Enfant civilisé, enfant sauvage (par Philippe Oberlé)

À gauche, un enfant qui gran­dit en cap­ti­vi­té au sein de la civi­li­sa­tion indus­trielle, un milieu extrê­me­ment toxique pour le corps comme pour l’esprit de l’animal humain. On le force par exemple à subir cette tor­ture quo­ti­dienne nom­mée sco­la­ri­té dans des usines – par­don, des écoles. En 1898, le doyen de la Stan­ford Uni­ver­si­ty School of Edu­ca­tion Ell­wood P. Cub­ber­ley déclara : 

« Nos écoles sont, dans un sens, des usines, dans les­quelles les maté­riaux bruts – les enfants – doivent être façon­nés en pro­duits […]. Les carac­té­ris­tiques de fabri­ca­tion répondent aux exi­gences de la civi­li­sa­tion du XXème siècle, et il appar­tient à l’école de pro­duire des élèves selon ses besoins spé­ci­fiques[1]. »

On retrouve au XIXe siècle et au tour­nant du XXe des idées simi­laires chez Napo­léon Bona­parte ain­si que chez d’autres hommes poli­tiques et his­to­riens fran­çais[2]. Face à ces sup­plices – uni­for­mi­sa­tion de la pen­sée et entrave à l’exploration, l’expérimentation, l’activité phy­sique – l’enfant com­pense comme il peut, par exemple en cher­chant l’évasion. Il peut dès lors déve­lop­per une très forte addic­tion aux écrans, l’une des innom­brables drogues dures en libre cir­cu­la­tion dans la zone civi­li­sée de ce monde. Le moteur de la civi­li­sa­tion, c’est la toxi­co­ma­nie. Sans plon­ger ses sujets dans la dépen­dance la plus dégra­dante qui soit, cette struc­ture sociale ultra-inéga­li­taire ne tien­drait pas même une semaine sans s’effondrer.

Michel Des­mur­get, neu­ros­cien­ti­fique direc­teur de recherche à l’Inserm et auteur de l’excellent ouvrage La Fabrique du cré­tin digi­tal (2019), éclaire notre lan­terne sur ce trai­te­ment de choc réser­vé aux enfants par la civi­li­sa­tion et sa technologie : 

« Ce que nous fai­sons subir à nos enfants est inex­cu­sable. Jamais sans doute, dans l’histoire de l’humanité, une telle expé­rience de décé­ré­bra­tion n’avait été conduite à aus­si grande échelle. » 

Voi­ci le résu­mé du livre par l’éditeur :

« La consom­ma­tion du numé­rique sous toutes ses formes – smart­phones, tablettes, télé­vi­sion, etc. – par les nou­velles géné­ra­tions est astro­no­mique. Dès 2 ans, les enfants des pays occi­den­taux cumulent chaque jour presque 3 heures d’écran. Entre 8 et 12 ans, ils passent à près de 4 h 45. Entre 13 et 18 ans, ils frôlent les 6 h 45. En cumuls annuels, ces usages repré­sentent autour de 1 000 heures pour un élève de mater­nelle (soit davan­tage que le volume horaire d’une année sco­laire), 1 700 heures pour un éco­lier de cours moyen (2 années sco­laires) et 2 400 heures pour un lycéen du secon­daire (2,5 années scolaires). 

Contrai­re­ment à cer­taines idées reçues, cette pro­fu­sion d’écrans est loin d’améliorer les apti­tudes de nos enfants. Bien au contraire, elle a de lourdes consé­quences : sur la san­té (obé­si­té, déve­lop­pe­ment car­dio-vas­cu­laire, espé­rance de vie réduite…), sur le com­por­te­ment (agres­si­vi­té, dépres­sion, conduites à risques…) et sur les capa­ci­tés intel­lec­tuelles (lan­gage, concen­tra­tion, mémo­ri­sa­tion…). Autant d’atteintes qui affectent for­te­ment la réus­site sco­laire des jeunes[3]. »

Des­mur­get n’est bien enten­du pas un par­ti­san du mou­ve­ment anti-civi­li­sa­tion ni un adepte des idées de Deep Green Resis­tance ou du mathé­ma­ti­cien Theo­dore Kac­zyns­ki, cela dit son ana­lyse des effets néga­tifs de la tech­no­lo­gie vaut le détour. Selon Des­mur­get, « les “enfants du digi­tal” sont les pre­miers enfants à avoir un QI infé­rieur à celui de leurs parents », une ten­dance par­ti­cu­liè­re­ment tan­gible en Nor­vège, au Dane­mark, aux Pays-Bas ou encore en France[4]. Dans un récent entre­tien avec Marianne, il pour­suit sa des­crip­tion du car­nage, un pro­ces­sus accé­lé­ré de déli­ques­cence de la race humaine qui ne date pas d’hier puisqu’il a démar­ré avec la pre­mière révo­lu­tion indus­trielle. À cause de l’omniprésence des écrans dans notre quo­ti­dien, « on retrouve des lésions en avant du cer­veau des enfants[5] ».

Allez savoir pour­quoi, les thu­ri­fé­raires du Pro­grès se per­mettent encore en 2022 d’affirmer haut et fort, mal­gré la quan­ti­té phé­no­mé­nale de don­nées scien­ti­fiques contre­di­sant leur posi­tion, que la civi­li­sa­tion est l’environnement le plus sain qui soit, celui qui béné­fi­cie le plus au déve­lop­pe­ment et au bien-être de l’enfant. En dépit du désastre huma­ni­taire engen­dré par l’industrie numé­rique qui colo­nise nos vies avec ses gad­gets fai­sant office d’Armes de Sur­veillance Mas­sive, le média tech­no­lo­giste L’ADN érige l’art du gaming infan­tile en ver­tu. Un pro­gres­siste, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les recon­naît. Pour­tant les mil­liar­daires et les cadres diri­geants de l’industrie numé­rique inter­disent ou limitent for­te­ment les écrans chez leurs enfants[6].

Un article de L’ADN titrait en 2021 : 

« Aujourd’hui, les enfants rêvent d’être espor­tif plu­tôt que footballeur » 

Si vous n’êtes pas fami­lier avec le lan­gage des tech­no­lâtres en état de mort céré­brale, sachez que « espor­tif » signi­fie « spor­tif vir­tuel ». Ces gens pré­sentent très sérieu­se­ment comme un sport de haut niveau le fait de res­ter les fesses vis­sées sur une chaise durant dix heures d’affilée, les yeux rivés sur un écran. Sauf que la pra­tique d’un vrai sport dans le monde réel ne détruit pas la santé. 

La jour­na­liste poursuit : 

« En quelques années, la figure du gamer est pas­sée du “geek enfer­mé dans sa chambre” à la super­star de Twitch et à l’ath­lète de eSport. On en parle avec Alexandre Malsch, CEO de la marque de games­wear Fulllife. » 

Ce der­nier affirme avec enthousiasme : 

« Nous sommes à ce point d’in­flexion où on com­mence à se rendre compte que le gaming est un art de vivre : en plus d’être un diver­tis­se­ment, c’est un sport et une culture de manière géné­rale[7]. »

Une culture qui célèbre un toxi­co­mane en tant qu’« ath­lète » ou « super­star » est une culture cin­glée. Selon l’anthropologue et psy­cho­logue du MIT Sher­ry Turkle, la tech­no­lo­gie s’apparente à un « assaut contre l’empathie », un trait répan­du dans le monde ani­mal[8], et déve­lop­pé à un degré éle­vé chez les humains. C’est l’empathie qui nous per­met de tis­ser des liens sociaux intimes, solides et durables. Dans un article paru en 2018 dans la revue Beha­vio­ral Scien­tist, Sher­ry Turkle décrit ce qu’il convient de qua­li­fier de crime contre l’humanité :

« Dès les pré­mices de l’informatique, j’ai pu consta­ter que les ordi­na­teurs offraient l’illusion de la com­pa­gnie sans les exi­gences de l’amitié, puis, lorsque les pro­grammes sont deve­nus vrai­ment bons, l’illusion de l’amitié sans les exi­gences de l’intimité. Parce que, face à face, les gens demandent des choses que les ordi­na­teurs ne demandent jamais. Avec les gens, les choses se passent mieux si vous êtes atten­tif et si vous savez vous mettre à la place de l’autre. Les per­sonnes réelles exigent des réponses à ce qu’elles res­sentent à un moment pré­cis, et pas n’importe quelle réponse. 

Le temps pas­sé dans une simu­la­tion du monde pré­pare les enfants à pas­ser plus de temps dans une simu­la­tion[9]. »

Au sein de cette tech­no­cul­ture sour­noise qui mène l’humanité à sa perte, mais qui par­vient à s’imposer grâce à la puis­sance des GAFAM (Google, Apple, Face­book, Ama­zon, Micro­soft), il est désor­mais pos­sible d’être à la fois ath­lète et obèse. Full­life est une marque de vête­ments qui tente de rendre cool une exis­tence de nolife adi­peux accroc aux jeux vidéo[10]. L’industrie des jeux d’argent a quant à elle trou­vé un nou­veau filon à exploi­ter[11]. C’est une constante du sys­tème tech­no­lo­gique – les pra­tiques à la fois les plus per­verses socia­le­ment et les plus dom­ma­geables pour l’environnement[12] sont presque sys­té­ma­ti­que­ment encou­ra­gées puis éri­gées en modèle. Les gens qui pro­meuvent avec zèle, dans leur propre inté­rêt, cette tech­no­cul­ture infâme pri­vant les enfants d’une vie digne de ce nom sont à ran­ger du côté des cri­mi­nels de la pire espèce. 

Selon l’OMS, il y a déjà plus de 2 mil­liards de per­sonnes en sur­poids ou obèses sur Terre[13] et la moi­tié de la popu­la­tion mon­diale sera tou­chée en 2030[14] ; les cher­cheurs estiment que la myo­pie, une autre mala­die de civi­li­sa­tion, tou­che­ra la moi­tié de la popu­la­tion mon­diale en 2050[15] ; la séden­ta­ri­té explose chez les enfants qui « perdent l’envie de faire du sport[16] », avec le risque de déve­lop­per toute une pano­plie de mala­dies dégé­né­ra­tives (dites « de civi­li­sa­tion ») ; etc. Chaque jour qui passe donne rai­son à l’affirmation sui­vante de Theo­dore Kac­zynk­si : « la révo­lu­tion indus­trielle et ses consé­quences ont été une catas­trophe pour la race humaine[17]. »

À droite sur l’image d’illustration, un enfant libre, habile et vif, en excel­lente san­té phy­sique et men­tale. Dès l’âge de 9 ans, il sait où et com­ment cher­cher de la nour­ri­ture dans la forêt équa­to­riale et mani­pu­ler une machette aus­si grande que lui sans se bles­ser. De plus, il gran­dit dans un milieu natu­rel essen­tiel à son bien-être (terre, arbres, ani­maux, rivières, ali­men­ta­tion nutri­tive et saine, cam­pe­ment ou vil­lage à taille humaine, tech­no­lo­gie à la mesure de l’homme, absence de béton, de machines, donc de toute pol­lu­tion sonore ou visuelle, etc.). 

L’anthropologue Gül Deniz Sala­li a étu­dié les chas­seurs cueilleurs Mbend­jele au Congo-Braz­za­ville, un groupe appar­te­nant aux BaYa­ka. Ce peuple de la forêt écume depuis des dizaines de mil­liers d’années le bas­sin du Congo et n’a jamais connu la famine (le mot n’existe pas dans leur langue), jusqu’à ce que la civi­li­sa­tion occi­den­tale convoite les res­sources natu­relles de l’Afrique et y excrète ses biens cultu­rels à fort pou­voir dégé­né­ra­tif[18]. J’ai tra­duit ci-des­sous quelques extraits d’un article de Gül Deniz Sala­li paru en 2019 dans la revue scien­ti­fique The Conver­sa­tion[19]. Sur sa chaîne You­tube, on peut éga­le­ment obser­ver des enfants Mbend­jele de moins de 10 ans par­tir seuls en expé­di­tion dans la forêt pour ramas­ser des cham­pi­gnons[20]. En Tan­za­nie chez les Had­za, un autre groupe de chas­seurs-cueilleurs, les enfants sont tout aus­si talen­tueux pour tra­quer du petit gibier et chas­ser à l’arc[21]. Ajou­tons que les membres des socié­tés tra­di­tion­nelles et rurales de taille modeste sont dans leur majo­ri­té en excel­lente forme phy­sique et vivent jusqu’à des âges com­pa­rables aux membres des socié­tés cen­tra­li­sées admi­nis­trées par une bureau­cra­tie éta­tique, for­te­ment urba­ni­sées et indus­tria­li­sées[22].

La mor­ta­li­té infan­tile est aus­si bien plus éle­vée dans les socié­tés tra­di­tion­nelles, il serait futile de le nier. Durant la majeure par­tie de l’histoire de l’humanité, un taux de mor­ta­li­té éle­vé équi­li­brait les nais­sances avec les décès[23], un phé­no­mène natu­rel modé­rant loca­le­ment la crois­sance démo­gra­phique au-delà de cer­taines limites éco­lo­giques. Au risque de faire hur­ler les pro­gres­sistes, la baisse dras­tique des taux de mor­ta­li­té sur­ve­nue avec la révo­lu­tion indus­trielle aux XVIIIe et XIXe siècle fut un des prin­ci­paux fac­teurs de l’explosion démo­gra­phique mon­diale, en Europe comme ailleurs dans le monde. Pri­vi­lé­gier la sur­vie d’un indi­vi­du par rap­port au bien-être du groupe ou de l’espèce est une absur­di­té spé­ci­fique au sys­tème de normes et de croyances de la moder­ni­té. Du point de vue du groupe, don­ner la prio­ri­té à l’individu sur le col­lec­tif revient à se sui­ci­der col­lec­ti­ve­ment. Inutile de se lan­cer dans une longue démons­tra­tion, il suf­fit d’observer l’état du monde indus­tria­li­sé. Mul­ti­plier les humains comme du bétail et concen­trer cette res­source dans les camps de concen­tra­tion urbains est le sché­ma carac­té­ris­tique de déve­lop­pe­ment des civi­li­sa­tions depuis des mil­lé­naires, un modèle tou­jours d’actualité. Le patron ultra­riche d’Amazon Jeff Bezos veut voir la popu­la­tion croître encore et encore sur Terre, car la civi­li­sa­tion indus­trielle « car­bure » à la crois­sance démo­gra­phique[24]. Néan­moins, cela pour­rait ne pas durer[25].

Ci-des­sous, des extraits de l’article de Gül Deniz Sala­li dont je par­lais plus haut. 

« Lors­qu’E­te­ni, un bébé de 13 mois vivant dans les forêts tro­pi­cales du Congo, tente de décou­per de du gibier fraî­che­ment abat­tu avec un cou­teau tran­chant, per­sonne n’interfère. En fait, on peut sou­vent obser­ver Ete­ni en train de jouer avec des outils tran­chants et d’i­mi­ter sa tante de neuf ans, Bwa­ka. À cet âge, cette der­nière se montre déjà effi­cace pour creu­ser le sol à la recherche d’ignames sau­vages ou pour cou­per de la viande de brousse avec sa machette. 

En inter­agis­sant entre eux et avec les autres membres de la com­mu­nau­té, Ete­ni et Bwa­ka donnent un aper­çu de la manière dont les enfants chas­seurs-cueilleurs Mbend­jele acquièrent les com­pé­tences indis­pen­sables à leur sur­vie dans la forêt. 

[…]

La plu­part des nour­ris­sons et des jeunes enfants apprennent en explo­rant libre­ment leur envi­ron­ne­ment, en obser­vant et en copiant les autres. Cette façon d’ap­prendre par imi­ta­tion est un excellent moyen de trans­mettre effi­ca­ce­ment des com­pé­tences. On peut pro­ba­ble­ment y déce­ler com­ment les pre­miers concepts et pro­cé­dés ont été appris et com­mu­ni­qués au sein de groupes de chas­seurs-cueilleurs anciens. 

[…]

Aujourd’­hui, chez les Mbend­jele, l’en­sei­gne­ment est réser­vé à la trans­mis­sion d’in­for­ma­tions abs­traites, comme la façon de se com­por­ter avec les autres membres de la com­mu­nau­té. Plu­tôt que de don­ner des ins­truc­tions directes à la manière d’un pro­fes­seur occi­den­tal, par­mi les chas­seurs-cueilleurs les adultes créent sou­vent des oppor­tu­ni­tés d’ap­pren­tis­sage et sur­veillent ensuite l’ac­ti­vi­té de l’en­fant. Par exemple, j’ai vu un ado­les­cent apprendre à par­ta­ger équi­ta­ble­ment la nour­ri­ture entre les membres du camp. L’a­dulte qui le sur­veillait n’in­ter­ve­nait que pour don­ner son avis. 

[…]

La trans­mis­sion pré­cise de ces com­pé­tences et connais­sances par l’i­mi­ta­tion et l’en­sei­gne­ment a per­mis à la culture humaine d’é­vo­luer. Dans la plu­part des socié­tés actuelles, les écoles rem­plissent cette fonc­tion. Mais pen­dant des mil­liers d’an­nées, les humains n’a­vaient pas d’é­cole for­melle. Dans les socié­tés tra­di­tion­nelles comme chez les Mbend­jele, les enfants passent la plu­part de leur temps à jouer dans des groupes. Comme ces groupes sont com­po­sés d’en­fants d’âges dif­fé­rents, ils consti­tuent un envi­ron­ne­ment où les enfants peuvent apprendre les uns des autres. 

Les com­pé­tences pra­tiques ou l’ac­qui­si­tion de connais­sances au sein de groupes consti­tués d’enfants repré­sentent plus de 60% de l’ap­pren­tis­sage obser­vé dans notre étude. Au cours d’un de leurs jeux, les enfants Mbend­jele imitent les rituels des adultes invo­quant les esprits de la forêt. Pen­dant ces rituels, les femmes chantent ensemble en tapant dans leurs mains pour appe­ler les esprits de la forêt dans le camp. Pré­ten­dant avoir cap­tu­ré des esprits en mar­chant dans la forêt, les hommes se couvrent de feuilles sau­vages et se cachent le long d’un iti­né­raire secret, puis arrivent ensuite au camp pour exé­cu­ter des danses rituelles. En imi­tant ces rituels dans des groupes de jeu mixtes, les enfants des chas­seurs-cueilleurs apprennent les rôles de genre et les pra­tiques culturelles. 

Ayant gran­di en Tur­quie, j’ai la chance d’a­voir eu une enfance où j’ai pu jouer dans les rues avec d’autres enfants. Lorsque je suis avec les enfants Mbend­jele, j’ad­mire leur liber­té de jouer en plein air et leur créa­ti­vi­té pour trans­for­mer les dif­fé­rents maté­riaux trou­vés dans la forêt en jeux. 

Je pense que nous avons beau­coup à apprendre de l’en­fance des chas­seurs-cueilleurs. Non seule­ment elle nous éclaire sur l’é­vo­lu­tion de la culture, mais elle peut nous ins­pi­rer pour repen­ser la manière d’é­du­quer les enfants – une chose dont les gens semblent éton­nam­ment peu sou­cieux ailleurs dans le monde. » 

Phi­lippe Oberlé


  1. http://carolblack.org/on-the-wildness-of-children/

  2. https://www.partage-le.com/2017/01/03/sur-la-nature-sauvage-des-enfants-scolariser-le-monde-par-carol-black/

  3. https://www.seuil.com/ouvrage/la-fabrique-du-cretin-digital-michel-desmurget/9782021423310

  4. https://www.bbc.com/afrique/monde-54747935

  5. https://www.marianne.net/societe/education/ecrans-on-retrouve-des-lesions-en-avant-du-cerveau-des-enfants

  6. https://fr.weforum.org/agenda/2020/03/ces-7-patrons-de-la-tech-limitent-drastiquement-le-temps-decran-de-leurs-enfants/

  7. https://www.ladn.eu/nouveaux-usages/usages-et-style-de-vie/alexandre-malsch-le-gaming-est-un-style-vie-qui-infuse-toutes-les-couches-de-la-societe/

  8. https://www.sciencesetavenir.fr/animaux/l‑empathie-un-sentiment-tres-animal_127784

  9. https://behavioralscientist.org/the-assault-on-empathy/

  10. https://full.life/

  11. https://www.parieraucanada.ca/sport-virtuel/

  12. https://www.monde-diplomatique.fr/2020/03/BROCA/61553

  13. https://www.who.int/fr/news/item/07–12-2021-who-accelerates-work-on-nutrition-targets-with-new-commitments

  14. https://www.arte.tv/fr/videos/083970–000‑A/un-monde-obese/

  15. https://www.lesechos.fr/industrie-services/pharmacie-sante/des-scientifiques-alertent-sur-un-boom-de-la-myopie-et-ses-facteurs-de-risque-1382926

  16. https://www.lemonde.fr/sciences/article/2019/06/11/pourquoi-les-enfants-perdent-l-envie-de-faire-du-sport_5474675_1650684.html

  17. Theo­dore Kac­zyns­ki, La socié­té indus­trielle et son ave­nir, 1995.

  18. https://www.scientificamerican.com/article/how-sustainable-development-ravaged-the-congo-basin/

  19. https://theconversation.com/modern-hunter-gatherer-children-could-tell-us-how-human-culture-evolved-and-inspire-new-ways-of-teaching-122241

  20. https://youtu.be/1Cc0yTO-h2E

  21. https://www.theguardian.com/artanddesign/gallery/2018/oct/22/hadza-the-last-hunter-gatherer-tribe-in-tanzania-in-pictures

  22. https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/obr.12785

  23. https://ourworldindata.org/world-population-growth#what-are-the-causes-of-population-growth

  24. https://www.theverge.com/2016/6/1/11830206/jeff-bezos-blue-origin-save-earth-code-conference-interview

  25. https://greenwashingeconomy.com/machine-contre-humain-grand-remplacement-pour-quand/

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  1. Visi­ble­ment, Gül Deniz Sala­li fait du ‘béha­vio­risme évo­lu­tion­niste’ ou de l’é­vo­lu­tion­nisme cultu­ra­liste (si on se réfère à la pré­sen­ta­tion de son tra­vail ici : https://www.ucl.ac.uk/anthropology/people/dr-gul-deniz-salali)
    On retrouve la même chose chez un ex mar­xiste amé­ri­cain, deve­nu logi­que­ment un bon idéo­logue capi­ta­liste, Samuel Bowles : https://www.santafe.edu/people/profile/sam-bowles
    Soit, un tas d’â­ne­ries scien­tistes sur la base de modèles mathé­ma­tiques débiles (de la phi­lo­so­phie poli­tique maquillée par des maths) ; de manière clas­sique, un article plein de bons sen­ti­ments (la coopé­ra­tion c’est bien, c’est natu­rel, c’est bio, etc) va ser­vir d’ac­croche pour vous vendre le reste ; elle va faire car­rière sur cette base en com­bi­nant, maths, infor­ma­tique, pseu­do sta­tis­tique, pseu­do eth­no­lo­gie etc pour inven­ter une pseu­do anthro­po­lo­gie qui convient à son public lon­do­nien qui est ache­teur de morale bien­veillante depuis deux siècles, dans la grande tra­di­tion ouverte par Spencer.

  2. Je ne juge pas son tra­vail sur le ter­rain : je n’ai lu que ce que vous tra­dui­sez ici et c’est très inté­res­sant ; je pointe juste une inco­hé­rence entre le fait de pro­mou­voir une socié­té sans école et le fait d’en­sei­gner un peu n’im­porte quoi (de la ‘post véri­té’, du ‘sto­ry­tel­ling’) dans un temple du capi­ta­lisme mon­dial ; l’é­cole comme dis­po­si­tif de dres­sage, ça n’est pas nou­veau : je ne sais pas ce que Fou­cault a écrit pré­ci­sé­ment sur ça, j’ai lu le livre de Illich bien enten­du ; j’ai un peu lu sur la ‘péda­go­gie noire’ — la ‘schwarze Päda­go­gik’ (Rut­sch­ky, Mil­ler, sans avoir lu les livres), avec comme per­son­nage cen­tral Moritz Schre­ber, et le des­tin tra­gique de son fils Daniel Paul deve­nu cin­glé, qui a écrit un livre sur sa folie, lu par Freud et d’autres ; j’ai un livre de G. L. Mosse sur la ‘bru­ta­li­sa­tion’ (je ne suis pas convain­cu, mais il y a un lien évident avec la ‘péda­go­gie noire’) ; pour moi la ‘péda­go­gie noire’, qui vise ini­tia­le­ment le corps, est pas­sée dans le savoir, le dis­cours d’au­tant plus bru­tal qu’il se pré­sente comme ‘scien­ti­fique’ (cf. la notion d’é­pis­té­mè ; j’en ai fait l’ex­pé­rience comme ensei­gnant) ; rien de nou­veau là non plus : le sys­tème pro­duit son idéo­lo­gie (au lycée par ex. ; cf. un article récent sur le site de Ber­nard Guer­rien) ; cf. aus­si ce qu’é­crit Marx sur l’é­cole ; l’au­teur que vous tra­dui­sez ici par­ti­cipe à ça pro­ba­ble­ment, vu son pédi­gré. Pour avoir un avis défi­ni­tif sur son tra­vail, il fau­drait lire l’en­semble et j’ai autre chose à faire, faire de la cri­tique de l’é­co­no­mie poli­tique par ex.

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