Devrions-nous autoriser les « femmes transgenres » à participer aux sports réservés aux femmes ? (par Gregory A. Brown et Tommy Lundberg)

Tra­duc­tion d’un article ini­tia­le­ment paru, en anglais, le 17 avril 2023, sur le site du « Cen­ter on Sport Poli­cy and Conduct » (Centre sur la poli­tique et la conduite du sport), à l’a­dresse sui­vante.


Le point de vue d’un physiologiste de l’exercice

Mots clés : Femmes trans­genres, sup­pres­sion de la tes­to­sté­rone, per­for­mance spor­tive, phy­sio­lo­gie, poli­tiques et procédures

Contexte

Les « femmes trans­genres » sont des per­sonnes dont le sexe bio­lo­gique est mas­cu­lin (mâle), mais dont l’« iden­ti­té de genre » est celle d’une femme. En 2003, le Comi­té inter­na­tio­nal olym­pique (CIO) a publié sa poli­tique ini­tiale sur les ath­lètes trans­genres. En 2011, la NCAA, l’organisme en charge de l’élite du foot­ball amé­ri­cain au niveau uni­ver­si­taire aux États-Unis, a adop­té une poli­tique d’in­clu­sion des ath­lètes trans­genres et en 2015, le CIO a adop­té une poli­tique révi­sée sur les ath­lètes trans­genres. À par­tir de 2019, il y a eu plu­sieurs cas très média­ti­sés de « femmes trans­genres » concou­rant dans des cham­pion­nats spor­tifs réser­vés aux femmes (voir, par exemple, ces articles sur ESPN.com, APNews, et le Washing­ton Times). En réponse à ces situa­tions et aux pré­oc­cu­pa­tions des ath­lètes et du public, le Comi­té inter­na­tio­nal olym­pique, la NCAA (une fédé­ra­tion spor­tive de grandes écoles et uni­ver­si­tés aux États-Unis), FINA (la fédé­ra­tion inter­na­tio­nale de nata­tion), Bri­tish Cycling (la fédé­ra­tion du cyclisme au Royaume-Uni), US Rowing (la fédé­ra­tion d’aviron des États-Unis), World Boxing (la fédé­ra­tion inter­na­tio­nale de boxe anglaise), World Ath­le­tics (la fédé­ra­tion inter­na­tio­nale d’athlétisme) et de nom­breux autres ins­tances diri­geantes du sport ont récem­ment révi­sé leurs poli­tiques concer­nant les ath­lètes trans­genres, en par­ti­cu­lier les « femmes trans­genres ». Leurs poli­tiques varient consi­dé­ra­ble­ment, allant de l’in­clu­sion des per­sonnes trans­genres dans les sports réser­vés aux femmes sur la base d’une simple auto-iden­ti­fi­ca­tion en tant que femme, à la par­ti­ci­pa­tion des per­sonnes trans­genres aux sports réser­vés aux femmes sous condi­tion de sup­pres­sion de la tes­to­sté­rone, ou à la par­ti­ci­pa­tion aux sports réser­vés aux femmes auto­ri­sée uni­que­ment pour les per­sonnes enre­gis­trées comme étant de sexe fémi­nin (femelle) à la naissance.

En outre, face aux prin­ci­pales polé­miques ayant écla­té à la suite de la par­ti­ci­pa­tion de « femmes trans » à des com­pé­ti­tions spor­tives réser­vées aux femmes, de nom­breuses légis­la­tures d’É­tat, aux États-Unis, ont conçu des pro­jets de loi sti­pu­lant que seuls les membres du sexe fémi­nin peuvent par­ti­ci­per aux com­pé­ti­tions spor­tives réser­vées aux filles et aux femmes (37 États rien qu’en 2021). Au 6 juillet 2022, dix-huit États avaient adop­té de telles lois. Au moment où nous écri­vons ces lignes, en février 2023, c’est le début des ses­sions légis­la­tives dans de nom­breux États. Il y aura pro­ba­ble­ment d’autres débats et dis­cus­sions sur des pro­jets de loi simi­laires, avec la pos­si­bi­li­té que d’autres lois soient pro­mul­guées. Comme le décrivent Gil­lian R. Bras­sil et Jeré Long­man dans le New York Times d’août 2020, « les orga­ni­sa­tions spor­tives sont confron­tées à “deux posi­tions presque irré­con­ci­liables” dans l’é­ta­blis­se­ment des normes d’ad­mis­si­bi­li­té — l’une repo­sant sur le sexe décla­ré d’un ath­lète (c’est-à-dire l’in­clu­sion) et l’autre sur la bio­lo­gie (c’est-à-dire l’équité) ». L’ob­jec­tif de cet article consiste à repla­cer ce débat dans son contexte, du point de vue d’un phy­sio­lo­giste de l’exercice.

Les bases biologiques du sexe

D’un point de vue bio­lo­gique, le pre­mier élé­ment à prendre en compte lorsque l’on exa­mine la ques­tion de la par­ti­ci­pa­tion des « femmes trans­genres » aux sports des femmes, c’est l’im­por­tance du sexe en tant que fac­teur bio­lo­gique. L’A­me­ri­can Psy­cho­lo­gi­cal Asso­cia­tion défi­nit le sexe comme « les traits qui dis­tinguent les mâles des femelles. Le sexe se réfère sur­tout aux traits phy­siques et bio­lo­giques, tan­dis que le genre se réfère sur­tout aux traits sociaux ou cultu­rels. » Pour résu­mer, la repro­duc­tion humaine exige que le gamète mâle (sper­ma­to­zoïde) s’u­nisse à un gamète femelle (ovule). Lors de la fécon­da­tion, le sexe est déter­mi­né par les chro­mo­somes sexuels appa­riés, 46-XX pour la femelle et 46-XY pour le mâle. La dif­fé­ren­cia­tion sexuelle se pro­duit ensuite au fur et à mesure que le fœtus se déve­loppe selon la voie mâle ou femelle. L’espèce humaine pré­sente un dimor­phisme sexuel : l’a­na­to­mie et la phy­sio­lo­gie mâles s’organisent autour de la pro­duc­tion de sper­ma­to­zoïdes, et l’a­na­to­mie et la phy­sio­lo­gie femelles autour de la pro­duc­tion d’o­vules (2, 6). Sur les 20 000 gènes humains connus, 6 500, envi­ron, ne s’expriment pas de la même manière chez les hommes et les femmes (16). Le sexe consti­tue donc un fac­teur extrê­me­ment impor­tant sur le plan de la san­té et des per­for­mances sportives.

S’il existe des troubles du déve­lop­pe­ment sexuel (DSD pour disor­ders of sexual deve­lop­ment, soit « désordres du déve­lop­pe­ment sexuel » ; par­fois appe­lés, de manière plus euphé­mique, dif­fé­rences de déve­lop­pe­ment sexuel), c’est-à-dire des ano­ma­lies du déve­lop­pe­ment sexuel, cau­sées par des com­bi­nai­sons inha­bi­tuelles de chro­mo­somes sexuels ou des pro­blèmes géné­tiques, ces condi­tions sont très rares (envi­ron 0,017 % de toutes les nais­sances) et consti­tuent une ques­tion dis­tincte de la dys­pho­rie de genre (6, 12, 18, 30, 38). Il est impor­tant de sou­li­gner qu’il n’existe pas de fon­de­ment bio­lo­gique éta­bli pour la tran­si­den­ti­té et ain­si pas de test bio­lo­gique per­met­tant de diag­nos­ti­quer une per­sonne comme trans­genre (6, 12). Une expli­ca­tion plus détaillée des causes pos­sibles et du diag­nos­tic de la dys­pho­rie de genre dépasse le cadre de cet article.

Comme le démontrent d’in­nom­brables tra­vaux de recherche, la grande majo­ri­té des manuels d’a­na­to­mie, de phy­sio­lo­gie, de phy­sio­lo­gie de l’exer­cice et d’é­va­lua­tion de la condi­tion phy­sique, ain­si que l’ont exa­mi­né Bas­sett et al. (5) et Hil­ton et Lund­berg (23), les dif­fé­rences de per­for­mance entre les hommes et les femmes sont dues à des dif­fé­rences bio­lo­giques fon­dées sur le sexe. Les hommes sont plus grands, ont davan­tage de masse cor­po­relle maigre, moins de graisse, une den­si­té miné­rale osseuse plus éle­vée, un cœur et des pou­mons plus grands, une VO2max (capa­ci­té aéro­bie) plus éle­vée, des niveaux d’hé­mo­glo­bine cir­cu­lante plus impor­tants et de nom­breux autres fac­teurs ana­to­miques et phy­sio­lo­giques qui leur confèrent un avan­tage sur les femmes sur le plan des per­for­mances ath­lé­tiques. Par exemple, les hommes occi­den­taux mesurent en moyenne 177,8 cm et pèsent 90,7 kg, tan­dis que les femmes occi­den­tales mesurent en moyenne 165,1 cm et pèsent 77,1 kg. Une étude menée sur 10 894 hommes et femmes euro­péennes âgées de 18 à 81 ans indique qu’en moyenne, les hommes pos­sèdent 1,6 kg de moins de graisse cor­po­relle et 16,6 kg de plus de masse maigre que les femmes (34). En d’autres termes, les hommes ont 6 % de masse grasse en moins et 42 % de masse maigre en plus, répar­tis sur 8 % de sur­face cor­po­relle en plus que les femmes. Dans cer­tains sports, la taille est un avan­tage, et selon un prin­cipe bien éta­bli de la science de l’exer­cice, pos­sé­der davan­tage de masse cor­po­relle maigre est béné­fique pour les per­for­mances sportives.

Les différences entre les sexes dans les performances sportives

Pour éva­luer les effets poten­tiels de l’in­clu­sion des « femmes trans » dans les sports des femmes, il importe de prendre en compte le fait incon­tes­table que les mâles adultes pos­sèdent des avan­tages ath­lé­tiques par rap­port aux femmes adultes. Là où les per­for­mances peuvent être faci­le­ment et éga­le­ment quan­ti­fiées à des fins de com­pa­rai­son, comme dans le cas de la nata­tion, l’ath­lé­tisme, la force ath­lé­tique, l’hal­té­ro­phi­lie, le pati­nage de vitesse et le cyclisme, on constate que les hommes sont plus rapides, sautent plus haut, lancent plus loin ou sou­lèvent des poids plus lourds que les femmes. Dans l’ensemble, dès le milieu de la puber­té, et à âge, talent et entraî­ne­ment égaux, les per­for­mances des gar­çons sur­passent celles des filles de 10 à 60 %, selon le sport. Les dif­fé­rences les plus faibles sont obser­vées en course à pied et en nata­tion et les plus impor­tantes en hal­té­ro­phi­lie et au base­ball (voir 8, 10, 22, 23, 29, 37, 40, 42, 46, 47, 51, et la figure 1 de Hil­ton et Lund­berg, 23). En hal­té­ro­phi­lie et en force ath­lé­tique, où les ath­lètes concourent en fonc­tion de leur poids cor­po­rel, les hommes sur­passent quand même les femmes d’en­vi­ron 30 %.

L’a­van­tage des per­for­mances mas­cu­lines sur les per­for­mances fémi­nines dans diverses dis­ci­plines spor­tives. Le niveau fémi­nin est fixé à 100 %. Dans les évé­ne­ments spor­tifs com­por­tant plu­sieurs dis­ci­plines, la valeur mas­cu­line a été cal­cu­lée en moyenne pour l’en­semble des dis­ci­plines, et les barres d’er­reur repré­sentent l’in­ter­valle de confiance de l’a­van­tage. Les mesures ont été com­pi­lées à par­tir de bases de don­nées de fédé­ra­tions spor­tives acces­sibles au public et/ou de registres de tournois/compétitions. (Source : « Trans­gen­der Women in the Female Cate­go­ry of Sport : Pers­pec­tives on Tes­tos­te­rone Sup­pres­sion and Per­for­mance Advan­tage », Emma Hil­ton et Tom­my Lund­berg, Sports Medi­cine, décembre 2020.)

Les dif­fé­rences de per­for­mances spor­tives entre les sexes chez les enfants, avant la puber­té, sont beau­coup moins nettes, en grande par­tie parce que les sports dans cette tranche d’âge sont géné­ra­le­ment axés sur les loi­sirs et le déve­lop­pe­ment des com­pé­tences fon­da­men­tales. Cepen­dant, des éva­lua­tions de la condi­tion phy­sique chez les enfants dès l’âge de 3 ans montrent que les gar­çons obtiennent de meilleurs résul­tats que les filles du même âge dans des tests de lan­cer, de force mus­cu­laire, d’en­du­rance mus­cu­laire et de condi­tion phy­sique aéro­bie (9, 13, 28, 45, 48–50). Par exemple, Tom­kin­son et al. (49) ont obser­vé qu’à l’âge de 9 ans, les gar­çons courent en moyenne 3,2 % plus vite que les filles du même âge lors de la der­nière étape d’une course navette de 20 mètres. En matière de capa­ci­té d’en­du­rance aéro­bie, si l’on com­pare l’ab­sorp­tion maxi­male d’oxy­gène (VO2max) chez les filles et les gar­çons de 6–7 ans, les gar­çons pos­sèdent une VO2max abso­lue (mesu­rée en litres d’oxy­gène par minute) supé­rieure de 12 % et une VO2max rela­tive (mesu­rée en mil­li­litres d’oxy­gène par kilo­gramme de masse cor­po­relle par minute) supé­rieure de 2 % (13). Lors de l’é­va­lua­tion de la force et de l’en­du­rance mus­cu­laires, Tom­kin­son et al. (50) ont rap­por­té qu’à l’âge de 9 ans, les gar­çons par­viennent à res­ter en sus­pen­sion bras plié en moyenne 48,1 % plus long­temps que des filles du même âge. Les records de l’USA Swim­ming (fédé­ra­tion de nata­tion des États-Unis) pour le groupe d’âge 10 ans et moins indiquent que les gar­çons sont plus rapides que les filles dans onze des douze épreuves indi­vi­duelles de courte dis­tance et dans huit des onze épreuves indi­vi­duelles de longue dis­tance. En outre, les records des jeunes de l’USA Track & Field (fédé­ra­tion d’athlétisme des États-Unis) dans la tranche d’âge des 8 ans et moins et dans la tranche d’âge des 9 à 10 ans (dont on peut rai­son­na­ble­ment sup­po­ser qu’ils sont pré-pubères) montrent que les gar­çons sont plus rapides que les filles dans toutes les épreuves. La plus petite dif­fé­rence dans les records d’ath­lé­tisme entre les gar­çons et les filles est de 0,94% dans la course de 100 m de la caté­go­rie 8 ans et moins, et la plus grande dif­fé­rence est de 38,42% dans le lan­cer de jave­lot de la caté­go­rie 8 ans et moins.

Effets de l’hormonothérapie d’affirmation du genre

Le trai­te­ment hor­mo­nal d’af­fir­ma­tion de genre (THAG) fait réfé­rence à une grande varié­té d’hor­mones et de médi­ca­ments pou­vant être pres­crits pour qu’une per­sonne déve­loppe des carac­té­ris­tiques phy­siques conformes à son iden­ti­té de genre. L’u­ti­li­sa­tion d’a­na­logues de l’hor­mone de libé­ra­tion de la gona­do­tro­phine (GnRHa) (éga­le­ment appe­lés blo­queurs de puber­té), d’an­ti-andro­gènes, de sup­pres­sion de la tes­to­sté­rone ou d’œs­tro­gènes exo­gènes peut faire par­tie du THAG pour les « femmes trans­genres ». Une expli­ca­tion détaillée du THAG dépasse le cadre du pré­sent article, mais vous trou­ve­rez de plus amples infor­ma­tions dans les rap­ports de Ran­dolph (35) ou de T’S­joen (43).

Actuel­le­ment, la recherche sur les effets du THAG sur les per­for­mances spor­tives des « femmes trans­genres » consiste en un total de 19 rap­ports de recherche éva­lués par des pairs. Seize de ces rap­ports font état de modi­fi­ca­tions de la com­po­si­tion cor­po­relle (1, 3, 4, 14, 15, 17, 19, 24, 26, 27, 31, 44, 52–54, 56), huit de modi­fi­ca­tions de la force de pré­hen­sion (1, 3, 27, 39, 44, 52, 53, 56), un de la force mus­cu­laire iso­mé­trique et iso­ci­né­tique de la cuisse (55), un d’une éva­lua­tion trans­ver­sale de la VO2max après 14 ans de THAG (1), et deux de la per­for­mance en matière de pompes, de redres­se­ments assis et de course à pied sur 2,4 km chez le per­son­nel de l’ar­mée de l’air des États-Unis (11, 36). En bref, les hommes pos­sèdent en géné­ral 40 à 45% de masse cor­po­relle maigre en plus par rap­port aux femmes, et la sup­pres­sion de la tes­to­sté­rone réduit la masse cor­po­relle maigre d’en­vi­ron 4 à 5 %. Les hommes pos­sèdent géné­ra­le­ment une force mus­cu­laire supé­rieure à celle des femmes de 30 à 60 %, or la sup­pres­sion de la tes­to­sté­rone réduit seule­ment la force mus­cu­laire de 0 à 9 %. Par exemple, Scharff et al. (39) ont obser­vé qu’a­vant le THAG, les « femmes trans­genres » avaient une force de pré­hen­sion moyenne de 41,8 kg, et qu’a­près 12 mois de THAG, leur force de pré­hen­sion avait dimi­nué pour atteindre une moyenne de 40,0 kg (il est impor­tant de noter que cette force de pré­hen­sion réduite se situait tou­jours dans le 95e per­cen­tile pour des femmes com­pa­rables). Wiik et al. (55) ont obser­vé que 12 mois de THAG avaient réduit le volume des muscles de la cuisse d’en­vi­ron 5 %, mais que la force d’ex­ten­sion et de flexion du genou n’a­vait pas été réduite. Roberts et al. (36) ont obser­vé qu’a­vant la tran­si­tion, les « femmes trans­genres » membres de l’US Air Force effec­tuaient un test d’ap­ti­tude à la course sur 2,4 km 21 % plus rapi­de­ment que les femmes d’âge com­pa­rable et qu’a­près 2,5 ans de THAG, les « femmes trans­genres » effec­tuaient tou­jours le test d’ap­ti­tude à la course sur 2,4 km 12 % plus rapi­de­ment que les femmes. Alvares et al. (1) ont rap­por­té qu’a­près 14 ans de THAG, les « femmes trans­genres » pos­sèdent tou­jours un VO2peak [capa­ci­té aéro­bie] supé­rieur de 14% à celui des femmes com­pa­rables. Chic­ca­rel­li (11) a obser­vé qu’a­près 4 ans de THAG, les « femmes trans­genres » effec­tuaient tou­jours 17,7 % de pompes et 8,3 % de redres­se­ments assis de plus en une minute que les femmes com­pa­rables. Une étude de cas por­tant sur un nageur de la divi­sion 1 de la NCAA, qui avait concou­ru dans la caté­go­rie hommes, puis subi deux années de THAG (confor­mé­ment aux direc­tives de la NCAA à l’é­poque) et avait ensuite concou­ru dans la caté­go­rie femmes « sug­gère que la nageuse trans­genre a réa­li­sé des per­for­mances supé­rieures à celles des nageuses femelles de même rang » (41). Dans l’en­semble, les recherches exis­tantes indiquent que si le THAG affecte la bio­lo­gie, les chan­ge­ments qu’il induit sont minimes par rap­port aux dif­fé­rences bio­lo­giques ini­tiales typiques entre les hommes et les femmes, ce qui signi­fie que les attri­buts bio­lo­giques et les dif­fé­rences de per­for­mance per­durent même après des années de THAG.

Hil­ton et Lund­berg (23), Har­per et al. (20), et Hea­ther (21) ont publié des articles de syn­thèse, et World Rug­by (la fédé­ra­tion inter­na­tio­nale de Rug­by), le Conseil des sports du Royaume-Uni et la FINA (fédé­ra­tion mon­diale des sports aqua­tiques) ont éga­le­ment publié des ana­lyses scien­ti­fiques des études exis­tantes sur les effets de la sup­pres­sion de la tes­to­sté­rone sur la force mus­cu­laire, la com­po­si­tion cor­po­relle et d’autres fac­teurs sus­cep­tibles d’in­fluen­cer les per­for­mances ath­lé­tiques. Bien que la sup­pres­sion de la tes­to­sté­rone chez les « femmes trans­genres » réduise la concen­tra­tion d’hé­mo­glo­bine cir­cu­lante et l’amène aux niveaux de réfé­rence des femmes, toutes ces études concluent que même après trois ans de sup­pres­sion de la tes­to­sté­rone, les « femmes trans­genres » conservent des avan­tages ath­lé­tiques masculins.

La dis­cus­sion sur le fait de n’au­to­ri­ser que les membres du sexe fémi­nin à par­ti­ci­per aux sports des filles et des femmes peut conduire à s’in­ter­ro­ger sur les effets des blo­queurs de puber­té sur la condi­tion phy­sique et les per­for­mances spor­tives des enfants et des ado­les­cents de sexe mas­cu­lin qui s’i­den­ti­fient comme des filles (c’est-à-dire des « filles trans »). Cepen­dant, la qua­li­té des preuves étayant l’u­ti­li­sa­tion des blo­queurs de puber­té est très contro­ver­sée (12), et les consé­quences délé­tères pour la san­té de l’u­ti­li­sa­tion des blo­queurs de puber­té sont suf­fi­sam­ment pré­oc­cu­pantes pour que cer­tains pays inter­disent leur uti­li­sa­tion, sauf dans le cadre de la recherche cli­nique. Mal­heu­reu­se­ment, la recherche sur les effets des blo­queurs de puber­té sur les fac­teurs affec­tant la condi­tion phy­sique et les per­for­mances ath­lé­tiques est limi­tée. Nous ne dis­po­sons d’aucune don­née sur les effets des blo­queurs de puber­té sur la force mus­cu­laire, la vitesse de course ou la capa­ci­té d’endurance.

Kla­ver et al. (25) ont exa­mi­né l’u­ti­li­sa­tion des blo­queurs de puber­té sur la com­po­si­tion cor­po­relle et ont démon­tré que chez les ado­les­cents au stade 2–3 de Tan­ner, la graisse cor­po­relle aug­men­tait et la masse cor­po­relle maigre dimi­nuait chez les « filles trans », mais que l’u­ti­li­sa­tion des blo­queurs de puber­té n’é­li­mi­nait pas les dif­fé­rences de com­po­si­tion cor­po­relle entre les « filles trans » et les ado­les­centes de sexe fémi­nin com­pa­rables. Plus pré­ci­sé­ment, avant le début de l’u­ti­li­sa­tion des blo­queurs de puber­té, les « filles trans » avaient une masse cor­po­relle maigre d’en­vi­ron 75 % et les ado­les­centes com­pa­rables une masse cor­po­relle maigre d’en­vi­ron 63 %. Après envi­ron 2,5 ans d’u­ti­li­sa­tion de blo­queurs de puber­té, les « filles trans » avaient une masse cor­po­relle maigre d’en­vi­ron 69 %, tan­dis que les ado­les­centes com­pa­rables avaient une masse cor­po­relle maigre d’en­vi­ron 61 %. À l’âge de 22 ans, après envi­ron 8 ans d’u­ti­li­sa­tion de blo­queurs de puber­té et d’hor­mones de l’autre sexe, les « filles trans » avaient une masse cor­po­relle maigre de 66 %, alors que les filles com­pa­rables avaient une masse cor­po­relle maigre de 59 %. Deux autres articles indiquent que l’u­ti­li­sa­tion de blo­queurs de puber­té (33) et d’hor­mones de l’autre sexe (32) chez les ado­les­cents trans­genres n’é­li­mine pas les avan­tages phy­siques liés à la bio­lo­gie du sexe mas­cu­lin, par exemple sur le plan de la masse cor­po­relle maigre. Une autre récente étude indique que la taille à l’âge adulte est rela­ti­ve­ment peu affec­tée par un trai­te­ment anté­rieur aux ana­logues de la GnRH et à l’œs­tra­diol durant l’a­do­les­cence, ce qui sug­gère que les « filles trans » seront plus grandes que les filles de réfé­rence (7). Cet avan­tage de taille pour­rait leur confé­rer des avan­tages ath­lé­tiques dans divers sports, notam­ment parce que la taille en géné­ral est éga­le­ment for­te­ment cor­ré­lée à la masse cor­po­relle maigre totale. Par consé­quent, si les infor­ma­tions sur les effets des blo­queurs de puber­té et du THAG chez les enfants sont très limi­tées, les don­nées actuelles montrent que les enfants de sexe mas­cu­lin conservent des avan­tages liés au sexe en matière de taille et de masse maigre, ce qui pour­rait leur per­mettre de conser­ver des avan­tages ath­lé­tiques masculins.

Résumé

En résu­mé, il existe de nettes dif­fé­rences entre les mâles et les femelles humaines en matière de condi­tion phy­sique et de per­for­mances ath­lé­tiques, même avant la puber­té. Les gar­çons courent plus vite, sautent plus loin et plus haut, et ont une plus grande force mus­cu­laire que les filles com­pa­rables. Ces dif­fé­rences pré-puber­taires fon­dées sur le sexe sont moins impor­tantes que les dif­fé­rences post-puber­taires (liées, notam­ment, à l’augmentation de la tes­to­sté­rone cir­cu­lante chez les mâles pen­dant la puber­té), mais sont pro­ba­ble­ment signi­fi­ca­tives en com­pé­ti­tion. Peu après le début de la puber­té et tout au long de l’âge adulte, les mâles sur­passent les femelles d’en­vi­ron 10 à 60 % en ce qui concerne les mesures de la condi­tion phy­sique et les per­for­mances ath­lé­tiques. Après la puber­té, la sup­pres­sion de la tes­to­sté­rone et l’ad­mi­nis­tra­tion d’œs­tro­gènes ne per­mettent pas d’éliminer les traits bio­lo­giques mâles acquis (par exemple, une masse cor­po­relle et une taille plus impor­tantes) et ne réduisent que très peu les dif­fé­rences de per­for­mances mesu­rées (par exemple, une plus grande force mus­cu­laire et des per­for­mances de course plus rapides), ce qui implique pro­ba­ble­ment que les « femmes trans­genres » conservent des avan­tages ath­lé­tiques [liés au fait d’être des mâles, NdT], mal­gré la sup­pres­sion de la tes­to­sté­rone. Nous ne dis­po­sons pas, actuel­le­ment, de suf­fi­sam­ment de preuves pour déter­mi­ner les effets des blo­queurs de puber­té sur la condi­tion phy­sique et les per­for­mances spor­tives des enfants, mais les preuves limi­tées qui existent sug­gèrent que le déve­lop­pe­ment mas­cu­lin (mâle) n’est pas entiè­re­ment sup­pri­mé, ce qui pour­rait confé­rer des avan­tages spor­tifs aux « filles trans ».

La ques­tion de savoir ce qui consti­tue une com­pé­ti­tion équi­table est com­plexe. His­to­ri­que­ment, les sports ont été sépa­rés par sexe pour per­mettre aux filles et aux femmes d’être sur un pied d’é­ga­li­té en rai­son des avan­tages de 10 à 60 % que la bio­lo­gie confère aux gar­çons et aux hommes. Les sté­roïdes ana­bo­li­sants et les andro­gènes, qui amé­liorent la force de 5 à 20 %, sont presque uni­ver­sel­le­ment consi­dé­rés comme injustes. En 2008, des maillots de bain non tex­tiles ont été mis sur le mar­ché, qui amé­lio­re­raient les per­for­mances de nata­tion de 2 à 4 %. Ils ont été jugés injustes et inter­dits en 2010. Les recherches menées à ce jour indiquent que le fait de s’i­den­ti­fier en tant que « femme trans », avec ou sans recours à un THAG, n’é­li­mine pas les avan­tages ath­lé­tiques phy­sio­lo­giques mas­cu­lins. La ques­tion de savoir si l’a­van­tage ath­lé­tique mas­cu­lin qui sub­siste après le THAG est injuste est actuel­le­ment débat­tue par les uni­ver­si­taires, les ins­tances diri­geantes du sport et les législateurs.

Gre­go­ry A. Brown & Tom­my Lundberg

*

Gre­go­ry A. Brown Ph.D., pro­fes­seur de sciences de l’exer­cice, labo­ra­toire d’ac­ti­vi­té phy­sique et de bien-être, dépar­te­ment de kiné­sio­lo­gie et de sciences du sport, uni­ver­si­té du Nebras­ka à Kear­ney, États-Unis.

Tom­my Lund­berg Ph.D., maître de confé­rences adjoint, dépar­te­ment de méde­cine de labo­ra­toire, divi­sion de phy­sio­lo­gie cli­nique, Karo­lins­ka Ins­ti­tute, Stock­holm, Suède.

Cor­res­pon­dance : Gre­go­ry A. Brown, Ph.D. 1410 w 26th st ; dépar­te­ment de kiné­sio­lo­gie et des sciences du sport, uni­ver­si­té du Nebras­ka à Kear­ney ; Kear­ney, NE 68849 ; (308) 865 — 8333 ; Fax (308) 865‑8073 ; brownga@unk.edu

*

Tra­duc­tion : Nico­las Casaux

Apar­té du tra­duc­teur : si cet article s’avère ins­truc­tif, ses auteurs tentent cepen­dant d’adopter une pers­pec­tive « objec­tive » en ne se pro­non­çant par sur bien des aspects de la ques­tion qu’ils traitent. À com­men­cer par le fait de savoir si l’expression « femme trans » ou « femme trans­genre » a un sens, ou par les impli­ca­tions pour le sens du mot « femme » de l’emploi d’une expres­sion comme « femme trans­genre ». Ils ter­minent en posant « la ques­tion de savoir si l’avantage ath­lé­tique mas­cu­lin qui sub­siste après le THAG est injuste » sans y répondre. La réponse me semble évi­dente : oui, oui cet avan­tage est injuste. Oui, les soi-disant « femmes trans » et les ath­lètes « trans » de se sexe mas­cu­lin en géné­ral ne devraient pou­voir concou­rir que dans les sports réser­vés à leur propre sexe. Et pas uni­que­ment pour les rai­sons men­tion­nées dans cet article.

Comme le remarque le cycliste « trans » états-unien Vero­ni­ca Ivy (vidéo ci-des­sous), un mâle adulte de l’espèce humaine qui se pré­tend « femme trans », à par­tir du moment où l’on accepte l’idée selon laquelle « les femmes trans sont des femmes », il peut sem­bler insen­sé de vou­loir empê­cher ces soi-disant « femmes trans » de s’inscrire dans les caté­go­ries spor­tives réser­vées aux femmes.

Le pro­blème fon­da­men­tal réside, à bien des égards, dans cette idée selon laquelle « les femmes trans sont des femmes ». Quel est le sens du mot « femme » dans cette expres­sion ? Si « les femmes trans sont des femmes », qu’est-ce qu’une femme ? Si des mâles adultes de l’espèce humaine sont des femmes, qu’est-ce qu’une femme ? Est une femme toute per­sonne qui se dit femme ? Absurde, cela revient à pré­tendre quelque chose comme « est un enfant toute per­sonne qui dit être un enfant », ou « est noire toute per­sonne qui se dit noire », ou « est un pin­gouin toute per­sonne qui se dit pin­gouin ». Une autre idée, offi­ciel­le­ment défen­due par beau­coup, y com­pris par des orga­ni­sa­tions gou­ver­ne­men­tales, c’est que les femmes sont toutes les per­sonnes dotées d’une « iden­ti­té de genre » de femme, c’est-à-dire toutes les per­sonnes qui ont une affi­ni­té pour les sté­réo­types asso­ciés aux femmes dans notre socié­té (et peu importe que pour qu’il y ait des sté­réo­types asso­ciés aux femmes, il faut que « femme » désigne quelque chose d’autre que l’adhésion à ces sté­réo­types, autre­ment tout ça n’a aucun sens). Une telle défi­ni­tion (selon laquelle est une femme qui­conque aime la danse, les robes, le maquillage, les talons hauts, le rose, cui­si­ner, être docile, etc.) serait aus­si absurde que sexiste (elle signi­fie­rait que toutes les femmes qui rejettent les sté­réo­types sexistes et infé­rio­ri­sant que la socié­té patriar­cale asso­cie à la femme ne sont pas des femmes).

Pour exa­mi­ner plus en pro­fon­deur, plus sérieu­se­ment, la ques­tion de l’inclusion des soi-disant « femmes trans » dans les sports des filles et des femmes, il fau­drait étu­dier le phé­no­mène trans dans son ensemble, ses tenants et ses abou­tis­sants, ses pré­misses, ses pos­tu­lats, ses logiques. Ce que nous nous pro­po­sons de faire dans le livre Né(e)s dans la mau­vaise socié­té (2e édi­tion) — Notes pour une cri­tique fémi­niste et socia­liste du phé­no­mène trans, que nous venons de publier et que vous pou­vez vous pro­cu­rer ici :


Références

1.         Alvares LAM, San­tos MR, Sou­za FR, San­tos LM, Men­don­ca BB, Cos­ta EMF, Alves M, and Dome­nice S. Car­dio­pul­mo­na­ry capa­ci­ty and muscle strength in trans­gen­der women on long-term gen­der-affir­ming hor­mone the­ra­py : a cross-sec­tio­nal stu­dy. Br J Sports Med 56 : 1292–1298, 2022.

2.         Arnold AP. A gene­ral theo­ry of sexual dif­fe­ren­tia­tion. J Neu­ros­ci Res 95 : 291–300, 2017.

3.         Auer MK, Cecil A, Roepke Y, Bul­tynck C, Pas C, Fuss J, Prehn C, Wang-Sat­tler R, Adam­ski J, Stal­la GK, and T’S­joen G. 12-months meta­bo­lic changes among gen­der dys­pho­ric indi­vi­duals under cross-sex hor­mone treat­ment : a tar­ge­ted meta­bo­lo­mics stu­dy. Sci Rep 6 : 37005, 2016.

4.         Auer MK, Ebert T, Pietz­ner M, Defreyne J, Fuss J, Stal­la GK, and T’S­joen G. Effects of Sex Hor­mone Treat­ment on the Meta­bo­lic Syn­drome in Trans­gen­der Indi­vi­duals : Focus on Meta­bo­lic Cyto­kines. J Clin Endo­cri­nol Metab 103 : 790–802, 2018.

5.         Bas­sett AJ, Ahl­men A, Rosen­dorf JM, Romeo AA, Erick­son BJ, and Bishop ME. The Bio­lo­gy of Sex and Sport. JBJS Rev 8 : e0140, 2020.

6.         Bhar­ga­va A, Arnold AP, Ban­gas­ser DA, Den­ton KM, Gup­ta A, Hil­liard Krause LM, Mayer EA, McCar­thy M, Mil­ler WL, Raz­na­han A, and Ver­ma R. Consi­de­ring Sex as a Bio­lo­gi­cal Variable in Basic and Cli­ni­cal Stu­dies : An Endo­crine Socie­ty Scien­ti­fic Sta­te­ment. Endo­cr Rev, 2021.

7.         Boo­gers LS, Wiepjes CM, Klink DT, Hel­lin­ga I, van Trot­sen­burg ASP, den Hei­jer M, and Han­ne­ma SE. Trans girls grow tall : adult height is unaf­fec­ted by GnRH ana­logue and estra­diol treat­ment. J Clin Endo­cri­nol Metab, 2022.

8.         Brown GA, Orr T, Shaw BS, and Shaw I. Com­pa­ri­son of Run­ning Per­for­mance Bet­ween Divi­sion and Sex in NCAA Out­door Track Run­ning Cham­pion­ships 2010–2019. Med Sci Sports Exerc 54 : 1, 2022.

9.         Cat­ley MJ and Tom­kin­son GR. Nor­ma­tive health-rela­ted fit­ness values for chil­dren : ana­ly­sis of 85347 test results on 9–17-year-old Aus­tra­lians since 1985. Br J Sports Med 47 : 98–108, 2013.

10.        Cheu­vront SN, Car­ter R, Deruis­seau KC, and Mof­fatt RJ. Run­ning per­for­mance dif­fe­rences bet­ween men and women:an update. Sports Med 35 : 1017–1024, 2005.

11.        Chic­ca­rel­li E, Aden J, Ahrendt D, and Smal­ley J. Fit Tran­si­tio­ning : When Can Trans­gen­der Air­men Fit­ness Test in Their Affir­med Gen­der ? Mil Med, 2022.

12.        Cohn J. Some Limi­ta­tions of « Chal­lenges in the Care of Trans­gen­der and Gen­der-Diverse Youth : An Endo­cri­no­lo­gist’s View ». J Sex Mari­tal Ther : 1–17, 2022.

13.        Eiberg S, Has­sel­strom H, Gron­feldt V, Fro­berg K, Svens­son J, and Ander­sen LB. Maxi­mum oxy­gen uptake and objec­ti­ve­ly mea­su­red phy­si­cal acti­vi­ty in Danish chil­dren 6–7 years of age : the Copen­ha­gen school child inter­ven­tion stu­dy. Br J Sports Med 39 : 725–730, 2005.

14.        Elbers JM, Assche­man H, Sei­dell JC, and Goo­ren LJ. Effects of sex ste­roid hor­mones on regio­nal fat depots as asses­sed by magne­tic reso­nance ima­ging in trans­sexuals. Am J Phy­siol 276 : E317-325, 1999.

15.        Gava G, Cer­po­li­ni S, Mar­tel­li V, Bat­tis­ta G, Serac­chio­li R, and Merig­gio­la MC. Cypro­te­rone ace­tate vs leu­pro­lide ace­tate in com­bi­na­tion with trans­der­mal oes­tra­diol in trans­wo­men : a com­pa­ri­son of safe­ty and effec­ti­ve­ness. Clin Endo­cri­nol (Oxf) 85 : 239–246, 2016.

16.        Ger­sho­ni M and Pie­tro­kovs­ki S. The land­scape of sex-dif­fe­ren­tial trans­crip­tome and its consequent selec­tion in human adults. BMC Biol 15 : 7, 2017.

17.        Goo­ren LJ and Bunck MC. Trans­sexuals and com­pe­ti­tive sports. Eur J Endo­cri­nol 151 : 425–429, 2004.

18.        Hamil­ton BR, Lima G, Bar­rett J, Seal L, Kol­lia­ri-Tur­ner A, Wang G, Kara­ni­ko­lou A, Bigard X, Loll­gen H, Zupet P, Iones­cu A, Debruyne A, Jones N, Von­bank K, Fagna­ni F, Fos­sa­ti C, Casas­co M, Constan­ti­nou D, Wol­farth B, Nie­der­seer D, Bosch A, Muniz-Par­dos B, Casa­jus JA, Schnei­der C, Loland S, Ver­ro­ken M, Mar­que­ta PM, Arroyo F, Pedri­nel­li A, Nat­sis K, Verha­gen E, Roberts WO, Laz­zo­li JK, Fried­man R, Erdo­gan A, Cin­tron AV, Yung SP, Janse van Rens­burg DC, Rama­gole DA, Rozens­to­ka S, Drum­mond F, Papa­do­pou­lou T, Kumi PYO, Twy­cross-Lewis R, Har­per J, Skia­das V, Shur­lock J, Tani­sa­wa K, Seto J, North K, Anga­di SS, Mar­ti­nez-Pati­no MJ, Bor­jes­son M, Di Lui­gi L, Dohi M, Swart J, Bil­zon JLJ, Bad­tie­va V, Zelen­ko­va I, Stei­na­cker JM, Bachl N, Pigoz­zi F, Geist­lin­ger M, Gou­lis DG, Gup­py F, Web­born N, Yil­diz BO, Mil­ler M, Sin­gle­ton P, and Pit­si­la­dis YP. Inte­gra­ting Trans­wo­men and Female Ath­letes with Dif­fe­rences of Sex Deve­lop­ment (DSD) into Elite Com­pe­ti­tion : The FIMS 2021 Consen­sus Sta­te­ment. Sports Med, 2021.

19.        Harald­sen IR, Haug E, Falch J, Ege­land T, and Opjord­smoen S. Cross-sex pat­tern of bone mine­ral den­si­ty in ear­ly onset gen­der iden­ti­ty disor­der. Horm Behav 52 : 334–343, 2007.

20.        Har­per J, O’Don­nell E, Sorou­ri Kho­ra­shad B, McDer­mott H, and Wit­comb GL. How does hor­mone tran­si­tion in trans­gen­der women change body com­po­si­tion, muscle strength and hae­mo­glo­bin ? Sys­te­ma­tic review with a focus on the impli­ca­tions for sport par­ti­ci­pa­tion. Br J Sports Med, 2021.

21.        Hea­ther AK. Trans­wo­man Elite Ath­letes : Their Extra Per­cen­tage Rela­tive to Female Phy­sio­lo­gy. Int J Envi­ron Res Public Health 19, 2022.

22.        Higerd GA. Asses­sing the Poten­tial Trans­gen­der Impact on Girl Cham­pions in Ame­ri­can High School Track and Field, in : Sports Mana­ge­ment. PQDT Open : Uni­ted States Sports Aca­de­my, 2020, p 168.

23.        Hil­ton EN and Lund­berg TR. Trans­gen­der Women in the Female Cate­go­ry of Sport : Pers­pec­tives on Tes­tos­te­rone Sup­pres­sion and Per­for­mance Advan­tage. Sports Med, 2020.

24.        Kla­ver M, de Blok CJM, Wiepjes CM, Nota NM, Dek­ker M, de Mut­sert R, Schrei­ner T, Fisher AD, T’S­joen G, and den Hei­jer M. Changes in regio­nal body fat, lean body mass and body shape in trans per­sons using cross-sex hor­mo­nal the­ra­py : results from a mul­ti­cen­ter pros­pec­tive stu­dy. Eur J Endo­cri­nol 178 : 163–171, 2018.

25.        Kla­ver M, de Mut­sert R, Wiepjes CM, Twisk JWR, den Hei­jer M, Rot­te­veel J, and Klink DT. Ear­ly Hor­mo­nal Treat­ment Affects Body Com­po­si­tion and Body Shape in Young Trans­gen­der Ado­les­cents. J Sex Med 15 : 251–260, 2018.

26.        Kla­ver M, Dek­ker M, de Mut­sert R, Twisk JWR, and den Hei­jer M. Cross-sex hor­mone the­ra­py in trans­gen­der per­sons affects total body weight, body fat and lean body mass : a meta-ana­ly­sis. Andro­lo­gia 49, 2017.

27.        Lapauw B, Taes Y, Simoens S, Van Cae­ne­gem E, Weyers S, Goe­maere S, Toye K, Kauf­man JM, and T’S­joen GG. Body com­po­si­tion, volu­me­tric and areal bone para­me­ters in male-to-female trans­sexual per­sons. Bone 43 : 1016–1021, 2008.

28.        Latorre Roman PA, More­no Del Cas­tillo R, Luce­na Zuri­ta M, Salas San­chez J, Gar­cia-Pinillos F, and Mora Lopez D. Phy­si­cal fit­ness in pres­chool chil­dren : asso­cia­tion with sex, age and weight sta­tus. Child Care Health Dev 43 : 267–273, 2017.

29.        Mil­lard-Staf­ford M, Swan­son AE, and Witt­brodt MT. Nature Ver­sus Nur­ture : Have Per­for­mance Gaps Bet­ween Men and Women Rea­ched an Asymp­tote ? Int J Sports Phy­siol Per­form 13 : 530–535, 2018.

30.        Mil­ler VM. Why are sex and gen­der impor­tant to basic phy­sio­lo­gy and trans­la­tio­nal and indi­vi­dua­li­zed medi­cine ? Am J Phy­siol Heart Circ Phy­siol 306 : H781-788, 2014.

31.        Muel­ler A, Zoll­ver H, Kro­na­wit­ter D, Oppelt PG, Claas­sen T, Hoff­mann I, Beck­mann MW, and Dit­trich R. Body com­po­si­tion and bone mine­ral den­si­ty in male-to-female trans­sexuals during cross-sex hor­mone the­ra­py using gona­do­tro­phin-relea­sing hor­mone ago­nist. Exp Clin Endo­cri­nol Dia­betes 119 : 95–100, 2011.

32.        Nokoff NJ, Scar­bro SL, Moreau KL, Zeit­ler P, Nadeau KJ, Jua­rez-Colun­ga E, and Kel­sey MM. Body Com­po­si­tion and Mar­kers of Car­dio­me­ta­bo­lic Health in Trans­gen­der Youth Com­pa­red With Cis­gen­der Youth. J Clin Endo­cri­nol Metab 105 : e704-714, 2020.

33.        Nokoff NJ, Scar­bro SL, Moreau KL, Zeit­ler P, Nadeau KJ, Reir­den D, Jua­rez-Colun­ga E, and Kel­sey MM. Body Com­po­si­tion and Mar­kers of Car­dio­me­ta­bo­lic Health in Trans­gen­der Youth on Gona­do­tro­pin-Relea­sing Hor­mone Ago­nists. Trans­gend Health 6 : 111–119, 2021.

34.        Ofen­hei­mer A, Breyer-Kohan­sal R, Hartl S, Burg­hu­ber OC, Krach F, Schrott A, Wou­ters EFM, Frans­sen FME, and Breyer MK. Refe­rence values of body com­po­si­tion para­me­ters and vis­ce­ral adi­pose tis­sue (VAT) by DXA in adults aged 18–81 years-results from the LEAD cohort. Eur J Clin Nutr 74 : 1181–1191, 2020.

35.        Ran­dolph JF, Jr. Gen­der-Affir­ming Hor­mone The­ra­py for Trans­gen­der Females. Clin Obs­tet Gyne­col 61 : 705–721, 2018.

36.        Roberts TA, Smal­ley J, and Ahrendt D. Effect of gen­der affir­ming hor­mones on ath­le­tic per­for­mance in trans­wo­men and trans­men : impli­ca­tions for spor­ting orga­ni­sa­tions and legis­la­tors. Br J Sports Med, 2020.

37.        Sand­bakk O, Sol­li GS, and Holm­berg HC. Sex Dif­fe­rences in World-Record Per­for­mance : The Influence of Sport Dis­ci­pline and Com­pe­ti­tion Dura­tion. Int J Sports Phy­siol Per­form 13 : 2–8, 2018.

38.        Sax L. How com­mon is inter­sex ? a res­ponse to Anne Faus­to-Ster­ling. J Sex Res 39 : 174–178, 2002.

39.        Scharff M, Wiepjes CM, Kla­ver M, Schrei­ner T, T’S­joen G, and den Hei­jer M. Change in grip strength in trans people and its asso­cia­tion with lean body mass and bone den­si­ty. Endo­cr Connect 8 : 1020–1028, 2019.

40.        Sei­ler S, De Koning JJ, and Fos­ter C. The fall and rise of the gen­der dif­fe­rence in elite anae­ro­bic per­for­mance 1952–2006. Med Sci Sports Exerc 39 : 534–540, 2007.

41.        Sene­feld JW, Hun­ter SK, Cole­man D, and Joy­ner MJ. Case Stu­dies in Phy­sio­lo­gy : Male to Female Trans­gen­der Swim­mer in Col­lege Ath­le­tics. J Appl Phy­siol (1985), 2023.

42.        Spar­ling PB, O’Don­nell EM, and Snow TK. The gen­der dif­fe­rence in dis­tance run­ning per­for­mance has pla­teaued : an ana­ly­sis of world ran­kings from 1980 to 1996. Med Sci Sports Exerc 30 : 1725–1729, 1998.

43.        T’S­joen G, Arce­lus J, Goo­ren L, Klink DT, and Tang­pri­cha V. Endo­cri­no­lo­gy of Trans­gen­der Medi­cine. Endo­cr Rev 40 : 97–117, 2019.

44.        Tack LJW, Craen M, Lapauw B, Goe­maere S, Toye K, Kauf­man JM, Van­de­walle S, T’S­joen G, Zmierc­zak HG, and Cools M. Proan­dro­ge­nic and Anti­an­dro­ge­nic Pro­ges­tins in Trans­gen­der Youth : Dif­fe­ren­tial Effects on Body Com­po­si­tion and Bone Meta­bo­lism. J Clin Endo­cri­nol Metab 103 : 2147–2156, 2018.

45.        Tam­ba­lis KD, Pana­gio­ta­kos DB, Psar­ra G, Das­ka­la­kis S, Kavou­ras SA, Gela­das N, Tok­ma­ki­dis S, and Sidos­sis LS. Phy­si­cal fit­ness nor­ma­tive values for 6–18-year-old Greek boys and girls, using the empi­ri­cal dis­tri­bu­tion and the lamb­da, mu, and sig­ma sta­tis­ti­cal method. Eur J Sport Sci 16 : 736–746, 2016.

46.        Tang L, Ding W, and Liu C. Sca­ling Inva­riance of Sports Sex Gap. Front Phy­siol 11 : 606769, 2020.

47.        Thi­bault V, Guillaume M, Ber­the­lot G, Helou NE, Schaal K, Quin­quis L, Nas­sif H, Taf­flet M, Esco­la­no S, Her­mine O, and Tous­saint JF. Women and Men in Sport Per­for­mance : The Gen­der Gap has not Evol­ved since 1983. J Sports Sci Med 9 : 214–223, 2010.

48.        Tho­mas JR and French KE. Gen­der dif­fe­rences across age in motor per­for­mance a meta-ana­ly­sis. Psy­chol Bull 98 : 260–282, 1985.

49.        Tom­kin­son GR, Car­ver KD, Atkin­son F, Daniell ND, Lewis LK, Fitz­ge­rald JS, Lang JJ, and Orte­ga FB. Euro­pean nor­ma­tive values for phy­si­cal fit­ness in chil­dren and ado­les­cents aged 9–17 years : results from 2 779 165 Euro­fit per­for­mances repre­sen­ting 30 coun­tries. Br J Sports Med 52 : 1445–14563, 2018.

50.        Tom­kin­son GR, Lang JJ, Trem­blay MS, Dale M, LeBlanc AG, Belan­ger K, Orte­ga FB, and Leger L. Inter­na­tio­nal nor­ma­tive 20 m shut­tle run values from 1 142 026 chil­dren and youth repre­sen­ting 50 coun­tries. Br J Sports Med 51 : 1545–1554, 2017.

51.        Ton­nes­sen E, Svend­sen IS, Olsen IC, Gut­torm­sen A, and Hau­gen T. Per­for­mance deve­lop­ment in ado­les­cent track and field ath­letes accor­ding to age, sex and sport dis­ci­pline. PLoS One 10 : e0129014, 2015.

52.        Van Cae­ne­gem E, Wier­ckx K, Taes Y, Schrei­ner T, Van­de­walle S, Toye K, Kauf­man JM, and T’S­joen G. Pre­ser­va­tion of volu­me­tric bone den­si­ty and geo­me­try in trans women during cross-sex hor­mo­nal the­ra­py : a pros­pec­tive obser­va­tio­nal stu­dy. Osteo­po­ros Int 26 : 35–47, 2015.

53.        Van Cae­ne­gem E, Wier­ckx K, Taes Y, Schrei­ner T, Van­de­walle S, Toye K, Lapauw B, Kauf­man JM, and T’S­joen G. Body com­po­si­tion, bone tur­no­ver, and bone mass in trans men during tes­tos­te­rone treat­ment : 1‑year fol­low-up data from a pros­pec­tive case-control­led stu­dy (ENIGI). Eur J Endo­cri­nol 172 : 163–171, 2015.

54.        Wier­ckx K, Van Cae­ne­gem E, Schrei­ner T, Harald­sen I, Fisher AD, Toye K, Kauf­man JM, and T’S­joen G. Cross-sex hor­mone the­ra­py in trans per­sons is safe and effec­tive at short-time fol­low-up : results from the Euro­pean net­work for the inves­ti­ga­tion of gen­der incon­gruence. J Sex Med 11 : 1999–2011, 2014.

55.        Wiik A, Lund­berg TR, Rull­man E, Anders­son DP, Holm­berg M, Man­dic M, Bris­mar TB, Dahl­q­vist Lein­hard O, Chan­pen S, Fla­na­gan JN, Arver S, and Gus­taf­sson T. Muscle Strength, Size, and Com­po­si­tion Fol­lo­wing 12 Months of Gen­der-affir­ming Treat­ment in Trans­gen­der Indi­vi­duals. J Clin Endo­cri­nol Metab 105, 2020.

56.        Yun Y, Kim D, and Lee ES. Effect of Cross-Sex Hor­mones on Body Com­po­si­tion, Bone Mine­ral Den­si­ty, and Muscle Strength in Trans Women. J Bone Metab 28 : 59–66, 2021.

Print Friendly, PDF & Email
Total
0
Partages
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Articles connexes
Lire

Nous ne devrions pas exister — La philosophie de l’antinatalisme (par David Benatar)

L’antinatalisme est le point de vue selon lequel nous devrions cesser de procréer – qu’il est mauvais d’avoir des enfants. Plusieurs routes mènent à cette conclusion. Certaines d’entre elles pourraient être qualifiées de "philanthropiques". Elles émanent de préoccupations pour les humains qui seront amenés à exister si nous procréons. Selon ces arguments, la vie est pleine de souffrance et nous ne devrions pas en rajouter. Beaucoup de pronatalistes réfutent cette affirmation et prétendent, au moins, que dans la vie le bon l’emporte sur le mauvais. Ils devraient se souvenir de ce qui suit.
Lire

Réflexions sur l’ambivalence du progrès technique (par Jacques Ellul)

Le grand débat sans cesse repris sur l'excel­lence ou le danger du progrès technique n'est pas près de s'achever. Il faut bien reconnaître que le plus souvent les prises de position sont passionnelles. Il y a des admirateurs du progrès technique pour tout ce qu'il permet à l'homme de réaliser, pour la fatigue épargnée, pour l'élé­vation du niveau de vie, pour la longévité assurée. Cela est justice. Mais ces admirateurs se trans­forment aussitôt en croyants et ne tolèrent plus la moindre critique, la moindre remise en ques­tion. [...]