Une com­pi­la­tion de quelques billets publiés sur les réseaux sociaux, au cours des der­niers mois, à pro­pos d’Extinction Rebel­lion, de Gre­ta Thun­berg et du « mou­ve­ment pour le cli­mat » qui est en réa­li­té, dans son immense majo­ri­té, un mou­ve­ment pour le déve­lop­pe­ment durable.


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Cer­taines per­sonnes qui ne connaissent pas bien notre pers­pec­tive poli­tique nous demandent par­fois ce que nous pro­po­sons, ce que nous vou­lons, parce que cri­ti­quer « tout le monde » (Gre­ta Thun­berg, Auré­lien Bar­rau, Cyril Dion, Extinc­tion Rebel­lion, etc.), ça com­mence à bien faire. Pour faire court, j’au­rais pu reprendre la for­mule de mon ami Thier­ry Sal­lan­tin : « je fais par­tie des lud­dites, c’est-à-dire que […] je suis contre l’in­dus­tria­lisme, pour l’ar­ti­sa­na­lisme, ma posi­tion poli­tique, c’est que je veux tout cas­ser ». Mal­heu­reu­se­ment, en tant qu’explication, ça ris­que­rait de ne pas suf­fire, et/ou d’être mal per­çu ou mal com­pris.

Déve­lop­pons un peu. L’écologie est un mot et un cou­rant fourre-tout der­rière lequel on retrouve des choses contra­dic­toires. L’écologisme média­tique, celui qui est auto­ri­sé et même bien­ve­nu dans les médias de masse, se résume le plus sou­vent à un plai­doyer en faveur d’une socié­té tech­no-indus­trielle (un peu plus) verte, (un peu plus) durable, (un peu plus) renou­ve­lable, (un peu plus) cir­cu­laire, « neutre en car­bone », etc., et (un peu plus) démo­cra­tique. En bref, il s’agit d’un cou­rant de pen­sée qui affirme qu’il est pos­sible que nous gar­dions l’essentiel de la civi­li­sa­tion tech­no-indus­trielle actuelle, et que nous la ren­dions durable (dans le sens où elle n’épuiserait plus les res­sources, n’exterminerait plus les espèces vivantes, etc.), et (un peu plus) démo­cra­tique. Au moyen de divers ajus­te­ments tech­niques ou tech­no­lo­giques. Il s’agit gros­so modo de ce que sou­tiennent (mais de dif­fé­rentes manières) Cyril Dion, Auré­lien Bar­rau, Maxime de Ros­to­lan (et son An Zéro, fes­ti­val spé­cial green­wa­shing), le WWF, Green­peace, 350(.org), Extinc­tion Rebel­lion, Alter­na­ti­ba, ATTAC, les éco­so­cia­listes, le mou­ve­ment « pour le cli­mat », et beau­coup d’autres.

Et, oui, Extinc­tion Rebel­lion aus­si. La liste de leurs objec­tifs offi­ciels le sug­gère assez clai­re­ment. Et le petit livre que les prin­ci­paux ins­ti­ga­teurs du mou­ve­ment ont récem­ment publié en anglais, inti­tu­lé This Is Not a Drill (« Ceci n’est pas un exer­cice »), l’expose encore plus dis­tinc­te­ment. Notam­ment au tra­vers des contri­bu­tions de Farha­na Yamin, Kate Raworth, Clive Lewis et Paul Chat­ter­ton.

Farha­na Yamin est une avo­cate spé­cia­liste du droit envi­ron­ne­men­tal, membre du mon­dia­le­ment célèbre think tank bri­tan­nique Cha­tham House (« l’un des think tanks les plus influents du monde », selon L’Express), membre du Conseil sur le pro­gramme mon­dial concer­nant le chan­ge­ment cli­ma­tique du Forum éco­no­mique mon­dial (WEF), et éga­le­ment membre clé et coor­di­na­trice du mou­ve­ment Extinc­tion Rebel­lion au Royaume-Uni (où le mou­ve­ment est né).

À droite, Farha­na Yamin, au centre, Al Gore, et à gauche, Jen­ni­fer Mor­gan, de Green­peace.

En paral­lèle, dans le contexte de l’UNFCC (la Conven­tion-cadre des Nations unies sur les chan­ge­ments cli­ma­tiques), Farha­na Yamin four­nit des conseils juri­diques, stra­té­giques et poli­tiques à des ONG, des fon­da­tions et des pays en déve­lop­pe­ment.

Elle a éga­le­ment fon­dé une ONG, « Track 0 », qui pro­meut le pas­sage à une éco­no­mie « à faible émis­sion de car­bone », et même à une éco­no­mie « neutre en car­bone », notam­ment au tra­vers d’une tran­si­tion au cours de laquelle les com­bus­tibles fos­siles seraient aban­don­nés et notre éner­gie devien­drait 100% issue des indus­tries des soi-disant « renou­ve­lables ». D’après son ONG, « inves­tir dans les infra­struc­tures des éner­gies renou­ve­lables est la clé pour relan­cer la crois­sance ».

Kate Raworth est une éco­no­miste anglaise, auteure du livre La théo­rie du donut. Elle pro­pose, accro­chez-vous bien, un « nou­veau modèle éco­no­mique » (qui cor­res­pond gros­so modo à ce qu’on appelle l’économie cir­cu­laire), stable, et affirme par exemple que : « Ce siècle, nous pou­vons conce­voir nos tech­no­lo­gies et ins­ti­tu­tions pour dis­tri­buer les richesses, le savoir et l’au­to­no­mie à beau­coup. Au lieu des éner­gies fos­siles et de la fabri­ca­tion à grande échelle, nous avons des réseaux d’éner­gie renou­ve­lable, des pla­te­formes numé­riques et des impri­mantes 3D. 200 ans de contrôle de la pro­prié­té intel­lec­tuelle par les entre­prises sont bou­le­ver­sés par l’ap­proche ascen­dante, open-source, en pair-à-pair des biens com­muns. » Elle s’extasie devant « l’extraordinaire trans­for­ma­tion à l’œuvre dans les tech­no­lo­gies : la blo­ck­chain, l’automatisation, l’imprimante 3D, les fablabs, le retour des com­muns, les entre­prises sociales et col­lec­tives… ». Une Isa­belle Delan­noy bri­tan­nique, en somme (voir : https://www.partage-le.com/2018/10/de-paul-hawken-a-isabelle-delannoy-les-nouveaux-promoteurs-de-la-destruction-durable-par-nicolas-casaux/).

Clive Lewis est un jour­na­liste et membre du par­le­ment bri­tan­nique qui par­ti­cipe à pro­mou­voir le fameux Green New Deal (déve­lop­pe­ment mas­sif d’infrastructures indus­trielles basées sur des sources d’énergie dites « vertes », « renou­ve­lables », déve­lop­pe­ment des indus­tries de cap­ture et sto­ckage du car­bone, etc.). Et Paul Chat­ter­ton est un géo­graphe et spé­cia­liste du « déve­lop­pe­ment urbain sou­te­nable », qui pro­meut le concept de « villes bio », « sou­te­nables », etc.

Cela dit, si le noyau cen­tral d’Extinction Rebel­lion s’inscrit dans la veine de ce cou­rant soi-disant éco­lo­giste qui pro­meut l’idée d’une civi­li­sa­tion tech­no-indus­trielle verte, bio, car­bo­neutre et démo­cra­tique, cer­tains groupes locaux ne par­tagent pas cette pers­pec­tive illu­soire et indé­si­rable. (Pers­pec­tive très utile, en revanche, pour ras­su­rer les foules : pas de panique, une civi­li­sa­tion indus­trielle bio et démo­cra­tique existe, elle fini­ra donc par s’imposer d’elle-même, ou grâce aux acti­vistes qui réus­si­ront à for­cer la main de nos diri­geants).

Ce qui m’amène à nous. Nous les pri­mi­ti­vistes, anar­cho­pri­mi­ti­vistes, lud­dites, anti-indus­triels, décrois­sants (radi­caux) et autres éco-anar­chistes. Mal­gré des diver­gences sur quelques points rela­ti­ve­ment impor­tants, nous avons en com­mun de com­prendre qu’une civi­li­sa­tion tech­no-indus­trielle bio et démo­cra­tique, ça n’existe pas. Que ça ne peut pas exis­ter. Et que même si la civi­li­sa­tion tech­no-indus­trielle pou­vait deve­nir bio (ce qui est impos­sible), elle demeu­re­rait néces­sai­re­ment anti­dé­mo­cra­tique (la com­plexi­té tech­no­lo­gique repo­sant sur et requé­rant des struc­tures sociales anti­dé­mo­cra­tiques, contrai­re­ment à ce que sug­gère le bara­tin des nou­veaux apôtres du mythe des hautes tech­no­lo­gies libératrices/émancipatrices, qui glo­ri­fient les impri­mantes 3D, la blo­ck­chain, les fablabs, etc.). Et impo­se­rait tou­jours une forme de vie détes­table.

Nous n’encourageons pas et ne nous réjouis­sons donc pas du déve­lop­pe­ment des indus­tries des éoliennes, des pan­neaux solaires, et des autres sources d’énergie soi-disant « vertes » ou « renou­ve­lables » (hydro­élec­trique, bio­masse, etc.), non seule­ment parce que ces indus­tries ne sont jamais « vertes », ni « neutres en car­bone » (elles impliquent tou­jours des des­truc­tions envi­ron­ne­men­tales et reposent tou­jours sur dif­fé­rentes formes d’exploitation sociale, d’esclavage moderne), mais aus­si parce que l’ensemble du sys­tème tech­no­lo­gique qu’elles ali­mentent est éga­le­ment nui­sible, à tous les niveaux et pour des tas de rai­sons. Nous com­pre­nons que même si l’on pou­vait (on ne peut pas) rem­pla­cer toute la pro­duc­tion éner­gé­tique issue des com­bus­tibles fos­siles par de telles éner­gies faus­se­ment « vertes », la situa­tion socioé­co­lo­gique serait tou­jours désas­treuse.

Nous com­pre­nons que de véri­tables démo­cra­ties ne peuvent exis­ter qu’à petite échelle — au-delà, il y a bien dif­fé­rentes pos­si­bi­li­tés de fédé­ra­tions, mais qui me semblent per­son­nel­le­ment dou­teuses —, qu’elles requièrent des socié­tés à taille humaine. Et qu’ainsi, « en réa­li­té, il n’y a pro­ba­ble­ment pas de solu­tion au sein de la socié­té indus­trielle telle qu’elle nous est don­née » (Ber­nard Char­bon­neau), ou plu­tôt impo­sée.

Au bout du compte, nous vou­drions que la mono­cul­ture domi­nante, la civi­li­sa­tion tech­no-indus­trielle pla­né­taire, soit inté­gra­le­ment déman­te­lée et rem­pla­cée par une mul­ti­tude de socié­tés vivrières, à taille humaine, sou­te­nables (et donc uni­que­ment basées sur des tech­no­lo­gies douces, ou basses tech­no­lo­gies), res­pec­tueu­se­ment inté­grées à leurs envi­ron­ne­ments spé­ci­fiques. « La pro­tec­tion de la nature, de la varié­té et de la liber­té humaines ne sera assu­rée que si l’on dis­so­cie l’économie natio­nale ou mul­ti­na­tio­nale en petites uni­tés autar­ciques et auto­gé­rées » (Ber­nard Char­bon­neau). Voi­là pour l’idéal. En atten­dant, la désas­treuse situa­tion socioé­co­lo­gique actuelle nous contraint à des objec­tifs plus modestes, « non pas éta­blir le para­dis sur terre, mais y évi­ter l’enfer » (encore selon une for­mule de Ber­nard Char­bon­neau).

Et nous com­pre­nons éga­le­ment qu’il est absurde et inutile d’attendre des diri­geants de la civi­li­sa­tion indus­trielle qu’ils orga­nisent eux-mêmes le déman­tè­le­ment com­plet de la socié­té qu’ils imposent avec tant de vio­lence et d’acharnement, et dont ils sont les prin­ci­paux béné­fi­ciaires.

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À gauche, le bateau sur lequel Gre­ta Thun­berg a tra­ver­sé l’At­lan­tique, à droite, Jun­cker en train de lui don­ner le baise-main.

THE CHAUD MUST GO ON

La jeune Gre­ta Thun­berg, nou­velle égé­rie de la lutte contre le réchauf­fe­ment cli­ma­tique, va donc tra­ver­ser l’Atlantique en bateau pour se rendre au som­met sur le cli­mat orga­ni­sé par l’ONU, le 23 sep­tembre, à New York. Elle effec­tue­ra sa tra­ver­sée à bord du Mali­zia II, un voi­lier qui appar­tient à l’équipe du même nom fon­dée par le vice-pré­sident du Yacht-Club de Mona­co, Pierre Casi­ra­ghi, un membre de la famille prin­cière de Mona­co. Mais un voi­lier éco­lo et « zéro car­bone », natu­rel­le­ment, puisqu’il est « équi­pé de pan­neaux solaires et de tur­bines sous-marines per­met­tant de pro­duire de l’élec­tri­ci­té sur le bateau », et qu’on ne prend en compte dans son « bilan car­bone » rien de ce que sa construc­tion a impli­qué (ou bien qu’on l’ignore parce que les entre­prises qui l’ont finan­cée ont payé pour « com­pen­ser », et qu’elles sont donc par­don­nées, blan­chies, ver­dies, inno­cen­tées).

Dans un article de Libé­ra­tion, on peut lire :

« De nom­breuses cri­tiques de Gre­ta Thun­berg pro­fitent aus­si de cette nou­velle pour poin­ter les spon­sors, tout sauf éco­los, de Mali­zia. L’hebdomadaire Valeurs Actuelles titre ain­si : “Le voi­lier de Gre­ta Thun­berg est spon­so­ri­sé par le Yacht-Club de Mona­co, BMW et une banque suisse.” L’hebdomadaire relève que Pierre Casi­ra­ghi, le vice-pré­sident du Yacht-Club de Mona­co, est un membre de la famille prin­cière du Rocher, et que l’équipe Mali­zia est spon­so­ri­sée par BMW. A quoi Gre­ta Thun­berg répond : “L’équipe Mali­zia a bien sûr des spon­sors. Mais pour ce voyage avec moi à New York, il n’y a aucun spon­sor com­mer­cial. Tous leurs logos ont été enle­vés. Il n’est pas ques­tion d’argent ou de paie­ments futurs. Ils m’ont pro­po­sé un voyage gra­tuit car ils sou­tiennent ma cause”. »

Tous les logos ? Appa­rem­ment pas. Le voi­lier arbo­re­ra fiè­re­ment celui des « Glo­bal Goals » (ou Objec­tifs de déve­lop­pe­ment durable) de l’ONU (le cercle mul­ti­co­lore).

Les objec­tifs de déve­lop­pe­ment durable de l’ONU, c’est une expres­sion qui désigne la cam­pagne de pro­pa­gande de l’ONU en faveur d’une socié­té tech­no-indus­trielle capi­ta­liste (soi-disant) plus verte (« durable ») et plus équi­table. C’est aus­si un plan de finan­ce­ment mas­sif d’infrastructures et de tech­no­lo­gies dites « vertes » ou « durables ». Le pro­lon­ge­ment du désastre socio-éco­lo­gique actuel.

La média­ti­sa­tion de Gre­ta sert à cela. Lors du One Pla­net Sum­mit du 26 sep­tembre 2018, à New York :

« La Com­mis­sion euro­péenne a pro­po­sé de consa­crer 25% du pro­chain bud­get de l’U­nion euro­péenne (2021–2027), soit 320 mil­liards d’eu­ros, aux objec­tifs cli­ma­tiques et pré­voit un sou­tien finan­cier dédié aux inves­tis­se­ments durables dans les infra­struc­tures grâce au pro­gramme “Inves­tEU” de 150 mil­liards d’euros. »

(La Com­mis­sion euro­péenne a aus­si « annon­cé des pro­grammes pilotes visant à relan­cer l’industrie à long terme dans les régions minières, avec un sou­tien sur mesure pro­ve­nant notam­ment des 68,8 mil­liards d’euros de fonds struc­tu­rels ».)

Pour­tant, au début de l’année, de nom­breux médias grand public ont affir­mé que c’était grâce au dis­cours de Gre­ta Thun­berg du 21 février 2019 à Bruxelles que l’Union Euro­péenne allait consa­crer un quart de son bud­get aux objec­tifs cli­ma­tiques. Mani­fes­te­ment, cela avait été déci­dé bien avant. En outre, il ne s’agit pas d’une bonne nou­velle mais d’une mau­vaise (plus d’argent pour le déve­lop­pe­ment de plus de nou­velles indus­tries, toutes plus nui­sibles les unes que les autres en dépit des pré­ten­tions durables, vertes, bio, car­bo­neutres, etc.). Gre­ta Thun­berg, en tant que cam­pagne média­tique, sert à la fois de diver­tis­se­ment (quelle saga ! Plus pal­pi­tant que Game of Thrones : un jour elle est à l’As­sem­blée, un jour Michel Onfray l’in­sulte igno­ble­ment et n’im­porte com­ment, un jour c’est l’autre cin­glé de Laurent Alexandre qui s’en charge, un jour elle ren­contre le Pape…) et de rai­son d’espérer. Un sou­lè­ve­ment de la jeu­nesse pour un monde meilleur plus bio et plus vert est en cours ! Une ado­les­cente va « sau­ver la pla­nète » ! En réa­li­té, tout ce qui se passe, c’est que les capi­ta­listes ont déci­dé de consa­crer plein de thunes au déve­lop­pe­ment de nou­velles indus­tries pour pré­ser­ver la seule chose qu’ils cherchent à sau­ver, qui n’est pas la pla­nète, mais la socié­té indus­trielle, le capi­ta­lisme. Al Gore, ce cher éco­lo, dont Gre­ta Thun­berg est, selon ses propres dires, une grande fan, l’affirme clai­re­ment :

« Ces temps-ci sont cru­ciaux pour les inves­tis­seurs. C’est au cours des dix pro­chaines années que nous devons accé­lé­rer urgem­ment la tran­si­tion vers une éco­no­mie à faible émis­sion de car­bone. Nous pen­sons que le capi­ta­lisme court le risque de s’écrouler. En consé­quence, le com­merce, qui a été assez timide par le pas­sé en ce qui concerne la méca­nique de l’investissement dans la sou­te­na­bi­li­té, s’apprête à aug­men­ter sa visi­bi­li­té. Nous devons y aller à fond. Nous allons deve­nir plus agres­sif parce que nous n’avons pas le choix. »

La pauvre Gre­ta, embar­quée dans le mael­strom de la média­ti­sa­tion et des men­songes durables, semble fière du fait que des busi­ness­man ultra­riches comme Pierre Casi­ra­ghi « sou­tiennent sa cause ». En réa­li­té, c’est elle qui, bon gré mal gré, est ame­née à sou­te­nir la leur.

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N’AYEZ PAS D’OPINION, ET ACCEPTEZ LE NUCLÉAIRE MÊME SI VOUS ÊTES CONTRE

Le conseil du jour, par Gre­ta Thun­berg :

« Il faut que nous nous conten­tions de trans­mettre ce mes­sage, sans for­mu­ler de demandes, sans for­mu­ler aucune demande. Nous n’avons pas l’éducation qu’il faut pour nous per­mettre de for­mu­ler des demandes, il faut lais­ser cela aux scien­ti­fiques. Nous devrions sim­ple­ment nous concen­trer sur le fait de par­ler au nom des scien­ti­fiques, dire aux gens qu’il faut les écou­ter eux. Et c’est ce que j’essaie de faire. Ne pas avoir d’opinions vous-mêmes, mais tou­jours vous réfé­rer à la science. »

Ce qui donne :

« Per­son­nel­le­ment je suis contre le nucléaire, mais selon le GIEC, il peut consti­tuer une petite par­tie d’une grande solu­tion éner­gé­tique décar­bo­née, par­ti­cu­liè­re­ment dans les pays et les régions qui ne dis­posent pas de pos­si­bi­li­tés pour déve­lop­per mas­si­ve­ment les éner­gies renou­ve­lables […]. »

Vous avez pigé tas d’ignares ? Vous ne pou­vez pas com­prendre. Vous pen­sez peut-être que le nucléaire est un désastre ultime à déman­te­ler au plus vite, au même titre que la civi­li­sa­tion indus­trielle dans son ensemble, mais en réa­li­té vous n’avez pas l’éducation qu’il faut pour vous for­mer une opi­nion sur le sujet. Vous ne savez pas. Vous ne pou­vez pas savoir. Les experts, eux, savent. Ils savent que la voi­ture élec­trique, les pan­neaux solaires, les éoliennes, le nucléaire (ou peut-être, l’éconucléaire, ou le bio­nu­cléaire), l’économie cir­cu­laire, l’agriculture bio, la géo-ingé­nie­rie, etc., vont nous sau­ver, endi­guer le réchauf­fe­ment cli­ma­tique et rendre sou­te­nable (et même juste et éga­li­taire !) la civi­li­sa­tion. Alors n’ayez crainte. Ayez foi en la science. Au pro­grès. Bande d’idiots pes­si­mistes, un ave­nir radieux se pro­file !

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Tweet de Gre­ta Thun­berg

GRETA THUNBERG ET LES OBJECTIFS DE DÉVELOPPEMENT DURABLE

Tra­duc­tion du tweet de Gre­ta Thun­berg : « Pour nous accueillir [à New York], l’ONU a envoyé un bateau pour cha­cun des 17 objec­tifs de déve­lop­pe­ment durable ! Mer­ci ! »

Je sais, encore ! encore un post sur Gre­ta Thun­berg ! Oui, c’est pénible, mais en même temps, les médias de masse conti­nuent inlas­sa­ble­ment de nous bom­bar­der d’informations la concer­nant. Entre les Sar­ko­zy qui se moquent bête­ment d’elle et les innom­brables tri­bunes qui la sanc­ti­fient, d’Al Jazee­ra au New York Times, nous n’avons droit, comme d’habitude, qu’à une pathé­tique mas­ca­rade.

Que sont ces 17 objec­tifs de déve­lop­pe­ment durable dont Gre­ta parle dans son tweet ? Il s’agit d’une liste de 17 objec­tifs éta­blis par l’ONU et qui sont ras­sem­blés dans l’A­gen­da 2030. Sur le site de l’ONU, on peut lire :

« Les objec­tifs de déve­lop­pe­ment durable nous donnent la marche à suivre pour par­ve­nir à un ave­nir meilleur et plus durable pour tous. Ils répondent aux défis mon­diaux aux­quels nous sommes confron­tés, notam­ment ceux liés à la pau­vre­té, aux inéga­li­tés, au cli­mat, à la dégra­da­tion de l’environnement, à la pros­pé­ri­té, à la paix et à la jus­tice. Les objec­tifs sont inter­con­nec­tés et, pour ne lais­ser per­sonne de côté, il est impor­tant d’atteindre cha­cun d’entre eux, et cha­cune de leurs cibles, d’ici à 2030. »

L’objectif numé­ro 7, par exemple, inti­tu­lé « Éner­gie propre, et d’un coût abor­dable », met l’accent sur « l’augmentation de l’efficacité éner­gé­tique et l’utilisation accrue des éner­gies renou­ve­lables grâce à de nou­velles oppor­tu­ni­tés éco­no­miques et pro­fes­sion­nelles », sur « l’accès à des tech­no­lo­gies et à des car­bu­rants propres », sur l’importance « d’accroître les inves­tis­se­ments publics et pri­vés dans l’énergie ». Il s’agit, « d’ici à 2030 », de « ren­for­cer la coopé­ra­tion inter­na­tio­nale en vue de faci­li­ter l’accès à la recherche et aux tech­no­lo­gies rela­tives à l’énergie propre, notam­ment l’énergie renou­ve­lable, l’efficacité éner­gé­tique et les nou­velles tech­no­lo­gies rela­tives aux com­bus­tibles fos­siles propres », et de « pro­mou­voir l’investissement dans l’infrastructure éner­gé­tique et les tech­no­lo­gies rela­tives à l’énergie propre ».

L’objectif 8, « Tra­vail décent et crois­sance éco­no­mique », consiste à : « Pro­mou­voir une crois­sance éco­no­mique sou­te­nue, par­ta­gée et durable, le plein emploi pro­duc­tif et un tra­vail décent pour tous ». Il s’agit entre autres de : « Par­ve­nir à un niveau éle­vé de pro­duc­ti­vi­té éco­no­mique par la diver­si­fi­ca­tion, la moder­ni­sa­tion tech­no­lo­gique et l’innovation, notam­ment en met­tant l’accent sur les sec­teurs à forte valeur ajou­tée et à forte inten­si­té de main‑d’œuvre ».

L’objectif 9, « Indus­trie, inno­va­tion et infra­struc­tures », consiste à : « Bâtir une infra­struc­ture rési­liente, pro­mou­voir une indus­tria­li­sa­tion durable qui pro­fite à tous et encou­ra­ger l’innovation ». Selon l’ONU : « Le pro­grès tech­no­lo­gique est à la base des efforts entre­pris pour atteindre les objec­tifs envi­ron­ne­men­taux, tels que l’utilisation opti­male des res­sources et de l’énergie. Sans la tech­no­lo­gie et l’innovation, il n’y aura pas d’industrialisation, et sans indus­tria­li­sa­tion, il n’y aura pas de déve­lop­pe­ment. Il faut inves­tir davan­tage dans les pro­duits de haute tech­no­lo­gie qui dominent les pro­duc­tions manu­fac­tu­rières afin d’accroître l’efficacité et de se concen­trer sur les ser­vices de télé­pho­nie cel­lu­laire mobile qui aug­mentent les connexions entre les per­sonnes. »

Bref, comme cer­tains l’auront com­pris, il s’agit sim­ple­ment d’un bara­tin visant à pro­mou­voir la conti­nua­tion de la socié­té indus­trielle capi­ta­liste, sous cou­vert de « dura­bi­li­té », d’égalité, de san­té, de paix dans le monde et de bon­heur uni­ver­sel (c’est-à-dire sous cou­vert des mêmes men­songes et imbé­cil­li­tés ayant ser­vi à pro­mou­voir l’industrialisme et l’idéologie du « déve­lop­pe­ment », qui nous ont menés dans cette désas­treuse situa­tion où nous nous enli­sons chaque jour un peu plus).

Et c’est pour de tels objec­tifs, pour de tels vains espoirs, pour de telles inep­ties, que les fans de Gre­ta Thun­berg et beau­coup d’écolos pas bien ins­pi­rés, dont une par­tie du « mou­ve­ment pour le cli­mat », mani­festent ardem­ment.

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EXTINCTION REBELLION EST DE MÈCHE AVEC LE GOUVERNEMENT

Lors d’une inter­view en direct sur la chaîne d’information bri­tan­nique Sky News, Gail Brad­brook, une des prin­ci­pales fon­da­trices d’Extinction Rebel­lion (qui tra­vaillait aupa­ra­vant pour un orga­nisme qui, entre autres choses, fai­sait la pro­mo­tion du déploie­ment du réseau 5G) a récem­ment expli­qué que :

« […] Les poli­ti­ciens, en cou­lisse, y com­pris le gou­ver­ne­ment actuel, nous disent qu’ils ont besoin d’un mou­ve­ment social comme le nôtre pour obte­nir la per­mis­sion sociale de faire le néces­saire. Ils n’ont pas, jusqu’ici, dit la véri­té. Nous disons la véri­té. Nous avons besoin que les gens se concentrent sur cette urgence, et nous avons besoin d’une action mas­sive. »

Le pré­sen­ta­teur de Sky News lui a alors deman­dé : « Que les choses soient claires, vous dites que les poli­ti­ciens du gou­ver­ne­ment vous disent : nous avons besoin que vous veniez à Londres [pour effec­tuer diverses actions sym­bo­liques] ? Il y a des ministres du gou­ver­ne­ment qui vous disent que c’est ce qu’ils veulent ? »

Ce à quoi Gail Brad­brook a répon­du : « Je vais vous par­ler d’une anec­dote que j’ai enten­due aujourd’hui qui l’illustre : j’ai ren­con­tré deux per­sonnes, aujourd’hui, qui ont dis­cu­té avec des conseillers de The­re­sa May, qui leur ont dit qu’ils savent à quel point la situa­tion est mau­vaise, et qu’ils ont besoin que nous aidions. Donc, en gros, nous fai­sons le bou­lot […]. »

Extinc­tion Rebel­lion a ini­tia­le­ment été conçu comme un moyen d’aider à pré­ci­pi­ter l’avènement d’un Green New Deal, d’une nou­velle phase de déve­lop­pe­ment (mais « durable », évi­dem­ment) de la socié­té indus­trielle capi­ta­liste. À la marge, Extinc­tion Rebel­lion est par­fois un peu plus, lorsque des mili­tants de diverses branches locales élar­gissent ou altèrent la contes­ta­tion qu’elles portent.

Mais dans l’ensemble, c’est une nou­velle opé­ra­tion de green­wa­shing — qui ne se pense pas néces­sai­re­ment ain­si elle-même, Farha­na Yamin, Gail Brad­brook, etc., sont peut-être per­sua­dées que des inves­tis­se­ments mas­sifs dans de nou­velles indus­tries « vertes » ou « renou­ve­lables » vont résoudre une grande par­tie des pro­blèmes éco­lo­giques actuels.

Une « rébel­lion » pour appuyer les nou­veaux plans de déve­lop­pe­ment (« durable », évi­dem­ment) d’une par­tie des gou­ver­nants. Sacrée nov­langue.

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EXTINCTION REBELLION EST FINANCÉ PAR LES CAPITALISTES

Un groupe de richis­simes phi­lan­thro­ca­pi­ta­listes états-uniens a fait don de près d’un demi-mil­lion d’eu­ros à l’or­ga­ni­sa­tion bri­tan­nique Extinc­tion Rebel­lion et à d’autres groupes d’é­tu­diants en grève pour le cli­mat, et pro­met que des dizaines de mil­lions d’eu­ros de dons vont suivre dans les pro­chains temps.

En effet « l’homme d’af­faire, inves­tis­seur, entre­pre­neur et phi­lan­thrope » Tre­vor Neil­son s’est asso­cié à Rory Ken­ne­dy (la fille de Robert Ken­ne­dy) et à Aileen Get­ty (de la richis­sime famille Get­ty, dont la for­tune est issue de l’in­dus­trie pétro­lière), pour lan­cer le Cli­mate Emer­gen­cy Fund (Fonds pour l’ur­gence cli­ma­tique). Ce fonds vise « à sou­te­nir le rem­pla­ce­ment des infra­struc­tures liées aux com­bus­tibles fos­siles par des infra­struc­tures liées à des sources d’énergie non-fos­sile, et le déve­lop­pe­ment des solu­tions de cap­ture et sto­ckage du car­bone », ain­si que le for­mule le quo­ti­dien bri­tan­nique The Inde­pendent.

Neil­son, qui a tra­vaillé avec des per­son­na­li­tés comme Bill Gates et Richard Bran­son, explique que ce fonds a été ins­pi­ré par l’adolescente sué­doise Gre­ta Thun­berg et par les mani­fes­ta­tions d’Extinction Rebel­lion en avril au Royaume-Uni.

Neil­son a expli­qué que les trois fon­da­teurs de ce fonds allaient uti­li­ser leurs contacts par­mi les ultra-riches pour obte­nir « cent fois » plus dans les semaines et mois qui viennent. « Cela pour­rait être notre meilleure chance d’endiguer l’urgence cli­ma­tique sans pré­cé­dent à laquelle nous fai­sons face », a‑t-il confié au quo­ti­dien bri­tan­nique The Guar­dian.

Il a éga­le­ment ajou­té que ce fonds ser­vi­rait à sou­te­nir des actions non-vio­lentes légales : « Il four­ni­ra des res­sources aux acti­vistes popu­laires qui cherchent à dis­rup­ter [sic] le sta­tu quo de manière non-vio­lente afin de deman­der aux gou­ver­ne­ments de décla­rer un état d’urgence cli­ma­tique et de mettre en place les poli­tiques adé­quates pour gérer cette crise. »

Un porte-parole d’Extinction Rebel­lion s’est féli­ci­té de ce geste en expli­quant : « c’est un signe du fait que nous arri­vons à un point de bas­cu­le­ment. Par le pas­sé, la phi­lan­thro­pie se concen­trait sur l’intérêt per­son­nel, mais désor­mais les gens réa­lisent que nous sommes tous dans le même bateau et uti­lisent leur argent pour notre bien-être col­lec­tif. »

Pas­sons sur la naï­ve­té signi­fi­ca­tive de la décla­ra­tion du porte-parole d’Extinction Rebel­lion, qui nage mani­fes­te­ment dans une illu­sion com­plè­te­ment absurde, mais sans doute très ras­su­rante. Ce que tout cela nous montre, c’est sim­ple­ment que les ultra-riches, les domi­nants, conti­nuent de faire en sorte de contrô­ler et d’encourager une pseu­do-contes­ta­tion dans le cadre de la socié­té qu’ils dirigent. Rien de nou­veau sous les pan­neaux solaires pho­to­vol­taïques. Les « poli­tiques adé­quates » qu’ils veulent que les gou­ver­ne­ments mettent en place ne chan­ge­ront gros­so modo rien du tout à la socié­té indus­trielle capi­ta­liste dans laquelle nous vivons, n’ont à peu près aucune chance d’endiguer le désastre en cours, mais rap­por­te­rons sans doute beau­coup d’argent à cer­tains inves­tis­seurs, entre­pre­neurs et hommes d’affaire ayant des inté­rêts dans les indus­tries des tech­no­lo­gies « vertes », « propres », « renou­ve­lables », dans le busi­ness de la com­pen­sa­tion, dans les mar­chés du car­bone, dans l’industrie de la mono­cul­ture d’arbres, ou autre chose du genre. Les objec­tifs offi­ciels d’Extinction Rebel­lion, de la branche ori­gi­nelle du moins (la bri­tan­nique), ne sont pas pour rien com­pa­tibles avec les objec­tifs de ces richis­simes phi­lan­thropes (« neu­tra­li­té car­bone », « poli­tiques adé­quates » que les gou­ver­ne­ments devraient prendre pour gérer la crise, décla­ra­tion d’un « état d’urgence cli­ma­tique »). Rien qui menace le moins du monde la socié­té tech­no-indus­trielle capi­ta­liste, ses États et ses entre­prises.

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GRETA THUNBERG ET LE VASTE RÉSEAU CAPITALISTE DE PROMOTION DES ILLUSIONS VERTES

Dans quelques jours, le 22 sep­tembre 2019, Gre­ta Thun­berg sera l’invitée d’honneur de l’édition 2019 du “Social Good Sum­mit” (« Som­met pour le bien com­mun »), une confé­rence qui se tient chaque année durant la semaine de l’assemblée géné­rale de l’ONU, orga­ni­sée par la Fon­da­tion des Nations Unies en par­te­na­riat avec la Fon­da­tion Bill et Melin­da Gates (ces chers phi­lan­thropes éco­los) et le PNUD (Le Pro­gramme des Nations unies pour le déve­lop­pe­ment), et spon­so­ri­sée par Pfi­zer, Veri­zon, UBS, et bien d’autres entre­prises.

L’objectif de ce som­met consiste à pro­mou­voir les Objec­tifs de déve­lop­pe­ment durable de l’ONU. Qui se résument en gros à diverses pré­ten­tions éco­lo­gistes s’inscrivant dans la veine des pré­ten­tions démo­dées (et ayant prou­vé leur inep­tie) du « déve­lop­pe­ment durable ». C’est-à-dire que l’objectif de ce som­met consiste à pro­mou­voir le mythe d’un capi­ta­lisme vert, d’une socié­té tech­no-indus­trielle éco­lo. Mythes qui servent à ratio­na­li­ser la conti­nua­tion de la civi­li­sa­tion tech­no-indus­trielle (si elle peut deve­nir verte et socia­le­ment juste, aucune rai­son de vou­loir la déman­te­ler inté­gra­le­ment).

Par­mi les autres inter­ve­nants du Som­met, on retrouve Brune Poir­son, vice-pré­si­dente de l’As­sem­blée des Nations unies pour l’en­vi­ron­ne­ment (ANUE) et Secré­taire d’É­tat auprès du ministre de la Tran­si­tion éco­lo­gique et soli­daire, qui a récem­ment affir­mé qu’il nous fal­lait déblo­quer 32 000 mil­liards d’euros pour finan­cer la « tran­si­tion éner­gé­tique » (c’est-à-dire pour finan­cer les men­songes verts que pro­meuvent les capi­ta­listes, qui vont ain­si s’en mettre plein les poches en finis­sant de détruire la pla­nète). Et Chris­tia­na Figueres, secré­taire exé­cu­tive de la Conven­tion-cadre des Nations unies sur les chan­ge­ments cli­ma­tiques entre 2010 et 2016, et membre de la B‑Team, « une orga­ni­sa­tion à but non lucra­tif regrou­pant diri­geants d’en­tre­prise et membres de la socié­té civile en faveur d’un modèle éco­no­mique plus juste et plus res­pec­tueux de l’en­vi­ron­ne­ment », selon Chal­lenges — en clair, une orga­ni­sa­tion dont le but est de pro­mou­voir un capi­ta­lisme vert et sym­pa —, créée par Richard Bran­son, fon­da­teur de Vir­gin, et Jochen Zeitz, l’ancien patron de Puma. La B‑Team compte éga­le­ment d’autres diri­geants fran­çais, comme Isa­belle Kocher, direc­trice géné­rale d’En­gie, Fran­çois-Hen­ri Pinault, PDG de Kering, et Emma­nuel Faber, PDG de Danone. Elle compte éga­le­ment par­mi ses membres Oli­ver Bäte, pré­sident du direc­toire d’Al­lianz, Andrew Live­ris, ex-PDG de Dow Che­mi­cal ou encore Paul Pol­man, direc­teur géné­ral d’U­ni­le­ver.

Mais reve­nons-en à Chris­tia­na Figueres. En avril 2019, elle cosi­gnait une tri­bune avec Bill McKib­ben, le fon­da­teur de l’ONG éco­lo 350(.org), dans laquelle ils pro­mou­vaient de concert le mythe d’une socié­té tech­no-indus­trielle capi­ta­liste verte. Elle figure éga­le­ment par­mi les « cham­pions » de la cam­pagne du groupe Eve­ry Breath Mat­ter (« Chaque res­pi­ra­tion compte »), qui vise aus­si à pro­mou­voir dif­fé­rentes illu­sions vertes cen­sées per­mettre l’avènement d’une socié­té tech­no-indus­trielle verte, aux côtés de Leo­nar­do DiCa­prio et… de Gre­ta Thun­berg. Gre­ta Thun­berg avec laquelle Figueres a éga­le­ment cosi­gné une tri­bune, publiée en jan­vier 2019 sur le site du Washing­ton Post, dans laquelle elles font, comme tou­jours, la pro­mo­tion des illu­sions vertes cen­sées nous per­mettre de rendre « durable » ou « sou­te­nable » la civi­li­sa­tion tech­no-indus­trielle.

On n’en fini­rait pas de lis­ter les liens qui existent entre toutes les ONG, ins­ti­tu­tions inter­na­tio­nales, fon­da­tions de richis­simes capi­ta­listes, et célé­bri­tés sup­po­sé­ment éco­lo­gistes. Daniel Don­ner, l’agent « qui gère les rela­tions presse de Gre­ta Thun­berg », tra­vaille par exemple pour l’ECF, la Euro­pean Cli­mate Foun­da­tion, ou Fon­da­tion euro­péenne pour le cli­mat, une orga­ni­sa­tion inter­na­tio­nale à but (soi-disant) non lucra­tif fon­dée en 2008, dont l’ob­jec­tif « est de pro­mou­voir des poli­tiques cli­ma­tiques et éner­gé­tiques qui per­met­traient [selon elle] de réduire les émis­sions de gaz à effet de serre en Europe et l’aideraient à jouer un rôle inter­na­tio­nal plus impor­tant dans la lutte contre le chan­ge­ment cli­ma­tique ». Cette Fon­da­tion euro­péenne pour le cli­mat est, entre autres, finan­cée par le Rocke­fel­ler Bro­thers Fund (qui finance par ailleurs de nom­breuses orga­ni­sa­tions éco­los, dont l’ONG 350(.org)), la Fon­da­tion Ikea, Bloom­berg Phi­lan­thro­pies, ou encore la Fon­da­tion Cli­ma­te­Works — elle-même finan­cée par l’ONU, la Fon­da­tion Rocke­fel­ler, la Fon­da­tion Ford, etc. La Fon­da­tion euro­péenne pour le cli­mat est pré­si­dée par Lau­rence Tubia­na, qui a aupa­ra­vant tra­vaillé pour l’ONU, qui tra­vaille encore actuel­le­ment pour l’AFD (Agence fran­çaise de déve­lop­pe­ment), et qui siège au Haut conseil pour le cli­mat de notre cher Macron. L’AFD qui finance la fon­da­tion Good­Pla­net de Yann Arthus-Ber­trand et qui a finan­cé le film docu­men­taire « Demain » de Cyril Dion et Méla­nie Laurent.

ET AINSI DE SUITE. Ce qui pré­cède n’est qu’un minus­cule aper­çu d’une vaste toile d’intérêts capi­ta­listes, d’un vaste réseau inter­na­tio­nal de pro­mo­tion des illu­sions vertes, de pro­mo­tion du mythe d’un capi­ta­lisme vert et sym­pa, d’une socié­té tech­no-indus­trielle durable et équi­table. Pour un aper­çu un peu plus pous­sé, il faut lire les articles de Cory Mor­ning­star (celui-ci, par exemple : http://www.wrongkindofgreen.org/2019/09/17/the-manufacturing-of-greta-thunberg-for-consent-they-mean-business-volume-ii-act-iv/).

ALORS N’OUBLIEZ PAS. Si vous aus­si, vous vou­lez pro­mou­voir ces illu­sions, et si vous avez les bons contacts, et s’il se trouve qu’on a besoin de vous à ce moment-là pour quelque cam­pagne de diver­tis­se­ment mas­sive, on vous finan­ce­ra, et on vous ren­dra célèbre.

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À PROPOS DES PROMOTEURS DES ILLUSIONS VERTES : DE NAOMI KLEIN À CYRIL DION

Peu après son arri­vée aux États-Unis à bord du bateau zéro car­bone du prince moné­gasque Pierre Casi­ra­ghi, qui arbo­rait, pour l’occasion, le logo des Objec­tifs de déve­lop­pe­ment durable de l’ONU, Gre­ta Thun­berg a ren­con­tré la célèbre jour­na­liste Nao­mi Klein — une de ses idoles, à l’instar d’Al Gore.

Nao­mi Klein lui a pro­po­sé de par­ti­ci­per à une confé­rence orga­ni­sée par le média de gauche pro­gres­siste The Inter­cept, pour lequel elle tra­vaille. The Inter­cept est une créa­tion de l’organisation First Look Media, fon­dée par le mil­liar­daire Pierre Omi­dyar, à qui l’on doit eBay.

Nao­mi Klein siège éga­le­ment au conseil d’administration de l’ONG 350(.org). ONG fon­dée grâce à l’argent du Rocke­fel­ler Bro­thers Fund, qui conti­nue de la finan­cer. Par­mi les nom­breuses autres fon­da­tions qui la financent, on retrouve la Fon­da­tion Tides (elle-même finan­cée par de nom­breuses autres fon­da­tions, dont la Fon­da­tion Rocke­fel­ler, une autre fon­da­tion de la famille Rocke­fel­ler, la fon­da­tion du mil­liar­daire George Soros, etc.), la Oak Foun­da­tion du busi­ness­man et mil­liar­daire bri­tan­nique Alan Par­ker, et la Euro­pean Cli­mate Foun­da­tion (Fon­da­tion euro­péenne pour le cli­mat), pour laquelle tra­vaille Daniel Don­ner, l’agent de la famille Thun­berg. Si le Rocke­fel­ler Bro­thers Fund de Vale­rie Rocke­fel­ler finance une ONG comme 350(.org), et si Susan Rocke­fel­ler est par­te­naire de la boite de pro­duc­tion du mari de Nao­mi Klein, Avi lewis, et co-pro­duc­trice exé­cu­tive du film docu­men­taire que ce der­nier a réa­li­sé à par­tir du livre Tout peut chan­ger, écrit par sa femme, c’est parce que la cri­tique que for­mule Nao­mi Klein ne menace en rien les inté­rêts Rocke­fel­ler.

Susan Rocke­fel­ler qui prend la pose pour la pro­mo­tion du livre This Changes Eve­ry­thing (Tout peut chan­ger) de Nao­mi Klein.

De la même manière, si ce livre de Nao­mi Klein est pro­mu par José Ángel Gurría, l’actuel secré­taire géné­ral de l’Or­ga­ni­sa­tion de coopé­ra­tion et de déve­lop­pe­ment éco­no­miques (OECD), ex-Secré­taire mexi­cain des Affaires étran­gères, et enne­mi des Zapa­tistes (que Klein a fré­quen­tés, à une époque), ce n’est pas pour rien.

Jose Angel Gur­ria qui prend la pose pour la pro­mo­tion du livre This Changes Eve­ry­thing (Tout peut chan­ger) de Nao­mi Klein.

Nao­mi Klein est aujourd’hui une fer­vente pro­mo­trice du Green New Deal, « un vaste plan d’in­ves­tis­se­ment dans les éner­gies décar­bo­nées visant à stop­per le réchauf­fe­ment cli­ma­tique, tout en pro­mou­vant la jus­tice sociale ». En réa­li­té une vaste escro­que­rie, une mys­ti­fi­ca­tion, une carotte accro­chée au bout d’un bâton tenu par l’aile pro­gres­siste des inté­rêts éco­no­miques qui dirigent la civi­li­sa­tion tech­no-indus­trielle (les entre­prises, médias, ONG, orga­ni­sa­tions, ins­ti­tu­tions et célé­bri­tés qui dépendent de ces inté­rêts éco­no­miques), afin de faire avan­cer les ânes. Toutes les tech­no­lo­gies dites « vertes », y com­pris les tech­no­lo­gies de pro­duc­tion d’énergie dite « verte », « renou­ve­lable » ou « propre », impliquent des des­truc­tions et des pol­lu­tions envi­ron­ne­men­tales. Et toute l’énergie, verte, décar­bo­née, propre, renou­ve­lable ou non (c’est-à-dire l’énergie que pro­duisent les cen­trales nucléaires, les cen­trales à char­bon, les cen­trales solaires, les parcs éoliens, etc.), ne sert qu’à ali­men­ter des appa­reils et autres machines dont la pro­duc­tion, l’utilisation et la mise au rebut impliquent elles aus­si de nom­breuses dégra­da­tions envi­ron­ne­men­tales. Sans comp­ter que l’ensemble repose sur les régimes gou­ver­ne­men­taux anti­dé­mo­cra­tiques des États modernes, sur l’exploitation du grand nombre par le petit nombre (et de tous par tous), sur la ser­vi­tude moderne impo­sée par le capi­ta­lisme, lui-même impo­sé par l’État.

Bref, Nao­mi Klein pro­meut à peu près les mêmes âne­ries que Cyril Dion, qui la cite sou­vent, qui récu­père lui aus­si cette rhé­to­rique du New Deal, et qui est lui aus­si finan­cé, dans ses pro­jets, par dif­fé­rents orga­nismes farou­che­ment anti-déve­lop­pe­men­tistes, anti­ca­pi­ta­listes, décrois­sants et anar­chistes, comme l’AFD (Agence fran­çaise de déve­lop­pe­ment, une agence néo­co­lo­nia­liste qui finance l’industrialisation, appe­lée « déve­lop­pe­ment », du monde entier), ou France Télé­vi­sions. Cyril Dion qui tra­vaille désor­mais avec le gou­ver­ne­ment Macron autour d’une « Conven­tion citoyenne pour le cli­mat » qui, au mieux, ser­vi­ra à appuyer cette mys­ti­fi­ca­tion d’un Green New Deal. Dans la même veine, on trouve aus­si tous les Isa­belle Delan­noy, Maxime de Ros­to­lan, Yann Arthus-Ber­trand, etc.

En revanche, éton­nam­ment, les ONG, orga­ni­sa­tions et col­lec­tifs éco­lo­gistes qui s’opposent à l’État, au capi­ta­lisme, et/ou à l’industrialisme, ne reçoivent aucun finan­ce­ment de la part des ultra-riches et des orga­ni­sa­tions qu’ils contrôlent, et ne sont pas les bien­ve­nus dans les médias de masse. La dif­fé­rence entre un pseu­do-éco­lo­gisme sub­ven­tion­né par les riches et les ins­ti­tu­tions domi­nantes, et un véri­table mou­ve­ment d’op­po­si­tion contre ceux qui détruisent le monde.

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Titre d’un article du Figa­ro.

LE « MOUVEMENT POUR LE CLIMAT », MASCARADE MÉDIATIQUE AUTORISÉE PAR LES AUTORITÉS

« Les auto­ri­tés new-yor­kaises ont don­né ce jeu­di 12 sep­tembre leur béné­dic­tion aux élèves qui veulent rater l’é­cole pour par­ti­ci­per à la grande mani­fes­ta­tion pour le cli­mat pré­vue le 20 sep­tembre, emme­née par la jeune Sué­doise Gre­ta Thun­berg. »

Hier, par curio­si­té, parce que cela fait des mois que je remarque que toutes les inter­views de — et tous les articles sur — Gre­ta Thun­berg sont d’un vide sidé­ral, qu’on n’y apprend rien, qu’on n’y dit qua­si­ment rien, j’ai lu la retrans­crip­tion de l’en­tre­tien d’une heure (!) que Gre­ta a accor­dé à Demo­cra­cy Now, un média de gauche états-unien (finan­cé par les mêmes fonds phi­lan­thro­ca­pi­ta­listes qui financent le « mou­ve­ment pour le cli­mat »).

En une heure, j’es­pé­rais qu’ils par­vien­draient à lui faire dire des choses un peu plus pré­cises. À lui faire dis­cu­ter plus en détail les pro­blèmes de notre temps. Mais non. Rien. Le néant. On découvre, tenez-vous bien, que cer­taines per­sonnes pro­noncent mal le nom de Gre­ta. Disent Tun­berk, ou Teu­ne­berg, au lieu de Thun­berg. Les inca­pables. On (re)découvre l’his­toire per­son­nelle de Gre­ta, son his­toire fami­liale, lon­gue­ment. Puis, Amy Good­man, la jour­na­liste de Demo­cra­cy Now, l’in­ter­roge sur son autisme. Puis sur ce qu’est le véga­nisme. Puis lui demande de décrire en détail sa tra­ver­sée éco­lo de l’At­lan­tique en bateau. Enfin, elle l’in­ter­roge sur la grève pour le cli­mat pré­vue en sep­tembre. Fin de l’en­tre­tien. Pas un mot sur le capi­ta­lisme, l’in­dus­tria­lisme, sur la nature et les causes du désastre socioé­co­lo­gique en cours.

Bien sûr, les slo­gans habi­tuels, les phrases creuses et insi­gni­fiantes qui carac­té­risent l’é­co­lo­gisme média­tique, ponc­tuent l’in­ter­view. On rap­pelle ici que « nous vivons une crise exis­ten­tielle », là que « les règles doivent chan­ger », ou encore, là, que « nous devrions nous réveiller et réveiller les adultes […], nous mettre en colère et com­prendre ce qui est en jeu. Puis trans­for­mer cette colère en action pour agir à l’u­nis­son et ne pas aban­don­ner. »

Tout un pro­gramme.

Quoi qu’il en soit, Gre­ta conti­nue d’é­cu­mer les médias de gauche et pro­gres­sistes des US (le Dai­ly Show de Tre­vor Noah, hier, etc.) où elle pro­page la bonne parole : la néces­si­té de mettre un coup de boost au déve­lop­pe­ment du « déve­lop­pe­ment durable » (ou capi­ta­lisme vert, ou indus­tria­lisme vert, c’est la même chose), de déve­lop­per mas­si­ve­ment les illu­sions vertes pour tout sau­ver, la civi­li­sa­tion indus­trielle, le cli­mat et les oiseaux.

Cela dit, il est impor­tant de rap­pe­ler que mani­pu­lée (ou, du moins, for­te­ment influen­cée) par son entou­rage, par ceux qui ont orches­tré sa pro­mo­tion et par le sys­tème tech­no-indus­triel capi­ta­liste dans son ensemble (en l’oc­cur­rence, par son aile déve­lop­pe­ment durable), comme nous le sommes un peu tous, il ne s’a­git pas de la blâ­mer per­son­nel­le­ment. Les prin­ci­paux res­pon­sables de cette mas­ca­rade sont les diri­geants et les pro­mo­teurs des illu­sions vertes, du sec­teur du déve­lop­pe­ment durable. États, entre­prises, fon­da­tions pri­vées, richis­simes capi­ta­listes (verts), médias de masse leur appar­te­nant.

Ain­si que la der­nière enquête de Cory Mor­ning­star l’ex­pose, depuis des années, de nom­breuses et richis­simes fon­da­tions phi­lan­thro­ca­pi­ta­listes financent lour­de­ment, à hau­teur de cen­taines de mil­lions de dol­lars, voire plus, le déve­lop­pe­ment du « mou­ve­ment pour le cli­mat » dans le monde entier. Mou­ve­ment dont les reven­di­ca­tions sont (donc) le plus sou­vent tout à fait com­pa­tibles avec la socié­té indus­trielle capi­ta­liste et son déve­lop­pe­ment (durable). Tan­dis que d’autres fon­da­tions pri­vées, liés à d’autres richis­simes capi­ta­listes, financent le cli­ma­tos­cep­ti­cisme : l’aile déve­lop­pe­ment durable et l’aile cli­ma­tos­cep­tique se rejoi­gnant sur l’im­por­tance et la néces­si­té de la conti­nua­tion de la socié­té tech­no-indus­trielle, pré­misse fon­da­men­tale, indis­cu­table et indis­cu­tée, sur laquelle ils s’ac­cordent tous.

Pen­dant que cer­tains sont inter­dits de mani­fes­ta­tion, d’autres reçoivent la béné­dic­tion des auto­ri­tés pour défi­ler dans les rues. La récu­pé­ra­tion du mou­ve­ment éco­lo­giste conti­nue.

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QUAND GRETA THUNBERG ET GEORGE MONBIOT FONT LA PROMOTION DE CONSERVATION INTERNATIONAL (ET DE SES PARTENAIRES DOUTEUX)

Dans une vidéo publiée très récem­ment, Gre­ta Thun­berg et George Mon­biot (jour­na­liste pro-nucléaire qui tra­vaille pour le quo­ti­dien bri­tan­nique The Guar­dian, un des sites d’informations les plus consul­tés au monde) font la pro­mo­tion de ce qu’ils appellent des “Natu­ral Cli­mate Solu­tions” ou “Nature-based Solu­tions”, c’est-à-dire des « solu­tions natu­relles au pro­blème cli­ma­tique ». À savoir, plan­ter des arbres. Fort bien. Mais « plan­ter des arbres » où, quand, com­ment, quels arbres, qui plante, sur des terres appar­te­nant à qui, ou à quoi ? On ne sait pas. Et on ne sau­ra pas. Parce que l’objectif n’est pas tant de nous inci­ter à plan­ter des arbres — sachant que plan­ter des arbres, c’est très vague, sachant que cela peut être une très bonne chose comme une très mau­vaise, ain­si que Fran­cis Hal­lé le rap­pelle ; les mono­cul­tures indus­trielles d’arbres qui se mul­ti­plient par endroit sont une cala­mi­té éco­lo­gique (lire aus­si : https://www.lejdd.fr/Societe/planter-des-arbres-pour-sauver-la-planete-pas-toujours-une-bonne-idee-3914391 et https://theconversation.com/ces-arbres-qui-cachent-des-forets-de-greenwashing-105744) —, que de nous encou­ra­ger à finan­cer les orga­nismes et ins­ti­tu­tions par­te­naires de l’organisation vers laquelle ren­voie la vidéo, qui nous invite éga­le­ment à « voter pour des gens qui défendent la nature », à « par­ta­ger cette vidéo » et à « en par­ler ».

Vidéo qui a été réa­li­sée en col­la­bo­ra­tion avec une grande ONG éco­lo inter­na­tio­nale, “Conser­va­tion Inter­na­tio­nal”, elle-même par­te­naire de nom­breuses entre­prises comme Bank of Ame­ri­ca, Apple, Hew­lett-Packard, HSBC, McDonald’s, Mit­su­bi­shi, Toyo­ta, etc.

Le site du pro­jet Natu­ral Cli­mate Solu­tions, vers lequel la vidéo nous ren­voie, nous pro­pose de « sou­te­nir » leurs « alliés », à savoir Conser­va­tion Inter­na­tio­nal, le PNUE (Pro­gramme des Nations unies pour l’en­vi­ron­ne­ment »), Avaaz, Les Amis de la Terre, Green­peace, le WWF, la Fon­da­tion Leo­nar­do DiCa­prio, et beau­coup d’ONG ou orga­ni­sa­tions du même genre. Le pro­blème, c’est que si cer­taines d’entre elles font par­fois du bon bou­lot, notam­ment au niveau de la base, des mili­tants les plus sur le ter­rain, beau­coup, au niveau de la direc­tion, à l’instar de Conser­va­tion Inter­na­tio­nal, versent dans le green­wa­shing de manière indus­trielle.

Sur Twit­ter, Ste­phen Cor­ry, le direc­teur de l’ONG Sur­vi­val Inter­na­tio­nal, une orga­ni­sa­tion mon­diale de sou­tien aux peuples indi­gènes — bien moins connue que Green­peace, le WWF, Avaaz, Leo­nar­do DiCa­prio, ou Gre­ta Thun­berg ; sans doute parce que les peuples indi­gènes, ça n’intéresse pas les inté­rêts éco­no­miques domi­nants, ça n’in­té­resse pas la bour­geoi­sie nar­cis­si­que­ment pré­oc­cu­pée par son ave­nir cli­ma­tique —, a réagi ain­si à la vidéo de Thun­berg et Mon­biot :

« Gre­ta Thun­berg dit que “tout compte”, alors pour­quoi a‑t-elle par­ti­ci­pé, avec George Mon­biot, à un film pro­duit par Conser­va­tion Inter­na­tio­nal ? Qui est par­te­naire de Che­vron, Toyo­ta, Paci­fic Gas & Elec­tri­ci­ty (res­pon­sable de rejets de pro­duits toxiques, cri­mi­nel­le­ment condam­nable pour incen­dies volon­taires), etc. Qui se fait mener en bateau ? »

Une ancienne sala­riée de Conser­va­tion Inter­na­tio­nal, Chris­tine Mac­Do­nald, jour­na­liste et auteur du livre “Green. Inc.”, accuse d’ailleurs Conser­va­tion Inter­na­tio­nal de favo­ri­ser l’« éco­blan­chi­ment » en per­met­tant à de nom­breuses mul­ti­na­tio­nales pol­luantes comme BP, Shell ou Nor­throp Grum­man de faire par­tie des par­te­naires de l’ONG moyen­nant finance et sans réelle contre­par­tie. Ces fonds servent notam­ment à payer les très hauts salaires de Conser­va­tion Inter­na­tio­nal, son PDG, Peter Selig­mann, a gagné plus de 470 000 dol­lars en 2010. (Pour creu­ser le sujet : https://www.bastamag.net/Comment-les-plus-gros-pollueurs-de)

Ste­phen Cor­ry ajoute ensuite :

« Oups, j’ai oublié de rap­pe­ler que le pré­sident du comi­té exé­cu­tif de Conser­va­tion Inter­na­tio­nal [Wes Bush], tra­vaille pour Nor­throp Grum­man, une des plus impor­tantes entre­prises d’armement au monde. Sur­pris ? Vous ne le seriez pas si vous sui­viez le tra­vail de Sur­vi­val Inter­na­tio­nal sur les dégâts que génèrent les grandes ONG du domaine de la conser­va­tion. »

Bref, une fois de plus, Gre­ta Thun­berg se retrouve à faire la pro­mo­tion d’une éco­lo­gie plus que dou­teuse.

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Tweet du Ceres

DES CENTAINES D’INVESTISSEURS INSTITUTIONNELS SONT AVEC TOI, GRETA

La CERES (Coa­li­tion for Envi­ron­men­tal­ly Res­pon­sible Eco­no­mies, soit « Coa­li­tion pour des éco­no­mies éco­lo­gi­que­ment res­pon­sables ») est une ONG amé­ri­caine qui tra­vaille « avec les inves­tis­seurs et les entre­prises les plus influentes pour s’at­ta­quer aux défis du déve­lop­pe­ment durable, comme le réchauf­fe­ment cli­ma­tique ». Son réseau d’investisseurs com­prend plus de 170 inves­tis­seurs ins­ti­tu­tion­nels (par­mi les­quels : Bla­ckRock, BNP Pari­bas Asset Mana­ge­ment, etc.) qui gèrent plus de 26 bil­lions de dol­lars d’actifs. Son réseau d’entreprises compte plus de 50 com­pa­gnies (par­mi les­quelles Bank of Ame­ri­ca, Coca-Cola, Ford, JPMor­gan, etc.), dont 75% font par­tie du top 500 du maga­zine For­tune.

Dans un article publié sur le site de l’entreprise Ethi­cal Cor­po­ra­tion, Sue Reid, vice-pré­sident du CERES, affirme son sou­tien à Gre­ta Thun­berg, et au mou­ve­ment pour le cli­mat, plus géné­ra­le­ment :

« Tan­dis que la jeune acti­viste sué­doise de 16 ans Gre­ta Thun­berg se pre­pare à mener des cen­taines de mil­liers de gens lors de la grève géné­rale pour le cli­mat d’aujourd’hui, […] elle dis­pose d’un allié puis­sant dans sa quête pour décar­bo­ni­ser l’économie mon­diale : les inves­tis­seurs ins­ti­tu­tion­nels. »

L’article se pour­suit en citant les nom­breux inves­tis­seurs et groupes d’investisseurs qui se mobi­lisent pour que les États et les entre­prises s’attèlent à endi­guer le pro­blème du réchauf­fe­ment cli­ma­tique.

C’était un exemple du sou­tien ins­ti­tu­tion­nel dont béné­fi­cie Gre­ta Thun­berg — sou­tien qui est évident, mais il sem­ble­rait que cer­tains aient du mal à com­prendre ce qui se passe sous leurs yeux. Des exemples, il y en beau­coup d’autres. L’invitation de Gre­ta Thun­berg au forum de Davos, par exemple, puis au som­met de l’ONU (deux orga­ni­sa­tions farou­che­ment anti­ca­pi­ta­listes, anti-sys­tème, qui s’apprêtent à tout chan­ger, à redis­tri­buer les richesses et le pou­voir qu’accaparent les puis­sants). Son voyage en bateau avec un prince moné­gasque. La cou­ver­ture média­tique en sa faveur (pané­gy­riques dans le New York Times, dans le New York Mag, d’innombrables articles louan­geurs dans le Guar­dian, dans Le Monde, etc.) — bien que cer­tains médias de masse par­ti­cipent éga­le­ment à dif­fu­ser quelques cri­tiques à son encontre, toutes plus pathé­tiques les unes que les autres (celles des Fin­kiel­kraut, Sar­ko­zy, Onfray). On peut aus­si rap­pe­ler les nom­breuses entre­prises qui, dans le monde entier, ont auto­ri­sé et encou­ra­gé leurs employés à par­ti­ci­per aux marches « pour le cli­mat ». Et pour de nom­breuses autres illus­tra­tions de ce sou­tien mas­sif, il faut lire les enquêtes (en anglais) de Cory Mor­ning­star (http://www.wrongkindofgreen.org/2019/09/11/the-manufacturing-of-greta-thunberg-for-consent-volume-ii-act-i-a-design-to-win-a-multi-billion-dollar-investment/).

Cela dit, ce sou­tien est réci­proque. Gre­ta pro­meut les absur­di­tés habi­tuelles du capi­ta­lisme vert (les Objec­tifs de déve­lop­pe­ment durable de l’ONU, par exemple, l’« éco­no­mie cir­cu­laire », les indus­tries des éner­gies dites « vertes », etc.). Bien enten­du.

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Tweet de George Mon­biot (« Le black bloc a plus ou moins détruit les mani­fes­ta­tions pour la jus­tice mon­diale au début de ce siècle. Nous devons faire tout ce que nous pou­vons pour les exclure de nos mani­fes­ta­tions pour le cli­mat. »)

GEORGE MONBIOT DÉTESTE LE BLACK BLOC ET DÉFEND UNE NON-VIOLENCE ABSOLUE

George Mon­biot, l’é­di­to­crate pro-nucléaire du Guar­dian, avec lequel Gre­ta Thun­berg a récem­ment tour­né une vidéo pro­mou­vant les Nature-Based Solu­tions de l’O­NU et autres ins­ti­tu­tions domi­nantes du capi­ta­lisme, s’est fen­du d’un sym­pa­thique tweet dans lequel il s’in­digne du fait qu’un black bloc et des gilets jaunes aient per­tur­bé la « marche pour le cli­mat » pari­sienne, et explique aux mar­cheurs « pour le cli­mat » qu’ils devraient faire tout ce qu’ils peuvent pour exclure de tels mani­fes­tants de leur mani­fes­ta­tion

George Mon­biot est l’exemple même du pseu­do-contes­ta­taire au dis­cours inco­hé­rent et insi­dieux qui sert à pro­mou­voir une illu­sion d’op­po­si­tion dans les médias de masse. Il se dit désor­mais anti­ca­pi­ta­liste — après avoir pas­sé la qua­si-tota­li­té de son exis­tence de jour­na­liste à ne fus­ti­ger que cer­tains excès du capi­ta­lisme, ce qu’il recon­nait. Sauf qu’en réa­li­té, rien n’a chan­gé. Le type de chan­ge­ment social qu’il pro­meut s’ins­crit tou­jours exac­te­ment dans le cadre du capi­ta­lisme (emplois verts, indus­tries des éner­gies dites vertes, etc.). Dans cette caté­go­rie des pseu­do-contes­ta­taires bien­ve­nus dans les médias de masse, des idiots utiles qui per­mettent d’o­rien­ter une par­tie de la popu­la­tion vers une oppo­si­tion absurde, illu­soire, qui per­mettent de faire adhé­rer une par­tie de la popu­la­tion à diverses fausses solu­tions, on retrouve Cyril Dion, Nao­mi Klein, et autres per­son­na­li­tés simi­laires.

Pour ceux qui ne sont pas fami­liers avec ce qu’est un black bloc, il y a un livre de Fran­cis Dupuis-Déri, ici pré­sen­té par Pierre Madelin​, qui traite du sujet : https://comptoir.org/2019/04/09/faut-il-avoir-peur-des-black-blocs/

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Titre d’un article du jour­nal Le Soir

FACE À GRETA, LES CAPITALISTES TREMBLENT DE PEUR

OUI, JE SAIS, Gre­ta, encore. Mais cer­tains l’au­ront com­pris. Gre­ta n’est pas le sujet prin­ci­pal de mes remarques. Gre­ta Thun­berg est juste un phé­no­mène tem­po­raire per­met­tant de mettre en lumière cer­taines choses. Et si notre cher Bill l’ap­pré­cie, c’est parce qu’elle ne menace pas le moins du monde le sys­tème dont il est un des prin­ci­paux tenan­ciers.

Cer­taines per­sonnes, pas­sant outre ou igno­rant le fait que Gre­ta Thun­berg sou­tienne expli­ci­te­ment les pro­messes et objec­tifs du capi­ta­lisme vert (les objec­tifs de déve­lop­pe­ment durable de l’O­NU, par exemple), et occul­tant toute l’or­ches­tra­tion de sa média­ti­sa­tion, se concentrent uni­que­ment sur les slo­gans — aus­si révo­lu­tion­naires que vides de sens — qu’elle pro­clame régu­liè­re­ment. Comme lors­qu’elle affirme qu’il nous fau­drait « chan­ger les règles du jeu », ou « chan­ger de sys­tème ».

Ain­si que l’a remar­qué Kwame Ture :

« Le capi­ta­lisme, sys­tème insi­dieux, cherche non seule­ment à fonc­tion­ner sur l’ex­ploi­ta­tion de notre labeur et d’autres res­sources, mais aus­si à rendre confuse notre réflexion. Il cherche à nous faire croire que nous pen­sons, quand, en réa­li­té, nous ne fai­sons que réagir à quelque sti­mu­li. »

Voi­ci ce qu’on peut lire dans un article publié le 16 sep­tembre 2019, sur le site du Finan­cial Times (jour­nal capi­ta­liste s’il en est) :

« VOICI LE NOUVEAU PROGRAMME

La pros­pé­ri­té du capi­ta­lisme de libre entre­prise dépen­dra de sa capa­ci­té à faire du pro­fit, mais du pro­fit avec un objec­tif. […]

Le capi­ta­lisme de libre-entre­prise s’est mon­tré remar­qua­ble­ment capable de se réin­ven­ter lui-même. De temps à autre, ain­si que l’his­to­rien et poli­ti­cien Tho­mas Babing­ton Macau­lay l’a intel­li­gem­ment remar­qué, il est néces­saire de le réfor­mer afin de mieux le pré­ser­ver. Nous sommes aujourd’­hui dans un tel moment. Le temps est venu de le relan­cer. »

Ce que l’on constate aujourd’­hui, en effet, c’est que le capi­ta­lisme cherche à assu­rer son ave­nir, à se réfor­mer pour mieux se pré­ser­ver. Ain­si que le sou­haite Al Gore :

« Ces temps-ci sont cru­ciaux pour les inves­tis­seurs. C’est au cours des dix pro­chaines années que nous devons accé­lé­rer urgem­ment la tran­si­tion vers une éco­no­mie à faible émis­sion de car­bone. Nous pen­sons que le capi­ta­lisme court le risque de s’écrouler. En consé­quence, le com­merce, qui a été assez timide par le pas­sé en ce qui concerne la méca­nique de l’investissement dans la sou­te­na­bi­li­té, s’apprête à aug­men­ter sa visi­bi­li­té. Nous devons y aller à fond. Nous allons deve­nir plus agres­sif parce que nous n’avons pas le choix. »

Et ce que l’on constate aus­si, c’est que le « mou­ve­ment pour le cli­mat », sou­te­nu par tout un pan des inté­rêts capi­ta­listes (y com­pris par le Finan­cial Times, qui le pro­meut régu­liè­re­ment) par­ti­cipe à l’ef­fer­ves­cence cen­sée sti­mu­ler cette relance du capi­ta­lisme. Sous cou­vert de toutes sortes de pro­messes, pré­ten­tions vertes à sau­ver le cli­mat ou la pla­nète, c’est son ave­nir à lui qu’il espère pré­ser­ver.

D’où l’en­thou­siasme de ce cher Bill.

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PAS CONTRE LA CROISSANCE, PAS POLITIQUE, ET VIVE LA SCIENCE (encore)

Dans une inter­view accor­dée au Dagens Nyhe­ter, un quo­ti­dien sué­dois, inter­view qui se déroule dans la voi­ture élec­trique de Schwar­ze­neg­ger (si, si, c’est sérieux, il a gra­cieu­se­ment pro­po­sé à Gre­ta Thun­berg et son équipe de la leur prê­ter durant leur séjour aux Amé­riques), Gre­ta Thun­berg met les choses au clair concer­nant ce qu’elle pense de la crois­sance, et répète son refrain habi­tuel de sou­mis­sion durable vis-à-vis des Auto­ri­tés Scien­ti­fiques (et rien de tout cela n’est poli­tique, c’est juste LA Véri­té, car Scien­ti­fique, bien évi­dem­ment). Mor­ceaux tra­duits :

« Ils font de cela un sujet poli­tique, mais je ne parle jamais de poli­tique, tout ce que je dis, c’est que nous devons écou­ter la Science. […]

Je n’ai jamais fait de décla­ra­tion poli­tique. Je n’ai jamais sou­te­nu de par­ti poli­tique et je n’ai jamais for­mu­lé d’o­pi­nion poli­tique. […]

Je n’ai jamais dit que nous ne devrions pas avoir de crois­sance éco­no­mique. J’ai sim­ple­ment dit qu’au lieu de nous concen­trer avant tout sur la crois­sance éco­no­mique et de par­ler argent, nous devrions par­ler des vies humaines et des éco­sys­tèmes. »

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GRETA THUNBERG ET LE CAPITALISME VERT (encore)

La média­ti­sa­tion de Gre­ta Thun­berg consti­tue, assez clai­re­ment, et depuis son com­men­ce­ment, une récu­pé­ra­tion de plus, un détour­ne­ment de plus des inquié­tudes éco­lo­gistes ain­si que des inquié­tudes qu’on pour­rait dire col­lap­so­lo­giques (des inquié­tudes vis-à-vis du futur de la socié­té tech­no-indus­trielle qu’elle est mena­cée par le réchauf­fe­ment cli­ma­tique, ouin, ouin), qui tra­versent une par­tie de la popu­la­tion des pays riches, déjà « déve­lop­pées », indus­tria­li­sées.

Il y a bien long­temps que le sys­tème indus­triel et capi­ta­liste (les prin­ci­paux groupes d’intérêts qui le dirigent) a com­pris qu’une des condi­tions pour que les gens croient aux pré­ten­tions démo­cra­tiques dont il se pare désor­mais implique, en son sein, une sorte d’opposition, la mise en scène d’une pseu­do-conflic­tua­li­té — en véri­té, par­fai­te­ment inof­fen­sive. Ce n’est pas par hasard que Gre­ta Thun­berg est invi­tée au Forum de Davos, à tous les évè­ne­ments inter­na­tio­naux en lien avec le réchauf­fe­ment cli­ma­tique, qu’on lui pro­pose des tri­bunes dans les médias de masse les plus pres­ti­gieux, etc.

Et, comme une fois n’est pas cou­tume, une fois de plus, une bonne par­tie de ceux qui, en temps nor­mal, com­prennent à peu près les nui­sances que consti­tuent ledit Forum, les­dits médias de masse, la mas­ca­rade anti­dé­mo­cra­tique sur laquelle repose les grands som­mets inter­na­tio­naux, etc., ont néan­moins pla­cé beau­coup d’espoir dans la jeune Gre­ta Thun­berg, pré­sen­tée comme une figure de proue d’une sorte de rébel­lion en faveur d’une trans­for­ma­tion qui ren­drait sou­te­nable — qui assu­re­rait l’avenir de — la socié­té tech­no-indus­trielle. Notam­ment parce qu’ils par­tagent, en fin de compte, cette aspi­ra­tion.

(Le fait que Gre­ta Thun­berg soit atta­quée par une par­tie des médias de masse, de l’intelligentsia média­tique, des poli­ti­ciens, cette par­tie qui se fiche pas mal du réchauf­fe­ment cli­ma­tique, ou le nie, illustre bien la pseu­do-conflic­tua­li­té que met en scène le sys­tème tech­no­ca­pi­ta­liste pour assu­rer sa per­pé­tua­tion. Les deux camps (les pro et anti-Gre­ta des médias de masse) par­tagent, quoi qu’il en soit, un même objec­tif : la conti­nua­tion de la civi­li­sa­tion indus­trielle. Seule­ment, les anti-Gre­ta consi­dèrent qu’elle n’est pas mena­cée, que tout va bien, que le réchauf­fe­ment cli­ma­tique est un canu­lar).

L’époque étant à la confu­sion, si la prin­ci­pale reven­di­ca­tion du « mou­ve­ment des jeunes pour le cli­mat », à savoir « s’il vous plait, sau­vez nos vies et notre futur » (voir ici), relève d’un com­plet nar­cis­sisme, d’une inquié­tude auto­cen­trée, socio­cen­trée, pou­vant être tra­duite par « s’il vous plait, sau­vez l’avenir de notre uni­vers, la socié­té indus­trielle, faites en sorte qu’elle ne s’écroule pas, qu’elle ne soit pas détruite par le réchauf­fe­ment cli­ma­tique », le même mou­ve­ment lui adjoint des reven­di­ca­tions concer­nant un peu toutes les luttes sociales du moment, en sou­te­nant par exemple les luttes des peuples indi­gènes (les­quels sont, para­doxa­le­ment, détruits par la socié­té tech­no-indus­trielle capi­ta­liste dont les jeunes « pour le cli­mat » cherchent à assu­rer l’avenir), le fémi­nisme (mais le fémi­nisme capi­ta­liste, celui qui réclame l’égalité dans l’exploitation, dans la domi­na­tion, dans les inéga­li­tés), etc.

Quoi qu’il en soit, lorsque j’ai cri­ti­qué la média­ti­sa­tion et le dis­cours de Gre­ta Thun­berg, affir­mé qu’il s’agissait d’une mani­fes­ta­tion de plus d’une fausse oppo­si­tion au ser­vice du ver­dis­se­ment du capi­ta­lisme, d’une nou­velle phase de déve­lop­pe­ment indus­triel, sup­po­sé­ment verte, cer­tains ont insis­té pour me dire que je me trom­pais, que c’était une sorte d’opposition vraie, spon­ta­née, authen­tique, ou que sais-je. En plus de tout ce que je rap­porte dans quelques articles publiés sur notre site, voi­ci quelques cita­tions tirées du livre inti­tu­lé ‘Scènes du cœur’, écrit par la famille Thun­berg (Gre­ta Thun­berg, Svante Thun­berg, Bea­ta Ern­man, Mal­e­na Ern­man) :

« Les solu­tions existent, elles fonc­tionnent très bien. Avec des sources d’énergies renou­ve­lables comme le solaire et l’éolien, nous avons d’ores et déjà la pos­si­bi­li­té d’entamer une éli­mi­na­tion très rapide de la socié­té des éner­gies fos­siles. Tout avance, mais les inves­tis­se­ments sont encore trop lents. Beau­coup trop lents.

Tout le monde a l’air de croire que la tech­nique va nous sau­ver. Mais les pro­duc­teurs d’énergie freinent l’évolution et nous, les indi­vi­dus qui avons la chance de pou­voir por­ter cette évo­lu­tion, nous n’avons pas l’air de croire à la tech­nique. Ou plus exac­te­ment : nous n’avons pas l’air de croire que nous avons besoin d’être sau­vés. »

« La réduc­tion dra­co­nienne de nos émis­sions sera envi­sa­geable lorsque nous déci­de­rons de fer­mer aus­si vite que pos­sible les puits de pétrole et de nous adap­ter à la nou­velle réa­li­té à laquelle les équipes de recherche à tra­vers le monde nous ren­voient inva­ria­ble­ment.
Ce qui ne veut pas dire qu’une crois­sance verte et durable n’est pas sou­hai­table, pos­sible ou bien­ve­nue.

Mais pour l’heure, nous ne pou­vons avoir d’autre prio­ri­té, car toutes nos marges de manœuvre ont pris fin. »

La rela­tive oppo­si­tion des Thun­berg au nucléaire est un des seuls points posi­tifs de leur dis­cours :

« OK, on a besoin de beau­coup de nou­velles éner­gies non fos­siles. Et on en a besoin main­te­nant, reprend Gre­ta. Alors on doit miser sur l’alternative la moins chère et la plus rapide, la meilleure. Alors pour­quoi miser sur une chose qui néces­site plus de dix années de construc­tion alors qu’on a le vent et le soleil dis­po­nibles en quelques mois seule­ment ? Pour­quoi miser sur une chose si chère, alors que le vent et le soleil le sont beau­coup moins – et le sont de moins en moins à chaque minute qui passe ? Pour­quoi miser sur une chose extrê­me­ment ris­quée quand on peut miser sur une qui ne l’est pas du tout ? »

Mais le déve­lop­pe­ment mas­sif des indus­tries de pro­duc­tion d’énergie dite verte, propre ou renou­ve­lable demeure leur prin­ci­pal che­val de bataille :

« Et au lieu de dépen­ser plus de 4 000 mil­liards de cou­ronnes par an pour sub­ven­tion­ner les éner­gies fos­siles, le monde devrait consa­crer cet argent à déve­lop­per les éner­gies éolienne et solaire. Un chiffre que nous pour­rions cer­tai­ne­ment mul­ti­plier par beau­coup. »

S’ils cri­tiquent les concepts de l’avion « vert » et du char­bon « propre » au motif qu’ils sont loin d’être des réa­li­tés abou­ties, il s’agit tout de même de concepts « pro­met­teur » :

« L’avion vert est à peu près comme le char­bon propre de Trump, ou ce qu’on appelle le Car­bon Cap­ture and Sto­rage (CCS). C’est pro­met­teur, mais ça ne fonc­tion­ne­ra jamais à temps. Sauf pour les entre­prises qui ont les yeux ban­dés, bien sûr.

Ces entre­prises qui pré­tendent que tout va s’arranger, à condi­tion que nous conti­nuions à ache­ter leurs pro­duits verts. »

On note­ra qu’ils se moquent des « pro­duits verts » de cer­taines entre­prises tout en pro­mou­vant ver­te­ment le déve­lop­pe­ment des indus­tries de pro­duc­tion d’énergie soi-disant « verte ».

On note­ra aus­si la dépo­li­ti­sa­tion qu’ils pro­meuvent au tra­vers de leur ido­lâ­trie de « la science » :

« Nous vou­lons que vous res­pec­tiez l’accord de Paris et les pré­co­ni­sa­tions des rap­ports du GIEC. Nous n’avons aucun autre mani­feste poli­tique ou demande que celle-là : écou­tez la science ! »

« Il y a un autre argu­ment contre lequel je ne peux rien, le fait que « je suis juste une enfant et que nous ne devrions pas écou­ter les enfants ». Cela peut faci­le­ment se résoudre : écou­tez la science à la place. Parce que si tout le monde écou­tait les scien­ti­fiques et les faits aux­quels je me réfère tout le temps, per­sonne n’aurait à m’écouter moi ou les cen­taines de mil­liers d’enfants en grève de l’école pour le cli­mat, et ce par­tout dans le monde. Alors nous pour­rions tous retour­ner à l’école. Je suis juste une mes­sa­gère. […] Je ne dis rien de nou­veau, seule­ment ce que les scien­ti­fiques répètent depuis des années. »

En cela, ils rejoignent l’élite diri­geante du tech­no­ca­pi­ta­lisme, les capi­taines d’industrie de la Sili­con Val­ley, à l’instar de Bill Gates, dont la recom­man­da­tion numé­ro 1, pour le futur, est : « Lais­ser la science et l’innovation nous gui­der ».

L’apologie de la Science et des indus­tries des soi-disant « renou­ve­lables » ne met­tra ni un terme au réchauf­fe­ment cli­ma­tique, ni à la des­truc­tion du monde natu­rel. Le déve­lop­pe­ment de nou­velles indus­tries n’a jamais été une solu­tion pour lut­ter contre la des­truc­tion du monde par l’industrie. Les indus­tries de pro­duc­tion de pan­neaux solaires pho­to­vol­taïques, d’éoliennes, de construc­tion de bar­rages hydro­élec­triques, etc., sont syno­nymes de dégra­da­tions envi­ron­ne­men­tales de bout en bout, ain­si que d’exploitation des êtres humains réduits au rang de « res­sources humaines » par le capi­ta­lisme.

Ceux qui se sou­cient du monde natu­rel, de la san­té de la bio­sphère, des com­mu­nau­tés bio­tiques, des autres espèces vivantes, de même que ceux qui se sou­cient de la liber­té, de l’égalité, de la joie et de la digni­té humaines, ont à com­battre leurs prin­ci­paux enne­mis : le capi­ta­lisme, l’industrialisme, la tech­no­lo­gie (c’est-à-dire le déve­lop­pe­ment tech­nique de la socié­té indus­trielle capi­ta­liste), les tech­no­lo­gies auto­ri­taires plus géné­ra­le­ment, la Science (l’institution de recherche for­mée par et pour la socié­té capi­ta­liste), l’État, c’est-à-dire aus­si la déme­sure, la délé­ga­tion ins­ti­tu­tion­na­li­sée et obli­ga­toire du pou­voir indi­vi­duel, etc. Rien de tout cela n’est ne serait-ce que ques­tion­né par les Thun­berg. Au contraire.

En atten­dant, au nom de la lutte pour conser­ver un cli­mat adap­té à la socié­té indus­trielle, on rase des forêts pour ali­men­ter des cen­trales à bio­masse ou ins­tal­ler des cen­trales pho­to­vol­taïques, on fait tour­ner l’industrie des extrac­tions minières pour obte­nir les maté­riaux néces­saires à la construc­tion des pan­neaux, d’éoliennes, ou de bar­rages hydro­élec­triques, mais aus­si l’industrie du BTP (grâce à Cyril Dion et à la Conven­tion Citoyenne pour le Cli­mat, en France, qui veulent refaire l’isolation de tous les loge­ments), on fait de l’argent, on exploite des tra­vailleurs un peu par­tout, bref, busi­ness-as-usual. Vive la Science. Vive le Pro­grès. Vive Gre­ta Thun­berg.

Nico­las Casaux

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Comments to: Greta Thunberg, Extinction Rebellion et le mouvement pour le développement durable (par Nicolas Casaux)
  • 15 septembre 2019

    Bon­jour,
    Ne vous inquié­tez pas, vos idées vont s’ins­tal­ler toutes seules ! En com­bien de temps, je ne sais pas.
    Pre­nez le voca­bu­laire des 50 der­nières années et écri­vez les contraires pour les 50 qui viennent.
    Mais, la marche arrière ne se fera pas sur la route de la marche avant car les res­sources ne seront pas les mêmes et le savoir glo­bal a aug­men­té.
    Dans le voca­bu­laire, on va trou­ver :
    Pénu­rie, ration­ne­ment, manque, maladie,cherté, délai, récu­pé­ra­tion, local, débrouillar­dise, mar­ché noir, vol, manuel, savoir faire, par­tage, et tant d’autres.
    Donc, il faut chan­ger :
    Avoir en être
    Consom­mer en faire
    Indi­vi­duel en par­ta­gé

    On peut com­men­cer demain !

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  • 16 septembre 2019

    Mer­ci pour cette ana­lyse que je par­tage entie­re­ment. J’ai rejoins Extinc­tion rebel­lion au Royaume Unis en toute connais­sance de cause de ce green­wa­shing. Cepen­dant c’est un mou­ve­ment qui per­met a de nom­breux acti­vistes en herbe de se culti­ver, de creer des reseaux, de s’au­to orga­ni­ser dans une societe ultra indi­vi­dua­liste consu­me­riste cari­ca­tu­rale (j’ha­bite Londres). C’est donc un bon debut qui va per­mettre de poli­ti­ser et de radi­ca­li­ser une par­tie de la popu­la­tion. Inde­pen­de­ment de se que peuvent pen­ser les diri­geants d’ER. A la base, on trouve aus­si de nom­breux acti­vistes qui s’op­posent a la civi­li­sa­tion indus­trielle, et peuvent pro­pa­ger cette cri­tique au sein des mili­tants. N’ou­blions pas que , par ana­lo­gie, le mou­ve­ment des gilets jaunes a com­mence par la cri­tique du prix de l’es­sence pour finir par une remise en ques­tion pro­fonde de notre societe.

    Reply
    • 26 septembre 2019

      oui je suis d accord avec les com­men­taires d atchoum et nico­las ; ces idees sont en train de s ins­tal­ler, tout cela ; les actions diverses et sabo­tages per­mettent d inter­pel­ler la popu­la­tion qui ne s en sou­ciait guère avant qu elle ne soit tou­chée elle même mal­heu­reu­se­ment, tou­chée dans sa chair. En s’im­mis­çant dans une manif clas­sique cli­mat, les gens s’intéressaient aux pan­cartes pla­cées au sol avant le départ du cor­tège, sur­tout celles concer­nant la conta­mi­na­tion radio­ac­tive (tirées d’i­ci http://independentwho.org/fr/tracts-materiel-exposition/) et aus­si quelques une sur la sou­ve­rai­ne­té ali­men­taire d ici http://souverainetealimentaire.org/wp-content/uploads/2018/11/SOUVERAINETE_ALIMENTAIRE_expo_70x100cm_Eline.pdf et aus­si les slo­gans un peu iro­niques comme ici : https://bellaciao.org/fr/spip.php?article162386 (l’i­ro­nie est une arme aus­si, Jan­ke­le­vitch a écrit un livre là des­sus). Pour moi on doit s’o­rien­ter selon nos affi­ni­tés et moyens, mais sur­tout le plus urgent et grave de la folie tech­no capi­tal civi­lis etc. est le nuc et ce qui se passe à Bure (Nan­cy ce 28 Sep­tembre et par la suite sera le point névral­gique pour la sur­vie ou pas de ce doux dingue d homo­sa­piens. C’est un peu Lon­guet gérard comme ils disent dans la Meuse (avec les fau­cheurs les pro­cès conti­nuent aus­si cet hiver pour des actions à décou­vert mais on s’o­riente plus sur le fau­chages reven­di­qués sans don­ner les noms ; l’u­ni­vers du pro­cès a ses limites aus­si) mais tant que l’on voit de l’a­mour et de la fra­ter­ni­té non pas mal­gré nos dif­fé­rences mais avec nos dif­fé­rences comme j’ai vu avec les vigies, les fau­cheurs, à Bure Nddl, Sivens Anti Jo Anne­cy etc, cela vaut la peine de lut­ter et de vivre pour aus­si trans­mettre cela et ain­si de suite. Si on essaye rien on a rien, c’est ce que j’ai dit au cdt dubois qui me rem­bar­rait lors d’une gav. On doit les mettrent devant leurs contra­dic­tions ces flics bidasses et poli­ti­cars ; « le culte imbé­cile et san­glant de la Nation » décrit par Char­bon­neau, car ils se font pipi des­sus et c’est du gly­pho­sate.

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  • 16 septembre 2019

    Et encore, vous n’a­vez pas rele­vé le point le plus ter­ri­fiant du dis­cours de Gre­ta Thun­berg. C’est écrit en grand sur la voile du bateau qui l’a ame­née à New-York, et cela a été répé­té devant les dépu­tés fran­çais lors de sa venue à l’As­sem­blée Natio­nale : « Unite behind the science ».
    Cela rejoint un leit­mo­tiv qui se répand insi­dieu­se­ment ces temps-ci dans la bouche de tous les éco­los de salon et autres acteurs du show-biz repeints en vert : d’a­près eux, ce qu’il nous faut, c’est le par­ti unique (Phi­lippe Tor­re­ton, par­mi d’autres), char­gé d’ap­pli­quer le pro­gramme décré­té par les experts pour « sau­ver le cli­mat ». L’en­fer Vert de Ber­nard Char­bon­neau n’est plus loin, et c’est vers lui que che­minent les « mar­cheurs du cli­mat ».
    Dans cette pers­pec­tive, il est assez étrange de lire les appels rituels à la « conver­gence des luttes » de la part d’or­ga­ni­sa­tions inves­ties dans le mou­ve­ment des gilets jaunes : com­ment peut-on faire conver­ger une aspi­ra­tion à la ges­tion éta­tique du désastre et des insur­gés qui rejettent fausse repré­sen­ta­tion et petits chefs ?

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    • 16 septembre 2019

      Effec­ti­ve­ment. Je l’a­vais sou­li­gné dans un billet que je n’ai pas publié ici. Le voi­ci :

      Le conseil du jour, par Gre­ta Thun­berg :

      « Il faut que nous nous conten­tions de trans­mettre ce mes­sage, sans for­mu­ler de demandes, sans for­mu­ler aucune demande. Nous n’avons pas l’éducation qu’il faut pour nous per­mettre de for­mu­ler des demandes, il faut lais­ser cela aux scien­ti­fiques. Nous devrions sim­ple­ment nous concen­trer sur le fait de par­ler au nom des scien­ti­fiques, dire aux gens qu’il faut les écou­ter eux. Et c’est ce que j’essaie de faire. Ne pas avoir d’opinions vous-mêmes, mais tou­jours vous réfé­rer à la science. »

      Ce qui donne : « Per­son­nel­le­ment je suis contre le nucléaire, mais selon le GIEC, il peut consti­tuer une petite par­tie d’une grande solu­tion éner­gé­tique décar­bo­née, par­ti­cu­liè­re­ment dans les pays et les régions qui ne dis­posent pas de pos­si­bi­li­tés pour déve­lop­per mas­si­ve­ment les éner­gies renou­ve­lables […]. »

      Vous avez pigé tas d’i­gnares ? Vous ne pou­vez pas com­prendre. Vous pen­sez peut-être que le nucléaire est un désastre ultime à déman­te­ler au plus vite, au même titre que la civi­li­sa­tion indus­trielle dans son ensemble, mais en réa­li­té vous n’a­vez pas l’é­du­ca­tion qu’il faut pour vous for­mer une opi­nion sur le sujet. Vous ne savez pas. Vous ne pou­vez pas savoir. Les experts, eux, savent. Ils savent que la voi­ture élec­trique, les pan­neaux solaires, les éoliennes, le nucléaire (ou peut-être, l’é­co­nu­cléaire, ou le bio­nu­cléaire), l’é­co­no­mie cir­cu­laire, l’a­gri­cul­ture bio, la géo-ingé­nie­rie, etc., vont nous sau­ver, endi­guer le réchauf­fe­ment cli­ma­tique et rendre sou­te­nable (et même juste et éga­li­taire !) la civi­li­sa­tion. Alors n’ayez crainte. Ayez foi en la science. Au pro­grès. Bande d’i­diots pes­si­mistes, un ave­nir radieux se pro­file !

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      • 17 septembre 2019

        Ce slo­gan, « Unite behind science », rap­pelle furieu­se­ment les délires de Saint Simon, qui vou­lait fon­dée une nou­velle Eglise dont les scien­ti­fiques consti­tue­raient le cler­gé appuyé sur les maîtres des forces pro­duc­tives (indus­triels et finan­ciers). J’a­vais publié il y a quelques temps ce texte :

        lemoinedefroque.home.blog/2019/03/07/saint-simon-et-la-religion-industrielle/

        Mal­heu­reu­se­ment, je crains qu’au­jourd’­hui les esprits soient presque mûrs pour ce genre de dys­to­pie. Les mar­cheurs du cli­mat l’ap­pellent de leurs vœux, et pour en avoir dis­cu­té avec pas mal de gilets jaunes en manif, c’est leur cas aus­si (c’est l’acte de foi habi­tuel : « t’in­quiète, la science aura bien la solu­tion »).

        Reply
      • 18 septembre 2019

        Hélas ! bien en phase avec votre rage et son expres­sion !

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  • 18 septembre 2019

    Tout à fait d’ac­cord avec ça ! ça me fait pen­ser à l’é­pi­sode Char­lie où nous sommes tous frères ! En tout cas ça marche du feu de dieu, il est rare de ne pas avoir dans son entou­rage quel­qu’un qui n’en soit pas convain­cu.
    Je râlais toute seule dans ma cui­sine ou dehors j’ar­gu­men­tais gen­ti­ment ; je sens que je vais m’au­to­ri­ser à hur­ler!!
    Mer­ci donc

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  • 23 septembre 2019

    J’ai pas aimé auteure. On dit AUTEUR n’en déplaise aux fémi­nistes eux aus­si acteurs de la décom­po­si­tion et de l ‘effon­dre­ment de notre socié­té !

    Reply
    • 23 septembre 2019

      On dit « je n’ai pas aimé », n’en déplaire aux viri­listes ortho­gra­pho­ma­niaques qui se décom­posent face à toute ten­ta­tive de décons­truc­tion lin­guis­tique des rap­ports de domi­na­tion de genre…

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      • 4 octobre 2019

        Tu pren­dras le temps de nous expli­quer en détail ta ver­sion des « rap­ports de domi­na­tion de genre » dans l’or­tho­graphe fran­çaise, qu’on rigole un peu.

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  • 29 septembre 2019

    Bon­jour, article très bien construit et détaillé sur la situa­tion et les rouages du pou­voir mon­dial actuel.
    Après avoir lu plu­sieurs articles de Nico­las tou­jours bien écris et struc­tu­rés je suis en par­tie en accord avec la clar­té de la cri­tique struc­tu­relle qu’il fait de la socié­té indus­trielle.
    En revanche là où c’est beau­coup moins clair, c’est sur l’al­ter­na­tive pro­po­sée.
    Qu’elle est elle exac­te­ment ?
    Déman­te­ler cen­trales usines agroin­dus­tries..?
    Le pro­blème étant que nous sommes plus de 7,5 mil­liards d’hu­mains à l’heure actuelle et qu’un déman­tè­le­ment rapide et non orga­ni­sé de cette socié­té risque d’en­traî­ner des pro­blèmes d’une com­plexi­té inso­luble à court terme.
    Avez vous un plan un peu plus détaillé que « faire des com­mu­nau­tés à taille humaine et pas­ser à l’ar­ti­sa­na­lisme » ?

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  • 7 octobre 2019

    Dans le monde réel­le­ment ren­ver­sé, le vrai est un moment du faux.
    La Socié­té du spec­tacle (1967), Guy Debord, éd. Gal­li­mard, coll. « Quar­to », 2006, p. 768 (thèse 9)

    https://youtu.be/jeKvLXIImV4

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  • 10 octobre 2019

    Nico­las je vous aime. Vous appor­tez tou­jours des lumières sur mes doutes. C’est un immense tra­vail de recherches que vous m’é­par­gnez et comme je vous reçois 5/5 c’est par­fait.

    Reply
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