Une compi­la­tion de quelques billets publiés sur les réseaux sociaux, au cours des derniers mois, à propos d’Ex­tinc­tion Rebel­lion, de Greta Thun­berg et du « mouve­ment pour le climat » qui est en réalité, dans son immense majo­rité, un mouve­ment pour le déve­lop­pe­ment durable.


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Certaines personnes qui ne connaissent pas bien notre pers­pec­tive poli­tique nous demandent parfois ce que nous propo­sons, ce que nous voulons, parce que critiquer « tout le monde » (Greta Thun­berg, Auré­lien Barrau, Cyril Dion, Extinc­tion Rebel­lion, etc.), ça commence à bien faire. Pour faire court, j’au­rais pu reprendre la formule de mon ami Thierry Sallan­tin : « je fais partie des luddites, c’est-à-dire que […] je suis contre l’in­dus­tria­lisme, pour l’ar­ti­sa­na­lisme, ma posi­tion poli­tique, c’est que je veux tout casser ». Malheu­reu­se­ment, en tant qu’ex­pli­ca­tion, ça risque­rait de ne pas suffire, et/ou d’être mal perçu ou mal compris.

Déve­lop­pons un peu. L’éco­lo­gie est un mot et un courant fourre-tout derrière lequel on retrouve des choses contra­dic­toires. L’éco­lo­gisme média­tique, celui qui est auto­risé et même bien­venu dans les médias de masse, se résume le plus souvent à un plai­doyer en faveur d’une société techno-indus­trielle (un peu plus) verte, (un peu plus) durable, (un peu plus) renou­ve­lable, (un peu plus) circu­laire, « neutre en carbone », etc., et (un peu plus) démo­cra­tique. En bref, il s’agit d’un courant de pensée qui affirme qu’il est possible que nous gardions l’es­sen­tiel de la civi­li­sa­tion techno-indus­trielle actuelle, et que nous la rendions durable (dans le sens où elle n’épui­se­rait plus les ressources, n’ex­ter­mi­ne­rait plus les espèces vivantes, etc.), et (un peu plus) démo­cra­tique. Au moyen de divers ajus­te­ments tech­niques ou tech­no­lo­giques. Il s’agit grosso modo de ce que soutiennent (mais de diffé­rentes manières) Cyril Dion, Auré­lien Barrau, Maxime de Rosto­lan (et son An Zéro, festi­val spécial green­wa­shing), le WWF, Green­peace, 350(.org), Extinc­tion Rebel­lion, Alter­na­tiba, ATTAC, les écoso­cia­listes, le mouve­ment « pour le climat », et beau­coup d’autres.

Et, oui, Extinc­tion Rebel­lion aussi. La liste de leurs objec­tifs offi­ciels le suggère assez clai­re­ment. Et le petit livre que les prin­ci­paux insti­ga­teurs du mouve­ment ont récem­ment publié en anglais, inti­tulé This Is Not a Drill (« Ceci n’est pas un exer­cice »), l’ex­pose encore plus distinc­te­ment. Notam­ment au travers des contri­bu­tions de Farhana Yamin, Kate Raworth, Clive Lewis et Paul Chat­ter­ton.

Farhana Yamin est une avocate spécia­liste du droit envi­ron­ne­men­tal, membre du mondia­le­ment célèbre think tank britan­nique Chatham House (« l’un des think tanks les plus influents du monde », selon L’Ex­press), membre du Conseil sur le programme mondial concer­nant le chan­ge­ment clima­tique du Forum écono­mique mondial (WEF), et égale­ment membre clé et coor­di­na­trice du mouve­ment Extinc­tion Rebel­lion au Royaume-Uni (où le mouve­ment est né).

À droite, Farhana Yamin, au centre, Al Gore, et à gauche, Jenni­fer Morgan, de Green­peace.

En paral­lèle, dans le contexte de l’UNFCC (la Conven­tion-cadre des Nations unies sur les chan­ge­ments clima­tiques), Farhana Yamin four­nit des conseils juri­diques, stra­té­giques et poli­tiques à des ONG, des fonda­tions et des pays en déve­lop­pe­ment.

Elle a égale­ment fondé une ONG, « Track 0 », qui promeut le passage à une écono­mie « à faible émis­sion de carbone », et même à une écono­mie « neutre en carbone », notam­ment au travers d’une tran­si­tion au cours de laquelle les combus­tibles fossiles seraient aban­don­nés et notre éner­gie devien­drait 100% issue des indus­tries des soi-disant « renou­ve­lables ». D’après son ONG, « inves­tir dans les infra­struc­tures des éner­gies renou­ve­lables est la clé pour relan­cer la crois­sance ».

Kate Raworth est une écono­miste anglaise, auteure du livre La théo­rie du donut. Elle propose, accro­chez-vous bien, un « nouveau modèle écono­mique » (qui corres­pond grosso modo à ce qu’on appelle l’éco­no­mie circu­laire), stable, et affirme par exemple que : « Ce siècle, nous pouvons conce­voir nos tech­no­lo­gies et insti­tu­tions pour distri­buer les richesses, le savoir et l’au­to­no­mie à beau­coup. Au lieu des éner­gies fossiles et de la fabri­ca­tion à grande échelle, nous avons des réseaux d’éner­gie renou­ve­lable, des plate­formes numé­riques et des impri­mantes 3D. 200 ans de contrôle de la propriété intel­lec­tuelle par les entre­prises sont boule­ver­sés par l’ap­proche ascen­dante, open-source, en pair-à-pair des biens communs. » Elle s’ex­ta­sie devant « l’ex­tra­or­di­naire trans­for­ma­tion à l’œuvre dans les tech­no­lo­gies : la block­chain, l’au­to­ma­ti­sa­tion, l’im­pri­mante 3D, les fablabs, le retour des communs, les entre­prises sociales et collec­ti­ves… ». Une Isabelle Delan­noy britan­nique, en somme (voir : https://www.partage-le.com/2018/10/de-paul-hawken-a-isabelle-delan­noy-les-nouveaux-promo­teurs-de-la-destruc­tion-durable-par-nico­las-casaux/).

Clive Lewis est un jour­na­liste et membre du parle­ment britan­nique qui parti­cipe à promou­voir le fameux Green New Deal (déve­lop­pe­ment massif d’in­fra­struc­tures indus­trielles basées sur des sources d’éner­gie dites « vertes », « renou­ve­lables », déve­lop­pe­ment des indus­tries de capture et stockage du carbone, etc.). Et Paul Chat­ter­ton est un géographe et spécia­liste du « déve­lop­pe­ment urbain soute­nable », qui promeut le concept de « villes bio », « soute­nables », etc.

Cela dit, si le noyau central d’Ex­tinc­tion Rebel­lion s’ins­crit dans la veine de ce courant soi-disant écolo­giste qui promeut l’idée d’une civi­li­sa­tion techno-indus­trielle verte, bio, carbo­neutre et démo­cra­tique, certains groupes locaux ne partagent pas cette pers­pec­tive illu­soire et indé­si­rable. (Pers­pec­tive très utile, en revanche, pour rassu­rer les foules : pas de panique, une civi­li­sa­tion indus­trielle bio et démo­cra­tique existe, elle finira donc par s’im­po­ser d’elle-même, ou grâce aux acti­vistes qui réus­si­ront à forcer la main de nos diri­geants).

Ce qui m’amène à nous. Nous les primi­ti­vistes, anar­cho­pri­mi­ti­vistes, luddites, anti-indus­triels, décrois­sants (radi­caux) et autres éco-anar­chistes. Malgré des diver­gences sur quelques points rela­ti­ve­ment impor­tants, nous avons en commun de comprendre qu’une civi­li­sa­tion techno-indus­trielle bio et démo­cra­tique, ça n’existe pas. Que ça ne peut pas exis­ter. Et que même si la civi­li­sa­tion techno-indus­trielle pouvait deve­nir bio (ce qui est impos­sible), elle demeu­re­rait néces­sai­re­ment anti­dé­mo­cra­tique (la complexité tech­no­lo­gique repo­sant sur et requé­rant des struc­tures sociales anti­dé­mo­cra­tiques, contrai­re­ment à ce que suggère le bara­tin des nouveaux apôtres du mythe des hautes tech­no­lo­gies libé­ra­trices/éman­ci­pa­trices, qui glori­fient les impri­mantes 3D, la block­chain, les fablabs, etc.). Et impo­se­rait toujours une forme de vie détes­table.

Nous n’en­cou­ra­geons pas et ne nous réjouis­sons donc pas du déve­lop­pe­ment des indus­tries des éoliennes, des panneaux solaires, et des autres sources d’éner­gie soi-disant « vertes » ou « renou­ve­lables » (hydro­élec­trique, biomasse, etc.), non seule­ment parce que ces indus­tries ne sont jamais « vertes », ni « neutres en carbone » (elles impliquent toujours des destruc­tions envi­ron­ne­men­tales et reposent toujours sur diffé­rentes formes d’ex­ploi­ta­tion sociale, d’es­cla­vage moderne), mais aussi parce que l’en­semble du système tech­no­lo­gique qu’elles alimentent est égale­ment nuisible, à tous les niveaux et pour des tas de raisons. Nous compre­nons que même si l’on pouvait (on ne peut pas) rempla­cer toute la produc­tion éner­gé­tique issue des combus­tibles fossiles par de telles éner­gies faus­se­ment « vertes », la situa­tion socioé­co­lo­gique serait toujours désas­treuse.

Nous compre­nons que de véri­tables démo­cra­ties ne peuvent exis­ter qu’à petite échelle — au-delà, il y a bien diffé­rentes possi­bi­li­tés de fédé­ra­tions, mais qui me semblent person­nel­le­ment douteuses —, qu’elles requièrent des socié­tés à taille humaine. Et qu’ainsi, « en réalité, il n’y a proba­ble­ment pas de solu­tion au sein de la société indus­trielle telle qu’elle nous est donnée » (Bernard Char­bon­neau), ou plutôt impo­sée.

Au bout du compte, nous voudrions que la mono­cul­ture domi­nante, la civi­li­sa­tion techno-indus­trielle plané­taire, soit inté­gra­le­ment déman­te­lée et rempla­cée par une multi­tude de socié­tés vivrières, à taille humaine, soute­nables (et donc unique­ment basées sur des tech­no­lo­gies douces, ou basses tech­no­lo­gies), respec­tueu­se­ment inté­grées à leurs envi­ron­ne­ments spéci­fiques. « La protec­tion de la nature, de la variété et de la liberté humaines ne sera assu­rée que si l’on disso­cie l’éco­no­mie natio­nale ou multi­na­tio­nale en petites unités autar­ciques et auto­gé­rées » (Bernard Char­bon­neau). Voilà pour l’idéal. En atten­dant, la désas­treuse situa­tion socioé­co­lo­gique actuelle nous contraint à des objec­tifs plus modestes, « non pas établir le para­dis sur terre, mais y éviter l’en­fer » (encore selon une formule de Bernard Char­bon­neau).

Et nous compre­nons égale­ment qu’il est absurde et inutile d’at­tendre des diri­geants de la civi­li­sa­tion indus­trielle qu’ils orga­nisent eux-mêmes le déman­tè­le­ment complet de la société qu’ils imposent avec tant de violence et d’achar­ne­ment, et dont ils sont les prin­ci­paux béné­fi­ciaires.

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À gauche, le bateau sur lequel Greta Thun­berg a traversé l’At­lan­tique, à droite, Juncker en train de lui donner le baise-main.

THE CHAUD MUST GO ON

La jeune Greta Thun­berg, nouvelle égérie de la lutte contre le réchauf­fe­ment clima­tique, va donc traver­ser l’At­lan­tique en bateau pour se rendre au sommet sur le climat orga­nisé par l’ONU, le 23 septembre, à New York. Elle effec­tuera sa traver­sée à bord du Mali­zia II, un voilier qui appar­tient à l’équipe du même nom fondée par le vice-président du Yacht-Club de Monaco, Pierre Casi­ra­ghi, un membre de la famille prin­cière de Monaco. Mais un voilier écolo et « zéro carbone », natu­rel­le­ment, puisqu’il est « équipé de panneaux solaires et de turbines sous-marines permet­tant de produire de l’élec­tri­cité sur le bateau », et qu’on ne prend en compte dans son « bilan carbone » rien de ce que sa construc­tion a impliqué (ou bien qu’on l’ignore parce que les entre­prises qui l’ont finan­cée ont payé pour « compen­ser », et qu’elles sont donc pardon­nées, blan­chies, verdies, inno­cen­tées).

Dans un article de Libé­ra­tion, on peut lire :

« De nombreuses critiques de Greta Thun­berg profitent aussi de cette nouvelle pour poin­ter les spon­sors, tout sauf écolos, de Mali­zia. L’heb­do­ma­daire Valeurs Actuelles titre ainsi : “Le voilier de Greta Thun­berg est spon­so­risé par le Yacht-Club de Monaco, BMW et une banque suisse.” L’heb­do­ma­daire relève que Pierre Casi­ra­ghi, le vice-président du Yacht-Club de Monaco, est un membre de la famille prin­cière du Rocher, et que l’équipe Mali­zia est spon­so­ri­sée par BMW. A quoi Greta Thun­berg répond : “L’équipe Mali­zia a bien sûr des spon­sors. Mais pour ce voyage avec moi à New York, il n’y a aucun spon­sor commer­cial. Tous leurs logos ont été enle­vés. Il n’est pas ques­tion d’argent ou de paie­ments futurs. Ils m’ont proposé un voyage gratuit car ils soutiennent ma cause”. »

Tous les logos ? Appa­rem­ment pas. Le voilier arbo­rera fière­ment celui des « Global Goals » (ou Objec­tifs de déve­lop­pe­ment durable) de l’ONU (le cercle multi­co­lore).

Les objec­tifs de déve­lop­pe­ment durable de l’ONU, c’est une expres­sion qui désigne la campagne de propa­gande de l’ONU en faveur d’une société techno-indus­trielle capi­ta­liste (soi-disant) plus verte (« durable ») et plus équi­table. C’est aussi un plan de finan­ce­ment massif d’in­fra­struc­tures et de tech­no­lo­gies dites « vertes » ou « durables ». Le prolon­ge­ment du désastre socio-écolo­gique actuel.

La média­ti­sa­tion de Greta sert à cela. Lors du One Planet Summit du 26 septembre 2018, à New York :

« La Commis­sion euro­péenne a proposé de consa­crer 25% du prochain budget de l’Union euro­péenne (2021–2027), soit 320 milliards d’eu­ros, aux objec­tifs clima­tiques et prévoit un soutien finan­cier dédié aux inves­tis­se­ments durables dans les infra­struc­tures grâce au programme “InvestEU” de 150 milliards d’eu­ros. »

(La Commis­sion euro­péenne a aussi « annoncé des programmes pilotes visant à relan­cer l’in­dus­trie à long terme dans les régions minières, avec un soutien sur mesure prove­nant notam­ment des 68,8 milliards d’eu­ros de fonds struc­tu­rels ».)

Pour­tant, au début de l’an­née, de nombreux médias grand public ont affirmé que c’était grâce au discours de Greta Thun­berg du 21 février 2019 à Bruxelles que l’Union Euro­péenne allait consa­crer un quart de son budget aux objec­tifs clima­tiques. Mani­fes­te­ment, cela avait été décidé bien avant. En outre, il ne s’agit pas d’une bonne nouvelle mais d’une mauvaise (plus d’argent pour le déve­lop­pe­ment de plus de nouvelles indus­tries, toutes plus nuisibles les unes que les autres en dépit des préten­tions durables, vertes, bio, carbo­neutres, etc.). Greta Thun­berg, en tant que campagne média­tique, sert à la fois de diver­tis­se­ment (quelle saga ! Plus palpi­tant que Game of Thrones : un jour elle est à l’As­sem­blée, un jour Michel Onfray l’in­sulte igno­ble­ment et n’im­porte comment, un jour c’est l’autre cinglé de Laurent Alexandre qui s’en charge, un jour elle rencontre le Pape…) et de raison d’es­pé­rer. Un soulè­ve­ment de la jeunesse pour un monde meilleur plus bio et plus vert est en cours ! Une adoles­cente va « sauver la planète » ! En réalité, tout ce qui se passe, c’est que les capi­ta­listes ont décidé de consa­crer plein de thunes au déve­lop­pe­ment de nouvelles indus­tries pour préser­ver la seule chose qu’ils cherchent à sauver, qui n’est pas la planète, mais la société indus­trielle, le capi­ta­lisme. Al Gore, ce cher écolo, dont Greta Thun­berg est, selon ses propres dires, une grande fan, l’af­firme clai­re­ment :

« Ces temps-ci sont cruciaux pour les inves­tis­seurs. C’est au cours des dix prochaines années que nous devons accé­lé­rer urgem­ment la tran­si­tion vers une écono­mie à faible émis­sion de carbone. Nous pensons que le capi­ta­lisme court le risque de s’écrou­ler. En consé­quence, le commerce, qui a été assez timide par le passé en ce qui concerne la méca­nique de l’in­ves­tis­se­ment dans la soute­na­bi­lité, s’ap­prête à augmen­ter sa visi­bi­lité. Nous devons y aller à fond. Nous allons deve­nir plus agres­sif parce que nous n’avons pas le choix. »

La pauvre Greta, embarquée dans le mael­strom de la média­ti­sa­tion et des mensonges durables, semble fière du fait que des busi­ness­man ultra­riches comme Pierre Casi­ra­ghi « soutiennent sa cause ». En réalité, c’est elle qui, bon gré mal gré, est amenée à soute­nir la leur.

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N’AYEZ PAS D’OPINION, ET ACCEPTEZ LE NUCLÉAIRE MÊME SI VOUS ÊTES CONTRE

Le conseil du jour, par Greta Thun­berg :

« Il faut que nous nous conten­tions de trans­mettre ce message, sans formu­ler de demandes, sans formu­ler aucune demande. Nous n’avons pas l’édu­ca­tion qu’il faut pour nous permettre de formu­ler des demandes, il faut lais­ser cela aux scien­ti­fiques. Nous devrions simple­ment nous concen­trer sur le fait de parler au nom des scien­ti­fiques, dire aux gens qu’il faut les écou­ter eux. Et c’est ce que j’es­saie de faire. Ne pas avoir d’opi­nions vous-mêmes, mais toujours vous réfé­rer à la science. »

Ce qui donne :

« Person­nel­le­ment je suis contre le nucléaire, mais selon le GIEC, il peut consti­tuer une petite partie d’une grande solu­tion éner­gé­tique décar­bo­née, parti­cu­liè­re­ment dans les pays et les régions qui ne disposent pas de possi­bi­li­tés pour déve­lop­per massi­ve­ment les éner­gies renou­ve­lables […]. »

Vous avez pigé tas d’ignares ? Vous ne pouvez pas comprendre. Vous pensez peut-être que le nucléaire est un désastre ultime à déman­te­ler au plus vite, au même titre que la civi­li­sa­tion indus­trielle dans son ensemble, mais en réalité vous n’avez pas l’édu­ca­tion qu’il faut pour vous former une opinion sur le sujet. Vous ne savez pas. Vous ne pouvez pas savoir. Les experts, eux, savent. Ils savent que la voiture élec­trique, les panneaux solaires, les éoliennes, le nucléaire (ou peut-être, l’éco­nu­cléaire, ou le bionu­cléaire), l’éco­no­mie circu­laire, l’agri­cul­ture bio, la géo-ingé­nie­rie, etc., vont nous sauver, endi­guer le réchauf­fe­ment clima­tique et rendre soute­nable (et même juste et égali­taire !) la civi­li­sa­tion. Alors n’ayez crainte. Ayez foi en la science. Au progrès. Bande d’idiots pessi­mistes, un avenir radieux se profile !

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Tweet de Greta Thun­berg

GRETA THUNBERG ET LES OBJECTIFS DE DÉVELOPPEMENT DURABLE

Traduc­tion du tweet de Greta Thun­berg : « Pour nous accueillir [à New York], l’ONU a envoyé un bateau pour chacun des 17 objec­tifs de déve­lop­pe­ment durable ! Merci ! »

Je sais, encore ! encore un post sur Greta Thun­berg ! Oui, c’est pénible, mais en même temps, les médias de masse conti­nuent inlas­sa­ble­ment de nous bombar­der d’in­for­ma­tions la concer­nant. Entre les Sarkozy qui se moquent bête­ment d’elle et les innom­brables tribunes qui la sanc­ti­fient, d’Al Jazeera au New York Times, nous n’avons droit, comme d’ha­bi­tude, qu’à une pathé­tique masca­rade.

Que sont ces 17 objec­tifs de déve­lop­pe­ment durable dont Greta parle dans son tweet ? Il s’agit d’une liste de 17 objec­tifs établis par l’ONU et qui sont rassem­blés dans l’Agenda 2030. Sur le site de l’ONU, on peut lire :

« Les objec­tifs de déve­lop­pe­ment durable nous donnent la marche à suivre pour parve­nir à un avenir meilleur et plus durable pour tous. Ils répondent aux défis mondiaux auxquels nous sommes confron­tés, notam­ment ceux liés à la pauvreté, aux inéga­li­tés, au climat, à la dégra­da­tion de l’en­vi­ron­ne­ment, à la pros­pé­rité, à la paix et à la justice. Les objec­tifs sont inter­con­nec­tés et, pour ne lais­ser personne de côté, il est impor­tant d’at­teindre chacun d’entre eux, et chacune de leurs cibles, d’ici à 2030. »

L’objec­tif numéro 7, par exemple, inti­tulé « Éner­gie propre, et d’un coût abor­dable », met l’ac­cent sur « l’aug­men­ta­tion de l’ef­fi­ca­cité éner­gé­tique et l’uti­li­sa­tion accrue des éner­gies renou­ve­lables grâce à de nouvelles oppor­tu­ni­tés écono­miques et profes­sion­nelles », sur « l’ac­cès à des tech­no­lo­gies et à des carbu­rants propres », sur l’im­por­tance « d’ac­croître les inves­tis­se­ments publics et privés dans l’éner­gie ». Il s’agit, « d’ici à 2030 », de « renfor­cer la coopé­ra­tion inter­na­tio­nale en vue de faci­li­ter l’ac­cès à la recherche et aux tech­no­lo­gies rela­tives à l’éner­gie propre, notam­ment l’éner­gie renou­ve­lable, l’ef­fi­ca­cité éner­gé­tique et les nouvelles tech­no­lo­gies rela­tives aux combus­tibles fossiles propres », et de « promou­voir l’in­ves­tis­se­ment dans l’in­fra­struc­ture éner­gé­tique et les tech­no­lo­gies rela­tives à l’éner­gie propre ».

L’objec­tif 8, « Travail décent et crois­sance écono­mique », consiste à : « Promou­voir une crois­sance écono­mique soute­nue, parta­gée et durable, le plein emploi produc­tif et un travail décent pour tous ». Il s’agit entre autres de : « Parve­nir à un niveau élevé de produc­ti­vité écono­mique par la diver­si­fi­ca­tion, la moder­ni­sa­tion tech­no­lo­gique et l’in­no­va­tion, notam­ment en mettant l’ac­cent sur les secteurs à forte valeur ajou­tée et à forte inten­sité de main-d’œuvre ».

L’objec­tif 9, « Indus­trie, inno­va­tion et infra­struc­tures », consiste à : « Bâtir une infra­struc­ture rési­liente, promou­voir une indus­tria­li­sa­tion durable qui profite à tous et encou­ra­ger l’in­no­va­tion ». Selon l’ONU : « Le progrès tech­no­lo­gique est à la base des efforts entre­pris pour atteindre les objec­tifs envi­ron­ne­men­taux, tels que l’uti­li­sa­tion opti­male des ressources et de l’éner­gie. Sans la tech­no­lo­gie et l’in­no­va­tion, il n’y aura pas d’in­dus­tria­li­sa­tion, et sans indus­tria­li­sa­tion, il n’y aura pas de déve­lop­pe­ment. Il faut inves­tir davan­tage dans les produits de haute tech­no­lo­gie qui dominent les produc­tions manu­fac­tu­rières afin d’ac­croître l’ef­fi­ca­cité et de se concen­trer sur les services de télé­pho­nie cellu­laire mobile qui augmentent les connexions entre les personnes. »

Bref, comme certains l’au­ront compris, il s’agit simple­ment d’un bara­tin visant à promou­voir la conti­nua­tion de la société indus­trielle capi­ta­liste, sous couvert de « dura­bi­lité », d’éga­lité, de santé, de paix dans le monde et de bonheur univer­sel (c’est-à-dire sous couvert des mêmes mensonges et imbé­cil­li­tés ayant servi à promou­voir l’in­dus­tria­lisme et l’idéo­lo­gie du « déve­lop­pe­ment », qui nous ont menés dans cette désas­treuse situa­tion où nous nous enli­sons chaque jour un peu plus).

Et c’est pour de tels objec­tifs, pour de tels vains espoirs, pour de telles inep­ties, que les fans de Greta Thun­berg et beau­coup d’éco­los pas bien inspi­rés, dont une partie du « mouve­ment pour le climat », mani­festent ardem­ment.

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EXTINCTION REBELLION EST DE MÈCHE AVEC LE GOUVERNEMENT

Lors d’une inter­view en direct sur la chaîne d’in­for­ma­tion britan­nique Sky News, Gail Brad­brook, une des prin­ci­pales fonda­trices d’Ex­tinc­tion Rebel­lion (qui travaillait aupa­ra­vant pour un orga­nisme qui, entre autres choses, faisait la promo­tion du déploie­ment du réseau 5G) a récem­ment expliqué que :

« […] Les poli­ti­ciens, en coulisse, y compris le gouver­ne­ment actuel, nous disent qu’ils ont besoin d’un mouve­ment social comme le nôtre pour obte­nir la permis­sion sociale de faire le néces­saire. Ils n’ont pas, jusqu’ici, dit la vérité. Nous disons la vérité. Nous avons besoin que les gens se concentrent sur cette urgence, et nous avons besoin d’une action massive. »

Le présen­ta­teur de Sky News lui a alors demandé : « Que les choses soient claires, vous dites que les poli­ti­ciens du gouver­ne­ment vous disent : nous avons besoin que vous veniez à Londres [pour effec­tuer diverses actions symbo­liques] ? Il y a des ministres du gouver­ne­ment qui vous disent que c’est ce qu’ils veulent ? »

Ce à quoi Gail Brad­brook a répondu : « Je vais vous parler d’une anec­dote que j’ai enten­due aujourd’­hui qui l’illustre : j’ai rencon­tré deux personnes, aujourd’­hui, qui ont discuté avec des conseillers de Theresa May, qui leur ont dit qu’ils savent à quel point la situa­tion est mauvaise, et qu’ils ont besoin que nous aidions. Donc, en gros, nous faisons le boulot […]. »

Extinc­tion Rebel­lion a initia­le­ment été conçu comme un moyen d’ai­der à préci­pi­ter l’avè­ne­ment d’un Green New Deal, d’une nouvelle phase de déve­lop­pe­ment (mais « durable », évidem­ment) de la société indus­trielle capi­ta­liste. À la marge, Extinc­tion Rebel­lion est parfois un peu plus, lorsque des mili­tants de diverses branches locales élar­gissent ou altèrent la contes­ta­tion qu’elles portent.

Mais dans l’en­semble, c’est une nouvelle opéra­tion de green­wa­shing — qui ne se pense pas néces­sai­re­ment ainsi elle-même, Farhana Yamin, Gail Brad­brook, etc., sont peut-être persua­dées que des inves­tis­se­ments massifs dans de nouvelles indus­tries « vertes » ou « renou­ve­lables » vont résoudre une grande partie des problèmes écolo­giques actuels.

Une « rébel­lion » pour appuyer les nouveaux plans de déve­lop­pe­ment (« durable », évidem­ment) d’une partie des gouver­nants. Sacrée novlangue.

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EXTINCTION REBELLION EST FINANCÉ PAR LES CAPITALISTES

Un groupe de richis­simes philan­thro­ca­pi­ta­listes états-uniens a fait don de près d’un demi-million d’eu­ros à l’or­ga­ni­sa­tion britan­nique Extinc­tion Rebel­lion et à d’autres groupes d’étu­diants en grève pour le climat, et promet que des dizaines de millions d’eu­ros de dons vont suivre dans les prochains temps.

En effet « l’homme d’af­faire, inves­tis­seur, entre­pre­neur et philan­thrope » Trevor Neil­son s‘est asso­cié à Rory Kennedy (la fille de Robert Kennedy) et à Aileen Getty (de la richis­sime famille Getty, dont la fortune est issue de l’in­dus­trie pétro­lière), pour lancer le Climate Emer­gency Fund (Fonds pour l’ur­gence clima­tique). Ce fonds vise « à soute­nir le rempla­ce­ment des infra­struc­tures liées aux combus­tibles fossiles par des infra­struc­tures liées à des sources d’éner­gie non-fossile, et le déve­lop­pe­ment des solu­tions de capture et stockage du carbone », ainsi que le formule le quoti­dien britan­nique The Inde­pendent.

Neil­son, qui a travaillé avec des person­na­li­tés comme Bill Gates et Richard Bran­son, explique que ce fonds a été inspiré par l’ado­les­cente suédoise Greta Thun­berg et par les mani­fes­ta­tions d’Ex­tinc­tion Rebel­lion en avril au Royaume-Uni.

Neil­son a expliqué que les trois fonda­teurs de ce fonds allaient utili­ser leurs contacts parmi les ultra-riches pour obte­nir « cent fois » plus dans les semaines et mois qui viennent. « Cela pour­rait être notre meilleure chance d’en­di­guer l’ur­gence clima­tique sans précé­dent à laquelle nous faisons face », a-t-il confié au quoti­dien britan­nique The Guar­dian.

Il a égale­ment ajouté que ce fonds servi­rait à soute­nir des actions non-violentes légales : « Il four­nira des ressources aux acti­vistes popu­laires qui cherchent à disrup­ter [sic] le statu quo de manière non-violente afin de deman­der aux gouver­ne­ments de décla­rer un état d’ur­gence clima­tique et de mettre en place les poli­tiques adéquates pour gérer cette crise. »

Un porte-parole d’Ex­tinc­tion Rebel­lion s’est féli­cité de ce geste en expliquant : « c’est un signe du fait que nous arri­vons à un point de bascu­le­ment. Par le passé, la philan­thro­pie se concen­trait sur l’in­té­rêt person­nel, mais désor­mais les gens réalisent que nous sommes tous dans le même bateau et utilisent leur argent pour notre bien-être collec­tif. »

Passons sur la naïveté signi­fi­ca­tive de la décla­ra­tion du porte-parole d’Ex­tinc­tion Rebel­lion, qui nage mani­fes­te­ment dans une illu­sion complè­te­ment absurde, mais sans doute très rassu­rante. Ce que tout cela nous montre, c’est simple­ment que les ultra-riches, les domi­nants, conti­nuent de faire en sorte de contrô­ler et d’en­cou­ra­ger une pseudo-contes­ta­tion dans le cadre de la société qu’ils dirigent. Rien de nouveau sous les panneaux solaires photo­vol­taïques. Les « poli­tiques adéquates » qu’ils veulent que les gouver­ne­ments mettent en place ne chan­ge­ront grosso modo rien du tout à la société indus­trielle capi­ta­liste dans laquelle nous vivons, n’ont à peu près aucune chance d’en­di­guer le désastre en cours, mais rappor­te­rons sans doute beau­coup d’argent à certains inves­tis­seurs, entre­pre­neurs et hommes d’af­faire ayant des inté­rêts dans les indus­tries des tech­no­lo­gies « vertes », « propres », « renou­ve­lables », dans le busi­ness de la compen­sa­tion, dans les marchés du carbone, dans l’in­dus­trie de la mono­cul­ture d’arbres, ou autre chose du genre. Les objec­tifs offi­ciels d’Ex­tinc­tion Rebel­lion, de la branche origi­nelle du moins (la britan­nique), ne sont pas pour rien compa­tibles avec les objec­tifs de ces richis­simes philan­thropes (« neutra­lité carbone », « poli­tiques adéquates » que les gouver­ne­ments devraient prendre pour gérer la crise, décla­ra­tion d’un « état d’ur­gence clima­tique »). Rien qui menace le moins du monde la société techno-indus­trielle capi­ta­liste, ses États et ses entre­prises.

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GRETA THUNBERG ET LE VASTE RÉSEAU CAPITALISTE DE PROMOTION DES ILLUSIONS VERTES

Dans quelques jours, le 22 septembre 2019, Greta Thun­berg sera l’in­vi­tée d’hon­neur de l’édi­tion 2019 du “Social Good Summit” (« Sommet pour le bien commun »), une confé­rence qui se tient chaque année durant la semaine de l’as­sem­blée géné­rale de l’ONU, orga­ni­sée par la Fonda­tion des Nations Unies en parte­na­riat avec la Fonda­tion Bill et Melinda Gates (ces chers philan­thropes écolos) et le PNUD (Le Programme des Nations unies pour le déve­lop­pe­ment), et spon­so­ri­sée par Pfizer, Veri­zon, UBS, et bien d’autres entre­prises.

L’objec­tif de ce sommet consiste à promou­voir les Objec­tifs de déve­lop­pe­ment durable de l’ONU. Qui se résument en gros à diverses préten­tions écolo­gistes s’ins­cri­vant dans la veine des préten­tions démo­dées (et ayant prouvé leur inep­tie) du « déve­lop­pe­ment durable ». C’est-à-dire que l’objec­tif de ce sommet consiste à promou­voir le mythe d’un capi­ta­lisme vert, d’une société techno-indus­trielle écolo. Mythes qui servent à ratio­na­li­ser la conti­nua­tion de la civi­li­sa­tion techno-indus­trielle (si elle peut deve­nir verte et socia­le­ment juste, aucune raison de vouloir la déman­te­ler inté­gra­le­ment).

Parmi les autres inter­ve­nants du Sommet, on retrouve Brune Poir­son, vice-prési­dente de l’As­sem­blée des Nations unies pour l’en­vi­ron­ne­ment (ANUE) et Secré­taire d’État auprès du ministre de la Tran­si­tion écolo­gique et soli­daire, qui a récem­ment affirmé qu’il nous fallait débloquer 32 000 milliards d’eu­ros pour finan­cer la « tran­si­tion éner­gé­tique » (c’est-à-dire pour finan­cer les mensonges verts que promeuvent les capi­ta­listes, qui vont ainsi s’en mettre plein les poches en finis­sant de détruire la planète). Et Chris­tiana Figueres, secré­taire exécu­tive de la Conven­tion-cadre des Nations unies sur les chan­ge­ments clima­tiques entre 2010 et 2016, et membre de la B-Team, « une orga­ni­sa­tion à but non lucra­tif regrou­pant diri­geants d’en­tre­prise et membres de la société civile en faveur d’un modèle écono­mique plus juste et plus respec­tueux de l’en­vi­ron­ne­ment », selon Chal­lenges — en clair, une orga­ni­sa­tion dont le but est de promou­voir un capi­ta­lisme vert et sympa —, créée par Richard Bran­son, fonda­teur de Virgin, et Jochen Zeitz, l’an­cien patron de Puma. La B-Team compte égale­ment d’autres diri­geants français, comme Isabelle Kocher, direc­trice géné­rale d’En­gie, François-Henri Pinault, PDG de Kering, et Emma­nuel Faber, PDG de Danone. Elle compte égale­ment parmi ses membres Oliver Bäte, président du direc­toire d’Al­lianz, Andrew Live­ris, ex-PDG de Dow Chemi­cal ou encore Paul Polman, direc­teur géné­ral d’Uni­le­ver.

Mais reve­nons-en à Chris­tiana Figueres. En avril 2019, elle cosi­gnait une tribune avec Bill McKib­ben, le fonda­teur de l’ONG écolo 350(.org), dans laquelle ils promou­vaient de concert le mythe d’une société techno-indus­trielle capi­ta­liste verte. Elle figure égale­ment parmi les « cham­pions » de la campagne du groupe Every Breath Matter (« Chaque respi­ra­tion compte »), qui vise aussi à promou­voir diffé­rentes illu­sions vertes censées permettre l’avè­ne­ment d’une société techno-indus­trielle verte, aux côtés de Leonardo DiCa­prio et… de Greta Thun­berg. Greta Thun­berg avec laquelle Figueres a égale­ment cosi­gné une tribune, publiée en janvier 2019 sur le site du Washing­ton Post, dans laquelle elles font, comme toujours, la promo­tion des illu­sions vertes censées nous permettre de rendre « durable » ou « soute­nable » la civi­li­sa­tion techno-indus­trielle.

On n’en fini­rait pas de lister les liens qui existent entre toutes les ONG, insti­tu­tions inter­na­tio­nales, fonda­tions de richis­simes capi­ta­listes, et célé­bri­tés suppo­sé­ment écolo­gistes. Daniel Donner, l’agent « qui gère les rela­tions presse de Greta Thun­berg », travaille par exemple pour l’ECF, la Euro­pean Climate Foun­da­tion, ou Fonda­tion euro­péenne pour le climat, une orga­ni­sa­tion inter­na­tio­nale à but (soi-disant) non lucra­tif fondée en 2008, dont l’objec­tif « est de promou­voir des poli­tiques clima­tiques et éner­gé­tiques qui permet­traient [selon elle] de réduire les émis­sions de gaz à effet de serre en Europe et l’ai­de­raient à jouer un rôle inter­na­tio­nal plus impor­tant dans la lutte contre le chan­ge­ment clima­tique ». Cette Fonda­tion euro­péenne pour le climat est, entre autres, finan­cée par le Rocke­fel­ler Brothers Fund (qui finance par ailleurs de nombreuses orga­ni­sa­tions écolos, dont l’ONG 350(.org)), la Fonda­tion Ikea, Bloom­berg Philan­thro­pies, ou encore la Fonda­tion Clima­teWorks — elle-même finan­cée par l’ONU, la Fonda­tion Rocke­fel­ler, la Fonda­tion Ford, etc. La Fonda­tion euro­péenne pour le climat est prési­dée par Laurence Tubiana, qui a aupa­ra­vant travaillé pour l’ONU, qui travaille encore actuel­le­ment pour l’AFD (Agence française de déve­lop­pe­ment), et qui siège au Haut conseil pour le climat de notre cher Macron. L’AFD qui finance la fonda­tion GoodP­la­net de Yann Arthus-Bertrand et qui a financé le film docu­men­taire « Demain » de Cyril Dion et Méla­nie Laurent.

ET AINSI DE SUITE. Ce qui précède n’est qu’un minus­cule aperçu d’une vaste toile d’in­té­rêts capi­ta­listes, d’un vaste réseau inter­na­tio­nal de promo­tion des illu­sions vertes, de promo­tion du mythe d’un capi­ta­lisme vert et sympa, d’une société techno-indus­trielle durable et équi­table. Pour un aperçu un peu plus poussé, il faut lire les articles de Cory Morning­star (celui-ci, par exemple : http://www.wrong­kin­dof­green.org/2019/09/17/the-manu­fac­tu­ring-of-greta-thun­berg-for-consent-they-mean-busi­ness-volume-ii-act-iv/).

ALORS N’OUBLIEZ PAS. Si vous aussi, vous voulez promou­voir ces illu­sions, et si vous avez les bons contacts, et s’il se trouve qu’on a besoin de vous à ce moment-là pour quelque campagne de diver­tis­se­ment massive, on vous finan­cera, et on vous rendra célèbre.

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À PROPOS DES PROMOTEURS DES ILLUSIONS VERTES : DE NAOMI KLEIN À CYRIL DION

Peu après son arri­vée aux États-Unis à bord du bateau zéro carbone du prince moné­gasque Pierre Casi­ra­ghi, qui arbo­rait, pour l’oc­ca­sion, le logo des Objec­tifs de déve­lop­pe­ment durable de l’ONU, Greta Thun­berg a rencon­tré la célèbre jour­na­liste Naomi Klein — une de ses idoles, à l’ins­tar d’Al Gore.

Naomi Klein lui a proposé de parti­ci­per à une confé­rence orga­ni­sée par le média de gauche progres­siste The Inter­cept, pour lequel elle travaille. The Inter­cept est une créa­tion de l’or­ga­ni­sa­tion First Look Media, fondée par le milliar­daire Pierre Omidyar, à qui l’on doit eBay.

Naomi Klein siège égale­ment au conseil d’ad­mi­nis­tra­tion de l’ONG 350(.org). ONG fondée grâce à l’argent du Rocke­fel­ler Brothers Fund, qui conti­nue de la finan­cer. Parmi les nombreuses autres fonda­tions qui la financent, on retrouve la Fonda­tion Tides (elle-même finan­cée par de nombreuses autres fonda­tions, dont la Fonda­tion Rocke­fel­ler, une autre fonda­tion de la famille Rocke­fel­ler, la fonda­tion du milliar­daire George Soros, etc.), la Oak Foun­da­tion du busi­ness­man et milliar­daire britan­nique Alan Parker, et la Euro­pean Climate Foun­da­tion (Fonda­tion euro­péenne pour le climat), pour laquelle travaille Daniel Donner, l’agent de la famille Thun­berg. Si le Rocke­fel­ler Brothers Fund de Vale­rie Rocke­fel­ler finance une ONG comme 350(.org), et si Susan Rocke­fel­ler est parte­naire de la boite de produc­tion du mari de Naomi Klein, Avi lewis, et co-produc­trice exécu­tive du film docu­men­taire que ce dernier a réalisé à partir du livre Tout peut chan­ger, écrit par sa femme, c’est parce que la critique que formule Naomi Klein ne menace en rien les inté­rêts Rocke­fel­ler.

Susan Rocke­fel­ler qui prend la pose pour la promo­tion du livre This Changes Every­thing (Tout peut chan­ger) de Naomi Klein.

De la même manière, si ce livre de Naomi Klein est promu par José Ángel Gurría, l’ac­tuel secré­taire géné­ral de l’Or­ga­ni­sa­tion de coopé­ra­tion et de déve­lop­pe­ment écono­miques (OECD), ex-Secré­taire mexi­cain des Affaires étran­gères, et ennemi des Zapa­tistes (que Klein a fréquen­tés, à une époque), ce n’est pas pour rien.

Jose Angel Gurria qui prend la pose pour la promo­tion du livre This Changes Every­thing (Tout peut chan­ger) de Naomi Klein.

Naomi Klein est aujourd’­hui une fervente promo­trice du Green New Deal, « un vaste plan d’in­ves­tis­se­ment dans les éner­gies décar­bo­nées visant à stop­per le réchauf­fe­ment clima­tique, tout en promou­vant la justice sociale ». En réalité une vaste escroque­rie, une mysti­fi­ca­tion, une carotte accro­chée au bout d’un bâton tenu par l’aile progres­siste des inté­rêts écono­miques qui dirigent la civi­li­sa­tion techno-indus­trielle (les entre­prises, médias, ONG, orga­ni­sa­tions, insti­tu­tions et célé­bri­tés qui dépendent de ces inté­rêts écono­miques), afin de faire avan­cer les ânes. Toutes les tech­no­lo­gies dites « vertes », y compris les tech­no­lo­gies de produc­tion d’éner­gie dite « verte », « renou­ve­lable » ou « propre », impliquent des destruc­tions et des pollu­tions envi­ron­ne­men­tales. Et toute l’éner­gie, verte, décar­bo­née, propre, renou­ve­lable ou non (c’est-à-dire l’éner­gie que produisent les centrales nucléaires, les centrales à char­bon, les centrales solaires, les parcs éoliens, etc.), ne sert qu’à alimen­ter des appa­reils et autres machines dont la produc­tion, l’uti­li­sa­tion et la mise au rebut impliquent elles aussi de nombreuses dégra­da­tions envi­ron­ne­men­tales. Sans comp­ter que l’en­semble repose sur les régimes gouver­ne­men­taux anti­dé­mo­cra­tiques des États modernes, sur l’ex­ploi­ta­tion du grand nombre par le petit nombre (et de tous par tous), sur la servi­tude moderne impo­sée par le capi­ta­lisme, lui-même imposé par l’État.

Bref, Naomi Klein promeut à peu près les mêmes âneries que Cyril Dion, qui la cite souvent, qui récu­père lui aussi cette rhéto­rique du New Deal, et qui est lui aussi financé, dans ses projets, par diffé­rents orga­nismes farou­che­ment anti-déve­lop­pe­men­tistes, anti­ca­pi­ta­listes, décrois­sants et anar­chistes, comme l’AFD (Agence française de déve­lop­pe­ment, une agence néoco­lo­nia­liste qui finance l’in­dus­tria­li­sa­tion, appe­lée « déve­lop­pe­ment », du monde entier), ou France Télé­vi­sions. Cyril Dion qui travaille désor­mais avec le gouver­ne­ment Macron autour d’une « Conven­tion citoyenne pour le climat » qui, au mieux, servira à appuyer cette mysti­fi­ca­tion d’un Green New Deal. Dans la même veine, on trouve aussi tous les Isabelle Delan­noy, Maxime de Rosto­lan, Yann Arthus-Bertrand, etc.

En revanche, éton­nam­ment, les ONG, orga­ni­sa­tions et collec­tifs écolo­gistes qui s’op­posent à l’État, au capi­ta­lisme, et/ou à l’in­dus­tria­lisme, ne reçoivent aucun finan­ce­ment de la part des ultra-riches et des orga­ni­sa­tions qu’ils contrôlent, et ne sont pas les bien­ve­nus dans les médias de masse. La diffé­rence entre un pseudo-écolo­gisme subven­tionné par les riches et les insti­tu­tions domi­nantes, et un véri­table mouve­ment d’op­po­si­tion contre ceux qui détruisent le monde.

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Titre d’un article du Figaro.

LE « MOUVEMENT POUR LE CLIMAT », MASCARADE MÉDIATIQUE AUTORISÉE PAR LES AUTORITÉS

« Les auto­ri­tés new-yorkaises ont donné ce jeudi 12 septembre leur béné­dic­tion aux élèves qui veulent rater l’école pour parti­ci­per à la grande mani­fes­ta­tion pour le climat prévue le 20 septembre, emme­née par la jeune Suédoise Greta Thun­berg. »

Hier, par curio­sité, parce que cela fait des mois que je remarque que toutes les inter­views de — et tous les articles sur — Greta Thun­berg sont d’un vide sidé­ral, qu’on n’y apprend rien, qu’on n’y dit quasi­ment rien, j’ai lu la retrans­crip­tion de l’en­tre­tien d’une heure (!) que Greta a accordé à Demo­cracy Now, un média de gauche états-unien (financé par les mêmes fonds philan­thro­ca­pi­ta­listes qui financent le « mouve­ment pour le climat »).

En une heure, j’es­pé­rais qu’ils parvien­draient à lui faire dire des choses un peu plus précises. À lui faire discu­ter plus en détail les problèmes de notre temps. Mais non. Rien. Le néant. On découvre, tenez-vous bien, que certaines personnes prononcent mal le nom de Greta. Disent Tunberk, ou Teune­berg, au lieu de Thun­berg. Les inca­pables. On (re)découvre l’his­toire person­nelle de Greta, son histoire fami­liale, longue­ment. Puis, Amy Good­man, la jour­na­liste de Demo­cracy Now, l’in­ter­roge sur son autisme. Puis sur ce qu’est le véga­nisme. Puis lui demande de décrire en détail sa traver­sée écolo de l’At­lan­tique en bateau. Enfin, elle l’in­ter­roge sur la grève pour le climat prévue en septembre. Fin de l’en­tre­tien. Pas un mot sur le capi­ta­lisme, l’in­dus­tria­lisme, sur la nature et les causes du désastre socioé­co­lo­gique en cours.

Bien sûr, les slogans habi­tuels, les phrases creuses et insi­gni­fiantes qui carac­té­risent l’éco­lo­gisme média­tique, ponc­tuent l’in­ter­view. On rappelle ici que « nous vivons une crise exis­ten­tielle », là que « les règles doivent chan­ger », ou encore, là, que « nous devrions nous réveiller et réveiller les adultes […], nous mettre en colère et comprendre ce qui est en jeu. Puis trans­for­mer cette colère en action pour agir à l’unis­son et ne pas aban­don­ner. »

Tout un programme.

Quoi qu’il en soit, Greta conti­nue d’écu­mer les médias de gauche et progres­sistes des US (le Daily Show de Trevor Noah, hier, etc.) où elle propage la bonne parole : la néces­sité de mettre un coup de boost au déve­lop­pe­ment du « déve­lop­pe­ment durable » (ou capi­ta­lisme vert, ou indus­tria­lisme vert, c’est la même chose), de déve­lop­per massi­ve­ment les illu­sions vertes pour tout sauver, la civi­li­sa­tion indus­trielle, le climat et les oiseaux.

Cela dit, il est impor­tant de rappe­ler que mani­pu­lée (ou, du moins, forte­ment influen­cée) par son entou­rage, par ceux qui ont orches­tré sa promo­tion et par le système techno-indus­triel capi­ta­liste dans son ensemble (en l’oc­cur­rence, par son aile déve­lop­pe­ment durable), comme nous le sommes un peu tous, il ne s’agit pas de la blâmer person­nel­le­ment. Les prin­ci­paux respon­sables de cette masca­rade sont les diri­geants et les promo­teurs des illu­sions vertes, du secteur du déve­lop­pe­ment durable. États, entre­prises, fonda­tions privées, richis­simes capi­ta­listes (verts), médias de masse leur appar­te­nant.

Ainsi que la dernière enquête de Cory Morning­star l’ex­pose, depuis des années, de nombreuses et richis­simes fonda­tions philan­thro­ca­pi­ta­listes financent lour­de­ment, à hauteur de centaines de millions de dollars, voire plus, le déve­lop­pe­ment du « mouve­ment pour le climat » dans le monde entier. Mouve­ment dont les reven­di­ca­tions sont (donc) le plus souvent tout à fait compa­tibles avec la société indus­trielle capi­ta­liste et son déve­lop­pe­ment (durable). Tandis que d’autres fonda­tions privées, liés à d’autres richis­simes capi­ta­listes, financent le clima­tos­cep­ti­cisme : l’aile déve­lop­pe­ment durable et l’aile clima­tos­cep­tique se rejoi­gnant sur l’im­por­tance et la néces­sité de la conti­nua­tion de la société techno-indus­trielle, prémisse fonda­men­tale, indis­cu­table et indis­cu­tée, sur laquelle ils s’ac­cordent tous.

Pendant que certains sont inter­dits de mani­fes­ta­tion, d’autres reçoivent la béné­dic­tion des auto­ri­tés pour défi­ler dans les rues. La récu­pé­ra­tion du mouve­ment écolo­giste conti­nue.

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QUAND GRETA THUNBERG ET GEORGE MONBIOT FONT LA PROMOTION DE CONSERVATION INTERNATIONAL (ET DE SES PARTENAIRES DOUTEUX)

Dans une vidéo publiée très récem­ment, Greta Thun­berg et George Monbiot (jour­na­liste pro-nucléaire qui travaille pour le quoti­dien britan­nique The Guar­dian, un des sites d’in­for­ma­tions les plus consul­tés au monde) font la promo­tion de ce qu’ils appellent des “Natu­ral Climate Solu­tions” ou “Nature-based Solu­tions”, c’est-à-dire des « solu­tions natu­relles au problème clima­tique ». À savoir, plan­ter des arbres. Fort bien. Mais « plan­ter des arbres » où, quand, comment, quels arbres, qui plante, sur des terres appar­te­nant à qui, ou à quoi ? On ne sait pas. Et on ne saura pas. Parce que l’objec­tif n’est pas tant de nous inci­ter à plan­ter des arbres — sachant que plan­ter des arbres, c’est très vague, sachant que cela peut être une très bonne chose comme une très mauvaise, ainsi que Fran­cis Hallé le rappelle ; les mono­cul­tures indus­trielles d’arbres qui se multi­plient par endroit sont une cala­mité écolo­gique (lire aussi : https://www.lejdd.fr/Societe/plan­ter-des-arbres-pour-sauver-la-planete-pas-toujours-une-bonne-idee-3914391 et https://thecon­ver­sa­tion.com/ces-arbres-qui-cachent-des-forets-de-green­wa­shing-105744) —, que de nous encou­ra­ger à finan­cer les orga­nismes et insti­tu­tions parte­naires de l’or­ga­ni­sa­tion vers laquelle renvoie la vidéo, qui nous invite égale­ment à « voter pour des gens qui défendent la nature », à « parta­ger cette vidéo » et à « en parler ».

Vidéo qui a été réali­sée en colla­bo­ra­tion avec une grande ONG écolo inter­na­tio­nale, “Conser­va­tion Inter­na­tio­nal”, elle-même parte­naire de nombreuses entre­prises comme Bank of America, Apple, Hewlett-Packard, HSBC, McDo­nald’s, Mitsu­bi­shi, Toyota, etc.

Le site du projet Natu­ral Climate Solu­tions, vers lequel la vidéo nous renvoie, nous propose de « soute­nir » leurs « alliés », à savoir Conser­va­tion Inter­na­tio­nal, le PNUE (Programme des Nations unies pour l’en­vi­ron­ne­ment »), Avaaz, Les Amis de la Terre, Green­peace, le WWF, la Fonda­tion Leonardo DiCa­prio, et beau­coup d’ONG ou orga­ni­sa­tions du même genre. Le problème, c’est que si certaines d’entre elles font parfois du bon boulot, notam­ment au niveau de la base, des mili­tants les plus sur le terrain, beau­coup, au niveau de la direc­tion, à l’ins­tar de Conser­va­tion Inter­na­tio­nal, versent dans le green­wa­shing de manière indus­trielle.

Sur Twit­ter, Stephen Corry, le direc­teur de l’ONG Survi­val Inter­na­tio­nal, une orga­ni­sa­tion mondiale de soutien aux peuples indi­gènes — bien moins connue que Green­peace, le WWF, Avaaz, Leonardo DiCa­prio, ou Greta Thun­berg ; sans doute parce que les peuples indi­gènes, ça n’in­té­resse pas les inté­rêts écono­miques domi­nants, ça n’in­té­resse pas la bour­geoi­sie narcis­sique­ment préoc­cu­pée par son avenir clima­tique —, a réagi ainsi à la vidéo de Thun­berg et Monbiot :

« Greta Thun­berg dit que “tout compte”, alors pourquoi a-t-elle parti­cipé, avec George Monbiot, à un film produit par Conser­va­tion Inter­na­tio­nal ? Qui est parte­naire de Chevron, Toyota, Paci­fic Gas & Elec­tri­city (respon­sable de rejets de produits toxiques, crimi­nel­le­ment condam­nable pour incen­dies volon­taires), etc. Qui se fait mener en bateau ? »

Une ancienne sala­riée de Conser­va­tion Inter­na­tio­nal, Chris­tine MacDo­nald, jour­na­liste et auteur du livre “Green. Inc.”, accuse d’ailleurs Conser­va­tion Inter­na­tio­nal de favo­ri­ser l’« écoblan­chi­ment » en permet­tant à de nombreuses multi­na­tio­nales polluantes comme BP, Shell ou Northrop Grum­man de faire partie des parte­naires de l’ONG moyen­nant finance et sans réelle contre­par­tie. Ces fonds servent notam­ment à payer les très hauts salaires de Conser­va­tion Inter­na­tio­nal, son PDG, Peter Selig­mann, a gagné plus de 470 000 dollars en 2010. (Pour creu­ser le sujet : https://www.basta­mag.net/Comment-les-plus-gros-pollueurs-de)

Stephen Corry ajoute ensuite :

« Oups, j’ai oublié de rappe­ler que le président du comité exécu­tif de Conser­va­tion Inter­na­tio­nal [Wes Bush], travaille pour Northrop Grum­man, une des plus impor­tantes entre­prises d’ar­me­ment au monde. Surpris ? Vous ne le seriez pas si vous suiviez le travail de Survi­val Inter­na­tio­nal sur les dégâts que génèrent les grandes ONG du domaine de la conser­va­tion. »

Bref, une fois de plus, Greta Thun­berg se retrouve à faire la promo­tion d’une écolo­gie plus que douteuse.

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Tweet du Ceres

DES CENTAINES D’INVESTISSEURS INSTITUTIONNELS SONT AVEC TOI, GRETA

La CERES (Coali­tion for Envi­ron­men­tally Respon­sible Econo­mies, soit « Coali­tion pour des écono­mies écolo­gique­ment respon­sables ») est une ONG améri­caine qui travaille « avec les inves­tis­seurs et les entre­prises les plus influentes pour s’at­taquer aux défis du déve­lop­pe­ment durable, comme le réchauf­fe­ment clima­tique ». Son réseau d’in­ves­tis­seurs comprend plus de 170 inves­tis­seurs insti­tu­tion­nels (parmi lesquels : BlackRock, BNP Pari­bas Asset Mana­ge­ment, etc.) qui gèrent plus de 26 billions de dollars d’ac­tifs. Son réseau d’en­tre­prises compte plus de 50 compa­gnies (parmi lesquelles Bank of America, Coca-Cola, Ford, JPMor­gan, etc.), dont 75% font partie du top 500 du maga­zine Fortune.

Dans un article publié sur le site de l’en­tre­prise Ethi­cal Corpo­ra­tion, Sue Reid, vice-président du CERES, affirme son soutien à Greta Thun­berg, et au mouve­ment pour le climat, plus géné­ra­le­ment :

« Tandis que la jeune acti­viste suédoise de 16 ans Greta Thun­berg se prepare à mener des centaines de milliers de gens lors de la grève géné­rale pour le climat d’aujourd’­hui, […] elle dispose d’un allié puis­sant dans sa quête pour décar­bo­ni­ser l’éco­no­mie mondiale : les inves­tis­seurs insti­tu­tion­nels. »

L’ar­ticle se pour­suit en citant les nombreux inves­tis­seurs et groupes d’in­ves­tis­seurs qui se mobi­lisent pour que les États et les entre­prises s’at­tèlent à endi­guer le problème du réchauf­fe­ment clima­tique.

C’était un exemple du soutien insti­tu­tion­nel dont béné­fi­cie Greta Thun­berg — soutien qui est évident, mais il semble­rait que certains aient du mal à comprendre ce qui se passe sous leurs yeux. Des exemples, il y en beau­coup d’autres. L’in­vi­ta­tion de Greta Thun­berg au forum de Davos, par exemple, puis au sommet de l’ONU (deux orga­ni­sa­tions farou­che­ment anti­ca­pi­ta­listes, anti-système, qui s’ap­prêtent à tout chan­ger, à redis­tri­buer les richesses et le pouvoir qu’ac­ca­parent les puis­sants). Son voyage en bateau avec un prince moné­gasque. La couver­ture média­tique en sa faveur (pané­gy­riques dans le New York Times, dans le New York Mag, d’in­nom­brables articles louan­geurs dans le Guar­dian, dans Le Monde, etc.) — bien que certains médias de masse parti­cipent égale­ment à diffu­ser quelques critiques à son encontre, toutes plus pathé­tiques les unes que les autres (celles des Finkiel­kraut, Sarkozy, Onfray). On peut aussi rappe­ler les nombreuses entre­prises qui, dans le monde entier, ont auto­risé et encou­ragé leurs employés à parti­ci­per aux marches « pour le climat ». Et pour de nombreuses autres illus­tra­tions de ce soutien massif, il faut lire les enquêtes (en anglais) de Cory Morning­star (http://www.wrong­kin­dof­green.org/2019/09/11/the-manu­fac­tu­ring-of-greta-thun­berg-for-consent-volume-ii-act-i-a-design-to-win-a-multi-billion-dollar-invest­ment/).

Cela dit, ce soutien est réci­proque. Greta promeut les absur­di­tés habi­tuelles du capi­ta­lisme vert (les Objec­tifs de déve­lop­pe­ment durable de l’ONU, par exemple, l’« écono­mie circu­laire », les indus­tries des éner­gies dites « vertes », etc.). Bien entendu.

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Tweet de George Monbiot (“Le black bloc a plus ou moins détruit les mani­fes­ta­tions pour la justice mondiale au début de ce siècle. Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour les exclure de nos mani­fes­ta­tions pour le climat.”)

GEORGE MONBIOT DÉTESTE LE BLACK BLOC ET DÉFEND UNE NON-VIOLENCE ABSOLUE

George Monbiot, l’édi­to­crate pro-nucléaire du Guar­dian, avec lequel Greta Thun­berg a récem­ment tourné une vidéo promou­vant les Nature-Based Solu­tions de l’ONU et autres insti­tu­tions domi­nantes du capi­ta­lisme, s’est fendu d’un sympa­thique tweet dans lequel il s’in­digne du fait qu’un black bloc et des gilets jaunes aient perturbé la « marche pour le climat » pari­sienne, et explique aux marcheurs « pour le climat » qu’ils devraient faire tout ce qu’ils peuvent pour exclure de tels mani­fes­tants de leur mani­fes­ta­tion

George Monbiot est l’exemple même du pseudo-contes­ta­taire au discours inco­hé­rent et insi­dieux qui sert à promou­voir une illu­sion d’op­po­si­tion dans les médias de masse. Il se dit désor­mais anti­ca­pi­ta­liste — après avoir passé la quasi-tota­lité de son exis­tence de jour­na­liste à ne fusti­ger que certains excès du capi­ta­lisme, ce qu’il recon­nait. Sauf qu’en réalité, rien n’a changé. Le type de chan­ge­ment social qu’il promeut s’ins­crit toujours exac­te­ment dans le cadre du capi­ta­lisme (emplois verts, indus­tries des éner­gies dites vertes, etc.). Dans cette caté­go­rie des pseudo-contes­ta­taires bien­ve­nus dans les médias de masse, des idiots utiles qui permettent d’orien­ter une partie de la popu­la­tion vers une oppo­si­tion absurde, illu­soire, qui permettent de faire adhé­rer une partie de la popu­la­tion à diverses fausses solu­tions, on retrouve Cyril Dion, Naomi Klein, et autres person­na­li­tés simi­laires.

Pour ceux qui ne sont pas fami­liers avec ce qu’est un black bloc, il y a un livre de Fran­cis Dupuis-Déri, ici présenté par Pierre Made­lin​, qui traite du sujet : https://comp­toir.org/2019/04/09/faut-il-avoir-peur-des-black-blocs/

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Titre d’un article du jour­nal Le Soir

FACE À GRETA, LES CAPITALISTES TREMBLENT DE PEUR

OUI, JE SAIS, Greta, encore. Mais certains l’au­ront compris. Greta n’est pas le sujet prin­ci­pal de mes remarques. Greta Thun­berg est juste un phéno­mène tempo­raire permet­tant de mettre en lumière certaines choses. Et si notre cher Bill l’ap­pré­cie, c’est parce qu’elle ne menace pas le moins du monde le système dont il est un des prin­ci­paux tenan­ciers.

Certaines personnes, passant outre ou igno­rant le fait que Greta Thun­berg soutienne expli­ci­te­ment les promesses et objec­tifs du capi­ta­lisme vert (les objec­tifs de déve­lop­pe­ment durable de l’ONU, par exemple), et occul­tant toute l’or­ches­tra­tion de sa média­ti­sa­tion, se concentrent unique­ment sur les slogans — aussi révo­lu­tion­naires que vides de sens — qu’elle proclame régu­liè­re­ment. Comme lorsqu’elle affirme qu’il nous faudrait « chan­ger les règles du jeu », ou « chan­ger de système ».

Ainsi que l’a remarqué Kwame Ture :

« Le capi­ta­lisme, système insi­dieux, cherche non seule­ment à fonc­tion­ner sur l’ex­ploi­ta­tion de notre labeur et d’autres ressources, mais aussi à rendre confuse notre réflexion. Il cherche à nous faire croire que nous pensons, quand, en réalité, nous ne faisons que réagir à quelque stimuli. »

Voici ce qu’on peut lire dans un article publié le 16 septembre 2019, sur le site du Finan­cial Times (jour­nal capi­ta­liste s’il en est) :

« VOICI LE NOUVEAU PROGRAMME

La pros­pé­rité du capi­ta­lisme de libre entre­prise dépen­dra de sa capa­cité à faire du profit, mais du profit avec un objec­tif. […]

Le capi­ta­lisme de libre-entre­prise s’est montré remarqua­ble­ment capable de se réin­ven­ter lui-même. De temps à autre, ainsi que l’his­to­rien et poli­ti­cien Thomas Babing­ton Macau­lay l’a intel­li­gem­ment remarqué, il est néces­saire de le réfor­mer afin de mieux le préser­ver. Nous sommes aujourd’­hui dans un tel moment. Le temps est venu de le relan­cer. »

Ce que l’on constate aujourd’­hui, en effet, c’est que le capi­ta­lisme cherche à assu­rer son avenir, à se réfor­mer pour mieux se préser­ver. Ainsi que le souhaite Al Gore :

« Ces temps-ci sont cruciaux pour les inves­tis­seurs. C’est au cours des dix prochaines années que nous devons accé­lé­rer urgem­ment la tran­si­tion vers une écono­mie à faible émis­sion de carbone. Nous pensons que le capi­ta­lisme court le risque de s’écrou­ler. En consé­quence, le commerce, qui a été assez timide par le passé en ce qui concerne la méca­nique de l’in­ves­tis­se­ment dans la soute­na­bi­lité, s’ap­prête à augmen­ter sa visi­bi­lité. Nous devons y aller à fond. Nous allons deve­nir plus agres­sif parce que nous n’avons pas le choix. »

Et ce que l’on constate aussi, c’est que le « mouve­ment pour le climat », soutenu par tout un pan des inté­rêts capi­ta­listes (y compris par le Finan­cial Times, qui le promeut régu­liè­re­ment) parti­cipe à l’ef­fer­ves­cence censée stimu­ler cette relance du capi­ta­lisme. Sous couvert de toutes sortes de promesses, préten­tions vertes à sauver le climat ou la planète, c’est son avenir à lui qu’il espère préser­ver.

D’où l’en­thou­siasme de ce cher Bill.

#

PAS CONTRE LA CROISSANCE, PAS POLITIQUE, ET VIVE LA SCIENCE (encore)

Dans une inter­view accor­dée au Dagens Nyhe­ter, un quoti­dien suédois, inter­view qui se déroule dans la voiture élec­trique de Schwar­ze­neg­ger (si, si, c’est sérieux, il a gracieu­se­ment proposé à Greta Thun­berg et son équipe de la leur prêter durant leur séjour aux Amériques), Greta Thun­berg met les choses au clair concer­nant ce qu’elle pense de la crois­sance, et répète son refrain habi­tuel de soumis­sion durable vis-à-vis des Auto­ri­tés Scien­ti­fiques (et rien de tout cela n’est poli­tique, c’est juste LA Vérité, car Scien­ti­fique, bien évidem­ment). Morceaux traduits :

« Ils font de cela un sujet poli­tique, mais je ne parle jamais de poli­tique, tout ce que je dis, c’est que nous devons écou­ter la Science. […]

Je n’ai jamais fait de décla­ra­tion poli­tique. Je n’ai jamais soutenu de parti poli­tique et je n’ai jamais formulé d’opi­nion poli­tique. […]

Je n’ai jamais dit que nous ne devrions pas avoir de crois­sance écono­mique. J’ai simple­ment dit qu’au lieu de nous concen­trer avant tout sur la crois­sance écono­mique et de parler argent, nous devrions parler des vies humaines et des écosys­tèmes. »

Nico­las Casaux

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Comments to: Greta Thun­berg, Extinc­tion Rebel­lion et le mouve­ment pour le déve­lop­pe­ment durable (par Nico­las Casaux)
  • 15 septembre 2019

    Bonjour,
    Ne vous inquiétez pas, vos idées vont s’installer toutes seules! En combien de temps, je ne sais pas.
    Prenez le vocabulaire des 50 dernières années et écrivez les contraires pour les 50 qui viennent.
    Mais, la marche arrière ne se fera pas sur la route de la marche avant car les ressources ne seront pas les mêmes et le savoir global a augmenté.
    Dans le vocabulaire, on va trouver:
    Pénurie, rationnement, manque, maladie,cherté, délai, récupération, local, débrouillardise, marché noir, vol, manuel, savoir faire, partage, et tant d’autres.
    Donc, il faut changer:
    Avoir en être
    Consommer en faire
    Individuel en partagé

    On peut commencer demain!

    Reply
  • 16 septembre 2019

    Merci pour cette analyse que je partage entierement. J’ai rejoins Extinction rebellion au Royaume Unis en toute connaissance de cause de ce greenwashing. Cependant c’est un mouvement qui permet a de nombreux activistes en herbe de se cultiver, de creer des reseaux, de s’auto organiser dans une societe ultra individualiste consumeriste caricaturale (j’habite Londres). C’est donc un bon debut qui va permettre de politiser et de radicaliser une partie de la population. Independement de se que peuvent penser les dirigeants d’ER. A la base, on trouve aussi de nombreux activistes qui s’opposent a la civilisation industrielle, et peuvent propager cette critique au sein des militants. N’oublions pas que , par analogie, le mouvement des gilets jaunes a commence par la critique du prix de l’essence pour finir par une remise en question profonde de notre societe.

    Reply
    • 26 septembre 2019

      oui je suis d accord avec les commentaires d atchoum et nicolas; ces idees sont en train de s installer, tout cela; les actions diverses et sabotages permettent d interpeller la population qui ne s en souciait guère avant qu elle ne soit touchée elle même malheureusement, touchée dans sa chair. En s’immisçant dans une manif classique climat, les gens s’intéressaient aux pancartes placées au sol avant le départ du cortège, surtout celles concernant la contamination radioactive (tirées d’ici http://independentwho.org/fr/tracts-materiel-exposition/) et aussi quelques une sur la souveraineté alimentaire d ici http://souverainetealimentaire.org/wp-content/uploads/2018/11/SOUVERAINETE_ALIMENTAIRE_expo_70x100cm_Eline.pdf et aussi les slogans un peu ironiques comme ici: https://bellaciao.org/fr/spip.php?article162386 (l’ironie est une arme aussi, Jankelevitch a écrit un livre là dessus). Pour moi on doit s’orienter selon nos affinités et moyens, mais surtout le plus urgent et grave de la folie techno capital civilis etc. est le nuc et ce qui se passe à Bure (Nancy ce 28 Septembre et par la suite sera le point névralgique pour la survie ou pas de ce doux dingue d homosapiens. C’est un peu Longuet gérard comme ils disent dans la Meuse (avec les faucheurs les procès continuent aussi cet hiver pour des actions à découvert mais on s’oriente plus sur le fauchages revendiqués sans donner les noms; l’univers du procès a ses limites aussi) mais tant que l’on voit de l’amour et de la fraternité non pas malgré nos différences mais avec nos différences comme j’ai vu avec les vigies, les faucheurs, à Bure Nddl, Sivens Anti Jo Annecy etc, cela vaut la peine de lutter et de vivre pour aussi transmettre cela et ainsi de suite. Si on essaye rien on a rien, c’est ce que j’ai dit au cdt dubois qui me rembarrait lors d’une gav. On doit les mettrent devant leurs contradictions ces flics bidasses et politicars; “le culte imbécile et sanglant de la Nation” décrit par Charbonneau, car ils se font pipi dessus et c’est du glyphosate.

      Reply
  • 16 septembre 2019

    Et encore, vous n’avez pas relevé le point le plus terrifiant du discours de Greta Thunberg. C’est écrit en grand sur la voile du bateau qui l’a amenée à New-York, et cela a été répété devant les députés français lors de sa venue à l’Assemblée Nationale : “Unite behind the science”.
    Cela rejoint un leitmotiv qui se répand insidieusement ces temps-ci dans la bouche de tous les écolos de salon et autres acteurs du show-biz repeints en vert : d’après eux, ce qu’il nous faut, c’est le parti unique (Philippe Torreton, parmi d’autres), chargé d’appliquer le programme décrété par les experts pour “sauver le climat”. L’enfer Vert de Bernard Charbonneau n’est plus loin, et c’est vers lui que cheminent les “marcheurs du climat”.
    Dans cette perspective, il est assez étrange de lire les appels rituels à la “convergence des luttes” de la part d’organisations investies dans le mouvement des gilets jaunes : comment peut-on faire converger une aspiration à la gestion étatique du désastre et des insurgés qui rejettent fausse représentation et petits chefs ?

    Reply
    • 16 septembre 2019

      Effectivement. Je l’avais souligné dans un billet que je n’ai pas publié ici. Le voici :

      Le conseil du jour, par Greta Thunberg :

      « Il faut que nous nous contentions de transmettre ce message, sans formuler de demandes, sans formuler aucune demande. Nous n’avons pas l’éducation qu’il faut pour nous permettre de formuler des demandes, il faut laisser cela aux scientifiques. Nous devrions simplement nous concentrer sur le fait de parler au nom des scientifiques, dire aux gens qu’il faut les écouter eux. Et c’est ce que j’essaie de faire. Ne pas avoir d’opinions vous-mêmes, mais toujours vous référer à la science. »

      Ce qui donne : « Personnellement je suis contre le nucléaire, mais selon le GIEC, il peut constituer une petite partie d’une grande solution énergétique décarbonée, particulièrement dans les pays et les régions qui ne disposent pas de possibilités pour développer massivement les énergies renouvelables […]. »

      Vous avez pigé tas d’ignares ? Vous ne pouvez pas comprendre. Vous pensez peut-être que le nucléaire est un désastre ultime à démanteler au plus vite, au même titre que la civilisation industrielle dans son ensemble, mais en réalité vous n’avez pas l’éducation qu’il faut pour vous former une opinion sur le sujet. Vous ne savez pas. Vous ne pouvez pas savoir. Les experts, eux, savent. Ils savent que la voiture électrique, les panneaux solaires, les éoliennes, le nucléaire (ou peut-être, l’éconucléaire, ou le bionucléaire), l’économie circulaire, l’agriculture bio, la géo-ingénierie, etc., vont nous sauver, endiguer le réchauffement climatique et rendre soutenable (et même juste et égalitaire !) la civilisation. Alors n’ayez crainte. Ayez foi en la science. Au progrès. Bande d’idiots pessimistes, un avenir radieux se profile !

      Reply
      • 17 septembre 2019

        Ce slogan, “Unite behind science”, rappelle furieusement les délires de Saint Simon, qui voulait fondée une nouvelle Eglise dont les scientifiques constitueraient le clergé appuyé sur les maîtres des forces productives (industriels et financiers). J’avais publié il y a quelques temps ce texte :

        lemoinedefroque.home.blog/2019/03/07/saint-simon-et-la-religion-industrielle/

        Malheureusement, je crains qu’aujourd’hui les esprits soient presque mûrs pour ce genre de dystopie. Les marcheurs du climat l’appellent de leurs vœux, et pour en avoir discuté avec pas mal de gilets jaunes en manif, c’est leur cas aussi (c’est l’acte de foi habituel : “t’inquiète, la science aura bien la solution”).

        Reply
      • 18 septembre 2019

        Hélas! bien en phase avec votre rage et son expression!

        Reply
  • 18 septembre 2019

    Tout à fait d’accord avec ça! ça me fait penser à l’épisode Charlie où nous sommes tous frères! En tout cas ça marche du feu de dieu, il est rare de ne pas avoir dans son entourage quelqu’un qui n’en soit pas convaincu.
    Je râlais toute seule dans ma cuisine ou dehors j’argumentais gentiment; je sens que je vais m’autoriser à hurler!!
    Merci donc

    Reply
  • 23 septembre 2019

    J’ai pas aimé auteure. On dit AUTEUR n’en déplaise aux féministes eux aussi acteurs de la décomposition et de l ‘effondrement de notre société!

    Reply
    • 23 septembre 2019

      On dit “je n’ai pas aimé”, n’en déplaire aux virilistes orthographomaniaques qui se décomposent face à toute tentative de déconstruction linguistique des rapports de domination de genre…

      Reply
      • 4 octobre 2019

        Tu prendras le temps de nous expliquer en détail ta version des “rapports de domination de genre” dans l’orthographe française, qu’on rigole un peu.

        Reply
  • 29 septembre 2019

    Bonjour, article très bien construit et détaillé sur la situation et les rouages du pouvoir mondial actuel.
    Après avoir lu plusieurs articles de Nicolas toujours bien écris et structurés je suis en partie en accord avec la clarté de la critique structurelle qu’il fait de la société industrielle.
    En revanche là où c’est beaucoup moins clair, c’est sur l’alternative proposée.
    Qu’elle est elle exactement?
    Démanteler centrales usines agroindustries..?
    Le problème étant que nous sommes plus de 7,5 milliards d’humains à l’heure actuelle et qu’un démantèlement rapide et non organisé de cette société risque d’entraîner des problèmes d’une complexité insoluble à court terme.
    Avez vous un plan un peu plus détaillé que “faire des communautés à taille humaine et passer à l’artisanalisme”?

    Reply
  • 7 octobre 2019

    Dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux.
    La Société du spectacle (1967), Guy Debord, éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2006, p. 768 (thèse 9)

    https://youtu.be/jeKvLXIImV4

    Reply
  • 10 octobre 2019

    Nicolas je vous aime. Vous apportez toujours des lumières sur mes doutes. C’est un immense travail de recherches que vous m’épargnez et comme je vous reçois 5/5 c’est parfait.

    Reply
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