Le transgenrisme ou comment le sexisme pousse des jeunes à mutiler leurs corps sains (par Audrey A. et Nicolas Casaux)

Pré­ci­sion limi­naire : dans le texte sui­vant, nous nous réfé­rons aux indi­vi­dus en fonc­tion de la réa­li­té maté­rielle et des règles gram­ma­ti­cales usuelles. Nous appe­lons donc un chat un chat (même lorsque le chat se pro­mène en laisse et rap­porte le bâton), de même que nous appe­lons un homme un homme et une femme une femme. Cer­tains, en bons sui­veurs des modes absurdes issues du monde anglo-amé­ri­cain, appellent « mégen­rage » (mot qui désigne appa­rem­ment le fait de ne pas uti­li­ser le « bon genre » pour se réfé­rer à un indi­vi­du, cal­qué sur l’anglais mis­gen­de­ring), ce sou­ci de la véri­té et du sens, ce refus de se plier à des exi­gences inco­hé­rentes et auto­ri­taires, cette pra­tique qui consiste sim­ple­ment à dire la véri­té concer­nant le sexe d’une personne.

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Depuis quelques années, sur les pla­te­formes de levées de fonds en ligne, on observe une recru­des­cence du nombre d’individus cher­chant — pré­ca­ri­té oblige — à faire finan­cer leur « tran­si­tion » de genre ou de sexe : les deux sont sys­té­ma­ti­que­ment confon­dus. En effet, ce qui appa­raît clai­re­ment, au tra­vers de toutes ces levées de fonds en vue de finan­cer des « tran­si­tions », c’est com­bien l’idéologie trans­gen­riste se fonde sur des confu­sions, des inco­hé­rences et des absur­di­tés, et com­bien elle s’avère miso­gyne et sexiste. Pour le réa­li­ser, il suf­fit de lire ce qu’écrivent les jeunes femmes ayant créé des cagnottes en ligne afin de finan­cer leurs mam­mec­to­mies (abla­tion chi­rur­gi­cale des deux seins ; on parle aus­si de « double mas­tec­to­mie » ou de « tor­so­plas­tie », mot qui désigne plus direc­te­ment « la construc­tion d’un torse d’al­lure mas­cu­line »), en vue de « tran­si­tion­ner » (on parle, dans leur cas, de « tran­si­tion FtM », ou « FtoM », de l’anglais « Female to Male », « femelle vers mâle »).

L’une d’elles écrit : « Depuis tou­jours, je ne me suis pas sen­tie à l’aise dans le genre qu’on m’a attri­bué à la nais­sance, celui de femme. Ça n’a jamais col­lé avec qui j’é­tais, avec qui je suis. Dès l’âge de 3 ans j’ai refu­sé de por­ter des robes, de jouer avec des jouets dit “fémi­nins”. » (https://www.gofundme.com/f/un-torse-plat-pour-daisy)

Les témoi­gnages se res­semblent tous : « mon corps ne cor­res­pon­dait pas à ma per­son­na­li­té » (https://www.lepotcommun.fr/pot/i1bd86fa); « ce corps qui n’est pas le bon » (https://www.lepotcommun.fr/pot/u1umpj3v) ; « je ne me sens pas en accord avec mon corps actuel » (https://www.lepotcommun.fr/pot/ecglveft) ; « Je m’appelle Erwan, je suis un homme trans de 24 ans et suis actuel­le­ment enfer­mé dans un corps qui ne cor­res­pond pas à mon iden­ti­té » (https://www.gofundme.com/f/htunvc-mammectomie-derwan) ; « après plu­sieurs années de réflexion j’ai enfin décou­vert que mon genre auquel je m’i­den­ti­fiais (genre mas­cu­lin) n’é­tais pas mon genre de nais­sance (genre fémi­nin) » (https://www.lepotcommun.fr/pot/cwy4ipxu); « il a été assi­gné femme à la nais­sance, alors que ce n’est pas son genre » (https://www.leetchi.com/c/mammectomie-illian); « en effet, le 6 octobre der­nier Isaac Cas­tel­la a enta­mé une démarche visant à chan­ger de genre. Né dans un corps fémi­nin, il ne s’est jamais sen­ti à l’aise avec son corps et le genre qui lui était attri­bué » (https://www.leetchi.com/c/mammectomie-mastectomie-pour-isaac-l937ode5); « suite à une dis­cus­sion avec un ami, j’ai réa­li­sé que mon problème vient de mon genre, j’ai été dési­gné fille à la nais­sance mais je me sens homme » (https://www.leetchi.com/c/sos-transgenre-un-peu-daide-pour-changer-une-vie); « Je prends aus­si des hor­mones mas­cu­li­ni­santes (tes­to­sté­rone) pour que mon corps cor­res­ponde à mon genre. […] Mes seins m’ont tou­jours cau­sé beau­coup de souf­france. Ils me pro­voquent ce que l’on appelle de la dys­pho­rie de genre : un sen­ti­ment de détresse et de mal-être lié au fait que ma poi­trine me ramène sys­té­ma­ti­que­ment à mon genre assi­gné à la nais­sance. » (https://www.gofundme.com/f/aidemoi-financer-ma-mammectomie); « sen­ti­ment intense de mal être car mon genre ne cor­res­pond pas au corps que j’ai reçu à la nais­sance » (https://www.gofundme.com/f/une-mammectomie-pour-sirius) ; « pour enfin expri­mer mon iden­ti­té de genre mas­cu­line » (https://www.leetchi.com/c/en-route-pour-de-jolis-pecs) ; « je ne suis pas en accord avec le genre que l’on m’a assi­gné a la nais­sance » (https://www.gofundme.com/f/aide-financement-binder-et-mamec); « Je ne me suis jamais sen­ti bien dans mon corps, dans ce corps de femme que l’on m’a assi­gné » (https://www.leetchi.com/c/mammectomiebonheur) ; « Ça va faire 2 ans que je me sens homme » (https://www.gofundme.com/f/ma-future-mammectomie) ; etc.

Sexe, genre et dissociation corps-esprit

Plu­sieurs pro­blèmes, plu­sieurs inco­hé­rences sautent aux yeux. D’abord, la repro­duc­tion sexuée dote chaque être humain d’un corps sexué, pas d’un genre. À la nais­sance, nous nais­sons sim­ple­ment sexués. Et per­sonne ne nous « assigne » ce sexe[1], fruit d’une ren­contre entre un sper­ma­to­zoïde et un ovule, résul­tat des lois de la bio­lo­gie, de la nature, de la gamé­to­ge­nèse, du déve­lop­pe­ment embryon­naire pré­im­plan­ta­toire chez l’humain et les mam­mi­fères euthé­riens (pla­cen­taires), éga­le­ment lié, entre autres choses, à l’empreinte géno­mique paren­tale[2]. La sexua­tion, par ailleurs, est immuable, ins­crite dans presque toutes les cel­lules de notre corps. Aucune opé­ra­tion chi­rur­gi­cale ne per­met donc de « chan­ger de sexe », contrai­re­ment à ce que pré­tendent tout un tas de char­la­tans sans ver­gogne ou d’ignares, contrai­re­ment à ce qu’affichent de nom­breux sites inter­net pro­mou­vant le trans­gen­risme[3], par­mi les­quels divers sites de cli­niques ou d’hôpitaux peu scru­pu­leux[4] (cer­tai­ne­ment parce que finan­ciè­re­ment inté­res­sés). Quelques rares sites de cli­niques, d’hôpitaux ou de pra­ti­ciens légè­re­ment plus hon­nêtes que les autres rap­pellent cepen­dant que « les inter­ven­tions de réas­si­gna­tion sexuelle visent uni­que­ment à chan­ger l’apparence exté­rieure des organes géni­taux[5] » (autre exemple : sur le site de « l’équipe chi­rur­gi­cale Trans­Pa­ris » de l’Hôpital pari­sien de Tenon, il est écrit que « l’intervention chi­rur­gi­cale per­met d’obtenir des organes géni­taux d’apparence exté­rieure natu­relle et très voi­sine de l’anatomie fémi­nine[6] »). Bref, la chi­rur­gie ne change pas le sexe d’un indi­vi­du, seule­ment l’apparence de ses organes géni­taux. Il est donc abu­sif — men­son­ger — de par­ler de « chan­ge­ment de sexe » ou de « réas­si­gna­tion sexuelle ».

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Phalloplastie

Atten­tion : conte­nu poten­tiel­le­ment choquant



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Aus­si, les termes « homme » et « femme » ne dési­gnent pas des « sen­ti­ments », quoi qu’en pensent celles et ceux qui déclarent se « sen­tir » homme ou femme, mais les deux sexes de l’espèce humaine, et ce depuis que ces mots existent (la pre­mière édi­tion du dic­tion­naire de l’Académie fran­çaise, parue en 1694, pro­po­sait, patriar­cat oblige, deux défi­ni­tions pour le mot « homme » : 1. « Ani­mal rai­son­nable. En ce sens il com­prend toute l’espèce humaine, & se dit de tous les deux sexes » et 2. « se dit spé­cia­le­ment du sexe mas­cu­lin » ; le mot « femme » y était défi­ni, là encore patriar­cat oblige, comme « La femelle de l’homme »). L’on aurait pu et l’on aurait dû par­ler de « mâles » et de « femelles », mais le supré­ma­cisme humain carac­té­ris­tique des civi­li­sés les a ame­nés à inven­ter des termes dif­fé­rents pour dési­gner les mâles et les femelles de l’espèce humaine, afin de les dis­tin­guer des autres mâles et femelles du monde ani­mal ; il s’agissait de sug­gé­rer qu’hommes et femmes ne sont pas de vul­gaires animaux.

(Et, non, ce n’est pas parce qu’il existe des per­sonnes dites « inter­sexuées » que l’espèce humaine com­prend davan­tage que deux sexes. L’intersexuation « est le résul­tat d’une ano­ma­lie de la dif­fé­ren­cia­tion sexuelle au cours de l’embryogenèse, repé­rable par une mal­for­ma­tion des organes géni­taux internes et externes[7] » (on parle par­fois de « désordres » ou de « troubles » du déve­lop­pe­ment sexuel). Ce qui explique pour­quoi elle va sou­vent de pair avec des pro­blèmes de san­té. Autre­ment dit, l’intersexuation désigne une ano­ma­lie — au sens des­crip­tif du terme — du déve­lop­pe­ment sexuel d’un homme ou d’une femme. Il n’existe pas de troi­sième type de sexua­tion jouant un rôle dans la repro­duc­tion humaine.)

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En outre, pour en reve­nir aux témoi­gnages des jeunes femmes ayant créé des cagnottes en ligne, on remarque qu’elles semblent toutes croire, confor­mé­ment à ce que leur ont ensei­gné les idéo­logues trans­genres, et, avant eux, le dua­lisme méta­phy­sique ensei­gné depuis Pla­ton et le chris­tia­nisme, que l’esprit et le corps sont deux choses par­fai­te­ment dis­tinctes, que nous ne sommes pas nos corps. Que notre esprit (notre « âme ») se trou­ve­rait dans notre corps comme un navi­ga­teur dans son bateau, disait Des­cartes, fervent pro­mo­teur de la phi­lo­so­phie dualiste.

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Au sein de la culture domi­nante, la dif­fé­rence n’est pas per­çue sous le prisme de la com­plexi­té, elle entraine une hié­rar­chi­sa­tion, avec des supé­rieurs et des infé­rieurs. Les Blancs au-des­sus des Noirs, les civi­li­sés au-des­sus des popu­la­tions indi­gènes, les hommes au-des­sus des femmes, les hommes au-des­sus des enfants, les hommes au-des­sus des ani­maux (par­fois, la hié­rar­chi­sa­tion pla­çait l’homme seul au-des­sus des femmes, des enfants et des ani­maux, consi­dé­rés comme un même ensemble d’êtres), les ani­maux au-des­sus des végé­taux, les com­mu­nau­tés bio­lo­giques au-des­sus des rochers, etc. La dif­fé­rence per­çue induit une sépa­ra­tion et une hié­rar­chi­sa­tion (ce qui per­met l’exploitation).

Ce qui nous amène au genre. Le genre est une construc­tion sociale hié­rar­chique impli­quant deux ensembles de sté­réo­types (les sté­réo­types qui consti­tuent le mas­cu­lin, la mas­cu­li­ni­té, d’une part, et d’autre part ceux qui consti­tuent la fémi­ni­té, le fémi­nin) assi­gnés aux indi­vi­dus en fonc­tion de leur sexe — on parle aus­si de « rôles socio­sexuels ». Aux femmes sont assi­gnés les sté­réo­types qui forment la fémi­ni­té, aux hommes sont assi­gnés ceux qui forment la mas­cu­li­ni­té. Sachant que ces deux ensembles de sté­réo­types ne sont pas pareille­ment valo­ri­sés : socia­le­ment et cultu­rel­le­ment, la mas­cu­li­ni­té est jugée supé­rieure à la fémi­ni­té (parce que les hommes sont tenus en plus haute estime que les femmes). Le genre peut ain­si se défi­nir comme « un sys­tème de bica­té­go­ri­sa­tion hié­rar­chi­sée entre les sexes (hommes/femmes) et entre les valeurs et repré­sen­ta­tions qui leur sont asso­ciées (masculin/féminin)[8] ». Autre­ment dit, le genre est une hié­rar­chie qui infé­rio­rise les femmes en leur assi­gnant des valeurs, des rôles, des attri­buts spé­ci­fiques (dont cer­tains sont intrin­sè­que­ment dégra­dants) et qui, dans l’en­semble, sont jugés infé­rieurs aux valeurs, aux rôles et aux attri­buts asso­ciés aux hommes.

Dans la qua­si-tota­li­té des cas que l’on ren­contre sur ces pla­te­formes de finan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif, on constate que ces femmes éprouvent un pro­fond malaise vis-à-vis du genre, vis-à-vis des « valeurs et repré­sen­ta­tions » asso­ciées aux sexes (homme et femme), autre­ment dit, vis-à-vis des rôles socio­sexuels éta­blis et impo­sés dans la civi­li­sa­tion indus­trielle (éta­blis et impo­sés par les hommes, puisque la civi­li­sa­tion indus­trielle est une socié­té andro­cra­tique, conçue par et pour les hommes). Leur corps n’est donc pas le pro­blème. Elles sont nées dans la mau­vaise socié­té, pas dans le « mau­vais corps ».

Aus­si, leur corps — leur phy­sique — ne leur appa­raît-il pro­blé­ma­tique que dans la mesure où elles sou­haitent se confor­mer au genre, aux normes et aux rôles socio­sexuels en vigueur dans la socié­té humaine où elles évo­luent. C’est parce qu’elles appré­cient davan­tage les attri­buts socio­sexuels mas­cu­lins, c’est-à-dire les rôles, les vête­ments, les atti­tudes, etc., assi­gnés aux hommes dans la civi­li­sa­tion indus­trielle (ce qu’elles appellent le « genre » homme, mais qui cor­res­pond plus cor­rec­te­ment à la construc­tion sociale du « genre mas­cu­lin »), que les rôles socio­sexuels fémi­nins et la condi­tion des femmes dans la civi­li­sa­tion indus­trielle (la « fémi­ni­té »), qu’elles décident de muti­ler leurs corps afin de le faire res­sem­bler à celui des hommes, de le confor­mer au genre (auquel elles « s’identifient »). On peut donc par­ler d’une auto­mi­so­gy­nie induite par la socié­té dans laquelle elles vivent. Leur dégout très com­pré­hen­sible de la condi­tion des femmes dans la civi­li­sa­tion se tra­duit par une haine de leur propre corps sexué de femelle humaine. L’anorexie, mala­die men­tale socio­gé­nique répan­due chez les ado­les­centes dans les années 90 (et tou­jours aujourd’hui), décou­lait d’un même phé­no­mène d’automisogynie : les ado­les­centes essayaient déses­pé­ré­ment de cor­res­pondre au « genre fémi­nin », c’est-à-dire à l’ensemble de sté­réo­types sexistes assi­gnés aux femmes, qui impli­quait d’avoir un phy­sique par­fait aux yeux du « regard mas­cu­lin », de cor­res­pondre à un idéal fémi­nin véhi­cu­lé par l’industrie de la mode, l’industrie cos­mé­tique, les maga­zines, les films et les séries (le plus sou­vent diri­gés par des hommes). Les ado­les­centes avaient inté­rio­ri­sé ces normes impos­sibles à atteindre, et elles en tom­baient malades : elles s’affamaient et pou­vaient atteindre des mai­greurs extrêmes enga­geant leur pro­nos­tic vital (et étaient donc hos­pi­ta­li­sées). Leur corps de femelle humaine en déve­lop­pe­ment était, à leurs yeux, le pro­blème. La por­no­gra­phie a un effet simi­laire sur les ado­les­centes et les femmes, les encou­ra­geant à recou­rir à la chi­rur­gie esthé­tique, à l’épilation inté­grale, aux implants mam­maires, etc. L’automutilation médi­ca­le­ment assis­tée du mou­ve­ment trans­genre rem­place ou s’ajoute à l’anorexie (au vu des nom­breuses comor­bi­di­tés liées aux troubles men­taux ; voir le mou­ve­ment « pro-ana », c’est-à-dire « pro-ano­rexie[9] ») dans l’expression du mal-être des jeunes femmes en socié­té misogyne.

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Dans la civi­li­sa­tion indus­trielle, l’archétype cultu­rel de la « fémi­ni­té » est en outre asso­cié à la sou­mis­sion, à la dou­ceur, au sacri­fice, à l’abnégation, mais aus­si à l’objectification de soi et à l’hypersexualisation, l’humiliation, la dégra­da­tion, au fait « d’aimer ça », au maso­chisme, etc. Toutes les filles sont intro­duites à cet arché­type, et de plus en plus jeunes, étant don­né que leurs cama­rades mas­cu­lins sont expo­sés à de la por­no­gra­phie vio­lente (pléo­nasme, la por­no­gra­phie est tou­jours vio­lence) dès la 6ème, qui véhi­cule cet arché­type et façonne leurs attentes concer­nant ce que doit être une femme. Les filles tentent d’échapper à cette miso­gy­nie avec les moyens mis à leur dis­po­si­tion : elles peuvent soit embras­ser les attentes mas­cu­lines (le mythe de l’« empo­werment » pros­ti­tu­tion­nel), soit détruire ce qu’elles prennent pour la cause de leur mal-être, à savoir leur corps, mal­heu­reu­se­ment, et non pas la culture phal­lo­cra­tique, gen­rée, sexiste, por­ni­fiante, impo­sée par les hommes à ce stade du capi­ta­lisme indus­triel. Il est beau­coup plus com­pli­qué de remettre en cause tout un ordre social.

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Plu­sieurs des jeunes femmes pré­ci­tées, cher­chant à « tran­si­tion­ner » (de même que beau­coup d’autres adeptes du mou­ve­ment « trans­genre »), ne semblent donc pas réa­li­ser que le « genre » est une fic­tion, une construc­tion sociale auto­ri­taire appo­sée sur un sub­strat bio­lo­gique ; qu’« homme » et « femme » ne sont pas cen­sés dési­gner des ensembles de sté­réo­types (des idées sexistes), mais les deux sexes qui com­posent l’espèce humaine, des don­nées et des réa­li­tés bio­lo­giques. C’est donc pour se confor­mer à la fic­tion oppres­sive — sexiste — du « genre » qu’elles se mutilent : cela appa­raît de manière fla­grante chez la jeune femme qui s’imagine ne pas être une femme pour la rai­son qu’elle n’aime pas les robes et les jouets « féminins ».

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Nous qui nous oppo­sons à l’au­to­mu­ti­la­tion absurde, insen­sée, de ces per­sonnes, envi­sa­gée ou entre­prise sous l’in­fluence d’i­déo­logues irres­pon­sables et cri­mi­nels, nous qui sou­li­gnons qu’il existe de bien meilleures solu­tions pour apai­ser leur mal-être (comme des psy­cho­thé­ra­pies, notam­ment avec des psy­chiatres et patri­ciennes for­mées aux psy­cho-trau­ma­tismes et aux syn­dromes post-trau­ma­tiques, aux pro­blé­ma­tiques des vio­lences sexistes et miso­gynes et aux pro­blé­ma­tiques engen­drées par les injonc­tions à la confor­mi­té à des rôles socio­sexuels hié­rar­chiques et rigides), sommes qualifié.es de « trans­phobes ». Dans le même temps, toutes celles et ceux qui célèbrent ces muti­la­tions sont pré­sen­tés comme à la pointe du pro­grès humain, comme d’ad­mi­rables huma­nistes fai­sant preuve de com­pas­sion, etc.

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Les jeunes hommes qui eux aus­si tran­si­tionnent y sont pous­sés par des dyna­miques dif­fé­rentes (hors cas de l’autisme dont nous trai­tons plus ample­ment dans la suite). Les gar­çons dits « non conformes du genre » gran­dissent sou­vent pour deve­nir des homo­sexuels en bonne san­té, du moins lorsqu’on ne leur donne pas de blo­queurs de puber­té à la pré­ado­les­cence, les­quels peuvent per­tur­ber leur déve­lop­pe­ment cog­ni­tif[10] et empê­cher la matu­ra­tion céré­brale qui, dans la plu­part des cas, « règle » leur pro­blème de dys­pho­rie[11]. Cer­tains hommes qui se disent trans et pré­tendent être des femmes y sont inci­tés par un féti­chisme pour ce qui, dans notre culture, a trait au fémi­nin. On parle alors d’autogynéphilie. Le terme « auto­gy­né­phi­lie » a été inven­té en 1989 par le sexo­logue Ray Blan­chard, à par­tir des racines grecques auto (soi), gyné (femme) et phi­lie (amour). Lit­té­ra­le­ment, il signi­fie donc « l’amour de soi en tant que femme ». Blan­chard défi­nit cette para­phi­lie comme la pro­pen­sion d’un homme à être éro­ti­que­ment exci­té par la pen­sée ou l’image de lui-même en tant que femme[12]. Il est à noter que le créa­teur du dra­peau trans, par exemple, est un auto­gy­né­phile[13] (de même que l’avocat ultra­li­bé­ral Thier­ry Afschrift, qui pré­tend désor­mais être une femme parce qu’il porte une per­ruque, des robes et des chaus­sures à talons[14]).

Thier­ry Aschrift -> Typha­nie Aschrift

Les auto­gy­né­philes découvrent sou­vent leur pen­chant à la puber­té, mais la psy­chia­trie fran­çaise ignore presque tota­le­ment cette condi­tion et nom­breux sont les auto­gy­né­philes à souf­frir de dys­pho­rie extrême[15]. Les hommes auto­gy­né­philes peuvent ensuite être homo­sexuels ou hété­ro­sexuels, mais la para­phi­lie l’emporte sur l’orientation sexuelle[16]. La grande majo­ri­té des chantres et des finan­ceurs de l’idéologie trans sont d’ailleurs des hommes hété­ro­sexuels auto­gy­né­philes (nous y reviendrons).

Le transgenrisme est un mouvement genriste

Le sexisme se fonde sur l’idée conser­va­trice selon laquelle les sexes mas­cu­lin (les hommes) et fémi­nin (les femmes) cor­res­pondent natu­rel­le­ment à des « genres », c’est-à-dire à des ensembles de sté­réo­types sociaux (ou inver­se­ment, selon laquelle les « genres » mas­cu­lin et fémi­nin cor­res­pondent à des sexes, à des corps humains dotés d’une cer­taine ana­to­mie), et qu’une hié­rar­chie natu­relle existe entre les deux sexes et les genres qui leur sont asso­ciés. À voir ces femmes qui sou­haitent se muti­ler pour deve­nir des hommes (s’imaginent-elles), parce qu’elles semblent croire qu’elles en sont, et ce pour la rai­son qu’elles appré­cient les sté­réo­types sociaux assi­gnés aux hommes (le genre mas­cu­lin), on constate que le trans­gen­risme cor­res­pond éga­le­ment à une idéo­lo­gie conser­va­trice, à des idées sexistes. C’est pour­quoi le terme « trans­gen­risme » prête à confu­sion. Les per­sonnes se reven­di­quant « trans », ou, du moins, les per­sonnes diag­nos­ti­quées avec une « dys­pho­rie de genre » et recher­chant une aide médi­cale et chi­rur­gi­cale, cherchent à faire « affir­mer » leur appar­te­nance au sexe oppo­sé (il est d’ailleurs ques­tion de thé­ra­pie d’« affir­ma­tion de genre ») en rai­son de leur attrait pour le « genre » qui lui est asso­cié. Nous devrions donc par­ler de « gen­risme » plu­tôt que de trans­gen­risme étant don­né qu’il s’agit d’une idéo­lo­gie qui encou­rage l’acceptation et la reven­di­ca­tion des sté­réo­types sexistes et non pas d’un mou­ve­ment qui « trans­cen­de­rait » les rôles socio­sexuels tra­di­tion­nels. Ce mou­ve­ment « gen­riste », donc, contri­bue, de manière plus ou moins insi­dieuse, plus ou moins osten­sible, à ren­for­cer les sté­réo­types sexistes, les rôles socio­sexuels, dans la mesure où il encou­rage une natu­ra­li­sa­tion du genre en pré­ten­dant que les sexes mas­cu­lin (les hommes) et fémi­nin (les femmes) cor­res­pondent natu­rel­le­ment à des « genres », c’est-à-dire à des ensembles de sté­réo­types sociaux — ou plu­tôt, inver­se­ment, en pré­ten­dant que les « genres » mas­cu­lin et fémi­nin cor­res­pondent à des sexes, à des corps humains dotés d’une cer­taine anatomie.

Les fémi­nistes se battent depuis des décen­nies pour l’abolition du genre, pour en finir avec le car­can cultu­rel et hié­rar­chique qui empri­sonne hommes et femmes dans des sté­réo­types délé­tères et dégra­dants (notam­ment en ce qui concerne les femmes), pour que cha­cune et cha­cun soit libre de s’habiller comme elle ou il l’entend, de s’épiler ou non, d’avoir n’importe quelle coupe de che­veux, d’aimer ou de pra­ti­quer n’importe quel sport en toute équi­té, pour que les tâches et charges ména­gères soient équi­ta­ble­ment dis­tri­buées, etc. Au contraire, le (trans)genrisme pro­pose et même impose l’« affir­ma­tion du genre » (il s’agit, encore une fois, du nom de la démarche fon­da­men­tale que ce mou­ve­ment reven­dique). Le conflit ne sau­rait être plus clair[17].

Les conser­va­teurs pré­tendent que si l’on est une femme, alors on est plu­tôt pré­dis­po­sée à s’occuper des tâches ména­gères, à aimer la cou­ture, le rose, les robes, la cui­sine, etc. Les fémi­nistes récusent ce tis­su d’absurdités sexistes, et sou­lignent qu’être une femme (une réa­li­té bio­lo­gique) n’implique en rien d’aimer les robes, la cou­leur rose, les talons hauts, la cou­ture, la cui­sine, le ménage, etc. Les (trans)genristes pré­tendent que si l’on aime les robes, la cou­leur rose, la cou­ture, etc., c’est que l’on est une femme (indé­pen­dam­ment de la réa­li­té bio­lo­gique). Les conser­va­teurs pré­tendent que le sexe déter­mine des rôles sociaux, des goûts, des pré­fé­rences. Les fémi­nistes sou­lignent que le sexe n’a pas à déter­mi­ner les rôles sociaux, les goûts, les pré­fé­rences d’une per­sonne, que le sexe ne déter­mine aucun « genre » puisque le « genre » n’est qu’une fic­tion oppres­sive et sexiste conçue par et pour les hommes. Les (trans)genristes affirment que les rôles sociaux, les goûts, les pré­fé­rences (ves­ti­men­taires et autres) d’une per­sonne — le pré­ten­du « genre » auquel elle « s’identifie » — déter­minent l’anatomie, le sexe qu’elle devrait avoir. Voyez la nou­velle oppres­sion, miroir de l’ancienne.

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Dans son livre L’Empire trans­sexuel (à l’époque, on ne par­lait pas encore de « trans­gen­risme », uni­que­ment de « trans­sexua­lisme », mais les choses que ces deux expres­sions dési­gnent se recoupent et se confondent par­fois), paru en 1979 , tra­duit et publié en fran­çais en 1981, la phi­lo­sophe fémi­niste Janice Ray­mond notait déjà que :

« […] fon­da­men­ta­le­ment, une socié­té qui assigne un rôle sté­réo­ty­pé à cha­cun des deux sexes ne peut qu’engendrer le trans­sexua­lisme [et/ou le trans­gen­risme]. Bien enten­du, cette expli­ca­tion ne figure pas dans la lit­té­ra­ture médi­cale et psy­cho­lo­gique qui pré­tend éta­blir l’étiologie du trans­sexua­lisme. Cette lit­té­ra­ture ne remet nul­le­ment le sté­réo­type en cause […]. Tou­te­fois, tant que ces spé­cu­la­tions sur les causes de trans­sexua­lisme per­sistent à éva­luer l’adaptation ou l’inadaptation des trans­sexuels en fonc­tion de normes mas­cu­lines ou fémi­nines, elles sont à côté de la véri­té. À mon avis, la socié­té patriar­cale et ses défi­ni­tions de la mas­cu­li­ni­té et de la fémi­ni­té consti­tuent la cause pre­mière de l’existence du trans­sexua­lisme. En dési­rant les organes et le corps spé­ci­fiques au sexe oppo­sé, le trans­sexuel ne cherche sim­ple­ment qu’à incar­ner l’“essence” du rôle qu’il convoite.

Au sein d’une telle socié­té, le trans­sexuel ne fait qu’échanger un sté­réo­type contre un autre, et ren­force ain­si les maillons qui main­tiennent la socié­té sexiste, ce qui exerce une influence fon­da­men­tale sur les aspects du trai­te­ment du trans­sexua­lisme. En effet, dans une telle socié­té, il est désor­mais par­fai­te­ment logique d’adapter le corps du trans­sexuel [ou du trans­genre] à son esprit si son esprit ne peut s’adapter à son corps. »

Une des jeunes femmes pré­ci­tées l’af­firme expli­ci­te­ment en écri­vant que sa tran­si­tion vise à faire en sorte que « [s]on corps cor­res­ponde à [s]on genre ». D’a­près le caté­chisme trans­genre, le genre déter­mine le sexe.

Le (trans)genrisme comprend différentes tendances contradictoires

Dans son livre Trans­gen­der His­to­ry, Susan Stry­ker, un his­to­rien états-unien rela­ti­ve­ment connu outre-Atlan­tique, qui se pré­tend « trans­genre », écrit : « Trans­genre est un mot qui n’est deve­nu lar­ge­ment uti­li­sé qu’au cours des deux der­nières décen­nies, et sa signi­fi­ca­tion est encore en construc­tion. » Sub­tile manière de recon­naître qu’il n’a aucun sens (aucun sens cohé­rent). Plus loin, il ajoute cet autre aver­tis­se­ment : « N’ou­bliez pas que de nou­veaux termes et concepts voient le jour en per­ma­nence et que les mots uti­li­sés au moment de la rédac­tion de ce livre pour­raient être tom­bés en désué­tude ou en dis­grâce au moment où vous le lirez. » Autre­ment dit, aucune rai­son de trou­ver ça louche si, demain, les théo­ri­ciens trans­genres les plus en vue affirment l’inverse de ce qu’il pré­tend dans son livre.

Cer­tains idéo­logues trans­genres affirment que le « genre » est fixe et inné, d’autres qu’il peut chan­ger au cours de la vie, qu’il est « fluide », voire qu’il peut ne pas exis­ter. Cer­tains pré­tendent qu’il est pos­sible de « chan­ger de sexe », cepen­dant que d’autres se contentent de par­ler de « chan­ge­ment de genre ». Cer­tains rejettent la « bina­ri­té de genre » tan­dis que d’autres l’acceptent et la défendent. Bref, dans le trans­gen­risme, on trouve tout et son contraire.

Profil et handicap

La confu­sion dont témoignent les écrits des jeunes femmes cher­chant à récol­ter de l’argent pour finan­cer leurs mam­mec­to­mies est cepen­dant — et mal­heu­reu­se­ment — très com­pré­hen­sible. En effet, celles-ci sont aux prises avec une socié­té patriar­cale, por­ni­fi­ca­trice et miso­gyne (hos­tile envers leur sexe). Il s’agit en outre de jeunes femmes pauvres, pré­caires et iso­lées, par­fois atteintes de troubles psy­chia­triques, et qui sont donc aisé­ment impres­sion­nables et mani­pu­lables. N’ayant pas accès à de nom­breuses res­sources édu­ca­tives, elles tendent plu­tôt à cher­cher des réponses à leur mal-être en pas­sant des heures sur You­Tube à regar­der des vidéos d’influenceurs et d’influenceuses trans, ou sur des réseaux sociaux en vogue comme Twit­ter ou Red­dit, dont les uti­li­sa­teurs et uti­li­sa­trices ont ten­dance à adhé­rer aux idées les plus dif­fu­sées dans les médias de masse les plus pro­gres­sistes. Elles déve­loppent ain­si, en pre­mier lieu, une appar­te­nance à une com­mu­nau­té vir­tuelle, avant de maté­ria­li­ser cette appar­te­nance via les démarches pour « tran­si­tion­ner ». Les livres d’Abigaïl Shrier (Dom­mages irré­ver­sibles) et d’Helen Joyce (TRANS) le montrent bien.

Dans les cagnottes en ligne créées par ces jeunes femmes en vue de finan­cer leurs « tran­si­tions », on remarque une autre ten­dance : un cer­tain nombre d’entre elles déclarent avoir des pro­blèmes psy­cho­lo­giques, et cer­taines déclarent même avoir une recon­nais­sance de han­di­cap. En effet plu­sieurs men­tionnent rece­voir l’AAH.

En France, la dys­pho­rie de genre, conven­tion­nel­le­ment consi­dé­rée comme étant une cause du « trans­gen­risme », est clas­sée dans les « affec­tions hors listes » depuis 2009. Elle donne ain­si droit à l’obtention de l’ALD (affec­tion longue durée) dite « hors liste », soit, « l’ALD 31 ». La dys­pho­rie de genre est donc consi­dé­rée comme une affec­tion « dont la gra­vi­té et/ou le carac­tère chro­nique néces­sitent un trai­te­ment pro­lon­gé et une thé­ra­peu­tique par­ti­cu­liè­re­ment coû­teuse, et pour laquelle le ticket modé­ra­teur est sup­pri­mé. Cela signi­fie que le patient béné­fi­cie d’un rem­bour­se­ment à 100 % sur la base du tarif de la Sécu­ri­té sociale de ses frais de san­té liés à l’ALD. » Quelques exemples de mala­dies concer­nées par l’ALD 31 : la mala­die de Paget, les ulcères chro­niques ou réci­di­vants avec reten­tis­se­ment fonc­tion­nel sévère (source : ameli.fr ; article R. 322–6 du Code de la Sécu­ri­té sociale, créé par décret n° 2008–1440 du 22 décembre 2008 publié au JO du 30 décembre 2008).

On remarque donc une cer­taine contra­dic­tion entre, d’un côté, ce sta­tut juri­dique et les rem­bour­se­ments de frais de san­té finan­cés par les contri­buables, et de l’autre les reven­di­ca­tions des tran­sac­ti­vistes qui sou­haitent (et sont par­ve­nus, aux États-Unis par exemple) à faire reti­rer la dys­pho­rie de genre du DSM, afin que cette condi­tion ne soit plus consi­dé­rée comme une maladie.

En outre, si toutes béné­fi­cient de l’ALD 31, toutes n’ont pas l’AAH et le sta­tut de tra­vailleuse han­di­ca­pée. Nous ne savons pas si les méde­cins spé­cia­listes ont sou­te­nu ces jeunes femmes dans leur obten­tion de l’AAH à cause de han­di­caps induits, c’est-à-dire de lourds pro­blèmes de san­té déclen­chés par la prise de tes­to­sté­rone (mala­die throm­boem­bo­lique vei­neuse, AVC., hyper­tri­gly­cé­ri­dé­mie, hyper­ten­sion, syn­drome des ovaires poly­kys­tiques, AVC[18]), qui est l’hormone du sexe oppo­sé, ou si leur recon­nais­sance de han­di­cap don­nant lieu à l’AAH et la reco TH (recon­nais­sance tra­vailleuse han­di­ca­pée) est liée à d’autres pro­blèmes, notam­ment des troubles psy­chiques inva­li­dants. Il est aujourd’hui notoire que nombre des jeunes femmes se disant trans­genres sont en fait des jeunes femmes autistes non diag­nos­ti­quées[19][20], le sous-diag­nos­tic de l’autisme chez les femmes en France étant un pro­blème impor­tant[21]. Or les femmes autistes se consi­dèrent net­te­ment plus mas­cu­lines et moins fémi­nines que les femmes au déve­lop­pe­ment typique[22], c’est-à-dire qu’elles sont, selon les mots d’Éveline, impli­quée dans l’é­vo­lu­tion de la qua­li­té de vie des per­sonnes autistes, « moins sou­mises à la pres­sion du genre car [elles n’intègrent] pas vrai­ment les conven­tions sociales. Beau­coup ne “se sentent ni femme ni homme”, c’est ain­si très facile de les per­sua­der qu’elles ne sont pas nées “dans le bon genre”. » Éga­le­ment, une étude montre que les femmes autistes ont une plus faible iden­ti­fi­ca­tion de genre et « estime de soi de genre » que les hommes autistes et les femmes du groupe contrôle[23]. Une fois que les per­sonnes autistes sont per­sua­dées d’être dans le mau­vais corps, il leur est très dif­fi­cile de faire marche arrière. « Les per­sonnes autistes ont sou­vent une grande rigi­di­té men­tale et ne reviennent pas sur une déci­sion : en géné­ral, ils vont jus­qu’au bout. C’est un fonc­tion­ne­ment en 0 ou 1, blanc ou noir, pas de gris. C’est d’ailleurs, selon moi, ce qui consti­tue l’un des plus gros han­di­caps résul­tant d’un fonc­tion­ne­ment autis­tique », pré­cise Éveline.

Mais paral­lè­le­ment au sous-diag­nos­tic dans les struc­tures publiques telles que les centres médi­co-psy­cho­lo­giques, en par­tie du fait de leur incom­pé­tence[24], il peut y avoir sur­diag­nos­tic, sur­tout avec cer­tains pro­fes­sion­nels en libé­ral. Nous avons appris, dans des dis­cus­sions infor­melles avec d’autres femmes autistes, que cer­taines femmes « détran­si­tion­neuses » fai­saient des demandes de diag­nos­tic d’autisme après avoir médi­ca­le­ment tran­si­tion­né afin d’obtenir l’AHH pour que leur détran­si­tion soit entiè­re­ment prise en charge. Éve­line nous a confié que les pro­fes­sion­nels des centres de res­sources pour l’au­tisme disent devoir infir­mer au moins une per­sonne auto­diag­nos­ti­quée sur deux, et que beau­coup pré­sentent des troubles de la per­son­na­li­té qui ne sont pas de l’ordre de l’autisme. Cer­taines per­sonnes peuvent ensuite se mon­trer très viru­lentes lorsque leur auto­diag­nos­tic est infir­mé. Elles vont alors ten­ter un diag­nos­tic en libé­ral, et finissent par l’obtenir. « C’est une sorte de manne finan­cière pour beau­coup de pro­fes­sion­nels aus­si. J’ai même vu une fois un psy­chiatre en libé­ral qui avait réécrit l’histoire de la per­sonne dans le bilan, de façon à faire cadrer avec l’autisme. Ce pro­fes­sion­nel avait des tarifs de consul­ta­tion très élevés. »

Dans l’enfer du capitalisme technologique

À pre­mière vue, il peut paraître incroyable que des ado­les­centes et des ado­les­cents, des jeunes et des moins jeunes adhèrent aux invrai­sem­blables thèses du (trans)genrisme. En réa­li­té, cela n’est pas si sur­pre­nant. Ain­si que le remarque Annie Le Brun, « tout se tient. Qu’il s’a­gisse de la ques­tion amou­reuse, de la mode, de la san­té, de l’enseignement…, il n’est plus de domaine qui ne soit affaire de mar­ché, assu­jet­ti à la “gou­ver­nance par les nombres”[25]. »

Et le trans­gen­risme l’illustre bien. Der­rière son essor se trouve un cer­tain nombre d’industries et d’industriels atti­rés par l’appât du gain. « La pré­si­dente de Dis­ney, Karey Burke, a décla­ré qu’en tant “que mère [d’un] enfant trans­genre et d’un enfant pan­sexuel”, elle sou­tient le fait d’a­voir des “per­son­nages LGBTQIA dans nos his­toires” et sou­haite qu’au moins 50 % des per­son­nages Dis­ney appar­tiennent à la com­mu­nau­té LGBTQIA et aux mino­ri­tés raciales[26]. »

Et per­met­tez-nous de vous pré­sen­ter (ci-des­sus) Jen­ni­fer Pritz­ker (autre­fois James Pritz­ker), père de trois enfants, ex-lieu­te­nant-colo­nel de la Garde natio­nale de l’Illi­nois, héri­tier d’une des familles les plus riches des États-Unis : les Pritz­ker. La famille Pritz­ker compte ou a comp­té des membres haut pla­cés à divers niveaux de l’appareil d’État états-unien. Par exemple, Jay Robert (« J. B. ») Pritz­ker est l’actuel gou­ver­neur de l’Illinois, et Pen­ny Pritz­ker a été secré­taire au Com­merce de 2013 à 2017 dans l’ad­mi­nis­tra­tion du pré­sident Barack Obama.

La famille Pritz­ker pos­sède des inves­tis­se­ments dans de nom­breux sec­teurs indus­triels, des casi­nos à la banque en pas­sant par l’hôtellerie (chaîne Hyatt), les navires de croi­sière et… l’industrie phar­ma­ceu­tique, l’industrie des bio­tech­no­lo­gies et l’industrie médi­cale en géné­rale (les Pritz­ker pos­sèdent, par­mi beau­coup de choses, des inves­tis­se­ments dans deux com­pa­gnies fabri­quant des tests COVID-19). & pour étendre leur influence et favo­ri­ser leurs inves­tis­se­ments, les Pritz­ker font comme tous les ultra-riches, ils uti­lisent la « phi­lan­thro­pie ». Les Pritz­ker financent en effet de nom­breuses uni­ver­si­tés de méde­cine, hôpi­taux et cli­niques (ayant en com­mun de mettre l’accent sur l’« iden­ti­té de genre », l’idéologie (trans)genriste) à tra­vers les États-Unis, ain­si que des facul­tés de droit ou encore des pro­grammes éducatifs/scolaires ou à des­ti­na­tion des enfants dans divers États (et notam­ment dans l’Illinois).

Pour com­plé­ter le tableau, outre les Pritz­ker, il fau­drait exa­mi­ner les inves­tis­se­ments du mil­liar­daire états-unien Jon Stry­ker, héri­tier d’une for­tune liée à la Stry­ker Cor­po­ra­tion (une socié­té de tech­no­lo­gie médi­cale), qui finance le déve­lop­pe­ment du trans­gen­risme au tra­vers de sa fon­da­tion Arcus ; il fau­drait éga­le­ment exa­mi­ner les inves­tis­se­ments de Mar­tine Roth­blatt (autre­fois Mar­tin), pion­nier du trans­gen­risme et fervent trans­hu­ma­niste ; exa­mi­ner aus­si les liens entre trans­hu­ma­nisme et trans­gen­risme, etc. La jour­na­liste états-unienne Jen­ni­fer Bilek étu­die le sujet depuis plu­sieurs années. On lui doit déjà plu­sieurs articles sur les finan­ce­ments plus ou moins dis­crets du trans­gen­risme et ses liens avec le trans­hu­ma­nisme[27].

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Tout se tient. L’essor du trans­gen­risme, en outre, n’aurait pu avoir lieu, ne pour­rait avoir lieu, sans le numé­rique, sans les réseaux sociaux, sans Twit­ter, Red­dit, Ins­ta­gram, Tik­Tok, You­Tube, etc. En effet, l’influence de ces pla­te­formes média­tiques sur les jeunes est majeure, ain­si que l’a sou­li­gné la psy­cho­thé­ra­peute irlan­daise Stel­la O’Malley dans son docu­men­taire « Les enfants trans : il est temps d’en par­ler », sor­ti en 2018. En France, d’après une étude parue en 2021, « à 11 ans, un enfant sur deux est déjà pré­sent sur au moins un réseau social. À 12 ans, ils sont 70 % à se connec­ter régu­liè­re­ment à ces pla­te­formes. Et à 13 ans, huit jeunes sur dix en sont adeptes[28]. » Et ain­si que le sou­lignent Yves Mar­ry et Florent Souillot dans La Guerre de l’attention (L’Échappée, 2022) :

« Si vous êtes né après 2007, date du lan­ce­ment de l’iPhone en France, vous avez tou­jours connu cet objet, et il y a de grandes chances qu’avant même votre nais­sance votre iden­ti­té numé­rique vous ait pré­cé­dé sur les réseaux. Dès les pre­miers mois de votre vie, vous avez obser­vé ces sur­faces lumi­neuses, regor­geant d’appels à votre atten­tion : vidéos, Face­time, bulles colo­rées. Vous voi­ci arri­mé aux écrans : entre deux et huit ans, vous pas­se­rez devant eux trois heures par jour, soit un quart de votre temps de veille, l’équivalent de sept années sco­laires. Vous n’avez pas encore de smart­phone mais ce temps est consa­cré à la télé­vi­sion, aux jeux vidéo et aux films, le plus sou­vent sans la pré­sence des parents. Dans une famille aisée, vous pas­sez deux fois moins de temps devant les écrans que dans une famille aux reve­nus modestes (1h50 contre 3h30 par jour). Vers huit ans a lieu le pre­mier grand chan­ge­ment, car le temps de som­meil dimi­nue et les écrans aspirent alors inté­gra­le­ment ce sur­plus de veille phy­sio­lo­gique. On passe à 4h40 par jour, soit un tiers du temps éveillé. Deux ans plus tard, c’est la fin de l’école pri­maire et l’entrée au col­lège, le moment de s’équiper pour res­sem­bler aux autres (“tous les copains en ont un !”). La majo­ri­té des élèves de 6ème pos­sède désor­mais un smart­phone et la moi­tié des enfants ont une tablette et une télé. Un quart d’entre eux jouent aus­si à la console dans leur chambre. C’est l’âge de l’audiovisuel et des jeux vidéo, des pre­mières uti­li­sa­tions inten­sives des réseaux sociaux, pré­mices du déluge d’écrans que repré­sente l’adolescence. Pour les 16–24 ans, c’est une véri­table orgie qui com­mence alors : 11h45 par jour, et jusqu’à 13h30 si l’on cumule tous les temps d’écrans, sur un total d’environ 17 heures éveillées ! Cette durée dimi­nue légè­re­ment par la suite, pour atteindre tout de même plus de 10 heures pour les adultes — un chiffre qui a dou­blé en seule­ment huit ans. »

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Une légion d’i­déo­logues illu­mi­nés et de cra­pules finan­ciè­re­ment inté­res­sées dif­fusent, via les médias de masse et les ins­ti­tu­tions domi­nantes en géné­ral, une idéo­lo­gie qui encou­rage de plus en plus de jeunes, d’a­do­les­cents et d’a­dultes en bonne san­té phy­sique à se muti­ler : plu­sieurs mil­liers, chaque année, en France comme aux États-Unis ; avec des mil­liers de jeunes — filles notam­ment — qui en sont réduites à créer des col­lectes de fonds en ligne afin de ras­sem­bler les impor­tantes sommes d’argent néces­saires à leur propre muti­la­tion (exci­sion de la poi­trine, etc.). Une idéo­lo­gie qui s’at­taque au sens même des mots, au lan­gage, au sens du sens, à des logiques séman­tiques fon­da­men­tales en pro­mou­vant un tis­su de men­songes et d’ab­sur­di­tés (confu­sion sexe/genre ; alté­ra­tion du sens des mots comme femme, homme, fille, gar­çon, qui deviennent des idées inco­hé­rentes ; dis­so­cia­tion corps-esprit ; etc.). Une idéo­lo­gie qui, ce fai­sant, détruit cer­taines luttes sociales : qu’est-ce que le « fémi­nisme » pour qui est inca­pable de défi­nir le mot femme ? Com­ment pré­tendre lut­ter contre la mar­chan­di­sa­tion du corps des femmes tout en célé­brant des pra­tiques issues d’une idéo­lo­gie qui consi­dère le corps comme une mar­chan­dise, tout en s’ha­bi­tuant à la moné­ti­sa­tion de sa propre atten­tion et l’achat d’attention (les pla­te­formes de strea­ming en direct, Only­fans, etc.) ? Com­ment pré­tendre lut­ter contre l’exploitation des femmes tout en encou­ra­geant le (trans)genrisme et ses trai­te­ments médi­caux et/ou chi­rur­gi­caux, sachant que les per­sonnes qui auront pris des blo­queurs de puber­té à la pré­ado­les­cence, avant la matu­ra­tion sexuelle, et ensuite des hor­mones du sexe oppo­sé, risquent de finir sté­riles, et sou­hai­te­ront pos­si­ble­ment, pour avoir des enfants, recou­rir à l’exploitation de femmes pré­caires au tra­vers de la GPA ?

Nous ne pou­vons décem­ment pas res­ter muets, les bras croi­sés, à regar­der le désastre se produire.

Audrey A. & Nico­las Casaux


  1. Par « sexe », il faut com­prendre : « Ensemble des élé­ments cel­lu­laires (sper­ma­to­zoïdes à chro­mo­some X ou Y ; ovules à chro­mo­some X), orga­niques (pros­tate, glandes de Cow­per, vési­cules sémi­nales, canaux excré­teurs, pénis, tes­ti­cules ; seins, ovaires, trompes, uté­rus, vagin, vulve), hor­mo­naux (tes­to­sté­rone ; fol­li­cu­line, pro­ges­té­rone), etc., qui dif­fé­ren­cient l’homme et la femme et qui leur per­mettent de se repro­duire. » (défi­ni­tion que pro­pose le CNRTL) Autre rap­pel : « Le terme “gono­cho­risme” (gono, “géné­ra­tion” et chor, “sépa­rer”) désigne l’é­tat d’un indi­vi­du capable de pro­duire un seul type de gamètes, gamètes mâles ou gamètes femelles selon qu’il porte des tes­ti­cules ou des ovaires. Les sexes sont sépa­rés et l’in­di­vi­du est dit “gono­cho­rique” ou “dioïque”. Cette apti­tude est liée à un dimor­phisme sexuel (indi­vi­dus mâles et indi­vi­dus femelles) et à un dimor­phisme chro­mo­so­mien (chro­mo­somes sexuels ou gono­somes). Le gono­cho­risme est de règle chez les ver­té­brés ; il ne souffre pas d’ex­cep­tion chez les mam­mi­fères. » (Uni­ver­sa­lis)
  2. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/2035190/
  3. Un exemple par­mi tant d’autres : https://drapeau-lgbt.fr/changement-sexe-vaginoplastie-phalloplastie/
  4. Comme celui de l’hôpital pri­vé Jean Mer­moz, qui pro­pose une « chi­rur­gie trans­genre » ou « chi­rur­gie de réas­si­gna­tion sexuelle » per­met­tant (pré­ten­du­ment) « à un indi­vi­du de chan­ger de sexe » : https://hopital-prive-jean-mermoz-lyon.ramsaysante.fr/vous-etes-patient-pourquoi-choisir-lhopital-prive-jean-mermoz-nos-soins/la-chirurgie-transgenre Même chose sur le site du Centre hos­pi­ta­lier uni­ver­si­taire vau­dois : https://www.chuv.ch/fr/cpr/cpr-home/patients-et-familles/chirurgie-transgenre
  5. https://www.multiesthetique.fr/traitements/changement-de-sexe
  6. https://www.transparis.fr/reassignation-genitale-mf.html
  7. Méla­nie Jac­quot, « Inter­sexua­tion, iden­ti­té sexuelle et famille : du défaut d’assignation au défaut d’affiliation », dans Recherches fami­liales 2014/1 (n° 11), pages 75 à 84.
  8. https://genere.hypotheses.org/532
  9. https://fr.wikipedia.org/wiki/Pro-ana
  10. https://cass.independent-review.uk/wp-content/uploads/2022/07/Cass-Review-Letter-to-NHSE_19-July-2022.pdf
  11. http://www.sexologytoday.org/2016/01/do-trans-kids-stay-trans-when-they-grow_99.html
  12. https://quillette.com/2019/11/06/what-is-autogynephilia-an-interview-with-dr-ray-blanchard/
  13. https://www.partage-le.com/2022/07/27/le-createur-du-drapeau-de-la-fierte-transgenre-etait-un-travesti-et-un-fetichiste-notoire-par-genevieve-gluck/
  14. https://parismatch.be/actualites/societe/572580/le-celebre-avocat-thierry-afschrift-devient-typhanie-apres-des-annees-de-pensees-suicidaires
  15. Cf. les tra­vaux de Ray Blan­chard et J. Michael Bai­ley.
  16. https://www.partage-le.com/2022/02/25/transgenrisme-abolition-du-sexe-et-industrie-de-lidentite-genre-par-kara-dansky/
  17. Conflit qui se mani­feste, entre autres, autour des espaces (ou des sports) réser­vés aux femmes. De nom­breuses femmes s’opposent à la pré­sence d’hommes (se disant femmes) dans leurs com­pé­ti­tions spor­tives, dans leurs foyers pour femmes bat­tues, dans leurs ves­tiaires, etc.
  18. https://portail-assurance.ca/article/les-personnes-transgenres-presenteraient-plus-de-risques-dit-munich-re/
  19. De nom­breuses jeunes filles et femmes passent « sous le radar » du diag­nos­tic TSA car l’expression de leur autisme est mas­quée, tan­dis que le repli social, l’anorexie, la dépres­sion, la sca­ri­fi­ca­tion ou main­te­nant le sen­ti­ment de non-confor­mi­té de genre qu’elles peuvent expri­mer res­tent visibles. Le diag­nos­tic sera donc éta­bli sur ce qui appa­raît de manière fla­grante.
  20. https://www.autism.org.uk/advice-and-guidance/what-is-autism/autism-and-gender-identity ; https://www.spectrumnews.org/news/largest-study-to-date-confirms-overlap-between-autism-and-gender-diversity/ ; https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32770077/ ; https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30062396/
  21. https://femmesautistesfrancophones.com/2018/09/21/sous-diagnostic-autisme-filles-inegalite-genres/ ; https://spectredelautisme.com/trouble-du-spectre-de-l-autisme-tsa/asperger-feminin/
  22. https://femmesautistesfrancophones.com/2019/01/04/femmes-autistes-identification-de-genre/
  23. https://link.springer.com/article/10.1007/s10803-018‑3590‑1
  24. La psy­chiatre fran­çaise étant tou­jours impré­gnée de psy­cha­na­lyse, ne faci­lite pas la tâche du diag­nos­tic. Voir les films réa­li­sés par Sophie Robert : Le Mur ; Le Phal­lus et le Néant.
  25. https://www.lemonde.fr/series-d-ete-2018-long-format/article/2018/08/16/annie-le-brun-nous-assistons-au-grand-spectacle-de-la-transmutation-de-l-art-en-marchandise_5343162_5325928.html
  26. https://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18708442.html
  27. https://radfemresistancesorore.wordpress.com/2018/03/22/qui-sont-les-riches-hommes-blancs-qui-institutionnalisent-lideologie-transgenre/
  28. https://www.lesnumeriques.com/vie-du-net/les-jeunes-francais-tres-presents-sur-les-reseaux-sociaux-et-ce-bien-avant-13-ans-n169429.html

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