Nombreux sont ceux qui ont lu un article ou vu une vidéo au sujet de la jeune suédoise Greta Thun­berg. Rares sont ceux qui ont entendu parler de « We Don’t Have Time », la star­tup suédoise ayant orches­tré son succès média­tique. En effet, les premières photos de Greta Thun­berg qui ont circulé sur inter­net ont été prises par Mårten Thors­lund, respon­sable marke­ting et déve­lop­pe­ment durable de We Don’t Have Time.

Selon ses propres termes, « We Don’t Have Time est un mouve­ment et une star­tup de la tech qui compte utili­ser le pouvoir des réseaux sociaux pour respon­sa­bi­li­ser les diri­geants et les entre­prises vis-à-vis du chan­ge­ment clima­tique. » Star­tup qui compte Greta Thun­berg parmi ses deux « conseillères spéciale jeunesse » [mise à jour : entre­temps, Greta Thun­berg s’est sépa­rée de la star­tup en ques­tion, ce qui n’a pas grande inci­dence sur le reste de ma critique]. Ingmar Rentz­hog, un des prin­ci­paux fonda­teurs de l’en­tre­prise We Don’t Have Time, est aussi le fonda­teur de l’en­tre­prise suédoise de conseil en commu­ni­ca­tion Laika, spécia­li­sée dans le conseil d’en­tre­prises finan­cières ; Laika a récem­ment été rache­tée par la plate­forme de crowd­fun­ding suédoise FundedByMe (une entre­prise qui possède des bureaux en Malai­sie et à Singa­pour), qui a alors recruté Rentz­hog dans son conseil d’ad­mi­nis­tra­tion. Ingmar Rentz­hog est aussi membre du think tank Global Utma­ning (Défi Mondial, en français) depuis le 24 mai 2018. En outre, il a été formé par l’ONG de l’ex vice-président états-unien Al Gore « The Climate Reality Project ». Orga­ni­sa­tion qui « a pour but de former des indi­vi­dus souhai­tant contri­buer à la sensi­bi­li­sa­tion géné­rale sur le sujet du réchauf­fe­ment clima­tique, en four­nis­sant les outils, le réseau­tage et les compé­tences de commu­ni­ca­tion oratoires néces­saires afin de capti­ver un public et par consé­quent, parve­nir à intro­duire des actions concrètes de chan­ge­ments compor­te­men­taux ».

Al Gore qui est un modèle parti­cu­liè­re­ment impor­tant pour la jeune Greta Thun­berg qui, d’ailleurs, ne sort pas de nulle part. Sa mère, Malena Ernman, est une célèbre chan­teuse d’opéra suédoise et une des héroïnes de l’an­née 2017, dési­gnée par le WWF, son père, Svante Thun­berg, est un acteur suédois, et son grand-père, Olof Thun­berg, est aussi un acteur et réali­sa­teur suédois.

Greta Thun­berg et Al Gore

« We Don’t Have Time » a publié, le 25 janvier, une « Décla­ra­tion sur la neutra­lité carbone nordique » dans laquelle figurent tous les avatars du capi­ta­lisme et de l’in­dus­tria­lisme verts, y compris « l’éco­no­mie circu­laire », le « biomi­mé­tisme », les « tech­no­lo­gies à zéro émis­sion », les éner­gies dites « vertes » ou « renou­ve­lables », la « finance verte », les « contrats verts », la créa­tion « d’in­ci­ta­tifs » afin que « le secteur privé » agisse vis-à-vis du chan­ge­ment clima­tique, les « biocom­bus­tibles et carbu­rants renou­ve­lables », la « fores­te­rie soute­nable », les « tech­no­lo­gies de Capture et Stockage du Carbone (CCS) », de « Capture et Utili­sa­tion du Carbone (CUS) », de « Capture du Carbone et de Miné­ra­li­sa­tion (CCM) », de « bioéner­gies avec CCS », etc.

La mère de Greta est signa­taire, aux côtés d’Ing­mar Rent­zog, d’un plai­doyer en faveur d’une tran­si­tion écolo­gique « attrac­tive, profi­table et rapide » vers « une écono­mie à faible émis­sion de carbone » : « Bien que la plupart des chan­ge­ments requis soient à la fois possibles et profi­tables, de vigou­reuses campagnes poli­tiques sont essen­tielles pour ajus­ter les prix, les taxes et les régu­la­tions de manière à ce que la tran­si­tion vers une société soute­nable soit attrac­tive, profi­table et rapide. » Ils rejoignent ainsi parfai­te­ment la posi­tion d’Al Gore, expri­mée, par exemple, dans une tribune publiée dans le Finan­cial Times du 27 juillet 2014, coécrite avec David Blood, ancien diri­geant de Gold­man Sachs :

« Ces temps-ci sont cruciaux pour les inves­tis­seurs. C’est au cours des dix prochaines années que nous devons accé­lé­rer urgem­ment la tran­si­tion vers une écono­mie à faible émis­sion de carbone. Nous pensons que le capi­ta­lisme court le risque de s’écrou­ler. En consé­quence, le commerce, qui a été assez timide par le passé en ce qui concerne la méca­nique de l’in­ves­tis­se­ment dans la soute­na­bi­lité, s’ap­prête à augmen­ter sa visi­bi­lité. Nous devons y aller à fond. Nous allons deve­nir plus agres­sif parce que nous n’avons pas le choix. »

La surmé­dia­ti­sa­tion fulgu­rante de Greta Thun­berg s’ins­crit dans la campagne de propa­gande orga­ni­sée par les promo­teurs du capi­ta­lisme vert.

Greta et les médias de masse

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En ce qui concerne le discours de Greta en lui-même. Il est assez clair (et clai­re­ment confus). Si elle semble fusti­ger l’idée d’une « crois­sance verte », elle tient cepen­dant un discours qu’on pour­rait entendre dans la bouche de beau­coup de promo­teurs du « déve­lop­pe­ment durable », et même du « déve­lop­pe­ment » tout court, cette vieille croyance occi­den­tale, comme dirait Gilbert Rist, qui n’est rien d’autre que l’in­dus­tria­lisme. Ainsi que l’écrit Thierry Sallan­tin dans un article que je vous recom­mande vive­ment :

« Rien de changé depuis les temps colo­niaux. L’Oc­ci­dent fixe les règles du jeu. Un jeu qui s’ap­pelle « le déve­lop­pe­ment » depuis la Réso­lu­tion 198–3 de l’ONU du 4 décembre 1948. Il fallait après la guerre trou­ver une expres­sion plus élégante que « pays arrié­rés » encore très utili­sée. Le Président Truman choi­sira les mots « pays déve­lop­pés » et « pays sous-déve­lop­pés » dans son discours du 20 janvier 1949 en préci­sant : « Plus de la moitié de la popu­la­tion du monde vit dans des condi­tions proches de la misère […] ; sa vie écono­mique est primi­tive et stag­nante ». Puis on rempla­cera « pays sous-déve­lop­pés » par « pays en voie de déve­lop­pe­ment » sans même saisir l’ou­tre­cui­dance extra­or­di­naire de cette dernière expres­sion : ces pays n’ont même pas le droit de déci­der en toute liberté de leur avenir, l’Oc­ci­dent défi­nit d’em­blée leur destin, c’est le déve­lop­pe­ment ou rien ! Pas ques­tion d’en­vi­sa­ger par exemple la stabi­lité, ou de trou­ver en eux-mêmes, en étant fiers de leur propre histoire, leur propre culture, les clés de la vie épanouie et agréable, sans tenir compte de ce qui se fait ailleurs, par exemple en Europe ! Et ce déve­lop­pe­ment obli­ga­toire, en plus, les occi­den­taux veulent désor­mais le faire « durer », le rendre « durable » pour reprendre le pire mot choisi par certains pour traduire sustai­nable, alors que la seule urgence, au vu de la dégra­da­tion accé­lé­rée des équi­libres écolo­giques est d’ar­rê­ter le déve­lop­pe­ment. Il est abso­lu­ment insou­te­nable. Il ne faut pas simple­ment chan­ger de « mode de déve­lop­pe­ment », il faut carré­ment se débar­ras­ser du déve­lop­pe­ment, donc surtout pas le rendre « durable ». Les races supé­rieures, les civi­li­sés, les déve­lop­pés doivent cesser d’in­culquer au reste du monde leur mode de vie suici­daire qui nous préci­pite tout droit dans le mur des échéances écolo­giques, le mur de l’épui­se­ment des ressources non renou­ve­lables liquides, gazeuses ou miné­rales, le mur de léta­lité des pollu­tions de l’air, de l’eau, de l’ali­men­ta­tion, les plus graves étant la pollu­tion radio­ac­tive et celle condui­sant au réchauf­fe­ment du climat et à l’aci­di­fi­ca­tion des océans. Il faut cesser de croire à notre supé­rio­rité, arrê­ter de croire que nous sommes « en avance », arrê­ter de défi­nir nous-mêmes le sens de l’his­toire, de pratiquer le « vol de l’his­toire » pour reprendre le titre de l’ou­vrage de Jack Goody (Galli­mard 2010). »

Lorsque Greta Thun­berg affirme, dans sa présen­ta­tion TED, qu’il faudrait que « les pays plus pauvres » améliorent « leur stan­dard de vie en construi­sant certaines des infra­struc­tures que nous avons déjà construites, telles que routes, écoles, hôpi­taux, eau potable, élec­tri­cité, etc. », elle promeut à son tour l’idéo­lo­gie du déve­lop­pe­ment, l’in­dus­tria­li­sa­tion du monde. Elle ne s’op­pose pas au modèle que consti­tue le système domi­nant, elle souhaite son univer­sa­li­sa­tion. Au passage, on rappel­lera qu’il y avait bien plus d’eau potable avant l’in­dus­tria­li­sa­tion du monde, et qu’il y en a de moins en moins préci­sé­ment à cause d’elle. On rappel­lera aussi qu’il exis­tait aupa­ra­vant autant de manières d’éduquer les enfants que de cultures humaines diffé­rentes, que la scola­rité indus­trielle est une nuisance et un outil de contrôle social au service des diri­geants des socié­tés indus­trielles, que la construc­tion des infra­struc­tures qu’elle souhaite voir partout implique une société de masse, hiérar­chi­sée, coer­ci­tive, bureau­cra­tique, à l’image de nos socié­tés indus­trielles.

Ainsi que l’écri­vait déjà François Partant dans La fin du déve­lop­pe­ment – Nais­sance d’une alter­na­tive ? (publié en 1982) :

« Quant aux nations déve­lop­pées, elles se sont décou­vert une nouvelle mission : aider le tiers monde à avan­cer sur cette voie du déve­lop­pe­ment […] qui n’est rien d’autre que celle que les Occi­den­taux prétendent indiquer au reste de l’hu­ma­nité depuis des siècles. Ainsi la société occi­den­tale persiste-t-elle à penser qu’elle incarne l’ave­nir de toutes les socié­tés. Sa mission civi­li­sa­trice s’est trans­for­mée en une mission d’aide. »

Et pour­tant :

« L’idée que le tiers monde peut et doit se déve­lop­per comme les pays qui passent pour l’être est parfai­te­ment absurde. L’idée qu’on peut et doit l’y aider l’est tout autant. Mais ces deux idées sont profon­dé­ment enra­ci­nées dans l’opi­nion. En effet, elles font désor­mais partie de l’idéo­lo­gie propre à la société occi­den­tale, idéo­lo­gie qui comporte beau­coup d’idées fausses et de croyances non fondées, toutes indis­pen­sables à la justi­fi­ca­tion de cette société et à la légi­ti­ma­tion de ses entre­prises. »

En effet l’en­tre­prise consis­tant à appor­ter la moder­nité indus­trielle (routes, écoles, hôpi­taux, etc.) à toutes les popu­la­tions du monde, en plus de rele­ver d’une menta­lité colo­niale, est fonda­men­ta­le­ment insou­te­nable. Ce mode de vie, qui est déjà le nôtre, n’est ni viable ni démo­cra­tique, ni même satis­fai­sant (à en juger par les consom­ma­tions d’an­ti­dé­pres­seurs et de psycho­tropes en tous genres dans les pays riches). Ainsi que le suggé­rait Illich dans l’in­tro­duc­tion de La convi­via­lité, il serait infi­ni­ment plus souhai­table, plus intel­li­gent, d’ai­der (ou de lais­ser faire) ceux qui « le peuvent encore » à « éviter de traver­ser l’âge indus­triel », en choi­sis­sant « dès à présent un mode de produc­tion fondé sur un équi­libre post­in­dus­triel — celui-là même auquel les nations surin­dus­tria­li­sées vont être accu­lées par la menace du chaos. » Autre­ment dit, ce qui est souhai­table, ce n’est pas que tous les pays du monde se hissent au niveau d’in­dus­tria­li­sa­tion du nôtre, mais que toutes les popu­la­tions du monde parviennent à élabo­rer des modes de vie et des cultures véri­ta­ble­ment soute­nables et démo­cra­tiques — et donc basés sur des tech­no­lo­gies démo­cra­tiques, des tech­no­lo­gies douces, ou « basses tech­no­lo­gies » — dans le cadre des terri­toires écolo­giques qui sont les leurs.

S’il s’agit de ce que Greta Thun­berg voulait dire en parlant de construire des routes, des hôpi­taux, etc., dans les pays pauvres, formi­dable, mais tout porte à croire qu’elle tenait simple­ment un discours indus­tria­liste clas­sique. Notam­ment parce qu’à la fin de son discours, elle énonce ce qui, à ses yeux, consti­tue la solu­tion pour éviter le désastre clima­tique et rendre soute­nable la société indus­trielle, à savoir les « panneaux solaires, éoliennes, écono­mie circu­laire, etc. ». Elle constate cepen­dant que ces « solu­tions » ne sont pas implé­men­tées suffi­sam­ment rapi­de­ment et qu’il faut agir vite, et vite construire tout plein de panneaux solaires, d’éo­liennes, de centrales à biomasses, bref, qu’il faut que les indus­tries des éner­gies dites « vertes » se déve­loppent en urgence, mais aussi que les indus­tries des combus­tibles fossiles cessent immé­dia­te­ment leurs acti­vi­tés. Ce qui est à la fois contra­dic­toire — les indus­tries des éner­gies dites « vertes » dépendent toutes inté­gra­le­ment et néces­sai­re­ment des combus­tibles fossiles — et indé­si­rable. Je ne m’éten­drai pas sur le sujet, les indus­tries des éner­gies dites « vertes » impliquent toutes leur lot de pollu­tions et de destruc­tions envi­ron­ne­men­tales (voir ici, , ou encore ). Sans comp­ter que les barrages génèrent des émis­sions massives de gaz à effet de serre (de méthane), de même que les centrales à biomasse (sachant qu’il s’agit des deux sources d’éner­gie dite « renou­ve­lable » domi­nantes). Les tech­no­lo­gies modernes, les hautes tech­no­lo­gies, dont font partie les tech­no­lo­gies de produc­tion d’éner­gie dite « verte » et les tech­no­lo­gies dites « vertes » en géné­ral, requièrent une orga­ni­sa­tion sociale établie à l’échelle plané­taire (pour l’ob­ten­tion des diffé­rentes matières premières, notam­ment), néces­sai­re­ment hiérar­chique et coer­ci­tive (il faut bien faire en sorte que certains travaillent dans les mines, d’autres dans les usines de trai­te­ment des matières premières, d’autres dans les usines d’as­sem­blage des compo­sants, conçus par une classe d’in­gé­nieurs, etc.) ; en d’autres termes, une orga­ni­sa­tion sociale non démo­cra­tique. Outre que l’éner­gie faus­se­ment « verte » produite par ces indus­tries des « renou­ve­lables » alimente les mêmes choses fonciè­re­ment anti-écolo­giques qu’a­li­men­taient déjà les éner­gies non « vertes » (panneaux solaires sur les toits d’usines, éoliennes pour alimen­ter en élec­tri­cité des smart­phones, télé­vi­seurs, ordi­na­teurs, réfri­gé­ra­teurs, tablettes, chaines Hi-Fi, etc., dont les produc­tions sont autant de catas­trophes envi­ron­ne­men­tales et sociales). Une société indus­trielle — qui plus est haute­ment tech­no­lo­gique — verte, soute­nable, ou propre, ça n’existe pas. De même qu’une société de masse démo­cra­tique — un autre oxymore. Quant à l’éco­no­mie circu­laire et aux autres nouveaux concepts écono­miques géniaux censés nous permettre de régler tous nos problèmes, ils sont autant de chimères. Selon toute logique, seule une sortie complète du capi­ta­lisme et de la société indus­trielle pour­rait mettre un terme au désastre socioé­co­lo­gique en cours, ce qu’au­cun d’entre eux ne proposent. Au contraire puisqu’ils vont souvent de pair avec diffé­rentes décli­nai­sons du capi­ta­lisme (qui un « capi­ta­lisme humain », qui un « capi­ta­lisme natu­rel » et qui un « capi­ta­lisme propre », entre autres), qu’ils ne proposent en réalité que diffé­rentes variantes de la vieille mysti­fi­ca­tion du « déve­lop­pe­ment durable[1] ». Ce qui m’amène à Extinc­tion Rebel­lion.

Extinc­tion Rebel­lion

S’il est encou­ra­geant de consta­ter que certains sont prêts à entre­prendre diverses actions de déso­béis­sance civile, d’oc­cu­pa­tions, de sabo­tages, etc., afin d’en­tra­ver le statu quo, de s’at­taquer sérieu­se­ment aux problèmes socioé­co­lo­giques actuels, le groupe britan­nique, à l’ori­gine du mouve­ment, pose problème pour plusieurs raisons. Et d’abord parce que parmi ses objec­tifs offi­ciels figure[2] l’illu­soire établis­se­ment d’une écono­mie neutre en carbone, notam­ment au moyen du déve­lop­pe­ment des mal nommées indus­tries des éner­gies dites « vertes » ou « renou­ve­lables » ou « propres » (ils rejoignent ainsi les aspi­ra­tions de Greta Thun­berg, qui leur a apporté son soutien, mais aussi celles d’Al Gore et de tous les promo­teurs du « Green New Deal », ce plan de verdis­se­ment de la société indus­trielle capi­ta­liste). On n’y trouve, en revanche, aucune contes­ta­tion ni de l’in­dus­tria­lisme, ni du capi­ta­lisme, ni de la mondia­li­sa­tion écono­mique. On retrouve en effet, parmi leurs objec­tifs offi­ciels, le fait de faire en sorte « que le gouver­ne­ment travaille aux côtés des médias pour expliquer l’ur­gence du chan­ge­ment et ce que doivent faire les indi­vi­dus, les commu­nau­tés et les entre­prises » et, afin de parve­nir à une écono­mie neutre en carbone d’ici 2025, de faire en sorte que le « gouver­ne­ment coopère inter­na­tio­na­le­ment afin que l’éco­no­mie mondia­li­sée ne consomme pas plus que la moitié des ressources que la planète produit chaque année ». Une telle formu­la­tion semble même suggé­rer le soutien d’une tech­no­cra­tie mondia­li­sée — celle qui existe déjà. Par ailleurs, ils colportent et s’ap­puient sur (deuxième point de leurs « prin­cipes et valeurs ») le mythe selon lequel « il suffit que 3,5 % d’une popu­la­tion soit mobi­li­sée pour qu’une lutte non violente » triomphe. Cela dit, ils diffèrent des parti­sans du Green New Deal en ce qu’ils appellent à la créa­tion d’une « assem­blée citoyenne char­gée de déci­der des mesures à mettre en place pour atteindre ces objec­tifs », et insistent davan­tage sur la néces­sité de « déman­te­ler les hiérar­chies de pouvoir ». Si le « déman­tè­le­ment des hiérar­chies de pouvoir » est très souhai­table, il est aussi incom­pa­tible avec le main­tien de la société indus­trielle et de la société de masse. Encore une fois, l’éta­blis­se­ment d’une stra­ti­fi­ca­tion sociale et de hiérar­chies est néces­saire pour orga­ni­ser la société de masse et l’in­dus­tria­lisme. Il est contra­dic­toire, d’un côté, d’ap­pe­ler au déve­lop­pe­ment massif des indus­tries des éner­gies dites « vertes » ou « propres » et, de l’autre, d’ap­pe­ler au « déman­tè­le­ment des hiérar­chies de pouvoir » (il est égale­ment contra­dic­toire de souhai­ter l’ar­rêt des indus­tries des combus­tibles fossiles tout en deman­dant le déve­lop­pe­ment massif des indus­tries des éner­gies « renou­ve­lables », sachant que les secondes dépendent inté­gra­le­ment des premières). En cela, le mouve­ment Extinc­tion Rebel­lion britan­nique rejoint la longue liste des orga­ni­sa­tions écolo­gistes qui croient en — et militent pour — l’avè­ne­ment d’une civi­li­sa­tion indus­trielle verte et démo­cra­tique, d’une moder­nité (dans le sens du monde moderne et des types de tech­no­lo­gies et d’in­fra­struc­tures qui le carac­té­risent) verte et démo­cra­tique. Un membre de la branche britan­nique l’ex­plique clai­re­ment dans une inter­view : ils souhaitent « créer une mobi­li­sa­tion de masse façon Seconde Guerre mondiale afin de résoudre la crise aux moyens d’in­ves­tis­se­ments massifs dans les renou­ve­lables, d’un aména­ge­ment terri­to­rial et du plein emploi dans le déve­lop­pe­ment d’une société soute­nable. »

Dans l’en­semble, les aspi­ra­tions de la branche britan­nique d’Ex­tinc­tion Rebel­lion se rapprochent de celles de Naomi Klein, qui a d’ailleurs déclaré les soute­nir. Naomi Klein qui fait actuel­le­ment la promo­tion des illu­sions vertes pour l’ONG fondée grâce à l’argent des Rocke­fel­ler (350.org), et qui affirme sans ambages : « Mais je n’ai jamais dit que nous devrions “tuer”, ou “aban­don­ner” ou “déman­te­ler” le capi­ta­lisme afin de combattre le chan­ge­ment clima­tique. Et je n’ai certai­ne­ment jamais dit que nous devrions faire cela avant tout. D’ailleurs, je dis exac­te­ment l’in­verse dès le début du livre (page 25 [de son livre Tout peut chan­ger]), préci­sé­ment parce qu’il serait dange­reux d’af­fir­mer une telle chose. » Naomi Klein dont le livre Tout peut chan­ger témoigne clai­re­ment de son choix de parti­ci­per — désor­mais, du moins, peut-être qu’à l’époque de ses premiers livres, elle pensait autre­ment : en effet, en moins de dix ans ses fréquen­ta­tions se sont inver­sées, elle est passée du sous-comman­dant Marcos à Angel Gurria, l’en­nemi juré des zapa­tistes — à la promo­tion du mythe d’une société indus­trielle verte et démo­cra­tique.

On notera égale­ment au passage qu’Ex­tinc­tion Rebel­lion reçoit le soutien de Noam Chom­sky. Seule­ment, si Chom­sky propose de très bonnes analyses, entre autres, de l’im­pé­ria­lisme, de la propa­gande et du système média­tique, sa pers­pec­tive écolo­giste est très mauvaise. Ainsi Chom­sky consi­dère-t-il[3] que « la tech­no­lo­gie est neutre » et que « la seule chose qui puisse résoudre les problèmes envi­ron­ne­men­taux actuels c’est la tech­no­lo­gie de pointe », les hautes tech­no­lo­gies.

Ces soutiens de célèbres intel­lec­tuels très respec­tés à gauche expliquent pourquoi Extinc­tion Rebel­lion a béné­fi­cié d’une certaine promo­tion dans les médias de masse (du New York Times au Guar­dian et au Monde). Sa promo­tion dans le Guar­dian (l’équi­valent britan­nique de notre jour­nal Le Monde) est d’ailleurs liée au fait que George Monbiot, un de ses chro­niqueurs et un des écolo­gistes les plus connus du Royaume-Uni (ardent promo­teur de l’éner­gie nucléaire et du mythe d’une société indus­trielle verte et démo­cra­tique), soutient le mouve­ment.

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Entre­prendre des actions de déso­béis­sance civile, de sabo­tage, d’oc­cu­pa­tions, se rebel­ler, oui ! Mais pas pour deman­der aux États de subven­tion­ner massi­ve­ment certains secteurs indus­triels (les éner­gies dites « vertes ») plutôt que d’autres. Les objec­tifs de la branche britan­nique d’Ex­tinc­tion Rebel­lion, qui a donné nais­sance au mouve­ment, ne corres­pondent pas à ceux d’un mouve­ment de résis­tance souhai­tant sérieu­se­ment s’at­taquer aux problèmes socioé­co­lo­giques de notre temps. La branche britan­nique d’Ex­tinc­tion Rebel­lion semble plutôt s’ins­crire dans la veine des GONGE (les Grandes Orga­ni­sa­tions Non Gouver­ne­men­tales Écolo­gistes), de Green­peace et 350.org, par exemple, avec lesquelles elle colla­bore, c’est-à-dire dans la mouvance qui promeut plus ou moins naïve­ment tout un tas d’illu­sions vertes (ainsi que le cher­cheur Ozzie Zehner quali­fie les tech­no­so­lu­tions des éner­gies dites « renou­ve­lables »), l’idée d’une civi­li­sa­tion indus­trielle écolo­du­rable.

En ce qui concerne la branche française du mouve­ment, on peut lire, dans un article du jour­nal Le Monde : « Dans les conver­sa­tions en ligne, les “rebelles”, sous pseu­dos, débattent pour savoir si le mouve­ment est anti­ca­pi­ta­liste, quelle conver­gence est possible avec les “gilets jaunes” ou comment “faire bouger les lycées”. » Le mouve­ment, du moins le mouve­ment français, ne semble donc pas — encore — parta­ger de diagnos­tic clair de la situa­tion, et n’a pas encore défini ses objec­tifs. On peut donc espé­rer que les diffé­rentes branches locales du mouve­ment, dont la branche française, s’af­fran­chi­ront des objec­tifs douteux voire mauvais de la branche prin­ci­pale en adop­tant une ligne réso­lu­ment anti­ca­pi­ta­liste et anti-indus­trielle, ou anti-civi­li­sa­tion.

Face au désastre social et écolo­gique en cours, l’en­vie d’agir est une chose incroya­ble­ment précieuse. Pour autant, devrait-on se préci­pi­ter sur les premières initia­tives propo­sées ? Non, bien sûr. Si les branches britan­nique et états-unienne du mouve­ment semblent déci­dées à embras­ser l’éco­lo­gisme domi­nant, celui du «  déve­lop­pe­ment durable  », des éner­gies dites «  renou­ve­lables  », de l’éco­no­mie circu­laire et tutti quanti, les autres branches, y compris la française, peuvent et devraient suivre un autre chemin. Nous serons proba­ble­ment d’ac­cord sur les points suivants :

  • La civi­li­sa­tion indus­trielle détruit le monde natu­rel aussi sûre­ment qu’elle implique l’ex­ploi­ta­tion de l’hu­main par l’hu­main. Et tout indique que cela va conti­nuer.
  • Parmi les nombreuses consé­quences délé­tères de son acti­vité, on retrouve le réchauf­fe­ment clima­tique, qui consti­tue une menace pour l’en­semble du monde natu­rel, des espèces vivantes qui existent actuel­le­ment, l’hu­main y compris.
  • Nous devons faire notre possible pour mettre un terme à cette situa­tion.

Nous ajou­tons à ce constat une critique des fausses solu­tions de l’éco­lo­gisme domi­nant, qui tente, ainsi que l’écrit Yves-Marie Abra­ham, «  de nous convaincre que cette civi­li­sa­tion a encore un bel avenir devant elle pourvu seule­ment que nous fassions preuve d’un peu de bonne volonté écoci­toyenne et que nous gardions confiance dans les progrès de la tech­nique. Ces promesses, dont les formes les plus raffi­nées se nomment “déve­lop­pe­ment durable”, “crois­sance verte” ou “écono­mie circu­laire”, ne sont pas seule­ment falla­cieuses. Elles sont aussi dange­reuses parce que rassu­rantes.  »

Ce qui nous place dans une situa­tion autre­ment plus diffi­cile et compliquée. Car il ne s’agit pas, pour sauver la situa­tion, de persua­der les diri­geants d’in­ves­tir massi­ve­ment dans les éner­gies «  vertes  », ni d’en­tre­prendre un chan­tier massif visant à mettre aux normes HQE, BBC, ou THPE l’en­semble des bâti­ments de France, afin d’es­sayer de rendre écolo­gique et démo­cra­tique la civi­li­sa­tion indus­trielle. Elle ne le sera jamais. Elle ne peut l’être. Il s’agit d’ar­rê­ter la civi­li­sa­tion indus­trielle. Ce qui implique de construire un véri­table mouve­ment de résis­tance fondé sur une véri­table culture de résis­tance. Pour cela, nous pouvons nous inspi­rer des mouve­ments de résis­tance du passé, de leurs échecs et de leurs triomphes. En outre, ainsi que DGR le formule : «  Toute stra­té­gie dont l’objec­tif est un futur viable devrait égale­ment inclure un appel à l’édi­fi­ca­tion de démo­cra­ties directes basées sur le respect des droits humains et sur des cultures maté­riel­le­ment soute­nables.  »

Le livre Deep Green Resis­tance, que nous avons récem­ment publié aux Éditions Libre, discute tout cela plus en détail. Nous avons eu l’oc­ca­sion d’en parler avec plusieurs membres de la branche française qui semblent d’ac­cord avec cette analyse. Et aux autres : puis­siez-vous prendre ces quelques remarques comme une invi­ta­tion plus que comme une critique. Peut-être aurons-nous l’oc­ca­sion d’échan­ger de vive voix.

Nico­las Casaux

***

P.S. : 1. Je tiens à rappe­ler que le fait d’ex­po­ser ce que j’ex­pose ici ne signi­fie pas que tous les impacts de la média­ti­sa­tion de Greta sont fata­le­ment mauvais, nuisibles. La situa­tion est complexe. Il est tout à fait possible que la média­ti­sa­tion de Greta puisse avoir quelques effets posi­tifs ci et là, sur X ou Y caté­go­rie de personnes. Il est aussi sûre­ment possible d’uti­li­ser sa média­ti­sa­tion à notre avan­tage (à l’avan­tage de ceux qui comprennent qu’une société indus­trielle verte et démo­cra­tique ça n’existe pas). Si je publie ça, c’est entre autres choses parce qu’il est impor­tant de savoir ce qui se passe en coulisses, de comprendre l’objec­tif de ceux qui ont coopté le mouve­ment écolo­giste il y a long­temps déjà et qui conti­nuent de le domi­ner, de l’orien­ter, de l’in­fluen­cer.)

2. Ceux qui lisent l’an­glais sont invi­tés à lire l’enquête de Cory Morning­star, en quatre parties, sur le sujet. Les trois premiers volets ont été publiés :

  1. http://www.wrong­kin­dof­green.org/2019/01/17/the-manu­fac­tu­ring-of-greta-thun­berg-for-consent-the-poli­ti­cal-economy-of-the-non-profit-indus­trial-complex/
  2. http://www.wrong­kin­dof­green.org/2019/01/21/the-manu­fac­tu­ring-of-greta-thun­berg-for-consent-the-incon­ve­nient-truth-behind-youth-coop­ta­tion/
  3. http://www.wrong­kin­dof­green.org/2019/01/28/the-manu­fac­tu­ring-of-greta-thun­berg-for-consent-the-most-incon­ve­nient-truth-capi­ta­lism-is-in-danger-of-falling-apart/

  1. À ce sujet, lire : https://partage-le.com/2015/12/le-deve­lop­pe­ment-durable-est-un-mensonge-par-derrick-jensen/, https://partage-le.com/2015/10/le-deve­lop­pe­ment-durable-est-en-train-de-detruire-la-planete/, https://partage-le.com/2017/02/des-dangers-du-deve­lop­pe­ment-durable-ou-capi­ta­lisme-vert-par-derrick-jensen/ ou encore https://partage-le.com/2018/10/de-paul-hawken-a-isabelle-delan­noy-les-nouveaux-promo­teurs-de-la-destruc­tion-durable-par-nico­las-casaux/
  2. Voir aussi : https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/01/26/climat-extinc­tion-rebel­lion-se-prepare-a-entrer-en-resis­tance-en-france_5414936_3244.html
  3. https://chom­sky.info/19910401/

 

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Comments to: Quelques remarques sur Greta Thun­berg et Extinc­tion Rebel­lion (par Nico­las Casaux)
  • 30 janvier 2019

    Bonjour ! Merci pour cet article riche en idées. Je suis d’accord sur presque tout ce que vous dites. Cependant il y a quelques passages que je n’ai pas compris. C’est possible d’avoir qq explique actions svp? D’abord quand vous dites que les énergies vertes “requièrent une organisation sociale établie à l’échelle planétaire, nécessairement hiérarchique et coercitive ; en d’autres termes, une organisation sociale non démocratique.” je ne comprends pas en quoi une telle organisation de la société est anti-demicratique. jnai essayé de penser à d’autres formes de société vraiment démocratiques, mais je n’en voit aucune sans “organisation”. Je suis vraiment curieuse d’avoir votre avis ! Merci d’avance 🙂 Mel

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    • 31 janvier 2019

      On ne dit pas qu’une société démocratique est une société sans organisation. Ce qu’on souligne, c’est qu’une société qui doit être organisée à l’échelle planétaire, c’est-à-dire à une échelle qui dépasse largement l’échelle humaine, qui plus est une société fondée sur des technologies complexes (ou hautes technologies, high-tech), sera nécessairement socialement stratifiée, hiérarchique. Non démocratique. Ainsi qu’Olivier Rey l’explique dans son livre “Une question de taille”, que je te conseille, et ainsi que le comprenaient beaucoup de penseurs, dont Jean-Jacques Rousseau, dans son “Projet de constitution pour la Corse”, rédigé en 1765, par exemple :

      « Un gouvernement purement démocratique convient à une petite ville plutôt qu’à une nation. On ne saurait assembler tout le peuple d’un pays comme celui d’une cité et quand l’autorité suprême est confiée à des députés le gouvernement change et devient aristocratique. »

      Lewis Mumford, expliquait, lui, en 1973, que « la démocratie est une invention de petite société. Elle ne peut exister qu’au sein de petites communautés. Elle ne peut pas fonctionner dans une communauté de 100 millions d’individus. 100 millions d’individus ne peuvent être gouvernés selon des principes démocratiques. »

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      • 27 février 2019

        Bonsoir,

        Mais du coup, comment gérer des problèmes mondiaux ? car nous sommes tous sur la même planète et donc il y aura forcément des questions à gérer tou.te.s ensemble….
        On finira toujours par ne pas plaire à une partie +- grande du peuple.
        (c’est déjà le cas au niveau des nations comme elles sont gérées actuellement )

        Merci ,

        Reply
        • 16 mars 2019

          Personne ne gère les “problèmes mondiaux”. Les Etats-nations ne font que promouvoir “l’adaptation” à coup de surenchère technologique et de croissance économique, cad en persistant dans ce qui créé les “problèmes mondiaux”

          Reply
  • 31 janvier 2019

    Beaucoup de bonnes idées, mais justement peut-être un peu trop pour être (facilement) digérable.
    L’aspect médiatique de la communication de Greta Thunberg m’avait un peu agacé, sans que j’investisse un effort à le décontruire.
    La critique du « développement durable » (et de la traduction du mot sustainable) m’avait échappée. Je garde un souvenir ému de Gro Harlem Brundtland, et j’espère ne pas avoir à le remettre en question.
    Donc, je ne demande qu’à être convaincu…

    Reply
  • 1 février 2019

    Bien que d’accord avec nombreuses des idées évoquées, je suis curieux de savoir quelles alternatives tu proposes à cette” croissance verte” à la mode.
    J’ai dû mal à en trouver moi-même, d’où mon intérêt de ton retour. Merci !

    Reply
    • 2 février 2019

      Je te conseille de fouiller notre site, ou de te procurer le livre Deep Green Resistance. Tu y trouveras des réponses. Pour faire très simple : la société hautement technologique n’a aucun avenir. Il n’y a pas de société industrielle durable ou verte. Les seuls modèles de sociétés viables sont des sociétés à taille humaine (petites) et basées sur des basses technologies (technologies douces, technologies démocratiques). On finira par revenir ou par réinventer ce type de société ou bien on crèvera avant.

      Reply
  • 3 février 2019

    Lire cet article c’est voir la réalisation du puzzle en accéléré! Discerner la spontanéité juvénile de l’interprétation brillante, c’était la pièce qui me manquait pour remonter le fil du scénario… Merci!

    Reply
  • 4 février 2019

    Bonjour,
    Merci pour l’article. J’ai adhéré à Extinction Rebellion France en me disant que le mouvement semble peu enclin à brosser le capitalisme dans le sens du poil. Apparemment tout n’est pas figé mais il va falloir qu’on soit nombreux pour que la ligne directrice se démarque des grosses ONG de l’environnement. J’espère que les militants d’EX France te liront qu’ils en tireront les conclusions qui s’imposent.

    Reply
    • 23 février 2019

      JF, j’ai partagé cet article sur la plateforme XR…

      Reply
  • 23 février 2019

    Un grand merci pour cet article et les commentaires. Je rejoins ceux de Adelita Villa et de JF. Je ne les répète donc pas.
    Naïveté : j’ai longtemps cru que de nombreux écolosensibles avaient compris ce que tu exposes dans ton article.
    Pour Extinction/Rebéllion France rien n’est écrit.

    Reply
  • 23 février 2019

    I would like to share with english speaking
    have you a traduction ?

    Reply
    • 27 juin 2019

      Cherche les textes de Cory Morningstar

      Reply
  • 24 février 2019

    Pour Chomsky, la référence date de 1991, un peu ancien comme référence de ces propos. On est plus en 1991, des choses paraissent plus évidentes maintenant. Possible que depuis il ait changé d’idée, non ?
    je vois son discours ici qui ne dit rien, mais qui pose une autre vue sur la situation actuelle que le monde de 91 : https://www.youtube.com/watch?v=S55lCaAhmWE

    Reply
    • 25 février 2019

      Rien n’indique qu’il ait changé de position. Le discours que vous mettez en lien, que j’ai sous-titré, m’avait intéressé pour certaines raisons mais on constate bien que sa perspective est toujours entièrement anthropocentrée, et même sociocentrée, c’est l’anéantissement de la civilisation qui constitue à ses yeux l’évènement le plus dramatique auquel nous faisions face. Voir : https://partage-le.com/2018/07/le-narcissisme-pathologique-de-la-civilisation-par-nicolas-casaux/

      Du coup, si sur ce point-là il n’a pas changé, il en est probablement de même pour le reste.

      Reply
  • 27 février 2019

    Bonjour,

    J’aimerais savoir ce que vous proposez comme solution?

    Merci,

    Gilou

    Reply
  • 30 juin 2019

    Bonjour,
    Est-il possible de me communiquer la date de publication de cet article svp? Merci!

    Reply
    • 1 juillet 2019

      28 janvier 2019

      Reply
  • 7 juillet 2019
  • 8 août 2019

    “Jusqu’ici, Extinction Rebellion prétend inscrire son action dans la lignée de la résistance non-violente prônée par Gandhi et Martin Luther King. Il prend également pour modèle rien de moins que le « Comité des 100 », le cœur du mouvement de « désobéissance civique » du pseudo-pacifiste anglais, Bertrand Russell. Rappelons que pour ce dernier, la « psychologie des foules » est un instrument majeur en politique, y compris pour manipuler les individus dès leur petite enfance (…)” https://solidariteetprogres.fr/chroniques-strategiques/extinction-rebellion-city-de-londres-bulle-verte.html

    Reply
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