Le Progrès ou Comment les réalisations de la civilisation finiront par ruiner le monde entier (par Aldous Huxley)

Traduction inédite d’un essai d’Aldous Huxley initialement paru en langue anglaise dans le numéro de janvier 1928 du magazine Vanity Fair et intitulé « Progress: How the Achievements of Civilization Will Eventually Bankrupt the Entire World ».


La notion de progrès est une invention moderne. Il s’agit aussi — ce qui explique son caractère impensable pour nos ancêtres orthodoxes — d’une notion hérétique. Pour un membre du clergé orthodoxe des temps médiévaux, le progrès ne pouvait exister. L’homme avait été créé complet et pleinement humain. Il n’était pas question qu’il se développe ou qu’il grandisse. La nature humaine était immuable et il en était ainsi depuis le début. Les circonstances pouvaient varier d’un endroit à l’autre et d’une époque à l’autre, mais ces variations ne constituaient que de simples accidents. Sous la surface changeante, la nature humaine restait substantiellement la même.

La doctrine du progrès a été rendue possible par le déclin de l’orthodoxie chrétienne. Ce qui l’a rendue inévitable, c’est l’immense expansion des ressources matérielles exploitées par l’homme à l’époque de l’industrialisation. Au cours du siècle dernier, la population humaine a été multipliée par deux et demi environ. Mais la production de charbon a été multipliée par cent dix, celle du fer par quatre-vingts, celle du coton par vingt. Le chiffre d’affaires commercial total est quarante fois supérieur à ce qu’il était au début du siècle dernier. Le tonnage nautique de 1830 constituait un sixième du nôtre. Nous disposons de trente-six mille fois plus de kilomètres de voies ferrées. Évoluant au milieu des phénomènes extraordinaires que représentent ces chiffres, les hommes peuvent être excusés d’en être venus à croire au progrès.

Ce n’est pas de pousser, comme un arbre,

En masse, qui rend les hommes meilleurs.

Malgré l’avertissement de Ben Jonson, il s’agit précisément de ce que nous, à l’ère industrielle, nous imaginons fièrement. Parce que nous utilisons cent dix fois plus de charbon que nos ancêtres, nous nous croyons cent dix fois meilleurs, intellectuellement, moralement et spirituellement.

Remarquons en passant que l’expansion matérielle colossale de ces dernières années est destinée, selon toute probabilité, à n’être qu’un phénomène transitoire. Nous sommes riches parce que nous consommons notre capital. Le charbon, pétrole, le nitre, les phosphates que nous utilisons avec tant d’insouciance ne pourront jamais être remplacés. Lorsque les réserves seront épuisées, les hommes devront s’en passer. Nous prospérons aux dépens de nos enfants. Comme l’a noté le mathématicien Alfred Lotka : « Espérons que notre espèce n’aura pas à subir un déclin aussi abrupt que la pente ascendante sur laquelle nous avons été entraînés, inconscients, pour la plupart, à la fois de nos privilèges et des privations qui nous guettent. Bien qu’un déclin aussi soudain puisse, d’un point de vue détaché, sembler en accord avec les équités éternelles, puisque les gains antérieurs équilibreraient froidement les pertes, il serait néanmoins ressenti comme une catastrophe exceptionnelle. Nos descendants, si tel devait être leur destin, trouveraient une piètre compensation à leurs maux dans le fait que nous avons vécu dans l’abondance et le luxe[1]. »

Parmi les résultats de ce retour aux conditions d’équilibre figurera certainement une diminution de la croyance dans le progrès. Les hommes d’affaires et les publicitaires enthousiastes semblent imaginer que l’expansion peut se poursuivre indéfiniment au rythme actuel. Le corollaire de cette rassurante fantaisie suggère que les hommes deviennent de plus en plus intelligents et vertueux à chaque génération. Lorsque les faits auront impitoyablement détruit l’illusion première, son corollaire semblera moins évident.

Considérons maintenant l’idée de progrès indépendamment de sa cause matérielle. L’expansion matérielle peut expliquer l’essor de l’idée de progrès sur le plan spirituel, mais elle ne justifie pas en soi cette idée. Il n’y a pas de relation de nécessité entre la quantité et la qualité de l’activité humaine, ni entre la richesse et la vertu. L’idée de progrès doit être examinée en elle-même et selon ses propres mérites.

Les partisans du progrès ont fait appel, pour justifier leur foi, à la théorie darwinienne de l’évolution. Il est certain que, si cette hypothèse est bien fondée, il y a eu un véritable progrès au cours des temps géologiques récents. Il est impossible de dire si ce progrès est destiné à se poursuivre dans les conditions entièrement nouvelles imposées à l’espèce humaine par notre organisation sociale. Les forces qui, dans le passé, ont permis le progrès peuvent peut-être, dans ces nouvelles circonstances, entraîner une détérioration ; impossible de le prévoir. Nous ne devons pas non plus oublier la possibilité que l’évolution soit orthogénique, c’est-à-dire qu’elle soit orientée dès le départ dans une direction particulière, prédestinée à suivre un cours particulier.

L’ÉVOLUTION (si évolution il y a eu) a été excessivement lente. Il a fallu des dizaines, voire des centaines de milliers d’années pour que la sélection naturelle produise des changements significatifs dans les qualités spécifiques des organismes vivants. Si tel est le cas, il est certain qu’aucun changement évolutif perceptible dans la nature humaine ne peut avoir eu lieu au cours des quelques milliers d’années dont nous connaissons ou pouvons conjecturer l’histoire. À moins que les scientifiques ne réalisent une découverte biologique surprenante dans l’intervalle, il est presque aussi certain qu’il n’y aura pas de changement notable dans la constitution physique et mentale de l’être humain pendant une période future tout aussi longue. En ce qui concerne l’histoire et l’avenir prévisible, il n’existe pas de progrès spécifique et héréditaire. Un homme né au vingtième siècle de notre ère n’a pas plus de chance d’être congénitalement intelligent et vertueux qu’un homme né au vingtième siècle avant notre ère. L’histoire de l’art nous offre la meilleure preuve de la constance de la nature humaine au cours des derniers milliers d’années. L’art diffère de la science dans la mesure où chaque artiste, quelle que soit sa date de naissance, doit commencer par le commencement, comme si aucun artiste n’avait jamais existé avant lui. Le style de son œuvre est conditionné par son environnement, mais son excellence intrinsèque lui est entièrement propre. L’homme de science peut utiliser le travail de ses prédécesseurs dans une bien plus large mesure que l’artiste. Sans de bons instruments et une technique satisfaisante, même le plus grand génie scientifique ne peut pas faire grand-chose. Les instruments et la technique de la science, d’une nature très complexe, n’ont évolué que lentement. La technique des arts est simple et évidente. En la matière, les hommes ont très tôt été en mesure de donner libre cours à leurs pouvoirs. Les résultats sont éloquents. Les arts de l’Égypte ancienne et de la Babylonie sont au moins aussi bons que les nôtres. On peut remonter beaucoup plus loin et découvrir dans les grottes paléolithiques d’Altamira des peintures d’animaux qui n’ont littéralement jamais été surpassées. Toutes les données disponibles semblent montrer qu’en ce qui concerne les capacités mentales avec lesquelles ils naissent, il n’y a que peu ou pas de différence entre l’humain d’aujourd’hui et celui de cent ou deux cents générations en arrière. Il s’ensuit que s’il y a eu progrès, il doit être lié à des changements dans l’environnement plutôt qu’à des changements dans la nature intrinsèque de l’homme.

Les généticiens nous assurent que (sauf, peut-être, dans certaines circonstances peu communes) les caractéristiques acquises ne sont pas héritées. Les enfants des bimétallistes[2] unijambistes naissent avec le nombre habituel de membres et sans aucun préjugé économique. Mais l’humain, contrairement aux autres animaux, a inventé des méthodes pour archiver ses acquisitions mentales. Il y a de vieux loups dont on dit qu’ils ont acquis une connaissance presque étrange des pièges et des poisons. Mais leur savoir meurt avec eux. Ils ne peuvent pas publier de manuels sur les habitudes des trappeurs à l’intention des jeunes loups. La tradition verbale et l’écriture permettent aux êtres humains d’hériter (sinon à la naissance, du moins peu de temps après) d’une partie des réalisations de leurs prédécesseurs. De nombreux écoliers d’aujourd’hui en savent davantage sur les mathématiques que Phythagore, non pas parce qu’ils sont plus intelligents que ce remarquable homme de génie, mais parce que les découvertes de soixante-dix générations de mathématiciens ont été enregistrées et sont à leur disposition. En généralisant, on peut dire que dans tous les domaines intellectuels où le progrès est plus ou moins fonction de la connaissance, l’écoulement du temps a produit un progrès. En ce qui concerne les activités où la connaissance est moins importante que l’aptitude naturelle, il n’y a pas eu de progrès. En d’autres termes, le progrès scientifique et technologique est une réalité, car les réalisations passées peuvent être héritées et exploitées[3]. Mais le progrès dans les arts est impossible, car une fois que la technique artistique a été mise au point (sachant que la technique de certains arts a été perfectionnée avant l’aube de l’histoire), le succès dépend entièrement de l’aptitude personnelle, non de la connaissance des réalisations antérieures. Les pièces de M. Shaw sont différentes de celles de Shakespeare ou d’Eschyle, mais elles ne constituent en aucun cas un progrès par rapport à elles. En fait, il est évident qu’elles ne sont pas aussi bonnes. Ce qui vaut pour l’art vaut aussi pour d’autres activités spirituelles. La religion, par exemple. L’ambition des pieux, qu’ils soient chrétiens, bouddhistes ou musulmans, consiste à imiter les fondateurs et les saints de leurs religions respectives. Le fait que la plupart des saints aient vécu il y a des siècles est une preuve suffisante que, dans la religion comme dans l’art, c’est la faculté spirituelle individuelle qui compte, non les connaissances acquises.

Dans le domaine de la morale quotidienne, la tradition et l’éducation sont évidemment efficaces, jusqu’à un certain point. Les enfants adhèrent au code moral selon lequel ils sont élevés. L’habitude leur fait considérer le fait de faire certaines choses comme nécessaire et juste, et le fait de faire d’autres choses comme mauvais et presque impensable. Le raffinement du code traditionnel peut conduire à un véritable progrès moral dans l’ensemble d’une société. Ainsi, en Europe occidentale et en Amérique du Nord aujourd’hui, la cruauté envers les animaux est, pour beaucoup de gens, inacceptable. Il y a 200 ans, une telle cruauté n’était pas condamnée aussi strictement par la tradition morale.

Gardons-nous cependant de nous laisser entraîner par de tels exemples dans une autosatisfaction pharisaïque. Les lois et les traditions éthiques peuvent être améliorées, mais c’est l’individu qui doit choisir entre le bien et le mal. Comme l’artiste, il doit résoudre chaque problème particulier depuis le début, comme s’il n’y avait jamais eu d’êtres moraux avant lui. Les partisans du progrès ont tendance à trop penser en termes de société et de communauté — en termes de lois, de systèmes éthiques, de conditions sociales, d’économie, de tout et n’importe quoi, mais jamais ils ne considèrent l’individu avec son âme et sa liberté de choix. La fatuité qui s’appuie sur des chiffres abstraits concernant l’humanité dans son ensemble trouve assez facile de croire au progrès moral. Le chrétien orthodoxe, qui considère l’âme individuelle, n’y croit pas. Car chaque âme individuelle possède sa part, en langage théologique, de péché originel. Tout ce que font les réorganisations sociales, c’est rendre plus facile pour l’individu d’éviter un type de péché et plus difficile d’en éviter d’autres. Ainsi, la pacification d’une société guerrière et l’instauration d’un système marchand entraîneront naturellement une réduction de la violence et de la cruauté et une augmentation de la convoitise et de la fraude. Nous nous félicitons moralement d’être moins sanguinaires que nos pères, mais nous oublions que notre avarice est un péché aussi mortel que leur colère. De même, l’enrichissement de classes auparavant pauvres peut conduire à une diminution de l’envie et de la tentation de voler ; mais en même temps, il tend à accroître l’orgueil et la satisfaction de soi et à multiplier les occurrences de paresse, de gloutonnerie et de luxure. Un examen attentif révèle que la plupart des prétendus progrès moraux ne sont en fait pas des progrès du tout, mais simplement une réévaluation des valeurs et une redistribution des tentations. Chaque société possède ses vices et ses vertus caractéristiques. L’individu a tendance à magnifier les vertus et à minimiser les vices de sa propre communauté. Ainsi, à l’heure actuelle, nous détestons la violence et tolérons la convoitise, l’orgueil et la voracité. À l’époque de la chevalerie, les hommes admiraient le courage et la magnanimité et faisaient peu de cas de nos vertus commerciales que sont la patience, la prudence et l’industrie. La colère et ses manifestations violentes étaient pour eux vénielles ; mais ils haïssaient l’avarice et admiraient tous — théoriquement, peu d’entre eux les pratiquaient réellement — l’ascétisme et l’humilité. Les hommes ont-ils progressé moralement depuis l’époque des croisades ? Très peu, j’imagine. Tout au plus peut-on dire que les vertus les plus communes et les vices les plus répandus ne sont plus les mêmes qu’il y a sept cents ans.

En résumant nos arguments précédents, nous pouvons conclure par quelques grandes généralisations. Le progrès évolutif de l’espèce n’a pas été perceptible au cours des périodes historiques et peut, à toutes fins pratiques consignation ou de prophétie, être considéré comme inexistant. Des progrès incessants, liés à la tradition, ont bien eu lieu dans le domaine de la science et de la technologie, où chaque travailleur se tient sur les épaules de ses prédécesseurs. Dans le domaine de la morale, le raffinement des codes traditionnels peut conduire à un certain progrès éthique dans l’ensemble d’une société. Mais la plus grande partie de ce que l’on appelle le progrès moral consiste simplement en des changements qui n’apportent aucune amélioration. Le progrès dans les arts est très limité. Et dès que la technique d’expression artistique est perfectionnée, il cesse entièrement d’exister. Chaque artiste commence par le commencement et dépend pour son succès de ses seuls talents personnels. Il en va de même pour la religion. Même dans le monde matériel, l’idée de progrès est insoutenable. Nous sommes aujourd’hui très riches parce que nous consumons notre capital cosmique. Lorsque ce capital sera épuisé, l’humanité sera en faillite. Rien n’est plus évident.

Aldous Huxley

Traduction : Nicolas Casaux


  1. Alfred James Lotka, Elements of Physical Biology, 1925, p. 279. Dans l’article original, Huxley produit cette citation sans donner aucune indication sur son auteur. NdT
  2. « Personne qui préconise l’utilisation de deux métaux, l’or et l’argent, en valeurs relatives fixes, comme étalon de valeur et de monnaie. » NdT
  3. Reste à déterminer s’il s’agit d’un « progrès » bénéfique ou non. Qu’il y ait accumulation de connaissances et développements technologiques successifs ne signifie pas que cette accumulation et ces développements successifs soient en eux-mêmes bons. Ils peuvent très bien impliquer des choses désastreuses et s’effectuer pour de mauvaises intentions en vue de mauvaises fins. Il est étonnant que Huxley ne le mentionne ou précise pas. On a l’impression que les « progrès » dont il admet l’existence dans ce passage sont bons, alors que la notion de « progrès » désigne simplement un « mouvement en avant » ou un « accroissement quantitatif ou intensif d’un phénomène ». Elle ne signifie rien sur le plan qualitatif, comme il le remarque lui-même quelques lignes avant. Elle n’implique pas intrinsèquement un caractère mélioratif. Il le signale concernant d’autres formes de prétendus « progrès » qu’il discute, mais pas pour celle-ci. NdT
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  1. « Aujourd’ hui la cruauté envers les animaux est pour beaucoup de gens inacceptable.Il y a 200 ans une telle cruauté n’était pas condamnée aussi strictement par la tradition morale » Il y a 200 ans les animaux les laboratoires de vivisections et d’expérimentations ( pharmaceutiques, militaires, cosmétologiques, industries) n’existaient pas. Les élevages industriels concentrationnaires d’ animaux en batteries n’existaient pas, l’industrie du divertissement avec des animaux victimes n’existaient pas etc… Il y a 200ans dans une France rurale on prenait soin des animaux qui servaient au travail, et les animaux n’ont rien gagnés de passer du statut de travailleur à celui de produit de consommation.Ils évoluaient en majorité dans un environnement naturel,la viande était un produit de luxe.

      1. Je soupçonne Huxley de voir en Descartes et sa vision de l’animal-machine comme la prémisse de la pire maltraitance rationalisée qui à cours de nos jours encore. Même si on bât encore des mules ou la gente canine dans certains coins du monde alors que ç’aurait été monnaie courante sur notre territoire il y a plusieurs siècles pour montrer sa désapprobation (le sens du toucher reste peut-être le plus universel), et où il paraît qu’on pouvait même faire des procès à des animaux encore avant, ça reste loin de l’exploitation et de la mise à mort systématique pour le raffinement de notre haute civilisation.

  2. Oui, certains lecteurs pointus trouverons quelques décalages intellectuels discutables. Mais globalement
    laissons à Huxley sa puissance de prémonition exprimée dans ce texte. Est-ce de l’art ? Lui qui prétend
    que l’art se recommence toujours. Est-ce de la science ? Plus probablement, lui qui prétend que naturellement
    la science est héritée de ses prédécesseurs. En tous cas, ce texte est un monument d’intuition
    mathématique géophysique. Intuition qui nous habite mais que nous ne savons pas exprimer d’aussi intelligente et belle manière artistique. (merci pour la traduction)
    manière.

  3. Dans un souci comparable à l’évaluation avantages/inconvénients, Elisée Reclus avait défini le regrès (prononcé « regret ») comme l’inverse du progrès. Judicieux, isn’it ?

  4. 100 ans que l’on repete la même chose, et pourtant la civilisation a elle bien progressé. Plus de gens, plus d’urbain, beaucoup plus de machine. La plupart des gens, sinon tous, comprenne tres bien que ce progres n’a rien de morale, mais ils comprennent aussi, meme si il n’en parle pas, que ce n’est pas un probleme de choix, que nul ne peut arreter le progres des machines, sauf l’epuisement final des ressources, qui n’est pas pour denain puisqu’il reste 30 ans de charbon, qu’on a pompe max 10 % du petrole et que les 90 % restant sont desormais accessibe grace a l’enhanced recovery (en utilisant du co2 fossile aussi present aux usa).
    A rien ne sert donc de vouloir informer les gens, ils sont au courant, et comprenne tres bien que ceux qui ne se ‘adapte pas au monde des machines, cette calamite historique nait de la decouverte des fossiles, disparaissent,
    Au lieu de se lamenter, il faut reflechir au comment passer la tempete et conserver localement et individuellement un peu d’humanite, perpetuer des techniques, des savoirs et des philosophies qui seront utiles dans un lointain future, apres l’effondrement.
    En Europe, cela risque de tanguer car nous n’avons plus rien, ni petrole, ni charbon,ni minerais, que nous sommes nombreux. Deja les etats unis ne veulent plus financer notre defense, nous dependons du gaz americain et russe. Nous courrons a la vassalisation et au chaos. Seul des petits groupes soudés et ayant la meme philosophie pourront passer la tempete, et ce qui peut rassembler n’est pas la haine des machines, ce n’est pas suffisant, mais l’amour de la nature, des betes, du sol, et l’espoir de vivre a nouveau parmis eux, comme l’homme a fait durant 200 000 ans en les elevant et les chassant.

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