Manifeste contre l’exploitation minière prétendument « verte » ou « durable »

Le 5 mai 2021 se tenait, à Lis­bonne, au Por­tu­gal, une « confé­rence euro­péenne sur l’exploitation minière verte (‘green mining’) ». Cette confé­rence consti­tuait un « évé­ne­ment inter­na­tio­nal de haut niveau dans le sec­teur des res­sources minières ». Y par­ti­ci­paient « des enti­tés et des orga­nismes natio­naux et inter­na­tio­naux, des entre­prises, des uni­ver­si­tés, des asso­cia­tions de l’industrie et d’autres par­ties inté­res­sées jouant un rôle pour le sec­teur des res­sources minières ».

Afin de mani­fes­ter leur oppo­si­tion aux pré­ten­tions avan­cées lors de cette confé­rence, et aux pro­jets qui en découlent, 14 orga­ni­sa­tions et asso­cia­tions popu­laires se sont ren­dues dans la capi­tale por­tu­gaise. Beau­coup d’entre elles venaient de la com­mu­nau­té de Covas do Bar­ro­so, dans le nord du Por­tu­gal, où des conflits sévissent autour d’un pro­jet de mine de lithium.

Le lithium est un des métaux les plus convoi­tés pour la pro­duc­tion des bat­te­ries des véhi­cules élec­triques et le sto­ckage des éner­gies renou­ve­lables. Mal­heu­reu­se­ment, le « Green Deal » euro­péen vise à inten­si­fier l’ex­ploi­ta­tion minière au sein de l’Union Euro­péenne. Au-delà des ten­sions à Covas do Bar­ro­so, à tra­vers toute l’Europe, des conflits de plus en plus visibles et de plus en plus nom­breux se forment autour de l’ex­ploi­ta­tion des matières pre­mières. Le « Green Deal » euro­péen, fon­dé sur l’idée absurde et nui­sible de « crois­sance verte », sou­haite per­pé­tuer un extrac­ti­visme infi­ni en vue de garan­tir la conti­nua­tion du fonc­tion­ne­ment de la civi­li­sa­tion indus­trielle. Une par­tie de la stra­té­gie qu’il pro­pose consiste à rap­pro­cher l’ex­ploi­ta­tion minière du ter­ri­toire natio­nal – l’i­dée étant de faire d’une pierre deux coups : une aubaine pour l’au­to­no­mie stra­té­gique de l’UE en matière de res­sources, et une occa­sion de super­vi­ser les pro­jets de manière plus durable.

Bien enten­du, la seule solu­tion saine, décente, sou­hai­table, consiste à déman­te­ler l’intégralité de la civi­li­sa­tion indus­trielle, fon­da­men­ta­le­ment insou­te­nable. Bien enten­du, on peut tou­jours cou­rir. Cela ne sera jamais l’objectif des classes et ins­ti­tu­tions diri­geantes. Cela ne consti­tue même pas l’objectif des mou­ve­ments éco­lo­gistes les plus en vus (les plus média­tiques, sub­ven­tion­nés). Quoi qu’il en soit, les 14 orga­ni­sa­tions et asso­cia­tions por­tu­gaises ayant mani­fes­té leur oppo­si­tion à la confé­rence l’ont for­mu­lée dans un texte, inti­tu­lé « Mani­fes­to de repú­dio à nar­ra­ti­va Green Mining » (Mani­feste contre l’exploitation minière pré­ten­du­ment « verte » ou « durable »), éga­le­ment signé par d’autres asso­cia­tions et orga­ni­sa­tions, au niveau euro­péen. En voi­ci une traduction.


Manifeste contre l’exploitation minière prétendument « verte » ou « durable »

Lis­bonne, 5 mai 2021

Les asso­cia­tions et mou­ve­ments signa­taires, qui s’op­posent aux exploi­ta­tions minières exis­tantes ou en pro­jets, pré­sentent dans ce docu­ment leur oppo­si­tion au dis­cours sur l’ex­ploi­ta­tion minière verte, objet de cette confé­rence européenne.

L’exploitation minière « verte » est pré­sen­tée par l’in­dus­trie minière, la Com­mis­sion euro­péenne (CE) et les gou­ver­ne­ments des États membres comme une exploi­ta­tion minière res­pon­sable et durable. Une exploi­ta­tion minière repo­sant sur une effi­ca­ci­té maxi­male en ce qui concerne l’u­ti­li­sa­tion de l’eau, de l’éner­gie et des mine­rais extraits, et qui pré­tend assu­rer la conser­va­tion des res­sources natu­relles et miné­rales pour les géné­ra­tions futures. Dans le même temps, elle pro­met une mini­mi­sa­tion des impacts sociaux, envi­ron­ne­men­taux et maté­riels cau­sés par l’exploitation.

Nous affir­mons que la réa­li­sa­tion de tous ces objec­tifs est une impos­si­bi­li­té. La plu­part des pro­jets pro­po­sés impliquent l’exploitation de gise­ments de moins en moins ren­tables, une impor­tante pro­duc­tion de déchets et le recours à la méthode d’ex­ploi­ta­tion à ciel ouvert, dans une optique de réduc­tion des coûts et d’augmentation des profits.

Depuis la crise éco­no­mique de 2008, l’Eu­rope se trouve confron­tée à la néces­si­té de sécu­ri­ser son appro­vi­sion­ne­ment en matières pre­mières consi­dé­rées comme cri­tiques en anti­ci­pant les pro­blèmes géo­po­li­tiques et finan­ciers qui pour­raient entra­ver leur obten­tion auprès de ses four­nis­seurs habi­tuels. En paral­lèle, recon­nais­sant l’im­pact de l’u­ti­li­sa­tion des com­bus­tibles fos­siles dans les trans­ports sur l’ac­cu­mu­la­tion des gaz à effet de serre – prin­ci­pale cause du réchauf­fe­ment cli­ma­tique – l’Eu­rope éla­bore des plans et des objec­tifs de décar­bo­ni­sa­tion basés sur le rem­pla­ce­ment des véhi­cules à moteur à com­bus­tion par des véhi­cules élec­triques (s’engageant auprès de l’in­dus­trie auto­mo­bile). En consé­quence, la néces­si­té de déve­lop­per la pro­duc­tion de bat­te­ries, dont les prin­ci­paux com­po­sants pro­viennent de l’ex­ploi­ta­tion minière, est désor­mais affir­mée. À l’heure de la « décar­bo­ni­sa­tion » des « besoins éner­gé­tiques », davan­tage encore de bat­te­ries seront néces­saires pour sto­cker l’éner­gie obte­nue à par­tir de cen­trales dont la pro­duc­tion éner­gé­tique est inter­mit­tente (solaire, éolienne). Même au risque que ce modèle ne nous per­mette ni d’être auto­suf­fi­sant ni com­pé­ti­tif par rap­port à l’in­dus­trie minière asia­tique et sud-amé­ri­caine, le déve­lop­pe­ment de ce sec­teur a été consi­dé­ré comme une néces­si­té stra­té­gique dans le contexte euro­péen (Euro­pean Bat­te­ry Alliance, 2017), avec la créa­tion de divers clus­ters et alliances stra­té­giques au sein des États membres, et entre eux.

Nous sommes donc confron­tés à un grave conflit entre éco­lo­gie et éco­no­mie, puisqu’en vue d’atteindre un objec­tif sup­po­sé­ment béné­fique pour l’en­vi­ron­ne­ment, fon­dé sur une hypo­thé­tique réduc­tion des gaz à effet de serre, il nous fau­drait sacri­fier de vastes zones à l’ex­ploi­ta­tion minière. Une véri­table éco­no­mie, une ges­tion appro­priée de la pla­nète et de ses res­sources finies, se doit d’être éco­lo­gi­que­ment durable, ce qui est incom­pa­tible avec l’exis­tence d’une indus­trie minière. Conscients qu’il est de plus en plus dif­fi­cile d’ob­te­nir l’ap­pro­ba­tion de la socié­té et des popu­la­tions direc­te­ment concer­nées, les pro­mo­teurs de cette nou­velle vague d’extractions minières ont éla­bo­ré un récit selon lequel il s’agirait d’une exploi­ta­tion minière verte. Au moyen de ce récit, aus­si appe­lé « exploi­ta­tion minière durable », il s’a­git de dis­si­mu­ler les faits suivants :

  • Que l’ex­ploi­ta­tion minière ne peut pas être durable, étant don­né que les res­sources miné­rales ne sont pas renou­ve­lables – ce qui entre en contra­dic­tion avec le slo­gan selon lequel ils agissent de manière res­pon­sable envers les géné­ra­tions futures ;
  • Que selon le Glo­bal Resources Out­look 2019 [« Pers­pec­tives des res­sources mon­diales 2019 » : un rap­port éla­bo­ré par le Groupe inter­na­tio­nal d​‘experts sur les res­sources], l’extraction et le trai­te­ment des res­sources sont glo­ba­le­ment res­pon­sables de 90 % de la perte de bio­di­ver­si­té, de l’aug­men­ta­tion du stress hydrique et d’en­vi­ron la moi­tié des émis­sions mon­diales de gaz à effet de serre ;
  • Que les impacts de l’ex­ploi­ta­tion minière à ciel ouvert, de même que l’ex­ploi­ta­tion minière sou­ter­raine, génèrent iné­luc­ta­ble­ment d’immenses quan­ti­tés de déchets et de boues, de rési­dus qui causent de graves dom­mages dans les zones adja­centes, dom­mages qui, par effet de ruis­sel­le­ment, affectent des régions plus éten­dues, nui­sant for­te­ment à l’u­ti­li­sa­tion ulté­rieure de ces terres en vue de pra­ti­quer des acti­vi­tés soutenables ;
  • L’al­té­ra­tion, poten­tiel­le­ment per­ma­nente, du fonc­tion­ne­ment hydro­géo­lo­gique du sous-sol jus­qu’à la limite de pro­fon­deur de l’ex­ploi­ta­tion. Non seule­ment à cause de la pol­lu­tion de l’eau uti­li­sée dans les phases d’ex­trac­tion, de lavage et de concen­tra­tion du mine­rai, mais aus­si à cause de sa consom­ma­tion extrê­me­ment éle­vée qu’ils pré­tendent jus­ti­fier en évo­quant une uti­li­sa­tion pré­ten­du­ment effi­cace de l’eau dans un cir­cuit fer­mé. Ce qui pose pro­blème, c’est l’au­to­ri­sa­tion d’u­ti­li­ser l’eau potable en vue de géné­rer des pro­fits pour des entre­prises pri­vées. L’eau, bien com­mun de plus en plus rare, est essen­tielle à la péren­ni­té des ter­ri­toires et de la vie ;
  • Nombre de régions où des acti­vi­tés extrac­tives sont en place et où d’autres sont en pro­jets souffrent d’une séche­resse impor­tante, voire extrême, pen­dant la majeure par­tie de l’an­née. Cette séche­resse est asso­ciée au phé­no­mène glo­bal du chan­ge­ment cli­ma­tique, prin­ci­pa­le­ment induit par le phé­no­mène de l’industrialisation du monde, qui débute au 18e siècle. L’impact de l’industrialisation a été démul­ti­plié par les poli­tiques de pro­duc­tion et de consom­ma­tion exces­sives qui se sont impo­sées au cours du siècle der­nier. L’ex­ter­mi­na­tion des éco­sys­tèmes indi­gènes au pro­fit de l’a­gri­cul­ture et de l’é­le­vage inten­sifs, mas­sifs, les mono­cul­tures de la fores­te­rie indus­trielle et l’é­ra­di­ca­tion de la forêt indi­gène, l’a­ban­don des pra­tiques agri­coles tra­di­tion­nelles, la mas­si­fi­ca­tion de l’u­ti­li­sa­tion de la voi­ture indi­vi­duelle, l’im­pact du tou­risme mon­dial low-cost, etc. sont les carac­té­ris­tiques du modèle éco­no­mique actuel, qui use et abuse des res­sources de la pla­nète sous la ban­nière du pro­fit et de la crois­sance éco­no­mique infi­nie – modèle voué à se per­pé­tuer avec la réin­dus­tria­li­sa­tion de l’Eu­rope et une action cli­ma­tique à courte vue.
  • La consom­ma­tion éner­gé­tique incal­cu­lable des opé­ra­tions d’ex­trac­tion, de lavage, de concen­tra­tion et de trans­port des mine­rais implique, pour nombre d’entre elles, l’u­ti­li­sa­tion de com­bus­tibles fos­siles – un état de fait qui contre­dit la pré­ten­tion d’ef­fi­ca­ci­té dans l’u­ti­li­sa­tion des res­sources énergétiques ;
  • La néces­si­té d’extraire d’immenses quan­ti­tés de roche pour atteindre les filons ; l’im­pos­si­bi­li­té, tant sur le plan tech­no­lo­gique qu’en rai­son de coûts éle­vés, de récu­pé­rer les nom­breux mine­rais pré­sents dans les rési­dus en rai­son de leur faible concen­tra­tion ; la lixi­via­tion des sul­fures pré­sents dans les ter­rils et les rem­blais, qui réagissent avec l’eau pour géné­rer de l’a­cide sul­fu­rique, qui s’é­coule dans les cours d’eau alen­tour, y dépo­sant des métaux lourds, de l’ar­se­nic, etc., mena­çant la san­té publique et les éco­sys­tèmes ; l’exis­tence de demandes d’ex­plo­ra­tion dans des zones ura­ni­fères, qui, si elles étaient exploi­tées, génè­re­raient une pol­lu­tion radio­ac­tive sur site et dans les zones envi­ron­nantes ; le sto­ckage de déchets radio­ac­tifs mena­çant la san­té publique et les éco­sys­tèmes ; le dépôt de pous­sières (conte­nant par exemple de fortes concen­tra­tions de micas et de fluo­rures) sur de longues dis­tances en rai­son de l’ac­tion du vent, avec pour consé­quence la dété­rio­ra­tion des condi­tions des pra­tiques agri­coles et la démul­ti­pli­ca­tion du nombre de régions impac­tées – les pro­mo­teurs de l’ex­ploi­ta­tion minière verte opposent à cela l’ef­fi­ca­ci­té pré­ten­due de l’u­ti­li­sa­tion des mine­rais et quelque mini­mi­sa­tion des impacts environnementaux ;
  • Un besoin limi­té en main-d’œuvre en rai­son de la méca­ni­sa­tion presque totale des  opé­ra­tions minières actuelles et de leur spé­cia­li­sa­tion crois­sante, qui ne se tra­dui­ra donc pas par la créa­tion pro­mise de nom­breux emplois au niveau local étant don­né que les quelques emplois créés seront pré­caires et tem­po­raires ; un bou­le­ver­se­ment pro­fond des tra­di­tions et de la qua­li­té de vie de la popu­la­tion dû aux diverses formes de pol­lu­tion et au bruit constant cau­sé par l’extraction et le trans­port ; la per­tur­ba­tion du tis­su actuel de micro et petites entre­prises liées à l’a­gri­cul­ture et au tou­risme local et natu­rel ; un impact direct sur la san­té de la popu­la­tion ; une dimi­nu­tion de la valeur du mar­ché immo­bi­lier, tant urbain que rural, en rai­son de la proxi­mi­té des exploi­ta­tions minières ; une aug­men­ta­tion inévi­table de la déser­ti­fi­ca­tion après la fer­me­ture – autant de faits qui exposent la véri­té der­rière la pré­ten­tion illu­soire à quelque « mini­mi­sa­tion des impacts » sociaux ;
  • Mal­gré le récit selon lequel l’in­dus­trie contem­po­raine serait suf­fi­sam­ment régle­men­tée et sûre, l’Eu­rope a été dési­gnée comme le deuxième conti­nent ayant le plus grand nombre d’in­ci­dents liés aux digues à rési­dus ou aux défaillances cri­tiques d’autres infra­struc­tures. Pour exemple, men­tion­nons les évè­ne­ments d’Aznalcóllar (1998), Baia Mare et Borşa (2000), Aitik (2000), Sasa (2003), Mal­vé­si (2004), Ajka (2010), Tal­vi­vaa­ra (2012), Mont Neme (2014) et Cobre Las Cruces (2019). D’autres infra­struc­tures de sto­ckage de déchets, à tra­vers l’Eu­rope, semblent être sur le point de s’ef­fon­drer de manière catas­tro­phique : Rio­tin­to et San Finx en Espagne, et Cabe­ço do Pião au Portugal.
  • L’im­pos­si­bi­li­té de réuti­li­ser les terres exploi­tées. La for­ma­tion de dis­con­ti­nui­tés ter­ri­to­riales irré­ver­sibles rend impos­sible la com­pen­sa­tion fonc­tion­nelle de la perte de zones d’é­co­sys­tèmes et de patri­moine pro­té­gés par la loi ; empêche la reprise des acti­vi­tés agri­coles, fores­tières ou pas­to­rales dans les zones ciblées pour l’ex­ploi­ta­tion et leurs envi­rons ; ne per­met pas la récu­pé­ra­tion du tis­su social affec­té et réduit la pro­ba­bi­li­té de récu­pé­ra­tion de la popu­la­tion per­due ; favo­rise les foyers de pol­lu­tion, les chan­ge­ments irré­ver­sibles dans les cours d’eau et les eaux sou­ter­raines et affecte l’u­ti­li­sa­tion des sources d’eau potable par les popu­la­tions. On remarque éga­le­ment une absence sys­té­ma­tique de prise en compte des graves impacts de la pol­lu­tion sur la san­té, de la prise en charge des pertes de valeur du patri­moine des popu­la­tions direc­te­ment ou indi­rec­te­ment tou­chées et de l’im­pact réel sur l’é­qui­libre du pays avec la fer­me­ture du pro­jet – autant de réa­li­tés qui contre­disent les argu­ments fal­la­cieux de « miti­ga­tion des impacts post-exploi­ta­tion » avan­cés par les promoteurs.
  • La régle­men­ta­tion fon­da­men­tale de la chaîne d’ap­pro­vi­sion­ne­ment, tant en Europe qu’au-delà, est impar­faite et insuf­fi­sante. En outre, les admi­nis­tra­tions sont sou­vent inca­pables de faire appli­quer les régle­men­ta­tions exis­tantes. Les ini­tia­tives inter­na­tio­nales ser­vant de modèle aux objec­tifs euro­péens en matière d’ex­ploi­ta­tion minière verte ne fixent pas non plus de cri­tères stricts. Par­mi celles-ci, on retrouve des pro­grammes tels que Mining, Mine­rals and Sus­tai­nable Deve­lop­ment (« Extrac­tion minière, mine­rais et déve­lop­pe­ment durable ») ou l’Ex­trac­tive Indus­tries Trans­pa­ren­cy Ini­tia­tive (« Ini­tia­tive pour la trans­pa­rence dans les indus­tries extrac­tives »), ain­si que les cadres natio­naux et d’en­tre­prise exis­tants pour les « indus­tries extrac­tives durables » (Aus­tra­lian Mine­ral Indus­try Fra­me­work, South Afri­can Mining Char­ters, Fin­nish Mining Act, Nether­lands Res­pon­sible Mining Index, TSM Cana­da, Anglo Ame­ri­can’s Sus­tai­nable Mining Plan, World Bank Cli­mate Smart Mining, etc.) De même, les ini­tia­tives euro­péennes les plus récentes, telles que la norme CERA 4in1 ou le réseau fin­lan­dais pour une exploi­ta­tion minière durable, font preuve d’un sérieux manque de trans­pa­rence et de res­pect des popu­la­tions, étant diri­gées par l’in­dus­trie. Ces ini­tia­tives ne s’inscrivent pas dans une légis­la­tion en mesure de sanc­tion­ner les infrac­tions ou de rendre la par­ti­ci­pa­tion civique obligatoire.
  • La par­ti­ci­pa­tion civique, sous l’é­gide de concepts indus­triels comme le per­mis social d’ex­ploi­ta­tion (SLO, Social License to Ope­rate), est sys­té­ma­ti­que­ment réduite à des consul­ta­tions mul­ti­par­tites ou à d’autres pro­to­coles non contrai­gnants éta­blis avec les com­mu­nau­tés concer­nées. Dans le même temps, l’im­pli­ca­tion de cer­taines ONG au niveau natio­nal et euro­péen, dans les clus­ters, les alliances indus­trielles et les groupes de tra­vail, par exemple dans la nou­velle légis­la­tion euro­péenne sur les bat­te­ries, n’est pas trans­pa­rente et n’est pas tou­jours en phase avec les inté­rêts et les pers­pec­tives du public concer­né au niveau régio­nal et local.

Les asso­cia­tions et mou­ve­ments signa­taires demandent donc la sup­pres­sion de l’eu­phé­misme « exploi­ta­tion minière verte » et du green­wa­shing qui lui est asso­cié, ain­si que l’ac­cès à une infor­ma­tion vraie, claire et trans­pa­rente, dont il est urgent de dis­po­ser concer­nant les opé­ra­tions de déve­lop­pe­ment minier impli­quant le Por­tu­gal et l’U­nion euro­péenne. En regar­dant vers l’a­ve­nir, nous deman­dons l’a­dop­tion d’un modèle de déve­lop­pe­ment intrin­sè­que­ment durable, basé sur la valo­ri­sa­tion du ter­ri­toire, la pré­ser­va­tion de l’en­vi­ron­ne­ment et l’implication de la popu­la­tion, fac­teurs qui favo­risent la qua­li­té de vie, le bien-être social et le res­pect des valeurs natu­relles, patri­mo­niales et cultu­relles comme élé­ments fon­da­teurs de la socié­té que nous enten­dons trans­mettre aux géné­ra­tions futures. L’ex­ploi­ta­tion minière ne sera jamais verte !

Signa­taires :

  • Asso­cia­ção Mon­ta­legre Com Vida
  • Asso­cia­ção Uni­dos em Defe­sa de Covas do Barroso
  • Asso­cia­ção Povo e Natu­re­za do Barroso
  • Asso­cia­ção Guar­diões da Ser­ra da Estrela
  • Asso­cia­ção Ambien­tal Petón do Lobo (Gali­cia)
  • Asso­cia­ção SOS SERRA da GROBA (Espan­ha)
  • Asso­cia­ção Por­tu­gue­sa para a Conser­va­ção da Bio­di­ver­si­dade (FAPAS)
  • Core­ma — Asso­cia­ção de Defe­sa do Património
  • Movi­men­to de Defe­sa do Ambiente e Patrimó­nio do Alto Minho
  • Conta­MI­NAac­ción (Gali­za)
  • Em Defe­sa da Ser­ra da Pene­da e do Soajo
  • Defe­sa Y Conserv­ción Ecoló­gi­ca de Intag (Ecua­dor)
  • Fun­da­ção Montescola
  • Greve Climá­ti­ca Estu­dan­til Portugal
  • Kan­sa­lais­ten kai­vos­val­tuus­kun­ta (Mining­Watch Finland)
  • Movi­men­to Minas Não
  • Movi­men­to Contra­Mi­ne­ra­ção Bei­ra Serra
  • Movi­men­to Contra­mi­ne­ra­ção Sátão e Penalva
  • Movi­men­to Estre­la Viva
  • Movi­men­to Não às Minas — Montalegre
  • Movi­men­to SOS Ser­ra d’Arga
  • Movi­men­to de Defe­sa do Patrimó­nio Natu­ral das Ser­ras de Melres e Rio Mau
  • Movi­men­to SOS Ter­ras do Cávado
  • Obser­va­to­rio Plu­ri­na­cio­nal de Salares Andi­nos OPSAL
  • Pla­ta­for­ma Veciñal Mina Tou­ro — O Pino NON (Espan­ha)
  • SOS — Ser­ra da Cabrei­ra — BASTÕES ao ALTO!!
  • IRIS — Asso­cia­ção Nacio­nal de Ambiente
  • UIVO — Por uma Reser­va da Bios­fe­ra Mese­ta Ibé­ri­ca livre de minas

Tra­duc­tion : Nico­las Casaux

Relec­ture : Mar­tha Coelho

Print Friendly, PDF & Email
Total
28
Shares
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Articles connexes
Lire

Reporterre, Mr Mondialisation, Les Échos et la promotion des illusions vertes (par Nicolas Casaux)

Parmi les nombreuses balivernes colportées afin d’encourager le développement des industries des énergies dites « vertes », « propres » ou « renouvelables » — et notamment celles du solaire et de l’éolien —, dans l’optique de donner à croire qu’il pourrait exister une civilisation techno-industrielle « verte », « propre » ou « renouvelable », on retrouve cette idée selon laquelle, au surplus, recourir à ces technologies permettrait aux petites gens de récupérer « le pouvoir », ou « du pouvoir ». [...]
Lire

L’Empire des technologies modernes (par Wolfgang Sachs)

Les publicitaires aiment particulièrement présenter les technologies modernes comme les héritières triomphantes des techniques primitives. Ainsi, le tambour de brousse sera présenté comme le précurseur du courrier informatique intercontinental, la quête de plantes officinales sera comparée à la synthèse d’antibiotiques et le feu jaillissant de pierres que l’on frotte sera montré comme une forme primitive de la désintégration de l’atome. Il est difficile de trouver une fiction qui ait contribué davantage à masquer la vraie nature de la civilisation technique que celle qui permet de voir dans la technologie moderne un instrument simple, quoique fort évolué. [...]