Les universitaires, ces couillons (par Nicolas Casaux)

surtout les « engagés » (et, oui, au masculin).

Les non engagés ont pour eux le mérite d’être bien moins hypocrites. En tant qu’employés de l’enseignement supérieur, ils se contentent de contribuer docilement « à la croissance et à la compétitivité de l’économie » (Code de l’éducation, Chapitre III : Objectifs et missions de l’enseignement supérieur). Ils ne prétendent pas s’opposer à un ordre socio-économique qu’ils servent par définition – et tout particulièrement – en tant que fonctionnaires de l’usine pédagogique, de la machine à endoctriner les jeunes êtres humains, à produire et reproduire la vaste division spécialisée du travail permettant à la mégamachine de poursuivre son entreprise de consommation du monde et de subjugation de tout ce qui vit.

(L’université et le système scolaire de manière générale n’ont jamais été conçus comme des moyens d’émancipation ou d’assurer l’égalité sociale ou tout autre naïveté du même ordre. Les pères fondateurs de l’école moderne, de Bonaparte à Jules Ferry, étaient très clairs. Il s’agissait de concevoir « un moyen de diriger les opinions politiques et morales » (Bonaparte), « de propager les bonnes doctrines religieuses, morales et politiques » (François Guizot, un des premiers Ministres de l’instruction publique), de « maintenir une certaine morale d’État » (Jules Ferry). Comme le stipulent les « programmes annexes » de l’arrêté du 27 juillet 1882, promulgué par Jules Ferry, « l’école primaire peut et doit […] préparer et prédisposer, en quelque sorte, les garçons aux futurs travaux de l’ouvrier et du soldat, les filles aux soins du ménage et aux ouvrages de femme », elle doit inculquer aux élèves « ce que l’homme doit à la patrie ; l’obéissance aux lois, le service militaire (discipline, dévouement, fidélité au drapeau) ». L’école est une institution propre aux sociétés hiérarchiques, conçue par et pour une classe dominante afin de reproduire un ordre social. Le Code de l’éducation en vigueur actuellement, outre la contribution « à la croissance et à la compétitivité de l’économie », stipule que l’enseignement supérieur sert à « développer et à valoriser, dans toutes les disciplines et, notamment, les sciences humaines et sociales, la recherche fondamentale, la recherche appliquée et la technologie », à contribuer au « développement scientifique et technologique, reconnue comme priorité nationale », à améliorer « le potentiel scientifique de la nation […] en menant une politique de coopération et de progrès avec la recherche industrielle et l’ensemble des secteurs de la production », etc.)

Par « universitaires engagés », j’entends ceux qui prétendent s’opposer à l’ordre dominant, mais seulement dans les limites prévues par l’ordre dominant. Ceux qui critiquent les « dérives », les « excès », les « inégalités », les « discriminations », parfois même « le capitalisme », mais presque jamais les fondements de la domination moderne : l’État, l’école, la technologie, la science, l’industrie, la société de masse. Leur anticapitalisme, lorsqu’il existe, relève le plus souvent de cet anticapitalisme tronqué dénoncé par les auteur∙es du courant de la critique de la valeur. Il s’agit d’une critique des méchants riches (des milliardaires), de la finance, du « néolibéralisme », des multinationales, mais (presque) jamais de la forme marchandise, du travail, de la valeur, de la production industrielle elle-même.

Il n’est pas étonnant, cela dit, que leurs remises en question du monde qu’ils servent et qui leur offre un bon salaire et une certaine notoriété soit très limitée. Comme l’avait astucieusement relevé le socialiste états-unien Upton Sinclair : « Il est difficile de faire comprendre une chose à quelqu’un dont le salaire [ou le prestige, le statut social, la notoriété] dépend du fait qu’il ne la comprenne pas. »

Prenons par exemple le texte du soi-disant philosophe Alexandre Monnin intitulé « La magie noire des technologies zombies » récemment publié par le média AOC – média créé et dirigé par Sylvain Bourmeau, producteur de l’émission « La Suite dans les idées » sur France Culture, également professeur associé à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, ancien directeur des Inrockuptibles, passé par Mediapart et Libération.

Mais avant de venir au texte, un bref CV. Alexandre Monnin est philosophe et enseignant-chercheur à l’École Centrale Méditerranée, également directeur scientifique du POPSU (Plateforme d’observation des projets et stratégies urbaines) de la métropole Nice Côte d’Azur. Avant cela, il a co-fondé et dirigé le master « Strategy & Design for the Anthropocene » de l’ESC Clermont Business School, été chercheur chez l’Inria (2014-2017), junior à fellow l’IKKM (Université du Bauhaus, 2013) et responsable recherche Web à l’Institut de Recherche et d’Innovation du Centre Pompidou (2010-2013) ». Entre autres. Le type barbote depuis des années dans les grandes piscines chauffées de la technocratie : écoles d’ingénieurs, business schools, innovation culturelle, métropoles, instituts ci, comités ça, plateformes trucs, programmes machins, etc. Bref, tout l’écosystème qui prétend penser la catastrophe industrielle et y remédier depuis les bureaux où l’on administre en fait sa continuation.

Mais trêve d’éloges. Que nous dit, donc, le texte de Monnin sur les « technologies zombies » (terme que Monnin reprend à un autre universitaire, José Halloy) ? Souligne-t-il quelque chose de pertinent ? Que sont les « technologies zombies » ?

Il s’agit de celles, comme nous l’explique Monnin, reprenant à son compte les travaux de Halloy et ses coauteurs, dont le « métabolisme » se caractérise par « 1) la dépendance à des stocks d’énergie, 2) la dépendance à des stocks matériels, 3) l’inadéquation en matière de densité de puissance, 4) le dépassement des cycles biogéochimiques et des contraintes biologiques, 5) une sénescence rapide et une faible circularité ».

C’est flou, c’est jargonneux, c’est pédant, pas de doute, c’est universitaire. Et tout ça pour désigner des technologies qui ne sont pas écologiques, pas soutenables. Ne dites pas « la société industrielle n’est pas écologique ». Dites plutôt (comme Monnin) :

« les sociétés industrielles ne disposent pas de rétroactions à la bonne échelle. Il n’existe aucun équivalent institutionnel pour les signaux très rapides du vivant. Quant à la régulation des marchés, elle est découplée des flux biophysiques. L’architecture du problème est temporelle (ou rythmique) : le signal économique du prix se décorrèle du signal biophysique, la production industrielle ignore le flux photosynthétique diurne, les cycles politiques à quatre ou cinq ans sont trop courts pour intégrer la réalité des cycles biogéochimiques. Enfin, des stocks formés sur des millions d’années (d’énergie et de matière) sont consommés à peine en quelques décennies, ou quelques siècles tout au plus. »

Ne dites pas « ces technologies détruisent la nature ». Dites plutôt :

« les technologies zombies reposent sur des temporalités incompatibles avec le fonctionnement du système Terre. Elles font tenir ensemble des signaux très rapides, puisent dans des flux vivants disposant de leurs rythmes propres – sans égard pour ces derniers, et ponctionnent des stocks accumulés de façon extrêmement lente. Elles substituent aux rétroactions du vivant des prix, des normes, des indicateurs et des institutions qui interviennent tantôt trop tard, trop rapidement et trop lentement ou à la mauvaise échelle. Elles sont, en résumé, en complète désynchronisation vis-à-vis du système Terre. »

Ça en jette autrement, non ? Là au moins, vous aurez une chance d’être pris∙e au sérieux sur France Culture (à condition, bien sûr, que vous disposiez également d’un diplôme attestant de votre qualité officielle de sachant).

Pour nous éclairer davantage, Monnin note qu’une technique ou technologie « ne se juge pas seulement à son efficacité locale, à son rendement ou encore à son empreinte. Encore faut-il évaluer ce qu’elle mobilise, la vitesse à laquelle elle consomme de la matière et de l’énergie, la puissance qu’elle exige, les déchets qu’elle produit, les cycles qu’elle perturbe et les temps de régénération qu’elle outrepasse. » Qui l’eut cru ? Il faut prendre en compte tout ce qu’implique une technologie pour pouvoir la juger ! Brillant !

Sur Linkedin, Monnin résume ainsi un autre aspect de son texte :

« J’y pars d’une hypothèse simple : nos technologies – liées au pétrole, mais aussi la logistique mondiale ou le numérique – ne tiennent pas seulement par inertie, investissement ou verrouillage. Elles tiennent aussi parce qu’elles enchantent. Elles promettent de rendre disponible ce qui est lointain, absent, différé : puissance condensée, objets venus du bout du monde, continuité 24/7, instantanéité permanente… »

Sans blague Einstein ? La technologie parvient à s’attirer la sympathie des gens parce qu’elle leur permet de faire ou d’accéder à des choses qui paraissent extraordinaires et qu’elle promet monts et merveilles ? Incroyable. Quelle découverte. Époustouflant. Je m’assois quelques minutes pour reprendre mon souffle. Quel séisme intellectuel. On n’en revient pas. Vite, augmentez le salaire de Monnin. C’est trop précieux. Bientôt, il découvrira que les gens aiment les voitures parce qu’elles permettent d’aller plus vite qu’à pied, les smartphones parce qu’ils donnent accès à Internet, les climatiseurs parce qu’ils produisent du froid, les jacuzzis parce qu’ils font des bulles, les avions parce qu’ils permettent de traverser la planète en quelques heures. Comprendra-t-il un jour que le système industriel ne tient pas seulement parce qu’il « enchante », mais parce qu’il dépossède, accoutume, contraint, parce qu’il détruit les anciennes autonomies et transforme ses nuisances en nécessités vitales ? Rien n’est moins sûr.

Grand prince, Monnin ne se contente pas de dénoncer le mal, il nous fournit aussi la solution au problème de l’incompatibilité temporelle entre les « technologies zombies » et le « système Terre ». Le remède consiste tout simplement à « recomposer des chaînes logistiques », « choisir les dépendances induites et, plus fondamentalement, les rythmes à reconstituer pour s’ancrer dans un métabolisme viable », « recomposer un ancrage métabolique compatible à moyen et long terme avec les contraintes du système Terre, ce qui oblige à repenser fondamentalement le concept même de souveraineté ».

En sus :

« Recomposer de nouvelles chaînes logistiques suppose de rendre visibles les médiations que la fluidité généralisée avait effacées ; recomposer les stocks, de ne plus traiter les héritages géologiques comme des rentes à dissiper ; recomposer des rythmes compatibles avec le vivant, de réinscrire les opérations techniques au cœur des temporalités du vivant mais aussi de la maintenance, de la réparation ; recomposer des dépendances choisies, d’accepter qu’il n’existe pas de puissance sans attachement, et rendre ces attachements discutables.

Une politique écologique digne de ce nom ne pourra donc pas se contenter de démontrer que certains systèmes techniques sont insoutenables et doivent, pour partie, être démantelés (ce qui constitue déjà un élément important de la redirection écologique). Elle doit également rouvrir la question des effets eux-mêmes […]. Quels effets voulons-nous encore ? Lesquels valent de maintenir des stocks et des chaînes de dépendances mais aussi des externalités négatives dont la charge est rejetée au loin, empêchant ainsi d’en assumer la responsabilité au titre de véritables communs négatifs ? Quels effets, enfin, doivent être ralentis, redéfinis, redistribués, voire, tout simplement abandonnés ? »

Comment ne pas conclure de tout cela que « l’écologie doit […] tenir ensemble les effets désirés et désirables, les moyens matériels permettant de les produire et le métabolisme capable de les accueillir sur la longue durée » ? C’est parfaitement évident.

Qu’avons-nous appris en lisant le texte de Monnin ? Que certaines technologies ne sont pas écologiques. Première nouvelle. Que nous devons repenser la société. Deuxième grande découverte. Et que cela implique de « démanteler » « certains systèmes techniques » « pour partie » (démanteler l’entièreté de la civilisation techno-industrielle, certainement pas !). Au-delà de ces quelques platitudes, on nage dans le brouillard.

On remercie donc chaudement Alexandre Monnin pour cette formidable contribution à la réflexion générale.

On peut aussi relever que Monnin pose des questions douteuses, comme « Quels effets voulons-nous encore ? », ce qui, par-delà le flou, semble suggérer qu’il importe davantage de se poser la question de savoir ce que nous voulons conserver comme technologie plutôt que de se demander, par exemple, ce qui est compatible avec la prospérité des milieux naturels. Les questions du type « Quels effets voulons-nous encore ? » placent le désir (de certaines personnes) au centre, comme si l’important consistait à trier parmi nos caprices. Alors que ce qui est en jeu, c’est la vie, les milieux, les habitats, l’autonomie humaine, les autres espèces. (Et puis qui est ce « nous » censé déterminer ce qu’il veut ? Le cadre sup de métropole, la paysanne endettée, l’ouvrier de l’usine, l’enfant congolais près des mines, l’ingénieur de l’Inria, la rivière, la forêt, les ours, les baleines ? Le « nous » universitaire fonctionne trop souvent comme un aspirateur moral qui confond dominants et dominé∙es dans la même soupe absurde.)

Aussi, on remarque que Monnin ne centre pas sa critique sur la domination, l’exploitation sociale, la dépossession ou la destruction des êtres sensibles qu’implique le système industriel. Il formule le problème à travers des concepts particulièrement abstraits comme la « désynchronisation », la « rétroaction », le « signal » (« signal économique », « signal biophysique »), les « stocks », les « flux », etc. Autrement dit au moyen du vocabulaire typique de la cybernétique – cette science de la machine à gouverner.

Pour rappel, la cybernétique est une discipline scientifique qui s’est constituée dans les années 1940, au croisement des mathématiques, de l’ingénierie, de la physiologie, des sciences du comportement et des recherches militaires. Son moment fondateur est généralement associé à Norbert Wiener, mathématicien au MIT, qui publie en 1948 Cybernetics: Or Control and Communication in the Animal and the Machine (« La cybernétique : ou le contrôle et la communication chez l’animal et la machine »), un ouvrage dans lequel il formalise une science du contrôle, de la communication et des boucles de rétroaction dans les machines, les organismes et les sociétés. Mais les racines de la cybernétique (terme issu d’un mot de grec ancien renvoyant à l’« art de piloter, art de gouverner », qui a aussi donné gouverner, gouvernail, etc.) remontent à la Seconde Guerre mondiale, lorsque Wiener travaille sur les problèmes de prédiction et de guidage des tirs antiaériens, autrement dit sur la manière de prévoir le comportement d’une cible ennemie pour mieux l’abattre.

Le principe central de la cybernétique consiste à traiter indifféremment machines, animaux, humains, organisations et sociétés comme des systèmes recevant des informations, produisant des réponses, corrigeant leurs écarts, s’ajustant à des objectifs. La cybernétique, c’est le rêve ultime du monde-machine : tout transformer en système pilotable. La cybernétique ne se demande pas si une chose est bonne, juste, émancipatrice ou désirable, elle cherche seulement à faire en sorte que « ça » fonctionne. Peu importe à quoi « ça » renvoie. Une prison. Un abattoir. Une usine d’armement. Une plateforme logistique mondiale. La cybernétique ignore la plus fondamentale des questions morales : cela devrait-il exister ? Elle se contente de se demander : comment piloter, stabiliser, corriger, optimiser ? Elle aspire à un monde sans dehors, sans liberté, sans êtres sensibles qui vivent et qui luttent, elle ne conçoit que des signaux à capter, des flux à réguler, des écarts à corriger, des synchronisations à rétablir, etc. Il s’agit peut-être de la plus froide et de la plus « zombifiée » des dystopies. Les universitaires zombies comme Monnin en sont les dignes représentants.

La cybernétique, c’est par exemple déplorer le fait que des « technologies zombies » ne respectent pas la « temporalité » des « cycles biogéochimiques », mais non le fait que leur production exige la dépossession existentielle, l’exploitation sociale et l’empoisonnement quotidien de millions d’êtres humains et non-humains. Le problème, selon la cybernétique, ce n’est pas que des milliards d’êtres vivants (porcs, poulets, vaches, saumons, etc.) soient entassés dans des fermes-usines puis exterminés à la chaîne pour fournir la nourriture des humaindustriels. Le problème, ce n’est pas non plus que des enfants, des femmes, des hommes, des peuples entiers soient arrachés à leurs milieux, transformés en ressources (« humaines »), contraint∙es de se vendre aux usines, aux mines, aux entrepôts, aux ports, aux chaînes logistiques, exposé∙es à de toujours plus nombreux déchets toxiques. Le problème, c’est que les « flux » ne soient pas bien accordés aux « stocks », que les « signaux » ne remontent pas assez vite, que les « rétroactions » ne fonctionnent pas optimalement. Le scandale de la domination, de l’exploitation et de la destruction industrielles opportunément dissous dans la froide logorrhée du pilotage systémique.

D’ailleurs, lit-on sur le site de l’université Paris Cité, « au sein du laboratoire interdisciplinaire des énergies de demain », le physicien José Halloy – auquel on doit le concept de « technologies zombies », repris par Monnin – prône « “un biomimétisme radical” : la machine doit s’approcher le plus possible du vivant […] Avec en ligne de mire une intelligence artificielle bioinspirée… et donc durable ». Ces chers universitaires qui travaillent à rendre « durable » la mégamachine à détruire le monde et nous asservir toutes et tous.

AUTREMENT DIT, sans surprise, l’universitaire Monnin a pondu pour le média universitaire AOC un ramassis universitaire de jargon cybernétique selon lequel la civilisation industrielle pourrait être rendue soutenable au moyen, essentiellement, de meilleurs réglages du système de pilotage global. Tout ça nous fait une très belle cyberjambe.

(Et ne vous fatiguez pas à me signaler que #NotAllUniversitaires, oui, merci, on sait, on sait. Il y en a qui font un travail tout à fait respectable, j’en connais même quelques un∙es, j’ose espérer qu’elles et ils ne m’en voudront pas.)

Nicolas Casaux

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  1. Le probleme est que tant que l’on paiera des impots, Monnin en recevra consequaente pour ajouter des signes au flot de la pollution litteraire qui noius etouffe.
    Payer des impots c’est donc contribuer au suicide intellectuel.
    L’etat est le plus grand ennemi du vivant. Il n’y a pas d’industrie sans etats, påas de riches sans etats, les riches ne sont qu’un epouvantail agite par les etatistes pendant qu’ils organisent l’assechement du monde physique et mental. Les riches sont plus humains que les fonctionnaires: ils essaient de cacher, de se proteger, de fuir, tenter desesperement de construire un petit cocon
    Mais au final l’etat fini toujours par tout sucer, pour etendre sa puissance, construire des infrastructures et produire massivement des armes. Les oligarques russes ne peuvent pas echapper aux destins guerriers de leurs nation, les oligarques chiniois et maricains non plus.

    Alors que faire: ne pas payer. Travailler le moijns possible, dissimuler le fruit de son travail, travailler au noir, troquer, acheter d’occasion ou solide, autoproduire, reparer, conssommer le moins possible. Plus l’etat aura du mal a recuperer notre fric, mieux nous noius porterons, et pluis Mr Monnin dormira mal.

  2. N’ayant jamais été étudiant en fac (et Dieu merci) : très instructif !
    Merci. J’avoue être franchement hostile au monde universitaire dont le conformisme rance m’a notamment pris mon premier amour de jeunesse, après lui avoir complètement grillé le cerveau et la conscience (elle est aujourd’hui prof d’anglais en collège, mariée à un ingénieur accro au trail-running et à cette merde de Linkdin, et elle fait tout pour nier la frustration qui l’accable quand même #Désespérant!).
    Par exemple, je me suis longtemps agacé que Berlan – et même si c’était avec une pointe d’ironie de sa part – s' »excuse » d’être prof à la fac’ de Toulouse pour gagner sa croûte. Vas-y, mec ! T’es un bon. T’as même pas à t’excuser de quelque façon que ce soit, et mieux vaut largement que les minots aient affaire à toi plutôt qu’à des gros pue-du-becs imbéciles comme Geoffroy de LaMégaConnerie et toute l’habituelle cliquaille indigente de sous-fifres médiatiques, etc.
    Les facultés sont maintenant des camps concentrationnaires sectaires. Généralité de ma part assumée. S’il y a bien une institution à démanteler d’emblée : c’est celle-ci. La plupart des jeunes qui en sortent deviennent ensuite soit de dociles péripatéticiennes du Système technicien, soit des paumés névrosés et mûrs à point pour la thérapie.
    Je constate également connaître pas mal de personnes ayant conservé ensuite une addiction (alcool, drogues, médocs’ made in big pharma, etc) suite à leur passage en fac’… J’dis ça, j’dis rien, heing.

  3. « Le principe central de la cybernétique consiste à traiter indifféremment machines, animaux, humains, organisations et sociétés comme des systèmes recevant des informations, produisant des réponses, corrigeant leurs écarts, s’ajustant à des objectifs. La cybernétique, c’est le rêve ultime du monde-machine : tout transformer en système pilotable. La cybernétique ne se demande pas si une chose est bonne, juste, émancipatrice ou désirable, elle cherche seulement à faire en sorte que « ça » fonctionne. Peu importe à quoi « ça » renvoie. Une prison. Un abattoir. Une usine d’armement. Une plateforme logistique mondiale. La cybernétique ignore la plus fondamentale des questions morales : cela devrait-il exister ? Elle se contente de se demander : comment piloter, stabiliser, corriger, optimiser ? Elle aspire à un monde sans dehors, sans liberté, sans êtres sensibles qui vivent et qui luttent, elle ne conçoit que des signaux à capter, des flux à réguler, des écarts à corriger, des synchronisations à rétablir, etc. Il s’agit peut-être de la plus froide et de la plus « zombifiée » des dystopies. Les universitaires zombies comme Monnin en sont les dignes représentants. »

    Alors, je dois dire que lorsque je lis et relis ça… Je ressens toute mon énergie habituellement si contenue (même tant frustrée d’une certaine manière) monter d’un coup net ; transcendée en saine colère prête à défoncer tout ce qui barre mon chemin.
    Monnin, je m’en fous et le dis carrément avec mes termes assumés (n’engageant que moi et en rien la rédaction du Partage) : c’est un baltringue ! et il est tellement insignifiant qu’il ne se rend même pas compte que je lui piétine déjà la tronche dès mon premier pas appuyé pour qu’il me serve de tremplin afin de choper directement le spectre de Wiener à la gorge.

    Paraît-il que notre bon vieux Norbert, si choqué par la double démonstration folamourienne (yankee ! – cette terre d’infatigables teubés pour laquelle il roulait cependant) dans le Japon de 1945, décida de se hâter à structurer le concept cybernétique émergeant en son esprit FAIBLE !, pour s’assurer et nous « protéger » de tout autre cataclysme barbare de ce genre… Pauv’ nase ! Petit mec à la petite mentalité standardisant toujours tout et son contraire ; réduisant toujours le vivant à une merde de calcul, d’équation « rationnelle ». Pourtant, chez les grecs : les mathématiques ouvraient aux possibilités infinies de Cosmos…

    Tout ça ne pourra que mal se finir. Pour eux ! Ces cybernéticiens, subissant certainement ce retour de bâton que nos descendants leur seront.
    Beaucoup aiment parler, étaler les bienfaits cependant jamais avérés durablement dans l’Histoire, de « pacifisme ».
    Ridicule posture figée d’incapables. A cause de nos petits arrangements, nos hésitations et indécisions, nos lâchetés, nos veuleries : ce retour de bâton ne pourra être que celui de la violence légitime.
    Bias de Priène a toujours eu raison (et, à sa manière, John Rambo aussi) 😉

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