Cher Jean-François Julliard, DG de Greenpeace France, tu es un gros couillon (par Nicolas Casaux)

Un autre capi­ta­lisme indus­triel est pos­sible, renou­ve­lable (pho­to­vol­taïque, éolien, etc.) plu­tôt que fos­sile. Voi­là, en gros, ce que pré­tend l’actuel direc­teur géné­ral de Green­peace France, Jean-Fran­çois Jul­liard. Rien d’étonnant. Pro­mou­voir le ver­dis­se­ment du capi­ta­lisme indus­triel, c’est à quoi servent les grandes ONG pré­ten­du­ment écologistes.

Par curio­si­té, je suis tout de même allé voir la méta-étude à laquelle il fait réfé­rence dans son gazouillis. Outre qu’elle compte par­mi ses auteurs des indi­vi­dus (Chris­tian Breyer et Mark Z. Jacob­son, entre autres) qui tra­vaillent dans les sec­teurs capi­ta­listes des éner­gies dites vertes, propres, renou­ve­lables ou décar­bo­nées (qui ont tout inté­rêt à ce que de l’argent soit inves­ti dans le solaire, l’éolien, etc.), on constate — Ô sur­prise — que le pro­blème des extrac­tions minières néces­saires au déve­lop­pe­ment de ces indus­tries de pro­duc­tion d’énergie est à peine men­tion­né, en passant :

« Cepen­dant, il est éga­le­ment clair que ce sera un for­mi­dable défi de garan­tir la dis­po­ni­bi­li­té des res­sources en temps vou­lu tout en mini­mi­sant les impacts néga­tifs de l’ex­trac­tion sur les humains et l’en­vi­ron­ne­ment. Cette ques­tion doit faire l’ob­jet de recherches futures. »

Tra­duc­tion : il sera dif­fi­cile de ne pas trop détruire la nature pour obte­nir les maté­riaux néces­saires à cette pré­ten­due « tran­si­tion » (décar­bo­na­tion du capi­ta­lisme industriel).

Et, bien enten­du, aucune men­tion des impacts (maté­riels, éco­lo­giques, sociaux) de l’u­sage de l’éner­gie. Rien sur les impacts éco­lo­giques des bar­rages hydro­élec­triques, etc. Rien sur la crois­sance illi­mi­tée qu’implique le capi­ta­lisme. Rien sur le fait que la fabri­ca­tion et la main­te­nance des tech­no­lo­gies ou des cen­trales de pro­duc­tion d’éner­gie dite verte, propre, renou­ve­lable ou décar­bo­née impliquent de consom­mer des com­bus­tibles fos­siles. (Et, encore plus atten­du, aucune réflexion sur les impli­ca­tions socia­le­ment hié­rar­chiques de l’in­dus­tria­lisme, etc.).

À pro­pos d’un des auteurs de la méta-étude en ques­tion, Phi­lippe Bihouix sou­li­gnait : « M. Jacob­son n’a mani­fes­te­ment jamais mis les pieds dans une usine, et ne sait pas qu’il faut aus­si de l’acier, du ciment, des résines poly­uré­thanes, des terres rares et du cuivre, des bateaux et des grues, entre autres, pour fabri­quer et ins­tal­ler une belle éolienne “propre”. » (L’Âge des low-tech, 2014)

Tous ces plai­doyers en faveur du 100% renou­ve­lables ne font qu’encourager la pour­suite du désastre. Aucune indus­trie n’est « durable », toutes, y com­pris celles du pho­to­vol­taïque, de l’éo­lien et de l’hy­dro­élec­trique, impliquent des dégra­da­tions, des pol­lu­tions, etc. Toutes impliquent une forme d’or­ga­ni­sa­tion sociale qui soit à la fois de masse et hié­rar­chique. L’é­co­lo­gie, c’est en finir avec l’in­dus­tria­lisme. Sor­tir de la socié­té indus­trielle. Tout le reste n’est que malhonnêteté.

(Je hais les types comme Jul­liard et les scien­ti­fiques qui signent ces études à la noix. En plus de tout ce qui pré­cède, des men­songes et des absur­di­tés qui carac­té­risent leur dis­cours, il faut bien voir que ce ne sont pas eux qui se retrouvent à devoir tra­vailler dans des mines ou en usine pour un salaire de misère, que ce ne sont pas eux les « for­çats de l’étain » qui crèvent en Indo­né­sie, etc. Les CSP+ ont évi­dem­ment inté­rêt à pro­mou­voir le ver­dis­se­ment ou la décar­bo­na­tion du monde où il y a des CSP+.)

Nico­las Casaux

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  1. Peu sur­pre­nant ce grand clas­sique du « NIMBY»… Cet être est sous l’in­fluence néfaste des pro­messes du pro­grès tant qu’il n’en voit QUE les bons usages et les avan­tages fan­tas­més par et pour ses pairs. C’est excu­sable enfant en appren­tis­sage, ça ne l’est plus lors­qu’on se pré­tend adulte res­pon­sable. D’au­tant plus dans sa posi­tion : DG.
    Car si la ques­tion du com­ment garan­tir l’a­bon­dance éner­gé­tique et sa crois­sance future (comme pour les sites nucléaires, la place dis­po­nible pour ces objets à durée de vie limi­tée sur une pla­nète finie va être, à terme, un gros sou­cis avec les mêmes pro­blèmes car­té­siens de res­sources, de ren­de­ment, d’in­no­va­tions éper­dues actuels) est sans cesse mis en avant même par ces soit-disant éco­lo en élu­dant la ques­tion du pour­quoi, c’est une des preuves que cette gan­grène idéo­lo­gique sous l’ha­bit des tech­no-sciences leur ronge l’es­prit cri­tique depuis bien trop long­temps et que plus rien ne peut y repous­ser. Le pro­jet de trans­for­ma­tion total (impli­quant une des­truc­tion métho­dique préa­lable) du monde acces­sible en un vaste bas­sin de res­sources en proie à une machi­ne­rie glo­bale obéis­sant à la satis­fac­tion immé­diate, ce droit consu­mé­riste inalié­nable, de n’im­porte quel désir le plus puis­sant qui soit, est peut-être aus­si déjà par­fai­te­ment inté­rio­ri­sé. Ce bon­homme et ses affi­dés ont peut-être déjà cette pen­sée tota­li­taire en refu­sant au monde vivant (ou ce qu’il en reste) ici bas, l’i­dée qu’il se fout tota­le­ment de l’ac­cé­lé­ra­tion des besoins hors sol d’une par­tie d’une seule espèce sur cette pla­nète et désire que celle-ci évite de par­ta­ger leurs uto­pies à coup d’empoisonnement et d’in­té­gra­tions for­cée dans le meilleurs des cas. Soit le refus de l’autonomie.
    En pareil cas, qu’ils aillent tout autant se faire foutre.
    Sinon, qu’ils aient le cou­rage d’être enfin tout aus­si cri­tique et radical.

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