En Catalogne, féministes et anarchistes dénoncent les dégâts de l’idéologie trans (par Nicolas Casaux)

En Cata­logne, le 15 juillet der­nier, la branche bar­ce­lo­naise de la CNT (la Confé­dé­ra­tion natio­nale du tra­vail, une célèbre orga­ni­sa­tion anar­cho-syn­di­ca­liste) s’est asso­cié au groupe « Femi­nistes de Cata­lu­nya » (« Fémi­nistes de Cata­logne ») pour dénon­cer les effets humains et sociaux délé­tères du mou­ve­ment trans lors d’une conférence.

Il est heu­reux que cer­tains, et sur­tout cer­taines, à gauche, ne cèdent pas à l’intimidation, au cli­mat de cen­sure et de tabou, de fer­veur qua­si-reli­gieuse qui entoure le phé­no­mène trans.

Les fémi­nistes cata­lanes ont enquê­té sur l’évolution du nombre de per­sonnes trai­tées par le ser­vice hos­pi­ta­lier cata­lan « d’identité de genre », entre 2012 et 2021. Le rap­port qu’elles ont pro­duit fait état d’une « aug­men­ta­tion expo­nen­tielle de plus de 7000% en dix ans », sachant que « les cas de 2021 repré­sen­tant 25 % du nombre total de cas depuis 2012 ». Par ailleurs (quelques extraits tra­duits dudit rapport) :

  • De 2012 à 2021, l’âge moyen de consul­ta­tion a bais­sé de 12 ans, pas­sant de 35 à 23 ans.
  • Les orien­ta­tions vers le Ser­vei Tran­sit (ser­vice d’« iden­ti­té de genre ») concernent de plus en plus de femmes et de mineurs, avec un pro­fil d’âge dif­fé­ren­cié entre les femmes et les hommes qui révèle des situa­tions très différentes :
  • Par­mi les enfants de 0 à 9 ans, les gar­çons pré­do­minent (60,6% de gar­çons contre 39–4% de filles).
  • Dans les groupes d’âge entre 10 et 25 ans, les filles pré­do­minent (65,1% de filles contre 34–9% de garçons).
  • Chez les adultes de plus de 25 ans, les hommes pré­do­minent (60,6% d’hommes contre 39,4% de femmes). Les hommes repré­sentent plus de 70 % des cas chez les plus de 30 ans.
  • Il y a eu un chan­ge­ment rapide dans le sché­ma démo­gra­phique des orien­ta­tions vers la dys­pho­rie de genre : d’hommes à femmes et d’adultes à mineur·es. La plu­part des cas d’en­fants mineurs sont des filles et la plu­part des cas d’a­dultes sont des hommes.
  • L’aug­men­ta­tion est alar­mante chez les pré­ado­les­centes et les ado­les­centes : envi­ron 70 % des cas dans les groupes d’âge 10–14 ans et 15–18 ans sont des filles. Bien que l’aug­men­ta­tion soit éga­le­ment alar­mante dans le cas des gar­çons, entre 2015 et 2021, le nombre annuel d’orientations vers le Ser­vei Tran­sit de filles âgées de 10 à 14 ans a aug­men­té de 5700%. Cette aug­men­ta­tion est bien plus impor­tante que les 4400% qui ont déclen­ché la pre­mière alarme au Royaume-Uni en 2018.
  • Le pour­cen­tage de cas où le sexe de la per­sonne n’est pas enre­gis­tré aug­mente de manière tout aus­si alar­mante, attei­gnant plus de 10% dans ces mêmes groupes d’âge. Les ten­dances obser­vées et la tri­an­gu­la­tion avec des don­nées pro­ve­nant d’autres sources par­tielles per­mettent de déduire que les cas pour les­quels le sexe n’est pas enre­gis­tré sont prin­ci­pa­le­ment des filles.
  • La plu­part des cas se voient pres­crire une thé­ra­pie hor­mo­nale quel que soit l’âge. Mal­gré plu­sieurs demandes adres­sées au minis­tère de la San­té, les don­nées ven­ti­lées par trai­te­ment, âge et sexe n’ont jamais été four­nies. Cepen­dant, dans un rap­port de 2016, Ser­vei Tran­sit a recon­nu que dans 87% des cas, la pres­crip­tion d’hor­mones se fait lors de la pre­mière visite, ce qui est confir­mé par d’autres sources médicales.
  • En outre, nous avons des rai­sons de croire que nos esti­ma­tions sont plu­tôt conser­va­trices : l’im­pact réel du modèle affir­ma­tif pour­rait être bien pire. Par exemple, nous n’a­vons pas eu accès à des don­nées sur les pres­ta­taires de soins de san­té pri­maires ou sur les pédiatres qui pres­crivent de plus en plus de blo­queurs de puber­té et d’hor­mones dans les ser­vices de soins de san­té pri­maires, et nous n’a­vons pas été en mesure de les inclure.

Enfin, les fémi­nistes cata­lanes notent :

« De plus en plus d’en­fants rejettent leur corps sexué. Plus par­ti­cu­liè­re­ment, de plus en plus d’a­do­les­centes ne veulent pas deve­nir des femmes. Nous devons déter­mi­ner les rai­sons de ce phé­no­mène, même si la “loi trans” récem­ment adop­tée inter­dit de les recher­cher. L’essor de la “dys­pho­rie de genre” est cer­tai­ne­ment lié à une réa­li­té sociale de plus en plus hos­tile aux filles, qui sont la cible d’une vio­lence sexuelle crois­sante, cepen­dant que leurs pairs mas­cu­lins la nient de plus en plus.

Loin de résoudre les causes de leur mal-être, la “thé­ra­pie affir­ma­tive” détruit irré­ver­si­ble­ment leur san­té sans béné­fice avé­ré, et les condamnent à une dépen­dance médi­cale à vie, pour le seul béné­fice de l’in­dus­trie phar­ma­ceu­tique. Il est essen­tiel que des enquêtes indé­pen­dantes soient effec­tuées sur les uni­tés d’i­den­ti­té de genre et que le modèle affir­ma­tif soit aban­don­né. Il ne s’a­git pas d’un crime de haine, mais plu­tôt d’une obli­ga­tion scien­ti­fique, poli­tique et sociale. »

Pour lire leur rap­port en entier (en espa­gnol, mais un résu­mé en anglais est proposé) :

Informe Tràn­sit : De hombres adul­tos a niñas adolescentes

RAPPEL : si vous vou­lez en savoir plus sur ce scan­dale sani­taire, humain et social en cours, vous pou­vez vous pro­cu­rer le livre « Né(e)s dans la mau­vaise socié­té » que nous venons de publier :

Né(e)s dans la mau­vaise socié­té — Notes pour une cri­tique fémi­niste et socia­liste du phé­no­mène trans

Nico­las Casaux

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