La décroissance, utopie absurde mais rassurante pour civilisés éco-anxieux (par Nicolas Casaux)

Certes, la décrois­sance n’est pas un mono­lithe. Dans l’ensemble, on pour­rait dis­tin­guer deux décrois­sances dif­fé­rentes. Une pre­mière plu­tôt anar­chiste, anti­ca­pi­ta­liste, tech­no­cri­tique, anti-indus­trielle (incar­née, par exemple, par cer­tains contri­bu­teurs du jour­nal La Décrois­sance, cer­tains indi­vi­dus proches des édi­tions l’Échappée, outre-Atlan­tique par des per­sonnes comme Yves-Marie Abra­ham, et bien d’autres). Une seconde éta­tiste, alter-indus­tria­liste, alter-capi­ta­liste, igno­rant tout ce en quoi la tech­no­lo­gie, l’État et le capi­ta­lisme posent fon­da­men­ta­le­ment pro­blème, incar­née par Jason Hickel, Kate Raworth (en pho­to ci-des­sus), Timo­thée Par­rique, Del­phine Batho, etc.

C’est à cette seconde décrois­sance que je fais ici réfé­rence. Selon ses thu­ri­fé­raires, le prin­ci­pal pro­blème de notre temps réside dans l’insoutenabilité du sys­tème éco­no­mique actuel, qu’il convient de limi­ter, de défal­quer à plu­sieurs niveaux, de réfor­mer et de tenir sous contrôle de diverses manières, notam­ment au tra­vers de méca­nismes de pla­ni­fi­ca­tion éta­tique, en vue de le rendre sou­te­nable et (un peu plus) juste. Une cri­tique aus­si totale du monde exis­tant ne peut, bien enten­du, qu’effrayer les auto­ri­tés, les ins­ti­tu­tions et les médias domi­nants. C’est sans doute pour cela que Jason Hickel, qui tra­vaille pour la célèbre Lon­don School of Eco­no­mics et est aus­si membre de la Har­vard-Lan­cet Com­mis­sion on Repa­ra­tions and Redis­tri­bu­tive Jus­tice (Com­mis­sion Har­vard-Lan­cet sur les répa­ra­tions et la jus­tice redis­tri­bu­tive), tra­vaille éga­le­ment pour l’ONU, et plus pré­ci­sé­ment pour le Bureau du rap­port sur le déve­lop­pe­ment humain du Pro­gramme des Nations unies pour le déve­lop­pe­ment (PNUD), figure au conseil consul­ta­tif du Green New Deal for Europe (Pacte vert pour l’Europe), et écrit pour d’immenses médias de masse comme The Guar­dian, Forei­gn Poli­cy et Al Jazee­ra. Ou que Kate Raworth, qui a tra­vaillé en tant qu’é­co­no­miste au Pro­gramme des Nations unies pour le déve­lop­pe­ment (PNUD) de 1997 à 2001, puis pour Oxfam (ONG finan­cée en bonne par­tie par des fonds pri­vés, éta­tiques et supra-éta­tiques, comme la Bill & Melin­da Gates Foun­da­tion, la Rocke­fel­ler Foun­da­tion, la David and Lucile Packard Foun­da­tion, la Hew­lett Foun­da­tion (Hew­lett-Packard = HP), et d’autres) de 2001 à 2013, a vu son livre La Théo­rie du donut : l’é­co­no­mie de demain en 7 prin­cipes sélec­tion­né pour le prix du livre de l’an­née 2017 du Finan­cial Times et de McKin­sey Busi­ness[1].

Ce que ces pro­mo­teurs d’une civi­li­sa­tion indus­trielle basse consom­ma­tion per­ma-bio-cir­cu­laire ont en com­mun, ou plu­tôt, n’ont pas en com­mun, c’est une com­pré­hen­sion hon­nête et solide de la situa­tion pré­sente, des ori­gines et de la nature (anti­dé­mo­cra­tiques) de l’État, de ce qui consti­tue le capi­ta­lisme et des impli­ca­tions sociales et éco­lo­giques de la tech­no­lo­gie et de l’industrie (du rap­port entre com­plexi­té tech­nique et com­plexi­té sociale, entre tech­no­lo­gie et auto­ri­ta­risme) — entre autres lacunes. Ce qu’ils ont en com­mun, c’est de nous faire miroi­ter l’idée selon laquelle, dans l’ensemble, pour l’essentiel, en vue de résoudre les pro­blèmes de notre temps, notre monde n’a pas à être fon­da­men­ta­le­ment cham­bou­lé. Fort heu­reu­se­ment, l’industrie du bâti­ment, l’eau cou­rante dans les cana­li­sa­tions, les routes, l’électricité, inter­net, les réfri­gé­ra­teurs, les fours et les télé­phones, on peut gar­der. Il ne s’agit pas d’en finir avec l’économie, mais de réfor­mer l’économie afin de par­ve­nir à une « éco­no­mie alter­na­tive » (Timo­thée Par­rique). Non pas en finir avec le tra­vail, mais « moins tra­vailler pour réduire le chô­mage », non pas en finir avec le monde de la finance, mais « ralen­tir et rétré­cir le monde de la finance », non pas se débar­ras­ser de l’État, mais en retour­ner à « l’État pro­vi­dence », non pas en finir avec l’économie, mais ins­tau­rer une « éco­no­mie par­tiel­le­ment démar­chan­di­sée et décen­tra­li­sée », non pas abo­lir les élé­ments consti­tu­tifs du capi­ta­lisme que sont la « pro­prié­té pri­vée, le tra­vail sala­rié, et la mon­naie à usage géné­ral », mais opé­rer une tran­si­tion qui « chan­ge­rait pro­fon­dé­ment cha­cune de ces ins­ti­tu­tions[2] » (Par­rique toujours).

En pro­mou­vant une « éco­no­mie alter­na­tive » plu­tôt qu’une alter­na­tive à l’économie, en pro­po­sant de repen­ser les caté­go­ries fon­da­men­tales du capi­ta­lisme plu­tôt que de les reje­ter, Timo­thée Par­rique, qui se réclame pour­tant sou­vent de l’anticapitalisme, n’a rien d’un anti­ca­pi­ta­liste : pro­po­ser de rema­nier les élé­ments consti­tu­tifs du capi­ta­lisme, c’est pro­mou­voir un autre capi­ta­lisme, un alter­ca­pi­ta­lisme. Et Timo­thée Par­rique d’affirmer, au bout du compte, que : « La décrois­sance est un mou­ve­ment flo­ris­sant et une idée qui bouge. Sa force, c’est qu’elle ras­semble un éco­sys­tème d’idées, par exemple la phi­lo­so­phie Amé­rin­dienne du buen vivir, l’Économie du Bien Com­mun, l’éco-socialisme, les com­mons, l’économie per­ma-cir­cu­laire, l’Économie Sociale et Soli­daire, l’économie sta­tion­naire, le mou­ve­ment des Villes en Tran­si­tion, et bien d’autres[3]. »

Un sacré mélange de tout et de n’importe quoi, assez repré­sen­ta­tif de la mys­ti­fi­ca­tion absurde que consti­tue cette décrois­sance. On com­prend cepen­dant pour­quoi elle plait, pour­quoi les médias peuvent lui accor­der une place (toute rela­tive), pour­quoi le milieu uni­ver­si­taire pro­duit et peut finan­cer toutes sortes de cher­cheurs décrois­sants, pour­quoi des décrois­sants sont célé­brés par le Finan­cial Times et tra­vaillent pour l’ONU, pour­quoi on peut lire des plai­doyers en faveur de la (en tout cas de cette) décrois­sance sur le site de Bloom­berg[4] ou de The Eco­no­mic Times[5], etc. L’opposition d’opérette, inof­fen­sive qu’elle consti­tue (non-vio­lente, qui ne vise aucu­ne­ment à ren­ver­ser l’État ou le gou­ver­ne­ment, qui, fon­da­men­ta­le­ment, ne remet rien en ques­tion), peut être encou­ra­gée à peu de frais et même à pro­fit par les ins­ti­tu­tions et les classes domi­nantes et même les orga­ni­sa­tions gou­ver­ne­men­tales, qui y trouvent un enne­mi de paille.

Dans leur excellent ouvrage Catas­tro­phisme, admi­nis­tra­tion du désastre et sou­mis­sion durable, Jaime Sem­prun et René Rie­sel fai­saient d’ailleurs remar­quer, à pro­pos de la décrois­sance, que sa

« fadeur dou­ce­reu­se­ment édi­fiante [est] sur­tout le résul­tat d’une sorte de poli­tique : celle par laquelle la gauche de l’expertise cherche à mobi­li­ser des troupes en ras­sem­blant tous ceux qui veulent croire qu’on pour­rait “sor­tir du déve­lop­pe­ment” (c’est-à-dire du capi­ta­lisme) tout en y restant. […] 

L’idéologie de la décrois­sance est née dans le milieu des experts, par­mi ceux qui, au nom du réa­lisme, vou­laient inclure dans une comp­ta­bi­li­té “bioé­co­no­mique” ces “coûts réels pour la socié­té” qu’entraîne la des­truc­tion de la nature. Elle conserve de cette ori­gine la marque inef­fa­çable : en dépit de tous les ver­biages conve­nus sur le “réen­chan­te­ment du monde”, l’ambition reste, à la façon de n’importe quel tech­no­crate à la Les­ter Brown, “d’internaliser les coûts pour par­ve­nir à une meilleure ges­tion de la bio­sphère”. Le ration­ne­ment volon­taire est prô­né à la base, pour l’exemplarité, mais on en appelle au som­met à des mesures éta­tiques : redé­ploie­ment de la fis­ca­li­té (“taxes envi­ron­ne­men­tales”), des sub­ven­tions, des normes. »

La décrois­sance de Timo­thée Par­rique l’illustre brillam­ment : « Mieux vau­drait moins prendre l’avion », explique-t-il, « en atten­dant que des tech­no­lo­gies capables de faire voler des avions propres existent réel­le­ment[6] ». Dans une autre entrevue :

« J’aime bien la défi­ni­tion de la décrois­sance que donne l’anthropologue Jason Hickel : “une réduc­tion pla­ni­fiée de l’utilisation exces­sive d’énergie et de res­sources dans les pays riches, afin de réta­blir l’équilibre entre l’économie et le monde vivant, tout en rédui­sant les inéga­li­tés et en amé­lio­rant l’accès des popu­la­tions aux res­sources dont elles ont besoin pour vivre long­temps, en bonne san­té et s’épanouir”.

Le but de la décrois­sance est de construire une éco­no­mie plus rési­liente et qui per­mette de satis­faire les besoins de manière effi­cace, juste et sou­te­nable. Ce modèle éco­no­mique alter­na­tif demande de repen­ser le tra­vail, la pro­prié­té, la mon­naie, la finance, le com­merce, afin que tout cela puisse fonc­tion­ner sans dépas­ser les limites éco­lo­giques tout en pré­ser­vant les mini­mas sociaux. C’est la théo­rie du donut de Kate Raworth[7]. »

Kate Raworth (éco­no­miste et figure majeure d’Extinction Rebel­lion) qui n’est pas pour rien célé­brée par le Finan­cial Times, qui verse effec­ti­ve­ment, entre autres choses, dans la tech­no­lâ­trie la plus gro­tesque (Serge Latouche n’aurait sans doute pas osé !) : « Qui­conque a une connexion Inter­net peut se diver­tir, s’informer, apprendre et ensei­gner dans le monde entier. Le toit de chaque foyer, école ou entre­prise peut géné­rer une éner­gie renou­ve­lable et, avec l’aide d’une mon­naie blo­ck­chain, vendre le sur­plus dans un micro­ré­seau. Avec l’accès à une impri­mante 3D, cha­cun peut télé­char­ger des modèles et créer les siens propres, et impri­mer à volon­té l’outil ou le gad­get dont il a besoin. Ces tech­no­lo­gies laté­rales sont la base du desi­gn dis­tri­bu­tif, et elles brouillent la fron­tière entre pro­duc­teurs et consom­ma­teurs, en per­met­tant à cha­cun de deve­nir un “pro­som­ma­teur”, à la fois fabri­cant et uti­li­sa­teur dans l’économie pair-à-pair. » Qui s’extasie réel­le­ment sur « les biens com­muns numé­riques, qui sont rapi­de­ment en train de deve­nir l’une des zones les plus dyna­miques de l’économie mon­diale. Selon l’analyste Jere­my Rif­kin, cette trans­for­ma­tion est ren­due pos­sible par la conver­gence des réseaux de com­mu­ni­ca­tion numé­rique, d’énergie renou­ve­lable et d’impression 3D, créant ce qu’il appelle “les com­mu­naux col­la­bo­ra­tifs”. Ce qui rend si puis­sante la conver­gence de ces tech­no­lo­gies, c’est leur poten­tiel de pro­prié­té par­ta­gée, la col­la­bo­ra­tion en réseau et leurs coûts de fonc­tion­ne­ment mini­maux. Une fois ins­tal­lés les pan­neaux solaires, les réseaux infor­ma­tiques et les impri­mantes 3D, pro­duire un joule d’énergie, un télé­char­ge­ment ou un com­po­sant impri­mé sup­plé­men­taire ne coûte pra­ti­que­ment rien, c’est pour­quoi Rif­kin parle de “révo­lu­tion du coût mar­gi­nal zéro”. » Qui sou­tient que : « Le lea­der­ship de l’État est désor­mais néces­saire dans le monde entier pour cata­ly­ser les inves­tis­se­ments publics, pri­vés, des com­muns et des ménages vers un ave­nir éner­gé­tique renou­ve­lable ». Qui défend même ardem­ment le mar­ché et l’État : « Les ménages pro­duisent des biens “pri­maires” pour leurs propres membres ; le mar­ché pro­duit des biens pri­vés pour ceux qui peuvent et veulent payer ; les com­muns pro­duisent des biens cocréés pour les com­mu­nau­tés concer­nées ; et l’État pro­duit des biens publics pour l’ensemble de la popu­la­tion. Je ne vou­drais pas vivre dans une socié­té dont l’économie serait dépour­vue de l’un de ces quatre domaines, car cha­cun a ses propres qua­li­tés et leur valeur naît en grande par­tie de leurs inter­ac­tions. Autre­ment dit, c’est lorsqu’ils agissent ensemble qu’ils fonc­tionnent le mieux. » Qui affirme des choses comme : « Une acti­vi­té de niche pour quelques-uns et un reve­nu garan­ti pour tous, voi­là un bon point de départ pour affron­ter l’essor des robots, mais les sans-emploi et les petits sala­riés feraient constam­ment pres­sion pour main­te­nir un haut degré de redis­tri­bu­tion d’année en année. Il est bien plus sûr que cha­cun soit pro­prié­taire de la tech­no­lo­gie robo­tique pro­pre­ment dite. À quoi cela pour­rait-il res­sem­bler ? Cer­tains pré­co­nisent un “divi­dende robot”, idée ins­pi­rée par l’Alaska Per­ma­nent Fund, qui accorde à tout citoyen alas­kien, grâce à un amen­de­ment consti­tu­tion­nel, une part annuelle du reve­nu de l’État venant de l’industrie du pétrole et du gaz, divi­dende qui dépas­sait 2 000 dol­lars par habi­tant en 2015. » Qui ava­lise tout natu­rel­le­ment une simple logique d’adaptation au désastre : « Étant don­né les effets très per­tur­ba­teurs sur l’emploi, et donc sur le reve­nu, qu’entraînera l’essor des robots, nous avons besoin de pro­po­si­tions inno­vantes de ce genre pour garan­tir que la richesse géné­rée par leur pro­duc­ti­vi­té sera lar­ge­ment dis­tri­buée. » Qui érige le gou­ver­ne­ment chi­nois au rang de modèle à suivre : « Le gou­ver­ne­ment chi­nois par­tage clai­re­ment cette vision du rôle de l’État comme par­te­naire pre­nant des risques : au cours de la décen­nie écou­lée, il a inves­ti des mil­liards de dol­lars dans un por­te­feuille de socié­tés inno­vantes et uti­li­sant les éner­gies renou­ve­lables, non seule­ment pour aider la recherche et le déve­lop­pe­ment, mais aus­si la démons­tra­tion et le déploie­ment. En paral­lèle, avec les ser­vices d’utilité publique déte­nus par l’État, la Banque chi­noise de déve­lop­pe­ment finance le plus grand déploie­ment mon­dial de parcs éoliens et pho­to­vol­taïque. » Mais qui recon­nait tout de même, soyons ras­su­rés, qu’« il fau­drait rééqui­li­brer les rôles du mar­ché, des com­muns et de l’État[8] ».

La décrois­sance à base de pla­ni­fi­ca­tion éta­tique, de blo­ck­chain, d’imprimantes 3D et de tech­no­lo­gies numé­riques diverses et variées, de déve­lop­pe­ment de la pro­duc­tion d’énergie dite verte/propre/renouvelable (ces décrois­sants, col­por­tant les men­songes les plus com­muns, semblent même igno­rer les réa­li­tés des indus­tries de pro­duc­tion d’énergie pré­ten­du­ment verte/propre/renouvelable : toutes ces indus­tries, de pro­duc­tion d’éoliennes, de pan­neaux solaires pho­to­vol­taïques, etc., impliquent de nom­breuses dégra­da­tions et pol­lu­tions envi­ron­ne­men­tales et la consom­ma­tion de res­sources non-renou­ve­lables). Radi­cal. Plau­sible. Logique.

Somme toute, on peut donc ran­ger cette décrois­sance dans la caté­go­rie des uto­pies pro­met­tant aux citoyens éco-anxieux qu’il est pos­sible de rendre l’essentiel de la civi­li­sa­tion tech­no-indus­trielle com­pa­tible avec le durable et l’équitable. Une cri­tique super­fi­cielle des maux de notre temps qui abou­tit à des pro­po­si­tions de chan­ge­ments super­fi­ciels à des fins pré­sen­tées (par courte vue) comme idéales mais, selon toute pro­ba­bi­li­té, lar­ge­ment irréa­listes. La démo­cra­tie, la liber­té et la pré­ser­va­tion de la nature semblent fon­da­men­ta­le­ment incom­pa­tibles avec l’existence de l’État, du capi­ta­lisme, de la tech­no­lo­gie, de l’industrie — avec la civi­li­sa­tion. (Mais, bien enten­du, on n’a aucun poste à bri­guer, aucune sub­ven­tion à obte­nir, aucun sta­tut à espé­rer lorsqu’on défend une cri­tique radi­cale (cohé­rente, hon­nête) du monde présent).

Nico­las Casaux


  1. https://ig.ft.com/sites/business-book-award/books/2017/longlist/doughnut-economics-by-kate-raworth/
  2. https://bonpote.com/imaginer-leconomie-de-demain-la-decroissance-par-timothee-parrique/
  3. Ibi­dem.
  4. https://www.bloomberg.com/news/articles/2020–08-18/why-degrowth-may-be-necessary-to-prevent-climate-catastrophe
  5. https://economictimes.indiatimes.com/news/et-evoke/degrowth-means-we-live-a-simpler-life-so-that-others-can-simply-live-giorgos-kallis/articleshow/79880873.cms
  6. https://www.monquotidienautrement.com/temoignages/decroissance/
  7. https://vert.eco/articles/nous-navons-pas-besoin-dattendre-les-partis-politiques-pour-faire-de-la-decroissance
  8. Toutes les cita­tions de Kate Raworth sont tirées de son livre La Théo­rie du donut.

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  1. Bon­jour Nicolas,

    J’ai rele­vé une coquille :

    « et (un peu plus) juste. »
    =>
    « et (un peu moins) injuste. »

    On ne peut pas dire que ce soit la jus­tice [sociale] qui est recher­chée mais bien à rendre l’in­to­lé­rable sup­por­table (ou l’in­sup­por­table tolé­rable, selon le lieu) c’est à dire aux limites des exi­gences variables de tous pour la conser­va­tion du sta­tu quo.
    Je sais qu’u­ti­li­ser des mots posi­tifs comme « plus » et « juste » c’est ven­deur, mais fina­le­ment nous, on s’en fout un peu, non ? 🙂

    Pour le reste, de mes vagues sou­ve­nir d’é­co­no­mie poli­tique, rien qu’as­so­cier décrois­sance et [qqchose]capitalisme, selon les anciens, bien plus sérieux, comme Ricar­do et ses craintes d’é­tat sta­tion­naire, ça ne rime­rai à rien.
    En 200 ans et des tas d’es­sais in vivo un peu par­tout et un ultime essai glo­bal, autant de pro­messes tenues en échec, va fal­loir enfin réa­li­ser que c’est une impasse au lieu que des experts aujourd’­hui épau­lés par les meilleures IA, et wiki­pe­dia, sortent de tels cha­ra­bias pour sau­ver les apparences.

    C’é­tait mon petit coup de blues de la soirée…

  2. A quand la récu­pé­ra­tion de la « décrois­sance », la vraie, éco­lo­gique et sociale,
    par un nou­veau concept de décrois­sance éla­bo­ré par le système ?
    C’est ce qui nous attend, que la décrois­sance soit bien­tôt pro­mue par le
    sys­tème média­ti­co-polique après l’a­voir pro­fon­dé­ment rejetée.
    C’est pour bien­tôt. C’est ins­crit dans le calen­drier du WEF. Mais ça ne sera pas une
    décrois­sance douce. Elle sera réser­vé aux peuples, pas aux élites.

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