À ma connais­sance, dans le pay­sage lit­té­raire fran­co­phone, seuls ces trois livres (Le soleil en face, Les illu­sions renou­ve­lables et Le sens du vent, pho­to ci-des­sus) dis­cutent de l’absurdité selon laquelle les hautes tech­no­lo­gies pro­duc­trices d’énergies dites « renou­ve­lables » ou « vertes » ou « propres » pour­raient nous per­mettre de sor­tir de l’impasse socioé­co­lo­gique létale dans laquelle nous nous pré­ci­pi­tons (ou sommes pré­ci­pi­tés, c’est peut-être plus cor­rect).

Si je devais n’en conseiller qu’un, ce serait Le sens du vent. Cela dit, les trois sont inté­res­sants et valent la lec­ture (même si celui de José Ardillo n’est pas brillam­ment tra­duit). Mais aucun n’expose, selon moi, le pro­blème de manière opti­male. Au plus simple, il me semble que trois points (qui n’en forment qu’un en réa­li­té) per­mettent d’exposer en quoi les tech­no­lo­gies de pro­duc­tion d’énergie dite « verte » ou « renou­ve­lable » ne solu­tionnent stric­te­ment rien, au contraire :

1. D’abord, leur concep­tion, leur fabri­ca­tion et leur déploie­ment reposent sur la civi­li­sa­tion indus­trielle capi­ta­liste, c’est-à-dire sur une orga­ni­sa­tion socioé­co­no­mique mon­dia­li­sée, intrin­sè­que­ment inéga­li­taire, anti­dé­mo­cra­tique (basée sur l’État, par­fois qua­li­fié de « démo­cra­tique » dans un bel oxy­more, sur l’esclavage sala­rial), anti-éco­lo­gique (basée sur la crois­sance, sur une des­truc­tion per­pé­tuelle du monde natu­rel). Et même si l’on émet­tait l’hypothèse selon laquelle cela pour­rait se faire dans une socié­té autre que capi­ta­liste, celle-ci serait néces­sai­re­ment très com­plexe, très hié­rar­chi­sée, non démo­cra­tique : les tech­no­lo­gies de pro­duc­tion d’énergie dite « verte », les cen­trales hydro­élec­triques, les cen­trales à bio­masse, les cen­trales solaires, les parcs éoliens, les cen­trales géo­ther­miques, etc., sont toutes des hautes tech­no­lo­gies, des tech­no­lo­gies requé­rant, de leur concep­tion à leur fabri­ca­tion et à leur déploie­ment, une socié­té de masse, orga­ni­sée à une vaste échelle géo­gra­phique, avec d’importantes divi­sion et spé­cia­li­sa­tion du tra­vail et une hié­rar­chie tout aus­si impor­tante ; des tech­no­lo­gies « auto­ri­taires », pour reprendre la dis­tinc­tion pro­po­sée par Lewis Mum­ford entre tech­niques démo­cra­tiques et tech­niques auto­ri­taires. Des tech­no­lo­gies qui reposent sur et appellent des struc­tures sociales auto­ri­taires. Mais admet­tons que l’autoritarisme ce soit super.

2. Leur fabri­ca­tion, leur main­te­nance, ain­si que la construc­tion et la main­te­nance des infra­struc­tures sur les­quelles ces tech­no­lo­gies reposent et de celles aux­quelles elles sont connec­tées, impliquent tou­jours des des­truc­tions du monde natu­rel. Rien de tout ça n’est sou­te­nable. Toutes ces indus­tries de pro­duc­tion d’énergie dite « verte » ou « renou­ve­lable » reposent sur les « indus­tries extrac­tives » (« res­pon­sables de la moi­tié des émis­sions de car­bone et de la perte de plus de 80 % de la bio­di­ver­si­té, selon le bilan envi­ron­ne­men­tal le plus com­plet de l’exploitation minière et agri­cole[1] »). Que ce soit pour l’obtention des matières pre­mières ou des maté­riaux néces­saires à leur fabri­ca­tion (gal­lium, indium, alu­mi­nium, cad­mium, arse­nic, bore, molyb­dène, etc., pour l’industrie du solaire) ou à leur fonc­tion­ne­ment (cen­trales à bio­masse qui dévorent… de la bio­masse, par exemple des forêts) ou du fait de leur implan­ta­tion géo­gra­phique (les bar­rages nuisent gra­ve­ment aux cours d’eau et aux éco­sys­tèmes qui leur sont liés, les parcs éoliens impliquent leur lot de nui­sances, etc.). En outre, toutes les indus­tries des éner­gies dites « vertes » ou « renou­ve­lables » sont dépen­dantes du pétrole, de bout en bout (que ce soit pour l’obtention de matières pre­mières, leur trans­port, trai­te­ment, etc.).

3. Enfin, le point le plus évident — mais aus­si le moins évident, semble-t-il, et pour­tant un des plus cru­ciaux — : l’énergie que pro­duisent ces tech­no­lo­gies ne peut ser­vir, par défi­ni­tion, qu’à des usages liés à la socié­té indus­trielle. Le monde natu­rel ne béné­fi­cie jamais de l’énergie indus­triel­le­ment pro­duite. L’électricité pro­duite par les cen­trales solaires ali­mente des réfri­gé­ra­teurs der­nier cri, des télé­vi­seurs, smart­phones, tablettes, chaines Hi-Fi, fours micro-ondes, brosses à dents élec­triques, des usines de pro­duc­tion de divers pro­duits indus­triels, diverses acti­vi­tés indus­trielles, etc., elle n’alimente pas la pousse des arbres, n’encourage ni la flo­rai­son des fleurs, ni la puri­fi­ca­tion de l’eau et de l’air par les forêts, ni rien de véri­ta­ble­ment essen­tiel — elle n’a­li­mente que des choses qui nuisent à la san­té de la bio­sphère.

Les affir­ma­tions selon les­quelles tel ou tel vil­lage en France est deve­nu auto­nome et éco­lo­gique parce que ses citoyens ont par­ti­ci­pé au finan­ce­ment d’une cen­trale solaire pour l’alimenter en éner­gie sont insen­sées. Les pan­neaux solaires ne sont pas libre­ment fabri­qués sur place mais sont des pro­duits du sys­tème indus­triel mon­dia­li­sé, de ses des­truc­tions envi­ron­ne­men­tales et de son escla­vage moderne, qui ser­vi­ront en outre à ali­men­ter d’autres appa­reils issus de ce même sys­tème. Ces pré­ten­tions d’autonomie et d’écologie sont donc autant de men­songes gro­tesques qui témoignent d’une mécom­pré­hen­sion conster­nante des réa­li­tés sociales et éco­lo­giques.

Ceux qui pro­meuvent les éner­gies dites « vertes » ou « renou­ve­lables » occultent le carac­tère anti­dé­mo­cra­tique de la socié­té indus­trielle, de tout sys­tème tech­no­lo­gique com­plexe, le carac­tère éco­lo­gi­que­ment nui­sible de toutes les indus­tries, y com­pris des indus­tries de ces éner­gies dites « vertes » ou « renou­ve­lables » (sou­vent en rédui­sant tous les pro­blèmes actuels au seul chan­ge­ment cli­ma­tique), ain­si que le carac­tère fon­ciè­re­ment insou­te­nable du capi­ta­lisme.

Ain­si que l’écrit Arund­ha­ti Roy :

« S’il reste encore un espoir pour le monde, il ne réside pas dans les salles de réunion des confé­rences sur le chan­ge­ment cli­ma­tique, et pas non plus dans les villes et leurs gratte-ciels. Il réside beau­coup plus près du sol, dans celles et ceux qui se battent chaque jour pour pro­té­ger les forêts, les mon­tagnes et les rivières, parce qu’ils savent que les forêts, les mon­tagnes et les rivières les pro­tègent en retour.

La pre­mière étape d’une réima­gi­na­tion d’un monde qui s’est pro­fon­dé­ment éga­ré serait de mettre fin à la des­truc­tion de ceux qui pos­sèdent une ima­gi­na­tion dif­fé­rente – une ima­gi­na­tion en-dehors du capi­ta­lisme aus­si bien que du com­mu­nisme. Une ima­gi­na­tion qui pro­pose une com­pré­hen­sion entiè­re­ment dif­fé­rente de ce qui consti­tue le bon­heur et l’épanouissement.

Pour gagner cet espace phi­lo­so­phique, il est néces­saire de concé­der de l’espace phy­sique pour la sur­vie de ceux qui ont l’air d’être les gar­diens de notre pas­sé, mais qui pour­raient bien être, en réa­li­té, les guides vers notre futur. Pour cela, il nous faut deman­der à nos diri­geants : pou­vez-vous lais­ser l’eau dans les rivières, les arbres dans les forêts ? Pou­vez-vous lais­ser la bauxite dans les mon­tagnes ? S’ils répondent par la néga­tive, alors peut-être devraient-ils ces­ser de faire des prêches de mora­li­té aux vic­times de leurs guerres. »

Parce qu’en atten­dant, comme le for­mule José Ardillo :

« Le débat actuel sur les éner­gies renou­ve­lables dis­si­mule le fait essen­tiel que l’u­ti­li­sa­tion de l’éner­gie et le rôle du tra­vail doivent être défi­nis par des groupes éga­li­taires et auto­nomes, coor­don­nés au niveau régio­nal, confor­mé­ment aux orien­ta­tions fixées par les limites géo­phy­siques et bio­lo­giques du milieu. L’ap­pro­pria­tion sociale de l’éner­gie ne vise donc pas à sou­te­nir les tech­no­lo­gies renou­ve­lables, qu’elles soient déve­lop­pées par l’in­dus­trie ou par l’É­tat, mais à encou­ra­ger le débat sur les struc­tures poli­tiques qui nous oppriment et sur les carac­té­ris­tiques phy­siques et bio­lo­giques du milieu qui nous limite. […]

Nous n’avons pas besoin de trou­ver des alter­na­tives aux éner­gies conven­tion­nelles, mais de sor­tir du monde éner­gé­tique où elles nous ont conduits. L’avenir radieux pro­mis par les alter­na­ti­vistes est plu­tôt éclai­ré par le soleil noir de la défaite sociale. »


  1. https://www.euractiv.fr/section/energie/news/resource-extraction-responsible-for-half-worlds-carbon-emissions/

Et pour aller plus loin :

https://partage-le.com/2019/02/democratie-photovoltaique-par-nicolas-casaux/

 

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Comments to: Sur les illusions renouvelables (par Nicolas Casaux)
  • 26 mars 2019

    Dès que le concept de « déve­lop­pe­ment durable » est appa­ru, une alarme s’est déclen­chée en moi : Je me suis sou­ve­nu d’une lec­ture qui déve­lop­pait cer­tains pré­ceptes d’é­du­ca­tion et de culture autoch­tones. Les (cer­tains) Indiens d’A­mé­rique recom­man­daient de ne rien construire ni entre­prendre qui dure­rait plus de trois géné­ra­tions (des Grands-parents aux Petits-enfants), ceci afin qu’il y ait tou­jours néces­sai­re­ment au moins une per­sonne qui puisse dire pour­quoi, com­ment, où ce qui était fait l’a­vait été.
    Ce prin­cipe est géné­ra­li­sable au delà de la trans­mis­sion ver­bale si une culture veut (et toute culture devrait !) conser­ver la maî­trise de tout ce qu’elle entre­prend.
    Par ailleurs, dans un monde d’une part fini, et en homéo­sta­sie per­ma­nente et hyper com­plexe d’autre part, le concept même de dura­bi­li­té est une vio­la­tion des condi­tions de cette homéo­sta­sie.

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    • 14 juin 2019

      Sauf que les indiens d’a­me­rique ont per­du face aux pre­da­teurs occi­den­taux..
      mon­ter un sys­teme bien orga­ni­sé à l’in­te­rieur ne suf­fit pas..
      il faut aus­si qu’il puisse resis­ter aux agres­sions externes

      Reply
  • 26 mars 2019

    (…suite)
    On dira que le concept de dura­bi­li­té ne Dès que le concept de « déve­lop­pe­ment durable » est appa­ru, une alarme s’est déclen­chée en moi : Je me suis sou­ve­nu d’une lec­ture qui déve­lop­pait cer­tains pré­ceptes d’é­du­ca­tion et de culture autoch­tones. Les (cer­tains) Indiens d’A­mé­rique recom­man­daient de ne rien construire ni entre­prendre qui dure­rait plus de trois géné­ra­tions (des Grands-parents aux Petits-enfants), ceci afin qu’il y ait tou­jours néces­sai­re­ment au moins une per­sonne qui puisse dire pour­quoi, com­ment, où ce qui était fait l’a­vait été.
    Ce prin­cipe est géné­ra­li­sable au delà de la trans­mis­sion ver­bale si une culture veut (et toute culture devrait !) conser­ver la maî­trise de tout ce qu’elle entre­prend.
    Par ailleurs, dans un monde d’une part fini, et en homéo­sta­sie per­ma­nente et hyper com­plexe d’autre part, le concept même de dura­bi­li­té est une vio­la­tion des condi­tions de cette homéostasie.concerne pas les réa­li­sa­tions, mais faire en sorte que ces réa­li­sa­tions changent le moins pos­sible de choses, assurent la dura­bi­li­té du monde tel qu’il est au moment où elle sont mises en œuvre. C’est pour­tant la même chose : inter­ve­nir sur un sys­tème homéo­sta­tique de manière qu’il ne change pas, c’est très exac­te­ment empê­cher l’é­qui­libre de se faire là où pré­ci­sé­ment on est inter­ve­nu !

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  • 28 mars 2019

    Si le constat est juste et l’a­na­lyse per­ti­nente, un détail m’é­nerve de plus en plus, parce qu’on le lit par­tout : le petit laïus copié-col­lé sur le « solaire ». En pre­mier lieu il fau­drait dis­so­cier solaire ther­mique (pour pro­duire de l’eau chaude) et solaire pho­to­vol­taïque (pour pro­duire de l’élec­tri­ci­té), parce que les tech­no­lo­gies n’ont rien à voir. Enfin, pour le pho­to­vol­taïque, on retrouve dans cet article les lieux com­muns habi­tuels et en grande par­tie infon­dés qui dis­cré­ditent une tech­no­lo­gie rus­tique, déjà ancienne (plus de 50 ans) et arri­vée à matu­ri­té aujourd’­hui.
    Gal­lium, indium, cad­mium, arse­nic, molyb­dène sont uti­li­sés uni­que­ment pour la filière thin film, ultra-mino­ri­taire et non pour le pho­to­vol­taïque à base sili­cium qui repré­sente aujourd’­hui près de 95% du mar­ché. Effec­ti­ve­ment, l’u­ti­li­sa­tion de ces maté­riaux est sen­sible, mais géné­ra­li­ser à tout le pho­to­vol­taïque est abu­sif. Cela revien­drait à consi­dé­rer que pro­duire 1 kWh élec­trique en France émet 800 g de CO2 parce qu’il nous reste 2 cen­trales à char­bon.
    Pour com­plé­ter, le com­po­sant prin­ci­pal d’un cap­teur PV sili­cium est… le verre (80% du poids) A prio­ri on en a tous chez nous, notam­ment pour nos fenêtres. Le sili­cium est l’élé­ment le plus pré­sent dans la croûte ter­restre (alors par­ler de terre rare pour le pho­to­vol­taïque…) et mis à part pour le verre, on l’u­ti­lise pour fabri­quer les cel­lules PV, soit envi­ron 200 g par pan­neau. L’a­lu­mi­nium est uti­li­sé pour les cadres des pan­neaux, donc n’a qu’une uti­li­té méca­nique (pour fixer les cap­teurs) et n’est pas obli­ga­toire, on peut tout à fait inté­grer les cap­teurs sans cadres alu. Le bore est uti­li­sé a rai­son de quelques micro­grammes par cap­teur pour doper la face N des cel­lules, et le phos­phore dans des pro­por­tions iden­tiques pour doper le face P. On uti­lise aus­si un peu d’argent et de cuivre pour les connec­tions.
    Et c’est à peu près tout.
    Quant à la durée de vie du bazar, elle est lar­ge­ment plus longue que 20 ans, chiffre qui cir­cule un peu par­tout sur le net sans aucun fon­de­ment, et qui cor­res­pond plu­tôt à la durée des contrats de vente de la pro­duc­tion à EDF. Le cap­teur, lui, pro­dui­ra encore 20 ou 30 ans de plus, avec un moins bon ren­de­ment, certes, mais sans réelle néces­si­té de main­te­nance.
    Ce qui est moins durable, et néces­site un peu de main­te­nance, ce sont les ondu­leurs qui trans­forment le cou­rant conti­nu en 240 V AC. Leur desi­gn life varie de 15 à 25 ans aujourd’­hui sui­vant les modèles.

    Ceci étant dit, à part cette impré­ci­sion, je ne peux que saluer l’a­na­lyse impla­cable de l’ar­ticle : sans réduc­tion dras­tique de nos consom­ma­tions d’éner­gie, pas de salut. Sachant que le PIB y est for­te­ment cor­ré­lé, cela implique évi­dem­ment un chan­ge­ment com­plet de para­digme. Tant mieux.

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    • 29 mars 2019

      On se ras­sure comme on peut j’i­ma­gine. Bien évi­dem­ment que le solaire pas­sif ou ther­mique sont des tech­no­lo­gies poten­tiel­le­ment démo­cra­tiques et sou­te­nables. Mais le pho­to­vol­taïque non. Quand on exa­mine les maté­riaux néces­saires au pho­to­vol­taïque, on ne se contente pas d’exa­mi­ner ce qui est néces­saire pour construire les cel­lules. Et il faut plus que du sili­cium pour construire un pan­neau solaire pho­to­vol­taïque. Même ceux qui repré­sentent aujourd’­hui encore 80% du mar­ché (et pas 95). Outre la machi­ne­rie extrê­me­ment com­plexe qui est néces­saire, et qui elle-même néces­site des matières pre­mières, etc. On n’en fini­rait pas. C’est sûr qu’a­vec un réduc­tion­nisme extrême (se foca­li­ser uni­que­ment sur les cel­lules, oublier de rap­pe­ler que la pro­duc­tion de sili­cium est un désastre, en se conten­tant de rap­pe­ler qu’il y a beau­coup de sili­cium dis­po­nible, ce qui est faux, on l’ob­tient à par­tir de la silice, Cf. le lien ci-avant) on peut essayer de don­ner une image rela­ti­ve­ment cor­rect de n’im­porte quoi. Par-des­sus le mar­ché, votre ten­ta­tive de redo­rer le bla­son du pho­to­vol­taïque se heurte à la ques­tion du carac­tère anti­dé­mo­cra­tique du sys­tème indus­triel néces­saire pour fabri­quer votre cel­lule pho­to­vol­taïque au sili­cium. On en revient aus­si ici aux outils dont vous avez besoin, en plus de tout le reste (infra­struc­tures indus­trielles, etc.). Mais élu­dez la ques­tion est plus simple. Vous avez rai­son. Et enfin, parce qu’il faut gar­der le meilleur pour la fin, l’électricité pro­duite par votre pan­neau solaire, qu’a­li­mente-t-elle ? Et là je pense que la boucle est bou­clée autour d’un sys­tème tech­noin­dus­triel dont toutes les pro­duc­tions impliquent diverses nui­sances envi­ron­ne­men­tales et sociales.

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      • 5 avril 2019

        tou­ch­down

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  • 8 avril 2019

    L’heure est bien aux choix !

    Celui des gilets jaunes actifs qui peuvent aus­si se trou­ver dans une forme de manque de conscience glo­bale quant à l’ur­gence qui est la notre.….…..tout en ayant ne serait-ce qu’un exemple pré­cieux et pré­cis en tête per­met­tant la lutte têtue et jusque bou­tiste sans conces­sion.
    Et
    Celui des gilets jaunes pas­sifs qui peuvent aus­si avoir conscience des pro­blèmes et de cette com­plexi­té à les résoudre dans leur globalité.….…amenant trop sou­vent à la para­ly­sie de toute action de résis­tance et de grands chan­ge­ments.
    Contre
    Une idéo­lo­gie dog­ma­tique du capi­ta­lisme-mon­dia­lis­te/­mon­dia­li­sé, implan­tant par­tout sur son pas­sage une hié­rar­chi­sa­tion extrême jume­lée à une entière cor­rup­ti­bi­li­té, puis une finan­cia­ri­sa­tion de tout jus­qu’au tout vivant, et enfin don­nant un sens à la vie et à notre pas­sage sur Terre « très étrange » jus­qu’à il y a peu, à « tout à fait sus­pect » aujourd’hui.….…résumant la nature de l’être humain à naître/n’être que « vache à lait » ou « chaire à canon », sous un ver­ni trom­peur et enva­his­sant d’hé­do­nisme démo­cra­ti­sant.

    Bref l’heure est aux choix car oui, c’en est encore un.…..ce n’est pas lorsque plus de 50 % de la popu­la­tion devra sor­tir pour sur­vivre que l’on pour­ra en dire autant !

    Tout est à chan­ger et c’est quelque chose qu’il vau­dra tou­jours mieux « déci­der » plu­tôt que d’y être for­cé, qui plus est sachant que ‘for­cés’ nous le serons, à moins de se ‘déci­der’ nous-m’aime d’i­ci peu de temps.

    Que les beaux jours ense­mencent l’air/l’ère d’en­vie de liber­té et de grands chan­ge­ments.

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  • 9 avril 2019

    Je par­tage tota­le­ment et, depuis long­temps, votre ana­lyse.
    Les décrois­sants ont tou­jours été pris pour des hur­lu­ber­lus alors qu’ils sont les seuls à avoir été conscient de tous les aspects néga­tifs de la « crois­sance verte ».
    Comme par hasard, ce sont les mêmes qui m’ap­pa­raissent comme les plus « démo­crates » dans leur gou­ver­nance.

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  • 9 avril 2019

    Ayant tra­vaillé dans le sec­teur minier, j’a­bonde tout à fait dans le sens de M. Casaux.

    Petite illus­tra­tion : pour pro­duire la bat­te­rie d’une auto­mo­bile, type Tes­la (540kg envi­ron), il faut dyna­mi­ter 77 000 tonnes de roches. Ces 77 milles tonnes (je ne me suis pas trom­pé dans les zéros), seront trans­por­tées par des camions de mines qui consom­me­ront alors en mazout, ce qu’une ber­line die­sel consom­me­rait en 900 000km. Elles seront ensuite trai­tées par une usine qui elle aus­si fonc­tionne au mazout, les miné­raux trans­por­tés par bateaux vers les usines de fabri­ca­tion des bat­te­ries, etc.

    On peut se poser la même ques­tion au sujet des bar­rages hydro­élec­triques. C’est de l’éner­gie « propre ». Moui… com­bien de dyna­mi­tages, com­bien de camions et de pel­le­teuses pour déblayer, puis pour béton­ner ? Je serais curieux de savoir à com­bien ça se chiffre en pétrole consom­mé (outre la des­truc­tion des éco­sys­tèmes).

    L’ur­gence n’est pas d’u­ti­li­ser des éner­gies dites renou­ve­lables, mais avant tout de consom­mer moins :
    avons nous vrai­ment besoin de rechar­ger nos Smart­phones tous les jours, avec des charges sans fil de sur­croit ?

    Avons-nous besoin de lais­ser la TV allu­mée si nous ne la regar­dons pas ?

    La vidéo 4K, Est-ce une obli­ga­tion, sachant qu’il faut pas­ser plus de don­nées et donc d’éner­gie dans le tuyau, plus de sto­ckage, plus de puis­sance, etc ?

    Un fri­go dit « amé­ri­cain », Est-ce vrai­ment néces­saire ?

    Je sais, je pose beau­coup de ques­tions. Je ne juge pas, je ne fais qu’in­ter­ro­ger, je suis moi-même un pécheur.

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  • 11 avril 2019

    Bon­jour,

    Depuis quelques temps déjà, je par­cours vous articles ain­si que ceux de nom­breux autres sites en quête d’in­for­ma­tions sur les symp­tômes et leurs causes pro­bables de la dégra­da­tion géné­rale de nos socié­tés, de nos envi­ron­ne­ments et de nos condi­tions de vie.

    J’ai éga­le­ment dans cette logique était ame­né à lire un cer­tain nombre de tra­vaux, de pen­seurs qui m’ont sem­blés per­ti­nents.

    Je suis en géné­ral assez d’ac­cord sur un ensemble de constats que vous faites mais reste sur­pris sur cer­tains points d’a­na­lyse.

    En l’oc­cu­rence, la cri­tique du capi­ta­lisme — qui reste indé­nia­ble­ment un sys­tème inéga­li­taire, vorace et des­truc­teur vis à vos des res­source et des condi­tions humaines — m’ap­pa­raît comme man­quer de cer­tains élé­ments.

    En effet, c’est assez rare que je trouve des réfé­rences à Ellul, Illitch, Beau­drillard, Weil et d’autres encore qui ont pour­tant fouiller dans les pro­fon­deurs de nos socié­tés et aler­té en leurs temps sur les méca­nismes sous jacents en jeux et leurs consé­quences. Leurs approches — dif­fé­rentes mais com­plé­men­taires — laissent à pen­ser que le sys­tème capi­ta­liste ne serait pas une cause mais un symp­tôme d’un ou plu­sieurs phé­no­mènes de glis­se­ments pro­gres­sifs qui prennent leurs racines plus loin dans le temps. Com­prendre ces phé­no­mènes serait pour moi impor­tant pour mieux sai­sir les enjeux (notament les chan­ge­ments de per­cep­tions et de rap­port au monde) et mieux évi­ter les écueils.

    Si je devais rete­nir trois tra­vaux, « l’en­ra­ci­ne­ment » de Simone Weil, « la convi­via­li­té » d’I­van Illitch et « la tech­nique » de Jacques Ellul me semblent par­ti­cu­liè­re­ment per­ti­nents pour abor­der toutes ces pro­blé­ma­tiques régu­liè­re­ment étu­diées sur votre site.

    Je n’en reste pas moins à l’af­fût de vos pro­chains articles qui soignent un peu ce mal de connais­sances récurent dans notre monde.

    Cor­dia­le­ment,
    Fran­çois, inté­ri­maire BTP

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    • 11 avril 2019

      Et pour­tant en effec­tuant une recherche par mot-clé sur notre site, en tapant Illitch, Ellul, etc., vous trou­ve­rez de nom­breux articles dans les­quels ils sont cités.

      Reply
      • 12 avril 2019

        Bon­jour,

        Je n’a­vais pas vu ! Mer­ci, je vais regar­der de ce pas !

        Cor­dia­le­ment,

        Reply
  • […] selon le bilan envi­ron­ne­men­tal le plus com­plet de l’exploitation minière et agricole[1] »). Que ce soit pour l’obtention des matières pre­mières ou des maté­riaux néces­saires à […]

    Reply
  • […] selon le bilan envi­ron­ne­men­tal le plus com­plet de l’exploitation minière et agricole[1] »). Que ce soit pour l’obtention des matières pre­mières ou des maté­riaux néces­saires à […]

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  • 24 juin 2019

    90% des gens ne demandent qu’à vivre sim­ple­ment, mais les 10% qui res­tent, sont dans un esprit de com­pé­ti­tion, de richesse et donc de pou­voir, et ceux-là nous endoc­trinent avec le crois­sance durable grâce aux éner­gies renou­ve­lables.
    https://lejustenecessaire.wordpress.com/2018/08/06/premier-article-de-blog/
    Le dérè­gle­ment cli­ma­tique est moins dan­ge­reux que la recherche des res­sources pour conti­nuer cette com­pé­ti­tion éco­no­mique, car les ten­sions des pays pour ces res­sources peut finir en conflit mon­dial.

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  • 6 septembre 2019

    Salut
    Repor­terre ont ils répon­du aux fou­taises de PTD ?
    Ami­tiés révo­lu­tion­naires
    Mat­thieu

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    • 15 septembre 2019

      Ils ont sup­pri­mé sa chro­nique.

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