Les vidéos d’I­driss Aber­kane cir­culent beau­coup, en ce moment, sur le web ; sor­ti de l’ombre depuis quelques mois, ce « cher­cheur en neu­ros­ciences cog­ni­tives » écume à pré­sent les amphis des facul­tés, a été adou­bé par TedX, labo­ra­toire du mon­dia­lisme, voit ses idées reprises par une majo­ri­té tou­jours crois­sante de la popu­la­tion, et son nom dif­fu­sé sur tous les réseaux sociaux.

Il accom­pagne un dis­cours pate­lin ce que nous nous pro­po­sons de mettre en lumière ici — de grands gestes de ses mains baguées et n’hésite pas à sou­rire à pro­pos, afin de séduire son public. Jamais avare d’un bon mot et d’une for­mule choc, ama­teur d’an­gli­cismes high-tech, il sait trou­ver l’oreille des moins atten­tifs.

Son cre­do : l’humanité se trompe et son modèle civi­li­sa­tion­nel est rela­ti­ve­ment défec­tueux. On ne peut qu’abonder dans son sens. C’est lorsqu’il pro­pose le médi­ca­ment que nous regret­tons aus­si­tôt d’avoir peu ou prou le même diag­nos­tic. Selon Idriss Aber­kane, notre pro­blème ne relève pas d’un excès de science et de tech­no­lo­gisme (la pré­do­mi­nance de la tech­no­lo­gie sur le stra­té­gique et le poli­tique), mais d’une carence en la matière. Selon lui, il ne nous faut pas rompre avec le sys­tème qui nous a mené à l’impasse où nous sommes, mais sim­ple­ment opé­rer une tran­si­tion amphi­gou­rique qui nous condui­rait vers des len­de­mains qui chantent. Grâce à ce même sys­tème tech­nique. Voyez-vous ça.

Une nouvelle Renaissance

Ce qu’Aberkane met en exergue, et se pro­pose de démon­trer, c’est la réa­li­té tan­gible d’une nou­velle Renais­sance à l’œuvre sur le conti­nent Terre.

Rap­pel des faits. La décou­verte – ou plu­tôt la redé­cou­verte, les asia­tiques ayant été les pre­miers à en appré­hen­der la tech­nique – de l’imprimerie, a per­mis au conti­nent euro­péen une redé­cou­verte de son héri­tage et une expan­sion for­mi­dable du savoir. Voi­là ce qui est écrit dans les livres d’Histoire. L’histoire avec une grande hache.

En réa­li­té, elle a agran­di les lignes de démar­ca­tion entre un peuple qui ne dis­po­sait pas des moyens néces­saires d’accéder à ce savoir, et les élites intel­lec­tuelles, alors ras­sem­blées en dif­fé­rents réseaux, en struc­tures ordon­nées. Jusque-là, les uni­ver­si­tés dis­po­saient d’un qua­si-mono­pole dans le domaine du savoir offi­ciel et de la dif­fu­sion de l’in­for­ma­tion, mono­pole qui s’est effri­té suite à l’apparition de l’imprimerie et qui a don­né nais­sance coup sur coup au monde bour­geois et à la socié­té tech­ni­cienne. Le point de départ du capi­ta­lisme étant, selon Lewis Mum­ford, l’invention du pen­dule et la frag­men­ta­tion des jour­nées en heures. La cris­tal­li­sa­tion du savoir qui s’est vue accen­tuée grâce à l’imprimerie et la coupe sys­té­ma­tique des huma­ni­tés en divers petits ensembles dis­pa­rates ont alté­ré le savoir, jusqu’à en modi­fier les fonc­tions mêmes.

Ain­si, Simone Weil écri­vait, dans L’en­ra­ci­ne­ment, et ce dès 1949 :

« De nos jours, un homme peut appar­te­nir aux milieux dits culti­vés, d’une part sans avoir aucune concep­tion concer­nant la des­ti­née humaine, d’autre part sans savoir, par exemple, que toutes les constel­la­tions ne sont pas visibles en toutes sai­sons. On croit cou­ram­ment qu’un petit pay­san d’au­jourd’­hui, élève de l’é­cole pri­maire, en sait plus que Pytha­gore, parce qu’il répète doci­le­ment que la terre tourne autour du soleil. Mais en fait il ne regarde plus les étoiles. Ce soleil dont on lui parle en classe n’a pour lui aucun rap­port avec celui qu’il voit. On l’ar­rache à l’u­ni­vers qui l’en­toure, comme on arrache les petits Poly­né­siens à leur pas­sé en les for­çant à répé­ter : « Nos ancêtres les Gau­lois avaient les che­veux blonds ».

Ce qu’on appelle aujourd’­hui ins­truire les masses, c’est prendre cette culture moderne, éla­bo­rée dans un milieu tel­le­ment fer­mé, tel­le­ment taré, tel­le­ment indif­fé­rent à la véri­té, en ôter tout ce qu’elle peut encore conte­nir d’or pur, opé­ra­tion qu’on nomme vul­ga­ri­sa­tion, et enfour­ner le rési­du tel quel dans la mémoire des mal­heu­reux qui dési­rent apprendre, comme on donne la bec­quée à des oiseaux. D’ailleurs le désir d’ap­prendre pour apprendre, le désir de véri­té est deve­nu très rare. Le pres­tige de la culture est deve­nu presque exclu­si­ve­ment social, aus­si bien chez le pay­san qui rêve d’a­voir un fils ins­ti­tu­teur ou l’ins­ti­tu­teur qui rêve d’a­voir un fils nor­ma­lien, que chez les gens du monde qui fla­gornent les savants et les écri­vains répu­tés ».

Ce qui est vrai concer­nant l’imprimerie l’est tout autant au sujet du tout numé­rique. 88% des uti­li­sa­teurs de l’in­ter­net vivent dans les pays indus­tria­li­sés, contre 0,3% dans les pays pauvres. A quoi il faut bien évi­dem­ment ajou­ter le fait que si l’écart existe entre dif­fé­rents pays, il existe à plus forte rai­son entre habi­tants riches et pauvres d’un même pays. Il existe deux Inter­net, celui des classes popu­laires, et celui de la bour­geoi­sie.

De l’info gra­tuite, sur inter­net, on ne trouve que ça. Réseaux sociaux et jour­naux dits citoyens ou alter­na­tifs pul­lulent, et il est rela­ti­ve­ment aisé de rece­voir une infor­ma­tion en temps réel (c’est bien de s’en pré­mu­nir qui pose véri­ta­ble­ment pro­blème). En revanche, des conte­nus gra­tuits qui aident à com­prendre en sub­stance, d’un point de vue bio­cen­triste et non anthro­po­cen­triste, avec un tra­vail de fond, ce que signi­fie telle ou telle infor­ma­tion, dis­pa­raissent pro­gres­si­ve­ment. Le jour­na­lisme sera payant, il l’est déjà, ne nous leur­rons pas.

De plus, les sites qui se pro­posent d’offrir une infor­ma­tion gra­tuite ne peuvent fonc­tion­ner que grâce à la publi­ci­té : ain­si, l’écart est encore signi­fi­ca­tif entre une popu­la­tion qui dis­pose des moyens finan­ciers de se pro­té­ger contre les dif­fé­rents virus et les dif­fé­rentes attaques numé­riques, et une popu­la­tion sou­mise à ces dan­gers et qui ne peut sim­ple­ment pas ache­ter les moyens de sa pro­tec­tion.

La frac­ture numé­rique est d’autant plus pal­pable qu’elle ne concerne pas uni­que­ment ceux qui ont – ou qui n’ont pas — accès à Inter­net : elle concerne d’abord et avant tout l’utilisation même qui en est faite par ceux qui dis­posent d’un accès à cet outil.

Aber­kane insiste féro­ce­ment sur un point : la décou­verte récente du super-amas de galaxies appe­lé Lania­kea est com­pa­rable à la décou­verte de l’héliocentrisme et aux grandes décou­vertes géo­gra­phiques de la Renais­sance. Or, cet argu­ment n’a aucun sens. En effet, nous par­lons là d’un lieu tota­le­ment inat­tei­gnable dans l’immédiat, et qui de fait, limite donc l’impact de sa décou­verte. Les trou­vailles suc­ces­sives du monde scien­ti­fique ne peuvent pas ame­ner de révo­lu­tion artis­tique, cultu­relle, ou phi­lo­so­phique, dans la mesure où elles dépeignent des mondes si petits (on pense à la phy­sique quan­tique) ou si éloi­gnés (à l’instar de Lania­kea) qu’il n’est tout sim­ple­ment pas pos­sible pour tout un cha­cun d’avoir prise sur ces der­nières. De plus, com­pa­rer cela avec la décou­verte de l’hé­lio­cen­trisme de Coper­nic se révèle tota­le­ment abu­sif : l’as­tro­no­mie moderne n’en est pas res­sor­tie trans­for­mée, jusque-là.

(Cette étude parue en sep­tembre 2014 dans le jour­nal Nature est citée une qua­ran­taine de fois, ce qui la place dans les études qui ont eu un cer­tain reten­tis­se­ment, mais n’en fait pas une « révo­lu­tion », en effet le jour­nal Nature ayant un Impact fac­tor [1] de 38, un article publié dans ce jour­nal est en moyenne cité 38 fois deux ans après sa paru­tion). Source

Le para­digme défen­du par Aber­kane s’effondre alors devant les faits : rien ne laisse pré­sup­po­ser qu’une nou­velle Renais­sance soit à l’œuvre, et si nou­velle Renais­sance il devait y avoir, gageons que ce ne serait pas une époque mar­quée une fois encore par le dieu pro­grès.

Économie de la connaissance

« L’a­ve­nir éco­no­mique mon­dial appar­tien­dra à ceux qui sau­ront faire cir­cu­ler la connais­sance à la fois beau­coup mieux et beau­coup plus vite ».

Ces quelques mots d’Idriss Aber­kane contiennent en germe une bonne par­tie de ce qu’il faut com­battre dans son dis­cours, dis­cours qui s’emboite par­fai­te­ment dans notre époque : le capi­ta­lisme se retrouve en effet confron­té à une nou­velle crise de sur­pro­duc­tion majeure, et il lui est néces­saire de prendre une autre forme afin de conti­nuer son expan­sion.

Or, Aber­kane a trou­vé là une pierre phi­lo­so­phale : il s’agit de trans­for­mer un pro­duit A en pro­duit B, et pour ce faire, les illu­sions du mar­ke­ting n’y suf­fi­ront pas. Il convient alors de mettre en place un nou­veau para­digme, qui fonc­tion­ne­rait en uti­li­sant les mêmes moda­li­tés que l’ancien, in fine, mais s’ajusterait sur un nou­veau modèle, dont Aber­kane trace ici les contours.

Si l’avenir appar­tient à ceux qui sau­ront faire cir­cu­ler la connais­sance, se pose la ques­tion de savoir à qui appar­tiennent les moyens de cir­cu­la­tion de la connais­sance, dès à pré­sent.

Alain Maul­din, le direc­teur de la recherche de Tele­Geo­gra­phy répond à cette ques­tion : « Pour les com­mu­ni­ca­tions inter­na­tio­nales, plus de 99% du tra­fic passe par les câbles sous-marins ». « Les satel­lites sont utiles pour les com­mu­nau­tés rurales et les lieux très iso­lés. Le prin­ci­pal avan­tage du câble, c’est que c’est beau­coup moins cher ».

Ain­si, ce sont donc 300 câbles qui sup­portent la qua­si-tota­li­té du tra­fic Inter­net mon­dial, et ces câbles appar­tiennent bien évi­dem­ment aux entre­prises pri­vées. Le plus long câble sous-marin en fibre optique actuel­le­ment en ser­vice, le SEA-ME-WE 3, mesure 40.000 kilo­mètres de long, soit presque la cir­con­fé­rence de la Terre. Il avait été mis en ser­vice en 1999 au terme d’un pro­jet com­mun reliant 92 opé­ra­teurs inter­na­tio­naux, dont France Télé­com. Ce câble relie 33 pays sur quatre conti­nents (l’Eu­rope, l’A­frique, l’A­sie et l’Aus­tra­lie) et compte 39 points d’at­ter­ris­se­ment. Le câble sous-marin SEA-ME-WE 5, fruit d’un accord entre Orange et une dou­zaine d’autres par­te­naires du sec­teur, sera mis en ser­vice fin 2016 : long d’en­vi­ron 20.000 kilo­mètres, il relie­ra Sin­ga­pour et la France. Face­book et Google ont annon­cé der­niè­re­ment leur pro­jet de créa­tion d’un câble sous-marin à tra­vers l’o­céan Paci­fique : ce câble long de 12.800 kilo­mètres, dont la construc­tion va démar­rer fin 2017, devrait être mis en ser­vice à l’é­té 2018.

Carte des câbles sous-marins à l’é­chelle mon­diale

Si les câbles appar­tiennent aux indus­triels, il est aisé d’en conclure que le conte­nu qu’ils pro­pagent leur appar­tient tout autant. On peut me cou­per mon accès Inter­net du jour au len­de­main, on ne peut pas me reti­rer du crâne la connais­sance que j’y ai mise.

Selon Aber­kane, l’un des avan­tages de l’économie de la connais­sance serait tout sim­ple­ment le fait que nous serions aux prises avec une éco­no­mie qui ne serait plus figée en un endroit géo­gra­phique. Ain­si, un puits de pétrole se trouve au Cana­da ou en Sibé­rie, et il est néces­saire de se fixer X temps à cet endroit pour en extraire le pétrole sus­men­tion­né. Or la connais­sance peut pour sa part se trans­mettre n’importe où, via n’importe quel biais – confé­rence ou appel Skype, qu’importe – et c’est ce qui en ferait sa richesse. Il intro­duit là son « sys­tème moné­taire » (si Aber­kane pro­pose une révo­lu­tion, il ne va pas jusqu’à pro­po­ser l’abolition de l’argent en tant qu’unité de sto­ckage ou moda­li­té d’échange…) : les atts. Att, pour atten­tion. L’attention por­tée à tel ou tel ora­teur, à telle ou telle per­sonne qui se pro­po­se­rait de trans­mettre son savoir. « Lorsque je par­tage du maté­riel, je le divise, lorsque je par­tage de l’immatériel, je le mul­ti­plie » : fai­sant sienne la cita­tion de Sou­do­pla­toff, il essaye tant bien que mal de démon­trer que les atts seraient en soi révo­lu­tion­naires, et qu’ainsi, un chô­meur serait plus riche que n’importe quel patron du CAC 40.

La démons­tra­tion est alam­bi­quée mais mérite que l’on s’y arrête : le chô­meur dis­po­sant de plu­sieurs heures quo­ti­diennes d’attention (soit un volume consé­quent d’atts), il aurait ain­si plus de richesse que Serge Das­sault, ce der­nier étant bien trop occu­pé pour pas­ser plu­sieurs heures heb­do­ma­daires à apprendre le pia­no ou mémo­ri­ser la loca­li­sa­tion des dif­fé­rentes galaxies. Or, l’homme ne se nour­rit pas encore de connais­sance, et il lui est néces­saire – c’est tri­vial, conve­nons-en – de se nour­rir d’aliments pour sim­ple­ment vivre. Le pro­pos est au mieux gro­tesque, au pire, volon­tai­re­ment cli­vant.

Quant à la volon­té de « délo­ca­li­ser la connais­sance », de la rendre tota­le­ment indé­pen­dante d’une quel­conque loca­li­sa­tion géo­gra­phique, il appa­rait évident que la volon­té de sor­tir l’homme de son envi­ron­ne­ment est appli­quée ici au grand jour. Plus d’attaches, plus d’enracinement : un homme uni­que­ment mû par sa soif de connais­sances jugée inex­tin­guible, et qui bour­lin­gue­rait sur la pla­nète à l’affut de telle ou telle nou­velle connais­sance, de tel ou tel nou­veau savoir. On rap­pel­le­ra à Aber­kane que nous avons tota­le­ment oublié les pro­prié­tés, et pire encore, l’utilisation qui était encore quo­ti­dienne quelques décen­nies aupa­ra­vant des plantes et herbes médi­ci­nales que l’on trouve sous nos contrées. Nous avons Wiki­pé­dia, qui est une somme de connais­sances, mais le cer­veau col­lec­tif a oublié jusqu’à la dis­tinc­tion qu’il convient de faire entre la châ­taigne et le mar­ron. Notre époque est riche d’informations mais bien pauvre d’expériences.

Que valent trois kilos de connaissance ?

Idriss Aber­kane pour­suit alors en affir­mant qu’un « kilo de connais­sance plus un kilo de connais­sance égalent trois kilos de connais­sance », et se féli­cite de savoir que Bill Gates, l’une des for­tunes les plus colos­sales au monde, ne vend pas du maté­riel mais de l’immatériel : du logi­ciel.

Une fois de plus, Aber­kane prouve là sa mécon­nais­sance des réa­li­tés concrètes… ou choi­sit volon­tai­re­ment de les occul­ter.

Les com­po­sants néces­saires à la fabri­ca­tion d’un ordi­na­teur, lui-même néces­saire à la créa­tion de tel ou tel logi­ciel, néces­sitent un lent tra­vail d’extraction, d’ouvrir sem­pi­ter­nel­le­ment de nou­velles mines, et/ou d’é­lar­gir les anciennes, et nous enferment tou­jours plus dans la socié­té indus­trielle. Rien n’est imma­té­riel, en soi. Même la moindre note de musique reste le pro­duit d’un ins­tru­ment…

Or, si la connais­sance est le nou­veau pétrole, les éner­gies vertes sont le nou­vel inves­tis­se­ment.

Aber­kane prend en exemple la guerre civile amé­ri­caine et se pro­pose d’en expli­quer les fac­teurs et la fina­li­té. Selon lui, la cause pro­fonde de cette guerre aurait été l’incroyable bond de pro­duc­ti­vi­té des pays du Nord après que ces der­niers soient pas­sés à l’industrie, et à la machine à vapeur. Une machine à vapeur pro­dui­sant net­te­ment plus, et dans un temps bien plus court, qu’un groupe d’esclaves, le Sud n’aurait plus été en mesure de riva­li­ser, et aurait ain­si fini par décla­rer la guerre à son voi­sin. Cepen­dant, il oublie – à nou­veau – une chose : le moteur de l’industrialisation n’est pas sim­ple­ment la connais­sance ayant per­mis de créer les machines et de les agen­cer entre elles pour les rendre pro­duc­tives, c’est aus­si et sur­tout l’exploitation des res­sources éner­gé­tiques comme le char­bon et le pétrole. Le chan­ge­ment de para­digme ne vint pas d’une quel­conque indus­tria­li­sa­tion pour ain­si dire méta­phy­sique, ce furent tout sim­ple­ment les res­sources éner­gé­tiques ponc­tion­nées à la terre qui per­mirent de pro­duire une éner­gie incom­men­su­rable par rap­port au tra­vail des esclaves.

Lorsqu’il se déclare, béat comme un nou­veau-né, heu­reux que les coréens se retrouvent à expor­ter plus que la Rus­sie (par le tru­che­ment de leurs ventes d’écrans, de divers satel­lites…), il oublie de spé­ci­fier quelles sont les condi­tions de pro­duc­tion de ces objets.

C’est bien là l’impasse de la réflexion magique d’Aberkane : il prend soin de ne jamais signi­fier que tout cela ne pousse pas sur les arbres, que les mine­rais, métaux, terres rares, et autres matières pre­mières néces­saires à l’in­dus­tria­lisme engagent un pro­ces­sus minier dévas­ta­teur pour les biomes et que la ques­tion qui importe réel­le­ment n’est pas de savoir quoi exploi­ter pour pro­duire de l’éner­gie, mais bien plu­tôt de savoir com­ment apprendre à s’en pas­ser.

Ain­si, lorsque l’économie bleue nous fait la pro­messe d’un monde sans déchets, elle oublie sim­ple­ment que c’est l’économie même qui nous impose la pré­sence de ces déchets, que les déchets sont inhé­rents à la socié­té indus­trielle. Elle se pro­pose ain­si de régler un pro­blème intrin­sèque aux solu­tions qu’elle pré­co­nise.

Le biomimétisme, une solution pour le vivant ?

« Tant que les objets, ani­més ou inani­més, étaient consi­dé­rés comme la demeure d’un esprit, tant que l’on s’attendait à voir un arbre ou un bateau se conduire comme une créa­ture vivante, il était qua­si impos­sible d’envisager concrè­te­ment un fonc­tion méca­nique spé­ci­fique. L’ouvrier égyp­tien, lorsqu’il réa­li­sait le pied d’une chaise, le façon­nait pour repré­sen­ter le pied d’un bœuf. De cette manière, le désir naïf de repro­duire le monde vivant, pour conju­rer les géants et les djinns, au lieu de conce­voir leur équi­valent abs­trait, retar­da le déve­lop­pe­ment de la machine. La nature faci­lite sou­vent de telles abs­trac­tions. Le cygne, en déployant ses ailes, peut sug­gé­rer la navi­ga­tion à voile ; le nid de fre­lon peut sug­gé­rer le papier et le corps est une sorte de micro­cosme de la machine. Les bras sont des leviers ; les pou­mons, des souf­flets ; les yeux, des len­tilles ; le cœur, une pompe ; le poi­gnet est un mar­teau ; les nerfs sont un sys­tème télé­gra­phique connec­té avec une sta­tion cen­trale. Dans l’ensemble, les ins­tru­ments méca­niques furent inven­tés avant que les fonc­tions phy­sio­lo­giques aient été exac­te­ment décrites. La machine la moins effi­cace est en cela une imi­ta­tion méca­nique réa­liste de l’homme ou de l’animal : la tech­nique a rete­nu le nom de Vau­can­son pour son métier à tis­ser plu­tôt que pour son canard méca­nique, d’aspect vivant, qui absor­bait de la nour­ri­ture et rem­plis­sait aus­si les fonc­tions de diges­tion et d’excrétion.

La tech­nique n’a pu pro­gres­ser que lorsqu’il a été pos­sible d’isoler un sys­tème méca­nique d’un réseau entier de rela­tions. Le pre­mier aéro­plane, comme celui de de Vin­ci, essayait de repro­duire des ailes d’oiseaux. En 1897, l’aéroplane de Clé­ment Ader, qui se trouve au Conser­va­toire des arts et métiers à Paris, rap­pe­lait la forme d’une chauve-sou­ris et ses hélices, comme s’il était néces­saire d’épuiser toutes les pos­si­bi­li­tés zoo­lo­giques, étaient faites de bois mince, fen­du, pour imi­ter les plumes d’oiseau. On croyait que le mou­ve­ment réci­proque – comme celui des bras et des jambes – était la forme « natu­relle » du mou­ve­ment, croyance qui explique l’opposition que ren­con­tra la pre­mière tur­bine. Au début du XVIIe siècle, dans un plan de machine à vapeur, de Gio­van­ni Bran­ca, la chau­dière avait la forme d’une tête et d’un torse humains. Le mou­ve­ment cir­cu­laire, l’un des attri­buts les plus fré­quents et les plus utiles des machines per­fec­tion­nées, est de ceux que l’on ren­contre le moins dans la nature. »

Lewis Mum­ford, « Tech­nique et Civi­li­sa­tion »

L’idée de s’inspirer de la nature accom­pagne depuis tou­jours la pro­gres­sion tech­no­lo­gique. Pré­sen­ter le concept du bio­mi­mé­tisme (« et c’est là que le bio­mi­mé­tisme est une révo­lu­tion sociale ») comme révo­lu­tion­naire, c’est être entiè­re­ment igno­rant de l’his­toire du déve­lop­pe­ment tech­nique de l’homme.

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Par­mi les ques­tions que nous devons nous poser est donc la sui­vante : quelles sont les pre­mières appli­ca­tions de ce bio­mi­mé­tisme ? Après quelques recherches, on trouve le pre­mier exemple d’un centre com­mer­cial ins­pi­ré par les ter­mites. La carac­té­ris­tique prin­ci­pale de la ter­mi­tière est d’avoir une tem­pé­ra­ture interne qui ne change jamais, indé­pen­dam­ment des condi­tions météo­ro­lo­giques que l’on trouve à l’extérieur de celle-ci. Un archi­tecte a donc uti­li­sé ce pro­cé­dé afin de conce­voir un centre com­mer­cial qui uti­lise la ven­ti­la­tion natu­relle : il absorbe la cha­leur tout au long de la jour­née, tan­dis que de l’air, grâce à un sys­tème sophis­ti­qué d’ouvertures, rentre par le bas du bâti­ment. De grandes che­mi­nées éva­cuent l’air chaud qui remonte alors par convec­tion. Les murs res­ti­tuent la cha­leur la nuit, lorsque l’air est deve­nu plus froid. Une par­tie de l’air frais se stocke dans les dalles du bâti­ment, ce qui per­met­tra de ralen­tir le réchauf­fe­ment du len­de­main. De sub­stan­tielles éco­no­mies d’énergie, et des pos­si­bi­li­tés de consom­ma­tion amé­lio­rées dans les grands temples du busi­ness. Mer­ci le bio­mi­mé­tisme.

On trouve éga­le­ment un adhé­sif ins­pi­ré direc­te­ment par un lézard.
Le gecko est un gros lézard qui a la capa­ci­té de se dépla­cer sur un pla­fond, à l’envers donc, grâce à sa peau qui uti­lise une force adhé­sive par­ti­cu­lière. Ni une ni deux, grâce au bio­mi­mé­tisme, l’industrie a pu créer une appli­ca­tion révo­lu­tion­naire qui per­met aux uti­li­sa­teurs de col­ler leurs smart­phones n’importe où, n’importe quand, afin de se prendre en pho­to soi-même, devant son poste de télé­vi­sion. Futé, hein ?

Il serait trop long et trop fas­ti­dieux de lis­ter là toutes les pos­si­bi­li­tés offertes par le bio­mi­mé­tisme, et ce n’est pas l’objet de notre article. Il fau­drait éga­le­ment digres­ser sur le trans­hu­ma­nisme, qui appa­rait déjà et appa­rai­tra for­cé­ment de manière expo­nen­tielle, tant il est conte­nu en germe dans cette idée nocive. A quand les yeux de mouche pour per­mettre aux aveugles de voir ? Faut-il s’inquiéter de voir les bud­gets énormes alloués au dépar­te­ment R&D de Google ?

Exa­mi­nons le double pro­blème posé par le fil de bys­sus (nom de la colle pro­duite par la moule, sécré­tée par la glande de bys­sus, voir sché­ma), qui per­met à la moule de se fixer n’importe où, dans une eau salée, et qui inté­resse donc gran­de­ment les indus­triels.

D’une part, il fau­drait prendre du recul, un recul salu­taire et humble : afin de copier de manière indus­trielle cette colle, il nous est néces­saire d’employer un nombre consé­quent de labo­ra­toires et cer­tains des esprits les plus culti­vés … tout cela afin de repro­duire ce que cette der­nière fait natu­rel­le­ment. D’autre part, afin de pro­duire un kilo de cette colle, il fau­drait 10.000 moules. Rien que ça. Les indus­triels n’ont donc d’autre choix, afin de pro­duire des molé­cules fonc­tion­nelles, que de s’o­rien­ter vers le clo­nage des gènes de moules.

Le non-sens & la nuisance des idées d’Idriss Aberkane

Le bio­mi­mé­tisme mis en avant par Idriss Aber­kane est au ser­vice de tou­jours plus d’in­dus­tria­lisme il pro­pose de s’ins­pi­rer de la nature pour le déve­lop­pe­ment de puces intels, pour l’élec­tro­nique en géné­ral, pour le revê­te­ment des avions, pour toutes sortes de hautes-tech­no­lo­gies pol­luantes, consom­ma­trices et alié­nantes , voire même de mili­ta­risme citons-le, à pro­pos du blin­dage de l’or­meau, un coquillage : « ça peut vous blin­der un char Leclerc […] et c’est moins dan­ge­reux à fabri­quer par rap­port à une usine AZF ». Il s’ex­ta­sie éga­le­ment de ce que BASF (sic) s’est ins­pi­ré de la peau de requin pour créer une pein­ture « anti­fou­ling » (rap­pe­lons qu’une pein­ture anti­fou­ling est « une pein­ture conte­nant des bio­cides » (re-sic)). Il semble ne se poser aucune ques­tion morale et ne rien com­prendre à l’é­co­lo­gie pla­né­taire ; en somme, sa com­pré­hen­sion des pro­blèmes aux­quels l’hu­ma­ni­té et la pla­nète font face est tota­le­ment inepte.

C’est encore plus clair et mani­feste lors­qu’on l’en­tend se lamen­ter de ce que le « cône du paci­fique » (Conus geo­gra­phus), un coquillage veni­meux que l’on retrouve dans l’o­céan Indien et l’ouest de l’o­céan Paci­fique, est « ven­du à trois dol­lars sur les mar­chés parce qu’il est joli », ce qui, pour lui, est repré­sen­ta­tif de ce que « nous brû­lons la nature au lieu de la lire », puis­qu’il s’a­gi­rait « d’une des uti­li­sa­tions les plus débiles que l’on pou­vait faire de ce coquillage ». Pour­quoi ? Parce que, nous explique-t-il, sa toxine (« très uti­li­sée dans les neu­ro­tech­no­lo­gies », qui « per­met un niveau de détail incroyable », aus­si uti­li­sée pour des « nano­techs » et « en chi­rur­gie »), très deman­dée (« sachant que la demande mon­diale est supé­rieure au kilo » et qu’il y a une « très grosse demande mon­diale qui ne fait qu’aug­men­ter ») se ven­drait à « 800 dol­lars le mil­li­gramme ». Ce qui fait du « 800 mil­lions de dol­lars le kilo », s’ex­clame-t-il ensuite, assez fiè­re­ment (« à côté l’or et le pla­tine c’est du ter­reau de jar­din », blague-t-il). Donc, pour Idriss Aber­kane, ce coquillage devrait être exploi­té, ceci ne posant aucun pro­blème et ne fai­sant aucun doute, seule­ment, il ne devrait pas être ven­du si peu cher et sim­ple­ment pour sa beau­té, mais devrait être ven­du cher et uti­li­sé par le sec­teur des hautes-tech­no­lo­gies. L’ex­ploi­ta­tion de la nature, oui, mais pour le déve­lop­pe­ment high-tech et l’in­dus­tria­lisme avant tout.

« Si on exploite la nature comme une source de matière pre­mière, on est des­ti­né à la divi­ser et à la détruire ». Là encore, le carac­tère insi­dieux de sa pen­sée appa­rait net­te­ment. Lui qui fait l’a­po­lo­gie de tou­jours plus de déve­lop­pe­ment hau­te­ment tech­no­lo­gique, de nano­tech­no­lo­gies en tous genres, d’où pense-t-il que pro­viennent les matières pre­mières néces­saires à tout ceci ?

« Si on l’ex­ploite aus­si comme une source de connais­sance, eh bien il n’y a plus de conflit d’in­té­rêt entre crois­sance et nature ». On com­prend ici son véri­table objec­tif, qui est de ser­vir l’i­déo­lo­gie de la crois­sance. Sou­li­gnons le « aus­si », qui implique que, pour lui, la nature doit bien être exploi­tée comme une source de matières pre­mières, et donc selon ses propres mots, « on est des­ti­né à la divi­ser et à la détruire ».

« La nature, en fait, elle est high-tech ». Fina­le­ment, Idriss Aber­kane n’est qu’un nou­vel apo­lo­giste de tou­jours plus de la même chose, de tou­jours plus de déve­lop­pe­ment hau­te­ment tech­no­lo­gique, de tou­jours plus d’i­déo­lo­gie de crois­sance et de tou­jours plus d’ex­ploi­ta­tion de la nature. Seule­ment, son apo­lo­gie de ce qui consti­tue en réa­li­té les maux que nous devrions com­battre se dis­si­mule der­rière une admi­ra­tion (per­verse) de la nature (en vue de conti­nuer son exploi­ta­tion).

(C’est là toute la nui­sance que consti­tue l’é­co­no­mie bleue, qui ne se défend pas de s’ins­crire dans la conti­nui­té de ce qui est déjà en place, comme on peut le lire sur le site de la RTBF : « Après l‘économie rouge, l’économie verte, voi­ci L’ÉCONOMIE BLEUE. Inven­tée après 16 années d’expérimentation avant d’être théo­ri­sée et appli­quée à de nom­breux pro­jets, l’économie bleue se pré­sente comme une pour­suite du déve­lop­pe­ment de l’économie verte. » Pour une cri­tique plus détaillée du chan­ge­ment spé­cieux que pro­pose l’é­co­no­mie bleue, vous pou­vez lire cet article de John Michael Greer sur les éner­gies renou­ve­lables, ou celui écrit par Kim Hill de Deep Green Resis­tance Aus­tra­lie, ou encore l’in­ter­view d’Oz­zie Zeh­ner, auteur du livre « les illu­sions vertes ».)

Idriss Aber­kane ne sou­haite abso­lu­ment pas frei­ner le pro­grès hau­te­ment tech­no­lo­gique, alié­nant, des­truc­teur et auto­ri­taire, mais au contraire le sti­mu­ler, tout en ima­gi­nant le réfor­mer, le faire magi­que­ment pas­ser de mau­vais à bon sans fon­da­men­ta­le­ment chan­ger quoi que ce soit ; il ne sou­haite pas s’af­fran­chir de l’i­déo­lo­gie de crois­sance, mais tente de faire croire qu’elle peut pro­fi­ter à toutes et à tous, à l’hu­ma­ni­té et au monde (bien qu’il ne s’at­tarde pas sur le bien-être des autres espèces, leur situa­tion, etc.).

Sa popu­la­ri­té et sa pré­sence média­tique sont extrê­me­ment logiques. Le pou­voir en place, la socié­té indus­trielle de crois­sance, « tech­no­lâtre et mar­chande » (Elie de Senan­cour), n’a rien à craindre de sa part, bien au contraire. Sa popu­la­ri­té témoigne aus­si (à l’ins­tar de la plu­part des buzzs) de l’ab­sence d’es­prit cri­tique de la part du grand public et de sa mau­vaise com­pré­hen­sion de la pro­blé­ma­tique de notre temps — mau­vaise com­pré­hen­sion ordon­nan­cée et admi­nis­trée par tout l’appareillage de l’État cor­po­ra­tiste.

Il suf­fit de voir com­ment nombre de per­sonnes, d’as­so­cia­tions & d’or­ga­ni­sa­tions soi-disant dis­si­dentes, qui pré­tendent s’op­po­ser au sys­tème et à l’ordre éta­blis (mais qui ne com­prennent sou­vent pas que c’est à une culture entière qu’ils devraient s’op­po­ser), sont tou­jours sub­ju­gués et impres­sion­nés par qui­conque sort d’une grande école de la socié­té même qu’ils pensent contes­ter ; il suf­fit de voir la révé­rence avec laquelle ils men­tionnent les diplô­més des pres­ti­gieuses écoles ces titres de noblesse modernes — où les élites diri­geantes de nos socié­tés indus­tria­li­sées sont for­mées. Ain­si, on peut lire d’I­driss Aber­kane qu’il est un « jeune et brillant cher­cheur (Supé­lec, Poly­tech­nique, Stan­ford…) » ou encore, dans Ouest France « à 29 ans, il est titu­laire de trois doc­to­rats […] Et son titre est long comme le Danube : pro­fes­seur à Cen­trale-Supé­lec, cher­cheur à Poly­tech­nique, cher­cheur affi­lié à Stan­ford (États-Unis) et ambas­sa­deur de l’U­nit­win (un réseau d’u­ni­ver­si­tés, sous le patro­nage de l’U­nes­co), sec­tion « sys­tèmes com­plexes ». Le jeune homme est une tête. »

Que ceux qui défendent l’or­ga­ni­sa­tion sociale domi­nante, la civi­li­sa­tion indus­trielle, soient sub­ju­gués et admi­ra­tifs devant ceux qui réus­sissent le mieux au sein de ses plus pres­ti­gieux organes édu­ca­tifs est com­pré­hen­sible et logique. Que ceux qui com­prennent qu’elle est nui­sible et pré­tendent s’y oppo­ser le soient aus­si est absurde et illo­gique. Être diplô­mé d’une (grande) école de la culture offi­cielle de la civi­li­sa­tion indus­trielle n’a rien de pres­ti­gieux, ni ne confère aucune posi­tion d’au­to­ri­té, au contraire. Il s’a­git en réa­li­té d’un gage de sou­mis­sion, de la preuve d’un endoc­tri­ne­ment cultu­rel effec­tif, même si, bien sûr, il est pos­sible d’être diplô­mé par une école de la socié­té à laquelle on s’op­pose par ailleurs. Les diplômes offi­ciels ne devraient rien signi­fier dans les milieux contre-cultu­rels, comme aux yeux de ceux qui cherchent à déco­lo­ni­ser leur ima­gi­naire, à pen­ser libre­ment, indé­pen­dam­ment des normes cultu­relles domi­nantes. Comme for­mu­lé dans le « Dis­cours pré­li­mi­naire de l’En­cy­clo­pé­die des Nui­sances » de 1985 :

« Quant à nous, nous pou­vons légi­ti­me­ment nous dire des déser­teurs de la culture offi­cielle : étant don­né la qua­li­té de son per­son­nel actuel, il ne paraî­tra sans doute pas trop pré­somp­tueux d’af­fir­mer que cha­cun d’entre nous aurait pu réus­sir très faci­le­ment dans n’im­porte laquelle des car­rières qu’elle pro­pose. Et l’ef­fi­ca­ci­té de cette Ency­clo­pé­die se mesu­re­ra, entre autres, à notre capa­ci­té de sus­ci­ter dans le camp enne­mi d’autres déser­tions, de la part de ceux qui sont sus­cep­tibles de com­prendre que nous leur don­nons l’oc­ca­sion d’un meilleur emploi de leurs talents et de leurs connais­sances. Mais nous sommes bien déci­dés à ne lais­ser sub­sis­ter par­mi nous aucune sorte de pres­tige intel­lec­tuel sus­cep­tible de fon­der une auto­ri­té quel­conque sur la suite du pro­ces­sus. Aus­si appli­que­rons-nous sans excep­tion la règle pra­tique de l’a­no­ny­mat à tous les textes que nous publie­rons. Cette règle per­met­tra de sélec­tion­ner par­mi les trans­fuges ceux qui sont effec­ti­ve­ment déci­dés à rui­ner leur spé­cia­li­té et le sys­tème qui les emploie, sans recher­cher un pres­tige sub­ver­sif qui les met­trait en mesure de se vendre ensuite un peu plus cher que leurs col­lègues. Nous ne pou­vons accep­ter par­mi nous que ceux qui répugnent éga­le­ment à deve­nir fameux dans un monde infâme. »

Son buzz, comme beau­coup d’autres, est le résul­tat de l’é­ta­blis­se­ment d’un cli­mat social qui encou­rage ce phé­no­mène, dépour­vu de tout carac­tère sub­ver­sif ou révo­lu­tion­naire. Les buzzs comme l’ex­plique Ugo Bar­di, se pro­pagent prin­ci­pa­le­ment en rai­son de leur sim­pli­ci­té et de leur carac­tère ras­su­rant. Ce qui se véri­fie ici, le dis­cours d’I­driss Aber­kane est sim­pliste (il suf­fit de réfor­mer quelques para­mètres de notre déve­lop­pe­ment tech­no­lo­gique) et ras­su­rant (pour que nous pro­fi­tions d’une civi­li­sa­tion vrai­ment géniale).

Un autre point impor­tant à sou­li­gner et qui devrait suf­fire à lui seule à démon­trer en quoi Idriss Aber­kane est un enne­mi des luttes sociales et un bon sol­dat de la sphère cor­po­ra­tiste : par­mi ses clients, on retrouve le MEDEF Gironde, GDF Suez, Engie et Eif­fage, pour n’en citer que quelques-uns.

L’un des objec­tifs que vise la média­ti­sa­tion d’Aberkane – n’ayons pas peur de le dire – est à terme de pro­mou­voir le contrôle de l’ADN, c’est-à-dire, ni plus ni moins, le contrôle immé­diat et défi­ni­tif de toute l’humanité. Il ne tait pas uni­que­ment le fait que la plu­part de ces brillantes inven­tions appar­tiennent et conti­nue­ront d’appartenir aux indus­triels par le tru­che­ment des bre­vets, outils de contrôle par excel­lence, il fait l’impasse, volon­tai­re­ment, sur le fait qu’à terme, tout aura été ana­ly­sé, contrô­lé, et sera deve­nu pro­prié­té pri­vée, et lucra­tive.

Cette ren­ta­bi­li­sa­tion totale du monde ne sau­rait nous sau­ver. Pire, elle par­ti­cipe à creu­ser tou­jours plus le trou dans lequel nous nous enfon­çons. La maté­ria­li­té demeu­re­ra un fac­teur de pre­mière impor­tance, et il faut com­battre le para­digme d’Aberkane, qui n’est autre qu’une ten­ta­tive de rendre indé­pas­sable la socié­té indus­trielle en l’identifiant, dans l’esprit de tous, à la Nature. Ses pro­duits devront être beaux, comme les pro­duits de la nature le sont. Ses pro­duits devront être dégra­dables ou réuti­li­sables à l’infini, comme la moindre feuille de n’importe quel arbre… ou la pen­sée magique, décon­nec­tée des réa­li­tés de l’in­dus­tria­lisme.

Finis­sons en répé­tant tel un man­tra la phrase fétiche d’Aberkane : « Toute véri­té fran­chit trois étapes. D’a­bord, elle est ridi­cu­li­sée. Ensuite, elle subit une forte oppo­si­tion. Puis, elle est consi­dé­rée comme ayant été une évi­dence. » Phrase qu’il emprunte sans jamais le citer à Scho­pen­hauer.

Répé­tons-la à l’envi, car nous sommes par­fai­te­ment d’accord avec cette asser­tion. La lutte pour en finir avec la socié­té indus­trielle et la civi­li­sa­tion est ridi­cu­li­sée. Vien­dra bien­tôt le temps de l’opposition : lorsque les pre­mières digues tom­be­ront, que le pétrole sera raré­fié, que les gens com­pren­dront que ce ne sont pas deux éoliennes qui sau­ve­ront la pla­nète, et que ce qu’il leur est pro­po­sé depuis plu­sieurs années comme une alter­na­tive n’est en fait qu’une illu­sion : une volon­té de repeindre le gris en vert.

Gageons enfin que lorsque nous en aurons ter­mi­né avec la socié­té indus­trielle… la vie nou­velle sera consi­dé­rée comme une évi­dence lim­pide.

PS : Il est rela­ti­ve­ment navrant de devoir écrire un billet sur pour­quoi un type qui passe à la télé­vi­sion, à la radio, écrit pour un jour­nal comme Le Point, tra­vaille pour le MEDEF Gironde, Engie, Eif­fage, le BPCE et des entre­prises de pla­ce­ment moné­taire, entre autres, qui est invi­té par le MEDEF Ven­dée, dont les héros sont Ser­gueï Brin (Google), Mark Zuker­berg (Face­book), Elon Musk (Tes­la), & qui fait acti­ve­ment la pro­mo­tion de tou­jours plus de hautes tech­no­lo­gies et d’ex­ploi­ta­tion orga­ni­sée de la nature, n’a rien d’un révo­lu­tion­naire, ni d’un acti­viste d’au­cune sorte, bien au contraire. Aujourd’­hui comme hier, il sem­ble­rait que beau­coup de gens, au sein des masses dépo­li­ti­sées comme au sein des soi-disant mou­ve­ments d’op­po­si­tion, conti­nuent à oublier que « La révo­lu­tion ne sera pas télé­vi­sée », comme le chan­tait Gil Scott-Heron en 1970, pas plus qu’elle ne consis­te­ra en un réfor­misme illu­soire, pro­met­tant de résoudre les pro­blèmes géné­rés par cer­taines acti­vi­tés et orga­ni­sa­tions sociales humaines à l’aide de ces mêmes acti­vi­tés et orga­ni­sa­tions.

Kevin Ama­ra


Édi­tion : Nico­las Casaux

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Comments to: La nuisance progressiste : l’exemple d’Idriss Aberkane (par Kevin Amara)
  • 23 octobre 2016

    Très bon texte.

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  • 24 octobre 2016

    Mer­ci pour cette ana­lyse, que je par­tage tout a fait !
    J’aime l’i­dée de bio­mi­me­tisme mais avec lui c’é­tait vrai­ment tor­du.
    Vous avez mis les mots sur ma pen­sée ! 🙂

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  • 25 octobre 2016

    Bon­jour Kevin Ama­ra,

    Je par­tage votre ana­lyse sur l’u­sur­pa­tion d’i­dées d’A­ber­kane (et de posi­tions aca­dé­miques éga­le­ment) et sa manière de les défor­mer.
    Par contre vous faites une confu­sion entre l’ou­til et usage de l’ou­til. La tech­no­lo­gie, qui n’est pas une fin en soi, peut-être employée à des fins nobles et sou­te­nables comme à des fins pure­ment mer­can­tiles voir des­truc­trices (ex trans­hu­ma­nisme). Reje­ter la tech­no­lo­gie en soit, c’est se trom­per de cible. Il faut plu­tôt cibler son usage. D’ailleurs vous faites vous-même usage de la tech­no­lo­gie !
    Vous faites éga­le­ment, comme Aber­kane, la confu­sion entre bio-ins­pi­ra­tion et bio­mi­mé­tisme. Cette der­nière approche cherche un déve­lop­pe­ment sou­te­nable à par­tir des ensei­gne­ments du vivant et la recon­nec­tion avec le fonc­tion­ne­ment de la nature. La bio-ins­pi­ra­tion ne pro­pose que de s’ins­pi­rer du vivant pour inno­ver, d’où de pos­sibles dérives !

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    • 26 octobre 2016

      Nous ne sommes pas d’ac­cord quant à ce point-là, et je vous remer­cie d’a­voir pris le temps de for­mu­ler une cri­tique posée.

      D’a­bord, il convient de dif­fé­ren­cier « Tech­no­lo­gie » qui est l’é­tude des tech­niques, de « Tech­niques ». Je rejette la Tech­nique, au sens pro­gres­siste du terme, pas la tech­no­lo­gie en tant que telle. Tout comme je rejette la majo­ri­té des outils modernes, sans reje­ter la notion même d’ou­tils (quant au fait que je me serve moi-même d’un PC, hélas, trois fois hélas, l’In­ter­net est bel et bien le lieu pri­vi­lé­gié pour pro­duire une agit-prop effi­cace : je vivrais bien en m’oc­cu­pant sim­ple­ment d’un bout de terre et des miens, mais se reti­rer de la vie moderne est une faci­li­té à laquelle je ne sou­haite pas céder)

      Je me per­mets de vous par­ta­ger deux petits résu­més des concepts d’An­ders, qui aident à com­prendre en quoi la machine (et donc la Tech­nique) est dan­ge­reuse en soi, et en son rap­port à l’homme, issus du site Tech­no­lo­gos :

      Le déca­lage pro­mé­théen cor­res­pond au déca­lage entre les accom­plis­se­ments tech­niques de l’homme et ses capa­ci­tés (notam­ment le sens de la mesure et de la res­pon­sa­bi­li­té). Tout au plus est-il capable d’é­va­luer les risques d’un phé­no­mène par­ti­cu­lier et de prendre diverses pré­cau­tions pour le limi­ter mais il est fon­ciè­re­ment inca­pable de consi­dé­rer le phé­no­mène tech­ni­cien dans son ensemble. A l’opposé de l’u­to­piste, qui ima­gine un monde qu’il ne peut réa­li­ser, l’ho­mo tech­ni­cus pro­duit un monde qu’il n’est pas capable d’i­ma­gi­ner. Cette inca­pa­ci­té d’ap­pré­hen­der les impli­ca­tions de ce qu’il fait, cet écart entre ses pro­duc­tions (pro­di­gieuses) et ses capa­ci­tés morales font de lui un « anal­pha­bète de la peur ». Son irres­pon­sa­bi­li­té elle-même ne relève pas de la faute morale (car pour qu’il y ait faute, il faut qu’il y ait conscience ou pos­si­bi­li­té de conscience de la faute) mais d’un défaut d’i­ma­gi­na­tion et de sen­si­bi­li­té, dans la mesure où l’ordre tech­ni­cien impose ses cri­tères (en pre­mier lieu l’ef­fi­ca­ci­té) et se sub­sti­tue à toutes les valeurs qui avaient cours jus­qu’à pré­sent. Elle résulte donc du fait que l’on suc­combe (que l’on soit géné­ral ou ser­gent, chef d’é­tat ou simple qui­dam) à la croyance en la capa­ci­té de la tech­nique à résoudre les pro­blèmes de l’exis­tence. En d’autres termes, on a beau savoir quelles consé­quences entraî­ne­rait une guerre ato­mique, notre savoir équi­vaut à de qu’on n’en retire aucun ensei­gne­ment : ce n’est pas à lui que l’on se réfère en der­nier res­sort mais à sa croyance. Du fait de sa com­plexi­té et de son gigan­tisme, l’u­ni­vers tech­ni­cien est deve­nu pro­pre­ment incom­pré­hen­sible : il « dépasse l’en­ten­de­ment ».

      La honte pro­mé­théenne est le sen­ti­ment que l’homme éprouve lors­qu’il se com­pare à ses pro­duc­tions, ne sup­por­tant pas au fond l’i­dée que, contrai­re­ment à elles, il ne relève pas du pro­ces­sus de fabri­ca­tion ratio­na­li­sé qui leur a don­né nais­sance. Cette honte ne s’ex­prime pas seule­ment dans les ten­ta­tives d’a­vant-garde pour rem­pla­cer le vieil homme par le nou­veau, mais éga­le­ment dans les situa­tions les plus quo­ti­diennes. Elle consti­tue la honte de son ori­gine, la honte de devoir son être à la nature, à quelque chose qui ne relève pas d’un pro­ces­sus tech­nique. On a « honte d’être deve­nu plu­tôt que d’a­voir été fabri­qué » résume Anders. La honte pro­mé­théenne com­pense la fier­té pro­mé­théenne. Mais, comme elle, elle pro­cède de la reven­di­ca­tion à la liber­té abso­lue : la fier­té exprime une volon­té de s’ap­pro­prier inté­gra­le­ment les condi­tions de son exis­tence, la honte relève de la conscience que quelque chose, en défi­ni­tive, fait obs­tacle à cette entre­prise de maî­trise inté­grale. La muta­tion de l’hu­ma­ni­té cor­res­pond donc à une volon­té incons­ciente de sup­pri­mer tout obs­tacle natu­rel par des moyens tech­niques, ceci afin de mettre un terme à la honte de se savoir un « pro­duit de la nature ».

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  • 25 octobre 2016

    Le fait de pen­ser qu’il est un repré­sen­tant prô­nant l’in­dus­tria­li­sa­tion tou­jours plus grande aux ser­vices de lob­by est je crois une inter­pré­ta­tion de votre part et même une extra­po­la­tion des faits. J’en convient son par­cours au sein de mul­ti­na­tio­nale puante est gênante, de même que son dis­cours sur le bio­mi­mé­tisme où ses conclu­sions ne sont pas clai­re­ment affi­chées. MAIS il reste un ora­teur ins­pi­rant sur des points très posi­tifs très peu abor­dés alors : — visions de la nature comme un livre et non une buche, dans cette per­cep­tion Idriss fait clai­re­ment appel très consciem­ment à du res­pect la concer­nant, — ouver­ture à la connais­sance infi­nie, par­tage de celle ci, — com­pré­hen­sion de nos méthode d’ap­pren­tis­sage grâce aux neu­ros­ciences… il y en a d’autres.
    Ce que je sou­haite vous dire, c’est que même si son CV semble gon­flé, que son acting dans ses confé­rences com­mence à res­sem­bler à une per­for­mance théa­trale (il explique aus­si pour­quoi, en clair cela passe mieux), qu’il tra­vaille avec des groupes néfastes, et même que ses conclu­sions sont hasar­deuses (à ce sujet il serait sou­hai­table qu’il s’af­firme clai­re­ment), même avec tout ceci… ne vous semble-t-il pas évident qu’il nous apprend du posi­tif ? Que c’est à nous lec­teur de prendre ce que nous sou­hai­tons prendre de son dis­cours ? Et assu­ré­ment il y a du bon à prendre. La morale et l’é­thique concer­nant les pos­sibles abus vis à vis de la nature dont il semble prendre par­ti (je dis bien semble) ne doivent pas nous éloi­gner de la cla­re­té de sees démons­tra­tions, effi­cace et com­pré­hen­sible. En somme votre cri­tique à cela de bien qu’elle nous rap­pel de ne jamais tout ava­lé sans réfléchir,ceci afin de conser­ver notre hygiène men­tale

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    • 26 octobre 2016

      « Le fait de pen­ser qu’il est un repré­sen­tant prô­nant l’industrialisation tou­jours plus grande aux ser­vices de lob­by est je crois une inter­pré­ta­tion de votre part et même une extra­po­la­tion des faits. »

      Il le dit lui-même, enfin. 🙂
      Lors­qu’il dit « l’or­meau ça peut vous blin­der un char Leclerc » , qu’en­ten­dez-vous en creux ? Pen­sez-vous que les indus­triels se pous­se­ront gen­ti­ment et ces­se­ront leurs ravages occa­sion­nés à la pla­nète, s’il leur est pro­po­sé ce genre de trucs, pour tra­vailler à un bio­mi­mé­tisme res­pon­sable et éthique (auquel je ne crois pas, mais c’est un autre sujet) ?

      Pablo Ser­vigne a dit quelque chose de très juste en relayant cet article sur son mur FB, phrase que j’au­rais vou­lu trou­ver moi-même : Le suc­cès du dis­cours d’A­ber­kane montre clai­re­ment le besoin de conso­la­tion d’une socié­té qui ne veut pas faire son propre deuil.

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      • 26 octobre 2016

        Encore une fois c’est une extra­po­la­tion, tout comme le fait de n’a­voir rete­nu que le haut de mon mes­sage d’in­tro­duc­tion, que j’au­rais dû omettre car le reste à beau­coup plus de sens.
        Ni tout blanc ni tout noir, son dis­cours à du bon et du flou, mais vous sem­blez ne rete­nir que ce qui vous dérange. Quand il parle de l’é­co­no­mie bleue et du 0 déchet ne va-ton pas là vers un monde plus res­pec­tueux ? C’est un pas que je sou­haite prendre per­son­nel­le­ment …
        Dans une socié­té qui se veut en tran­si­tion éco­lo­gique, res­pec­tueuse et morale il pro­pose des solu­tions à un large public…Pourquoi le consi­dé­rer comme le diable ?

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        • 16 janvier 2018

          Ce qu’il faut ten­ter d’ap­pré­hen­der c’est que les trans­for­ma­tions en pro­fon­deur ne peuvent s’o­pé­rer que lorsque qu’on part à la racine de la racine. Dans l’é­tat actuel de déla­bre­ment des envi­ron­ne­ments où nous sub­sis­tons, ce n’est pas en chan­geant l’é­co­no­mie par une « autre » éco­no­mie, plus sym­pa, plus esthé­tique qui reste à l’é­cume des choses mais qui onto­lo­gi­que­ment demeure une iner­tie qui dans sa dyna­mique essen­tielle est une machine à pro­duire de la merde : des groupes exploi­te­ront tou­jours d’autres groupes dans la logique de la pro­duc­tion de la mar­chan­dise et de la Valeur d’Échange. Donc fon­da­men­ta­le­ment,
          Aber­kane nous pro­pose de ré-amé­na­ger la merde par la même merde avec un enro­bage tren­dy, hype, et un goût plus édul­co­ré mais qui à terme néces­si­te­ra tou­jours d’ex­ploi­ter le vivant à outrance et des hommes, par la simple loi d’ac­cu­mu­la­tion du Capi­tal.
          La radi­ca­li­té, ce n’est pas la tié­deur des petits arran­ge­ments qui conviennent à cer­taines classes, mais qui en laissent d’autres dans la panade, c’est trans­for­mer la tota­li­té dans son Essence.
          L’in­con­nu ça fait peur, mais l’hé­ri­tage que nous lais­se­ront quel sera-t-il ?
          Une recom­po­si­tion struc­tu­relle per­pé­tuelle où cha­cun change ses habits pour ten­ter de mas­quer sa doci­li­té et son impuis­sance ?
          Il y a encore 100 ans les gens de pro­vince avaient des connais­sances immenses sur leur envi­ron­ne­ment natu­rel local direct du simple fait de la trans­mis­sion, c’est la sagesse que nous ont lais­sées les der­nières com­mu­nau­tés pre­mières dans les­quelles la valeur d’é­change n’exis­tait pas. Le can­cer, la dépres­sion, la patho­lo­gie cog­ni­tives contem­po­raines y étaient absentes et tout être jouis­sait du pré­sent au sein du par­ta­ger com­mun. Reve­nir à l’é­tat sau­vage ? Bien sûr que non, mais se réap­pro­prier l’essence de l’Être au cœur d’un com­mun vivant, hors du champ des mar­chan­dises et des rap­ports humains sépa­rés, divi­sés et ato­mi­sés, oui.

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  • 25 octobre 2016

    A cher­cher quelques minutes a pro­pos de Idriss Aber­kane
    Il est clair pour moi qu il gonfle, voir ment sur cer­tains points de son passe (CV)
    Il tente pro­ba­ble­ment de se faire une place, une marque, un nom, une image…
    Qu il peut mon­nayer (regar­dez ses employeurs et spon­sors).
    Nean­moins une par­tie de son mes­sage est, meme si il emprunte les idees et phrases a d autres sans les citer, inter­es­sant. Une autre par­tie me semble par contre contre-pro­duc­tive car ambigue, voir illo­gique ou mal pre­sen­tee (et fausse par­fois).

    Comme un autre a dit plus haut, cer­taines par­ties sont nean­moins inter­es­santes mais il y a du tri a faire, car comme tout bon com­mer­cial il donne les argu­ments pour et omet les argu­ments contre le « pro­duit » qu il vante, et c est au « consom­ma­teur » de faire une ana­lyse.

    Une pro­bleme que sou­leve tout ceci est — et il le dit plus ou moins lui meme
    le pro­bleme de la veri­fi­ca­tion, vali­dite, per­ti­nence, triage et de la hie­rar­chi­sa­tion des infor­ma­tions recues… (par des lob­byistes, dont il est lui meme)

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  • 25 octobre 2016

    Kevin Ama­ra ou l’art du contre-buzz..

    Cet article contient trop d’er­reurs de rai­son­ne­ment que pour tenir la route..

    Exemple : Sans les décou­vertes et pro­duc­tion de machine à vapeur et pétrole, il n’y aurait pas eu de besoin de cher­cher ces maté­riaux en énorme quan­ti­té. Kevin Ama­ra confond la cause et l’ef­fet.

    Comme par hasard, tous ceux qui mon­naient leur connais­sance dans les domaines de la per­ma­cul­ture ou du bio­mi­mé­tisme s’of­fusquent…

    La nos­tal­gie d’un « ravage » de Bar­ja­vel les fait peut-être rêver d’une décrois­sance au point où toute connais­sance est connue de tous.

    La connais­sance s’é­ta­ge­ra tou­jours comme les moyens de la mettre en œuvre. Je doute même de sa capa­ci­té à connaître com­ment pousse une pomme de terre… Un geek de l’an­ti-buzz, vivant du média­tique de la cri­tique…

    Kevin Ama­ra devrait lire la méthode d’Ed­gard Morin, ça lui ferait du bien…

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    • 26 octobre 2016

      Il devrait vous appa­raître que nous n’a­vons rien à vendre, ici, et ne pro­po­sons aucune sorte de for­ma­tion, aus­si, le pro­blème n’est en aucun cas une quel­conque riva­li­té : nous ne mon­nayons abso­lu­ment rien.

      « Je doute même de sa capa­ci­té à connaître com­ment pousse une pomme de terre… »

      Alors des poi­reaux, n’en par­lons pas ! 🙂

      « La nos­tal­gie d’un « ravage » de Bar­ja­vel les fait peut-être rêver d’une décrois­sance au point où toute connais­sance est connue de tous. »

      Pré­ci­sé­ment : il me parait pré­fé­rable que tous soient à même de savoir faire pous­ser une patate, quitte à ce que per­sonne ne dis­pose plus des moyens de faire avan­cer la théo­rie des états rela­tifs.

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  • 26 octobre 2016

    Vous avez remar­quez le petit sigle FB-Twit­ter-Google-Par­ta­ger en bas d’ar­ticle ?
    Cela signi­fie que ces mul­ti­na­tio­nales savent que vous avez cli­quer sur cette page, ils ont archi­vé votre adresse IP, l’heure, la date et le temps que vous avez pas­sez à lire. Ces gens trans­mettent toutes ces info col­lec­tées à volo aux ser­vices de ren­sei­gne­ments des états qui le demandent.
    Big Bro­ther is wat­ching you les amis.
    Pru­dence !

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    • 26 octobre 2016

      Mer­ci de ce rap­pel salu­taire.
      Ceci étant, et comme rap­pe­lé plus haut, sur ce site, nous pre­nons le par­ti de ne pas fuir la moder­ni­té et de com­battre avec les armes de l’en­ne­mi. Tant pis s’il connait mes goûts musi­caux et la taille de mes slips …

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  • 26 octobre 2016

    Bon­jour et mer­ci.
    Je ne suis pas là pour avoir rai­son mais pour échan­ger, me ques­tion­ner et pro­po­ser hum­ble­ment mon point de vue à un ins­tant T.
    C’est cer­tain qu’il faut res­ter un mini­mum méfiants quand à l’u­ti­li­sa­tion de cer­taines tech­no­lo­gies 1000% d’ac­cord.
    La connais­sance qu’il par­tage, pour­rait nous ouvrir à autre chose et ça pour­rait nous faire du bien (la planète+nous), si c’est bien uti­li­sé of course (le bon sens).
    Je vois la connais­sance (la pen­sée) comme un outil qui peut per­mettre de détruire ou d’a­mé­lio­rer notre envi­ron­ne­ment, c’est à nous de bien l’u­ti­li­ser (même si nous n’a­vons pas tous le même bagage neu­ro­nal à la base). Lui ne fait que trans­mettre et cher­cher des finan­ce­ments (bahouai j’aime pas ça mais je peux com­prendre).

    Son dis­cours est ras­su­rant ? pkoi pas les gens ont besoin de ça pour avan­cer, qu’on leur montre qu’il y a encore d’autres solu­tions, d’autres approches car pour l’ins­tant l’hu­ma­ni­té dans son ensemble perd car­ré­ment ses repères (mais ya tou­jours de la lumière heu­reu­se­ment les COPAINNNs).
    Une grande par­tie de la popu­la­tion des socié­tés « déve­lop­pées » est com­plè­te­ment alié­née et décon­nec­tée de la nature, on l’ob­serve tous les jours.….:( (tech­nique émo­tion) 😉
    Je pense que pour être sau­vés l’es­sence même de notre exis­tence doit être remise en ques­tion avec humi­li­té (et de nou­veaux concepts/outils) , la clef est là donc Idriss frôle à peine la par­tie émer­gée de l’i­ce­berg pour moi. Ego à part, chaque chose en son temps donc.

    Comme on (nous, le res­tant de l’hu­ma­ni­té VS élites de merdes) ne sait pas arrê­ter l’in­dus­trie de façon bru­tale (jusqu’à preuve du contraire) ça passe par des essais, des pro­po­si­tions, des échanges de connais­sances « neuves » ou revi­si­tées. C’est sur qu’on va faire des erreurs (graves) mais c’est comme ça qu’on apprend il me semble. Avant de pas­ser à l’ac­tion, nous devons nous har­mo­ni­ser autour d’un nou­veau paradigme/culture qui res­pecte la vie en géné­ral et qui peut s’ins­pi­rer de la nature (donc Idriss nous file des pistes c’est pas trop mal pour un début)…

    Ce sont les bal­bu­tie­ments de l’é­vo­lu­tion de notre espèce en espé­rant que ce soit pour le mieux (et là je rajoute, s’il plait à Dieu pour les croyants ou sim­ple­ment par humi­li­té).
    Alors c’est sur que le top pour nous serait d’ar­rê­ter toute l’in­dus­trie, l’é­co­no­mie actuelle, le nucléaire et de reve­nir à la nature ÉVIDEMMENT.
    Mon avis est sur­tout que nous devons prendre conscience de la mesure dans laquelle nous créons à par­tir de la pen­sée, de ce que l’on fixe comme étant réel, déve­lop­per des outils autour de ça et res­pec­ter la vie au sens large, voi­là après c’est l’a­bon­dance, l’a­mour, la haine, la dua­li­té la vie, la mort (etc… héhé­hé) à nous de com­po­ser. On est d’ac­cord, rien est simple mais c’est à nous de rendre les choses plus simples.
    Là il y a encore du monde à convaincre, mais sur­tout à for­mer car si on a pas le réseau neu­ro­nal dis­po pour accueillir de nou­veaux concepts on ne com­prend pas (sur ce sujet Idriss est un super péda­gogue, mer­ci).
    Et quand on ne com­prend pas on est face à l’in­con­nu, et quand on est face à l’in­con­nu on se chie des­sus, on est méfiants, on a besoin de ren­trer les idées dans des tuper­wares car ça nous ras­sure (aussi),on déve­loppe une pen­sée binaire, on reste conser­va­teurs à l’ex­treme etc…Voila on fait bug­guer la matrice mdr (bons sens chap. 2 pour celui qui sen­ti­ra la réson­nance, héhé). Nos com­por­te­ments doivent car­ré­ment évo­luer c’est clair, et pour ça nous devons éle­ver nos consciences (dsl j’ai pas de terme plus pré­cis).

    Mais de là à dire qu’I­driss est un « enne­mi des luttes sociales et un bon sol­dat de la sphère cor­po­ra­tiste » je trouve ça un peu hâtif, binaire et exa­gé­ré il a peut être une cuillère dorée dans le cul, un EGO j’a­voue, il est car­ré­ment impar­fait (qui ne l’est pas?).
    Mais jl’aime bien 🙂 (ceci n’est pas un argu­ment lol).

    En tout cas j’at­tends de voir ce que vous pro­po­sez M.Amara.
    Il n’y a pas de conclu­sion pour moi, je suis très heu­reux de voir que nous pou­vons par­ler de ces sujets Ô com­bien com­plexes et essen­tiels.
    MERCI.

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  • 29 octobre 2016

    Excel­lente ana­lyse, qui rejoint exac­te­ment l’im­pres­sion que j’ai eu en écou­tant ses confé­rences : une indi­gna­tion à consta­ter qu’il ne remet­tait aucu­ne­ment en cause les fon­de­ments de notre socié­té péri­cli­tante et en per­di­tion à cause du capi­ta­lisme. Ce que je n’ai pas man­qué de sou­li­gner dans les com­men­taires sous ses vidéos, ce qui m’a valu de pas­ser pour quel­qu’un qui voyait les choses par le mau­vais côté de la lor­gnette…

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  • 29 octobre 2016

    Ana­lyse éclai­rante et lucide, me semble t‑il, quant au can­cer qu’est le capi­ta­lisme 3.0 Aber­kane est cynique, cela, per­sonne, abso­lu­ment per­sonne, ne l’a vu. Deve­nez vous même, libé­re­rez votre cer­veau et faites cir­cu­ler de la connais­sance vous serez riches. En atten­dant ache­tez donc mon livre à 23e et rap­pe­lez vous la connais­sance est gra­tuite mais rend riche:) Sacré Far­ceur cet Aber­kane. Après qu’il fal­si­fie son cv « who cares’. Dans un an on ne par­le­ra plus de lui, dans dix, son bou­quin sera en vente à 1e dans les bro­cantes entre les Dukan et les Pierre Bel­le­mare. Triste.

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  • 30 octobre 2016

    Bon­jour, mer­ci pour cet article inté­res­sant. Comme d’autre « com­men­tants » je trouve que vous ne voyez que les aspects néga­tifs de ce qu’il est ou pro­pose. J’en veux pour exemple l’o­mis­sion (que j’i­ma­gine volon­taire) de ce que Mr. Aber­kane dit à pro­pos des déchets. Hélas je trouve que cela res­semble au com­por­te­ments des scien­ti­fiques qui ne prennent que les argu­ments qui les inté­ressent pour construire leurs théo­rie et ne citent pas ceux qui les dérangent. Cela fait perdre du cré­dit à votre argu­men­ta­tion. Je trouve aus­si que vous ne don­nez pas non plus de réso­nance à ses pro­pos sur la « nou­velle renais­sance » non­obs­tant le fait que les décou­vertes scien­ti­fiques majeures puissent pro­vo­quer des chan­ge­ments de socié­té, ou du moins en être un des rouages. Pour ma part je suis per­sua­dé que ce sont plu­sieurs élé­ments entrant en réso­nance qui créent ces grands chan­ge­ments de société/paradigmes. Je trouve ça dom­mage aus­si de ne pas par­ler des néo­lo­gismes qu’il emplois (même si ce ne sont peut être pas les siens), car pour moi chan­ger le lan­gage peut per­mettre de chan­ger la pen­sée. Pour finir, c’est ter­rible qu’il faille attendre qu’il fasse le « buzz » pour que des articles sortent sur lui alors que cela fait un moment qu’il s’ex­prime sur le bio­mi­mé­tisme entre autre. De fait, votre article est un article de réac­tion au « buzz » et donc for­cé­ment orien­té…
    Cou­rage pour la suite, j’es­père avoir été construc­tif comme vous l’êtes.
    P.S : je suis d’ac­cord avec vous pour les pommes de terre.

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  • 31 octobre 2016

    Je com­mence par vous dire que je com­prends votre point de vue, j’ai un peu creu­sé sur la cri­tique de la tech­no­lo­gie et la cri­tique du pro­grès.
    Cepen­dant j’ai plu­sieurs remarques que j’ai­me­rais mettre en avant.

    Déjà, il est noble de votre part de mettre en avant les conflits d’intérêts d’I­driss Abe­kane, et donc de ne pas le consi­dé­rer comme un cher­cheur indé­pen­dant.
    Ensuite, votre ana­lyse est très bien faite et montre les tra­vers et les omis­sions dans son dis­cours (notam­ment quant à l’ex­ploi­ta­tion des res­sources maté­rielles, l’u­ti­li­sa­tion du bio­mi­mé­tisme qui avait déjà été faite aupa­ra­vant, etc.).
    Enfin, mer­ci de rendre les dif­fé­rentes cita­tions à leur créa­teurs.

    J’en viens à mon pro­pos prin­ci­pal.
    Com­ment pou­vez vous, avec une telle luci­di­té et une telle jus­tesse d’a­na­lyse, conti­nuer à vous occul­ter ain­si quant à l’u­ti­li­sa­tion des tech­no­lo­gies ?

    Si je re-cite Anders : « La muta­tion de l’humanité cor­res­pond donc à une volon­té incons­ciente de sup­pri­mer tout obs­tacle natu­rel par des moyens tech­niques, ceci afin de mettre un terme à la honte de se savoir un « pro­duit de la nature » ».

    Je suis d’ac­cord avec cette vision, seul dans la nature, nous ne val­lons rien, nous serions déchi­que­tés par le pre­mier ani­mal. Nous sommes d’ailleurs appa­rem­ment lar­ge­ment dému­nis de défense natu­relle puisque nous nais­sons pré­ma­tu­ré­ment.
    Notre cer­veau, notre capa­ci­té d’or­ga­ni­sa­tion et nos créa­tions « tech­no­lo­giques » (le feu, les outils, les vête­ments, etc…) sont donc nos seuls atouts face à la nature.

    Ensuite, l’hu­main semble être l’espèce ani­male la plus des­truc­trice pour les autres espèces (extinc­tion de la qua­si tota­li­té de la macro­faune ter­restre par exemple).

    Donc oui, le pro­grès tech­nique, issu de la révo­lu­tion indus­trielle et du capi­ta­lisme ont été les fac­teurs déclen­chant des maux sociaux les plus intenses, des armes et des guerres les plus dévas­ta­trices, mais la source du pro­blème semble remon­ter plus loin.
    A l’heure actuelle, quelles solu­tions nous reste-t-il pour sor­tir de cette crise humaine, sociale, éco­lo­gique, etc. ?

    Retour­ner en ‑10 000 et empê­cher la révo­lu­tion agri­cole serait appa­rem­ment une bonne chose, nous res­te­rions des groupes de chas­seurs-cueilleurs, une espèce déjà dan­ge­reuse pour son envi­ron­ne­ment mais avec un impact négli­geable.
    Mais nous n’a­vons pas cette capa­ci­té là, et il nous faut jouer avec le désastre actuel, non pas se gar­ga­ri­ser avec les pen­sées anar­chistes du début du 20eme.
    Nous sommes dans la merde tech­no­lo­gique, et le pro­grès est néfaste, d’ac­cord, mais nous y sommes depuis au moins 10 000 ans, dans le pro­grès.

    Donc aujourd’­hui, il semble dif­fi­cile d’a­che­ter des vête­ments ou des tech­no­lo­gies qui ne soient pas issus de l’ex­ploi­ta­tion outra­geuse d’hu­mains. J’i­ma­gine que vous por­tez vous mêmes des chaus­sures made in China/Pakistan/Thaïlande et uti­li­sez un pc/mac dont des maté­riaux uti­li­sés pour la fabri­ca­tion ont été extraits en Afrique.

    Quelle solu­tion donc, que les bien pen­sants états euro­péens se mettent à la décrois­sance, et plantent des patates ? J’en serais très heu­reux et je serai cer­tai­ne­ment com­blé de faire ça chez moi, sans second degré.
    Mais vous ne règle­rez pas le pro­blème géné­ral, la curio­si­té, l’a­vi­di­té de savoir, de pro­grès (et de mal­heur), et actuel­le­ment notre rap­port aux tech­no­lo­gies.
    Donc, en conclu­sion, je suis heu­reux que cer­tains se penchent sur la réflexion de com­ment pour­rait être notre ave­nir face aux tech­no­lo­gies, quitte à ce qu’ils soient dans le faux, le mili­taire, et que leur dis­cours fasse une réfé­rence à l’argent de manière constante.
    Qu’on le veuille ou non, l’u­ti­li­sa­tion des outils numé­riques et tech­no­lo­giques, cer­tai­ne­ment néfaste à notre nature ani­male, a de grande chances de per­du­rer un petit moment. Il semble donc vital d’u­ti­li­ser ces outils d’une manière éthique, quitte à les déve­lop­per, et à déve­lop­per la tech­no­lo­gie (pour­quoi ne pas déve­lop­per un tech­no­lo­gie plus effi­cace dans la ges­tion des déchets, en plus bien évi­dem­ment de cher­cher à en pro­duire le moins pos­sible ?).
    Donc, même si la ter­mi­tière a ins­pi­ré un centre com­mer­cial, avec un peu d’op­ti­misme, on pour­rait pen­ser qu’elle ins­pi­re­ra des mai­sons col­lec­tives ou indi­vi­duelles.

    Voi­là pour mes réflexions, écrites de manière spon­ta­nées je n’ai pas pris le temps de me relire davan­tage, je tenais seule­ment vous pro­po­ser quelques pen­sées qui étaient miennes et qui, je juge, par­ti­cipent à voir les choses d’un angle construc­tif.
    Vous qui avez une capa­ci­té d’a­na­lyse que je res­pecte et que je trouve bonne, mais cer­tains biais dans votre dis­cours empêchent, à mon sens, de voir les solu­tions pos­sibles (et louables) à l’u­ti­li­sa­tion de nos tech­no­lo­gies.
    Donc, vous jouez, le rôle d’un contre pou­voir qui for­cé­ment s’ins­crit dans la ten­dance, plu­tôt qu’u­ti­li­ser cette éner­gie à cri­ti­quer en plus de pro­po­ser des solu­tions inno­vantes.

    Mer­ci pour cette lec­ture.

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    • 31 octobre 2016

      « Qu’on le veuille ou non, l’utilisation des outils numé­riques et tech­no­lo­giques, cer­tai­ne­ment néfaste à notre nature ani­male, a de grande chances de per­du­rer un petit moment. Il semble donc vital d’utiliser ces outils d’une manière éthique, quitte à les déve­lop­per, et à déve­lop­per la tech­no­lo­gie (pour­quoi ne pas déve­lop­per un tech­no­lo­gie plus effi­cace dans la ges­tion des déchets, en plus bien évi­dem­ment de cher­cher à en pro­duire le moins pos­sible ?). »

      Vrai­ment ? On s’accommode des maux et on conti­nue sur le che­min de la des­truc­tion, c’est ça ta conclu­sion ?

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    • 31 octobre 2016

      Mer­ci d’a­voir pris le temps de pré­ci­ser ta pen­sée.

      Je me per­mets de te signa­ler qu’il y a une confu­sion dans celle-ci. Il s’a­git d’é­chap­per au machi­nisme, en aucun cas à la « Tech­nique ». Pré­tendre abo­lir la Tech­nique n’a pas plus de sens que viser à l’a­bo­li­tion du som­meil ou de l’ap­pé­tit, en ce sens que la Tech­nique est inhé­rente à l’homme. Allu­mer un feu par fric­tion, c’est déjà de la tech­nique.
      En sus, je t’in­vite à regar­der du côté des tech­niques auto­ri­taires et démo­cra­tiques déve­lop­pées par Lewis Mum­ford, pierre d’achoppement inté­res­sante pour construire une pen­sée anti-tech­ni­cienne.

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  • 31 octobre 2016

    Je ne suis pas dans l’i­do­lâ­trie du bon­homme, mais je trouve qu’il s’ex­prime bien et qu’il met en avant des concepts inté­res­sants.
    Je ne me sou­viens pas d’une seule de ses inter­ven­tions où il se pre­sente comme cher­cheur au CNRS, à Cam­bridge ou Stan­ford.
    Beau­coup de mythos viennent de ses dif­fu­seurs (Ted qui est cou­tu­mier du fait) qui pour cré­di­bi­li­ser son pro­pos gonflent son CV.
    Bref, c’est pas le Mes­si, mais on le savait déjà, il est peut être un peu men­teur sur les bords, mais son pro­pos est quand même sou­vent juste.
    Que celui qui n’a jamais ‘ame­lio­ré’ son CV lui jette la 1ere pierre…

    Après sur le fond, aber­kane est un scien­ti­fique qui pense, c’est pas un phi­lo­sophe

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    • 31 octobre 2016

      Mes­sie et pas Mes­si…
      Salo­pe­rie de cor­rec­teur auto­ma­tique…
      Sinon, les vul­ga­ri­sa­teurs, même si leur pro­pos est dis­cu­table, ont l’a­van­tage de pous­ser le grand public à s’in­té­res­ser à des sujets (ici le bio­mi­mé­tisme) dont ils n’au­raient jamais enten­du par­ler

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      • 24 mai 2017

        Je ne suis pas du tout d’ac­cord. Dire que, au moins il pousse les gens à s’in­té­res­ser au bio­mi­mé­tisme ce serait comme dire que les créa­tion­nistes ont le mérite de pous­ser les gens à s’in­té­res­ser à la bio­lo­gie, ou que les astro­logues ont le mérite de pous­ser les gens à s’in­té­res­ser aux pla­nètes. L’in­té­rêt est nul quand les idées pro­pa­gées sont scien­ti­fi­que­ment tota­le­ment fausses.

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  • 15 novembre 2016

    ça décor­tique, ça cri­tique, mais dans cet article aucune alter­na­tive n’est pro­po­sée à la pen­sée d’I­driss Aber­kane, cette per­sonne est en train de nous lan­cer dans de nou­velles direc­tions, peut-être mal­adroi­te­ment mais per­sonne n’est par­fait et sa démarche dans cer­tains cas n’est peut-être pas ada­pa­tée mais il est le SEUL à avoir pro­po­sé un sem­blant de phi­lo­so­phie cen­sée depuis très long­temps, la cri­tique de cet article est inté­res­sante mais n’a­bou­tit à aucune alter­na­tive .. Aucune solu­tion n’est pro­po­sée, la cri­tique fuse mais ne mène nulle part.

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    • 15 novembre 2016

      Pas facile pour les non-ini­tiés, ceux qui baignent dans le mains­tream, de com­prendre la cri­tique anti-indus­trielle. Pour faire simple, ce que nous prô­nons, c’est l’exact inverse de ce qu’A­ber­kane pro­meut, c’est la décrois­sance, c’est la dés­in­dus­tria­li­sa­tion, le déman­tè­le­ment de la socié­té indus­trielle, la ces­sa­tion du soi-disant pro­grès tech­no­lo­gique, etc.

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  • 16 novembre 2016

    @LePartage
    Avez vous lu le livre « libé­rez votre cer­veau » d’I­driss ? J’i­ma­gine que non ne le por­tant pas dans votre coeur…
    Je reviens sur mes pré­cé­dents avis, et je vous le dis ici : En fait, vous avez tout faux.
    Lisez son livre et si vous avez tou­jours les mêmes argu­ments que celui par­ta­gé sur cet article, je ne peux plus rien vous vous j’en ai peur

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  • 16 novembre 2016

    Article très inté­res­sant mais que pen­sez-vous de cette obser­va­tion ?

    Cette der­nière jette un dis­cré­dit sur l’exemple phare de la théo­rie de la connais­sance, sachant qu’apple (comme expli­quée, Apple vend de faux besoins à tra­vers la tech­no­lo­gie).

    Il est nul­le­ment ques­tion de connais­sance mais de Mar­ke­ting.

    https://www.youtube.com/watch?v=xq5oldwrk1k

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  • […] Kevin Ama­ra sur Par­tage-le « La nui­sance pro­gres­siste : l’exemple d’Idriss Aber­kane » (sur les idées de IA) (le site est assez par­ti­san, […]

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  • 12 décembre 2016

    Bon­jour a toi Kevin / autres contri­bu­teurs de ce post,

    Mer­ci pour ce point de vue éclai­rant mais qui dresse un por­trait assez vitrio­lé de cette nou­velle renais­sance dont nous serions contem­po­rains.

    Pour ma part je pense qu’I­driss connait son sujet mais va sur­jouer sa carte d’homme de bonne volon­té afin de convaincre le maxi­mum de bre­bis éga­rées a se jeter dans la val­lée d’ombre d’un bio-mimé­tisme 2.0 appli­qué a une neu­ro-science vul­ga­ri­sée.

    Ceci étant, je trouve qu’il aborde des points inter­es­sants dans ses pres­ta­tions thêa­trales et qui méritent d’être sou­le­vés.
    je vou­drais notam­ment avoir ton point de vue sur le claim d’A­ber­kane vs notre sys­tème édu­ca­tif qui est gros­so mer­do selon ses termes, res­té figé depuis Jule Fer­ry.

    Penses-tu éga­le­ment que cela fait par­tie du buzz autour de ce jeune éphèbe tren­te­naire qui surfe sur la vague de la mon­dia­li­saion bleue et de ce fait, consi­dères-tu cette idée seule­ment conso­la­trice voire illu­soire, au même titre que l’é­co­no­mie de la connais­sance ?

    Cheers,

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  • 27 avril 2018

    Article très inté­res­sant qui per­met de mettre en relief cer­taines dérives pos­sibles ou effec­tives de ce genre de pen­sée. Etant moi-même contre l’in­dus­tria­li­sa­tion actuelle, la vio­lence quelle qu’elle soit et la « crois­sance » com­prise dans le sens maté­ria­liste, je ne peux que saluer cette cri­tique.

    Cepen­dant, il y a dans cette cri­tique des inter­pré­ta­tions très mal­adroites et sou­vent très sévères qui me semblent être contre-pro­duc­tives. En outre vous êtes clai­re­ment dans le pro­cès d’in­ten­tion.
    Cela se voit très net­te­ment quand vous par­lez de l’u­ti­li­sa­tion de l’or­meau pour les chars : je ne vois pas bien en quoi la connais­sance fine de l’or­meau impli­que­rait néces­sai­re­ment une sur­ex­ploi­ta­tion de l’es­pèce, idem pour la moule, c’est un rac­cour­ci très mal­heu­reux. Le prin­cipe du bio­mi­mé­tisme c’est de s’ins­pi­rer de l’in­gé­nie­rie natu­relle, en aucun cas ça veut dire « exploi­ter les espèces en détrui­sant l’é­co­sys­tème ». Bien sûr les indus­triels le font et peuvent le faire, mais l’a­mal­game entre Idriss et les indus­triels est tout à fait ignoble.

    Ensuite vous par­tez du prin­cipe que toute crois­sance est mau­vaise. C’est peut être votre avis, mais dire qu’une idée est « nocive » en sou­li­gnant sim­ple­ment les mau­vais aspects c’est pas tel­le­ment ce que j’ap­pelle une rhé­to­rique exem­plaire. En fait vous jetez com­plè­te­ment le bébé avec l’eau du bain. Peut-on par exemple consi­dé­rer que la connais­sance doit décroître ? Pour moi clai­re­ment pas, sur­tout que la connais­sance des richesses du monde ani­mal implique clai­re­ment un chan­ge­ment de para­digme dans son « exploi­ta­tion ». Si c’est l’in­dus­tria­li­sa­tion qui empêche tout bio­mi­mé­tisme, alors le prin­cipe de pro­mou­voir la connais­sance de la nature implique néces­sai­re­ment de la pro­té­ger en arrê­tant l’in­dus­tria­li­sa­tion puisque le déve­lop­pe­ment de la civi­li­sa­tion ne pour­ra aller qu’a­vec une décrois­sance maté­rielle.

    Après je veux bien croire que les équa­tions mathé­ma­tiques semblent sor­tir de nulle part, mais là encore ça ne signi­fie nul­le­ment qu’elles sont fausses ou stu­pides. Intui­ti­ve­ment on pressent bien que le rai­son­ne­ment est exact, sur­tout que dans l’é­qua­tion du flux de la connais­sance, qu’on pour­rait assi­mi­ler à l’ap­pren­tis­sage, Idriss ne met pas du tout le signe « = » mais « pro­por­tion­nel », ce qui sou­ligne une cer­taine humi­li­té mal­gré tout. Bref vous cher­chez à le décré­di­bi­li­ser sans avoir l’honnêteté intel­lec­tuelle de consi­dé­rer que son rai­son­ne­ment se tient. Et pour moi c’est plus de la cri­tique ça, c’est clai­re­ment un pro­cès, et je ne sous­crits pas à ce genre de méthode.

    Enfin vous êtes contre l’i­dée de « pro­grès » ce qui à mon sens est une aber­ra­tion à la fois séman­tique et intel­lec­tuelle. Si vous consi­dé­rez que la socié­té est per­fec­tible c’est que vous vou­lez la faire pro­gres­ser, vous ne pou­vez donc pas être contre. Par ailleurs pour quel­qu’un de cri­tique vous devriez savoir que de toute façon « on n’ar­rête pas le pro­grès ». La ques­tion est donc com­ment l’o­rien­ter plu­tôt que com­ment l’ar­rê­ter. Or M. Aber­kane a le mérite de don­ner une piste de réflexion sur l’u­ti­li­sa­tion des res­sources maté­rielles et imma­té­rielles qui pour moi vont plus dans le bon sens que dans le mau­vais. En outre ses idées sur la Ter­ra­for­ma­tion qu’il appuie par un sys­tème col­la­bo­ra­tif de connais­sance me semble bien plus sain et éco-res­pon­sable que les inten­tions que vous lui prê­tez. En résu­mé : le prin­cipe d’I­driss est très clai­re­ment incom­plet et ses idées peuvent clai­re­ment être uti­li­sées à mau­vais escient, mais en trai­tant sa pen­sée de nui­sance, vous négli­gez la sagesse de son mes­sage et tout ce que ça implique sur le long terme : le res­pect de la nature et par consé­quent l’a­ban­don du maté­ria­lisme, tout ce qu’une per­sonne comme vous devrait pro­mou­voir.

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    • 29 avril 2018

      1. C’est Idriss Aber­kane lui-même qui sug­gère l’u­ti­li­sa­tion de l’or­meau pour les chars. Pas nous. Vous n’a­vez pas du le com­prendre. La sagesse que vous prê­tez à son mes­sage n’existe pas. Il sug­gère ouver­te­ment lui-même d’ex­ploi­ter la nature à des fins indus­trielles, en per­ma­nence, c’est le cœur de son mes­sage, même si c’est asso­cié à un cha­ra­bia qui sug­gère du coup de pré­ser­ver la nature (pour mieux l’ex­ploi­ter, c’est-à-dire qu’on se retrouve avec un double dis­cours com­plè­te­ment inco­hé­rent).

      2. Il faut évi­dem­ment com­prendre (c’est un peu étrange de devoir le rap­pe­ler) que lors­qu’on parle de « pro­grès » on parle de la notion de pro­grès défi­nie par l’i­déo­lo­gie domi­nante, qu’on se réfère pareille­ment aux termes de « déve­lop­pe­ment » et à celui de « crois­sance » non pas par rap­port à leur défi­ni­tion du dic­tion­naire mais par rap­port au sens que l’i­déo­lo­gie domi­nante leur attri­bue.

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  • 19 juin 2018

    À ceux qui pensent qu’I­driss Aber­kane leur trans­met de la connais­sance durant ses confé­rences ou autres inter­ven­tions — ça va être bru­tal, mais tant pis : vous êtes aus­si incultes que cré­dules, car si vous ne l’é­tiez pas, vous relè­ve­riez de nom­breuses et gros­sières fal­si­fi­ca­tions et mani­pu­la­tions. C’est un simple bache­lier qui vous dit ça.

    Nul besoin d’être pas­sé par Saint-Cyr ou Poly­tech­nique pour com­prendre en quelques minutes que c’est tout sauf un scien­ti­fique ; la curio­si­té et la dis­ci­pline per­son­nelle suf­fisent à repé­rer qu’I­driss Aber­kane est au mieux un char­la­tan qui cherche à obte­nir argent et recon­nais­sance à peu de frais, au pire un sol­dat du Capi­tal 2.0.

    Je me suis « amu­sé » à pro­cé­der à un fact-che­cking de sa confé­rence don­née pour le CERA le 21 mars 2018, et récem­ment mise en ligne sur You­tube, car en l’é­cou­tant d’une oreille par curio­si­té, j’y avais repé­ré quelques énormes erreurs fac­tuelles. La plu­part des infos qu’il dif­fuse sont, sinon fausses, au moins tron­quées. J’ai vou­lu publier mon tra­vail direc­te­ment sous la vidéo. J’ai été cen­su­ré à chaque fois ; mon compte google créé pour l’oc­ca­sion (je n’u­ti­lise aucun réseau social en ligne) a été signa­lé et sus­pen­du. Pour­tant, tout est minu­té et dûment sour­cé. La seconde fois, je me suis même astreint à ne for­mu­ler aucune opi­nion et à ne pro­duire aucune ana­lyse dis­cur­sive, me conten­tant d’ap­por­ter des rec­ti­fi­ca­tifs avec sources à l’ap­pui. Même résul­tat… Je ne peux plus publier aucun com­men­taire sur You­tube qui soit visible des autres uti­li­sa­teurs.

    Sa confé­rence de 3 heures regorge de men­songes et d’af­fa­bu­la­tions, et comme la plu­part de ses déve­lop­pe­ments et « rai­son­ne­ments » s’ap­puient des­sus, ils sont caducs par essence.

    Ses seuls talents relèvent de la pres­ti­di­gi­ta­tion dia­lec­tique et de la maî­trise de cer­taines tech­niques de com’ effi­caces en mar­ke­ting.

    Sa culture est en toc ; il n’a aucune com­pé­tence scien­ti­fique réelle (et d’ailleurs aucun diplôme dans ce registre) ; il ne com­prend mie à l’art et la phi­lo­so­phie : c’est un char­lot habile et méga­lo, mais un sacré char­lot quand même !

    Les gens de la trempe d’A­ber­kane sont extrê­me­ment nui­sibles au cer­veau col­lec­tif humain. Un para­site, rien de plus.

    Il y a quelque chose de très déses­pé­rant à consta­ter qu’il par­vient à séduire (même à moi­tié) nombre de gens aux inten­tions plu­tôt nobles à la base. Alors qu’il dit n’im­porte quoi sur à peu près tous les sujets qu’il sur­vole.

    Idriss Aber­kane, c’est l’In­tel­li­gence Arti­fi­cieuse incar­née. Mal­heur à celles et ceux qui lui accordent quel­conque cré­dit : c’est l’a­tro­phie du cer­veau assu­rée.

    Mais après, libre à cha­cun de se faire char­mer par les ser­pents.

    Par­don­nez le for­mat quelque peu télé­gra­phique de ce com­men­taire.

    En tout cas, mer­ci pour ce bel article, qui démontre très bien sur quelles super­che­ries reposent le phé­no­mène Aber­kane.

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    • 22 juin 2018

      @Eupalinos _Teste Peut-on trou­ver ce fact-che­cking quelque part ailleurs ?

      Reply
      • 22 juin 2018

        Lania­kea a émer­gé suite à une nou­velle défi­ni­tion du concept de super-clus­ter. Il ne faut pas aller plus loins que la page Wiki­pe­dia pour apprendre cela. Il y a donc un aspect très conven­tion­nel à cette décou­verte.

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      • 29 juin 2018

        Bon­jour ljb03,

        Je n’ai pu vous répondre avant, car je suis par­ti en vacances le len­de­main de mon post.

        Actuel­le­ment, mon fact-che­cking n’est dis­po­nible nulle part publi­que­ment. Si j’ai bien pen­sé à la publier ailleur que sur You­tube, je confesse être un béo­tien en matière de com­mu­ni­ca­tion numé­rique. Si quel­qu’un pou­vait m’in­di­quer un médium ou une pla­te­forme propre à dif­fu­ser ce fact-che­cking, je lui en serai recon­nais­sant.

        Mer­ci d’a­vance.

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