Traduction d'un article initialement publié (en anglais) à l'adresse suivante.

  1. La civi­li­sa­tion indus­trielle n’est pas et ne peut pas être sou­te­nable.

Tout sys­tème social basé sur l’utilisation de res­sources non-renou­ve­lables est insou­te­nable par défi­ni­tion. Non-renou­ve­lables signi­fiant qu’elles fini­ront ulti­me­ment par man­quer. En sur­ex­ploi­tant votre envi­ron­ne­ment non-renou­ve­lable, vous fini­rez par le vider et par mou­rir. De la même manière, en exploi­tant votre envi­ron­ne­ment renou­ve­lable — les arbres, par exemple — plus rapi­de­ment qu’il ne peut se régé­né­rer, vous l’épuiserez et fini­rez par mou­rir. Il s’agit pré­ci­sé­ment de ce que fait la civi­li­sa­tion depuis le début de son expan­sion il y a 10 000 ans — en épui­sant les sols, les rivières, les forêts mais aus­si les métaux, le char­bon et le pétrole.

  1. La civi­li­sa­tion indus­trielle entraine un effon­dre­ment pla­né­taire du vivant

En rai­son de l’insatiable appé­tit de la civi­li­sa­tion indus­trielle pour la crois­sance, nous avons dépas­sé la capa­ci­té de charge de la pla­nète. Une fois la capa­ci­té de charge d’une zone spé­ci­fique dépas­sée, les com­mu­nau­tés éco­lo­giques qui s’y trouvent se voient sévè­re­ment endom­ma­gées, et plus la sur­ex­ploi­ta­tion per­dure plus les dom­mages empirent, jusqu’à ce que les popu­la­tions s’effondrent. Cet effon­dre­ment a lieu en ce moment-même. Chaque 24 heures, plus de 200 espèces s’éteignent. 90% des grands pois­sons des océans ne sont plus. 98% des forêts ori­gi­nelles, 99% des zones humides ain­si que 99% des prai­ries ori­gi­nelles ont été éra­di­quées.

  1. La civi­li­sa­tion indus­trielle est basée sur — et requiert — une vio­lence per­ma­nente et sys­té­ma­tique.

Ce mode de vie est basé sur les pré­ro­ga­tives auto­pro­cla­mées des puis­sants à exploi­ter les res­sources sur les­quelles ils jettent leur dévo­lu. Tous les ter­ri­toires que la civi­li­sa­tion indus­trielle exploite actuel­le­ment ont été volés par la force à leurs habi­tants ori­gi­nels, et façon­nés à l’aide de pro­ces­sus — exploi­ta­tions fores­tières indus­trielles, exploi­ta­tions minières, fontes — les struc­tu­rant vio­lem­ment à des fins indus­trielles. Les com­mu­nau­tés tra­di­tion­nelles aban­donnent ou vendent rare­ment volon­tai­re­ment les res­sources grâce aux­quelles elles sur­vivent et ne per­mettent pas volon­tai­re­ment que leurs ter­ri­toires soient endom­ma­gés afin que d’autres res­sources — or, pétrole, etc. — puissent en être extraites. Il s’ensuit que ceux qui convoitent ces res­sources feront tout ce qui est en leur pou­voir pour les acqué­rir par tous les moyens néces­saires. L’extraction de res­sources ne peut se faire sans l’usage de force et l’exploitation.

espoir

  1. Afin que le monde tel que nous le connais­sons per­dure jour après jour, un degré impor­tant et éten­du de des­truc­tion et de mort doit se pro­duire.

L’industrialisation est un pro­ces­sus trans­for­mant des com­mu­nau­tés entières d’êtres vivants en mar­chan­dises et en zones mortes. Remon­tez à la source de chaque arte­fact indus­triel et vous consta­te­rez la même dévas­ta­tion : exploi­ta­tion minière, coupes rases, bar­rages, agri­cul­ture, et aujourd’hui sables bitu­mi­neux, des­truc­tion des mon­tagnes et fermes d’éoliennes. Ces atro­ci­tés, et d’autres du même aca­bit, se pro­duisent autour de nous, chaque jour, seule­ment pour le fonc­tion­ne­ment nor­mal des choses. Il n’existe pas de ver­sion plus gen­tille, plus verte, de la civi­li­sa­tion indus­trielle, qui nous per­met­trait de lais­ser vivre la pla­nète.

  1. Ce mode d’existence n’est pas natu­rel

Les humains, ain­si que leurs pré­dé­ces­seurs évo­lu­tion­naires immé­diats, ont vécu de manière sou­te­nable depuis au moins un mil­lion d’années. Ce n’est pas dans la « nature humaine » de détruire son habi­tat. La « cen­tra­li­sa­tion du pou­voir poli­tique, la sépa­ra­tion en classes, la divi­sion du tra­vail pour la vie, la méca­ni­sa­tion de la pro­duc­tion, l’amplification du pou­voir mili­taire, l’exploitation éco­no­mique des faibles et l’introduction uni­ver­selle de l’esclavage et du tra­vail for­cé à des fins indus­trielles et mili­taires » ne sont que les carac­té­ris­tiques prin­ci­pales de la civi­li­sa­tion, et ne sont des constantes qu’à tra­vers son his­toire.

  1. La civi­li­sa­tion indus­trielle n’est ren­due pos­sible qu’en rai­son d’une éner­gie bon mar­ché.

La seule rai­son pour laquelle des pro­ces­sus indus­triels comme l’agriculture à grande échelle et l’exploitation minière existent est la pré­sence de pétrole bon mar­ché ; sans cela, les pro­ces­sus indus­triels rede­viennent dépen­dants de l’esclavage et de la ser­vi­tude, comme ce fut le cas pen­dant la majeure par­tie de l’histoire de la civi­li­sa­tion.

  1. Le pic pétro­lier, et avec lui l’ère du pétrole bon mar­ché, a déjà eu lieu.

Le pic pétro­lier cor­res­pond au point où la pro­duc­tion de pétrole atteint son apo­gée. Le pic pétro­lier a déjà été pas­sé et à par­tir de là les extrac­tions vont décli­ner. Le déclin rapide en dis­po­ni­bi­li­té de l’énergie mon­diale résul­te­ra en une inten­si­fi­ca­tion des crises éco­no­miques et des bou­le­ver­se­ments. Les coûts crois­sants et les res­sources décrois­santes en éner­gie désta­bi­li­se­ront la manu­fac­ture et le trans­port et entrai­ne­ront un trouble éco­no­mique mon­dial. Les pauvres seront inca­pables de s’en sor­tir face aux prix crois­sants des den­rées élé­men­taires, et les limites finan­cières résul­te­ront ulti­me­ment en l’impossibilité tech­nique d’une pro­duc­tion éner­gi­vore et à grande échelle, ce qui entrai­ne­ra l’effondrement de l’infrastructure agri­cole, et des réseaux asso­ciés de trans­port et de dis­tri­bu­tion.

Au point où nous en sommes, il n’y a pas de bonne issue à court terme pour la socié­té humaine mon­diale. L’effondrement de la civi­li­sa­tion indus­trielle est inévi­table, que nous ten­tions de le pré­ci­pi­ter ou pas, il ne s’agit que d’une ques­tion de temps. Le pro­blème étant que chaque jour où les rouages de ce sys­tème des­truc­teur conti­nuent à tour­ner est un jour de guerre contre le monde natu­rel. Étant don­né que les plus de 200 espèces et 32 000 hec­tares de forêts humides qui dis­pa­raissent chaque jour ne repré­sentent qu’une par­tie des atro­ci­tés jour­na­lières et sys­té­miques qui per­mettent de main­te­nir à flot nos modes de vie, plus cet effon­dre­ment se pro­duit tôt, mieux ce sera.

  1. “Les tech­no­lo­gies vertes” et les “éner­gies renou­ve­lablesne sont pas sou­te­nables et ne sau­ve­ront pas la pla­nète.

Les pan­neaux solaires et les éoliennes ne sont pas fabri­qués en rien. Ces tech­no­lo­gies « vertes » sont fabri­quées à par­tir de métaux, de plas­tiques et de pro­duits chi­miques. Ces pro­duits ont été extraits du sol, trans­por­tés sur des vastes dis­tances, trai­tés et assem­blés dans d’immenses usines, et requièrent une main­te­nance régu­lière. Cha­cune de ces étapes entraîne une des­truc­tion envi­ron­ne­men­tale éten­due, et cha­cune de ces étapes n’est pos­sible qu’en rai­son de l’utilisation mas­sive d’énergie bon mar­ché tirée des com­bus­tibles fos­siles. Ni les com­bus­tibles fos­siles ni les miné­raux extraits ne sont des res­sources sou­te­nables ; par défi­ni­tion, elles s’épuiseront. Même les maté­riaux recy­clés doivent subir des trai­te­ments hau­te­ment éner­gi­vores avant de pou­voir être réuti­li­sés.

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  1. Les actes de consom­ma­tion per­son­nels ne sau­ve­ront pas la pla­nète.

La socié­té de consom­ma­tion et l’état d’esprit capi­ta­liste nous ont appris à prendre nos actes de consom­ma­teurs pour de la résis­tance poli­tique orga­ni­sée. Les habi­tudes de consom­ma­tion per­son­nelles — chan­ger de type d’ampoule, deve­nir vegan, prendre des douches plus courtes, recy­cler, prendre les trans­ports en com­mun — n’ont rien à voir avec une redis­tri­bu­tion du pou­voir cor­po­ra­tiste, ni avec l’arrêt de l’économie de crois­sance qui détruit actuel­le­ment la pla­nète. De plus, 90% de l’eau que consomment les humains est uti­li­sée par l’agriculture et l’industrie. Les ¾ de l’énergie consom­mée et 95% des déchets sont pro­duits par le com­merce, par les cor­po­ra­tions, par l’agriculture et l’industrie mili­taire. En blâ­mant l’individu, nous accep­tons la redé­fi­ni­tion capi­ta­liste de l’être humain deve­nant consom­ma­teur, ce qui res­treint notre poten­tiel de résis­tance à consom­mer et ne pas consom­mer.

  1. Il n’y aura pas de trans­for­ma­tion volon­taire mas­sive vers un mode de vie sain et sou­te­nable

Les sys­tèmes de pou­voir concrets de notre temps rendent impos­sible toute pos­si­bi­li­té de réforme sociale ou poli­tique signi­fi­ca­tive. Ceux au pou­voir béné­fi­cient trop de la des­truc­tion de la pla­nète pour auto­ri­ser des chan­ge­ments sys­té­miques qui auraient pour consé­quence, entre autres, de rogner leurs pri­vi­lèges. Main­te­nir ce sys­tème à flot est plus impor­tant pour eux que les vies humaines et non-humaines détruites par les pro­ces­sus d’extractions, de trai­te­ments et d’utilisations des res­sources natu­relles.

  1. Nous avons peur.

Nous sommes effrayés, et il s’agit là de la pre­mière rai­son pour laquelle nous ne résis­tons pas. Nous savons que si nous agis­sions de manière déci­sive pour pro­té­ger les endroits et les créa­tures que nous aimons ou que si nous agis­sions de manière déci­sive pour mettre fin à l’exploitation cor­po­ra­tiste des pauvres, ceux au pou­voir nous atta­que­raient avec toute la puis­sance de l’état. Nous pou­vons nous racon­ter autant d’histoire que nous vou­lons sur la vie en soi-disant démo­cra­tie et sur le consen­te­ment des gou­ver­nés, mais le fait est que ceux qui s’opposent effec­ti­ve­ment à la volon­té de ceux au pou­voir risquent leur vie et se font auto­ma­ti­que­ment atta­quer. Nous ne devons pas nous cacher cela, afin de pou­voir affron­ter la situa­tion actuelle sans inhi­bi­tion : ceux au pou­voir détruisent la pla­nète et exploitent les pauvres, et nous ne les en empê­chons pas parce que nous avons peur. C’est ain­si que fonc­tionnent les régimes auto­ri­taires et les abu­seurs : ils dis­suadent leurs vic­times et les autres obser­va­teurs d’agir en leur fai­sant peur.

  1. Si nous ne com­bat­tons qu’au sein du sys­tème, nous per­drons.

Les choses ne chan­ge­ront pas sou­dai­ne­ment si nous uti­li­sons les mêmes approches que celles qui sont uti­li­sées depuis 30 ans. Lorsque rien ne fonc­tionne pour stop­per ou ne serait-ce que frei­ner l’accélération de la des­truc­tion, il est temps de chan­ger de stra­té­gie. Jusqu’à pré­sent, la majeure par­tie de nos tac­tiques et de nos dis­cours (qu’il s’agisse de déso­béis­sance civile, d’écrire des lettres ou des livres, de ban­de­roles, de pro­tec­tion de petites par­celles de forêts, de pour­suites judi­ciaires, ou de recherches scien­ti­fiques) ne sortent pas du cadre de ce qui est auto­ri­sé par les struc­tures domi­nantes, celles-là même qui causent et auto­risent la des­truc­tion.

  1. Déman­te­ler la civi­li­sa­tion indus­trielle est la seule solu­tion ration­nelle et défi­ni­tive.

Nos stra­té­gies, à ce jour, ont échoué parce que nos actions vio­lentes comme non-vio­lentes n’étaient pas des ten­ta­tives visant à nous débar­ras­ser de la civi­li­sa­tion indus­trielle elle-même. En per­met­tant à ses prin­ci­pales struc­tures de per­du­rer, nous garan­tis­sons la conti­nua­tion des com­por­te­ments que ces struc­tures requièrent et engendrent. Si nous ne l’arrêtons pas, la civi­li­sa­tion conti­nue­ra à pau­pé­ri­ser la grande majo­ri­té des êtres humains et à dégra­der le pay­sage éco­lo­gique de la pla­nète jusqu’à ce qu’elle (la civi­li­sa­tion, et la pla­nète aus­si, pro­ba­ble­ment) s’effondre. Plus nous atten­dons que la civi­li­sa­tion s’effondre — ou qu’on la fasse s’effondrer — plus l’effondrement sera dra­ma­tique, et plus les choses seront com­pli­quées pour les humains et les non-humains qui l’endureront, et pour ceux qui vien­dront après.

  1. La résis­tance mili­tante fonc­tionne.

Les études des insur­rec­tions sociales et des mou­ve­ments de résis­tance du pas­sé montrent que cer­taines stra­té­gies pour conflits asy­mé­triques sont extrê­me­ment effi­caces.

  1. Nous devons bâtir une culture de résis­tance.

Cer­taines choses — une pla­nète vivante, y com­pris — valent le coup de se battre quel que soit le coût du com­bat, lorsque les autres moyens d’actions ont déjà prou­vé leur inef­fi­ca­ci­té. Étant don­né l’universalité des des­truc­tions qu’engendre la civi­li­sa­tion indus­trielle, peu importe où vous posez votre regard — peu importe vos apti­tudes ou ce qui vous tient à cœur — par­tout un tra­vail ter­ri­ble­ment impor­tant nous attend. Cer­tains d’entre nous peuvent pour­suivre judi­ciai­re­ment et faire appel contre les ventes de bois. Cer­tains peuvent aider les petits pay­sans ou œuvrer dans le domaine de l’agriculture sou­te­nable [l’agroécologie, la per­ma­cul­ture, NdT]. D’autres peuvent s’occuper des ser­vices d’é­coute télé­pho­nique pour les urgences liées aux viols, ou tra­vailler dans des refuges pour femmes bat­tues ; d’autres encore peuvent tra­vailler dans le com­merce équi­table, ou ten­ter de stop­per entiè­re­ment le sec­teur du com­merce inter­na­tio­nal, d’autres peuvent éli­mi­ner des bar­rages, des pipe­lines, des équi­pe­ments miniers et des infra­struc­tures élec­triques.

Nous devons nous battre pour ce que nous aimons, lut­ter plus vigou­reu­se­ment encore que nous nous en pen­sions capables. Tous les scé­na­rios dans les­quels la civi­li­sa­tion indus­trielle per­dure garan­tissent la des­truc­tion du monde.

Deep Green Resis­tance


Tra­duc­tion : Nico­las Casaux

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Comments to: 15 réalités de la crise écologique mondiale (par Deep Green Resistance)
  • 25 juillet 2016

    Je ne suis pas 100% d’ac­cord avec le point n°9 : Les actes de consom­ma­tion per­son­nels ne sau­ve­ront pas la pla­nète.

    Je suis d’ac­cord sur le fait que la part des efforts que l’on fait chez nous (mode de vie etc) n’a que très peu d’im­pact par rap­port au poids de l’in­dus­trie sur l’en­vi­ron­ne­ment, cepen­dant, je pense que le réel inté­rêt des actes de consom­ma­tion per­son­nels est dans la pro­pen­sion qu’ils ont à sou­te­nir (ou pas jus­te­ment) le sys­tème indus­triel actuel.
    Aus­si je crois que consom­mer res­pon­sable (bio, moins de viande, boy­cott de cer­tain groupe, etc.) a beau­coup plus d’im­pact que ce qu’on ne croit.

    C’est un pre­mier pas qui per­met au moins de ne pas encou­ra­ger les plus grands cri­mi­nels de la pla­nète à conti­nuer leur acti­vi­té. Est-ce que la majo­ri­té des ter­riens sau­ront s’en rendre compte à temps… C’est plu­tôt ça la vrai ques­tion.

    Selon moi il est impor­tant de conti­nuer à encou­ra­ger les gens à tour­ner le dos à l’in­dus­trie en redon­nant du sens à notre consom­ma­tion.

    Sinon autant prendre tout de suite les armes :).

    Reply
  • 26 août 2016

    … mer­ci à nou­veau pour cet excellent « Le Par­tage » !
    … par­ta­gé pour dif­fu­sion :

    http://www.socialisme-libertaire.fr/2016/08/15-realites-de-la-crise-ecologique-mondiale.html

    Ami­tiés liber­taires ★

    Reply
  • 7 mai 2018

    bon­jour
    j ai lu votre texte et comme tous les autres com­men­taires que j ai lu sur inter­net, vous denon­cer ce que nous savont tous deja.
    ce n est un secret pour per­sonne, nous savons depuis tou­jours les degats que pro­voquent notre sur­con­som­ma­tion il fau­drait etre tota­le­ment igno­rant pour ne pas le consta­ter.
    et je doute que l huma­nite soit a ce point igno­rante
    je vais vous poser une ques­tion et si vous repon­dez cor­rec­te­ment
    a cette ques­tion ca vou­dra dire que etes tres evo­lue et que vous avez
    com­pris l ori­gine et la source du pro­bleme de la polu­tion

    POURQUOI ON CONSTRUIT DES ROUTES!!!!

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