Pour com­men­cer, quelques ques­tions, trop rare­ment posées :

La des­truc­tion en cours des dif­fé­rents biomes de la pla­nète, leur conta­mi­na­tion par d’innombrables sub­stances et pro­duits toxiques, les pol­lu­tions mas­sives des milieux natu­rels sont-elles davan­tage les consé­quences de la manière dont la civi­li­sa­tion indus­trielle pro­duit l’éner­gie qu’elle consomme ou les consé­quences de ce qu’elle fait de cette éner­gie (ou les deux) ? Et en quelles pro­por­tions ?

Autre­ment dit, la pla­nète est-elle en train d’être détruite par les consé­quences directes de la pro­duc­tion éner­gé­tique indus­trielle mon­diale ou l’est-elle davan­tage par ses consé­quences indi­rectes ?

Le déver­se­ment annuel de mil­lions de tonnes de plas­tique qui asphyxient les océans dépend-il du type d’énergie uti­li­sée par les usines et les zones indus­trielles ?

Les mil­lions de tonnes de déchets toxiques annuel­le­ment géné­rées par les dif­fé­rentes indus­tries (cos­mé­tique, élec­tro­nique, chi­mique, agri­cole, ves­ti­men­taire, fores­tière, de la construc­tion navale, de la construc­tion auto­mo­bile, etc.) sont-elles les consé­quences de la manière dont est pro­duite l’énergie qu’elles uti­lisent ?

La des­truc­tion d’écosystèmes, leur pol­lu­tion, et l’extirpation de mil­lions de tonnes de res­sources non-renou­ve­lables (métaux, mine­rais en tous genres) des entrailles de la pla­nète par l’industrie des extrac­tions minières sont-elles liées à la manière dont est pro­duite l’énergie qu’elle uti­lise ?

L’abattage des der­nières forêts d’Afrique (et d’ailleurs) afin de four­nir du bois d’œuvre (ou l’abattage des forêts d’Amérique du Sud afin de déga­ger de l’espace pour l’élevage et d’autres acti­vi­tés indus­trielles) est-il lié à la manière dont est pro­duite l’énergie uti­li­sée par les usines de trai­te­ment du bois ?

Le monde est-il en train d’être détruit par manque d’une pro­duc­tion indus­trielle d’énergie « verte » ou « propre » ou « renou­ve­lable » ?

Inver­se­ment, si toute la pro­duc­tion d’énergie indus­trielle était, ou plu­tôt, pou­vait être, « verte » ou « propre » ou « renou­ve­lable », l’humanité indus­trielle ces­se­rait-elle de détruire, pol­luer, conta­mi­ner, et épui­ser la pla­nète ?

En l’état des choses, les dif­fé­rentes indus­tries qui consti­tuent nos socié­tés indus­tria­li­sées sur­ex­ploitent et épuisent déjà lar­ge­ment les res­sources natu­relles (renou­ve­lables et non-renou­ve­lables) de la pla­nète. Qu’en sera-t-il lorsque l’industrialisation (élec­tri­fi­ca­tion, moder­ni­sa­tion, urba­ni­sa­tion, etc.) de tous les pays dits en déve­lop­pe­ment sera ache­vée ? Lorsque tous les habi­tants de la pla­nète consom­me­ront autant qu’un euro­péen ?

Étant don­né que les pays du monde pro­duisent actuel­le­ment envi­ron 50 mil­lions de tonnes de déchets élec­tro­niques (ou e‑déchets) par an, dont l’immense majo­ri­té (90%) ne sont pas recy­clées.

Étant don­né qu’ils pro­duisent éga­le­ment plus de 3,5 mil­lions de tonnes de déchets solides par jour (d’après un rap­port de la Banque mon­diale).

Étant don­né que cela suf­fit à par­ler de désastre.

Étant don­né que c’est loin d’être le seul pro­blème (et que c’est d’ailleurs un pro­blème dont l’ampleur va aug­men­ter expo­nen­tiel­le­ment au cours des pro­chaines décen­nies, comme nous allons le voir).

Étant don­né que les extrac­tions mon­diales de res­sources en métaux et mine­rais des­ti­nés aux dif­fé­rentes indus­tries s’élèvent actuel­le­ment à plus de 40 mil­liards de tonnes par an.

Étant don­né qu’en 1970, d’après un rap­port de l’ONU, la quan­ti­té totale des matières pre­mières extraites à tra­vers la pla­nète par l’humanité indus­trielle avoi­si­nait les 22 mil­liards de tonnes, et qu’en 2010, elle dépas­sait les 70 mil­liards de tonnes (ce qui cor­res­pond à un tri­ple­ment en 40 ans).

Étant don­né qu’il nous fau­dra en extraire 180 mil­liards de tonnes en 2050 si nous conti­nuons à consom­mer comme nous consom­mons aujourd’hui et si la course au « déve­lop­pe­ment » se pour­suit.

Étant don­né que notre consom­ma­tion actuelle glo­bale d’eau douce (ima­gi­nez donc ce qu’il en sera demain !), pour prendre un autre exemple, est elle aus­si d’ores et déjà lar­ge­ment insou­te­nable (c’est-à-dire que nous consom­mons l’eau des nappes phréa­tiques et des aqui­fères plus rapi­de­ment qu’ils ne se rem­plissent, ain­si qu’un rap­port de la NASA le sou­li­gnait en 2015 : 21 des 37 aqui­fères les plus impor­tants sont pas­sés en-des­sous du seuil de dura­bi­li­té — ils perdent plus d’eau qu’ils n’en accu­mulent).

 

Étant don­né qu’en rai­son de la course au « déve­lop­pe­ment » (élec­tri­fi­ca­tion, indus­tria­li­sa­tion, moder­ni­sa­tion, « pro­grès ») des conti­nents qui ne l’étaient pas encore entiè­re­ment (Afrique, Asie, Amé­rique du Sud, notam­ment), il est pré­vu que la pro­duc­tion annuelle glo­bale déjà fara­mi­neuse (50 mil­lions de tonnes) de déchets élec­tro­niques (ou e-déchets) croisse de 500%, envi­ron, au cours des décen­nies à venir (en rai­son d’explosions des ventes de télé­phones por­tables, d’ordinateurs, de télé­vi­sions, de tablettes, etc.). Et étant don­né qu’il est aus­si pré­vu que la quan­ti­té totale des déchets solides pro­duits chaque jour dans le monde triple d’ici 2100, pour atteindre plus de 11 mil­lions de tonnes par jour.

Étant don­né que la majo­ri­té des déchets élec­tro­niques des pays dits « déve­lop­pés » (ces 90% qui ne sont pas recy­clés, mais qui sont char­gés en métaux lourds et autres sub­stances plus toxiques les unes que les autres) sont envoyés dans ces pays dits « en déve­lop­pe­ment », où ils s’entassent dans des « cime­tières élec­tro­niques » et autres « e-décharges », où ils pol­luent gra­ve­ment les sols, l’air et les cours d’eaux (comme à Agbog­blo­shie au Gha­na, ce que vous pou­vez consta­ter dans le docu­men­taire Toxi­Ci­té, ci-après, ou comme à Guiyu en Chine, à Sher­shah au Pakis­tan, à Dha­ka au Ban­gla­desh, et en Inde, et en Thaï­lande, et aux Phi­lip­pines, et ailleurs), où ils détruisent la san­té des humains qui tra­vaillent à les trier (c’est-à-dire qui les brûlent n’importe où et n’importe com­ment, sans pro­tec­tion, à l’air libre afin d’en sor­tir du cuivre et d’autres métaux qu’ils revendent ensuite pour une bou­chée de pain), et la san­té des ani­maux non-humains qui vivent sur place.

Étant don­né que l’utilisation mas­sive de res­sources non-renou­ve­lables néces­saire à la fabri­ca­tion de ces pro­duits high-tech est d’ores et déjà lar­ge­ment insou­te­nable et qu’elle le sera d’autant plus lorsque tous les habi­tants du monde en consom­me­ront autant que les habi­tants des pays riches, ce qui entrai­ne­ra une mul­ti­pli­ca­tion par 5 ou plus de la consom­ma­tion d’appareils élec­tro­niques.

Étant don­né que l’utilisation de ces pro­duits élec­tro­niques est sou­vent nocive pour le « consom­ma­teur » (écrans qui abîment les yeux, qui altèrent les capa­ci­tés cog­ni­tives, qui nuisent au som­meil, télé­phones por­tables qui génèrent des can­cers, des tumeurs, etc.) et qu’elle nuit bien plus aux rela­tions sociales qu’elle ne les enri­chit.

Étant don­né que pour sub­ve­nir à ces besoins crois­sants en mine­rais, métaux et autres « res­sources natu­relles », la civi­li­sa­tion indus­trielle (l’ensemble de nos socié­tés indus­trielles) va conti­nuer à s’étendre (comme elle le fait depuis son avè­ne­ment, par défi­ni­tion, puisque c’est ce qu’impliquent les concepts de « crois­sance » et de « déve­lop­pe­ment »).

Étant don­né que cette expan­sion se fera comme tou­jours au détri­ment du monde natu­rel, des biomes, des der­niers peuples tri­baux et des espèces non-humaines de la pla­nète.

Étant don­né que l’expansion de la civi­li­sa­tion indus­trielle se fait éga­le­ment au nom de ces tech­no­lo­gies soi-disant « vertes », comme au Groen­land, où des terres rares et autres mine­rais (comme l’uranium), récem­ment ren­dus acces­sibles (quelle chance !), grâce au réchauf­fe­ment cli­ma­tique, vont être extraits du sous-sol afin de pour­voir aux besoins de « la nou­velle éco­no­mie verte mon­diale ».

Étant don­né, en effet, que toutes les tech­no­lo­gies de pro­duc­tion d’électricité dite « verte » ou « propre » ou « renou­ve­lable », les bar­rages, les éoliennes, les pan­neaux solaires, etc., requièrent éga­le­ment des extrac­tions minières mas­sives de maté­riaux par­fois hau­te­ment toxiques, et qu’elles impliquent donc éga­le­ment des déchets miniers en grande quan­ti­té :

L’industrie des pan­neaux solaires, pour prendre l’industrie per­çue comme la plus « propre », requiert, entre autres, les maté­riaux sui­vants, lis­tés en avril 2016 par le site Resource Inves­tor : l’arsenic (semi-conduc­teur), l’aluminium, le bore (semi-conduc­teur), le cad­mium (uti­li­sé dans cer­tains types de cel­lules pho­to­vol­taïques), le cuivre (câblage et cer­tains types de cel­lules pho­to­vol­taïques), le gal­lium, l’indium (uti­li­sé dans les cel­lules pho­to­vol­taïques), le mine­rai de fer (acier), le molyb­dène (uti­li­sé dans les cel­lules pho­to­vol­taïques), le phos­phore, le sélé­nium, le sili­cium, l’argent, le tel­lure et le titane.

Étant don­né que le déploie­ment des tech­no­lo­gies pro­duc­trices d’énergie dite « verte » ou « propre » ou « renou­ve­lable » implique une forte crois­sance de ces extrac­tions minières ; pour prendre un seul exemple, sou­li­gné par Oli­vier Vidal (le direc­teur de recherches CNRS au labo­ra­toire de l’Institut des sciences de la terre de Gre­noble dont les tra­vaux ont fait l’objet d’un article dans la revue Nature Geos­cience), dans une inter­view parue sur le site de l’Université Joseph-Fou­rier : « D’ici 2050, il fau­dra six ou sept fois la pro­duc­tion mon­diale d’acier actuelle pour les seuls sec­teurs des éner­gies renou­ve­lables ».

Étant don­né qu‘il s’agit d’une évi­dence sou­li­gnée par la Banque mon­diale, elle-même, dans un récent com­mu­ni­qué de presse (18 juillet 2017), inti­tu­lé « La tran­si­tion vers les éner­gies propres fera aug­men­ter la demande de miné­raux », dont voi­ci un extrait :

Il faut s’attendre à une aug­men­ta­tion de la demande d’acier, d’aluminium, d’argent, de cuivre, de plomb, de lithium, de man­ga­nèse, de nickel et de zinc, ain­si que de cer­taines terres rares, telles que l’indium, le molyb­dène et le néo­dyme. Cette hausse pour­rait être par­ti­cu­liè­re­ment mar­quée sur le seg­ment des accu­mu­la­teurs élec­triques, où l’augmentation de la demande de métaux (alu­mi­nium, cobalt, fer, plomb, lithium, man­ga­nèse et nickel) pour­rait être mul­ti­pliée par plus de 1 000 % si les pays prennent les mesures néces­saires pour main­te­nir les tem­pé­ra­tures à ou en deçà de 2° C.

(Sauf que la Banque mon­diale y voit des « oppor­tu­ni­tés » pour les « pays riches en miné­raux » qui auront alors la chance et l’honneur de pou­voir et de devoir extraire tou­jours plus de res­sources de leurs sols et de leurs sous-sols — et donc de tou­jours plus détruire le monde natu­rel, ce que la Banque mon­diale ne dit pas, au contraire, puisqu’elle conti­nue, comme elle l’a tou­jours fait, à pré­tendre que les extrac­tions minières peuvent êtres res­pec­tueuses de l’environnement.)

Étant don­né que de toutes manières, une étude menée par l’ingénieur Phi­lippe Bihouix évoque trente à soixante ans de réserve pour la plu­part des grands métaux indus­triels que sont le zinc, le cuivre, le nickel ou le plomb, et que les réserves acces­sibles d’indium, notam­ment uti­li­sé dans les cel­lules pho­to­vol­taïques, se limi­te­raient, elles, à vingt ans, et celles de cuivre à trente ans. (Cf., la vidéo sui­vante 🙂

Étant don­né, rap­pe­lons-le encore, que les extrac­tions minières sont des acti­vi­tés par­ti­cu­liè­re­ment nui­sibles pour l’environnement (avez-vous déjà vu à quoi res­semble et en quoi consiste une zone d’exploitation minière ? Pré­tendre que cette pra­tique pour­rait être res­pec­tueuse de l’environnement, c’est pré­tendre qu’une coupe rase pour­rait être res­pec­tueuse d’une forêt), parce qu’elles impliquent en pre­mier lieu de détruire des éco­sys­tèmes entiers, et parce qu’elles rejettent ensuite d’importantes quan­ti­tés de déchets (pour exemple, voir cet article du Monde, inti­tu­lé « En Chine, les terres rares tuent des vil­lages »). Et étant don­né que le tra­vail dans les mines est un très bon exemple du carac­tère néces­saire et intrin­sèque des inéga­li­tés et de la hié­rar­chie dans une socié­té de masse (quel plai­sir d’aller tra­vailler à la mine, n’est-ce pas ? Qui n’en rêve pas ? D’ailleurs on se demande pour­quoi on n’y trouve pas plus de PDG, de mil­lion­naires et de mil­liar­daires).

Étant don­né que, comme le for­mule Phi­lippe Bihouix, ingé­nieur cen­tra­lien et auteur de L’Âge des low tech, dans l’ouvrage col­lec­tif Crime cli­ma­tique stop ! (éd. du Seuil) :

Avec la crois­sance « verte » […] ce qui nous attend à court terme, c’est une accé­lé­ra­tion dévas­ta­trice et mor­ti­fère de la ponc­tion de res­sources, de la consom­ma­tion élec­trique, de la pro­duc­tion de déchets ingé­rables, avec le déploie­ment géné­ra­li­sé des nano­tech­no­lo­gies, des big data, des objets connec­tés. Le sac­cage de la pla­nète ne fait que com­men­cer.

Étant don­né que toutes les tech­no­lo­gies de pro­duc­tion d’électricité dite « verte », les bar­rages, les éoliennes, les pan­neaux solaires, etc., sont prin­ci­pa­le­ment déployées par des grandes mul­ti­na­tio­nales (Engie, Vin­ci, Total, BP, etc. ; pour plus de détails, lire la Note de Tra­duc­tion en fin de cet article).

Étant don­né qu’une socié­té en mesure de mettre en place tout ce sys­tème indus­triel de pro­duc­tion de hautes tech­no­lo­gies est néces­sai­re­ment mas­sive (c’est-à-dire que sa taille est exces­sive au point qu’elle en devient inhu­maine), inéga­li­taire, coer­ci­tive, hau­te­ment hié­rar­chi­sée et spé­cia­li­sée.

Étant don­né que toutes les tech­no­lo­gies de pro­duc­tion d’électricité dite « verte », les bar­rages, les éoliennes, les pan­neaux solaires, etc., qui sont des hautes tech­no­lo­gies, requièrent et dépendent donc éga­le­ment de ce type de socié­té.

Étant don­né que la pro­duc­tion d’énergie dite « verte » ou « propre » ou « renou­ve­lable », issue des bar­rages, des éoliennes, des pan­neaux solaires, etc., ne rem­place pas du tout l’utilisation des com­bus­tibles fos­siles (on assiste actuel­le­ment au déve­lop­pe­ment de l’exploitation indus­trielle des hydrates de méthane, une nou­velle manière d’exploiter des com­bus­tibles fos­siles ; des cen­trales nucléaires sont en construc­tion dans plu­sieurs pays du monde, ain­si que des cen­trales au char­bon ; la frac­tu­ra­tion hydrau­lique pour l’exploitation du gaz de schiste se déve­loppe éga­le­ment, tout comme la pro­duc­tion de pétrole à par­tir des sables bitu­mi­neux) ; étant don­né qu’elle n’est qu’une nou­velle manière, sup­plé­men­taire, ou com­plé­men­taire, de pro­duire de l’énergie indus­trielle.

Afin d’illustrer ce der­nier point, quelques gra­phiques tirés d’un article publié le 13 juillet 2017 dans le Natio­nal Obser­ver :

Étant don­né que la pro­duc­tion d’énergie dite « verte » ou « propre » ou « renou­ve­lable », issue des bar­rages, des éoliennes, des pan­neaux solaires, etc., dépend de l’utilisation des com­bus­tibles fos­siles (au mini­mum : au niveau des extrac­tions minières, de l’infrastructure des trans­ports indus­triels, de la main­te­nance).

Étant don­né que toutes les tech­no­lo­gies de pro­duc­tion d’électricité dite « verte » ou « propre » ou « renou­ve­lable », les bar­rages, les éoliennes, les pan­neaux solaires, etc., servent, entre autres, à ali­men­ter en élec­tri­ci­té non seule­ment les pro­ces­sus de fabri­ca­tion mais aus­si l’usage des pro­duits high-tech pré­cé­dem­ment men­tion­nés (ceux dont 90% finissent dans des pays pauvres où ils détruisent l’environnement et tous ses habi­tants, ceux qui détruisent la san­té men­tale et phy­sique de leur uti­li­sa­teur, ceux dont la consom­ma­tion va for­te­ment croître mon­dia­le­ment, etc.), et par­ti­cipent ain­si de la conti­nua­tion du sys­tème éco­no­mique et tech­no­lo­gique en place (c’est-à-dire de la per­pé­tua­tion du désastre éco­lo­gique et social en cours).

Étant don­né qu’actuellement, d’après le der­nier rap­port de l’IEA (Inter­na­tio­nal Ener­gy Agen­cy, ou Agence inter­na­tio­nale de l’énergie) sur la pro­duc­tion d’énergie dite « verte » ou « propre » ou « renou­ve­lable » (publié en 2016), celle-ci ne repré­sente qu’environ 13.8% de l’énergie consom­mée par la civi­li­sa­tion indus­trielle (c’est-à-dire que les 86.2% res­tants pro­viennent des com­bus­tibles fos­siles et du nucléaire), et qu’au sein de ces 13.8% d’énergie dite « verte » ou « propre » ou « renou­ve­lable », les deux pre­mières et prin­ci­pales sources de pro­duc­tion sont :

  1. L’industrie des bio­car­bu­rants et de la bio­masse, qui désigne d’un côté le fait d’utiliser des terres arables pour faire pous­ser des plantes qui pour­raient ser­vir de nour­ri­ture (maïs, canne à sucre, soja, col­za et pal­miers à huile) de manière agro-indus­trielle (c’est-à-dire en détrui­sant les sols) afin de faire fonc­tion­ner des machines, et de l’autre, l’incinération mas­sive d’arbres, dont les forêts d’Europe, d’Amérique et d’ailleurs (plus de détails par ici), et d’autres soi-disant « déchets » orga­niques (ou leur métha­ni­sa­tion), et qui repré­sente 72.8% de la pro­duc­tion mon­diale d’énergie qua­li­fiée de « verte » ou « propre » ou « renou­ve­lable ». (Un récent article de Libé­ra­tion explique d’ailleurs qu’aujourd’hui, « à tra­vers le monde et en France aus­si, le bois est la pre­mière des éner­gies renou­ve­lables. Il repré­sente 40% du mix éner­gé­tique renou­ve­lable, loin devant l’hydraulique (20%), l’éolien (8%) ou le pho­to­vol­taïque (3%) »).
  2. L’industrie des bar­rages et sa pro­duc­tion d’hydroélectricité (une autre catas­trophe éco­lo­gique et sociale, entre des­truc­tions d’écosystèmes et dépla­ce­ments mas­sifs de popu­la­tions, ce qui est détaillé dans cet article) qui compte pour 17.7% de la pro­duc­tion mon­diale d’énergie qua­li­fiée de « verte » ou « propre » ou « renou­ve­lable ».

(En effet, tou­jours d’après les der­niers chiffres publiés par l’IEA, le solaire et l’éolien repré­sentent envi­ron 1% de la pro­duc­tion d’éner­gie mon­diale, l’hydroélectrique 2.4% et les bio­car­bu­rants et la bio­masse 10.1%, ce qui signi­fie que lorsque vous enten­dez des poli­ti­ciens ou des patrons par­ler d’énergie « verte » ou « propre » ou « renou­ve­lable », ou que vous lisez des articles à ce sujet dans les médias grand public, sauf pré­ci­sion, ne pen­sez pas pan­neaux solaires et éoliennes, pen­sez inci­né­ra­teur, métha­ni­seur, bio­car­bu­rants et bar­rages).

Étant don­né que le pro­blème (vous l’aurez pro­ba­ble­ment com­pris) des tech­no­lo­gies pro­duc­trices d’énergie soi-disant « verte » ou « propre » ou « renou­ve­lable » est non seule­ment lié à la faus­se­té de ces qua­li­fi­ca­tifs (puisqu’en effet, toutes les indus­tries de pro­duc­tion d’énergie soi-disant « verte » ou « propre » ou « renou­ve­lable » sont en réa­li­té nui­sibles pour le monde natu­rel, comme toutes les indus­tries qui s’inscrivent dans le cadre de l’économie high-tech mon­dia­li­sée) mais éga­le­ment à l’utilisation de l’énergie pro­duite.

Étant don­né que tout ceci (plus ou moins) est expli­qué par quelques per­sonnes et dans quelques ouvrages que l’immense majo­ri­té des habi­tants de la civi­li­sa­tion indus­trielle ne connaissent pas et n’ont pas lu, et, pour l’immense majo­ri­té de cette majo­ri­té, dont ils n’ont pas même enten­du par­ler (à ma connais­sance, en fran­çais, il existe en tout et pour tout trois livres qui traitent de cela : L’Âge des low tech de Phi­lippe Bihouix, Com­ment tout peut s’effondrer : Petit manuel de col­lap­so­lo­gie à l’usage des géné­ra­tions pré­sentes de Pablo Ser­vigne et Raphaël Ste­vens, & Le soleil en face de Fré­dé­ric Gaillard ; en anglais, il en existe davan­tage, comme Green Illu­sions : The Dir­ty Secrets of Clean Ener­gy and the Future of Envi­ron­men­ta­lism d’Ozzie Zeh­ner, les ouvrages de Der­rick Jen­sen, ceux de John Michael Greer, et d’autres encore).

Étant don­né que l’anonymat rela­tif de ces ouvrages et de leurs auteurs s’explique par la simple rai­son que l’analyse et la pers­pec­tive qu’ils exposent ne plaisent pas aux indi­vi­dus les plus for­tu­nés (à la classe diri­geante), puisqu’elles repré­sentent une menace pour la péren­ni­té de leur inté­rêts finan­ciers et de leur pouvoir/puissance, et qu’ils n’ont donc aucun inté­rêt à les pro­mou­voir dans les grands médias et au sein de la sphère cultu­relle domi­nante, qu’ils contrôlent.

Pen­sez-vous que les tech­no­lo­gies de pro­duc­tion d’électricité dite « verte » ou « propre » ou « renou­ve­lable », les bar­rages, les éoliennes, les pan­neaux solaires, etc., puissent résoudre les innom­brables pro­blèmes extrê­me­ment graves aux­quels nous fai­sons face ?

Pen­sez-vous que leur déve­lop­pe­ment puisse résoudre le pro­blème de la sur­ex­ploi­ta­tion des res­sources non-renou­ve­lables (et de la sur­ex­ploi­ta­tion des res­sources renou­ve­lables) ?

Pen­sez-vous que leur déve­lop­pe­ment puisse résoudre le pro­blème des inéga­li­tés sociales crois­santes ?

Pen­sez-vous que leur déve­lop­pe­ment puisse résoudre le pro­blème de la sixième extinc­tion de masse, prin­ci­pa­le­ment liée à l’étalement urbain de la socié­té indus­trielle qui détruit les habi­tats natu­rels des ani­maux non-humains (et qui détruit tous les biomes et tous les habi­tats sains en géné­ral, donc ceux des humains) ?

Ou pen­sez-vous que la seule solu­tion cohé­rente au conglo­mé­rat des pro­blèmes que nous connais­sons relève avant tout d’une dimi­nu­tion dras­tique à la fois de la pro­duc­tion (et donc de la consom­ma­tion) de pro­duits indus­triels high-tech, de la pro­duc­tion d’électricité, des extrac­tions minières, et des extrac­tions de com­bus­tibles fos­siles ?

(Avec en ligne de mire un aban­don pro­gres­sif de l’utilisation des — et de la dépen­dance aux — pro­duits indus­triels high-tech et de l’électricité indus­trielle ; un retour à un mode de vie simple, low-tech, basé sur un arti­sa­nat local, éco­lo­gique, per­met­tant un maxi­mum d’autonomie, un res­pect com­plet des équi­libres bio­lo­giques, et des espèces vivantes non-humaines).

Nico­las Casaux

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Comments to: L’étrange logique derrière la quête d’énergies « renouvelables » (par Nicolas Casaux)
  • 4 juillet 2017

    Une réduc­tion dras­tique ou un aban­don com­plet !
    Il y aura peut-être des cir­cons­tances qui ne nous lais­se­rons même pas le choix — la dépen­dance à l’éner­gie [élec­trique] de cer­tains comme source de pou­voir et tout recom­mence. La pro­duc­tion, la « col­lec­tiv­sa­tion », même à petite échelle, je n’y crois plus.

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  • 4 juillet 2017

    Mer­ci ! Je suis ravi que Phi­lippe Bihouix et son « Age des low-tech » soit cité ! Ce bou­quin m’a mer­veilleu­se­ment bou­le­ver­sé et mal­gré une approche déjà bien orien­tée de ma part. J’ai mili­té dans ma micro-sphère pour sa lec­ture. S’il rem­pla­çait Zola dans les écoles, affaire d’ur­gence abso­lue, on ne pour­rait pas crier au scan­dale … Mais n’en res­sort-il pas iné­luc­ta­ble­ment, au fur et à mesure que le constat appa­raît, que les aber­ra­tions du genre humain s’é­grènent, que nos contem­po­rains nous appa­raissent dans leurs tra­vers quo­ti­diens plas­ti­fiés et car­bo­nés, une pro­fonde déso­la­tion pous­sant à une future misan­thro­pie aïgue ? La véri­té fait mal …

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  • 5 juillet 2017

    « L’home naît bon, la socié­té le cor­rompt » ! On peut tou­jours appor­ter des nuances et des adap­ta­tions d’é­poque mais sur le fond, cela reste vrai. Ne soyons pas misan­thropes mais nous pou­vons ou nous devons détes­ter, exé­crer les rouages de nos socié­tés capi­ta­listes indus­trielles.
    Celles-ci ont comme moteur, la pos­ses­sion, l’in­di­vi­dua­li­sa­tion jus­qu’à la peur ou la haine de l’autre. Inutile je crois de vou­loir oppo­ser le cli­ché « capi­ta­lisme » au cli­ché « com­mu­nisme » comme s’il n’exis­tait d’autres routes ; nos socié­tés actuelles nous volent notre ima­gi­na­tion.

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  • 5 juillet 2017

    Toutes les élites (éco­lo­gistes aus­si) sont des para­sites à éli­mi­ner, les éner­gies alter­na­tives nous pro­posent de ne rien chan­ger au sys­tème, seule­ment de rem­pla­cer l’e­ner­gie soit disant pol­luante par une autre éner­gie soit disant moins pol­luante, mais de conti­nuer dans notre délire de consom­ma­tion alors que toutes per­sonnes cen­sées sait que consom­mer c’est pol­luer, que consom­mer c’est detruire la pla­nète et la vie.
    Les élites sont le seul pro­bleme de notre délire col­lec­tif, elle ne sont rien sans les tra­vailleurs mais elle nous font croire exac­te­ment le contraire.
    Sans votre patron vous n’etes rien ? NON c’est votre patron, votre pre­sident, votre chef qui n’est rien sans vous.
    Mais au delà de cette per­cep­tion il faut voir où ce genre de com­por­te­ment mène le pou­voir des elites.

    Notre civi­li­sa­tion est fon­dée sur la haine.
    1984 c’est main­te­nant.

    Com­ment assure-t-on le pou­voir sur un autre ? En le fai­sant souf­frir. L’o­béis­sance ne suf­fit pas. Com­ment, s’il ne souffre pas, peut-on être cer­tain qu’il obéit, non à sa volon­té, mais à la nôtre ?

    Le pou­voir est d’in­fli­ger des souf­frances et des humi­lia­tions. Le pou­voir est de déchi­rer l’es­prit humain en mor­ceaux que l’on ras­semble ensuite sous de nou­velles formes que l’on a choi­sies. Com­men­cez-vous à voir quel sorte de monde nous créons ? Un monde de crainte, de tra­hi­son, de tour­ment. Un monde d’é­cra­seurs et d’é­cra­sés, un monde qui au fur et à mesure qu’il s’af­fi­ne­ra devien­dra plus impi­toyable. Le pro­grès dans notre monde sera le pro­grès vers plus de souf­france. Notre civi­li­sa­tion est fon­dée sur la haine ; il n’y aura pas d’autres émo­tions que la crainte, la rage, le triomphe et l’hu­mi­lia­tion. Nous détrui­rons tout le reste.

    Nous avons cou­pé les liens entre l’en­fant et les parents, entre l’homme et l’homme, entre l’homme et la femme. Mais plus tard, il n’y aura ni femme ni ami. Les enfants seront à leur nais­sance enle­vés aux mères, comme on enlève leurs oeufs aux poules. La pro­créa­tion sera une for­ma­li­té annuelle, comme le renou­vel­le­ment de la carte d’a­li­men­ta­tion. Il n’y aura plus de loyau­té que pour le pou­voir. Tous les plai­sirs de l’é­mu­la­tion seront détruits rem­pla­cés par l’i­vresse tou­jours crois­sante du pou­voir, qui s’af­fi­ne­ra de plus en plus. Il y aura à chaque ins­tant, le fris­son de la vic­toire, la sen­sa­tion de pié­ti­ner un enne­mi impuis­sant… Autant qu’un monde de triomphe ce sera un monde de ter­reur… Nous com­man­de­rons à la vie à tous ses niveaux.

    Vous ima­gi­nez qu’il y a quelque chose qui s’ap­pelle la nature humaine qui sera outra­gée par ce que nous fai­sons et se retour­ne­ra contre nous. Mais nous créons la nature humaine. L’homme est infi­ni­ment mal­léable.

    Tel est le monde que nous pré­pa­rons. Un monde où les vic­toires suc­cè­de­ront aux vic­toires et les triomphes aux triomphes, un monde d’é­ter­nelle pres­sion, tou­jours renou­ve­lée, sur la fibre de la puis­sance. Vous com­men­cez à réa­li­ser ce que sera ce monde. A la fin vous ferez plus que le com­prendre, vous l’ac­cep­te­rez, vous l’ac­cueille­rez avec joie, vous en deman­de­rez votre part en ido­lâ­trant vos propres bour­reaux.

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    • 3 novembre 2017

      Quoi qu’on dise, George Orwell était un pro­phète. Aldous Hux­ley aus­si.

      Cette réplique de O’Brien est mémo­rable !

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  • 5 juillet 2017

    Assez d’ac­cord avec vous Bill. Néan­moins, il ne faut pas oublier (au contraire) que devant la machine mons­trueuse de la sur­pro­duc­tion et celle qui glo­ri­fie le pou­voir d’a­chat et donc la sur­con­som­ma­tion, il y a des gens, sans élites qui vivent autre­ment dans le res­pect de la pla­nète. Sans impo­ser quoi que ce soit, ils font des dis­ciples non ado­ra­teurs, peut-être por­teurs d’un vrai chan­ge­ment. Il nous appar­tient d’en faire par­tie, sans se faire pié­ger dans des dogmes, ni être la proie de ceux qui vou­draient pro­fi­ter de notre éven­tuelle cré­du­li­té.

    Notre mère âgée de 4,4 mil­liards d’an­nées envi­ron est mise à mort par 150 ans d’in­dus­tria­li­sa­tion, d’o­pu­lence écœu­rante, de pillage et de gas­pillage. Si nous devons tous dis­pa­raître, il faut rap­pe­ler aux puis­sants (les géno­ci­daires) qu’ils péri­ront aus­si et que la pla­nète s’en remet­tra sans pro­blème.

    Les repré­sen­tants de la socié­té deviennent en effet trop sou­vent des élites avides de pou­voir créant ain­si le désordre social, la divi­sion, la peur, le règne…(de la gauche à la droite, des éco­los par­fois aus­si). Quel­qu’un disait que : « l’a­nar­chie c’est l’ordre sans le pou­voir ». Très vrai s’il n’est pas deve­nu lui-même une élite.

    A l’in­verse de la peur, de la haine, rien ne nous empêche de mon­trer qu’il existe d’autres choses, ce qui me fait pen­ser à ce mes­sage de sagesse amé­rin­dienne qu’un ami (que je remer­cie encore) m’a envoyé lorsque je broyait du noir.

    Le voi­ci donc ce mes­sage :

    « UN INDIEN EXPLIQUE A SON PETIT-FILS QUE CHACUN DE NOUS A EN LUI DEUX LOUPS QUI SE LIVRENT BATAILLE.
    LE PREMIER REPRÉSENTE LA VÉRITÉ, L’AMOUR ET LA GENTILLESSE.
    LE SECOND REPRÉSENTE LA PEUR, L’AVIDITÉ ET LA HAINE.
    « LEQUEL DES DEUX GAGNE ? » DEMANDE L’ENFANT.
    « CELUI QUE L’ON NOURRIT » RÉPOND LE GRAND-PÈRE. »

    D’ac­cord qu’il ne faut pas être naïf, mais si nous avons des enfants et petits enfants (les nôtres et ceux des autres, c’est pareil je crois), un autre ins­tinct, un « devoir » nous auto­rise à déso­béir à la haine et au mépris que les puis­sants portent à l’hu­ma­ni­té.

    Nul n’est par­fait, à com­men­cer par moi, mais ten­tons, pour­quoi pas, de nour­rir le gen­til loup.

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    • 15 juillet 2017

      « Si nous devons tous dis­pa­raître, il faut rap­pe­ler aux puis­sants (les géno­ci­daires) qu’ils péri­ront aus­si et que la pla­nète s’en remet­tra sans pro­blème. »
      Je crois bien qu’ils s’en foutent et pré­parent même leur retraite. C’est pour cela qu’un mil­liar­daire mise sur la colo­ni­sa­tion de mars et d’autres études pous­sées sur les voyages spa­ciaux ou com­ment ne pas se faire démo­lir par les rayon­ne­ments co[s]miques. Solu­tion de repli comme une autre (et on ouvre ça à tous, comme ça on embarque quand même une petite clique de tra­vailleurs et de cadres supé­rieurs pour faire le sale bou­lot sur place comme en 40) au lieu de res­ter sur place et prendre le risque cer­tains de ter­mi­ner la tête sur une pique devant des mil­lions enra­gés.
      En bref, ce que eux voient pour y mettre les moyens et que per­sonne d’autre (hor­mis une tri­po­tée de scien­ti­fiques, des bio­lo­gistes aux cli­ma­to­logues) ici bas ne veut voir : no way

      Mer­ci, j’aime par­ti­cu­liè­re­ment l’al­lé­go­rie du loup. 🙂

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    • 3 novembre 2017

      Si cela vous inté­resse, un artiste-confé­ren­cien qui s’ap­pelle Jean-Michel Wizenne a fait une chan­son de cette his­toire. Il parle la langue des Lakota/Sioux.

      Cher­chez sur You­tube « Ozuye Wan » (« un com­bat » en langue Lako­ta).

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  • […] et Com­ment ») publié en 2016 aux États-Unis, à mettre en lien avec l’ar­ticle pré­cé­dent (L’étrange logique der­rière la quête d’énergies « renou­ve­lables »). Ici, lorsque Kac­zyns­ki parle de « sys­tèmes auto­pro­pa­ga­teurs », il fait réfé­rence aux […]

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  • […] L’étrange logique der­rière la quête d’énergies « renou­ve­lables » […]

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  • […] Lire la suite […]

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  • […] Pour com­prendre ce der­nier point, je vous ren­voie vers un autre article publié sur notre site, inti­tu­lé « L’étrange logique der­rière la quête d’énergies ‘renou­ve­lables’ ». […]

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  • […] L’étrange logique der­rière la quête d’éner­gies «&n… […]

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  • […] États-Unis, à mettre en lien avec l’ar­ticle précé­dent (L’étrange logique der­rière la quête d’éner­gies «&n…). Ici, lorsque Kac­zyns­ki parle de « sys­tèmes […]

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  • 3 novembre 2017

    C’est une évi­dence. Je suis d’ac­cord avec vous. Je ne vois tout sim­ple­ment pas com­ment il pour­rait en être autre­ment… cela me peine au-delà de tout car ce qui semble LE PLUS impor­tant : la bio-diver­si­té (en tout cas c’est mon avis), est à la mer­ci de ce que nous fai­sons. Je ne vois pas d’is­sue. Le sabo­tage et la résis­tance prô­née par DGR est bien une voie… qui ne me plait qu’à moi­tié, parce qu’elle demande une forme de sacri­fice. C’est du « en déses­poir de cause ». Voi­là ce monde, déses­pé­rant, déses­pé­ré. C’est à se ficher par la fenêtre. Je n’ai pas d’autre ques­tion, pas de solu­tion. Ma seule ques­tion serait : com­ment vous, qui avez cette conscience, Nico­las (et je suis bien sûre que d’autres l’ont aus­si, même si mino­ri­taires), com­ment sur­vi­vez-vous à tout ça ? Votre rôle est de lan­cer l’a­lerte (et vous le faites bien, bon cou­rage), est ce que cela vous suf­fit ? Conti­nuons à cher­cher… pen­dant ce temps le monde s’écroule(ra). Mon seul regret per­son­nel est d’être née si tard… pour voir ça. Et que les ten­ta­tives de vie « près de la nature » res­semblent à un der­nier souffle. Presque une mas­ca­rade. Les humains n’ont pas assez de recul. Pas assez de conscience. Ils sont comme des chiens qu’on nour­rit trop bien, ou qu’on parque. Je vous salue bien.

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    • 3 novembre 2017

      Bon­jour Joelle,

      Je com­prends votre tris­tesse, la « bio-diver­si­té » est notre tout. Sans elle, nous ne sommes rien. Sachez que ceux qui sabotent n’ont rien à perdre, et c’est ce qui fait leur force. Il est vrai qu’il est très facile de dépri­mer quand on se confronte à la véri­té et aux faits sans fard. Ce moment de déprime peut avoir pour consé­quence un rebond inté­rieur, et c’est ce que je vous sou­haite. Il est inutile de se pré­sen­ter avec une mal­lette à outils de solu­tions, on est fait pour l’in­tros­pec­tion, en par­ti­cu­lier en ces temps de nar­cis­sisme. L’in­tros­pec­tion donne des voies éthiques puis­santes, car per­sonne ne les a déci­dées pour nous. Intros­pec­tion et action, voi­là ma maxime !

      Salu­ta­tions sin­cères.

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    • 3 novembre 2017

      C’est effec­ti­ve­ment une stra­té­gie pro­po­sée parce que tout le reste est inef­fi­cace ou insuf­fi­sant. Et non, « lan­cer l’alerte », cela ne me suf­fit pas, mais ça m’a­nime. Je sur­vis et je vis parce que j’aime, vivre, ce monde, cette exis­tence, en dépit de la catas­trophe que la civi­li­sa­tion pro­page actuel­le­ment. Nous vivons effec­ti­ve­ment dans un désastre déses­pé­rant, mais pas seule­ment. J’aime beau­coup cet article de Der­rick, qui vous ins­pi­re­ra peut-être : https://partage-le.com/2015/03/lespoir-derrick-jensen/

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    • 9 novembre 2017

      ça me rap­pelle la phrase de Madame Mit­ter­rand (Danièle) rap­pe­lant la para­bole du nénu­phar. On ne s’in­quiète pas de sa sur­face qui double tous les ans, la der­nière année il reste encore une moi­tié de lac libre donc tout va encore assez bien, l’an­née d’a­près c’est la fin, la mort ins­tan­ta­née.
      Nous y sommes c’est une évi­dence.
      Je peux même vous pré­dire une chose que peu de nous pour­ront véri­fier, nous serons exter­mi­nés par de grands moyens.
      Bombes ato­miques ou mieux épi­dé­mies qui lais­se­ront entre 0 et 1% de sur­vi­vants.
      Seule solu­tion pour sau­ver une extrême mino­ri­té d’ul­tra-riches qui auront pris leurs pré­cau­tions pour tenir quelques mois à l’a­bri.
      Je n’ai pas le moindre début de preuve de ce que j’a­vance, j’ai la logique de sur­vie et de salo­pe­rie des hommes qui auront acquis la convic­tion qu’il faut sau­ver l’hu­ma­ni­té contre elle-même, mal­gré elle avant de dévas­ter toute la terre pour des mil­lé­naires comme nous y allons sans le moindre doute.

      Il n’existe pas de pos­si­bi­li­té autre qu’une for­mi­dable héca­tombe. Notre sys­tème poli­ti­co-éco­no­mi­co-finan­cier ne peut pas se réfor­mer, il est basé sur la fuite en avant, le pre­mier qui change est dévo­ré, et si trop changent on crèvent tous …
      La seule chose que je ne sais pas encore, si je vis assez long­temps, c’est quand cela advien­dra.

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  • 5 novembre 2017

    bien vu.….. mal­heu­reu­se­ment !!

    y man­que­rait pas juste ça :

    https://framapic.org/8j6AZVSHuzaj/GU4vNkwwA7Dg.png

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  • 23 novembre 2017
  • 6 mars 2018

    Oui, tout comme Pouet, je pense qu’on sera obli­gés de reve­nir à une civi­li­sa­tion faite de sim­pli­ci­té, de sobrié­té éner­gé­tique dras­tique. On n’au­ra pas le choix ! En espé­rant que la terre résis­te­ra jusque là !

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  • […] vertes dépendent des com­bus­tibles fos­siles. Ce n’est pas sou­hai­table non plus puisqu’elles impliquent toutes leur lot de pol­lu­tions et de des­truc­tions […]

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