Dans un précédent article, que je publiais il y a deux semaines, j’évoquais déjà sieur Irénée Régnauld, co-auteur d’une attaque contre le groupe ATR. Régnauld et ses comparses prétendent incarner la seule technocritique respectable, juste, intelligente. En réalité, comme j’ai tenté de l’exposer, leur technocritique n’est qu’une vaste blague.
M’étant procuré une copie du livre Une histoire de la conquête spatiale – Des fusées nazies aux astrocapitalistes du New Space qu’Irénée a co-écrit avec Arnaud Saint-Martin, député LFI et chercheur au prestigieux CNRS, et publié en février 2024 chez La Fabrique, je me permets d’insister.
Je ne m’attarderai pas sur l’historique de l’aérospatial qu’ils proposent. Ce qui m’intéresse, c’est l’aspect technocritique de l’ouvrage. Ou plutôt, l’absence d’aspect technocritique. Voici ce que les deux chercheurs écrivent dans le dernier chapitre :
« Longtemps l’occupation de l’orbite circumterrestre a été réservée aux satellites gouvernementaux. Les coûts de fabrication, de déploiement et de maintien à poste prohibaient l’accès aux pays peu engagés dans les usages de l’espace, mais aussi, au sein même du “club” des puissances spatiales, aux acteurs tenus à distance des infrastructures. À partir des années 1990, une petite révolution technologique s’enclenche : la miniaturisation des satellites et sondes spatiales. Cette miniaturisation est intentionnelle, car si l’utilisation de satellites de petite taille est aussi ancienne que l’âge spatial (après tout, Sputnik était un microsatellite de moins de 100 kg), les développements visant à perfectionner et à optimiser la conception de ces satellites miniatures sont plus récents. Tandis que les programmes classiques continuent de miser sur des infrastructures lourdes, dépassant la tonne, les plans de satellites légers sont à l’étude. Avec le temps, des distinctions se sont opérées entre les petits satellites (de 600 kg à 1 tonne), les minisatellites (200 à 600 kg), micro (11 à 200 kg), nano (1 à 10 kg) et pico (moins d’1 kg). À la fin des années 1990, l’introduction du standard CubeSat (une unité “1U” correspond, rappelons-le, à 10 x 10 x 10 cm) a permis de rationaliser la conception, la production et les usages de ces petits satellites. L’objectif est, d’un même élan, de maximiser les performances, de bricoler avec des composants (micro)électroniques sur étagères peu chers, et éventuellement, lorsque le satellite est placé sur orbite, de réaliser des mesures et observations scientifiques. Une communauté de praticiens enthousiastes s’est ainsi structurée dans une certaine indifférence, voire un mépris, de l’industrie des fabricants de satellites.
Jusqu’aux années 2000, ces petits satellites sont considérés comme des “jouets éducatifs” visant surtout à enseigner les sciences et technologies spatiales dans les départements d’ingénierie. En 2003, un premier vol de CubeSats est assuré par un lanceur russe depuis la base de Plesetsk. Entre 2012 et 2021, 2 550 petits satellites (du pico au micro) ont été lancés, et les prévisions de croissance anticipent une augmentation soutenue durant la décennie en cours. Les tarifs proposés par les entreprises de transport spatial, qui privilégient les missions de vol partagé, sont incitatifs : de 50 000 à 300 000 dollars selon les lanceurs et satellites. Ces satellites visent la démonstration technologique et sont l’œuvre d’équipes universitaires. Les déploiements suivants s’opèrent selon les mêmes objectifs. Les mêmes étudiants qui se formaient à l’ingénierie spatiale, dans les universités de Stanford ou Cal Poly en Californie, ont néanmoins saisi l’opportunité commerciale au tournant des années 2010 : comme nous l’avons vu, des start-up comme Planet Labs, Spire Global ou Capella Space ont tiré avantage de l’utilisation de ces nanosatellites. La rupture est ici consommée avec l’état d’esprit “Do It Yourself”, hacker, bricoleur et expérimental qui caractérise les communautés “Small Sats”. Chaque année à Logan, à la grand-messe des nanosats, des ingénieurs un peu geeks et relativement autonomes échangent autour des nouveaux gadgets à intégrer, des manips à tester, des derniers designs innovants.
Qu’il s’agisse du maniement des explosifs, de l’astromodélisme, de la conception des fusées-sondes ou de l’artisanat dans les ateliers d’ingénierie Small Sat, c’est toute une gamme de passions cognitives et de savoir-faire pratiques qui s’exerce et se transmet. Les artisans de ces technologies peu coûteuses, développées pour elles-mêmes, collaborent généralement à distance de la recherche militaire ou de l’astrocapitalisme. L’attachement aux techniques, et à des procédés maîtrisés de bout en bout, vient donner du sens à des activités mises en partage, dans des cercles et communautés plus ou moins ouverts, ou à tout le moins soumis à un droit d’entrée minimal : un intérêt pour la technologie. Intérêt qui peut in fine trouver matière à raffinement dans des manières alternatives de concevoir les technologies spatiales, plus sobres et soutenables, à l’opposé de la course au gigantisme des “mégaconstellations” satellites et de la pulsion mercantile qui en justifie l’essor. »
Leur conclusion : « tout n’est pas à jeter dans le spatial. Mais force est de constater que ce qui en détermine les orientations mène au désastre. »

Dans une présentation de l’ouvrage à la librairie Ombres blanches, le 6 mars 2024, Irénée Régnauld tient à préciser : « on est les derniers à dire qu’il faudrait en finir avec les entreprises qui font du spatial ». Il insiste : « il faut faire des beaux satellites utiles » ; leur livre n’est « pas […] une attaque » contre le secteur. Il « y a quand même un spatial utile, vraiment important, qu’il faut mettre en avant, qu’il faut mettre en valeur, qu’il faut financer » ; il y a « des éléments de politique spatiale qu’on défend » ; « oui, il y a un spatial utilitaire » ; « l’observation spatiale de la terre, c’est super important » ; « observer les dégâts, les ravages du changement climatique, c’est super important » ; « il nous faut des satellites, ouais, clairement » ; « il y a des usages légitimes, des usages utiles, contre des usages futiles ».
Tu suis ?
Nos champions autoproclamés de la technocritique t’expliquent : il y a d’un côté les bons usages de l’aérospatial, et de l’autre les mauvais. L’aérospatial ne pose pas problème en lui-même. Ce qui pose problème, ce sont ses « orientations » actuelles, « ce qui en détermine les orientations » (et donc, « qui en détermine les orientations »). Parce que des « technologies spatiales […] plus sobres et soutenables » pourraient exister. Une industrie de l’aérospatial « alternative ». Une civilisation techno-industrielle « alternative », sobre et durable (et juste, égalitaire et démocratique).
Le b. a.-ba de la technocritique nous apprend pourtant qu’aucune technologie n’est neutre, que les bons usages d’une technologie ne sont jamais dissociables de ses mauvais usages, que le problème n’est pas « qui » ou « ce qui en détermine les orientations », mais les exigences de la technologie elle-même.
Selon toute probabilité, toute logique, il n’existera jamais – il ne peut exister – d’aérospatial « sobre et soutenable ». Comme toutes les autres industries, l’aérospatial repose sur la course à la puissance générale, sur les dynamiques du capitalisme désormais mondialisé, et est dépendant d’une myriade d’autres industries. Il n’existera jamais d’aérospatial « sobre et soutenable » pour la raison qu’il n’existera jamais de civilisation techno-industrielle « sobre et soutenable ».
Même s’il était possible de découpler l’existence du système techno-industriel des dynamiques croissancistes du capitalisme (ce que les marxiens de la wertcritik jugent impossible), même s’il était possible de parvenir à une forme acroissante, sobre et stable de système techno-économique, un bref examen des exigences matérielles minimales du système industriel le plus sobre que l’on puisse imaginer infirme tout espoir de parvenir à un aérospatial « sobre et soutenable » (ou à une civilisation techno-industrielle « sobre et soutenable »).
Régnauld et Saint-Martin auraient peut-être pu le saisir s’ils avaient examiné les impacts environnementaux de l’aérospatial. Malheureusement, leur livre ne propose aucune analyse substantielle des exigences matérielles de l’aérospatial, aucune analyse des matériaux concrets utilisés dans les lanceurs, satellites, stations orbitales ou modules lunaires.
Pour parvenir à un aérospatial « sobre et soutenable », il faudrait non seulement que toutes les chaînes logistiques qui composent l’aérospatial soient « sobres et soutenables », c’est-à-dire que les extractions de matières premières, leurs traitements, ou leurs retraitements, leurs recyclages, leurs transports, etc., n’aient aucun impact négatif (insoutenable) sur les milieux naturels, mais il faudrait en outre qu’il en aille de même de toutes les industries dont dépend l’aérospatial.
Autant dire qu’il faudrait un miracle. Un miracle thermodynamique. Il faudrait que la métallurgie cesse d’être métallurgique. Que l’électronique cesse d’être électronique. Que les fusées décollent par télékinésie, que les satellites soient tissés en chanvre local, que les circuits imprimés se compostent.
De surcroît, et ça aussi, Régnauld et Saint-Martin n’en disent rien, l’aérospatial n’a aucune chance d’être un jour compatible avec des sociétés véritablement démocratiques.
Au fondement de la technocritique, il y a cette réalisation « que certains appareils et certains systèmes [techniques] sont invariablement liés à des organisations spécifiques du pouvoir et de l’autorité », selon les termes du philosophe Langdon Winner (La Baleine et le Réacteur : À la recherche de limites au temps de la haute technologie, éditions Libre, 2022). Autrement dit, que certaines technologies sont compatibles avec des formes sociales démocratiques, tandis que d’autres exigent nécessairement une organisation sociale autoritaire et hiérarchique, pour reprendre la distinction proposée par Lewis Mumford entre technologiques autoritaires et technologies démocratiques (cf. Lewis Mumford, Technique autoritaire et technique démocratique, La Lenteur, 2021).
La distinction entre ces deux catégories de technologies n’est pas parfaite. Il existe une sorte de zone grise où figurent diverses technologies pour lesquelles seule l’expérimentation pourrait permettre de déterminer si elles exigent ou non une forme d’autoritarisme, d’inégalité de pouvoir.
L’aérospatial, cependant, n’appartient pas à cette zone grise.
L’aérospatial, comme toute forme d’industrie, mais plus encore que bien d’autres secteurs industriels, repose nécessairement sur une immense division spécialisée du travail et les hiérarchies afférentes, sur un vaste système social de gestion, de planification, de discipline et de contrôle. Il implique des chaînes de commandement rigides, des protocoles de sécurité drastiques, des processus de fabrication ultraspécialisés, des infrastructures centralisées, des budgets massifs, des armées d’ingénieurs, de techniciens, d’administrateurs, de sous-traitants.
Il ne peut fonctionner sans hiérarchie, sans discipline. Sans dépossession (délégation obligatoire, soit confiscation, du pouvoir). Il est, par essence, ce que Mumford appelait une mégamachine : une société convertie en organe technique. Ce n’est pas un hasard si les débuts de l’aérospatial moderne ont été portés par les régimes les plus centralisés de l’époque : les États-Unis de l’après-guerre et l’URSS stalinienne. L’exploration spatiale n’est pas née dans des sociétés égalitaires ou rurales, mais dans les États technocratiques les plus puissants de l’histoire. Pourquoi ? Parce que seule une organisation étatique hypertrophiée, capable de mobiliser des dizaines de milliers de travailleurs dans des projets de plusieurs décennies, peut faire voler une fusée.
Alors quand Régnauld et Saint-Martin invoquent des « fusées home-made », des « fusées-sondes fabriquées dans les garages et des ateliers de fortune », l’état d’esprit « hacker, bricoleur et expérimental qui caractérise les communautés “Small Sats” » ou des « procédés maitrisés de bout en bout », ils se moquent du monde.
Pour fabriquer ces engins (qui ne seront jamais que des joujous, des produits anecdotiques, qui ne deviendront jamais la norme), les « ingénieurs “alternatifs” » célébrés par Régnauld et Martin ont besoin d’une multitude d’outils, d’appareils, d’objets et de matériaux qu’ils n’ont pas produit eux-mêmes. Ils bricolent, admettons, mais sans doute avec des composants en provenance de Taiwan, de la Silicon Valley ou de Shenzhen. Avec des microcontrôleurs ARM, des capteurs Bosch, des batteries lithium-ion, des circuits imprimés usinés en série dans des salles blanches à atmosphère contrôlée. Le tournevis et la station de soudage viennent de Chine. Le pied à coulisse de Suisse ou du Japon. L’étain de soudure d’Indonésie. Le lithium d’Australie. Les vis, les douilles, les forets sont sortis de presses automatisées tournant jour et nuit en Europe de l’Est ou dans les banlieues industrielles d’Asie. Le plastique du manche du marteau est issu du raffinage pétrochimique. Le simple fait de mesurer, de visser, de découper ou de fixer suppose un outillage d’une extrême technicité, et toute cette technicité repose elle-même sur une infinité d’autres chaînes logistiques et énergétiques.
Autrement dit, même avec le « spatial artisanal » célébré par Régnauld et Saint-Martin, on est déjà plongé dans la mégamachine. Même dans l’atelier du petit ingénieur alternatif, la dépendance au système est totale. Leur « do-it-yourself » repose sur un gigantesque already-done-by-someone-else (déjà fait ou déjà produit par autrui), c’est-à-dire sur une infrastructure industrielle mondialisée, extractiviste, violente et opaque. Le « hacker spatial » qui insère un capteur dans son nanosatellite autonome est aussi dépendant du capitalisme techno-militaire global que l’ingénieur d’ArianeGroup ou le consultant de SpaceX. Il a simplement, dans les mains, la version réduite du même fétiche technologique.
Le spatial n’est pas réappropriable. Il est l’archétype même de la technologie autoritaire.
(Et je passe sur l’idée selon laquelle « nous » aurions « besoin » de satellites pour suivre le réchauffement climatique, autrement dit pour combattre le désastre écologique produit par la civilisation mondialisée, celle-là même qui produit des satellites. Pour mettre un terme à la catastrophe que génère le capitalisme industriel, il faut en finir avec le capitalisme industriel, et pas compter sur lui pour nous sauver. Il est franchement idiot de prétendre que nous aurions besoin des technologies produites par le capitalisme industriel pour remédier au désastre écologique que produit le capitalisme industriel. On reconnaîtra dans cette idée le vieux mythe technologiste selon lequel la technologie permet de remédier à la catastrophe qu’elle engendre. L’histoire récente prouve que l’abondance des données n’a jamais empêché les décisions absurdes, les politiques climaticides, écocidaires, ou l’inaction systémique. Cela fait cinquante ans que des scientifiques tirent la sonnette d’alarme avec des données massives à l’appui. Et cela fait cinquante ans que la catastrophe accélère. Ce n’est donc pas l’absence d’information qui empêche le changement, mais l’architecture même de la civilisation industrielle, qui est structurellement incapable de reculer, de ralentir, de renoncer.)
Nicolas Casaux
L’espèce sapiens est devenue une espèce animale INVASIVE depuis le néolithique avec l’invention de l’agriculture en villages puis en agglomérations. Et pourquoi donc si ce n’est à l’origine parce que des shamanes se sont mise en tête qu’il fallait nourrir des divinités censées soi-disant protéger leur bande ! Mais les protéger de quoi ?
Les Sapiens chasseurs cueilleurs n’avaient pas besoin d’être protégés, sinon ils n’auraient pas perduré à seulement quelques milliers pendant au moins 300.000 ans. Ils vivaient HEUREUX alors, en petites bandes sans rien détruire. Mais voilà, leur »intelligence supérieure » les ont amenés aussi à se poser des questions sur les »forces » qui animaient la nature, puis, il y a quelques 120.000 ans, ils se sont mis à redouter la mort. En fait, ils n’y comprenaient rien et aujourd’hui, c’est toujours pareil. Résultat, depuis 5.000 ans, les sapiens détraqués se font la guerre pour imposer leurs religions. Ils croient savoir, mais ils ne savent pas, telle est la maladie.
Il s’agit d’abord de comprendre que l’Univers est un automate cellulaire, fonctionnant selon le principe des vases communicants. C’est possible de le comprendre, mais il faut raisonner autrement, seulement sur ce qui est possible, sans l’idée a priori de création. Mais les gens ne veulent pas en parler, ils disent que c’est un mystère et que l’on ne peut pas savoir. Les détraqués ne pensent qu’à se rendre importants et à se distraire. Ils croient seulement ce qu’ils ont envie qu’il soit vrai, big-bang et paradis.
Avec l’individualisme et le chacun pour soi, la société du spectacle et le système de croissance-profit, rien ne peut être changé, les pouvoirs sont trop forts et tout le monde est complice. Pour les éveillés déterminés, la seule solution est de tourner le dos en s’isolant dans la Zomia ou dans le grand Nord. Ils pourront alors retrouver le mode de vie primitif naturel en petites communautés autonomes, sans divinités, sans énergie ni richesse.
Quoi !, revenir à l’âge de pierre ? Eh bien oui, il le faudra bien ! Il faut prendre du recul, oublier les rêves de décroissance et l’illusion que les progrès futurs résoudront tout. L’effondrement viendra tôt ou tard, horrible sans doute, mais de toute façon les hominiens sont mortels et les morts ne souffrent pas.
L’essentiel, c’est de vivre heureux, pas de penser à se divertir le plus longtemps possible.
Les éveillés ne repartiront pas à zéro, il y a beaucoup de choses que nous savons maintenant : chimie du vivant, état de nature, hygiène, culture potager, savoirs faire… Nous savons ce dont les humains ont besoin pour vivre réellement heureux. La priorité c’est l’enfance . C’est un défi à relever, il n’y a pas de temps à perdre avec des querelles de poulailler. lermitedelamer@gmail.com
Le spatial a un rôle symbolique essentiel, à savoir l’évasion de la contrainte gravitationnelle et la promesse de l’expansion infinie ; les limites de la croissance sur Terre sont repoussées en dehors d’elle. Mais il viendra bien un jour où l’on n’aura plus de perchlorate d’ammonium…
Je dirai même plus, c’est LE symbole même de toutes les promesses du cartésianisme, il représente tout simplement le… paradis. Sauf que s’il était habitable et porteur d’une croissance infinie, ça se saurait en rencontrant d’innombrable autres formes de vie à chaque mètre cube depuis belle lurette.
Pour paraphraser L.Moncond’huy, le spatial ne doit plus faire partie des rêves d’enfants: il est objet de «conquête» depuis le début et donc de guerre. Il est temps de nettoyer les paillasses ici-bas.
Le spatial a pour mère originelle la V2, Vergeltungswaffe 2, arme de represailles 2 et il n’est jamais sorti de cette idée de vengeance meurtrière.