Transgenrisme, effacement politique du sexe et capitalisme (par le Collectif anti-genre)

Le texte sui­vant nous a été envoyé par le « Col­lec­tif anti-genre ». Les illus­tra­tions (inserts d’images et de vidéos) sont ajou­tées par nous.


1. L’être humain est une espèce sexuel­le­ment dimor­phique à la repro­duc­tion sexuée, c’est-à-dire qui « implique la par­ti­ci­pa­tion de deux orga­nismes paren­taux de même espèce, de sexes dif­fé­rents. Ce mode de repro­duc­tion fait inter­ve­nir l’u­nion de deux gamètes, mâle et femelle[1]. »

2. Ici, quand nous par­lons du sexe, nous fai­sons donc réfé­rence (excu­sez le pléo­nasme) au sexe bio­lo­gique, c’est-à-dire à la pre­mière et prin­ci­pale défi­ni­tion du terme sexe, liée à la repro­duc­tion : « Ensemble des élé­ments cel­lu­laires (sper­ma­to­zoïdes à chro­mo­some X ou Y ; ovules à chro­mo­some X), orga­niques (pros­tate, glandes de Cow­per, vési­cules sémi­nales, canaux excré­teurs, pénis, tes­ti­cules ; seins, ovaires, trompes, uté­rus, vagin, vulve), hor­mo­naux (tes­to­sté­rone ; fol­li­cu­line, pro­ges­té­rone), etc., qui dif­fé­ren­cient l’homme et la femme et qui leur per­mettent de se repro­duire[2] ».

3. Ain­si — et c’est au fon­de­ment même de la repro­duc­tion sexuée — il n’existe que deux sexes : mâle et femelle.

4. Les termes « femme » et « homme » sont — encore actuel­le­ment, dans la plu­part des dic­tion­naires — défi­nis en fonc­tion du sexe. C’est, entre autres, sur cet état de fait que se sont struc­tu­rées notre com­pré­hen­sion de l’humanité ain­si que les lois éta­tiques (jusqu’à encore très récem­ment, nous y reviendrons).

5. « Femme » désigne « l’être humain adulte de sexe fémi­nin[3] », soit la femelle humaine, qui pro­duit les gamètes femelles, les ovules. « Homme » désigne le « mâle adulte de l’es­pèce humaine[4] » ou « l’être humain doué de carac­tères sexuels mas­cu­lins[5] ». L’homme pro­duit les gamètes mâles, les spermatozoïdes.

6. L’intersexuation « est le résul­tat d’une ano­ma­lie de la dif­fé­ren­cia­tion sexuelle au cours de l’embryogenèse repé­rable par une mal­for­ma­tion des organes géni­taux internes et externes[6] » (on parle par­fois de « désordres » ou de « troubles » du déve­lop­pe­ment sexuel). Le fait qu’il s’agisse d’anomalies — dans le sens des­crip­tif d’un « écart par rap­port à une norme ou un repère » (défi­ni­tion du CNRTL) — ne signi­fie pas que l’intersexuation n’est pas un phé­no­mène « natu­rel ». Cela dit, selon cer­tains scien­ti­fiques, cer­tains cher­cheurs, et quelques études scien­ti­fiques, la pré­sence de plus en plus impor­tante de per­tur­ba­teurs endo­cri­niens dans l’environnement indui­rait une aug­men­ta­tion des cas d’intersexuation[7]. Les « états inter­sexués » sont par­fois qua­li­fiés de « varia­tions du déve­lop­pe­ment sexuel » (VDS) ou de « troubles du déve­lop­pe­ment sexuel » ou encore de « troubles de la dif­fé­ren­cia­tion sexuelle » (TDS). Il semble qu’une volon­té de ne pas stig­ma­ti­ser les per­sonnes qui en sont atteintes encou­rage une cer­taine édul­co­ra­tion de la réa­li­té, notam­ment au tra­vers de la ter­mi­no­lo­gie employée. Par­ler de « trouble » sug­gère une « alté­ra­tion de l’ordre », tan­dis que « varia­tion », plus neutre, ne sug­gère qu’un chan­ge­ment, une simple dif­fé­rence. Or, sou­vent, ceux qui décrivent l’intersexuation comme un simple ensemble de « varia­tions natu­relles » oublient de rap­pe­ler que ces « varia­tions » vont, par­fois, mais pas tou­jours, de pair avec divers pro­blèmes de san­té (les­quels expliquent une par­tie des inter­ven­tions chi­rur­gi­cales pra­ti­quées sur les per­sonnes dites « inter­sexes »), ou peuvent décou­ler d’une expo­si­tion à des per­tur­ba­teurs endo­cri­niens — ce qui, le cas échéant, rend assez dis­cu­table le qua­li­fi­ca­tif de « naturel ».

7. Rien de tout cela — pré­ci­sons l’évidence — n’implique que les per­sonnes dites « inter­sexes » sont des monstres, ni aucun déni­gre­ment à leur encontre.

8. D’aucuns consi­dèrent par­fois que le sexe fait réfé­rence à 5 para­mètres dif­fé­rents : le sexe chro­mo­so­mique (ou géné­tique), le sexe ana­to­mique (ou géni­tal, ou gona­dique), le sexe légal, le sexe hor­mo­nal et les rôles sexuels (par­fois aus­si appe­lés genre, nous y revien­drons). Concer­nant le géné­tique, le gona­dique et l’hormonal : « cha­cun de ces para­mètres sexuels peut avoir des variants », remarque Éric Vilain, du labo­ra­toire Épi­gé­né­tique, don­nées, poli­tique basé aux États-Unis et rat­ta­ché au CNRS. Fai­sant ain­si réfé­rence au phé­no­mène de l’intersexuation, il note : « Par exemple, les indi­vi­dus dits “mosaïques XX/XY” pré­sentent des gonades consti­tuées à la fois d’ovaires et de tes­ti­cules. Dès lors, on pour­rait en conclure qu’il existe une com­bi­nai­son infi­nie de sexes bio­lo­giques… Et, par là même, bien plus que les cinq sexes pro­po­sés par Anne Faus­to-Ster­ling dans les années 1990, car la bio­lo­giste amé­ri­caine se réfé­rait à une défi­ni­tion essen­tiel­le­ment gona­dique du sexe. » Alors, existe-t-il un nombre qua­si illi­mi­té de sexes bio­lo­giques ? Non, conti­nue Éric Vilain, car : « Les états inter­mé­diaires des dif­fé­rents sexes bio­lo­giques sont extrê­me­ment rares et sou­vent asso­ciés à une infer­ti­li­té, ce qui, d’un point de vue évo­lu­tif, les condamne à une impasse, argu­mente le cher­cheur. Mettre sur le même plan les deux sexes bio­lo­giques lar­ge­ment majo­ri­taires, et les sexes inter­mé­diaires très faibles numé­ri­que­ment, n’est pas rai­son­nable. » D’autant plus que le pro­pos d’Éric Vilain témoigne d’une confu­sion assez habi­tuelle dans le dis­cours des pro­mo­teurs de la thèse selon laquelle les sexes seraient innom­brables : il com­mence par par­ler « d’états inter­mé­diaires », donc inter­mé­diaires entre les deux sexes, puis parle de « sexes inter­mé­diaires », comme s’il s’agissait de sexes à part entière et donc plus seule­ment d’« états inter­mé­diaires ». « États inter­mé­diaires » et « sexes inter­mé­diaires » sont deux expres­sions signi­fiant des choses très dif­fé­rentes, mais qu’il emploie de manière inter­chan­geable. Les varia­tions (ou troubles, ou ano­ma­lies) du déve­lop­pe­ment sexuel, qu’Éric Vilain appelle « états inter­mé­diaires », qu’on peut aus­si appe­ler « états inter­sexués », outre qu’elles ne consti­tuent pas, par défi­ni­tion, la norme (encore une fois, au sens des­crip­tif), sont toutes des varia­tions autour de deux thèmes, de deux pôles, des deux sexes : femelle et mâle.

9. Encore une fois, cette confu­sion bio­lo­gique et séman­tique dis­si­pée, on peut donc affir­mer que : comme tous les autres mam­mi­fères, les humains se divisent en deux sexes, mâles (hommes) et femelles (femmes).

10. Peut-on chan­ger de sexe ? Actuel­le­ment : léga­le­ment oui, bio­lo­gi­que­ment non. Avec la chi­rur­gie, l’anatomie d’un indi­vi­du peut être alté­rée afin de rap­pro­cher son appa­rence de celle du sexe oppo­sé. Mais un être humain pro­dui­sant de petits gamètes ne peut être chan­gé en un être humain en pro­dui­sant de grands. Nous nais­sons avec une cer­taine sexua­tion et rien ne peut chan­ger cela. L’ADN — la géné­tique des cel­lules du corps humain — n’est aucu­ne­ment alté­ré par la chi­rur­gie. L’idée selon laquelle « la chi­rur­gie trans­genre ou “chi­rur­gie de réas­si­gna­tion sexuelle” per­met à un indi­vi­du de chan­ger de sexe » est un men­songe (a mini­ma, un abus de lan­gage). Tous les pro­fes­sion­nels en charge de ce genre d’opération le savent bien, et nombre de sites web d’institutions concer­nées (hôpi­taux, cli­niques) le for­mulent sans ambages. Sur le site web www.transparis.fr (« un site web d’information médi­cale concer­nant la chi­rur­gie tran­si­den­ti­taire [syno­nyme de trans­genre] de l’équipe pari­sienne de l’hôpital Tenon »), on lit par exemple : « En règle géné­rale l’intervention chi­rur­gi­cale per­met d’obtenir des organes géni­taux d’apparence exté­rieure natu­relle et très voi­sine de l’anatomie fémi­nine [ou mas­cu­line], avec une fonc­tion sexuelle très satis­fai­sante. » Le chan­ge­ment est uni­que­ment d’apparence, esthé­tique. Le sexe de la per­sonne ne change pas. La page Wiki­pé­dia consa­crée à cette opé­ra­tion chi­rur­gi­cale la décrit aus­si de manière suf­fi­sam­ment hon­nête en par­lant d’une opé­ra­tion « per­met­tant de modi­fier les carac­té­ris­tiques sexuelles ini­tiales afin d’ob­te­nir l’apparence du sexe oppo­sé ». Georges Burou, un méde­cin ayant opé­ré des cen­taines de patients, fut hon­nête sur ce point en décla­rant : « Je ne trans­forme pas les hommes en femmes. Je trans­forme des organes géni­taux mâles en organes géni­taux qui ont une appa­rence fémi­nine. Tout le reste se passe dans la tête du patient. »

11. Le genre dif­fère du sexe.

12. Le genre désigne des carac­té­ris­tiques socia­le­ment — cultu­rel­le­ment — éla­bo­rées, asso­ciées et incul­quées aux deux sexes sus­men­tion­nés (c’est-à-dire des sté­réo­types sexos­pé­ci­fiques, exemples : les gar­çons aiment le foot­ball et les filles le rouge à lèvres), ain­si que leurs rap­ports entre eux, le tout pré­sen­té comme étant natu­rel. Dans le cadre de ce concept du genre, l’ensemble des traits asso­ciés aux femmes et aux filles, aux indi­vi­dus de sexe fémi­nin, consti­tue la fémi­ni­té. L’ensemble des traits asso­ciés aux hommes, aux indi­vi­dus de sexe mas­cu­lins, la mas­cu­li­ni­té. Le genre sug­gère par exemple que les hommes seraient par nature vio­lents, agres­sifs, indé­pen­dants, intré­pides et ration­nels, tan­dis que les femmes seraient par nature pas­sives, déli­cates, nour­ri­cières, irra­tion­nelles et émo­tives. Le genre implique aus­si une asy­mé­trie, un sys­tème de valeurs binaire et hié­rar­chique, dans lequel les hommes sont consi­dé­rés comme supé­rieurs aux femmes, et le mas­cu­lin est consi­dé­ré supé­rieur au fémi­nin. La fémi­niste bri­tan­nique Han­nah Har­ri­son le for­mule ain­si (citant Shei­la Jef­freys, une autre fémi­niste bri­tan­nique et pro­fes­seure de sciences poli­tiques) : « Le “genre” est l’outil patriar­cal ser­vant à oppri­mer les femmes. Il “ordonne les com­por­te­ments de deux groupes d’individus dans une hié­rar­chie oppres­sive com­pre­nant les subor­don­nées, les femmes, et les domi­nants, les hommes”. Dans ce sys­tème, la “fémi­ni­té” consti­tue l’attitude assi­gnée à la classe subor­don­née, et la “mas­cu­li­ni­té”, celle de la classe domi­nante[8]. »

13. Ain­si que l’écrit la fémi­niste cana­dienne Meghan Mur­phy : « De telles idées [les sté­réo­types sexos­pé­ci­fiques, concer­nant l’homme et la femme] ont été réfu­tées, en grande par­tie grâce au mou­ve­ment fémi­niste, mais aujourd’­hui, en créant et en sou­te­nant l’i­dée selon laquelle une per­sonne pour­rait avoir une “iden­ti­té de genre” interne, nous régres­sons. Per­sonne ne naît avec un “genre”. Nous nais­sons homme ou femme. Le genre nous est ensuite impo­sé au tra­vers de notre socia­li­sa­tion. Les femmes ne savent pas qu’elles sont femmes parce qu’elles seraient nées avec un pen­chant pour les talons aiguilles ou la cou­leur rose, elles savent qu’elles sont femmes en rai­son de leur biologie. »

14. Les tran­sac­ti­vistes et autres défen­seurs de la théo­rie du genre aiment à citer la plus célèbre hyper­bole de Simone de Beau­voir — « On ne naît pas femme, on le devient » — et à lui faire dire ce qu’elle ne dit pas, en ne la com­pre­nant pas comme une hyper­bole, mais en la consi­dé­rant au pied de la lettre comme une manière de dire qu’être femme ne relève pas de la bio­lo­gie, mais uni­que­ment d’un condi­tion­ne­ment social. Il suf­fit pour­tant de lire la phrase sui­vante du livre dont elle est tirée — ou, mieux, de lire le livre en entier — pour sai­sir ce que de Beau­voir vou­lait dire : « On ne naît pas femme : on le devient. Aucun des­tin bio­lo­gique, psy­chique, éco­no­mique ne défi­nit la figure que revêt au sein de la socié­té la femelle humaine ; c’est l’en­semble de la civi­li­sa­tion qui éla­bore ce pro­duit inter­mé­diaire entre le mâle et le cas­trat qu’on qua­li­fie de fémi­nin[9]. » Par « On ne naît pas femme, on le devient », elle exprime donc ce fait que la socié­té patriar­cale, au tra­vers de l’idéologie du genre, impose aux femmes une des­ti­née, une place sociale (subor­don­née à celle des hommes), inculque aux femmes une manière d’être femme : la fémi­ni­té. Il se trouve d’ailleurs que le livre en ques­tion s’intitule Deuxième sexe, en réfé­rence à la femme : en effet, au fil des pages, Simone de Beau­voir dis­cute des impli­ca­tions du patriar­cat pour les hommes et les femmes, pour les « deux sexes », et la socié­té dans son ensemble. Le fait qu’elle asso­cie la femme — fort logi­que­ment — à la bio­lo­gie, appa­raît on ne peut plus clai­re­ment à la fin du cha­pitre pre­mier, inti­tu­lé « Les don­nées de la bio­lo­gie » : « Ces don­nées bio­lo­giques sont d’une extrême impor­tance : elles jouent dans l’his­toire de la femme un rôle de pre­mier plan, elles sont un élé­ment essen­tiel de sa situa­tion : dans toutes nos des­crip­tions ulté­rieures, nous aurons à nous y réfé­rer. Car le corps étant l’ins­tru­ment de notre prise sur le monde, le monde se pré­sente tout autre­ment selon qu’il est appré­hen­dé d’une manière ou d’une autre. C’est pour­quoi nous les avons si lon­gue­ment étu­diées ; elles sont une des clefs qui per­mettent de com­prendre la femme. Mais ce que nous refu­sons, c’est l’i­dée qu’elles consti­tuent pour elle un des­tin figé. Elles ne suf­fisent pas à défi­nir une hié­rar­chie des sexes ; elles n’ex­pliquent pas pour­quoi la femme est l’Autre ; elles ne la condamnent pas à conser­ver à jamais ce rôle subor­don­né[10]. » Ailleurs, elle note : « Les deux sexes sont néces­saires l’un à l’autre, mais cette néces­si­té n’a jamais engen­dré entre eux de réci­pro­ci­té ; jamais les femmes n’ont consti­tué une caste éta­blis­sant avec la caste mâle sur un pied d’é­ga­li­té des échanges et des contrats[11]. » Et : « La femme a des ovaires, un uté­rus ; voi­là des condi­tions sin­gu­lières qui l’en­ferment dans sa sub­jec­ti­vi­té ; on dit volon­tiers qu’elle pense avec ses glandes. L’homme oublie super­be­ment que son ana­to­mie com­porte aus­si des hor­mones, des tes­ti­cules[12]. » Encore : « Or la femme a tou­jours été, sinon l’es­clave de l’homme, du moins sa vas­sale ; les deux sexes ne se sont jamais par­ta­gé le monde à éga­li­té ; et aujourd’­hui encore, bien que sa condi­tion soit en train d’é­vo­luer, la femme est lour­de­ment han­di­ca­pée[13]. »

15. Le genre est au fon­de­ment du patriar­cat, socié­té orga­ni­sée par et pour les hommes, autour de leurs inté­rêts, dans laquelle les hommes oppriment les femmes et les enfants, et s’oppriment entre eux. En effet, le patriar­cat est une struc­ture pyra­mi­dale qui néces­site que cer­tains hommes dominent d’autres hommes[14]. Si cer­tains hommes peuvent souf­frir de cette vio­lence indi­vi­duel­le­ment (du fait de leur orien­ta­tion sexuelle, d’attitudes et com­por­te­ments ne cor­res­pon­dant pas aux normes sociales, etc.), tous les hommes en béné­fi­cient col­lec­ti­ve­ment en tant que classe en exploi­tant les femmes au tra­vers du tra­vail domes­tique, émo­tion­nel, repro­duc­tif et sexuel.

16. Genre et sexe sont liés, s’entremêlent, dans la mesure où le genre peut influen­cer le sexe. Les normes sociales, cultu­relles, pou­vant, à la longue, alté­rer la bio­lo­gie[15] et la bio­lo­gie influen­çant le social (ne serait-ce que dans la mesure où le patriar­cat s’est impo­sé et s’impose comme un contrôle des « capa­ci­tés sexuelles et repro­duc­trices » des femmes[16]). Ain­si que le for­mule Anne-Emma­nuelle Ber­ger, direc­trice de l’Institut du genre au CNRS, pro­fes­seure de lit­té­ra­ture et d’études de genre : « Ce qui fait l’humain, c’est l’interaction constante et réci­proque entre des pro­ces­sus bio­lo­giques et des pro­ces­sus de socia­li­sa­tion, de façon­nage par les cultures[17]. »

17. Un homme qui rejette la mas­cu­li­ni­té (l’ensemble des sté­réo­types qu’elle recouvre) demeure un homme, même s’il choi­sit d’embrasser ce qui consti­tue la fémi­ni­té. Une femme qui rejette la fémi­ni­té (l’ensemble des sté­réo­types qu’elle recouvre) demeure une femme, même si elle décide d’embrasser ce qui consti­tue la masculinité.

18. Le terme « trans­genre » n’a aucun sens. Le terme « trans » est aujourd’hui uti­li­sé pour dési­gner un vaste ensemble de phé­no­mènes dif­fé­rents, et tend à englo­ber toute forme de non-confor­misme de genre. Il devient donc com­pli­qué, voire impos­sible, de don­ner une défi­ni­tion pra­tique de « trans­genre », a for­tio­ri sans faire appel à un dua­lisme corps/esprit. Consi­dé­rons, tou­te­fois, une défi­ni­tion com­mune du terme, trou­vée dans une direc­tive gou­ver­ne­men­tale : « Une per­sonne trans est une per­sonne qui ne s’identifie pas à son sexe de nais­sance. Autre­ment dit, c’est une per­sonne dont le sexe ne cor­res­pond pas à l’identité de genre, c’est-à-dire au sen­ti­ment d’être un homme ou une femme (voire ni l’un ni l’autre ou les deux à la fois). » Nous venons de voir qu’être homme ou femme ne relève pas d’une « iden­ti­té de genre », mais de la réa­li­té phy­sique, maté­rielle, de la bio­lo­gie. Nous venons aus­si de rap­pe­ler que le genre est une construc­tion sociale, cultu­relle, qu’en réa­li­té le sexe ne va — intrin­sè­que­ment — de pair avec aucun « genre », aucune « iden­ti­té de genre », qu’il n’est donc, inver­se­ment, incom­pa­tible avec aucune « iden­ti­té de genre ». Croire qu’il existe des per­sonnes « trans », ou « trans­genres », c’est donc croire que le sexe va immua­ble­ment de pair avec un genre, c’est ava­li­ser le sys­tème de valeurs appe­lé « genre ».

19. L’idée selon laquelle nous pour­rions ne pas être notre corps — être « né dans le mau­vais corps » — n’a aucun sens. Sauf du point de vue de la culture domi­nante, patriar­cale et mor­ti­fère. Nous sommes évi­dem­ment notre corps. Défendre le contraire revient à sou­te­nir une dis­so­cia­tion radi­cale entre l’âme (ou l’esprit) et le corps, à croire que le corps n’est qu’un simple véhi­cule, une machine de chair ser­vant de récep­tacle à l’âme (ou l’esprit). Détes­ter ain­si le corps, la matière, revient à détes­ter la vie. En plus de repro­duire une vieille pra­tique patriar­cale consis­tant à nier le corps des femmes[18], une telle dis­so­cia­tion fait évi­dem­ment le lit du trans­hu­ma­nisme. L’analyse fémi­niste montre au contraire que nous sommes né·es dans la mau­vaise socié­té et vise à nous débar­ras­ser du car­can du genre.

20. Pour toutes les rai­sons qui pré­cèdent, sug­gé­rer à des enfants — tout par­ti­cu­liè­re­ment, ceux-ci ne pos­sé­dant pas encore une bonne com­pré­hen­sion des tenants et abou­tis­sants de ce qui leur arrive — qu’ils pour­raient ne pas être nés dans le bon corps, avoir un corps inadé­quat, (pour la rai­son) que leur per­son­na­li­té ne cor­res­pon­drait pas à leur corps (comme si une telle chose avait un sens), au risque de les embar­quer dans une entre­prise de médi­ca­tion à vie, poten­tiel­le­ment nui­sible pour leur san­té phy­sique (et donc men­tale), pou­vant com­prendre une phase de chi­rur­gie aux impli­ca­tions irré­ver­sibles (dès leur majo­ri­té), est par­ti­cu­liè­re­ment mal­ve­nu — et c’est un euphé­misme. Les effets poten­tiels de l’idéologie de l’identité de genre sur les enfants sont dis­cu­tés dans plu­sieurs très bons films docu­men­taires rela­ti­ve­ment récents, tous gra­tui­te­ment visibles en ver­sion ori­gi­nale avec sous-titres en fran­çais (suivre les hyper­liens) : Trans­gen­der Kids : Who Knows Best ? (« Les enfants trans­genres : qui sait le mieux ? ») dif­fu­sé par la BBC en 2017 ; Trans Kids : It’s Time to Talk (« Les enfants trans : il est temps d’en par­ler »), réa­li­sé par la psy­cho­thé­ra­peute et fémi­niste irlan­daise Stel­la O’Malley et dif­fu­sé en 2018 sur une chaîne de télé­vi­sion bri­tan­nique (Chan­nel 4) ; et Dys­pho­ric (« Dys­pho­rique »), sor­ti en 2021 et réa­li­sé par la fémi­niste indienne Vai­sh­na­vi Sun­dar. Plu­tôt que de nous en prendre à l’esprit et la cor­po­réi­té des enfants, ne vau­drait-il pas mieux que nous nous affran­chis­sions de la domi­na­tion patriar­cale et des sté­réo­types qu’elle impose (à l’aune des­quels les pro­mo­teurs et les adeptes de l’idéologie de l’identité de genre per­çoivent désor­mais un conflit, une inadé­qua­tion entre l’esprit et le corps de cer­tains enfants) ?

21. On peut obser­ver que le mou­ve­ment des droits trans, dans son état actuel, pré­sente une cer­taine uni­for­mi­té en matière d’idéologie, d’objectifs et de stra­té­gies mises en œuvre. S’il s’agit bien d’un mou­ve­ment poli­tique orga­ni­sé, tous les membres de ce mou­ve­ment, les « tran­sac­ti­vistes », ne s’identifient pas comme trans­genres, et toutes les per­sonnes s’identifiant comme trans­genres ne sont pas transactivistes.

22. Les objec­tifs du mou­ve­ment des droits trans actuel sont :

  • Rem­pla­cer le cri­tère de la réa­li­té maté­rielle du sexe par celui de « l’identité de genre ». Tout le monde serait appa­rem­ment doté d’une « iden­ti­té de genre », sou­vent défi­nie comme « l’expérience intime et per­son­nelle du genre vécue par cha­cun et cha­cune », ce qui ne désigne rien de très clair, sinon quelque ensemble de goûts, d’attitudes et de pré­fé­rences, propre à chaque indi­vi­du (une per­son­na­li­té ?) — c’est-à-dire une chose n’ayant plus rien à voir avec la notion de genre mise en lumière par le fémi­nisme et tou­jours cen­trale dans la repro­duc­tion du patriar­cat. Nous devrions pour­tant rem­pla­cer par­tout le sexe par ce concept vague. Or, les femmes ne sont pas oppri­mées sur la base de quelque « iden­ti­té de genre », à cause de leurs goûts, leurs atti­tudes ou leurs pré­fé­rences, mais parce qu’elles sont femmes (êtres humains de sexe fémi­nin). N’en ayant rien à faire, le mou­ve­ment pour les droits trans sou­haite que tous les espaces et acti­vi­tés dont l’accès était autre­fois régle­men­té en fonc­tion du sexe le soient désor­mais en fonc­tion de « l’identité de genre ». Ces espaces incluent, de manière non exhaus­tive : ves­tiaires, toi­lettes, dor­toirs, sports, pri­sons, refuges pour vic­times de vio­lence conju­gale, bourses ou pro­grammes réser­vés aux femmes, man­dats béné­fi­ciant de la pari­té femme-homme. Cette demande est une attaque directe contre le droit que les femmes ont obte­nu à se réunir et s’organiser sans la pré­sence d’hommes. Orga­ni­ser la loi autour de pré­fé­rences per­son­nelles (repro­dui­sant sou­vent les sté­réo­types sexos­pé­ci­fiques du genre) plu­tôt qu’autour de la réa­li­té du sexe revient à détruire tout ce pour quoi le fémi­nisme s’est bat­tu — et conti­nue de se battre. Le dif­fé­rend oppo­sant fémi­nistes et tran­sac­ti­vistes relève ain­si du fait que les pre­mières cherchent à abo­lir le genre tan­dis que les seconds cherchent à en faire un motif juri­dique octroyant des droits.
  • La pro­tec­tion de l’identité de genre comme forme de liber­té d’expression. Pour les femmes, cepen­dant, les sté­réo­types n’ont rien d’une liber­té d’expression, au contraire, leur pro­tec­tion consti­tue une sérieuse nui­sance à leur émancipation.
  • L’accès à toutes sortes de « thé­ra­pies » de tran­si­tion, cos­mé­tique, hor­mo­nale, chi­rur­gi­cale. La chi­rur­gie cos­mé­tique et le contrôle psy­chia­trique et chi­rur­gi­cal des corps déviants ont pour­tant été expo­sés par les fémi­nistes comme des outils de subor­di­na­tion, et non pas comme un enjeu du droit des femmes.

23. On ne sau­rait trop insis­ter sur l’absurdité consis­tant à vou­loir orga­ni­ser la loi autour de lou­fo­que­ries comme l’idée de « xéno­genre » : « une per­sonne qui uti­lise des termes aty­piques pour décrire son genre. Ces termes sont emprun­tés à des champs lexi­caux ne se rap­por­tant habi­tuel­le­ment pas au genre (cou­leurs, élé­ments de la nature, etc.) qui servent de sym­boles ou d’analogies[19]. » Ou de « poly­genre » : « une per­sonne dotée de plu­sieurs iden­ti­tés de genre[20] ». Ain­si que le remarque la fémi­niste Rebec­ca Reilly-Cooper : « Selon le site Nonbinary.org, un des prin­ci­paux sites web de réfé­rence pour les infor­ma­tions concer­nant les iden­ti­tés de genres non binaires, votre genre peut être le givre, le soleil, la musique, la mer, Jupi­ter ou l’obs­cu­ri­té pure. Votre genre peut être la piz­za[21]. » Cer­taines per­sonnes, dans la grande com­mu­nau­té trans ou « non-binaire », estiment qu’il exis­te­rait « autant de genres que d’êtres humains » ou « que d’é­toiles dans le ciel ». Encore une fois, c’est dire le n’im­porte quoi de l’i­dée de « genre » telle qu’elle est uti­li­sée par les tenants de l’i­déo­lo­gie des iden­ti­tés de genre, qui tend à dési­gner quelque chose de l’ordre de la personnalité.

24. Défi­nir « femme » (ou « homme ») comme un sen­ti­ment pou­vant être res­sen­ti par n’importe qui, séman­ti­que­ment, n’a aucun sens : défi­nir une « femme » comme une per­sonne ayant le sen­ti­ment d’être une femme revient à défi­nir un car­ré comme une chose dont on dit qu’elle est car­rée — il s’agit d’une for­mi­dable tau­to­lo­gie, pas d’une défi­ni­tion. Le plus sou­vent, d’ailleurs, ce sen­ti­ment d’être femme repose sur les sté­réo­types qui consti­tuent le genre : un homme aimant le rose et les talons aiguilles, ou bien de façon encore plus pro­blé­ma­tique, asso­ciant son désir d’être sou­mis et un objet sexuel au fait d’être une femme[22]. Où l’on voit encore com­bien cette idée est insul­tante pour les (vraies) femmes et com­ment elle repro­duit, ren­force, le car­can du genre.

25. Cri­ti­quer le genre est néces­saire, cri­ti­quer l’identité l’est tout autant. Les tran­sac­ti­vistes disent sou­vent : « cri­ti­quer l’identité des per­sonnes trans, c’est nier leur exis­tence ». Bien évi­dem­ment, per­sonne ne nie l’existence de qui que ce soit. Mais les choses ne sont pas juste ce qu’on décide arbi­trai­re­ment qu’elles sont, ou sim­ple­ment ce qu’on dit qu’elles sont. Comme l’explique la phi­lo­sophe fémi­niste bri­tan­nique Jane Clare Jones, « l’exis­tence des choses — c’est-à-dire leur “iden­ti­té” — ne réside pas seule­ment et exclu­si­ve­ment à l’intérieur de ces choses. Cette exis­tence se situe entre une chose et d’autres choses. Autre­ment dit, l’idée majeure de la décons­truc­tion est que l’identité est, en réa­li­té, une rela­tion. […] Quand la pen­sée occi­den­tale consi­dère les sujets humains, et leurs iden­ti­tés, elle les pense comme s’il s’agissait d’objets, de concepts et de mots. Nous nous pen­sons nous-mêmes comme des auto-iden­ti­tés auto-enfer­mées[23]. » Ain­si cer­tains en viennent à pen­ser que l’existence des per­sonnes trans n’est qu’une his­toire d’auto-identification, qu’elles ont « une essence qui fait ce qu’elles sont, qu’elles ont toute auto­ri­té sur cette essence, et qu’il s’agit seule­ment d’une “simple” ques­tion de “droits indi­vi­duels” ». Sauf que les droits, comme les iden­ti­tés, sont des rela­tions. C’est pour­quoi le mou­ve­ment des droits trans actuel dit d’un côté qu’il ne s’agit que de recon­naître des iden­ti­tés, et que ça n’affecte per­sonne d’autre, mais de l’autre déploie énor­mé­ment de force pour contrô­ler les dis­cours et com­por­te­ments des autres et impo­ser la vali­da­tion de ces iden­ti­tés (car ce sont des rela­tions sociales).

26. Ce que note le phi­lo­sophe Lang­don Win­ner à pro­pos des com­por­te­ments de tout un pan des inter­nautes, en s’appuyant sur des idées déve­lop­pées par Han­nah Arendt, expose très bien l’absurdité de la pro­pen­sion d’une part des tran­sac­ti­vistes et de cer­tains défen­seurs de l’idéologie des iden­ti­tés de genre à vou­loir poli­cer les dis­cours : « Du point de vue théo­rique que pro­pose Arendt, il est clair que les ten­ta­tives bien trop cou­rantes des indi­vi­dus, dans leur com­mu­ni­ca­tion poli­tique sur inter­net, de défi­nir, pro­té­ger, agrip­per et dif­fu­ser de manière inces­sante leurs iden­ti­tés per­son­nelles sont à l’o­ri­gine des diverses patho­lo­gies dia­lo­giques que l’on ren­contre cou­ram­ment “en ligne” aujourd’­hui – “trol­ling”, “fla­ming”, “bul­lying”, etc. Les indi­vi­dus détiennent des images et des idées pré­cieuses de leurs iden­ti­tés pri­vées et s’at­tendent à ce que ces iden­ti­tés soient éga­le­ment solides dans le domaine public. Le bien ultime recher­ché dans l’usage des réseaux sociaux est, selon le modèle de B. F. Skin­ner, un flux constant de “ren­for­ce­ment”. Les idées de ce genre, insiste Arendt, sont ter­ri­ble­ment erro­nées. Une per­sonne ne pos­sède ni le droit ni le pou­voir de défi­nir qui elle est dans le cadre des acti­vi­tés de la vie publique. Ce sont ses cama­rades, qui écoutent, observent, inter­agissent et, en fin de compte, jugent ses paroles et ses actes, qui déter­minent sa répu­ta­tion durable en tant qu’être public[24]. »

27. Le terme cis­genre n’a pas plus de sens que celui de trans­genre. Consi­dé­rons une de ses défi­ni­tions cou­rantes : « Se dit d’un indi­vi­du dont l’i­den­ti­té de genre est en accord avec son sexe ». Ain­si que nous l’avons pré­cé­dem­ment remar­qué, et ain­si que les fémi­nistes s’efforcent de le faire valoir depuis des décen­nies, le sexe bio­lo­gique d’une per­sonne n’est incom­pa­tible avec aucune pré­fé­rence, aucun goût, aucune atti­tude, aucune acti­vi­té spé­ci­fiques. Autre­ment dit, le sexe d’une per­sonne n’a — intrin­sè­que­ment — aucune inci­dence sur les goûts, les pré­fé­rences, les atti­tudes ou acti­vi­tés qu’elle peut déve­lop­per ou adop­ter. La culture, la socié­té dans laquelle on évo­lue — le patriar­cat —, pos­sède, en revanche, une inci­dence à cet endroit. Croire qu’il existe des indi­vi­dus « cis­genres », c’est croire que cer­taines « iden­ti­tés de genre » sont incom­pa­tibles avec le sexe d’une per­sonne, c’est ava­li­ser l’idée du genre, l’idée selon laquelle le sexe va natu­rel­le­ment de pair avec le genre.

28. Pour les rai­sons pré­ci­tées, l’idée de « non-binaire » est éga­le­ment pro­blé­ma­tique. La défi­ni­tion de l’expression — dont le sens est confus, par­fois contra­dic­toire — est sou­vent de l’ordre de : « Une per­sonne qui ne se sent ni homme, ni femme, ou se sent jus­te­ment les deux, est dite “non-binaire”. Quel­qu’un de non-binaire ne se sent pas du genre pré­cis qu’on lui a assi­gné à la nais­sance, et ne rentre donc pas dans la bina­ri­té de genre homme/femme[25]. » Femme Actuelle nous explique que : « La non-bina­ri­té ren­voie donc au fait de ne se sen­tir ni homme ni femme[26] ». Au fémi­nin ajoute : « Une per­sonne non-binaire ne choi­si­ra pas de s’habiller comme une femme ou comme un homme : elle com­po­se­ra selon elle, selon ses choix, ses dési­rs, sa vision[27]. » D’abord, on remarque une cer­taine confu­sion, assez cou­rante, entre genre et sexe. « Femme » et « homme » sont sou­vent assi­mi­lés à des genres. Ensuite, on voit que l’idée de « non-bina­ri­té » ne va pas néces­sai­re­ment de pair avec une remise en ques­tion du genre, des sté­réo­types sexos­pé­ci­fiques, au contraire, elle ren­force par­fois le genre en ava­li­sant l’idée qu’il y a bien une manière de « s’habiller comme une femme » ou « comme un homme », mais qu’il s’agit sim­ple­ment de ne pas y adhé­rer pour des rai­sons de pré­fé­rences per­son­nelles, de pio­cher en fonc­tion de nos goûts dans ces « genres » que seraient « homme » et « femme ». La page Wiki­pé­dia anglaise dédiée au terme, plus four­nie que la fran­çaise (bien enten­du, puisque toutes ces choses nous viennent du monde anglo-amé­ri­cain), explique : « Les per­sonnes non-binaires peuvent s’i­den­ti­fier comme ayant deux genres ou plus (bigenres ou tri­genres) ; n’ayant aucun genre (agenres, non­gen­rées, sans-genres, gen­der­free [« libres-de-genre »]) ; pas­sant d’un genre à l’autre ou ayant une iden­ti­té de genre fluc­tuante (gen­der­fluid) ; étant du troi­sième genre ou other-gen­de­red [« autre­ment gen­rées »] (une caté­go­rie qui inclut les per­sonnes qui ne donnent pas de nom à leur genre). » On voit que le genre, loin d’être ques­tion­né, est accep­té et que l’idée est même, en toute inco­hé­rence, accom­mo­dée à toutes sortes de sauces, au point de sur­tout signi­fier quelque chose de l’ordre de la per­son­na­li­té. Cela dit, dans la confu­sion qui entoure la notion de « non-binaire » et son usage, on retrouve par­fois des remises en ques­tion du genre, du patriar­cat, mais c’est loin d’être une règle.

29. Décla­rer que cer­taines per­sonnes (dites trans­genres) naissent avec « le mau­vais genre attri­bué » implique que toutes les autres (dites cis­genres) naissent avec le bon genre. Le genre, cette construc­tion sociale mor­ti­fère, devient ain­si une qua­li­té intrin­sèque et innée des indi­vi­dus, c’est-à-dire l’exact oppo­sé de ce qu’affirme la cri­tique fémi­niste[28].

30. Ain­si, comme le note la fémi­niste Janice Ray­mond : « la socié­té patriar­cale et ses défi­ni­tions de la mas­cu­li­ni­té et de la fémi­ni­té consti­tuent la cause pre­mière de l’existence du trans­sexua­lisme[29] », d’ailleurs « fon­da­men­ta­le­ment, une socié­té qui assigne un rôle sté­réo­ty­pé à cha­cun des deux sexes ne peut qu’engendrer le trans­sexua­lisme ». Au lieu de com­prendre que la bio­lo­gie n’impose aucu­ne­ment de devoir se confor­mer aux sté­réo­types culturellement/socialement éla­bo­rés et asso­ciés aux sexes, et au lieu de reje­ter ces sté­réo­types, l’idéologie trans­genre pré­tend qu’une per­sonne ayant un pen­chant pour un des deux ensembles de sté­réo­types sexos­pé­ci­fiques, c’est-à-dire pour la mas­cu­li­ni­té ou la fémi­ni­té, mais n’étant pas du sexe asso­cié (n’étant pas homme pour une per­sonne ayant un pen­chant pour le mas­cu­lin, ou pas femme pour une per­sonne ayant un pen­chant pour le fémi­nin), ne pos­sède pas un corps adé­quat, n’est pas dans le bon corps (n’est pas homme, pas femme, mais « trans­genre »), n’est pas son corps, et pour­rait donc envi­sa­ger de l’altérer. Janice Ray­mond encore : « En dési­rant les organes et le corps spé­ci­fiques au sexe oppo­sé, le trans­sexuel ne cherche sim­ple­ment qu’à incar­ner l’ “essence” du rôle qu’il convoite. »

31. À nou­veau, citons Janice Ray­mond : « fon­da­men­ta­le­ment, une socié­té qui assigne un rôle sté­réo­ty­pé à cha­cun des deux sexes ne peut qu’engendrer le trans­sexua­lisme ». C’est ain­si que dans leur ten­ta­tive de bri­co­ler une généa­lo­gie res­pec­table au trans­gen­risme, les tran­sac­ti­vistes l’assimilent sans ver­gogne à divers phé­no­mènes propres à diverses cultures du monde, y com­pris appar­te­nant au pas­sé (ber­daches amé­rin­diens, hij­ras des Indes, katoeys du Siam, muxhes du Mexique, bur­ne­shas d’Albanie, etc.), s’imaginant, de la sorte, le ratio­na­li­ser, lui pro­cu­rer une rai­son d’être res­pec­table, alors même qu’ils ne font en réa­li­té que sou­li­gner le lien indis­so­luble entre patriar­cat et trans­gen­risme, étant don­né que tous ces phé­no­mènes cultu­rels aux­quels ils pré­tendent l’apparenter sont les pro­duits de socié­tés patriar­cales — c’est-à-dire for­te­ment, rigi­de­ment et hié­rar­chi­que­ment gen­rées.

32. La redé­fi­ni­tion des termes « femme » et « homme » que tente d’imposer, de manière assez auto­ri­taire (en ne tolé­rant aucun débat, aucune dis­cus­sion, aucune cri­tique), le cou­rant transgenriste/queer, sape­rait — sape d’ores et déjà — la capa­ci­té à s’organiser et se défendre poli­ti­que­ment de ce groupe de per­sonnes que tout le monde s’accordait à appe­ler « femmes » jusqu’à il n’y a pas si long­temps, et qui a (avait) d’ailleurs obte­nu des pro­tec­tions et toute une juris­pru­dence sur la base de la défi­ni­tion clas­sique, sen­sée (c’est-à-dire bio­lo­gique) du terme femme. Mais tel est peut-être le sens de cette ten­ta­tive de redéfinition.

33. En vue de gagner du ter­rain, le mou­ve­ment des droits trans joue sur la confu­sion entre genre et sexe (afin de semer le trouble) tout en cher­chant à évi­ter une trop impor­tante expo­si­tion publique de ses poli­tiques (en insul­tant et mena­çant les femmes qui osent ques­tion­ner leurs poli­tiques)[30]. Il fait entrer le « genre » ou l’« éga­li­té de genre » dans les lois et régle­men­ta­tions contre la dis­cri­mi­na­tion, par­fois aux côtés du « sexe » avec lequel il rentre pour­tant en contra­dic­tion. Puis il rem­place la notion de « genre » par celle de l’« iden­ti­té de genre ». Enfin il s’arrange pour que l’identité de genre prime le sexe. On parle ain­si d’effacement poli­tique du sexe[31].

34. État des lieux des « droits trans » en France. Les tran­sac­ti­vistes comptent de puis­sants alliés par­mi les légis­la­teurs, à cause des­quels on observe des chan­ge­ments notables dans la loi fran­çaise depuis une dizaine d’années. Voi­ci quelques étapes illus­tra­tives de la des­truc­tion poli­tique du sexe :

  • Depuis 2010, le trans­sexua­lisme et les troubles pré­coces de l’identité de genre ne sont plus consi­dé­rés comme une mala­die men­tale[32], ce qui ne signi­fie pas pour autant que la non-confor­mi­té de genre cesse d’être médi­ca­li­sée, bien au contraire. Les tran­si­tions médi­cales peuvent être inté­gra­le­ment prises en charge par la Sécu­ri­té sociale au titre de « mala­die de longue durée hors liste » (ALD31), c’est-à-dire « une forme grave d’une mala­die, ou d’une forme évo­lu­tive ou inva­li­dante d’une mala­die grave[33] ». L’objectif des tran­sac­ti­vistes consiste ain­si à nor­ma­li­ser les opé­ra­tions chi­rur­gi­cales et les trai­te­ments hor­mo­naux, en ren­dant facul­ta­tif le sui­vi psy­cho­lo­gique des malades, par­fois autodiagnostiqués.
  • En 2012, la séna­trice EELV Esther Ben­bas­sa intègre « l’identité sexuelle » dans les motifs de dis­cri­mi­na­tion punis par le Code pénal[34].
  • En juin 2013, la Com­mis­sion natio­nale consul­ta­tive des droits de l’homme (CNCDH) intègre pour la pre­mière fois des repré­sen­tants du mou­ve­ment LGBT, comme l’Inter-LGBT[35] et audi­tionne des pro­fes­seurs de droit comme Phi­lippe Rei­gné[36]. Selon Nico­las Gou­gain, porte-parole de L’Inter-LGBT et membre de la CNCDH, la com­mis­sion émet un « avis his­to­rique[37] » : elle « estime néces­saire une refonte de la légis­la­tion fran­çaise concer­nant l’identité de genre et le pro­ces­sus de chan­ge­ment de sexe à l’état civil ». Cette intro­duc­tion de l’ « iden­ti­té de genre » est jus­ti­fiée par une mise en confor­mi­té avec les Prin­cipes de Jog­ja­kar­ta[38] (ou Yogya­kar­ta) et les recom­man­da­tions de Tho­mas Ham­mar­berg, Com­mis­saire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, en 2009[39] et 2011[40], pour qui « l’identité de genre est l’un des aspects les plus fon­da­men­taux de la vie ». Selon la CNCDH, « s’affirmer homme ou femme » est « tou­jours lié à une convic­tion pro­fonde » et le chan­ge­ment de sexe à l’état civil ne doit plus être condi­tion­né par un « syn­drome de dys­pho­rie de genre », par un trai­te­ment hor­mo­nal ou par une chi­rur­gie[41]. Elle recom­mande une déju­di­cia­ri­sa­tion par­tielle et non totale de la pro­cé­dure, en conser­vant l’action du juge « comme un jalon nécessaire ».
  • Au mois de sep­tembre 2013, la séna­trice Ben­bas­sa et ses col­lègues du PS tentent d’utiliser le pro­jet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes comme véhi­cule légis­la­tif[42] afin de rem­pla­cer la notion d’identité sexuelle par celle d’ « iden­ti­té de genre »[43]. Ses amen­de­ments reçoivent un avis défa­vo­rable, mais sont célé­brés par Nico­las Gou­gain et l’Inter-LGBT. La séna­trice Ben­bas­sa pro­met cepen­dant d’élaborer une loi. Trois mois plus tard, pro­messe tenue : sa pro­po­si­tion du 11 décembre 2013, « visant à pro­té­ger l’identité de genre », a comme objec­tif de « sub­sti­tuer sys­té­ma­ti­que­ment la men­tion de l’i­den­ti­té de genre à celle de l’i­den­ti­té sexuelle[44] ».
  • Avant 2016, le chan­ge­ment de sexe à l’état civil était pos­sible à condi­tion d’avoir subi une inter­ven­tion chi­rur­gi­cale sexuelle « irré­ver­sible »[45]. En 2016, la séna­trice Ben­bas­sa uti­lise le pro­jet de loi de moder­ni­sa­tion de la jus­tice du XXIe siècle pour sim­pli­fier cette pro­cé­dure[46] avec le sou­tien d’un groupe de dépu­tés[47] et avec l’appui de la CNCDH[48]. Mme Cro­zon et M. Binet pré­cisent qu’on n’appar­tient pas à un sexe, mais qu’il s’agit d’une façon de se pré­sen­ter[49] et que fina­le­ment ce n’est pas l’appa­rence qui compte, mais seule­ment la démarche[50]. Confor­mé­ment aux recom­man­da­tions de la CNCDH de 2013, plus besoin d’intervention chi­rur­gi­cale pour chan­ger de sexe à l’état civil, mais la pro­cé­dure n’est que par­tiel­le­ment déju­di­cia­ri­sée : elle néces­site encore (pour le moment) la déci­sion d’un tri­bu­nal qui éva­lue si la per­sonne « se pré­sente publi­que­ment comme appar­te­nant au sexe reven­di­qué[51] » (Nou­velle illus­tra­tion du fait que ces gens ravalent le sexe au rang de cos­tume, la femme à la robe, au grand dam des fémi­nistes qui s’efforcent de faire valoir, depuis des années, qu’être femme n’est pas un cos­tume que l’on peut enfi­ler ou dépo­ser à volon­té). Grâce à la loi de moder­ni­sa­tion de la jus­tice du XXIe siècle, « l’identité de genre » devient aus­si un cri­tère de dis­cri­mi­na­tion recon­nu et péna­li­sé[52].
  • En paral­lèle, des dépu­tés réus­sissent à faire pré­va­loir « l’identité de genre » sur « l’identité sexuelle » dans l’amendement n°338 du pro­jet Éga­li­té et citoyen­ne­té[53] et modi­fient ain­si le Code pénal en 2017[54].
  • En novembre 2018, les député·es de La France insou­mise cherchent à per­mettre aux hommes d’être incar­cé­rés avec les femmes sur simple demande[55]. Par ailleurs, La France insou­mise a car­ré­ment pour pro­jet d’inscrire « le droit à l’identité de genre dans les droits humains inalié­nables » pro­té­gés par une nou­velle Consti­tu­tion[56].
  • En 2018, le dépu­té Gérard tente de rem­pla­cer le sexe par l’identité de genre dans un pro­jet de loi sur l’immigration[57]. En jan­vier 2019, il cherche à faire entrer le « mégen­rage des élèves trans » dans la loi[58]. En 2021, il fait entrer l’ « iden­ti­té de genre » dans le pro­jet de loi sur la démo­cra­ti­sa­tion du sport[59], afin de per­mettre l’accès aux équipes et équi­pe­ments spor­tifs sur base de l’identité de genre[60]. Il se féli­cite alors d’avoir « envoyé un mes­sage fort en fai­sant de la France une nation pion­nière en matière d’inclusion des per­sonnes trans dans le domaine du sport » et traite de « TERF aigries » les fémi­nistes qui cri­tiquent ses déci­sions[61].
  • En 2004, Sté­pha­nie Nicot crée l’association natio­nale trans­genre (ANT), aupa­ra­vant appe­lée Trans Aide[62]. Sté­pha­nie Nicot, né Sté­phane, « tran­si­tionne » a 50 ans. Dans un article de Libé­ra­tion[63], Sté­pha­nie raconte avoir « tou­jours eu envie d’être une fille », pré­fé­rant « la corde à sau­ter et la marelle ». Père de famille et fon­da­teur d’une revue de science-fic­tion, Stéphan·i·e a mené « des décen­nies d’une exis­tence mas­cu­line ordi­naire » en « homme dur, froid même, affron­tant avant de négo­cier, capable d’aboyer ». « Depuis mai 2005, Sté­pha­nie vit comme une fille (sic) » (une fille de 53 ans, donc). En 2011, Sté­pha­nie, âgé·e de 59 ans épouse Élise, 27 ans : « deux les­biennes se sont mariées » titre Le Pro­grès[64], alors que Sté­pha­nie est léga­le­ment considéré·e comme un homme et que le mariage homo­sexuel est encore inter­dit. Il s’agit du pre­mier « mariage les­bien » en France. En 2014, Sté­pha­nie est élue « pré­si­dente » de la Fédé­ra­tion LGBTI+. C’est la pre­mière fois qu’une « femme » (trans) est élue pré­si­dente (certes, une « femme » ayant vécu 50 ans comme un homme)[65].
  • En 2013, l’association natio­nale trans­genre (ANT) repro­chait à la séna­trice Ben­bas­sa de ne pas déju­di­cia­ri­ser tota­le­ment le chan­ge­ment de sexe à l’état civil[66]. La pré­si­dente de l’ANT, Del­phine Ravi­sé-Giard (sous-offi­cier Thier­ry Ravi­sé-Giard depuis plus de 20 ans, pour l’armée de l’air[67]), réclame un chan­ge­ment « sans aucune condi­tion[68] ».
  • En mai 2014, l’ANT publie une « Pro­po­si­tion de loi sur l’identité de genre[69] », avec l’aide de Phi­lippe Rei­gné, pour qui la men­tion du sexe devrait car­ré­ment être sup­pri­mée au motif qu’elle accen­tue­rait les dis­cri­mi­na­tions[70] (reven­di­ca­tion com­plè­te­ment absurde ne serait-ce que parce qu’elle s’oppose à toutes les rai­sons d’être de la pari­té poli­tique femmes-hommes basée sur le sexe[71], mais plus géné­ra­le­ment parce qu’elle détrui­rait tout le com­bat des femmes au sein du patriar­cat). Les 10 articles de cette pro­po­si­tion contiennent les reven­di­ca­tions clas­siques : intro­duire ou rem­pla­cer la notion d’identité sexuelle par celle d’identité de genre et sim­pli­fier le chan­ge­ment de sexe à l’état civil. On retrou­ve­ra, plus tard, cer­taines de ces reven­di­ca­tions dans le droit fran­çais, par exemple dans les articles 4 et 5 de la loi rela­tive à l’égalité et à la citoyen­ne­té de jan­vier 2017 qui modi­fie­ra en consé­quence le Code pénal et le Code de pro­cé­dure pénal[72], l’article 6 qui touche le Code du tra­vail (modi­fié en février 2017[73]). On retrou­ve­ra aus­si l’article 10 dans l’amendement n°AC33[74] du dépu­té Raphaël Gérard à la loi contre la haine sur Inter­net en juin 2020[75]. Gérard se féli­ci­te­ra sur Twit­ter de ce qu’appeler un homme un homme soit désor­mais juri­di­que­ment répré­hen­sible[76].
  • En 2016, Del­phine Ravi­sé-Giard qua­li­fie de « pire loi votée dans un pays d’Europe » la déju­di­cia­ri­sa­tion par­tielle et Sté­pha­nie Nicot, en colère de ne pas obte­nir l’autodétermination totale, estime que « c’est le plus mau­vais pro­jet de loi sur le sujet depuis dix ans[77] ! ». Sté­pha­nie et Del­phine conti­nuent leur lob­bying en cher­chant des « fenêtres de tir » légis­la­tives. L’ANT s’investit dans le Comi­té d’entente LGBT du Défen­seur des droits Jacques Tou­bon[78], à l’écoute des reven­di­ca­tions et mul­tiples sai­sines des tran­sac­ti­vistes[79], et salue en 2020 son impli­ca­tion, « depuis 2011, dans la lutte contre la trans­pho­bie ». Sté­pha­nie Nicot se dit « épa­tée » par sa contribution.
  • Et pour cause, le 18 juin 2020, Jacques Tou­bon émet plu­sieurs recom­man­da­tions visant à effa­cer la notion de sexe[80], par­mi les­quelles : pro­cé­dure de chan­ge­ment de sexe à l’état civil décla­ra­toire, acces­sible et rapide (simple attes­ta­tion sur l’honneur) ; fin des espaces non-mixtes basés sur le sexe (toi­lettes, ves­tiaires, dor­toirs) dans les éta­blis­se­ments sco­laires et les lieux de tra­vail ; prise en charge finan­cière et sim­pli­fi­ca­tion de l’accès aux tran­si­tions médi­cales et chi­rur­gies asso­ciées, créa­tions de cli­niques du genre ; chan­ge­ment de défi­ni­tion des mots mère et père ; auto­ri­sa­tion pour les hommes d’être incar­cé­rés avec les femmes dès lors qu’ils en expriment la volon­té et sans attendre que le chan­ge­ment d’état civil soit inter­ve­nu ; des lois basées sur « le sen­ti­ment d’appartenir à l’autre sexe ». Selon la Fédé­ra­tion LGBTI+ « Jacques Tou­bon est allé plus loin sur les ques­tions tran­si­den­ti­taires que tous les gou­ver­ne­ments et tous les élus réunis, voire que cer­taines asso­cia­tions LGBT[81] ». Iro­ni­que­ment, Sté­pha­nie Nicot et la Fédé­ra­tion LGBTI+ dénon­çaient ver­te­ment l’homophobie de Jacques Tou­bon lors de sa nomi­na­tion en 2014[82]. Visi­ble­ment cela ne gêne pas ces tran­sac­ti­vistes, porte-paroles d’associations LGBT, de col­la­bo­rer avec un vieux poli­ti­card chi­ra­quien ayant voté contre l’abolition de la peine de mort, contre la dépé­na­li­sa­tion de l’homosexualité, contre l’union civile des couples homo­sexuels, quand il s’agit d’effacer le sexe politiquement.
  • Les recom­man­da­tions de Jacques Tou­bon sont enten­dues et en jan­vier 2021, la dépu­tée Valé­rie Petit dépose avec une tren­taine d’autres dépu­tés une pro­po­si­tion de réso­lu­tion afin de les adop­ter[83]. Pré­sen­te­ment, cette pro­po­si­tion n’est pas ins­crite à l’ordre du jour de l’assemblée.
  • En mars 2021, la dépu­tée Lau­rence Van­ceu­ne­brock dépose une pro­po­si­tion de loi en vue d’interdire les « pra­tiques visant à modi­fier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une per­sonne[84] ». Au pré­texte de lut­ter contre les thé­ra­pies de conver­sion (mal­heu­reu­se­ment tou­jours auto­ri­sées), ce pro­jet de loi ava­lise les thé­ra­pies de chan­ge­ment de sexe (qui sont pour­tant par­fois uti­li­sées comme des thé­ra­pies de conver­sion par des parents homo­phobes[85]). En jouant sur la confu­sion entre orien­ta­tion sexuelle et iden­ti­té de genre, les tran­sac­ti­vistes nor­ma­lisent en fait la médi­ca­li­sa­tion de la non-confor­mi­té de genre au nom de sa dé-médi­ca­li­sa­tion. Pré­sen­te­ment, cette pro­po­si­tion n’est pas ins­crite à l’ordre du jour de l’assemblée. Le même phé­no­mène pre­nant place au même moment au Royaume-Uni, il ne s’agit pas d’un hasard, mais d’une cam­pagne coor­don­née inter­na­tio­na­le­ment[86]. Depuis au moins un an, le lob­by tran­sac­ti­viste Human Rights Cam­pai­gn tente d’implémenter ces lois un peu par­tout[87] (États-Unis, France, Nou­velle-Zélande, Irlande du Nord, Alas­ka, Mexique, Aus­tra­lie, Alba­nie, Alle­magne, etc.) avec le sou­tien de l’ONU[88].

35. C’est ain­si — par défi­ni­tion — qu’aucune idéo­lo­gie ne pour­rait se pro­pa­ger aus­si mas­si­ve­ment et rapi­de­ment et se concré­ti­ser (par exemple juri­di­que­ment) sans le sou­tien pra­tique et finan­cier d’institutions, de notables et de groupes d’intérêts capi­ta­listes et éta­tiques majeurs. Les chan­ge­ments qu’on observe à dif­fé­rents niveaux des ins­ti­tu­tions n’arrivent pas par acci­dent, les lois ne tombent pas du ciel. Tout cela résulte d’un mou­ve­ment orga­ni­sé autour d’objectifs pré­cis. Et en effet, les prin­ci­paux orga­nismes de pro­mo­tion des droits trans — des orga­ni­sa­tions LGBT, au sein des­quelles le T est désor­mais pré­pon­dé­rant[89], donc (LGB)T —, sont finan­cés par toutes sortes de fon­da­tions pri­vées liées à d’importantes mul­ti­na­tio­nales, ou plus direc­te­ment à de richis­simes et célèbres capi­ta­listes, ain­si que par des ins­ti­tu­tions éta­tiques ou supra-éta­tiques. Une fémi­niste amé­ri­caine, Jen­ni­fer Bilek, le docu­mente notam­ment sur son site. De l’Open Socie­ty Foun­da­tions de George Soros à l’Arcus Foun­da­tion fon­dée par le mil­liar­daire Jon Stry­ker, de la Stry­ker Cor­po­ra­tion (une mul­ti­na­tio­nale de l’industrie de l’équipement médi­cal)[90], en pas­sant par la NoVo Foun­da­tion de Peter Buf­fett, le fils de War­ren Buf­fett, et bien d’autres[91], on retrouve, au finan­ce­ment du cou­rant (LGB)T, une par­tie des figures habi­tuelles du phi­lan­thro­ca­pi­ta­lisme. La Human Rights Cam­pai­gn (HRC, lit­té­ra­le­ment « la Cam­pagne pour les Droits de l’Homme »), le lob­by le plus impor­tant en matière de droits des per­sonnes (LGB)T aux États-Unis, dont l’influence s’étend éga­le­ment à l’international et dont le bud­get dépasse les 44 mil­lions de dol­lars annuels[92], est finan­cé par toutes les pires mul­ti­na­tio­nales du monde (Ame­ri­can Air­lines, Apple, The Coca-Cola Com­pa­ny, Google, Micro­soft, Pfi­zer, Nike, BP, Che­vron, Pay­pal, Ama­zon, IBM, etc.[93]). Les Prin­cipes de Jog­ja­kar­ta, pré­cé­dem­ment men­tion­nés (qui four­nissent une pre­mière base théo­rique et juri­dique au génia­lis­sime concept de l’ « iden­ti­té de genre »), sont issus d’une réunion, à l’u­ni­ver­si­té Gad­jah Mada de Java du 6 au 9 novembre 2006, de deux orga­nismes, la CIJ (Com­mis­sion inter­na­tio­nale de juristes) et l’ISHR (Inter­na­tio­nal Ser­vice for Human Rights, lit­té­ra­le­ment : « ser­vice inter­na­tio­nal pour les droits de l’Homme »), ain­si que d’ex­perts en droits humains du monde entier. Les deux prin­ci­pales orga­ni­sa­tions à l’origine de ces prin­cipes, la CIJ et l’ISHR, sont finan­cées par des fonds éta­tiques (les gou­ver­ne­ments de l’Allemagne, de la Fin­lande, du Royaume-Uni, du Dane­mark, de la Nor­vège, des Pays-Bas, la Com­mis­sion euro­péenne, etc.) et capi­ta­listes (l’Open Socie­ty Foun­da­tions, entre autres fon­da­tions pri­vées). Par­mi les prin­ci­pales orga­ni­sa­tions consa­crées à la pro­mo­tion des droits trans en Europe, on retrouve l’ONG Trans­gen­der Europe (bud­get 2020 de 1 160 000 €[94]), finan­cée par les enti­tés habi­tuelles (Com­mis­sion Euro­péenne, Open Socie­ty Foun­da­tions, Gou­ver­ne­ment des Pays-Bas, Conseil de l’Europe) et ILGA Europe (bud­get 2019 de 3 078 903 €[95]), éga­le­ment finan­cée par les enti­tés habi­tuelles (Com­mis­sion euro­péenne, fon­da­tions pri­vées, entre­prises). Le déve­lop­pe­ment de l’idéologie de l’identité de genre et du trans­gen­risme, qui se pro­pagent mas­si­ve­ment au tra­vers de l’infrastructure numé­rique du tech­no­ca­pi­ta­lisme (par le biais des « réseaux sociaux »), loin de rele­ver de quelque « révo­lu­tion », comme cer­tains se plaisent à l’affirmer, est ain­si entiè­re­ment pro­mu par l’État-capitalisme, par le patriar­cat mon­dia­li­sé — même si, dans plu­sieurs États à la traîne en matière de « déve­lop­pe­ment » (du capi­ta­lisme tech­no­lo­gique), aux mœurs moins libé­rales, sa pro­pa­ga­tion n’est pas (encore) approu­vée par les auto­ri­tés. On sou­li­gne­ra, au pas­sage, que contrai­re­ment au trans­gen­risme qui crie par­tout à l’oppression tout en béné­fi­ciant, entre autres, de sou­tiens finan­ciers, de pro­mo­tion sous forme d’émissions et de séries télé­vi­sées, d’articles tou­jours plus nom­breux dans les médias de masse pro­gres­sistes, le fémi­nisme radi­cal, radi­ca­le­ment anti­pa­triar­cal, cri­tique du genre, n’a — évi­dem­ment — pas du tout voix au cha­pitre, ne béné­fi­cie d’aucune aide, aucune pro­mo­tion mass-média­tique, etc.

36. Par­mi les prin­ci­paux phi­lan­thro­ca­pi­ta­listes sou­te­nant en pra­tique et finan­ciè­re­ment la mou­vance (LGB)T, tout par­ti­cu­liè­re­ment le cou­rant trans­gen­riste, on retrouve Mar­tin Roth­blatt, chef d’entreprise dans l’industrie phar­ma­ceu­tique, deve­nu Mar­tine. Si nous le men­tion­nons à part, c’est parce qu’il tient un rôle assez spé­cial dans toute cette his­toire. Martin‑e est un pro­mo­teur de longue date du trans­gen­risme, et aus­si un fervent trans­hu­ma­niste, auteur d’un livre inti­tu­lé From Trans­gen­der to Trans­hu­man : A Mani­fes­to on the Free­dom of Form (« De trans­genre à trans­hu­main : Un mani­feste sur la liber­té de forme »). Ain­si que le titre le sug­gère, il y expose les liens — assez évi­dents — entre trans­gen­risme et trans­hu­ma­nisme. Martin‑e a aus­si fait construire un robot à l’image de sa femme, appe­lé Bina48. Le rôle et l’histoire de ce per­son­nage haut en cou­leur sont plus lon­gue­ment détaillés dans cet article de Jen­ni­fer Bilek, tra­duit en fran­çais (qui contient éga­le­ment des extraits du livre de Martin‑e men­tion­né ci-avant).

37. Si l’usage du terme « genre » dans un sens proche de son accep­tion contem­po­raine est le fait de sexo­logues et autres psy­cho­cli­ni­ciens des années 1950 (John Money, notam­ment, mais aus­si Robert Stol­ler et d’autres), l’idéologie de l’identité de genre, comme la théo­rie queer, est issue des tra­vaux, sou­vent très abs­cons, et que presque per­sonne n’a lus, de divers phi­lo­sophes et autres cher­cheurs sti­pen­diés par le — très sub­ver­sif et révo­lu­tion­naire — milieu uni­ver­si­taire des États-Unis d’Amérique (Judith But­ler, Gayle Rubin, etc.). Cela dit, les élu­cu­bra­tions de ces figures amé­ri­caines découlent de celles de phi­lo­sophes fran­çais : des pères fon­da­teurs (Der­ri­da & Co.) de la « décons­truc­tion ».

38. Le patriar­cat induit des phé­no­mènes divers, à l’image des com­por­te­ments des per­sonnes se disant « trans­genres ». Nombre d’hommes s’identifiant comme « femmes trans » repro­duisent les sté­réo­types de la fémi­ni­té tan­dis que d’autres les rejettent entiè­re­ment ou par­tiel­le­ment en se disant fémi­nistes et/ou les­biennes. Il s’agit du phé­no­mène de la « femme trans les­bienne ». Cela peut s’expliquer par une volon­té d’améliorer leurs condi­tions maté­rielles d’existence à par­tir du moment où la socié­té les consi­dère comme — leur réserve un sort proche de celui — des femmes. Ou par le désir d’être « vali­dés » (expres­sion très employée dans les milieux trans/queer) en tant que femme, mais cette fois en tant que femme fémi­niste. Ou encore d’accéder à des espaces dont tous les hommes sont nor­ma­le­ment exclus, comme les espaces les­biens – com­por­te­ment typi­que­ment masculin.

39. Contrai­re­ment à ce que laissent entendre les tran­sac­ti­vistes, les espaces réser­vés aux femmes n’ont pas pour fonc­tion de « vali­der » quelque « iden­ti­té de femme ». Cer­tains de ces espaces sont une néces­si­té vitale pour les femmes en ce qu’ils leur per­mettent de se protéger/s’organiser contre la vio­lence mas­cu­line. Jusqu’à pré­sent, aucune preuve n’a été four­nie que les hommes s’identifiant femme (ou autre) étaient (ou deve­naient subi­te­ment) moins vio­lents que les autres. Rien ne prouve que ces hommes violent moins, agressent moins, tuent moins que les autres hommes[96].

40. Le mou­ve­ment des droits trans médi­ca­lise la non-confor­mi­té de genre avec le sou­tien de l’industrie médi­cale et phar­ma­ceu­tique. Médi­ca­li­ser la souf­france liée aux sté­réo­types de genre, par exemple en lui don­nant le nom de « dys­pho­rie », per­met d’individualiser un pro­blème d’ordre social, et de le confier aux mains de spé­cia­listes. Plu­tôt que de chan­ger les struc­tures mor­ti­fères d’une socié­té, on va soi­gner, sou­la­ger les indi­vi­dus qui ne rentrent pas dans le moule (ou, plus pré­ci­sé­ment, on va s’attaquer à la bio­lo­gie, à la nature, qui a mal fait son tra­vail en pro­di­guant un corps d’homme à une per­sonne dont l’âme, « l’identité de genre », serait « femme »). Les per­sonnes sor­tant des normes sont ain­si dépos­sé­dées idéo­lo­gi­que­ment de leur poten­tiel révolutionnaire.

41. La médi­ca­li­sa­tion de la non-confor­mi­té de genre ouvre de nou­veaux mar­chés à l’industrie médi­cale dans de nom­breux sec­teurs[97] : entre­prises phar­ma­ceu­tiques, cli­niques de genre, chi­rur­gies sexuelles, chi­rur­gies de fémi­ni­sa­tion du visage, endo­cri­no­lo­gie, etc. Ain­si, en vue d’accroître leurs pro­fits, les capi­ta­listes ont tout inté­rêt à inves­tir dans le mou­ve­ment des droits trans plu­tôt que dans le mou­ve­ment féministe.

42. Selon le sexo­logue Ray Blan­chard, il existe deux types d’hommes trans­sexuels : ceux qui aiment les hommes et sont homo­sexuels ; et ceux qui sont atti­rés sexuel­le­ment par l’i­dée d’être eux-mêmes des femmes, qu’il appelle auto­gy­né­philes. Il défi­nit l’autogynéphilie comme « la pro­pen­sion d’un homme à être sexuel­le­ment sti­mu­lé, exci­té par l’i­dée de lui-même en femme ». De nom­breux témoi­gnages confirment l’existence de l’autogynéphilie[98]. Selon Shei­la Jef­freys[99], « l’excitation à l’i­dée d’être une femme et l’ex­ci­ta­tion que les accou­tre­ments de la fémi­ni­té pro­curent à un homme résultent du fait que la fémi­ni­té repré­sente une posi­tion subor­don­née. Quand un homme est tra­ves­ti de force, ou capable de s’i­ma­gi­ner lui-même comme une femme, il fait l’ex­pé­rience d’une déli­cieuse exci­ta­tion en étant démas­cu­li­ni­sé, pri­vé de son sta­tut supé­rieur de viri­li­té et rabais­sé au sta­tut subor­don­né de la fémi­ni­té. Il s’agit d’une exci­ta­tion liée à la hié­rar­chie du genre, au sys­tème de caste de la domi­na­tion mas­cu­line et de la sou­mis­sion des femmes, qui serait inima­gi­nable en dehors de ce cadre de pen­sée. Les habits de femmes ne sont pas recher­chés parce qu’ils sont plus jolis ou agréables, mais pour leur signi­fi­ca­tion sym­bo­lique. Cette pra­tique mas­cu­line du cross-dres­sing, et les dési­rs trans­sexuels qui peuvent en résul­ter ont peu de chance d’être vus d’un bon œil par les femmes, pour les­quelles être fémi­nine consti­tue le plus sou­vent un élé­ment pénible et pesant de leur sta­tut de subor­don­nées plu­tôt qu’une source d’orgasme. »

43. Cer­tains hommes mas­cu­li­nistes de la com­mu­nau­té incel (néo­lo­gisme et mot-valise de langue anglaise pour invo­lun­ta­ry celi­bate, « céli­ba­taire invo­lon­taire » en fran­çais) tentent d’échapper à leur « céli­bat invo­lon­taire » grâce à une tran­si­tion de genre et d’orientation sexuelle. Cette pra­tique est appe­lée tran­ny­maxxing[100].

44. Les tran­sac­ti­vistes ont déve­lop­pé les concepts de cis-patriar­cat et de trans-miso­gy­nie. Un inter­naute (« femme trans ») uti­li­sant le pseu­do­nyme « Aggres­si­ve­ly trans » (« agres­si­ve­ment trans »), sui­vi par près de 64 000 per­sonnes sur Ins­ta­gram, régu­liè­re­ment inter­viewé par de grands médias sur les sujets liés au trans­gen­risme (Télé­ra­ma, Numé­ra­ma, Les Inrocks, Libé­ra­tion, etc.) affirme sans ver­gogne que les fémi­nistes cri­tiques du trans­gen­risme com­prennent mal ce que sont les sté­réo­types de genre impo­sés par le patriar­cat. En effet, selon lui, loin d’avoir été impo­sés par les hommes, ces sté­réo­types de genre, qui sont au fon­de­ment du patriar­cat, consti­tuent plu­tôt « un déve­lop­pe­ment cultu­rel et his­to­rique fait par les per­sonnes cis­genres et pour les per­sonnes cis­genres[101] ». Les femmes seraient donc ins­ti­ga­trices des sté­réo­types de genre consti­tuant la fémi­ni­té. Elles les auraient vou­lus ! Contrai­re­ment à ce que croient les fémi­nistes, le patriar­cat ne serait pas un sys­tème d’oppression et de domi­na­tion des femmes et des enfants, éla­bo­ré par et pour les hommes, mais un sys­tème d’oppression et de domi­na­tion des per­sonnes dites « trans­genres » éla­bo­ré par les per­sonnes dites « cis­genres » ! Bon sang, mais c’est bien sûr ! Ain­si, dans la pers­pec­tive des tran­sac­ti­vistes, les femmes sont réduites à une sous-caté­go­rie (cis) de leur propre classe (les femmes), dans laquelle elles occu­pe­raient une posi­tion de domi­na­tion sur les « mino­ri­tés de genre » (en fait, des hommes). Par un gro­tesque retour­ne­ment rhé­to­rique, les femmes deviennent alors les oppres­seuses des hommes s’identifiant femmes, jouis­sant d’une cohorte de pri­vi­lèges par rap­port aux mâles, comme par exemple celui d’avoir des mens­trua­tions natu­relles. Naître femme dans une socié­té patriar­cale devient une posi­tion de pri­vi­lège et de confort. Dif­fi­cile de faire plus absurde. Et quand les femmes rechignent à s’effacer et à aban­don­ner le sens des mots, les tran­sac­ti­vistes vivent ce refus comme une vio­lence into­lé­rable, et trouvent alors jus­ti­fi­ca­tion au fait de punir les femmes pour cet affront impar­don­nable, en les mena­çant de toutes sortes de choses vio­lentes, et par­fois même de viol ou de meurtre.

45. Une part des choses aujourd’hui qua­li­fiées — à tort — de « trans­pho­bie », ou d’ « enby­pho­bie » (com­por­te­ment « pho­bique », dis­cri­mi­na­toire, à l’égard des per­sonnes dites « non-binaires ») relève en réa­li­té du sexisme le plus ordi­naire : refu­ser qu’un gar­çon porte des « habits de fille », ou se com­porte « comme une fille » (ou inversement).

46. Inter­sexua­tion et trans­gen­risme sont deux choses bien dif­fé­rentes. La confu­sion entre les deux porte pré­ju­dice aux per­sonnes inter­sexes, qui n’ont pas les mêmes reven­di­ca­tions que les per­sonnes s’identifiant « trans­genres »[102]. Les per­sonnes inter­sexes subissent par­fois des opé­ra­tions non dési­rées de leurs organes géni­taux visant à leur don­ner une appa­rence « nor­male ». Au cours du XXe siècle, la médi­ca­li­sa­tion de l’intersexuation et de la trans­sexua­li­té avait notam­ment comme objec­tif de réduire l’homosexualité et de fabri­quer des citoyens hété­ro­sexuels, comme le montre Ber­nice Haus­man dans sa cri­tique fémi­niste du trans­gen­risme inti­tu­lée Trans­sexua­lism, tech­no­lo­gy and the idea of gen­der[103] (« Le trans­sexua­lisme, la tech­no­lo­gie et l’idée de genre »).

47. Cer­tains parents uti­lisent les tran­si­tions médi­cales des cli­niques de genre pour com­battre l’homosexualité de leurs enfants à l’aide d’hormones[104]. Un patient a par exemple pré­ve­nu sa cli­ni­cienne : « ma mère a plus envie des hor­mones que moi ». Cette médi­ca­li­sa­tion de l’homosexualité n’est pas nou­velle. Dans Gay Ame­ri­can His­to­ry[105] (« Une his­toire gay de l’Amérique ») Jona­than Katz rap­pelle que « les les­biennes et hommes gays ont long­temps subi une liste variée et sou­vent hor­rible de “soins” entre les mains des psy­chiatres-psy­cho­logues pro­fes­sion­nels, avec en géné­ral pour objec­tif l’asexualisation ou la réorien­ta­tion vers l’hétérosexualité ». Par­mi ces trai­te­ments figurent la cas­tra­tion, l’hystérectomie et la vasec­to­mie. Au XIXe siècle, les femmes subissent des opé­ra­tions d’ablation des ovaires et du cli­to­ris, par­fois afin de « soi­gner » le les­bia­nisme. Dans les années 50, c’est plu­tôt la lobo­to­mie qui est à la mode. Selon Katz, ces vic­times homo­sexuelles étaient même par­fois « consen­tantes » et dési­raient être soignées.

48. Selon l’Organisation mon­diale de la San­té, « plus de 200 mil­lions de jeunes filles et de femmes, tou­jours en vie, ont été vic­times de muti­la­tions sexuelles[106] », ce qui consti­tue une vio­la­tion de leurs droits. Mais l’interdiction de ces inter­ven­tions (par­fois pra­ti­quées par le per­son­nel médi­cal) entre en conflit avec cer­taines poli­tiques tran­sac­ti­vistes de chi­rur­gie géni­tales sur mineur·es au nom de la « réas­si­gna­tion de genre »[107].

49. Dans Unpa­cking Queer Poli­tics (« Déban­der la poli­tique queer »), Shei­la Jef­freys montre que le trans­sexua­lisme (qu’elle décrit comme « l’opposé de la fier­té gay ») s’inscrit dans le cou­rant queer[108]. Selon elle, le mou­ve­ment fémi­niste les­bien des années 70 a été absor­bé par le mou­ve­ment gay et queer des années 80 qui repro­duit les rap­ports patriar­caux de vio­lence mas­cu­line et aban­donne la libé­ra­tion des femmes. On assiste alors au déploie­ment des « poli­tiques queer » : apo­lo­gie de la trans­gres­sion, des com­por­te­ments vio­lents et dan­ge­reux, sado­ma­so­chisme, féti­chisme, auto­mu­ti­la­tion cor­po­relle, indus­trie du sexe, trans­sexua­lisme, indus­trie des tech­no­lo­gies de repro­duc­tion, mariage pour tous (au lieu de mariage pour per­sonne), etc. On retrouve ces liens entre tran­sac­ti­visme et poli­tiques queer dans les reven­di­ca­tions actuelles des prin­ci­pales orga­ni­sa­tions LGBT[109].

50. Le trans­gen­risme n’est pas le pro­blème (pas non plus la théo­rie queer, ou des iden­ti­tés de genre infi­nies). Le pro­blème, c’est la civi­li­sa­tion patriar­cale, désor­mais capi­ta­liste et tech­no­lo­gique, dont il est un des symp­tômes. Ain­si que le note Janice Ray­mond : « Ceux qui prônent la tolé­rance à l’égard de la médi­ca­li­sa­tion du trans­sexua­lisme expriment une fausse com­pas­sion qui, à la fois dans l’immédiat et dans l’absolu, ne fait que faci­li­ter et affer­mir la pos­ses­sion des femmes par les hommes. Cette tolé­rance com­pa­tis­sante ne sert qu’à ren­for­cer une socié­té où les rôles sexuels sont la norme et où les vrais choix exis­ten­tiels font l’objet d’une médi­ca­li­sa­tion. Quand la tolé­rance a pour prin­ci­pale uti­li­té de pro­té­ger le maté­riau de sou­tè­ne­ment de la socié­té sexiste, elle neu­tra­lise les valeurs. Il importe de concou­rir à bri­ser ce béton oppres­sif en mon­trant ses inco­hé­rences théo­riques et en pro­vo­quant un élar­gis­se­ment spi­ri­tuel qui soit à même de réflé­chir sur ces solu­tions qui n’ont que l’apparence de la com­pas­sion et de la sen­si­bi­li­té. » « En der­nière ana­lyse », conclut Ray­mond, « il importe de se sou­ve­nir que le trans­sexua­lisme ne consti­tue que l’une des formes les plus évi­dentes de l’insatisfaction à l’égard du rôle sexuel qu’il faut jouer dans une socié­té patriar­cale. Son évi­dence vient de ce que, dans la situa­tion trans­sexuelle, les sté­réo­types sont pour ain­si dire mis en scène de manière à être vus par tous et exa­mi­nés dans l’enveloppe d’un corps étran­ger. Mais on risque de négli­ger l’existence et la pré­sence quo­ti­diennes de ces mêmes sté­réo­types, com­por­te­ments et insa­tis­fac­tions chez ceux qui vivent dans leur corps “d’origine”. Les pro­blèmes que met en lumière le trans­sexua­lisme ne sau­raient en aucune façon être confi­nés au seul contexte trans­sexuel. Il faut plu­tôt les affron­ter au sein de la socié­té “nor­male” qui est à l’origine même du pro­blème trans­sexuel[110]. »

Un excellent livre et, contrai­re­ment à ce que d’au­cuns s’empresseront d’af­fir­mer, un livre res­pec­tueux, com­pas­sion­nel, mais mal­heu­reu­se­ment, plus édi­té. Nous vous en pro­po­sons une ver­sion numé­ri­sée (fichier .epub). Cli­quez ici pour la télé­char­ger.

51. Nous vivons tou­jours dans une socié­té féro­ce­ment patriar­cale, dans laquelle les hommes oppriment, vio­lentent, violent et tuent les femmes. Rien qu’en France, les sta­tis­tiques — bien sou­vent de piètres sous-esti­ma­tions, édul­co­ra­tions de la réa­li­té — nous apprennent par exemple que :

  • 94 000 femmes majeures sont vic­times de viol ou de ten­ta­tive de viol sur une année ;
  • des cen­taines de mil­liers de femmes subissent des vio­lences conju­gales[111] ;
  • 146 femmes ont été tuées par leur par­te­naire ou ex-par­te­naire en 2019 ;
  • envi­ron 30 000 per­sonnes sont pros­ti­tuées dont 85 % sont des femmes et 93 % sont étran­gères[112] ;
  • 10 % des Français·es déclarent avoir été vic­times d’inceste dont 78 % de femmes[113] ;
  • les femmes meurent d’avoir été moins bien diag­nos­ti­quées et moins vite soi­gnées que les hommes[114].

Et d’autres exemples et sta­tis­tiques (tou­jours des sous-esti­ma­tions), à l’échelle globale :

  • dans un monde conçu pour les hommes, les femmes ont 47 % de chance de plus que les hommes d’être bles­sées dans un acci­dent de voi­ture, et 17 % de plus d’en mou­rir[115] ;
  • une des indus­tries les plus lucra­tives et les plus mas­sives, l’industrie de la por­no­gra­phie, en plus d’infliger des vio­lences ter­ribles aux femmes qu’elle exploite de manière directe, par­ti­cipe à pro­pa­ger une image ter­ri­ble­ment dégra­dante des femmes et à encou­ra­ger des pra­tiques vio­lentes contre les femmes en géné­ral[116] ;
  • les femmes et les filles sont vic­times de tra­fics en tous genres : « Selon l’OSCE (Orga­ni­sa­tion pour la sécu­ri­té et la coopé­ra­tion en Europe), 120 000 à 500 000 femmes seraient tra­fi­quées depuis l’Europe de l’Est vers l’Europe de l’Ouest chaque année et, selon Amnes­ty Inter­na­tio­nal, chaque année 1 à 2 mil­lions de femmes seraient vic­times de traite dans le monde[117] ». Le plus sou­vent, à des fins d’exploitation sexuelle.

Dans un tel contexte, l’objectif poli­tique de « la neu­tra­li­sa­tion du sexe », de « l’invisibilité du sexe », « de rendre les struc­tures de l’État aveugles à la dif­fé­rence des sexes », « d’un effa­ce­ment des sexes dans le droit », « vers tou­jours plus d’universalisme répu­bli­cain » (pour reprendre les for­mu­la­tions du phi­lo­sophe éta­tiste et répu­bli­cain, spé­cia­li­sé dans le confu­sion­nisme sexes/genres/rien‑n’est-vrai-tout-est-permis, Thier­ry Hoquet[118]), autre­ment dit la sup­pres­sion des caté­go­ries sociales hommes et femmes, et donc des pro­tec­tions et droits spé­ci­fiques qu’ont obte­nus les secondes, est un objec­tif à la fois absurde et ter­ri­ble­ment dan­ge­reux pour les femmes et les filles. Si l’in­vi­si­bi­li­sa­tion du sexe en droit s’ajoutait à l’effacement du sexe dans le lan­gage, alors les femmes seraient condam­nées à une oppres­sion et une souf­france muettes, indicibles.

Col­lec­tif anti-genre

(collectifantigenre@protonmail.com)


Notes

  1. https://uel.unisciel.fr/biologie/introgen/introgen_ch05/co/apprendre_ch5_01.html
  2. Défi­ni­tion du CNRTL.
  3. CNRTL.
  4. CNRTL.
  5. CNRTL.
  6. Méla­nie Jac­quot, « Inter­sexua­tion, iden­ti­té sexuelle et famille : du défaut d’as­si­gna­tion au défaut d’af­fi­lia­tion », dans Recherches fami­liales 2014/1 (n° 11), pages 75 à 84.
  7. https://journals.sagepub.com/doi/full/10.4137/EHI.S39825, et http://www.medecine.unige.ch/enseignement/apprentissage/module4/immersion/archives/2012_2013/rapports/variation-developpement-sexuel.pdf
  8. https://www.partage-le.com/2018/11/16/les-principes-de-jogjakarta-une-menace-internationale-contre-les-droits-des-femmes-par-hannah-harrison/
  9. Simone de Beau­voir, Le Deuxième Sexe II, (1949), Paris, Gal­li­mard, 1976, p.7.
  10. Simone de Beau­voir, Le Deuxième Sexe I, (1949), Paris, Gal­li­mard, 1976, p.116–117.
  11. Le Deuxième Sexe II, ibid, p.390.
  12. Le Deuxième Sexe I, ibid, p.14
  13. Ibid, p.25.
  14. Dans son livre Refu­ser d’être un homme, John Stol­ten­berg expose en quoi la vio­lence entre les hommes per­pé­tue la supré­ma­tie mas­cu­line. Cette vio­lence s’institue au moins de trois façons : par la rela­tion père-fils, par la guerre, par l’homophobie : /1. Le patriar­cat, c’est le droit du père, qui consti­tue « fon­da­men­ta­le­ment un sys­tème de pro­prié­té ». C’est un régime qui néces­site une quan­ti­té de vio­lence remar­quable pour s’imposer et qui condi­tionne les rela­tions entre tous les êtres humains. « Selon le droit du père, tous les enfants appar­tiennent aux pères et non aux mères. » Dans la rela­tion père-fils, le père va apprendre au fils à déshu­ma­ni­ser les femmes et à déve­lop­per le com­por­te­ment d’un domi­nant qui sera ensuite en capa­ci­té de s’approprier d’autres vies humaines. /2. « Les pères et non les mères ont inven­té et contrôlent l’État […], l’armée » et « mènent la guerre contre d’autres peuples […], envoient les fils à la guerre ». Les hommes per­çoivent la vio­lence d’autres hommes et sont ter­ri­fiés à l’idée d’offenser ces hommes plus vio­lents. La mili­ta­ri­sa­tion et la guerre font par­tie de cette logique de ter­reur, qui s’appuie sur la domi­na­tion (et le viol) des femmes. La « force de dis­sua­sion » est un euphé­misme pour décrire le plus grand poten­tiel de sadisme de telle ou telle armée. Cette vio­lence s’exprime en prio­ri­té contre les groupes qui sont per­çus comme fémi­ni­sés. Ain­si, pour se pro­té­ger de l’agression d’autres hommes, les hommes prouvent leur viri­li­té en exer­çant la vio­lence contre les femmes. /3. En toute logique, « l’homophobie fait par­tie inté­grante du sys­tème de supré­ma­tie mas­cu­line éro­ti­sée ». Cette homo­pho­bie exprime la haine des femmes (les hommes qui ont des rap­ports sexuels « comme une femme » et les femmes qui refusent les pénis), mais pas seule­ment. « Elle sert aus­si à pro­té­ger les hommes des agres­sions sexuelles d’autres hommes. L’homophobie enjoint aux hommes de limi­ter aux femmes ce qu’ils ne vou­draient pas qu’on leur fasse ». Cette hété­ro-nor­ma­ti­vi­té, cette hié­rar­chie entre les hommes per­met de cana­li­ser les agres­sions sexuelles mas­cu­lines et de les diri­ger en prio­ri­té vers les femmes. L’homophobie est néces­saire à la supré­ma­tie mas­cu­line, la vio­lence entre les hommes struc­ture et per­pé­tue la domi­na­tion des femmes, et pro­tège plus lar­ge­ment les inté­rêts des hommes en tant que classe domi­nante.
  15. https://www.youtube.com/watch?v=eczFLQFgsQE
  16. https://revolutionfeministe.wordpress.com/2017/06/11/quest-ce-que-le-patriarcat-par-francine-sporenda/
  17. https://www.lemonde.fr/sciences/article/2014/05/05/aucun-programme-genetique-ne-voue-les-femmes-a-faire-le-menage-ni-les-hommes-a-etre-chefs-d-entreprise_4411894_1650684.html
  18. Le patriar­cat a besoin « d’effacer » les femmes. Dans cette culture basée sur les valeurs et mode de pen­sée des hommes, l’humain par défaut est néces­sai­re­ment un homme. Les femmes sont invi­sibles, leur exis­tence est niée. Les corps des femmes ont cer­tains besoins qui leurs sont propres (en matière de soins, contra­cep­tions, gros­sesses, etc.). En ne pre­nant pas en compte ces dif­fé­rences spé­ci­fiques, on risque de conti­nuer à prendre l’homme (son corps, ses prio­ri­tés, etc.) et la hié­rar­chie patriar­cale comme point de repère. Nier la bio­lo­gie, et faire comme si ces dif­fé­rences n’existaient pas, c’est être aveugle au sexisme, par­ti­ci­per à l’invisibilisation des femmes, cela ne nous aide pas à atteindre concrè­te­ment une situa­tion plus juste. Cela ne peut qu’empêcher les trans­for­ma­tions sociales néces­saires pour par­ve­nir à une éga­li­té réelle. Invi­si­bi­li­ser la réa­li­té bio­lo­gique, maté­rielle des femmes s’oppose à leur libé­ra­tion.
  19. https://lavieenqueer.wordpress.com/2018/06/02/les-identites-de-genres-non-binaires/
  20. https://nonbinary.miraheze.org/wiki/List_of_nonbinary_identities#X
  21. https://aeon.co/essays/the-idea-that-gender-is-a-spectrum-is-a-new-gender-prison
  22. https://www.facebook.com/nicolas.casaux/posts/10158213551562523
  23. Voir à ce sujet l’essai de Jane Clare Jones Iden­ti­ty, sove­rei­gn­ty and nar­cis­sism https://janeclarejones.com/2018/10/12/identity-sovereignty-and-narcissism/
  24. Lang­don Win­ner, The Whale and the Reac­tor.
  25. https://www.cnews.fr/france/2020–09-02/que-signifie-sidentifier-comme-personne-non-binaire-994253
  26. https://www.femmeactuelle.fr/sante/psycho/genre-non-binaire-quest-ce-que-ca-veut-dire-2077622
  27. https://www.aufeminin.com/ma-psychologie/non-binaire-s4013837.html
  28. Voir par ex l’article de Ste­vi Jack­son, « Pour­quoi un fémi­nisme maté­ria­liste est (encore) pos­sible » dans lequel elle écrit notam­ment : « Ce que fait le construc­tion­nisme cultu­rel par oppo­si­tion au construc­tion­nisme social, c’est exclure complètement le pre­mier niveau, celui de la struc­ture. La dimen­sion hiérarchique majeure du genre disparaît, de même que les manières dont la hiérarchie de genre sous-tend l’hétérosexualité. Le sens devient certes cen­tral, mais d’abord au niveau de la culture et du dis­cours plutôt que d’intégrer les différentes signi­fi­ca­tions effec­ti­ve­ment déployées dans l’environnement social de tous les jours. »
  29. Janice Ray­mond, L’Empire trans­sexuel (Seuil, 1980).
  30. https://www.spectator.co.uk/article/the-document-that-reveals-the-remarkable-tactics-of-trans-lobbyists
  31. https://thepoliticalerasureofsex.org/
  32. https://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/02/12/01016–20100212ARTFIG00756-le-transsexualisme-n-est-plus-une-maladie-mentale-.php
  33. https://www.ameli.fr/medecin/exercice-liberal/presciption-prise-charge/situation-patient-ald-affection-longue-duree/definition-ald
  34. http://www.senat.fr/leg/ppl11-579.html
  35. http://www.inter-lgbt.org/linter-lgbt-integre-la-commission-nationale-consultative-des-droits-de-lhomme-cncdh/
  36. https://www.komitid.fr/2013/09/13/changement-de-la-mention-du-sexe-a-letat-civil-chassez-le-medical-il-revient-au-galop-par-philippe-reigne/
  37. https://www.huffingtonpost.fr/2013/06/27/identite-de-theorie-du-genre_n_3504739.html
  38. Lire, à leur sujet : https://www.partage-le.com/2018/11/16/les-principes-de-jogjakarta-une-menace-internationale-contre-les-droits-des-femmes-par-hannah-harrison/
  39. https://www.acthe.fr/upload/1445371835-hammarberg-droit-de-lhomme-et-identite-de-genre.pdf
  40. https://www.coe.int/t/Commissioner/Source/LGBT/LGBTStudy2011_fr.pdf
  41. https://www.cncdh.fr/sites/default/files/27.06.13_avis_sur_lidentite_de_genre_et_sur_le_changement_de_la_mention_de_sexe_a_letat_civil.pdf
  42. https://estherbenbassa.eelv.fr/communique-de-presse-reponse-desther-benbassa-senatrice-ecologiste-du-val-de-marne-au-communique-de-lassociation-nationale-transgenre-du-13-septembre-2013/
  43. https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/transsexuels-une-proposition-de-loi-pour-faciliter-le-changement-de-sexe-7771981714
  44. http://www.senat.fr/leg/ppl13-216.html
  45. http://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=https%3A%2F%2Fwww.service-public.fr%2Factualites%2F002671.html
  46. https://estherbenbassa.eelv.fr/mes-amendements-sur-le-projet-de-loi-justice-du-xxieme-siecele-26-septembre-2016/
  47. https://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/3726/AN/282.asp
  48. https://www.cncdh.fr/sites/default/files/160526_cp_amendement_genre_etat_civil_pjl_justice_xxie.pdf
  49. https://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/3872/CION_LOIS/CL96.asp
  50. https://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/3872/CION_LOIS/CL97.asp
  51. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000033418904
  52. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000033418805
  53. https://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/3851/AN/338.asp
  54. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000033934948/
  55. https://tetu.com/2018/11/16/la-france-insoumise-veut-ameliorer-les-conditions-de-detention-des-personnes-trans/
  56. https://avenirencommun.fr/livrets-thematiques/livret-droits-nouveaux-lgbti/
  57. https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/amendements/0857/AN/1099
  58. https://tetu.com/2019/01/24/raphael-gerard-amendement-eleves-trans/
  59. https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/amendements_alt/3980/AN/451
  60. https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/amendements_alt/3980/AN/65
  61. https://twitter.com/RaphaelGerard17/status/1373002549951934471?s=20
  62. https://www.linternaute.com/actualite/societe/1226859-ces-stars-ont-change-de-sexe-les-100-transsexuels-et-transgenres-les-plus-influents/1227854-stephanie-nicot-militante
  63. https://www.liberation.fr/portrait/2006/12/20/un-modele-du-genre_60691/
  64. https://www.leprogres.fr/france-monde/2011/06/05/premier-mariage-transgenre-stephanie-et-elise-se-sont-dit-oui-a-nancy
  65. https://federation-lgbt.org/assemblee-generale-de-la-federation-lgbt–le-changement-dans-la-continuite
  66. https://www.komitid.fr/2014/04/17/changement-detat-civil-une-proposition-de-loi-desther-benbassa-fache-lant/
  67. https://www.elle.fr/Societe/Interviews/Delphine-pourquoi-est-elle-redevenue-Thierry-pour-l-armee-1058215
  68. https://youtu.be/O3rm3eOJFiw
  69. https://ant-france.eu/wp-content/uploads/2019/01/2014–05-04-Proposition-de-loi-sur-lidentit%C3%A9-de-genre‑A.N.T.-.pdf
  70. https://www.liberation.fr/france/2017/03/20/philippe-reigne-la-mention-du-sexe-quel-qu-il-soit-n-a-plus-sa-place_1557093/
  71. https://www.egalite-femmes-hommes.gouv.fr/le-ministere/organisation-du-ministere/chronologie-des-dispositions-en-faveur-de-legalite-des-femmes-et-des-hommes/les-grandes-dates-de-la-parite/
  72. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000033934948/
  73. https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGIARTI000034110504/2017–03-02
  74. https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/amendements_alt/1785/CION-CEDU/AC33
  75. https://www.legifrance.gouv.fr/download/pdf?id=CP05NSqcPl5lPNu3MsP2PSu1fmt64dDetDQxhvJZNMc=
  76. https://twitter.com/RaphaelGerard17/status/1352694528944320512
  77. https://www.lemonde.fr/societe/article/2016/05/21/changement-d-etat-civil-pour-les-trans-un-amendement-qui-ne-satisfait-pas-les-associations_4923860_3224.html
  78. https://ant-france.eu/index.php/2020/06/26/communique-de-presse-du-26-juin-2020/
  79. https://federation-lgbti.org/actualite/finalement-jacques-toubon-nous-aura-epates/
  80. https://juridique.defenseurdesdroits.fr/doc_num.php?explnum_id=19875
  81. https://federation-lgbti.org/actualite/ddd-decision-cadre-136/
  82. https://federation-lgbt.org/pas-de-defenseur-des-droits-homophobe
  83. https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/textes/l15b3795_proposition-resolution#
  84. https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/textes/l15b4021_proposition-loi#
  85. https://youtu.be/zTRnrp9pXHY
  86. https://www.banconversiontherapy.com/
  87. https://twitter.com/search?f=live&q=conversion%20(from%3AHRC)&src=typed_query
  88. https://www.ohchr.org/Documents/Issues/SexualOrientation/ConversionTherapyReport.pdf
  89. https://mickhartley.typepad.com/blog/2021/03/the-trans-takeover.html et : http://users.ox.ac.uk/~sfos0060/LGBT_figures.shtml
  90. https://www.firstthings.com/web-exclusives/2020/01/the-billionaires-behind-the-lgbt-movement
  91. https://radfemresistancesorore.wordpress.com/2018/03/22/qui-sont-les-riches-hommes-blancs-qui-institutionnalisent-lideologie-transgenre/
  92. https://hrc-prod-requests.s3-us-west‑2.amazonaws.com/HRC-990-FY20.pdf
  93. https://www.hrc.org/about/corporate-partners
  94. https://tgeu.org/wp-content/uploads/2018/06/TGEU_ActivityReport-1618.pdf
  95. https://www.ilga-europe.org/who-we-are/how-we-are-funded
  96. https://www.womenarehuman.com/category/crime/
  97. https://www.the11thhourblog.com/post/follow-the-money-how-the-pritzker-family-makes-a-killing-from-the-transgender-industry-flow-chart
  98. https://www.academia.edu/40106849/Men_trapped_in_mens_bodies?auto=download et : https://www.womenarehuman.com/nearly-all-transgender-survey-respondents-say-they-want-vagina-uterus-transplants-from-women/, et aus­si : https://www.mirror.co.uk/lifestyle/gallery/man-who-wears-suit-live-3808261
  99. Shei­la Jef­freys, Gen­der hurts, 2014.
  100. https://incels.wiki/w/Trannymaxxing
  101. https://www.instagram.com/tv/COFEXRGAHIJ/?igshid=syhdv4gyndwd
  102. https://isna.org/faq/transgender/
  103. https://www.jstor.org/stable/j.ctv11sn6qr
  104. https://youtu.be/zTRnrp9pXHY
  105. https://archive.org/details/gayamericanhisto00katz_0/page/129/mode/2up?view=theater
  106. https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/female-genital-mutilation
  107. https://thepostmillennial.com/bill-to-ban-fgm-blocked-in-wyoming-by-radical-trans-activists
  108. https://www.multitudes.net/debander-la-theorie-queer-un-livre/
  109. http://www.inter-lgbt.org/presentation/nos-revendications/
  110. Janice Ray­mond, L’Empire trans­sexuel.
  111. https://arretonslesviolences.gouv.fr/je-suis-professionnel/chiffres-de-reference-violences-faites-aux-femmes
  112. https://www.egalite-femmes-hommes.gouv.fr/dossiers/lutte-contre-les-violences/lutte-contre-le-systeme-prostitutionnel-et-accompagnement-des-personnes-prostituees/
  113. https://facealinceste.fr/blog/dossiers/le-nouveau-chiffre-de-l-inceste-en-france
  114. https://www.francetelevisions.fr/et-vous/notre-tele/a‑ne-pas-manquer/lmef-femmes-les-oubliees-de-la-sante-6029
  115. https://carolinecriadoperez.com/book/invisible-women/
  116. Lire, à ce sujet, le livre Porn­land de Gail Dines, paru aux édi­tions Libre, à pro­pos duquel vous pou­vez lire ce compte-ren­du : https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/10/20/dans-une-societe-juste-il-ny-a-pas-de-place-pour-le-porno/; aus­si : https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/1077801203256003,
  117. https://www.cairn.info/revue-herodote-2010–1‑page-150.htm
  118. Thier­ry Hoquet, Des sexes innom­brables. Le genre à l’épreuve de la bio­lo­gie.

 

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  1. Il faut dire bra­vo et mer­ci pour un si long développement
    Tou­jours je me deman­dais d’où pou­vais pro­ve­nir les moyens politiques
    et finan­ciers qui pro­cu­raient autant de forces aux mouvements
    trans­genres et autres gen­rismes apparentés.
    Main­te­nant j’en sais un peu plus sur leurs sou­tients capitalistes
    Et je com­prends un peu mieux pour­quoi le capi­ta­lisme actuel
    à besoin de semer ce nou­veau trouble sur l’ap­par­te­nance à son sexe

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