Cette tra­duc­tion est un mélange de deux articles dif­fé­rents :
http://thinkprogress.org/health/2014/09/10/3565601/domestic-violence-cost/

La vio­lence domes­tique est plus coû­teuse que les guerres, à la fois en termes de morts et en dépenses de dol­lars, selon un nou­veau rap­port du Copen­ha­gen Consen­sus Centre, qui explique que le pro­blème est lar­ge­ment sous-esti­mé.

Les auteurs de l’é­tude concluent que les agres­sions domes­tiques, per­pé­trées la plu­part du temps contre des femmes et des enfants, coûte près de 9,5 tril­lions de dol­lars chaque année en pertes éco­no­miques. Cela sur­passe de loin le coût des guerres civiles récentes, esti­mé à 170 mil­liards de dol­lars annuels, ain­si que celui des homi­cides non liés à la vio­lence des par­te­naires proches, esti­mé à 650 mil­liards de dol­lars annuels. Les cher­cheurs arrivent à de tels chiffres approxi­ma­tifs en ten­tant d’es­ti­mer à la fois les coûts tan­gibles et intan­gibles résul­tants des vio­lences, comme les pertes de reve­nus poten­tiels, la réduc­tion de l’ac­ti­vi­té éco­no­mique, et les consé­quences pour la san­té.

Le coût humain est aus­si plus impor­tant. Selon les cher­cheurs, neuf per­sonnes, envi­ron, sont tuées dans des dis­putes domes­tiques pour chaque per­sonne qui meurt dans une guerre civile. Près de 769 mil­lions de femmes sont vic­times de vio­lence domes­tique à un moment de leur vie, et 290 mil­lions d’en­fants subissent des vio­lences à la mai­son.

« Les guerres ne sont qu’une seule forme de vio­lence et sont très coû­teuses, mais d’autres formes sont encore plus coû­teuses et n’ob­tiennent pas autant d’at­ten­tion », explique Anke Hoef­fler de l’u­ni­ver­si­té d’Ox­ford, une des auteurs du nou­veau rap­port, au Guar­dian. « Il y a une sur-concen­tra­tion sur les consé­quences des vio­lences poli­tiques et pas assez sur les vio­lences domes­tiques. Nous devrons plus nous concen­trer sur la manière d’a­bor­der ces pro­blèmes. »

Les cher­cheurs expliquent que leur nou­veau rap­port est une pre­mière ten­ta­tive d’es­ti­ma­tion des coûts mon­diaux de la vio­lence. Et ils pensent que leurs décou­vertes devraient inci­ter la com­mu­nau­té inter­na­tio­nale à consa­crer davan­tage de res­sources à la lutte contre les abus domes­tiques. « Mal­gré sa pré­va­lence et ses coûts appa­rents très impor­tants, la com­mu­nau­té inter­na­tio­nale de déve­lop­pe­ment n’a pas encore défi­ni la vio­lence socié­tale, ou inter­per­son­nelle, comme un pro­blème de déve­lop­pe­ment, que des aides et d’autres poli­tiques d’in­ter­ven­tion devraient cher­cher à résoudre de manière sys­té­ma­tique », conclut le rap­port. « Il y a de solides argu­ments en faveur de l’oc­troi d’une aide accrue aux pro­grammes trai­tant des agres­sions et des crimes vio­lents ».

Ces décou­vertes suivent un autre rap­port récent (para­graphes ci-après) détaillant les niveaux « scan­da­leu­se­ment » éle­vés d’a­bus et de vio­lences contre les enfants. Cette étude, diri­gée par l’U­ni­cef, révèle que de nom­breux enfants gran­dissent dans un monde où ils pensent que la vio­lence domes­tique est sim­ple­ment inévi­table. Par exemple, la moi­tié des filles âgées de 15 à 19 ans croient qu’il est jus­ti­fié pour un homme de frap­per sa femme.

1 fille sur 10 a été agres­sée sexuel­le­ment. 6 enfants sur 10 sont régu­liè­re­ment bat­tus par leurs éducateurs/gardiens. La moi­tié des filles âgées de 15 à 19 ans croient qu’il est « jus­ti­fié » pour un homme de frap­per sa femme. Une vic­time sur cinq d’ho­mi­cide, envi­ron, est un enfant. 95 000 enfants ou ado­les­cents sont morts en 2012 suite à un homi­cide. 120 mil­lions de filles ont subi des vio­lences sexuelles cette même année.

Les chiffres sur les homi­cides sont effa­rants, prin­ci­pale cause de décès des gar­çons de 10 à 19 ans dans 7 pays d’Amérique du Sud. Ce n’est pour­tant qu’une petite pro­por­tion des vio­lences. Celles liées à la « dis­ci­pline », les châ­ti­ments cor­po­rels, concernent en effet 6 enfants sur 10 dans le monde, âgés de 2 à 14 ans. Mêmes chiffres impor­tants dans les vio­lences réa­li­sées par des pairs : 1 élève sur 3 dans le monde est ain­si vic­time régu­lière. En Europe et en Amé­rique du Nord, 31% des ado­les­cents recon­naissent pra­ti­quer cette vio­lence. Chaque année, nous dit-on, 102 000 adultes sont vic­times de viols et de ten­ta­tives de viol (86 000 femmes et 16 000 hommes) en France, mais on ne nous parle pas des vic­times mineures pour­tant bien plus nom­breuses, esti­mées à 154 000 (124 000 filles et 30 000 gar­çons) (1).

Il ne s’a­git là que de quelques-unes des décou­vertes tirées d’un nou­veau rap­port de l’U­ni­cef qui détaille la « pré­va­lence cho­quante » de la vio­lence et des abus contre les enfants à tra­vers la pla­nète. L’é­tude — qui repré­sente la com­pi­la­tion d’in­for­ma­tions la plus impor­tante dans le domaine de la mal­trai­tance des enfants — tire ses don­nées de plus de 190 pays, et conclut que ce type de vio­lence a été tel­le­ment nor­ma­li­sé que beau­coup d’en­fants gran­dissent en pen­sant que c’est ain­si que les choses sont cen­sées se pas­ser, que le monde est sim­ple­ment ain­si.

« Jusqu’à pré­sent, on ne connais­sait pas l’é­ten­due du pro­blème », explique Gee­ta Rao Gup­ta, direc­trice géné­rale adjointe de l’U­ni­cef, à l’As­so­cia­ted Press. « Trop de vic­times, de cou­pables et de spec­ta­teurs consi­dèrent cela nor­mal, et lorsque les vio­lences ne sont ni remar­quées, ni rap­por­tées, nous ali­men­tons la croyance chez les enfants selon laquelle tout ça est nor­mal ».

C’est en par­tie parce que les enfants sont géné­ra­le­ment agres­sés par des membres de leur famille et par des figures d’au­to­ri­té cen­sées les pro­té­ger. À l’ex­cep­tion de quelques pays d’A­mé­rique latine, où le taux d’ho­mi­cides infan­tiles est le plus éle­vé du monde et d’où les enfants fuient vers la fron­tière des États-Unis, pour échap­per aux meurtres ; la vio­lence faite aux enfants n’est pas néces­sai­re­ment la consé­quence d’une période de guerre, ou le résul­tat d’un sou­lè­ve­ment poli­tique. « Elle se pro­duit aux endroits où les enfants sont cen­sés être en sécu­ri­té, leur mai­son, leurs écoles et leur com­mu­nau­té », sou­ligne Antho­ny Lake, direc­teur géné­ral de l’U­ni­cef, dans un com­mu­ni­qué.

Par exemple, par­mi les ado­les­centes ayant signa­lé avoir subi « une forme de vio­lence phy­sique » depuis l’âge de 15 ans, la plu­part d’entre elles ont dit que leur agres­seur était un membre de la famille proche. Dans des pays comme l’Inde et la Zam­bie, plus de 70 % des vic­times expliquent que leurs par­te­naires actuels, ou ex-par­te­naires, sont res­pon­sables des abus. La plu­part de ces filles n’ont jamais signa­lé leur agres­sion.

Confron­ter la vio­lence contre les enfants, explique l’O­NU, implique la remise en ques­tion des normes cultu­relles qui lui ont per­mis de pros­pé­rer pen­dant si long­temps. Par exemple, le rap­port remarque que la même pro­por­tion de gar­çons et de filles, à tra­vers la pla­nète — près de 50 % — pense qu’il y a des cas où il est accep­table pour des maris de battre leurs femmes. Une étude pré­cé­dente dans le domaine avait remar­qué que les atti­tudes mal­saines à l’é­gard des femmes s’en­ra­ci­naient à un jeune âge, et que ces dyna­miques étaient si pro­fon­dé­ment ancrées que les jeunes pen­saient sim­ple­ment que la vio­lence sexuelle était inévi­table.

Des membres de l’O­NU disent que ces tristes sta­tis­tiques devraient inci­ter les gou­ver­ne­ments à s’at­ta­quer plus sérieu­se­ment à ces pro­blèmes. Un rap­port sépa­ré de l’U­ni­cef divul­gué cette semaine offre des solu­tions addi­tion­nelles pour mettre fin à la vio­lence contre les enfants : édu­quer les gar­diens légaux sur les solu­tions alter­na­tives aux puni­tions cor­po­relles, don­ner les moyens aux enfants de cher­cher de l’aide, étendre l’ac­cès aux ser­vices de soins pour les enfants, adop­ter des lois pour pro­té­ger les enfants, et conti­nuer à col­lec­ter des don­nées sur l’en­ver­gure de ce pro­blème.


(1) INSEE-ONDRP, enquêtes Cadre de vie et sécu­ri­té de 2010 à 2013.

Rap­port Uni­cef :
https://unicef.hosting.augure.com/Augure_UNICEF/r/ContenuEnLigne/Download?id=F4CDE974-5DF7-43FB-AB34-57C8580C3F5C&filename=VR%20Exec%20Summary%209_1%20FR%20.pdf

OMS :
http://www.who.int/violence_injury_prevention/violence/status_report/2014/en/

Rap­port du Copen­ha­gen Consen­sus Centre sur les vio­lences domes­tique :
http://www.copenhagenconsensus.com/sites/default/files/conflict_assessment_-_hoeffler_and_fearon.pdf

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Comments to: La violence domestique tue plus que les guerres & les chiffres accablants des violences faites aux enfants
  • 26 mai 2015

    La vio­lence domes­tique tue plus que les guerres &
    les chiffres acca­blants des vio­lences faites aux enfants
    Les Chiffres ne rendent pas compte des dégâts humains
    Qu’at­tend on pour mettre en place les mesures signi­fiantes ??????????

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  • Sou­tien de cette dénon­cia­tion des faits acca­blants de la vio­lence intra fami­liale , ses consé­quences sur toute la famille. Du coût du post trau­ma­tique pour les vic­times et pour la socié­té in fine. De l’ur­gence de concre­ti­ser des juri­dic­tions spé­cia­li­sées pour les trai­ter.
    SOS les Mamans
    http://Www.soslesmamans.com

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  • […] La vio­lence domes­tique tue plus que les guerres & les chiffres acca­blants des vio­lences faites … […]

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