Pourquoi tant d’agresseurs sexuels parmi les « femmes trans » (hommes se disant femmes) incarcérés ? (par Nicolas Casaux)

Il y a quelques jours, le site web de la police de Sus­sex, un com­té du Royaume-Uni, publiait un article inti­tu­lé : « Une femme condam­née pour des agres­sions his­to­riques contre des enfants du Sussex. »

On y appre­nait que :

« Sept enfants ayant subi des abus sexuels dans le Sus­sex il y a envi­ron 30 ans ont vu jus­tice ren­due après que leur agres­seuse ait été condam­née à 20 ans de pri­son le jeu­di 8 septembre.

Sal­ly Anne Dixon, 58 ans, de Swan­more Ave­nue, Havant, Hants, a été condam­née à la Lewes Crown Court après avoir été recon­nue cou­pable de 30 agres­sions sexuelles sur ses vic­times. Au moment des infrac­tions, Dixon s’ap­pe­lait John Ste­phen Dixon, mais elle a tran­si­tion­né pour deve­nir femme en 2004 — après la période au cours de laquelle les infrac­tions ont eu lieu.

Dixon a été condam­née à une peine de 18 ans d’emprisonnement, avec deux années sup­plé­men­taires à pur­ger dans le cadre d’un pla­ce­ment sous sur­veillance pro­lon­gée. Un juge a ordon­né que les deux tiers au moins de cette peine soient pur­gés en déten­tion. Dixon sera éga­le­ment sou­mise à une ordon­nance de pré­ven­tion des agres­sions sexuelles pour une durée indéterminée. »

Dixon est un homme.

La publi­ca­tion de la police de Sus­sex a pro­vo­qué un tol­lé, beau­coup de femmes ont fait valoir qu’il était absurde et insul­tant de lais­ser entendre qu’une femme avait com­mis ces crimes hor­ribles, puisqu’il s’agit d’un homme. Au départ, les employés de la police de Sus­sex s’en sont pris aux femmes qui sou­li­gnaient cela en leur disant qu’il était into­lé­rable de « mégen­rer » un indi­vi­du, quel qu’il soit. Ils sont même allés jusqu’à mena­cer les femmes qui s’insurgeaient contre leur pré­sen­ta­tion de la nou­velle de les pour­suivre en jus­tice. Mais, rapi­de­ment, le tol­lé a eu son effet, et l’ancien titre de l’article de la police de Sus­sex (« Une femme condam­née pour des agres­sions his­to­riques contre des enfants du Sus­sex ») a été rem­pla­cé par : « Une peine de vingt ans de pri­son pour des infrac­tions sexuelles his­to­riques. » La police de Sus­sex s’est même excusée.

Mais, bon, l’histoire demeure essen­tiel­le­ment la même. John Ste­phen Dixon, deve­nu Sal­ly Anne Dixon, est tou­jours pré­sen­té comme une femme. Cela étant, vu qu’il a com­mis ses crimes avant sa tran­si­tion, ceux-ci seront caté­go­ri­sés dans les sta­tis­tiques de la cri­mi­na­li­té mas­cu­line. Néan­moins, et mal­heu­reu­se­ment, comme le rap­porte Anna Slatz dans un article paru sur le site Reduxx (qui s’efforce entre autres choses de tenir le compte de ce genre de faits, qui sont autre­ment lar­ge­ment occul­tés) : « lors de la déter­mi­na­tion de la peine, le tri­bu­nal a déci­dé que Dixon serait envoyé dans une pri­son pour femmes. Et ce, mal­gré le fait qu’il n’a­vait même pas léga­le­ment chan­gé de nom ou de sexe. »

Comme le sou­lignent nombre de fémi­nistes, il s’agit là d’un des nom­breux pro­blèmes que pose l’idéologie de l’identité de genre (l’idéologie trans­genre). Dans les pays où elle a alté­ré les lois, lorsqu’un crime est com­mis par un homme se disant femme (une « femme trans », ou, pour employer une expres­sion plus adé­quate, moins orwe­lienne, un « homme tran­si­den­ti­fié »), il est consi­dé­ré comme un crime ayant été com­mis par une femme. Or, comme le note Bev Jack­son de la LGB Alliance (une orga­ni­sa­tion LGB britannique) :

« Ce n’est pas un crime de sou­li­gner que l’on ne peut pas chan­ger de sexe. Lorsque la police classe un pédo­cri­mi­nel dans la mau­vaise caté­go­rie sexuelle, cela ne conduit pas à une plus grande tolé­rance ou accep­ta­tion. Cela génère de mau­vaises sta­tis­tiques et cela occulte la situa­tion pro­blé­ma­tique dans laquelle se retrouvent les femmes détenues. »

Aux États-Unis comme au Royaume-Uni, on remarque une forte pro­por­tion d’agresseurs sexuels par­mi les hommes tran­si­den­ti­fiés (« femmes trans », les hommes se disant femmes) incarcérés.

Aux États-Unis, d’après des sta­tis­tiques obte­nues par Aman­da Stul­man, qui dirige la branche états-unienne d’une orga­ni­sa­tion mili­tant en faveur de la conser­va­tion d’établissements car­cé­raux uni­sexes : 48,47% des « femmes trans » (hommes se disant femmes) incar­cé­rés le sont pour des infrac­tions sexuelles, contre seule­ment 4,71% des « hommes trans » (femmes se disant hommes) et 11,2% de la popu­la­tion car­cé­rale mas­cu­line non trans­genre en général.

Au Royaume-Uni, d’après une sta­tis­tique de 2019 : 58,9 % des « femmes trans » (hommes se disant femmes) incar­cé­rés le sont pour des infrac­tions sexuelles, contre 16,8% pour les hommes incar­cé­rés et 3,3% pour les femmes incarcérées.

Bien sûr, ces hommes tran­si­den­ti­fiés (pré­ten­dues « femmes trans ») incar­cé­rés ne repré­sentent qu’un faible pour­cen­tage des hommes tran­si­den­ti­fiés en géné­ral. Il ne s’agit pas de sug­gé­rer que tous les hommes se disant femmes (les « femmes trans ») sont des agres­seurs sexuels. Sim­ple­ment de remar­quer plu­sieurs pro­blèmes que pose l’idéologie de l’identité de genre (le trans­gen­risme). Notam­ment pour les femmes, en l’oc­cur­rence. Comme le note le socio­logue bri­tan­nique Michael Biggs, « aucune éva­lua­tion n’est faite des dan­gers que repré­sentent pour les femmes déte­nues les femmes trans logées dans les éta­blis­se­ments de déten­tion réser­vés aux femmes, mal­gré les aver­tis­se­ments des spé­cia­listes de l’i­den­ti­té de genre ».

En effet, James Bar­rett, pré­sident de l’Association bri­tan­nique des spé­cia­listes de l’i­den­ti­té de genre, remarque par exemple :

« […] on assiste à une vague crois­sante de trans­ferts de déte­nus pur­geant des peines longues ou indé­ter­mi­nées pour des infrac­tions sexuelles graves. Ces déte­nus sont beau­coup plus nom­breux que ceux qui sont incar­cé­rés pour des délits plus ordi­naires, non sexuels. Il a été sug­gé­ré de manière plu­tôt naïve que per­sonne n’oserait men­tir pour pré­tendre à un sta­tut trans­sexuel en pri­son. Ceux d’entre nous qui inter­rogent les pri­son­niers constatent au contraire qu’il existe de très nom­breuses rai­sons, pour les déte­nus, de ce faire. Celles-ci vont de l’op­por­tu­ni­té de faire des voyages hors de la pri­son au désir d’être trans­fé­ré dans le quar­tier des femmes […], en pas­sant par l’i­dée qu’une com­mis­sion de libé­ra­tion condi­tion­nelle per­ce­vra une per­sonne de sexe fémi­nin comme étant moins dan­ge­reuse, par la croyance [fausse] qu’un trai­te­ment hor­mo­nal ren­dra effec­ti­ve­ment une per­sonne moins dan­ge­reuse, par la volon­té d’ob­te­nir un sta­tut spé­cial ou pro­té­gé au sein du sys­tème péni­ten­tiaire et même (dans un cas très bien docu­men­té qu’un direc­teur de pri­son très pré­oc­cu­pé a por­té à mon atten­tion) par une plé­thore d’in­for­ma­tions pro­ve­nant des ser­vices de ren­sei­gne­ments péni­ten­tiaires sug­gé­rant que la force motrice était le désir de rendre les infrac­tions sexuelles ulté­rieures beau­coup plus faciles, les femmes étant géné­ra­le­ment per­çues comme étant à faible risque à cet égard. »

Même s’il s’agit encore d’un nombre assez faible, de plus en plus de déte­nus hommes tran­si­den­ti­fiés (« femmes trans ») ayant com­mis des agres­sions sexuelles se retrouvent incar­cé­rés dans des pri­sons pour femmes au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Aus­tra­lie (et peut-être ailleurs). Cer­tains entre­prennent même des « tran­si­tions de genre » en pri­son afin d’être trans­fé­rés. Plu­sieurs femmes ont déjà été vio­lées par de tels hommes, dans des pri­sons pour femmes. Cer­taines ont même été mises enceintes. Et dans tous ces pays, des femmes com­battent cette situa­tion absurde, injuste et dan­ge­reuse. Y com­pris depuis l’in­té­rieur de plu­sieurs prisons.

Au Cana­da, ain­si que le rap­porte La Presse dans un bon article paru le 1er octobre 2022, Hea­ther Mason, une ancienne déte­nue, se démène pour que cessent les trans­ferts d’hommes tran­si­den­ti­fiés (« femmes trans ») vers des pri­sons pour femmes. L’ar­ticle de La Presse, qui vaut la lec­ture, men­tionne plu­sieurs exemples de tels trans­ferts, qui font froid dans le dos. Selon Mason, en auto­ri­sant cette pra­tique, le SCC (Ser­vice cor­rec­tion­nel du Cana­da) « est en train de déchar­ger la réa­li­té de la vio­lence des pri­sons mas­cu­lines vers les pri­sons pour femmes ».

« Les pri­sons pour femmes sont typi­que­ment des cot­tages, avec des espaces com­muns et des portes ver­rouillées. C’est plus relaxe que les pri­sons pour hommes », sou­ligne l’ex-détenue. Qui ajoute : « Ces hommes essaient d’adoucir leur peine dans un envi­ron­ne­ment moins contrai­gnant en pré­ten­dant être des femmes, mais cer­tains cherchent aus­si à s’approcher des femmes parce qu’ils sont en dedans pour une très longue période de temps, et qu’ils veulent avoir du sexe. »

Évi­dem­ment, ceux qui s’i­ma­ginent pro­gres­sistes — pre­nant indé­nia­ble­ment le par­ti des hommes et de leurs dési­rs contre celui de la jus­tice, du sens, de la rai­son, de la logique, de la défense des oppri­mées — n’hé­sitent pas à trai­ter les femmes comme Hea­ther Mason de « transphobes ».

Il devrait pour­tant être évident que dans une socié­té phal­lo­cra­tique comme la pré­sente civi­li­sa­tion indus­trielle, dans laquelle les hommes com­mettent beau­coup de vio­lences à l’en­contre des femmes, dans laquelle beau­coup d’hommes cherchent à exploi­ter les femmes sexuel­le­ment, dans laquelle les hommes ont ten­dance à être bien plus vio­lents que les femmes, à com­mettre davan­tage de crimes, etc., il est dan­ge­reux pour les femmes qu’il soit per­mis à n’im­porte quel homme de se dire femme et de le deve­nir aux yeux de la loi.

Nico­las Casaux

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