Une jeune ex-transgenre revient sur son « horrible » transition et sa chirurgie (par Brad Jones)

Le témoi­gnage sui­vant, de Chloe Cole, une jeune femme états-unienne de la Val­lée cen­trale de Cali­for­nie, est paru le 29 août 2022 sur le site de The Epoch Times.


Chloe Cole avait 15 ans lors­qu’elle a accep­té qu’un chi­rur­gien « affir­ma­tif du genre » lui retire sa poi­trine, par­fai­te­ment saine — une déci­sion qui a chan­gé sa vie et qu’elle regrette pro­fon­dé­ment aujourd’­hui. Sa tran­si­tion « bru­tale » de femme à homme était tout sauf le « voyage de genre » roman­cé que les acti­vistes trans­genres et les pro­fes­sion­nels de la san­té dépei­gnaient, a‑t-elle expli­qué à The Epoch Times.

« C’est un peu glauque de l’ap­pe­ler comme ça », a‑t-elle décla­ré. Cole, qui a main­te­nant 18 ans, a plu­tôt l’im­pres­sion de s’être réveillée d’un « cau­che­mar », et en veut au sys­tème médi­cal et sco­laire qui l’a rapi­de­ment pla­cée sur la voie de la chi­rur­gie de tran­si­tion de genre. « J’é­tais convain­cue que cela me ren­drait heu­reuse, que cela me ren­drait entière en tant que per­sonne », a‑t-elle décla­ré. Bien qu’elle se sente « aban­don­née » par la plu­part des adultes de sa vie, elle ne reproche pas à ses parents d’a­voir sui­vi les conseils du per­son­nel sco­laire et des pro­fes­sion­nels de la san­té, qui ont « affir­mé » son désir de tran­si­tion sociale, de blo­queurs de puber­té, d’hor­mones de l’autre sexe et de chirurgie.

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Chloe Cole tenant un médi­ca­ment à base de tes­to­sté­rone uti­li­sé pour les patients trans­genres, en Cali­for­nie du Nord, le 26 août 2022. (John Fredricks/The Epoch Times)

La plu­part des pro­fes­sion­nels de san­té n’ont rien fait pour la ques­tion­ner ou la dis­sua­der, elle ou ses parents, explique-t-elle. « Ils ont effec­ti­ve­ment fait culpa­bi­li­ser mes parents pour qu’ils les auto­risent à faire cela. Ils leur ont ser­vi le dis­cours sui­vant : “Vous pou­vez soit avoir une fille morte, soit un fils vivant.” Ils leur ont men­tion­né des taux de sui­cide », a‑t-elle dit. « Il y a tel­le­ment de com­plai­sance de la part des édu­ca­teurs, de tous les adultes en fait. Je suis vrai­ment bou­le­ver­sée par tout cela. Je me sens très en colère. On ne m’a pas lais­sée — sim­ple­ment — grandir. »

Ses parents, bien que scep­tiques, ont fait confiance aux pro­fes­sion­nels de la san­té et ont fina­le­ment consen­ti au désir de leur fille de subir des inter­ven­tions médi­cales, y com­pris une inter­ven­tion chi­rur­gi­cale, qui était cou­verte par leur police d’as­su­rance mala­die. « Les ado­les­cents ne devraient pas pou­voir prendre ce genre de déci­sions », a‑t-elle déclaré.

Transgenrisme

Le trans­gen­risme, bien que lar­ge­ment célé­bré dans la culture popu­laire et sur les réseaux sociaux ces der­niers temps, est un sujet beau­coup plus conflic­tuel que ce que l’on croit sou­vent, sou­ligne Cole. Aujourd’­hui, Cole fait par­tie d’un nombre crois­sant de jeunes « détran­si­tion­nistes » qui rejettent l’i­déo­lo­gie trans­genre et s’op­posent au modèle de soins appe­lé « affir­ma­tion du genre », sou­te­nu par les légis­la­teurs pro­gres­sistes aux niveaux éta­tique et fédéral.

Elle a récem­ment témoi­gné contre le pro­jet de loi 107 du Sénat cali­for­nien, pro­po­sé par le séna­teur Scott Wie­ner (D‑San Fran­cis­co), une loi qui met­trait les parents qui consentent à ce que leur enfant se voit pres­crire des blo­queurs de puber­té et des hor­mones du sexe oppo­sé, et subisse des opé­ra­tions de tran­si­tion de genre, à l’a­bri de pour­suites dans d’autres États qui consi­dèrent ces actions comme des abus sur les enfants.

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Chloe Cole pre­nant la parole lors d’une audi­tion de la com­mis­sion de l’As­sem­blée sur le pro­jet de loi 107 du Sénat à Sacra­men­to, le 28 juin 2022. (Cap­ture d’é­cran via le Sénat de l’É­tat de Californie)

« Je pense que c’est vrai­ment dan­ge­reux pour les familles à tra­vers tous les États-Unis. Cela peut déchi­rer des familles », déclare Cole, qui devrait témoi­gner une nou­velle fois contre le pro­jet de loi cette semaine.

Har­ce­lée sur les réseaux sociaux, la jeune femme a reçu des menaces de mort de la part d’ac­ti­vistes trans depuis qu’elle a annon­cé sa détran­si­tion et qu’elle a pris posi­tion contre les poli­tiques d’« affir­ma­tion du genre ». « Main­te­nant que je suis com­plè­te­ment dés­illu­sion­née de tout cela, il m’apparait vrai­ment cho­quant que nous en soyons arri­vés là », a‑t-elle déclaré.

Le combat

Diag­nos­ti­quée TDAH très jeune, Cole pense main­te­nant qu’elle se trouve « sur le spectre » [qu’elle est autiste, NdT]. « Il y a vrai­ment un taux de comor­bi­di­té éle­vé entre la dys­pho­rie de genre et l’au­tisme », explique-t-elle. Bien que « très fémi­nine » dans sa jeu­nesse, Cole était « un peu gar­çon man­qué » en gran­dis­sant. « Je détes­tais vrai­ment les robes, les jupes et les choses de ce genre », remarque-t-elle.

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Chloe Cole tenant une pho­to d’en­fance dans le nord de la Cali­for­nie, le 26 août 2022. (John Fredricks/The Epoch Times)

Les émis­sions de télé­vi­sion pour enfants lui ont fait accroire que « les filles sont moins impor­tantes », parce que les per­son­nages fémi­nins ou effé­mi­nés qu’ils dépeignent sont « stu­pides, tête en l’air, et sont sou­vent du genre à faire des erreurs, à nuire au bon dérou­le­ment des choses », note-t-elle. « Et ça s’est en quelque sorte impri­mé en moi. »

Cepen­dant, sa véri­table peur du fait d’être une femme, son dégoût pré­coce pour le fait d’être une femme, est né il y a des années sur les réseaux sociaux et les sites web LGBT, explique-t-elle. « J’ai com­men­cé la puber­té assez jeune, vers 9 ans, et j’ai com­men­cé à avoir du mal à deve­nir une femme », nous confie-t-elle. Son pre­mier compte sur les réseaux sociaux, elle l’ouvre à 11 ans, sur Ins­ta­gram, et étant don­né qu’elle avait un accès presque illi­mi­té à Inter­net, elle a été expo­sée à des conte­nus inap­pro­priés, notam­ment de la por­no­gra­phie et du « sex­ting » dans les com­mu­nau­tés en ligne.

Sur Ins­ta­gram, elle a d’a­bord été appro­chée par des gar­çons qui s’i­den­ti­fiaient comme gays et bisexuels par le biais de la fonc­tion de mes­sa­ge­rie de la pla­te­forme, mais elle a fina­le­ment com­men­cé à pas­ser plus de temps sur les sites web recom­man­dés pour les ado­les­cents « trans » de 12 à 19 ans. « Il y avait une page par­ti­cu­lière qui m’a inter­pel­lé. Il s’a­gis­sait d’un groupe d’a­do­les­cents qui s’i­den­ti­fiaient comme FTM [female to male, « femme vers homme », NdT]. Ils avaient l’air d’être très sou­dés, d’être une com­mu­nau­té très soli­daire, et ça m’a par­lé parce que j’ai tou­jours eu du mal à me faire des amis, je me sen­tais exclue. Je ne me suis jamais vrai­ment inté­gré aux autres enfants de mon âge. »

Cole a rare­ment inter­agi avec la com­mu­nau­té trans­genre dans la vie réelle, mais elle a remar­qué, lors de dis­cus­sions en ligne avec des ado­les­cents trans­genres, que beau­coup d’entre eux avaient de pro­fondes séquelles émo­tion­nelles et des pro­blèmes de san­té men­tale. « Presque toutes les per­sonnes trans­genres que j’ai ren­con­trées, en par­ti­cu­lier celles de mon âge, ont des pro­blèmes fami­liaux graves ou ont été vic­times d’a­bus sexuels ou d’a­gres­sions à un très jeune âge, et il est très inquié­tant que per­sonne ne parle sérieu­se­ment de ces liens », a‑t-elle déclaré.

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Chloe Cole se tenant près de sa mai­son en Cali­for­nie du Nord, le 26 août 2022. (John Fredricks/The Epoch Times)

À 11 ans, Cole ne com­pre­nait pas non plus qu’elle n’é­tait pas obli­gée de res­sem­bler aux images sexua­li­sées de femmes peu vêtues qu’elle voyait en ligne. « Je ne le savais pas à l’é­poque », dit-elle. « J’ai com­men­cé à déve­lop­per des pro­blèmes d’i­mage cor­po­relle. J’ai com­men­cé à me dire : “Pour­quoi est-ce que je ne res­semble pas à ça ? Ne suis-je pas une femme ?” Et une grande par­tie du conte­nu fémi­niste publié par d’autres filles pré­sen­tait le fait d’être une femme comme une chose terrible. »

La transition

À l’âge de 12 ans, Cole affir­ma à ses parents qu’elle était trans­genre. Ils ont alors cher­ché une aide médi­cale pro­fes­sion­nelle. Cole a consul­té un spé­cia­liste du genre, qui l’a orien­tée vers un endo­cri­no­logue. En refu­sant de lui pres­crire des blo­queurs ou des hor­mones en rai­son d’inquiétudes quant à la façon dont ils pour­raient affec­ter son déve­lop­pe­ment cog­ni­tif, cet endo­cri­no­logue est deve­nu le pre­mier et le der­nier méde­cin à lui refu­ser des soins d’« affir­ma­tion de genre ». « Il a été très facile de trou­ver un autre endo­cri­no­logue qui accepte de m’affir­mer », explique-t-elle.

Après deux ren­dez-vous, un deuxième endo­cri­no­logue a approu­vé les blo­queurs de puber­té et la tes­to­sté­rone. Cole avait 13 ans lors­qu’elle a com­men­cé sa tran­si­tion phy­sique. Les injec­tions de blo­queurs de puber­té ont dimi­nué la quan­ti­té d’œstrogènes dans son corps, et envi­ron un mois plus tard, elle a com­men­cé à s’in­jec­ter de la tes­to­sté­rone, dans un pro­ces­sus que les pro­fes­sion­nels de la méde­cine appellent hormonothérapie.

« Ils m’ont d’a­bord mis sous blo­queurs », rap­porte-t-elle. « J’a­vais des bouf­fées de cha­leur. C’é­tait assez grave. Elles se pro­dui­saient de façon spo­ra­dique, et j’en arri­vais à un point où ça me déman­geait vrai­ment. Je ne pou­vais même pas por­ter de pan­ta­lons ou de pulls en hiver. C’était comme une méno­pause artificielle. »

Une fois sous tes­to­sté­rone, la voix de Cole « est deve­nue assez grave » et ses seins sont deve­nus plus petits et ont per­du leur forme au fil du temps. Cole est res­tée sous blo­queurs de puber­té pen­dant envi­ron 18 mois et sous tes­to­sté­rone pen­dant envi­ron trois ans. Les bouf­fées de cha­leur ont ces­sé lors­qu’elle a arrê­té de prendre les blo­queurs de puberté.

Le recours au binder

À l’é­cole, Cole était « une enfant bizarre » [aso­ciale, NdT], cepen­dant, elle s’é­tait fait quelques amis en ligne et aus­si en per­sonne. Mais comme elle n’a­vait fait son coming out qu’au­près de ses amis les plus proches, elle devait faire face à l’an­xié­té liée à la pos­si­bi­li­té d’être démas­quée. « Je n’ai même jamais dit aux ensei­gnants mon nom pré­fé­ré ou quoi que ce soit jus­qu’au lycée, mais je me pré­sen­tais avec des vête­ments d’homme et des coupes de che­veux plus courtes », explique-t-elle.

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Chloe Cole tenant un cor­set qu’elle a uti­li­sé pen­dant qu’elle sui­vait des trai­te­ments hor­mo­naux trans­genres, en Cali­for­nie du Nord, le 26 août 2022. (John Fredricks/The Epoch Times)

Quelques mois après qu’on lui ait pres­crit de la tes­to­sté­rone, Cole a été pelo­tée par un gar­çon au milieu de son cours d’his­toire de qua­trième, qui était si chao­tique que per­sonne ne l’a remar­qué, y com­pris son pro­fes­seur, dit-elle. Cet inci­dent a scel­lé sa déci­sion de por­ter des « bin­ders » pour apla­tir et dis­si­mu­ler ses seins.

« J’a­vais une poi­trine rela­ti­ve­ment petite, mais cela m’a quand même cau­sé des dom­mages. Mes côtes sont un peu défor­mées à cause d’eux. La façon dont ils fonc­tionnent — ce n’est pas comme si les seins dis­pa­rais­saient — ils poussent les seins dans la cage tho­ra­cique », explique-t-elle. Cole se sou­vient que son bin­der col­lait à sa peau dans la cha­leur de la Val­lée cen­trale cali­for­nienne et que sa poi­trine se sen­tait oppres­sée. « C’é­tait la chose la plus incon­for­table qui soit », rapporte-t-elle.

Elle uti­li­sait les toi­lettes des hommes, mais avait tou­jours peur d’être agres­sée sexuel­le­ment. Cepen­dant, elle ne se chan­geait pas dans le ves­tiaire des gar­çons parce qu’elle avait peur d’être vue avec son bin­der, et « que quel­qu’un fasse un com­men­taire à ce sujet, et me prenne pour cible », confie-t-elle.

La plu­part des élèves, à l’ex­cep­tion de ceux qui l’a­vaient connue plus jeune, la connais­saient comme un gar­çon, mais un gar­çon de son cours d’é­du­ca­tion phy­sique a fini par remar­quer ses traits fémi­nins. « Une fois, pen­dant un cours d’éducation phy­sique, où nous étions en train de nager, j’ai enle­vé mon maillot. Je por­tais un bin­der, et quel­qu’un a com­men­té la forme de mon corps. C’est une chose de plus qui m’a don­né envie de me débar­ras­ser de mes seins », raconte Cole. « Il a dit quelque chose du genre “Je ne sais pas ce que c’est, mais tu as l’air plu­tôt fémi­nine”, et ça m’a un peu blessé. »

Avant le pre­mier jour de sa pre­mière année de lycée, Cole s’est ren­due au bureau du prin­ci­pal avec ses parents et a deman­dé que son nom et son dos­sier soient chan­gés en « Leo ».

Double mastectomie

Avant son opé­ra­tion, Cole a assis­té à un cours sur la « chi­rur­gie du haut » avec une quin­zaine d’autres enfants et leurs parents afin d’en apprendre plus sur les dif­fé­rents types d’in­ci­sions. Rétros­pec­ti­ve­ment, dit-elle, « cela res­sem­blait un peu à de la pro­pa­gande — vu les mots qu’ils uti­lisent comme “soins d’af­fir­ma­tion du genre” et des choses comme ça », explique-t-elle. « J’ai l’im­pres­sion qu’on m’a ven­du un produit. »

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Chloe Cole se tenant près de sa mai­son en Cali­for­nie du Nord, le 26 août 2022. (John Fredricks/The Epoch Times)

Cole se rap­pelle avoir regar­dé dans la pièce et avoir remar­qué que la moi­tié des autres enfants sem­blaient avoir quelques années de moins qu’elle. « En y repen­sant main­te­nant, c’est un peu effrayant. C’est un peu malai­sant… ils envi­sa­geaient déjà de se faire opé­rer », dit-elle. Mais, à l’é­poque, le fait de voir d’autres enfants et de savoir qu’elle n’é­tait pas seule l’a confor­tée dans sa déci­sion d’al­ler de l’a­vant avec le type de double mas­tec­to­mie le plus répan­du, appe­lé « mas­tec­to­mie bila­té­rale à double inci­sion avec greffe du mame­lon », en juin 2020. Elle avait 15 ans.

L’o­pé­ra­tion consis­tait à enle­ver le tis­su mam­maire et à remo­de­ler la poi­trine pour lui don­ner une appa­rence plus mas­cu­line. « Ils enlèvent le mame­lon et le rat­tachent dans une posi­tion plus mas­cu­line, et il y a quelques effets secon­daires asso­ciés à cela », a décla­ré Cole. Non seule­ment il y a une perte de sen­sa­tion due à l’a­bla­tion du tis­su mam­maire, mais le repo­si­tion­ne­ment du mame­lon néces­site de sec­tion­ner le canal qui ali­mente le mame­lon en lait mater­nel, rapporte-t-elle.

L’o­pé­ra­tion a lais­sé Cole avec des dou­leurs mus­cu­laires pro­fondes pour les­quelles on lui a pres­crit un trai­te­ment à base d’o­pioïdes, mais comme la dou­leur diges­tive qu’il lui cau­sait était pire que la dou­leur dans sa poi­trine, elle a arrê­té de prendre les pilules. « En fait, j’ai été han­di­ca­pée pen­dant un cer­tain temps. J’a­vais une ampli­tude de mou­ve­ment très limi­tée, sur­tout dans les bras et le haut du corps. Il y avait beau­coup de choses que je ne pou­vais pas faire. Je n’ai même pas pu quit­ter la mai­son pen­dant quelques semaines », raconte-t-elle. « Je me sou­viens que c’é­tait très perturbant. »

Mais le pire, dans son pro­ces­sus de récu­pé­ra­tion, ce sont les pro­blèmes post-opé­ra­toires conti­nus qu’elle a avec ses mame­lons, dit-elle. « Cela fait deux ans, et j’ai tou­jours de ter­ribles pro­blèmes de peau », dit-elle. « La façon dont la peau gué­rit sur la greffe… c’est juste hor­rible. C’est vrai­ment dégoûtant. »

Cole a eu du mal à contac­ter son chi­rur­gien après l’o­pé­ra­tion, et même si elle était cen­sée avoir un ren­dez-vous de sui­vi avec lui, elle a fini par avoir un appel avec deux infir­mières qui étaient pré­sente dans la salle d’o­pé­ra­tion à la place. Elle craint éga­le­ment que les blo­queurs de puber­té aient pu affec­ter le déve­lop­pe­ment de son cer­veau, comme son pre­mier endo­cri­no­logue l’a­vait sug­gé­ré, mais son plus grand regret est que l’o­pé­ra­tion l’ait défi­ni­ti­ve­ment affec­tée en tant que femme.

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Chloe Cole se tenant près de sa mai­son en Cali­for­nie du Nord, le 26 août 2022. (John Fredricks/The Epoch Times)

« J’a­vais 15 ans. On ne peut pas vrai­ment attendre d’une ado­les­cente qu’elle prenne des déci­sions d’a­dulte », déclare-t-elle. « Donc, à cause d’une déci­sion que j’ai prise petite, je ne pour­rais jamais allai­ter. C’est assez inquié­tant que cela soit recom­man­dé à des enfants de l’âge que j’avais, et même encore plus jeunes, désor­mais. Ils com­mencent à opé­rer des pré­ado­les­cents maintenant. »

Dilemme de la détransition

Pen­dant la période de confi­ne­ment et d’ap­pren­tis­sage à dis­tance du COVID-19, Cole a beau­coup uti­li­sé les réseaux sociaux pour inter­agir vir­tuel­le­ment et a remar­qué que les filles de son âge pos­taient des pho­tos « super-idéa­li­sées » d’elles-mêmes. Même si elle se ren­dait compte que ces images avaient été retou­chées et amé­lio­rées, elles ont géné­ré chez elle les mêmes malaises liés à l’i­mage cor­po­relle que ceux qu’elle avait connus dans son enfance. « Pen­dant un cer­tain temps, je me suis deman­dé : “Est-ce vrai­ment la valeur d’une femme ? Si je ne fais pas ça, est-ce que ça vou­dra dire que je ne suis pas aus­si bien que ces autres femmes ?”. »

Mais fina­le­ment, Cole a ache­té des vête­ments fémi­nins et du maquillage, qu’elle ne por­tait que dans l’in­ti­mi­té de sa chambre. « Je sup­pose qu’in­cons­ciem­ment, j’ai com­men­cé à réa­li­ser que ce qui me man­quait, c’é­tait de me pré­sen­ter de manière plus fémi­nine, d’être jolie », a‑t-elle décla­ré. Avec le temps, elle a com­men­cé à perdre ses illu­sions de vivre comme un homme.

« J’ai réa­li­sé que je n’é­tais pas vrai­ment prête à assu­mer les res­pon­sa­bi­li­tés qui en découlent », rap­porte-t-elle. « Il y avait des moments où j’a­vais l’im­pres­sion que je n’é­tais pas assez bien en tant que fille, mais peut-être que je n’étais pas assez bien en tant que gar­çon non plus, je ne savais plus vrai­ment ce que j’étais. »

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Chloe Cole se tenant près de sa mai­son en Cali­for­nie du Nord, le 26 août 2022. (John Fredricks/The Epoch Times)

Au cours des mois sui­vants, l’i­so­le­ment dû aux fer­me­tures d’é­coles a eu des réper­cus­sions sur l’é­tat d’es­prit de Cole. Elle som­brait dans la dépres­sion. Au cours du deuxième semestre de sa pre­mière, au lycée, les notes de Cole ont chu­té et ses parents ont déci­dé de l’ins­crire dans un pro­gramme sco­laire uni­que­ment en ligne. « C’é­tait un peu comme un pro­gramme d’en­sei­gne­ment à domi­cile, sauf que je devais me rendre au bureau du dis­trict au moins une fois par semaine pour pas­ser des tests », explique-t-elle. « Mes résul­tats sco­laires ont en fait beau­coup empi­ré, parce que j’é­tais alors vrai­ment isolée. »

Mais Cole recon­nait que la dimi­nu­tion de ses inter­ac­tions sociales lui a offert du temps pour l’introspection. Au cours du der­nier tri­mestre de sa pre­mière, elle a sui­vi un cours de psy­cho­lo­gie pour la pre­mière fois et a appris le fonc­tion­ne­ment du déve­lop­pe­ment de l’en­fant. L’un des cours por­tait sur les expé­riences de Har­low sur les bébés singes rhé­sus, avec pour thème la mater­ni­té, le lien mère-enfant et l’al­lai­te­ment. « J’ai com­men­cé à réa­li­ser que c’était ce que j’étais en train d’en­le­ver de moi-même. Je ne vais pas pou­voir créer des liens avec mes enfants de la même manière qu’une mère en adop­tant un rôle mas­cu­lin, et je me suis débar­ras­sée de mes seins, donc je ne peux pas nour­rir mes enfants natu­rel­le­ment ou être lié à eux de cette manière. Et je pense que ça a été le plus grand cata­ly­seur qui m’a fait réa­li­ser à quel point tout cela était erro­né », explique-t-elle.

Accepter d’être une femme

Cole a annon­cé sa détran­si­tion en mai 2021, envi­ron 11 mois après l’o­pé­ra­tion, et a embras­sé sa réa­li­té de femme. « Je suis une femme », affirme-t-elle. Mal­gré sa tran­si­tion, Cole explique qu’elle a tou­jours été prin­ci­pa­le­ment atti­rée par les hommes et n’a jamais été que « mar­gi­na­le­ment atti­rée » par les femmes. Elle est « hété­ro », et sait main­te­nant que sa confu­sion de genre, lors­qu’elle était enfant, était basée sur l’in­sé­cu­ri­té et sa peur d’être une femme. Cole « cultive » une nou­velle appa­rence fémi­nine pour elle-même, mais n’apprécie tou­jours pas le maquillage et n’a pas le temps pour ça en général.

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Chloe Cole près de sa mai­son en Cali­for­nie du Nord, le 26 août 2022. (John Fredricks/The Epoch Times)

« Je suis presque tou­jours en robe ou en jupe parce que, hon­nê­te­ment, c’est très confor­table », confie-t-elle. Elle a appris à accep­ter son corps tel qu’il est, et ne veut pas subir de chi­rur­gie recons­truc­tive ou se faire poser des implants mam­maires. « Il existe de nom­breuses options de recons­truc­tion, mais hon­nê­te­ment, je ne pense pas que cela en vaille la peine », affirme-t-elle. « Je ne retrou­ve­rai jamais ma fonc­tion bio­lo­gique, quoi que je fasse, alors il n’y a pas vrai­ment d’in­té­rêt à le faire. » Cole a obte­nu son diplôme d’é­tudes secon­daires en mai et s’est ins­crite à l’université.

Message d’espoir

Bien qu’elle ait été har­ce­lée sur les réseaux sociaux et mena­cée par des mili­tants, Cole était déter­mi­née à par­ta­ger son his­toire. « Je veux empê­cher que d’autres cas comme le mien ne se pro­duisent », a‑t-elle décla­ré. Elle se demande pour­quoi les édu­ca­teurs sont deve­nus com­plices du pro­ces­sus d’« affir­ma­tion du genre ». « Le pro­blème est qu’ils ne ques­tionnent pas vrai­ment toute cette his­toire de trans. Lorsque j’ai deman­dé au lycée de chan­ger mon nom, mon adresse élec­tro­nique et mes dos­siers, il n’y a pas eu de réac­tion ou quoi que ce soit d’autre », explique-t-elle.

Cole exhorte les enfants qui envi­sagent de subir une opé­ra­tion de tran­si­tion de genre à « ne pas se lais­ser ber­ner par toute cette roman­ti­sa­tion » de la tran­si­tion et leur sug­gère de consi­dé­rer le fait qu’il peut y avoir « d’autres rai­sons » sous-jacentes à la dys­pho­rie de genre, y com­pris l’au­tisme ou d’autres pro­blèmes de san­té men­tale. « Je sug­gère for­te­ment d’at­tendre, car pour la plu­part des gens, le cer­veau conti­nue de se déve­lop­per jusqu’au milieu de la ving­taine, voire un peu plus tard. Les ado­les­cents sont connus pour prendre des déci­sions irré­flé­chies. Ça fait mal d’en­tendre ça, sur­tout quand on est enfant, mais c’est la véri­té », dit-elle. « Il y a une rai­son pour laquelle on ne peut pas ache­ter de ciga­rettes ou d’al­cool, ni voter ou louer une voi­ture avant un cer­tain âge. »


Tra­duc­tion : Nico­las Casaux

Note du Tra­duc­teur : Chloe Cole n’ex­pli­cite pas en pro­fon­deur le carac­tère intrin­sè­que­ment absurde et sexiste du trans­gen­risme. Pour le saisir :

Le trans­gen­risme ou com­ment le sexisme pousse des jeunes à muti­ler leurs corps sains (par Audrey A. et Nico­las Casaux)

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