Confusion renouvelable et transition imaginaire (par Nicolas Casaux)

La pho­to de cou­ver­ture de l’ar­ticle (ci-des­sus) montre des tra­vailleurs dans une usine d’as­sem­blage de cel­lules de pan­neaux solaires pho­to­vol­taïques, à Dez­hou, pro­vince de Shan­dong, en Chine.


Dans son livre Des ruines du déve­lop­pe­ment, Wolf­gang Sachs met en relief les consé­quences sociales d’un appa­reil aus­si ano­din, en appa­rence, que le robot de cuisine :

« Il extrait les jus de fruits en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Quelle mer­veille ! …à pre­mière vue. Il suf­fit de jeter un coup d’œil sur la prise et le fil pour s’apercevoir qu’on est en face du ter­mi­nal domes­tique d’un sys­tème natio­nal et, en fait, mon­dial. L’électricité arrive par un réseau de lignes ali­men­té par les cen­trales qui dépendent à leur tour de bar­rages, de plates-formes off-shore ou de der­ricks ins­tal­lés dans de loin­tains déserts. L’ensemble de la chaîne ne garan­tit un appro­vi­sion­ne­ment adé­quat et rapide que si cha­cun des maillons est enca­dré par des bataillons d’ingénieurs, de ges­tion­naires et d’experts finan­ciers, eux-mêmes reliés aux admi­nis­tra­tions et à des sec­teurs entiers de l’industrie (quand ce n’est pas à l’armée). En met­tant le mixer en marche, on n’utilise pas sim­ple­ment un outil, on se branche sur tout un réseau de sys­tèmes inter­dé­pen­dants. Le pas­sage de tech­niques simples à l’équipement moderne implique la réor­ga­ni­sa­tion de la socié­té tout entière. »

Ce qu’il écrit à pro­pos d’un robot élec­trique est vrai de tous les objets pro­duits en masse par la socié­té indus­trielle, et notam­ment des appa­reils hau­te­ment tech­no­lo­giques. La même chose peut être for­mu­lée à pro­pos d’un pan­neau solaire pho­to­vol­taïque, d’une éolienne indus­trielle, d’une cen­trale à bio­masse ou d’un bar­rage hydro­élec­trique (et, bien évi­dem­ment, d’une cen­trale nucléaire, d’une cen­trale au char­bon, ou d’une exploi­ta­tion pétro­lière ou gazière). Exemple, avec un pan­neau solaire photovoltaïque :

« Il pro­duit de l’électricité grâce à la lumière solaire. Quelle mer­veille ! …à pre­mière vue. Il suf­fit de suivre le câble qui le relie au réseau élec­trique pour s’apercevoir qu’on est en face du ter­mi­nal domes­tique d’un sys­tème natio­nal et, en fait, mon­dial. Sa fabri­ca­tion et son arri­vée sur le site de son uti­li­sa­tion requièrent un éven­tail inter­na­tio­nal d’opérations com­plexes et pol­luantes. Depuis les extrac­tions de matières pre­mières, comme les terres rares, en Chine, à leur trai­te­ment en usine, à l’assemblage des com­po­sants dans une autre usine, et jusqu’au trans­port mari­time par car­go qui l’acheminera en Europe. L’électricité qu’il pro­duit est trans­mise au tra­vers d’un cir­cuit élec­trique gigan­tesque, et sto­ckée grâce à des sys­tèmes de bat­te­ries. L’ensemble de la chaîne ne garan­tit un appro­vi­sion­ne­ment adé­quat et rapide que si cha­cun des maillons est enca­dré par des bataillons d’ingénieurs, de ges­tion­naires et d’experts finan­ciers, eux-mêmes reliés aux admi­nis­tra­tions et à des sec­teurs entiers de l’industrie (quand ce n’est pas à l’armée). En met­tant le pan­neau solaire en marche, on n’utilise pas sim­ple­ment un outil, on se branche sur tout un réseau de sys­tèmes inter­dé­pen­dants. Le pas­sage de tech­niques simples à l’équipement moderne implique la réor­ga­ni­sa­tion de la socié­té tout entière. »

En effet, contrai­re­ment aux pré­ten­tions absurdes mais popu­laires et (car) média­tiques selon les­quelles le pan­neau solaire pho­to­vol­taïque (ou l’éolienne indus­trielle de 200 mètres de haut) serait une tech­no­lo­gie auto­no­mi­sante, en réa­li­té, celui qui en dépend est tri­bu­taire — à l’instar de celui qui dépend de n’importe quelle tech­no­lo­gie moderne — d’un sys­tème indus­triel pla­né­taire en mesure de pro­duire un tel appa­reil[1]. Impos­sible d’en fabri­quer un sim­ple­ment et loca­le­ment, de A à Z, à Concar­neau, en Bre­tagne, par exemple. Pour cela, il fau­drait que vous trou­viez ou pro­dui­siez, dans les envi­rons de Concar­neau, de l’arsenic (semi-conduc­teur), de l’aluminium, du bore (semi-conduc­teur), du cad­mium (uti­li­sé dans cer­tains types de cel­lules pho­to­vol­taïques), du cuivre (câblage et cer­tains types de cel­lules pho­to­vol­taïques), du gal­lium, de l’indium (uti­li­sé dans les cel­lules pho­to­vol­taïques), du mine­rai de fer (acier), du molyb­dène (uti­li­sé dans les cel­lules pho­to­vol­taïques), du phos­phore, du sélé­nium, du sili­cium, de l’argent, du tel­lure et du titane, sans oublier les ouvriers chi­nois en mesure de fabri­quer le pan­neau solaire, ain­si que les machines néces­saires à sa fabri­ca­tion, les maté­riaux néces­saires à la fabri­ca­tion de ces machines, les machines néces­saires à la fabri­ca­tion de ces machines néces­saires à la fabri­ca­tion du pan­neau solaire, etc. Pour les mêmes rai­sons, il est éga­le­ment impos­sible d’y fabri­quer sim­ple­ment et loca­le­ment l’onduleur et la bat­te­rie au lithium qui l’accompagnent. De la même manière, il est impos­sible d’y fabri­quer un smart­phone ; comme pour tous les appa­reils high-tech, il vous faut pour cela une civi­li­sa­tion indus­trielle mondialisée.

***

Toutes les tech­no­lo­gies de pro­duc­tion indus­trielle d’énergie dite « verte » — pan­neaux solaires, éoliennes indus­trielles, cen­trales à bio­masse, bar­rages, etc. —, comme toutes les tech­no­lo­gies modernes, requièrent ces « bataillons d’ingénieurs, de ges­tion­naires et d’experts finan­ciers, eux-mêmes reliés aux admi­nis­tra­tions et à des sec­teurs entiers de l’industrie (quand ce n’est pas à l’armée) » dont parle Wolf­gang Sachs. Toutes reposent sur le même escla­vage sala­rial, la même ser­vi­tude moderne qui carac­té­risent nos socié­tés indus­trielles. C’est-à-dire qu’elles requièrent et dépendent non seule­ment d’une orga­ni­sa­tion sociale éten­due, très hié­rar­chi­sée, très com­plexe, de type éta­tique, mais aus­si de nom­breuses autres indus­tries (indus­trie du béton pour les bar­rages et les cen­trales à bio­masse, indus­trie de pro­duc­tion du sili­cium pour les pan­neaux solaires, de pro­duc­tion d’acier pour les éoliennes, etc.), y com­pris de l’industrie des com­bus­tibles fos­siles. Ain­si que le rap­pelle Max Wil­bert dans l’entretien qu’il m’a accor­dé :

« Les renou­ve­lables sont, sans excep­tion, dépen­dantes des com­bus­tibles fos­siles. Pre­nons l’exemple des éoliennes. Leurs pales sont faites de plas­tique à par­tir du pétrole. L’acier qui les com­pose est pro­duit à l’aide de quan­ti­tés mas­sives de coke, qui est une forme de char­bon. L’industrie de l’acier est une des indus­tries les plus toxiques au monde, et pour­tant elle est cru­ciale pour les éoliennes et beau­coup d’autres tech­no­lo­gies “vertes”. Les éoliennes sont lubri­fiées à l’aide de pétrole. Chaque éolienne néces­site des cen­taines de litres de lubri­fiant. D’ailleurs, Exxon Mobil pos­sède une divi­sion spé­cia­li­sée dans les lubri­fiants pour éoliennes. Les éoliennes sont trans­por­tées grâce à des camions dépen­dants des com­bus­tibles fos­siles, mises debout grâce à des grues qui car­burent au die­sel, encas­trées dans leurs fon­da­tions en béton (un maté­riau dont la pro­duc­tion est très éner­gi­vore), dont les fosses ont été exca­vées par des machines qui car­burent elles aus­si au die­sel. Et ain­si de suite. »

Ain­si qu’on peut le lire dans un article récem­ment publié sur le site de l’hebdomadaire cana­dien Busi­ness In Van­cou­ver et repris sur mining.com, un site majeur consa­cré au sec­teur minier mondial :

« Étant don­né les quan­ti­tés d’aluminium, de char­bon métal­lur­gique, de cuivre, de zinc et de terres rares néces­saires à chaque éolienne et chaque véhi­cule élec­trique — et étant don­né la quan­ti­té de lithium et de cobalt néces­saires pour les bat­te­ries des véhi­cules élec­triques — une ques­tion se pose : la tran­si­tion vers une éco­no­mie à faible émis­sion de car­bone nous mène­ra-t-elle au « pic des métaux » (au point maxi­male de notre pro­duc­tion de métal) ?

Les objec­tifs que les gou­ver­ne­ments éta­blissent en termes d’énergies renou­ve­lables et de véhi­cules élec­triques néces­si­te­ront une aug­men­ta­tion mas­sive des extrac­tions minières, et la ques­tion se pose de savoir si suf­fi­sam­ment de mines pour­ront être construites à temps pour atteindre ces objec­tifs en temps voulu.

Une récente étude menée par Meta­bo­lic, Cop­per 8 et l’université de Lei­den pour le gou­ver­ne­ment néer­lan­dais estime que la pro­duc­tion mon­diale de cer­tains métaux serait mul­ti­pliée par 12 d’ici 2050 si tous les signa­taires de l’accord de Paris res­pec­taient leurs enga­ge­ments de décar­bo­ni­sa­tion de l’économie. […]

Une étude s’inquiète de la pro­duc­tion d’argent, uti­lise dans les cel­lules des pan­neaux solaires pho­to­vol­taïques. Une autre de celle de lithium et de cobalt, qui sont néces­saires aux bat­te­ries lithium-ion des véhi­cules électriques. […] 

Par ailleurs, les métaux comme l’acier et le cuivre peuvent — et vont être — recy­clés. Une aug­men­ta­tion de 1400% de la pro­duc­tion de véhi­cules élec­triques n’implique pas néces­sai­re­ment une aug­men­ta­tion simi­laire de la demande en cuivre, puisqu’une par­tie pour­ra pro­ve­nir du recyclage.

Mais il ne fait aucun doute que le monde aura besoin de plus de cuivre, d’acier, de terres rares et de beau­coup d’autres métaux cri­tiques au cours des deux pro­chaines décen­nies. Cette néces­saire aug­men­ta­tion des extrac­tions minières aura des impacts sur les terres, les eaux, les forêts et les peuples autochtones.

Ain­si qu’un rap­port du Par­le­ment Euro­péen l’affirme : « Une aug­men­ta­tion majeure des extrac­tions de matières pre­mières aura de graves consé­quences pour les com­mu­nau­tés locales et l’environnement, et génè­re­ra d’importantes émis­sions de gaz à effet de serre. »

En outre, la pro­duc­tion éner­gé­tique des indus­tries des éner­gies dites « vertes » s’ajoute aux autres pro­duc­tions indus­trielles d’énergie (nucléaire, char­bon, gaz, pétrole), loin de les sup­plan­ter, et ali­mente les mêmes socié­tés, la même socié­té, le même mode de vie, les mêmes appa­reils, les mêmes usages, tous plus anti-éco­lo­giques les uns que les autres (pan­neaux solaires sur les toits d’usines, éoliennes pour ali­men­ter en élec­tri­ci­té smart­phones, télé­vi­seurs, ordi­na­teurs, etc., dont les pro­duc­tions sont autant de catas­trophes envi­ron­ne­men­tales et sociales).

La consom­ma­tion de com­bus­tibles fos­siles a encore bat­tu un record en 2017, et en 2018, et un nou­veau record devrait être bat­tu en 2019. La pro­duc­tion éner­gé­tique faus­se­ment « verte » ne fait que s’a­jou­ter au reste de la pro­duc­tion éner­gé­tique qui conti­nue (lui aus­si) à croître allègrement.
Autre illus­tra­tion du phénomène.

Ce que Phi­lippe Bihouix écrit à pro­pos de la crois­sance « verte » carac­té­rise tout aus­si bien la soi-disant « tran­si­tion éco­lo­gique » pro­mue par toutes et tous — poli­ti­ciens, ONG (Green­peace, WWF, etc.), éco­lo­gistes auto­ri­sés… — dans les médias de masse. Leur tran­si­tion écologique

« se base, en tout cas dans son accep­tion actuelle, sur le tout-tech­no­lo­gique. Elle ne fera alors qu’aggraver les phé­no­mènes que nous venons de décrire, qu’emballer le sys­tème, car ces inno­va­tions “vertes” sont en géné­ral basées sur des métaux moins répan­dus, aggravent la com­plexi­té des pro­duits, font appel à des com­po­sants high tech plus durs à recy­cler. Ain­si du der­nier cri des éner­gies renou­ve­lables, des bâti­ments “intel­li­gents”, des voi­tures élec­triques, hybrides ou hydrogène… […] 

Avec la [tran­si­tion éco­lo­gique], nous aime­rions appuyer timi­de­ment sur le frein tout en res­tant pied au plan­cher : […] Ce qui nous attend à court terme, c’est une accé­lé­ra­tion dévas­ta­trice et mor­ti­fère, de la ponc­tion de res­sources, de la consom­ma­tion élec­trique, de la pro­duc­tion de déchets ingé­rables, avec le déploie­ment géné­ra­li­sé des nano­tech­no­lo­gies, des big data, des objets connec­tés. Le sac­cage de la pla­nète ne fait que commencer. »

Le déve­lop­pe­ment du bio et des éner­gies renou­ve­lables n’ar­rête mal­heu­reu­se­ment pas le développement.

 

***

Ce qui nous amène à la dis­tinc­tion entre tech­niques auto­ri­taires et tech­niques démo­cra­tiques que pro­po­sait Lewis Mum­ford. « Les tech­niques démo­cra­tiques sont les méthodes de pro­duc­tion à petite échelle, repo­sant prin­ci­pa­le­ment sur les com­pé­tences humaines et l’énergie renou­ve­lable, fai­sant un usage limi­té des res­sources natu­relles. Elles demeurent tou­jours sous la direc­tion active de l’artisan ou du pay­san. […] la tech­nique auto­ri­taire […] n’est pas déli­mi­tée par les cou­tumes et les sen­ti­ments humains, elle repose sur une contrainte phy­sique impi­toyable, elle a créé des machines humaines com­plexes com­po­sées de par­ties inter­dé­pen­dantes spé­cia­li­sées, stan­dar­di­sées. Mal­gré sa ten­dance conti­nuelle à la des­truc­tion, la tech­nique tota­li­taire est bien accueillie parce qu’elle per­met la pre­mière éco­no­mie d’abondance contrô­lée. La tech­nique a accep­té un prin­cipe de base de la démo­cra­tie selon lequel chaque membre de la socié­té doit avoir une part de ses biens, fai­sant dis­pa­raître tous les autres ves­tiges de la démocratie. »

Theo­dore Kac­zyns­ki for­mu­lait éga­le­ment, à sa manière, cette distinction :

« Nous fai­sons une dis­tinc­tion entre deux types de tech­no­lo­gies : la tech­no­lo­gie cloi­son­née et la tech­no­lo­gie sys­té­mique. La pre­mière, qui se déve­loppe au niveau de petites cel­lules cir­cons­crites, jouit d’une grande auto­no­mie et ne néces­site pas d’aide exté­rieure. La seconde s’appuie sur une orga­ni­sa­tion sociale com­plexe, faite de réseaux interconnectés. »

Mal­heu­reu­se­ment, la qua­si-tota­li­té des per­son­na­li­tés, asso­cia­tions, groupes, orga­ni­sa­tions et médias éco­lo­gistes grand public ne réa­lisent pas (ou occultent) toute la com­plexi­té de la situa­tion dans laquelle nous nous trou­vons, et parlent d’autonomie et de démo­cra­tie tout en fai­sant la pro­mo­tion de tech­no­lo­gies qui ne relèvent ni de l’autonomie ni de la démocratie.

Les éco­lo­gistes qui militent en faveur des éner­gies dites « vertes » ou « renou­ve­lables » type pan­neaux solaires pho­to­vol­taïques, éoliennes indus­trielles, cen­trales à bio­masse, bar­rages, etc., militent en faveur de la socié­té indus­trielle pla­né­taire telle qu’elle existe actuel­le­ment (ou, du moins, en faveur d’une orga­ni­sa­tion sociale tout aus­si anti­dé­mo­cra­tique). Les pan­neaux solaires pho­to­vol­taïques et les bat­te­ries au lithium sont indis­so­ciables de l’Empire mon­dia­li­sé qui asser­vit les popu­la­tions et détruit le monde natu­rel, tout comme les appa­reils que ces tech­no­lo­gies vertes servent à ali­men­ter en éner­gie (réfri­gé­ra­teurs, ordi­na­teurs, smart­phones, tablettes, télé­vi­seurs, etc.), et comme l’internet lui-même. Les hautes tech­no­lo­gies et, plus géné­ra­le­ment, le sys­tème indus­triel dont elles par­ti­cipent et dépendent, requièrent, selon toute logique, une socié­té de masse, hié­rar­chique, bien trop com­plexe, popu­leuse et éten­due pour être orga­ni­sée d’une manière véri­ta­ble­ment démo­cra­tique — c’est-à-dire selon les prin­cipes de la démo­cra­tie directe.

Seule­ment, la plu­part des gens — et des éco­lo­gistes — rejettent l’idée de devoir renon­cer à des tech­no­lo­gies dont l’idéologie du pro­grès leur a incul­qué qu’elles étaient essen­tielles à la vie humaine, au bon­heur — bien qu’elles existent tout au plus depuis quelques dizaines d’années. L’idée d’une vie sans inter­net, sans pou­voir com­mu­ni­quer ins­tan­ta­né­ment avec n’importe qui à l’autre bout du monde, sans méde­cine high-tech, sans télé­phones por­tables, sans GoPro pour envoyer des vidéos sur You­Tube, sans voi­tures, sans ordi­na­teurs, etc., les effraie, leur paraît triste et morne, indé­si­rable — preuve de la réus­site du condi­tion­ne­ment pro­gres­siste.

Pour­tant, étant don­né, d’une part, que la pro­duc­tion de hautes tech­no­lo­gies implique néces­sai­re­ment des des­truc­tions et pol­lu­tions envi­ron­ne­men­tales ain­si qu’une orga­ni­sa­tion sociale anti­dé­mo­cra­tique (« auto­ri­taire » pour reprendre la ter­mi­no­lo­gie de Mum­ford) et, d’autre part, qu’un mode de vie basé sur des tech­no­lo­gies douces (ou « démo­cra­tiques ») est infi­ni­ment plus épa­nouis­sant, plus humain, plus dési­rable, un tel rejet est absurde. En effet, contrai­re­ment aux sim­plismes men­son­gers que la culture domi­nante enseigne au sujet du pas­sé, l’humanité n’errait pas dans la tris­tesse, la peine, la peur et le mal­heur avant l’invention d’internet. Ce qui ne revient pas à dire que l’on pour­rait consi­dé­rer le pas­sé en bloc comme un para­dis per­du où tout le monde nageait dans le bon­heur par­tout et de tout temps — évi­tons de tom­ber dans un autre sim­plisme absurde, à l’instar du mythe du pro­grès, et qui se conten­te­rait d’ailleurs de l’inverser.

***

Des orga­ni­sa­tions sociales tou­jours plus déme­su­rées, inhu­maines, anti­dé­mo­cra­tiques et inéga­li­taires, des des­truc­tions tous azi­muts, inexo­rables et crois­santes du monde natu­rel (des­truc­tion des forêts, des­truc­tion et/ou pol­lu­tion des sols, des océans, des mers, des cours d’eau, de l’atmosphère, etc.), un malaise social de plus en plus pré­gnant (stress, angoisses, dépres­sions, vio­lences, etc.), tels sont les coûts du mal nom­mé pro­grès, dont il n’existe mani­fes­te­ment pas de ver­sion durable ou écologique.

***

Ain­si que l’a écrit Alain Gras dans un article inti­tu­lé « L’illu­sion de la fata­li­té tech­nique », publié dans la revue l’Écologiste n°5, 2001 :

« L’homme moderne n’est pas seule­ment un être dont la vie est façon­née par le tra­vail et le désir inves­ti dans la consom­ma­tion, il est aus­si celui dont le confort dans la vie quo­ti­dienne dépend à un degré infi­ni­ment plus éle­vé qu’auparavant d’entités invi­sibles et omni­pré­sentes : il est l’homme « bran­ché » que décrit l’imagerie popu­laire. Bran­ché par la prise du rasoir sur l’usine élec­trique, bran­ché par la pompe à essence sur le puits de pétrole du Koweït [et, j’ajouterai : sur la défo­res­ta­tion et la mono­cul­ture de pal­miers à huile en Indo­né­sie, bran­ché sur les vio­la­tions des droits humains, les mas­sacres et les dévas­ta­tions envi­ron­ne­men­tales au Congo, où sont extraits, entre autres choses, le col­tan et le cobalt des télé­phones et des ordi­na­teurs por­tables, bran­ché sur de mul­tiples ravages sociaux et éco­lo­giques à tra­vers le globe, par exemple en Chine et bien­tôt au Groen­land où sont extraites les terres rares néces­saires aux tech­no­lo­gies dites vertes, bran­ché sur d’autres nui­sances sociales et éco­lo­giques au Chi­li d’où pro­vient le lithium des bat­te­ries des appa­reils élec­triques], bran­ché sur le monde par CNN et le satel­lite dans l’espace, bran­ché par la ligne aérienne sur New York ou par la voie fer­rée sur Lyon, sur Concorde ou le TGV, et débran­ché de ses sem­blables ! Cet homme, entou­ré d’objets tech­niques, ne voit la tech­nique que sous sa forme la plus naïve et la moins dan­ge­reuse. Il admire la gran­deur de la taille et de la puis­sance, il ne s’aperçoit pas qu’il devient tota­le­ment dépen­dant. Il ne sait rien de la manière dont sont diri­gés les grands sys­tèmes tech­niques qui se cachent sous la sur­face du réel quotidien. »

 

Bao­tou, Chine, février 2011 : Cet immense lac (11km²) est rem­pli des rési­dus toxiques reje­tés par les dif­fé­rentes usines de trai­te­ment de terres rares qui l’entourent. 9 300 000 tonnes de terres rares et 95 000 tonnes de tho­rium radio­ac­tif, extrê­me­ment dan­ge­reux pour les vil­la­geois qui vivent aux alen­tours. Ce lac toxique n’est qu’à 10 km du fleuve jaune. (Pho­to by Vero­nique de Viguerie/Reportage by Get­ty Images)

 

Les tech­no­lo­gies pro­duc­trices d’énergie soi-disant « verte » ou « renou­ve­lable » et les tech­no­lo­gies dites « vertes » en géné­ral requièrent ces « grands sys­tèmes tech­niques » dont l’humain moderne a été ren­du dépen­dant et qui, selon toute logique, ne pour­ront jamais être ren­dus ni démo­cra­tiques ni écologiques.

***

Dans un numé­ro hors-série du Nou­vel Obser­va­teur en date de juin-juillet 1972, por­tant sur l’écologie, figu­rait ce tableau :

Socié­té à tech­no­lo­gies dures Com­mu­nau­tés à tech­no­lo­gies douces
Grands apports d’énergie

Maté­riaux et éner­gie non recyclés

Pro­duc­tion industrielle

Prio­ri­té à la ville

Sépa­ré de la nature

Limites tech­niques impo­sées par l’argent…

Petits apports d’énergie

Maté­riaux recy­clés et éner­gies inépui­sables seulement

Pro­duc­tion artisanale

Prio­ri­té au village

Inté­grée à la nature

Limites tech­niques impo­sées par la nature…

(Si l’expression « éner­gies inépui­sables » figure dans la colonne tech­no­lo­gies douces, c’est parce qu’il est évi­dem­ment pos­sible d’utiliser les éner­gies renou­ve­lables du soleil, du vent et de l’eau de manières démo­cra­tiques (ou « douces »). Ce qu’a fait l’humanité pen­dant la qua­si-tota­li­té de son exis­tence. Par exemple, en ce qui concerne le solaire, en construi­sant une mai­son selon les prin­cipes de l’architecture bio­cli­ma­tique, en uti­li­sant les prin­cipes du solaire pas­sif, en construi­sant soi-même un pan­neau solaire ther­mique (en ayant recours à de la récu­pé­ra­tion, en recy­clant divers objets) ou, en ce qui concerne l’éolien, au tra­vers du prin­cipe du mou­lin à vent, etc.)

Il est assez navrant de consta­ter que près de 50 ans après, le dis­cours éco­lo­giste domi­nant, celui que relaient désor­mais L’Obs et tous les autres médias grand public (et les Cyril Dion, YAB & Co., à quelques nuances près), n’est plus qu’un plai­doyer en faveur des fausses solu­tions tech­no-indus­trielles que sont les éner­gies dites « renou­ve­lables » indus­trielles, qui visent uni­que­ment à per­pé­tuer le mode de vie hau­te­ment tech­no­lo­gique moderne, à pro­lon­ger l’expansion et le fonc­tion­ne­ment mor­ti­fère de l’Empire.

Ain­si que l’écrivait déjà Jaime Sem­prun en juin 1990[2] :

« Les éco­lo­gistes sont sur le ter­rain de la lutte contre les nui­sances ce qu’étaient, sur celui des luttes ouvrières, les syn­di­ca­listes : des inter­mé­diaires inté­res­sés à conser­ver les contra­dic­tions dont ils assurent la régu­la­tion, des négo­cia­teurs voués au mar­chan­dage (la révi­sion des normes et des taux de noci­vi­té rem­pla­çant les pour­cen­tages des hausses de salaire), des défen­seurs du quan­ti­ta­tif au moment où le cal­cul éco­no­mique s’étend à de nou­veaux domaines (l’air, l’eau, les embryons humains ou la socia­bi­li­té de syn­thèse) ; bref, les nou­veaux cour­tiers d’un assu­jet­tis­se­ment à l’économie dont le prix doit main­te­nant inté­grer le cout d’un “envi­ron­ne­ment de qualité”. […] 

Dire de la pra­tique des éco­lo­gistes qu’elle est réfor­miste serait encore lui faire trop d’honneur, car elle s’inscrit direc­te­ment et déli­bé­ré­ment dans la logique de la domi­na­tion capi­ta­liste, qui étend sans cesse, par ses des­truc­tions mêmes, le ter­rain de son exer­cice. Dans cette pro­duc­tion cyclique des maux et de leurs remèdes aggra­vants, l’écologisme n’aura été que l’armée de réserve d’une époque de bureau­cra­ti­sa­tion, où la “ratio­na­li­té” est tou­jours défi­nie loin des indi­vi­dus concer­nés et de toute connais­sance réa­liste, avec les catas­trophes renou­ve­lées que cela implique. »

L’écologie se résume aujourd’hui à l’implantation, un peu par­tout, de cen­trales solaires, de parcs éoliens, de cen­trales à bio­masse, d’éco-quartiers aux normes HQE (Haute Qua­li­té Envi­ron­ne­men­tale), BBC (Bâti­ment Basse Consom­ma­tion) ou encore THPE (Très Haute Per­for­mance Envi­ron­ne­men­tale), aux voi­tures élec­triques, aux éco­no­mies d’énergie et à l’efficience éner­gé­tique, etc., toutes choses qui n’entravent aucu­ne­ment la des­truc­tion du monde natu­rel, puisqu’elles y par­ti­cipent. C’est-à-dire que l’écologie domi­nante est un men­songe qui consiste à qua­li­fier de vert, propre ou durable ce qui n’est ni vert, ni propre, ni durable. Au bout du compte, elle repose sur le mythe selon lequel la civi­li­sa­tion indus­trielle (le monde moderne, tech­no­lo­gi­que­ment par­lant) pour­rait deve­nir éco­lo­gique (et démo­cra­tique même, pour les plus auda­cieux des éco­lo­gistes média­tiques), au tra­vers de quelques ajus­te­ments tech­niques et de quelques réformes politiques.

***

Une des nom­breuses rai­sons pour les­quelles socié­té indus­trielle et démo­cra­tie sont anti­no­miques relève d’une chose très simple, com­prise et sou­li­gnée par beau­coup depuis bien long­temps, dont Jean-Jacques Rous­seau, dans son Pro­jet de consti­tu­tion pour la Corse, rédi­gé en 1765 :

« Un gou­ver­ne­ment pure­ment démo­cra­tique convient à une petite ville plu­tôt qu’à une nation. On ne sau­rait assem­bler tout le peuple d’un pays comme celui d’une cité et quand l’autorité suprême est confiée à des dépu­tés le gou­ver­ne­ment change et devient aristocratique. »

Ou Lewis Mum­ford, qui affir­mait en 1973 que « la démo­cra­tie est une inven­tion de petite socié­té. Elle ne peut exis­ter qu’au sein de petites com­mu­nau­tés. Elle ne peut pas fonc­tion­ner dans une com­mu­nau­té de 100 mil­lions d’individus. 100 mil­lions d’individus ne peuvent être gou­ver­nés selon des prin­cipes démocratiques. »

***

Aujourd’hui, loin des ana­lyses — presque deve­nues grand public, à l’époque — de cer­tains éco­lo­gistes des années 70 selon les­quels le seul futur pos­sible (et dési­rable) pour l’espèce humaine impli­quait le déman­tè­le­ment de la tech­no­cra­tie pla­né­taire au pro­fit de com­mu­nau­tés à taille humaine, démo­cra­tiques, affran­chies des tech­no­lo­gies auto­ri­taires (dont la high-tech) et basées sur des tech­no­lo­gies « douces » (ou basses tech­no­lo­gies), tous les médias, les gou­ver­ne­ments et les éco­lo­gistes grand public affirment que les solu­tions à tous nos pro­blèmes sont à cher­cher du côté de ces mal nom­mées éner­gies « renou­ve­lables » et des tech­no­lo­gies dites « vertes » en général.

***

Et main­te­nant la par­tie la moins drôle. Une fois que l’on com­prend que le dis­cours éco­lo­giste domi­nant relève de la fou­taise. Que rien de ce qu’il pro­pose ne fera ces­ser ni la des­truc­tion du monde natu­rel ni l’exploitation de l’humain par l’humain dans le cadre de socié­tés tou­jours plus inéga­li­taires. Que ce qui devrait se pro­duire pour que le désastre socioé­co­lo­gique en cours prenne fin — à savoir le déman­tè­le­ment com­plet de la socié­té indus­trielle, la dis­so­lu­tion des socié­tés de masse en une mul­ti­tude de socié­tés à taille humaine, adap­tées à leurs ter­ri­toires éco­lo­giques, fon­dées sur des tech­no­lo­gies douces — consti­tue le pire cau­che­mar de tous les diri­geants poli­tiques et cor­po­ra­tistes. Qu’ils ne le per­met­tront jamais. Que la plu­part des gens ne le sou­haitent pas davan­tage. On réa­lise à quel point nous sommes mal embarqués.

Cer­tains trouvent alors du récon­fort auprès des col­lap­so­logues qui leur assurent que l’effondrement est pour bien­tôt, que tout cela[3] va finir. Et qui pro­meuvent prin­ci­pa­le­ment une sorte de sur­vi­va­lisme — par­fois tein­té de mysticisme.

Face aux innom­brables injus­tices que la civi­li­sa­tion indus­trielle implique, à l’encontre des humains comme du monde natu­rel et de toutes les espèces vivantes, et étant don­né ce qui est en jeu, nous consi­dé­rons plu­tôt qu’il nous faut faire notre pos­sible pour édi­fier une culture de résis­tance, afin de par­ti­ci­per au com­bat pour la mettre hors d’é­tat de nuire.

Nico­las Casaux


  1. Voir : https://partage-le.com/2016/06/le-desastre-ecologique-renouvelable-des-tokelau/
  2. http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?article37
  3. https://partage-le.com/2017/12/8414/

Print Friendly, PDF & Email
Contri­bu­tor
Total
4
Shares
3 comments
  1. La lec­ture d’Ish­mael de Daniel Quinn, la post­face de Nico­las Casaux m’a conduite vers votre site. Très sen­sible aux argu­ments déve­lop­pés dans le livre, il y a 20 ans, et à vos articles, je me sens plu­tôt dépri­mée…! Je suis un peu âgée (67 ans) pour m’in­ves­tir dans un mode de vie alter­na­tif, je peux jouer au coli­bri à mon niveau, ce que je fais déjà et fina­le­ment je com­mu­nique avec vous par le sys­tème en ques­tion, par inter­net. Et pour­tant, il est bon que ces idées cir­culent, même chez les vieux !

  2. Oui on sait, ou plu­tôt on sait-sans-faire, on met tout cela dans un coin et, comme ‘il faut bien vivre’, et comme l’offre mer­can­tile ne pro­pose RIEN de ce genre, on vit avec.
    On vit avec cette évi­dence, nous dévas­tons la pla­nète, la seule, l’u­nique, en col­lu­sion active avec nos dieux, les ultra-riches, qui décident de ce qui est ren­table et de ce qui ne l’est pas et nous enferment par mille tours de salauds : cirque média­tique, jeux addic­tifs, tra­vailler plus pour gagner plus (si si c’est vrai, l’ho­ri­zon du bon­heur !), deve­nir mil­liar­daire (‘il’ nous a res­sor­ti son boni­ment de clown triste), voi­ture élec­trique verte (qui pro­duit des déchets tueurs sur cent-mille ans), 

    Si je/nous sommes réduits à devoir sur­vivre en tra­vaillant jus­qu’à l’é­pui­se­ment sans pou­voir lever le nez, quel por­tion de cer­veau dis­po­nible nous reste-t-il pour construire/faire/vivre autre-chose ?

    On en revient tou­jours à la solu­tion locale, mai­tri­sable par tous. (re)Constituer une socié­té d’hu­mains qui s’i­sole (du point de vue mer­can­tile) du monde capi­ta­liste afin de vivre en accord avec la nature, ses pos­si­bi­li­tés, le bon sens du vivant qui se repro­duit sans dévas­ter son envi­ron­ne­ment (unique).

    on pense alors aux très rares expé­riences de qqs com­munes … qqs familles vrai­ment qua­si autonomes.
    Vraies révolutions.

  3. J’ap­prouve en grande par­tie ce texte. on sait tout ça, on le vit vrai­ment avec ma famille : on a vécu à trois en yourte sans élec­tri­ci­té pen­dant plus d’un an, juste avec un poele pour chauf­fer l’eau pour se laver, cuisiner…etc

    J’ap­prouve mais je reste posi­tif (sans col­lap­so­logues;) et je déplore le manque de men­tion du nucléaire dans ce texte :

    - ça évo­lue quand même dans la bonne direc­tion (on rale tou­jours en France ;). Aprés, je com­prends aus­si qu’il faille des articles chocs

    - déjà, si on arrive à limi­ter LE NUCLEAIRE, ça serait pas mal. les pan­neaux pho­to­vol­taiques créent des déchets mais moins gravent que le nucléaire.

    - beau­coups de jeunes sont conscients et cer­tains déjà actifs. Cer­tains vieux aus­si bien sûr. (on a 50 ans et ma mère est trés active).

    - je ne suis pas naîf non plus mais pas assez égo­cen­trique non plus pour pleu­rer sur le sort de l’hu­ma­ni­té. Un peu triste pour l’é­co­sys­tème que l’on entrai­ne­rait avec nous si on réagit trop tard. 

    - main­te­nant, dans notre yourte, on s’est moder­ni­sé, on uti­lise de « mau­vaises éner­gies » : du gaz et de petits pan­neaux photovoltaiques.
    J’es­père qu’on n’est pas visé par cet article parce qu’on va quand même péda­ler pour faire tour­ner la machine à laver le linge !

    -J’es­père aus­si que l’au­teur du texte fait sa part

    -Faites aus­si la votre!! svp

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Attach images - Only PNG, JPG, JPEG and GIF are supported.

Articles connexes
Lire

Sacrifier le vivant : oui ; sacrifier le progrès technique : jamais ! (par Derrick Jensen)

Alors que nous faisons face à des choix difficiles quant à quelles espèces et quels écosystèmes conserver, il est étrange que nous ne fassions pas face à de tels dilemmes quant à quel futile produit de luxe abandonner, ou quel système d’armement meurtrier ne pas construire, écrit Derrick Jensen. Et, bien sûr, il est absolument hors de question de s’attaquer aux causes profondes de l’écocide planétaire.
Lire

Cyril Dion et le mythe d’une société éco-industrielle (par Nicolas Casaux)

Dans un article publié il y a quelques mois sur le site de la revue Terrestres, intitulé « La ZAD et le Colibri : deux écologies irréconciliables ? », Maxime Chédin présentait les différents courants écologistes actuels, et critiquait l’écologisme le plus médiatique — et donc le plus populaire —, celui de Cyril Dion, dont il commentait le livre Petit manuel de résistance contemporaine. Ce dernier lui a ensuite répondu dans un texte intitulé « Résister, mais comment ? », que je vous propose d’examiner. [...]