ter sa force globale. Tous les objets existent les uns par rapport aux autres pour être les plus perfor­mants dans la construc­tion pérenne de la plus puis­sante matrice exis­ten­tielle possible. »

Tout au long de son livre, on retrouve (ainsi que le lais­sait entre­voir l’avant-propos) l’idée toxique (et anti-scien­ti­fique) selon laquelle l’être humain est une créa­ture intrin­sèque­ment destruc­trice, vouée à détruire son envi­ron­ne­ment. Ainsi il écrit :

« […] nous savons que toute tenta­tive de protec­tion active de l’en­vi­ron­ne­ment est vaine, […] »

En outre, son livre est truffé d’as­ser­tions erro­nées et fantai­sistes, de géné­ra­li­sa­tions et d’abs­trac­tions n’ayant aucune vali­dité scien­ti­fique (deman­dez à n’im­porte quel anthro­po­logue, à n’im­porte quel biolo­giste, à n’im­porte quel ethno­logue, ce qu’il pense des théo­ries de Vincent Migne­rot), comme :

« Pour rappel, un mode de rela­tion à l’en­vi­ron­ne­ment pour l’hu­main qui serait régulé au mieux par la vie et n’au­rait ainsi pas d’im­pact néga­tif sur elle, défi­nis­sant ainsi un “niveau de vie neutre” de réfé­rence corres­pon­drait à celui que nos ancêtres homi­ni­dés ont eu au début de la période du paléo­li­thique infé­rieur, il y a plus de 800 000 ans. »

Rappe­lons ici que nous savons que plusieurs socié­tés humaines, plusieurs peuples autoch­tones, encore vivant, loin de le détruire, enri­chissent leur milieu natu­rel (à ce sujet il faut consul­ter, par exemple, les travaux de l’eth­noé­co­logue Serge Bahu­chet, du biolo­giste Madhav Gadgil ou encore de l’éco­logue Charles M. Peters).

Migne­rot est aussi un propa­gan­diste de la projec­tion capi­ta­liste qui voudrait que la compé­ti­tion soit le moteur unique de l’évo­lu­tion :

« En outre, oublier de mention­ner la compé­ti­tion dans les propo­si­tions censées nous sauver implique de devoir propo­ser un modèle univer­sel d’évo­lu­tion dont la compé­ti­tion ne serait pas le moteur, ce qui n’a jamais été fait jusqu’à aujourd’­hui, inva­li­dant de fait la perti­nence de toute invi­ta­tion au lâcher prise. »

De nombreux (et véri­tables) scien­ti­fiques ont beau­coup disserté à ce sujet, propo­sant plusieurs théo­ries. Lynn Margu­lis et Pierre Kropot­kine, pour ne prendre que deux exemples, ont plutôt suggéré que c’est la coopé­ra­tion (la symbiose ou l’en­traide) qui consti­tue la pierre angu­laire de l’évo­lu­tion.

Mais Vincent Migne­rot n’est pas à leur niveau, il plane loin, très loin, trop loin, dans l’exo­sphère des abstrac­tions :

« Si ESRTV parvient à reprendre l’his­toire de l’évo­lu­tion pour toutes choses et depuis l’ori­gine de toute histoire possible, nous ne consi­dé­re­rons dans ce texte que les éléments défi­nis­sants les plus signi­fiants et perti­nents pour carac­té­ri­ser et mettre en sens le piège de l’exis­tence pour l’hu­main. Chacun de ces éléments, et tous ceux qui ne seront pas évoqués (mais qui font partie de la même histoire évolu­tive) pour­ront être reliés à tout autre grâce au modèle ESRTV. »

[…]

« Exis­ter exige de consti­tuer toutes les formes de liai­son possibles avec l’en­vi­ron­ne­ment. L’hu­main ne peut le faire qu’en subti­li­sant à la vie ses poten­tia­li­tés de liai­son, entraî­nant avec lui tout le système anthro­po­tech­nique destruc­teur, subti­li­sant encore, et au-delà de son action directe des possi­bi­li­tés à la vie de se main­te­nir.

Parce qu’il ne peut échap­per au piège que l’évo­lu­tion lui aura tendu (lui offrir la capa­cité de renfor­cer ses poten­tia­li­tés d’exis­tence dans la destruc­tion de la vie dont il dépend), la créa­tion peut-être la plus complexe de l’uni­vers — le cerveau huma­noïde — aura eu l’exis­tence parmi les plus brèves au regard des infi­nies dimen­sions de l’es­pace-temps. »

[…]

« Tout être vivant ne peut accé­der qu’aux infor­ma­tions défi­nis­sant le réel qui lui parviennent et qu’il peut trai­ter. La vie dans son ensemble, qui a toujours régulé son adap­ta­tion afin de ne jamais exploi­ter l’en­vi­ron­ne­ment au-delà des poten­tia­li­tés de cet envi­ron­ne­ment à main­te­nir la vie possible, ne connaît du réel que ses proprié­tés compa­tibles avec les besoins du main­tien de la possi­bi­lité de repro­duc­tion de géné­ra­tion en géné­ra­tion. La vie est inca­pable de ne pas consi­dé­rer de sa rela­tion à l’en­vi­ron­ne­ment toutes les contraintes qui l’em­pêchent d’ac­qué­rir un quel­conque avan­tage adap­ta­tif qui vien­drait remettre en cause sa propre exis­tence. »

[…]

« La contrainte pour l’hu­main de ne consi­dé­rer des rela­tions d’objets dans le réel que les infor­ma­tions favo­rables à l’exer­cice d’une emprise pour un béné­fice propre implique la consi­dé­ra­tion de proprié­tés de l’objet incom­pa­tibles avec la réalité de l’ins­crip­tion de cet objet dans le conti­nuum évolu­tif. Ce qu’un humain pense d’un objet est ce qui est poten­tiel­le­ment béné­fique à son adap­ta­tion, sans consi­dé­ra­tion de ce qui est néces­saire au main­tien de l’exis­tence de l’objet dans sa propre filia­tion évolu­tive. »

[…]

« Bien que la pensée auto­rise la créa­tion de confi­gu­ra­tions de rela­tions d’objets origi­nales, la néces­sité de main­te­nir possible l’évo­lu­tion n’au­to­ri­sera la sélec­tion, dans l’exer­cice de l’em­prise sur le réel, que des objets qui main­tien­dront la possi­bi­lité d’exis­tence des êtres pensants et de la capa­cité d’em­prise.

La capa­cité d’abs­trac­tion vient résoudre le para­doxe exis­ten­tiel humain. Les seules infor­ma­tions extraites de la rela­tion au réel ne suffisent pas à créer de nouvelles poten­tia­li­tés de rela­tion permet­tant de palier les destruc­tions consé­quentes à l’exer­cice de l’em­prise. Condamné à trans­for­mer et dété­rio­rer le monde malgré tout, l’hu­main avance vers son auto­des­truc­tion. La possi­bi­lité de créer, à partir des infor­ma­tions prove­nant du réel mais hors des contraintes de la régu­la­tion de la vie par la vie, des ensembles d’in­for­ma­tions défi­nis­sant des confi­gu­ra­tions de rela­tion à l’en­vi­ron­ne­ment inédites permet à la fois d’ap­prendre à contour­ner les écueils par la consti­tu­tion de condi­tions de liai­son au monde inédites et de nier l’iné­vi­table fin à terme par l’écri­ture d’une nouvelle histoire fiction­nelle diffé­rente de celle écrite jusque-là par la vie dans son ensemble. »

[…]

« Toute pensée, même une pensée opti­miste sur l’ave­nir, ne peut que parti­ci­per à la destruc­tion de l’équi­libre écolo­gique vital et à la dispa­ri­tion de l’hu­main à terme. »

[…]

« L’hu­main, parce qu’il est contraint de n’ac­cé­der qu’à ce qui le sert direc­te­ment et égoïs­te­ment en occul­tant ce qui le détruit à terme n’en connaî­tra, d’une part, jamais assez pour apai­ser son angoisse de soli­tude augmen­tée par celle de son auto­des­truc­tion, d’autre part sera toujours igno­rant de ce qu’il travaille ardem­ment à reje­ter de ses propres liens défi­nis­sants, pour­tant physique­ment insé­cables. »

Ce qui appa­raît clai­re­ment, dans ce discours déli­rant qu’est Le piège de l’exis­tence, c’est que Vincent Migne­rot, à l’ins­tar de beau­coup d’in­di­vi­dus alié­nés et égarés au sein de la société indus­trielle, ne se rend plus compte que l’être humain, comme tous les êtres vivants, est (tech­nique­ment) autant en mesure de préle­ver ce dont il a besoin du terri­toire écolo­gique dont il fait partie que de lui rendre ce dont celui-ci a besoin pour pros­pé­rer (que cela soit sous forme d’urine, d’ex­cré­ment, ou de corps en décom­po­si­tion, etc.), et il oublie que la Terre reçoit de l’éner­gie du Soleil et que les plantes s’en nour­rissent (photo­syn­thèse). Ainsi, il écrit (atten­tion ça pique) :

« Il n’est pas possible d’en­vi­sa­ger scien­ti­fique­ment, ration­nel­le­ment que la fabri­ca­tion d’un produit, quel qu’il soit, ou que la mise en œuvre d’une agri­cul­ture, de quelque type qu’elle soit, puisse n’avoir aucun impact sur l’en­vi­ron­ne­ment ou le proté­ger d’au­cune façon. Il faudrait pour cela que les ressources (miné­rales ou issues de la biomasse) néces­saires à la mise en œuvre de ces modes d’em­prise desquels nous tirons avan­tages proviennent d’un autre système que la terre afin de ne pas les sous­traire aux besoins de la vie et que les avan­tages acquis “décon­somment” les apports en éner­gie qu’ils auront exigés, ce qui rendrait le bilan neutre, tout en n’ayant aucun résidu ou que ceux-ci soient expul­sés “par magie” dans l’es­pace ou enter­rés très profon­dé­ment. Pour obte­nir un bilan véri­ta­ble­ment posi­tif, il faudrait que ces actions consi­dé­rées écolo­giques “décon­somment” aussi l’éner­gie utili­sée par d’autres actions humaines en faisant tout autant dispa­raître leurs déchets. Mais l’im­pos­si­bi­lité d’ex­ploi­ter des ressources extra-terrestres, de reje­ter nos déchets en-dehors de notre écosys­tème ou de répa­rer les dégâts résul­tants de l’ac­ti­vité humaine sans encore consom­mer de l’éner­gie et d’autres ressources terrestres (afin par exemple de main­te­nir les rende­ments agri­coles contre l’iné­vi­table appau­vris­se­ment des sols) inter­disent de telles possi­bi­li­tés.

Si le bon sens suffit à le devi­ner, ce sont de surcroît des prin­cipes physiques élémen­taires, ceux de linéa­rité de l’écou­le­ment du temps et de non réver­si­bi­lité des phéno­mènes, qui confirment que les effets délé­tères de l’exis­tence humaine sont stric­te­ment cumu­la­tifs, sans répa­ra­tion possible. Il n’est pas plus possible de rafraî­chir le climat, de restau­rer les rende­ments agri­coles, d’em­pê­cher l’aci­di­fi­ca­tion des océans ou la montée des eaux, de reti­rer les pertur­ba­teurs endo­cri­niens et les métaux toxiques de la chaîne alimen­taire de l’en­semble du vivant… que de ressor­tir la poudre du cacao de son choco­lat chaud. Jusque-là, parce que nous avions à dispo­si­tion suffi­sam­ment de ressources et d’éner­gie pour masquer la dégra­da­tion progres­sive de l’en­vi­ron­ne­ment, nous avons pu croire en la possi­bi­lité d’un déve­lop­pe­ment infini. Mais ces ressources vont manquer à court terme et nous n’au­rons rien pu répa­rer.

Un objet “écolo­gique” fabriqué par l’hu­main ou une action humaine respec­tueuse de l’équi­libre écolo­gique vital, ça n’existe pas et ça n’est pas possible. »

Il dénonce alors l’im­pos­si­bi­lité que consti­tue, selon lui, la « décrois­sance » (en en remet­tant une couche sur la compé­ti­tion exis­ten­tielle comme moteur de Tout, et en affir­mant que ceux qui ne sont pas d’ac­cord avec sa projec­tion du capi­ta­lisme sur le monde vivant et sur la vie en géné­ral ne sont que des néga­teurs de l’évo­lu­tion) :

« Une “décrois­sance” n’est pas plus possible qu’une tran­si­tion éner­gé­tique, pour les mêmes raisons et il faudra, à ceux qui pensent qu’il est envi­sa­geable de nous affran­chir de la riva­lité, propo­ser a minima un modèle expli­ca­tif du réel dans lequel la compé­ti­tion exis­ten­tielle n’est pas le moteur de toute évolu­tion (ou il leur faudra nier l’évo­lu­tion).

Si huma­nité et écolo­gie sont ration­nel­le­ment incom­pa­tibles (à tel point que penser possible la protec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment relève de l’au­then­tique croyance, peut- être même du délire collec­tif), il est toute­fois compré­hen­sible que nous ayons spon­ta­né­ment besoin d’en­tre­te­nir un discours rassu­rant sur ce para­doxe. D’un point de vue évolu­tif nous pouvons même admettre que le fantasme écolo­gique soit légi­time, puisque sans lui nous ne pour­rions main­te­nir notre “progres­sion exis­ten­tielle”. »

Et replonge dans ses élucu­bra­tions morbides :

« Une des raisons qui explique­rait pourquoi nous ne parve­nons pas à admettre l’in­com­pa­ti­bi­lité de notre exis­tence avec l’équi­libre natu­rel de l’évo­lu­tion de la vie sur terre (la capa­cité de la vie à se main­te­nir possible) serait à trou­ver peut-être dans le fonc­tion­ne­ment même de notre esprit […] »

[…]

« La protec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment étant par défi­ni­tion impos­sible pour l’hu­main, sa promo­tion, loin de ralen­tir notre déve­lop­pe­ment parti­cipe à notre aveu­gle­ment. »

Vers la fin du livre, il réca­pi­tule modes­te­ment :

« Lorsque j’ai commencé à écrire, je n’avais pas idée du résul­tat que j’al­lais obte­nir. J’ai suivi les indi­ca­tions de mes sens, de mon expé­rience, pour poser sur le papier ce qui allait deve­nir “un modèle de compré­hen­sion du réel struc­turé autour d’une chaîne argu­men­taire préten­due sans rupture qui tente de défi­nir préci­sé­ment et simple­ment les lois régis­sant les rela­tions exis­ten­tielles entre tous les objets.”

Si j’ai été autre­fois naïf et enthou­siaste, si j’ai pu croire qu’il était possible de chan­ger un monde que je pensais impar­fait, quan­tité de nuits blanches et d’abîmes réflexifs, tempé­rés progres­si­ve­ment par un minu­tieux travail de remon­tage, élément par élément, d’un plan cohé­rent pour comprendre la tota­lité du monde ont apaisé mes excès et montré l’in­dif­fé­rence du réel à mes humeurs.

Les conclu­sions d’Essai Sur la Raison de Tout sont pessi­mistes. Et je crains que l’épreuve de la contra­dic­tion expé­ri­men­tale, analy­tique, logique et simple­ment la réalité ne viennent les confir­mer. La lecture de cet essai et des articles de ce recueil de textes lais­se­ront certains désa­bu­sés, mélan­co­liques peut-être. Mais il n’y a là aucun drame. »

[…]

« Le lecteur accé­dera par ce texte, s’il le peut, s’il le souhaite, à la réins­crip­tion de son être physique et spiri­tuel à l’en­semble de tout ce qui peut être, quelle que soit sa nature. Ni barrières, ni limites, hormis celles que notre singu­la­rité humaine façonne en nous. La “matrice” argu­men­taire d’ESRTV est valable à toutes les échelles, en tout temps, en tous lieux, pour tous les objets possibles. Les infi­nis sont réunis en un seul lieu et leur essence commune est retrou­vée. »

[…]

« Alors que le prin­cipe d’évo­lu­tion (ESRTV § 1.3.11) impose des direc­tives strictes, invio­lables à l’exis­tence et sans doute diffi­ciles à gérer pour une huma­nité aban­don­née par la vie dont elle est issue, lais­sée seule pour suppor­ter ses para­doxes exis­ten­tiels, l’es­prit humain est juste­ment capable de s’af­fran­chir du réel afin de recréer des mondes inté­rieurs aux repré­sen­ta­tions plus amènes, plus flat­teuses. Ces fictions recons­truites à partir de l’ex­pé­rience ne sont pas fausses, elles sont la vérité de l’hu­main. Mais elles ne permettent pas l’ac­cès à la vérité abso­lue.

La très grande rigueur métho­do­lo­gique d’ESRTV permet, sans se perdre, sans se renier et au-delà du conflit et de l’ima­gi­naire, d’ac­cep­ter que l’hu­ma­nité est une et que si elle ne peut pas spon­ta­né­ment tout comprendre du réel, tout ce qui existe obéit bien à un seul ensemble de lois physiques, univer­selles. »

Et se permet de conclure sur ces décla­ra­tions surréa­listes, dange­reuses et contra­dic­toires (au vu de son propre travail) :

« Nous faisons tous partie d’un même système, qui obéit à un ensemble de lois invio­lables. Ne serait-ce pas d’ailleurs s’of­frir une posi­tion privi­lé­giée, voire méga­lo­mane (certains auraient sûre­ment quelque fantasme messia­nique inavoué), que de décla­rer avoir compris le monde et de se posi­tion­ner en-dehors de lui, cher­chant à impo­ser à l’autre une vérité auto­pro­cla­mée mais néces­sai­re­ment partielle puisqu’elle ne comprend pas, ni même parfois tolère, l’exis­tence de cet autre ? » [Dit-il qui déclare avoir compris la tota­lité du monde et qui a élaboré une théo­rie de tout, non mais quelle blague, NdA]

[…]

« Alors, si aucune solu­tion n’est possible contre notre auto­des­truc­tion, que devons-nous faire, que pouvons-nous faire ?

Rien.

Ou plutôt, comme nous ne pouvons pas ne rien faire du tout, ce qui revien­drait à nous ôter la vie, accep­tons et assu­mons ce que nous sommes. Qui d’ailleurs se suici­de­rait seule­ment pour sauver un monde qu’il ne pour­rait plus voir une fois parti ? »

[…]

« Ne chan­geons rien, comme c’est déjà le cas : malgré nos discours et l’im­pres­sion que nous avons de “résis­ter”, nous avançons toujours selon les simples termes du prin­cipe d’hu­ma­nité. Conti­nuons donc à construire du lien à notre façon afin de gérer au mieux notre anxiété, pour­sui­vons l’amé­lio­ra­tion de notre condi­tion, dont il n’est pas possible de nier objec­ti­ve­ment qu’elle détruit notre envi­ron­ne­ment de façon irré­mé­diable, et nous-mêmes à terme. Conser­vons et proté­geons nos passions, nos métiers, nos loisirs, nos lubies, puisque sans eux nous ne sommes rien d’hu­main. Rassu­rons-nous au sein des commu­nau­tés qui nous font, entre­te­nons nos croyances, prenons soin de notre âme.

C’est tout ce dont nous sommes capables. Ne nous mentons pas sur nos capa­ci­tés à chan­ger les choses et notre nature, ne nous prenons pas pour ce que nous ne pouvons être. »

[…]

« L’im­por­tant reste sûre­ment de défi­nir un but à notre exis­tence et il ne peut être que de consti­tuer le réseau de rela­tions à la fois le plus riche, le plus solide possible et qui nous corres­ponde, afin que nous nous sentions tous moins seuls malgré nos diffé­rences et nos anta­go­nismes. Ce simple objec­tif ne convien­dra peut-être pas à notre méga­lo­ma­nie, mais c’est le seul qui explique tout ce que nous sommes, autant notre orgueil que notre insa­tis­fac­tion.

Quant à notre avenir, si nous sommes contraints de détruire notre monde, la meilleure écolo­gie possible reste assu­ré­ment d’apai­ser notre culpa­bi­lité, qui nous préci­pite plus vite encore vers notre fin, par fréné­sie consu­mé­riste dissi­mu­la­trice. Nous ne sommes que les produits d’une évolu­tion qui nous illu­sionne sur nos capa­ci­tés à l’in­fluen­cer, tout ce que nous faisons accé­lère notre perte, et nous n’y pouvons rien. »

Il y aurait beau­coup à dire sur le narcis­sisme, la préten­tion, le délire mystique et omni­scient, la ratio­na­li­sa­tion du statu quo et de l’inac­tion, et fina­le­ment le pessi­misme anthro­po­lo­gique qui carac­té­risent le gali­ma­tias de Vincent Migne­rot. S’il énonce parfois des choses exactes (à propos des éner­gies soi-disant « vertes », par exemple, ou de l’in­sou­te­na­bi­lité de la civi­li­sa­tion indus­trielle) et qu’il mentionne parfois des phéno­mènes scien­ti­fiques avérés, la manière dont il les utilise, les relie et les agence, relève d’une construc­tion idéo­lo­gique absurde (et déli­rante), et non scien­ti­fique (ainsi qu’on le lui avait fait remarquer sur Futura-Sciences). Le carac­tère amphi­gou­rique de son propos devrait sauter aux yeux.

Chaque jour, 200 espèces sont préci­pi­tées vers l’ex­tinc­tion, des tonnes de plas­tique sont déver­sées dans les océans, des tonnes de CO2 sont émises dans l’at­mo­sphère, des tonnes de produits chimiques toxiques en tous genres sont répan­dues un peu partout sur terre, des hectares de forêts sont détruits, des hectares de sol sont béton­nés, etc., ad nauseam. Chaque jour les oppres­sions et les alié­na­tions du capi­ta­lisme et de son escla­vage sala­rial, de l’im­pos­ture démo­cra­tique, du patriar­cat, leur destruc­tion de ce qu’il reste de commu­nauté humaine et d’hu­main dans l’hu­ma­nité, progressent. Mais pour Vincent Migne­rot et Adras­tia, qui ne semblent pas recon­naître l’exis­tence de ces oppres­sions et des nombreux méca­nismes de coer­ci­tions qui consti­tuent la civi­li­sa­tion indus­trielle, nous sommes tous autant respon­sables de la situa­tion. Et nous ne pouvons et devrions pas lutter contre. Pour des raisons évidentes, cette idéo­lo­gie doit être expo­sée et combat­tue.

Quant à nous, nous n’avons pas la préten­tion d’avoir élucidé le mystère de l’exis­tence, nous n’avons pas non plus de préten­tion omni­sciente concer­nant la longue histoire du genre humain, nous n’avons pas de théo­rie de tout, nous n’avançons pas de dogme concer­nant une soi-disant nature (que d’au­cuns voudraient destruc­trice) de l’homme, de l’être humain ou de l’es­pèce humaine. Nous ne croyons certai­ne­ment pas qu’un « prin­cipe d’évo­lu­tion univer­sel  » aurait « tendu à l’hu­ma­nité » un « piège exis­ten­tiel [sic] ». Nous consta­tons la diver­sité cultu­relle qui a très long­temps carac­té­risé l’hu­ma­nité, et qui la carac­té­rise encore aujourd’­hui — même si cette diver­sité se réduit comme peau de chagrin à mesure que l’ex­pan­sion de la civi­li­sa­tion la détruit. Nous consta­tons donc qu’il est possible pour l’être humain de s’or­ga­ni­ser et de vivre autre­ment, qu’au­cune fata­lité biolo­gique ne le condamne à détruire son milieu. Nous consta­tons aussi les méca­nismes très concrets, les insti­tu­tions et les struc­tures maté­rielles qui orga­nisent la servi­tude moderne de la civi­li­sa­tion indus­trielle. Nous consta­tons ainsi la répar­ti­tion très inégale des respon­sa­bi­li­tés concer­nant l’or­ga­ni­sa­tion sociale domi­nante et sa perpé­tua­tion. Et nous n’ac­cep­tons pas l’injus­tice.

De même que Jean de La Fontaine :

« Je ne crois point que la nature
Se soit lié les mains, et nous les lie encor,
Jusqu’au point de marquer dans les cieux notre sort.
Il dépend d’une conjonc­ture
De lieux, de personnes, de temps ;
Non des conjonc­tions de tous ces char­la­tans. »

Nico­las Casaux

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Comments to: À propos du discours déli­rant de Vincent Migne­rot, suite et fin (par Nico­las Casaux)
  • 9 septembre 2018

    Je ne connaissais pas ces écrits de Mignerot.
    Il y a dans cette purée de mots et ce fatalisme quelque chose qui m’évoque les textes fondateurs de mouvements sectaires, dans le genre de Steiner, avec un côté mystique qui transparaît dans le prétentieux titre de “théorie du tout” même si le texte se veut “philosophique”.
    En parlant de philosophie, il semble que Mignerot ait retenu la leçon de Bourdieu qui disait qu’en France pour paraître sérieux un livre doit comporter au moins 20% de phrases obscures voire inintelligibles. Mignerot aurait plutôt dû lire Nietzsche, qui écrivait dans le Gai Savoir : “Celui qui se sait profond s’efforce d’être clair ; celui qui voudrait sembler profond à la foule s’efforce d’être obscur. Car la foule tient pour profond tout ce dont elle ne peut pas voir le fond”.
    Il est toujours pénible de devoir consacrer des efforts à démonter le discours de ce genre de personnage, mais c’est malheureusement nécessaire vu leur audience. Merci pour votre travail !

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  • 14 septembre 2018

    Merci pour ces critiques, que j’ai survolé (car ça fait beaucoup). Effectivement, je ne m’étais pas rendu compte de certains points. Je trouve Pablo Servigne plus sain, bien qu’un peu trop “bisounours”.
    Je pense en revanche que le travail des collapsologues est utile, au moins pour avoir bien en conscience la finitude des ressources et, de fait, de notre mode de vie absurde. En tout cas, le notre, les “thermo-industriels”.

    Un point sur lequel j’ai tilté lors de l’écoute d’une ITW de Vincent Mignerot (il y a quelques semaines) est le fait qu’il parle de la nécessité de maintenir une gouvernance (je ne me souviens plus des termes précis) pour gérer la politique, les institutions, en cas d’effondrement. Ça m’a fait froid dans le dos car de “grandes causes” (réchauffement climatique, terrorisme) sont systématiquement utilisées pour justifier une “gouvernance mondiale” et maintenir en place des puissants/dominants et finalement une forme de totalitarisme qui nous empêche de vivre. Je me suis dit “pour qui bosse Vincent Mignerot?”. Il serait bon de creuser là dessus…

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  • 11 mars 2019

    Vous écrivez ci-dessus “Chaque jour les oppressions et les aliénations du capitalisme et de son esclavage salarial, de l’imposture démocratique, du patriarcat, leur destruction de ce qu’il reste de communauté humaine et d’humain dans l’humanité, progressent.”
    Mais nous sommes toutes et tous co-acteurs de cette réalité en tant qu’humain. Sous une forme ou une autre. Cette réalité n’est pas extérieur à nous, n’appartenant qu’à certains groupes “de prédateurs”. Je pense que c’est cela que Vincent Mignerot souhaite dire d’une certaine manière.

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    • 11 mars 2019

      Evidemment qu’elle n’est pas extérieure à nous. Si elle l’était, nous n’en aurions rien à cirer. Le problème, c’est que Mignerot nie toute différenciation des responsabilités. Tout le monde est coupable pareil de cette situation. PDG, chômeur, zadiste, Donald Trump, Berta Caceres, tous coupables pareil. Ce qui n’a simplement aucun sens. Ce qui est très concrètement faux.

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  • 14 mars 2019

    Vincent Mignerot donnera une conférence au salon Vivre Autrement (Parc floral de Paris) demain, vendredi 15 mars 2019 à 14h. Peut-être y aura-t-il débat…

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  • 22 mars 2019

    Je vous remercie sincèrement d’avoir publié cet article. À titre personnel et dans un cadre académique, je fais des recherches acharnées sur le sujet d l’effondrement. Hier, je suis tombé sur les conférences et enterviews de Mingerot. Son discours est tellement confus qu’il m’a entrainé dans une espèce de confusion à propos de notre capacité de réaction auxs crises écologiques. La lecture de votre article m’a éclairé et confirmé ma perception que malgré le fait qu’il le dissimule, Mingerot est un charlatain qui défénd sistématiquement le déni dérrière lequel il se cache lui même. Je n’ai pas lu son livre, mais votre texte m’a montré le caractère extremement scolaire de son écriture pseudo philosophique/ scientifique. Un grand merci.

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    • 25 avril 2019

      Ça fait quelques mois que j’écoute par-ci par là des conférences de V. Mignerot. Il y aborde certains points intéressants comme vous le dites vous-mêmes mais il y a tellement d’affirmations douteuses qui ne résistent pas aux faits, de demi-vérités, d’affirmations grossièrement imprécises et surtout de raccourcis ! Et les interviewers(euses) le mettent rarement devant ses contradictions. Je me disais que j’achèterais un de ses livres pour mieux comprendre ses raisonnements mais avec les extraits que vous venez de mettre, vous venez de me convaincre de passer à autre chose.

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  • […] « À propos du discours délirant de Vincent Mignerot, suite et fin », septembre 2018. URL : https://partage-le.com/2018/09/a-propos-du-discours-delirant-de-vincent-mignerot-suite-et-fin-par-nic…. Consulté le 22 mars […]

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  • 24 décembre 2019

    Salut Nicolas,

    A l’époque de mon attaque contre toi, je n’avais encore rien lu de Mignerot, et ne le connaissais que de réputation. Mais à force de le voir faire sa pub sur FB pour sa “loi de la dichotomie à l’axe”, (https://www.theorie-de-tout.fr/2011/07/16/dichotomie-a-laxe-et-libre-arbitre/#.XKsKXtjVLIU), je me suis résolu à y voir de plus près. J’ai fait pas mal d’efforts pour essayer de la “comprendre”, mais en vain, trop imbitable et imbuvable, la syntaxe est parfois tellement alambiquée et hasardeuse qu’il n’est même pas possible de savoir ce qu’il y a à comprendre, et avec quoi l’on pourrait être d’accord ou non.

    Du coup, j’ai revu ma position envers toi. J’ai supprimé de mon blog le billet moqueur, à propos duquel je te dois des excuses. L’emploi au pluriel du mot “nature”, (pour parler de la nature d’une chose), me semble encore contre-nature, mais c’est un péché véniel à côté du galimatias amphigourique de Mignerot.

    Les gens qui le disent “scientifique” ne l’ont manifestement pas lu, ce n’est pas possible autrement, sinon ils verraient bien qu’avec sa “théorie du tout”, (dont je connaissais bien sûr l’existence), ils sauraient que c’est un charlatan. Et puis bon, quand je comprends ce qu’il dit, c’est pour constater que je ne peux pas être d’accord. Un type qui prétend que l’Etat et le capitalisme ne sont pas une cause se situe clairement dans le camp des impérialistes, y’a pas photo.

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  • 15 février 2020

    Il y a une anecdote éclairante sur Vincent Mignerot. Dans sa première interview chez the Thinkerview, Vincent Mignerot dit que l’évènement qui l’a le plus marqué durant son enfance est d’avoir vu le film ” l’histoire sans fin” Wolfgang Petersen. Ce film fantastique montre l’avancé du “Néant” qui détruit le monde. J’ai le sentiment que cette vision du “Néant” résume a elle seule la pensée nihiliste de VM.
    C’est étonnant qu’il donne lui même la clé de compréhension de sa pensée profonde. Mais quand on a conscience de cela, il est inutile de creuser plus loin sa vision du monde totalement biaisée.

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